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Charest maintient le cap et continue sa marche

Pascale Breton
La Presse lundi 18 août 2003

Sherbrooke - Un an après avoir promis de "réinventer" le Québec, le premier ministre Jean Charest n'a pas l'intention de ralentir la cadence. Il maintient le cap, malgré les bouleversements qui s'annoncent et la grogne qu'ils suscitent déjà.

"Nous avons beaucoup de pain sur la planche. (... ) Nous avons affirmé nos priorités politiques et déjà, l'esquisse d'un Québec renouvelé commence à apparaître. Nous sommes en marche", a lancé le premier ministre en clôturant le congrès de la Commission-Jeunesse hier, à Sherbrooke. À pareille date l'an dernier, c'est aussi devant les jeunes libéraux qu'il avait prononcé son discours ambitieux sur l'urgence de réinventer le Québec.

Le premier ministre invite ceux qui s'inquiètent à regarder l'exemple du système de santé, dont son gouvernement a fait sa priorité. "Nous pouvons déjà constater une amélioration. Cet été a mieux été que l'été dernier dans l'ensemble du réseau. C'est très clair et c'est attribuable aux décisions que nous avons prises très rapidement", a-t-il affirmé.

Le partenariat avec certaines cliniques privées a même permis d'augmenter de 11 à 18 % les opérations de la cataracte, de la hanche et du genou, réduisant ainsi les listes d'attente, a ajouté M. Charest.

Avant de mettre en place le plan d'action libéral- dont des baisses d'impôts de 1 milliard par année à compter de 2004-, le gouvernement se doit de procéder "à une remise à niveau", a dit M. Charest hier.

En plus de la révision de tous les programmes gouvernementaux, l'automne promet en ce sens d'être chaud: débat sur les défusions, négociation des conventions collectives de la fonction publique, équité salariale, augmentation du tarif des services de garde et même de l'électricité, puisque Hydro-Québec souhaite majorer ses tarifs de 6 %.

Les Québécois auront-ils la patience d'attendre les retombées positives promises par le gouvernement Charest? "Je le crois. Les citoyens comprennent que c'est un navire qui ne se tourne pas sur un dix sous, qui a une vision d'ensemble qui nous assure que nous allons arriver à bon port. L'important, c'est que le gouvernement sache où il va, qu'il prenne ses responsabilités, qu'il agisse de façon à ce que nous puissions tous arriver à la bonne place", répond le premier ministre.

Le congrès de la Commission-Jeunesse a par ailleurs donné lieu à quelques discussions enflammées hier concernant des propositions controversées soumises par les associations régionales.

L'organisation de la fête nationale des Québécois doit être confiée à un organisme non partisan plutôt qu'à la Société Saint-Jean-Baptiste et au Mouvement national des Québécois, ont décrété les jeunes libéraux. Actuellement, la fête est davantage réservée aux souverainistes et encourage les guerres de clans et de couleurs, ont affirmé certains jeunes dans des échanges passionnés.

La résolution a toutefois été immédiatement rejetée par le premier ministre. "Nous voulons que la fête soit inclusive comme toutes les fêtes doivent l'être et un effort important a été fait en ce sens-là. (... ) Je n'ai pas l'intention de changer les mandataires", a indiqué M. Charest.

La proposition visant à rendre le vote obligatoire et à imposer des sanctions aux citoyens qui ne s'y conformeraient pas a aussi donné lieu à des débats virulents. La liberté est une qualité première de la charte libérale et l'abstention est une forme d'expression, ont rappelé les militants opposés à l'idée. La proposition a finalement été rejetée.

En vrac, les jeunes libéraux ont adopté l'idée d'une taxe sur les véhicules sport utilitaires, de façon à encourager la réduction des gaz à effet de serre, ainsi que l'obligation pour les cafétérias des écoles de servir des repas respectant les normes du guide alimentaire canadien.

La présidente de la Commission-Jeunesse, Stéphanie Trudeau, a clôturé le congrès en invitant les militants à s'engager dans la "réingénierie" de l'État, eux qui en ont discuté ce week-end: "La jeunesse doit non seulement être partie prenante de cette évolution, elle doit être un vecteur important de ce changement. Nous avons l'occasion de modeler l'État à notre image."



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D'abord les hausses de tarifs, ensuite les baisses d'impôts, dit Charest

Kathleen Lévesque
LE DEVOIR lundi 18 août 2003

Lennoxville - Le premier ministre Jean Charest lie les diverses hausses de tarifs que subiront les Québécois dès cet automne à la situation financière laissée par le gouvernement du Parti québécois.

«Il y a une réalité qui pour nous est incontournable: on a hérité d'une situation financière que le gouvernement précédent avait cachée. On compose avec ça. On met à niveau et, après ça, on va mettre notre plan à exécution. C'est clair qu'il y a une volonté chez nous de réduire le fardeau fiscal des Québécois», a affirmé hier Jean Charest à la sortie du congrès de la Commission-Jeunesse de son parti.

L'objectif de réduire de cinq milliards en cinq ans les impôts des contribuables est maintenu. Mais avant d'en bénéficier, comme l'avait promis le Parti libéral, les Québécois subiront une hausse des frais de garde (en garderie et en milieu scolaire), une augmentation des tarifs d'électricité et d'assurance-médicaments. Dans ces trois dossiers, ce sont les citoyens les mieux nantis qui devront puiser dans leur gousset.

Ainsi, pour les services de garde, «un exemple de l'urgence d'agir» afin de contenir les coûts pour l'État, le gouvernement étudie trois scénarios afin de relever la participation financière des parents. De 5 $ par enfant, par jour, la contribution parentale pourrait grimper jusqu'à 10 $ avec une indexation annuelle.

Pour ce qui est des tarifs d'électricité qui sont gelés depuis 1998, ils grimperont de 6 % en six mois. Les consommateurs verront leur facture augmenter d'une première tranche de 3 % dès le 1er octobre. Mais M. Charest souligne que ces tarifs selon modulés selon la consommation et qu'ils demeureront parmi les plus bas d'Amérique.

Dans le dossier de l'assurance-médicaments, M. Charest a précisé que les personnes âgées qui reçoivent le supplément de revenus et les bénéficiaires de l'aide sociale ne seraient pas touchés par les hausses.

Quant à savoir si les Québécois ne risquent pas de s'impatienter devant cette cascade d'augmentations avant d'entrevoir le répit promis sur le plan fiscal, M. Charest a dit avoir confiance en la réaction de la population. «Les citoyens comprennent que c'est un navire qui ne se tourne pas sur un dix sous, mais qui a une vision d'ensemble et nous assure qu'on va arriver à bon port. L'important, c'est que le gouvernement sache où il va», a-t-il soutenu en point de presse.

Quelques minutes plus tôt, le premier ministre s'adressait aux jeunes militants de son parti, réunis toute la fin de semaine en congrès sur le campus de l'Université Bishop, à Lennoxville. Il les a conviés à le suivre dans les changements entrepris. Pour M. Charest, la modernisation de l'État passe par une amélioration des services.

«Toutes les entités de l'État seront examinées. Il n'y a pas une dépense, pas une organisation, pas un organigramme qui ne sera pas remis en question», a lancé le premier ministre.

Par contre, il a assuré aux jeunes libéraux que son gouvernement appuyait l'idée de la création d'un guichet unique de services pour les jeunes du Québec; en élection, M. Charest en avait pris l'engagement. Le premier ministre s'est également montré ouvert à ce que ce guichet s'inscrive dans le projet de gouvernement en ligne.

D'autres propositions adoptées en plénière hier n'ont toutefois pas reçu le soutien de M. Charest. Ainsi, la résolution exigeant du gouvernement qu'il retire au Mouvement national des Québécois et à la Société Saint-Jean-Baptiste l'organisation de la fête nationale, pour la confier à un organisme non partisan, demeurera sur papier. «On veut que la fête soit inclusive comme toutes les fêtes doivent l'être. Il y a eu un effort important de fait dans ce sens-là», a-t-il d'abord fait remarquer aux journalistes. Puis, il a tranché: «Je n'ai pas l'intention de changer les mandataires.»

Dans ce premier discours partisan depuis son retour de vacances, M. Charest s'est félicité du pas qu'il a fait franchir au Québec depuis le 14 avril. Par exemple, il a fait valoir que le système de santé «respir[ait] enfin». Cette amélioration serait attribuable aux décisions prises rapidement par son gouvernement, assure M. Charest. Ce serait notamment le cas en ce qui concerne le partenariat avec des cliniques privées pour permettre des interventions chirurgicales mineures (cataracte, hanche, genou, par exemple) et ainsi réduire les listes d'attente.

«Il y a précisément un an et une semaine, nous avons dit que nous voulions réinventer le Québec et des gens ont sourcillé. Je vous dis aujourd'hui que ce jour-là, nous n'avons pas exagéré», a lancé Jean Charest.



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La poutine est sauvée

J.-Jacques Samson
Le Soleil lundi 18 août 2003

Éditorial - Les jeunes libéraux sont devenus bien sages. Le thème central de leur congrès de la fin de semaine, à l'Université Bishop's, à Lennoxville, était la création d'un guichet unique pour les services destinés aux jeunes Québécois. Ces questions de plomberie administrative ne sont pas très emballantes. Rien de ce qui a été adopté au congrès n'est par ailleurs susceptible d'embarrasser le gouvernement. Lorsque j'ai fait remarquer la chose à Jean Charest, samedi matin, il s'est bien amusé des difficultés des journalistes à trouver des sujets conflictuels. " Gardez les choses comme cela, a-t-il rétorqué. Il n'est pas nécessaire de toujours mettre le parti à feu et à sang. Profitez de votre fin de semaine, faites du tourisme dans la région... " Il n'était donc pas très compromettant pour lui d'avancer que son gouvernement tiendrait compte des propositions votées, même s'il n'est pas formellement lié.

Lorsque le PLQ a pris le pouvoir en 1985, avec Robert Bourassa, les jeunes libéraux présidés par Pierre Anctil s'étaient donnés pour mission d'être les gardiens du programme libéral et ils ont mené au fil de ces années de pouvoir de rudes débats, notamment sur le gel des frais de scolarité. Même Claude Ryan a alors dû plier. Par la suite, l'aile jeunesse a donné beaucoup de fil à retordre dans le débat constitutionnel qui a suivi l'accord du lac Meech. Au point que Mario Dumont, alors président de la Commission jeunesse, a provoqué une crise qui a changé le cours de l'histoire politique du Québec.

Les jeunes libéraux ont en plus souvent adopté des positions sur le plan social qui leur valaient des épithètes de conservateurs sinon de réactionnaires.

De retour au pouvoir depuis quatre mois seulement, après un chemin de la croix de neuf années dans l'opposition, la direction du PLQ n'a vraiment pas le goût présentement de se compliquer la vie en donnant des munitions aux rivaux par des critiques internes de l'action du gouvernement. Le mot d'ordre à tous les niveaux de la machine est de savourer l'installation au pouvoir et de ne pas brasser la cage inutilement. Les vagues viendront bien assez vite, commentait un député.

D'autre part, le congrès de la fin de semaine a été préparé au printemps, immédiatement au lendemain des élections, faisait valoir un collaborateur du premier ministre. Le gouvernement Charest ne s'était pas beaucoup commis encore. Ce qui expliquerait que d'importants sujets qui alimentent l'actualité politique aient été passés sous silence.

Mais les structures et la procédure ne devraient pas museler des militants, encore moins lorsqu'ils ont 20 ans. La hausse des coûts des garderies et des tarifs d'électricité, les fusions municipales, la perte du Grand Prix de Montréal, sont au moins aussi lourdes de conséquences que le retrait à la Société Saint-Jean-Baptiste de l'organisation de la fête nationale, l'interdiction de la vente de poutines dans les écoles ou l'imposition d'amendes aux citoyens qui s'abstiennent de voter. Les jeunes libéraux ont sombré dans le ridicule hier lors des débats sur les propositions émanant des régions. En plus, le PLQ dénonce à hauts cris l'interventionnisme de l'État dans la philosophie du Parti québécois, il se veut le parti des libertés individuelles et son aile jeunesse rame à contre-courant des valeurs fondamentales du parti. Je me suis surpris hier matin à m'ennuyer des belles années des Pietro Perrino, Mario Dumont ou Marc Saint-Pierre à la tête de la Commission jeunesse. Au moins Jean Charest m'a-t-il donné l'assurance que la vente des poutines dans les écoles ne serait pas interdite par son gouvernement. Il y a des limites à la rectitude, a-t-il lancé à la blague.

Un très fort pourcentage des participants au congrès de la fin de semaine en était à leurs premières armes en politique, explique le vétéran Pierre Bibeau, lui-même un produit de la Commission jeunesse. D'autre part, les jeunes libéraux sont à l'image de tous les jeunes Québécois, plaide-t-il : plus individualistes que les générations précédentes et influencés par des valeurs autres que les enjeux collectifs des années 1970 et 1980.

Ce premier congrès dans le contexte de l'exercice du pouvoir marque enfin une transition pour la Commission jeunesse. Il prévoit qu'elle sera vite aussi vigilante que par le passé. La CJ du Parti libéral s'est toujours imposée par son dynamisme, son influence à l'intérieur du parti (les jeunes détiennent d'ailleurs 30 % des votes dans les congrès généraux) et par son audace. L'équivalent ne se retrouve pas dans aucun autre parti fédéral ou provincial. Il serait triste de la voir sombrer dans la banalité, pour ne pas dire l'insignifiance.



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L'Écrit du coeur
Massacre à la tronçonneuse du gouvernement libéral du Québec

Raphaël J.Déry
Comité des Jeunes du Parti Québécois de l'Outaouais
TRIBUNE LIBRE lundi 18 août 2003

D’emblée, je conviendrai que cette image est plutôt forte et saisissante; elle rappelle un vieux film d’horreur qui a fait son temps après avoir connu une certaine popularité.

Mais je crois sincèrement que cela caractérise très bien également l’irrationalité des décisions du gouvernement libéral de Jean Charest : défusions municipales, coupes magistrales dans les subventions aux entreprises, fin du régime universel de garderies à 5$, hausse des tarifs d’électricité, menace de dégel pour les frais universitaires, fin du «No-fault», hausse des primes de l’assurance-médicaments, coupure du budget de l’Éducation, suspension du programme de grantie de prêt pour micro-ordinateur, report de la réforme de l’Éducation au secondaire…

Tous ces reculs ne sont-ils pas l’exemple frappant d’un massacre de l’État québécois en provenance d’un doctrinaire conservateur et idole présumé de Mike Harris? Par ailleurs, la situation ne doit pas être rose pour Mario Dumont et son ADQ puisqu’après s’être retrouvé bon dernier lors des dernières élections générales, il doit maintenant regarder le chef libéral appliquer le programme adéquiste pourtant décrié par tous les milieux syndicaux et communautaires.

Les défusions


Ce dossier révèle l’ampleur de l’improvisation du gouvernement Charest. Pendant toute une campagne électorale, le Premier ministre n’a cessé de dire qu’il croyait en la réalisation des grandes villes fusionnées par l’ancien gouvernement, mais aujourd’hui, ses actions aveugles nous démontrent exactement le contraire. Dans la loi 9, le Gouvernement ne balise d’aucune manière «l’exercice démocratique» auquel il convie les Québécois. Ainsi, aucun seuil de participation à un référendum sur les défusions n’est demandé par le ministre Fournier. Par exemple, 20% de participation à un tel référendum puis personne ne pourrait prédire l’avenir de nos villes récemment créées. En passant, aussi respectueux de la démocratie prétend-il être, le ministre Jean-Marc Fournier se réserve le droit d’agir unilatéralement pour défusionner ou garder fusionnée une ville. Le grand défenseur de la démocratie appelle cela un «pouvoir discrétionnaire» …

En plus, pour un gouvernement d’une telle prétention, faire adopter une loi en pleines vacances de la construction et en pleine saison estivale, c’est là un oxymoron flagrant. La transparence, c’est le débat public fait devant toute une population, plutôt qu’en catimini.

Garderies

À ce sujet, les libéraux ont littéralement menti. Pendant la campagne électorale, ils ont prétendu que le régime de garderie à 5$ serait non seulement maintenu, mais qu’il répondrait désormais à davantage de demandes. Hélas, on a récemment appris que l’universalité du régime est abandonnée. Alors, encore par souci de transparence, on procède à une consultation publique… en plein été! Et on laisse deux semaines à peine à tous les experts pour préparer leurs rapports. Les libéraux font-ils cette mascarade parce qu’ils ont déjà pris leur décision?

Les impôts

Alors, s’ils sont sincères sur ce dossier, encore faudrait-il qu’ils nous le démontrent. Encore en plein été, on nous annonce des hausses quant au tarif de l’électricité et quant aux primes de l’assurance-médicaments. Jean Charest disait en juin dernier, en référence au budget Marois, que le «PQ procéderait à des hausses d’impôts déguisés par des hausses des primes de l’Assurance-automobiles.» Le même homme vient d’annoncer qu’il utilisera le même procédé. Cependant, le PQ n’a jamais eu la prétention de baisser les impôts car l’équipe de monsieur Landry sait que nous sommes confrontés au phénomène du déséquilibre fiscal. Pourtant, les Libéraux agissent hyprocritement avec leur prétention de réductions d’impôts et leurs hausses de taxes en plein été avec, en prime le paradoxe évident d’une réduction des revenus de l’État alors que ce même État revendique plus d’argent du pallier fédéral.

Massacre justifié de l’État?

On peut se questionner quant à la pertinence de tels gestes, il nous suffit de penser aux mentors du nouveau Premier ministre et de constater comment ces derniers ont gouverné leur État. Ralph Klein est Premier ministre de l’Alberta et doit être le politicien le plus méprisé des milieux communautaires et sociaux, tout comme l’était son homologue ontarien Mike Harris. En 2001, lors d’une entrevue avec le Grand Blond Marc Labrèche à TVA, Jean Charest nous révélait sa préférance pour les Républicains aux Etats-Unis et pour leur chef, George W. Bush… Dois-je en ajouter?

Le 14 avril 2003, ce n’est pas un gouvernement libéral ordinaire qui fut élu; c’est plutôt un gouvernement conservateur allié au néo-libéralisme. Ces élus sont aussi les nouveaux propriétaires du programme de l’ADQ de Mario Dumont.

Il faut le dire, nous n’avons vu présentement que la pointe de l’iceberg, un iceberg rouge. L’image du massacre est forte, mais comment le qualifier autrement?

Raphaël J.Déry
Président du Comité des Jeunes du Parti Québécois,
Région de l'Outaouais
«Le Parti Québécois veut prendre sa place en Outaouais; vous pouvez compter sur nous!»
outaouais@cnjpq.org



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Le brassage d'idées s'amorce au PQ

Michel Corbeil
Le Soleil lundi 18 août 2003

Le " brassage d'idées sans précédent " promis au Parti québécois s'enclenche. Bernard Landry a rapatrié Harold Lebel, candidat défait aux dernières élections, pour en faire un meneur de jeu. Quant à son avenir comme chef du PQ, M. Landry n'est toujours pas pressé de décider : il prépare une visite à l'étranger pour discuter du dossier de la conciliation "travail-famille".

C'est à compter de cette semaine que les balises du débat interne commenceront à être posées, affirment les personnes dans l'entourage de la formation politique et de son leader.

Chose assurée, les militants ne seront pas précipités rapidement dans une course au leadership. Aujourd'hui, Bernard Landry s'assoit avec ses collaborateurs pour préparer une tournée européenne sur un thème qui lui tient à coeur, concilier le travail et la famille. Son équipe a déjà commencé à planifier des rencontres.

Autre assurance, les intéressés à lui succéder ont passé un été très tranquille. Aucun mouvement à signaler chez les clans de Pauline Marois et de François Legault, à qui on prête l'intention de participer à une éventuelle course à la direction, rapporte un organisateur de la région de Montréal. Tout au plus François Legault a-t-il participé à de discrètes rencontres avec les jeunes du Parti québécois.

Aujourd'hui marquera aussi le retour officiel d'Harold Lebel au PQ après avoir subi la défaite aux mains du libéral Claude Béchard, lors de l'élection générale. Son mandat n'est pas encore défini, mais M. Lebel sera intimement associé à la préparation du congrès d'orientation qui se veut une ambitieuse modernisation du programme.

Une source fait valoir qu'Harold Lebel ne s'occupera pas nécessairement du contenu. Il représente un rouage important pour mobiliser les partisans et les élus du PQ. " Il connaît un militant péquiste sur deux par son nom ", a lancé à la blague un organisateur de haut vol. Il a aussi été responsable de la liaison avec les députés pour l'ex-premier ministre Lucien Bouchard.

La recrue dans l'équipe de M. Landry est âgée de 41 ans. Mais il gravite dans le giron du Parti québécois depuis les années 1980. En fait, il avait appuyé Pauline Marois, en 1985, lorsque cette dernière avait en vain brigué les suffrages pour succéder à René Lévesque.

Le calendrier de la rentrée du Parti québécois prendra aussi forme à compter d'aujourd'hui. Du côté de la députation, les proches du chef du PQ jonglent avec l'idée de repousser la rencontre marquant la fin de l'été des élus. Initialement prévue pour les 20 et 21 août, elle pourrait avoir lieu les 28 et 29 août, à l'île d'Orléans. La consultation que le gouvernement libéral prépare sera certainement à l'ordre du jour.

Déjà, la date du prochain caucus précédant la rentrée à l'Assemblée nationale se précise. Les députés seront convoqués à Tadoussac les 8 et 9 octobre.

L'agenda des militants se précise aussi. Un Conseil national les rassemblera les 7 et 8 octobre. Les premiers jalons visant le congrès de réorientation y seront déposés.

C'est ce congrès que Bernard Landry veut présider, qu'il décide ou non de se retirer. Il y a quelques semaines, il avait indiqué que six chantiers y seraient tenus.

Tout indique que ce nombre pourrait être ramené à trois. La souveraineté, le programme reposant sur la social-démocratie et les structures de la formation politique formeront le coeur de cet examen.

Ceux qui ont rencontré Bernard Landry ont retrouvé un patron en grande forme. " Nous sommes à planifier l'automne. Nous rebrassons tout ça. "



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L'électricité au Québec :
Un changement de cap s'impose

Les ressources hydroélectriques québécoises sont renouvelables et pourraient générer une rente collective relativement inépuisable

Jean-Marc Carpentier
Journaliste et vulgarisateur scientifique, spécialisé en questions énergétiques

Le Devoir lundi 18 août 2003

Journaliste et vulgarisateur scientifique, spécialisé en questions énergétiques, Jean-Marc Carpentier nous a fait parvenir une version condensée d'un texte écrit en épilogue de l'ouvrage La boulimie énergétique, suicide de l'humanité? de Gaétan Lafrance, paru aux éditions MultiMondes.

En Alberta, avant de forer un autre puits de gaz naturel, on ne se demande pas si la province a véritablement besoin de ce nouvel apport en énergie. De la même façon, bien que la production de gaz de l'Alberta soit dix fois supérieure aux besoins de ses consommateurs, le gaz y est vendu au même prix de base que partout ailleurs au Canada ou aux États-Unis. Là-bas, la plus-value de cette ressource naturelle n'est pas utilisée pour subventionner la consommation avec des tarifs artificiellement bas mais sert plutôt à doter la société albertaine d'un fond du patrimoine qui est utilisé pour répondre à des besoins sociaux qui n'ont rien à voir avec l'énergie. Au Québec, nous persistons au contraire à vouloir vendre notre hydroélectricité à son prix coûtant, sans nous soucier de la véritable valeur de cette formidable ressource naturelle.

Avec sa grande quantité d'énergie renouvelable et non polluante, le Québec jouit pourtant d'une situation exceptionnelle au coeur même du plus grand marché énergétique de la planète. Mais pour profiter pleinement des avantages de cette position stratégique, nous devons impérativement revoir les bases mêmes de notre stratégie énergétique, à commencer par le prix auquel nous commercialisons notre électricité.

Sur le marché interne, il est d'abord impératif d'appliquer progressivement la vérité des prix à notre fourniture d'électricité en visant des tarifs semblables à ceux qui se pratiquent ailleurs dans l'environnement économique nord-américain. Pour atteindre cet objectif, il faudrait que le prix de vente moyen d'Hydro-Québec Distribution soit de près de 8 cents le kilowattheure (¢/kWh) (6 ¢ de fourniture, plus environ 1 ¢ de frais de transport et un peu plus de distribution). Ce qui signifie une hausse d'environ 50 % par rapport au prix moyen actuel de 5,1 ¢/kWh.

Loin de progresser vers cet objectif, nous avons plutôt pris du retard avec le gel des tarifs qui a été décrété au Québec depuis près de cinq ans. Or, pendant ces cinq années, le prix du pétrole et du gaz naturel ont globalement augmenté de plus de 50 %. Si, au lieu de geler sans raison les tarifs d'électricité, le précédent gouvernement avait laissé ces tarifs suivre la progression des prix des autres formes d'énergie, nous aurions déjà atteint cet objectif. Le prix moyen de l'électricité vendue chez nous serait alors à peu près égal à celui pratiqué en Ontario et encore largement inférieur à ceux de la Nouvelle-Angleterre. Compte tenu de la bonne tenue de l'économie québécoise au cours de ces cinq dernières années et de l'évolution du coût des autres formes d'énergie, une telle augmentation des tarifs d'électricité aurait pu être intégrée sans trop de douleur par l'économie et les consommateurs.

Quant au trésor public québécois, il serait plus riche d'environ 12 milliards de dollars. Le 3 ¢/kWh de plus qui aurait été ajouté au prix actuel générerait maintenant une rente annuelle de 5 milliards de dollars. En considérant les 2 milliards de bénéfice net qu'Hydro-Québec devrait dégager cette année, c'est 7 milliards de dollars que le patrimoine énergétique collectif des Québécois générerait annuellement, soit l'équivalent du service de la dette au complet du gou-vernement du Québec ou encore 60 % du budget de l'éducation ou 40 % de celui de la santé.

Des tarifs plus réalistes

Mais rien n'a été fait depuis cinq ans et le débat sur le prix de l'électricité reste entier. En fait, au Québec, toute discussion sur les tarifs d'électricité se résume essentiellement à faire un choix dans l'attribution de cette rente annuelle possible d'environ 5 milliards de dollars. Des tarifs plus bas subventionnent la consommation à même cette rente et profitent surtout aux clients institutionnels, commerciaux et industriels d'électricité, qui comptent pour 60 % des revenus locaux d'Hydro-Québec, contre 40 % pour les consommateurs résidentiels et agricoles. À l'inverse, des tarifs plus élevés dirigent plutôt cette rente vers les coffres du gouvernement qui peut ensuite l'utiliser pour financer ses services publics ou réduire taxes et impôts, ce qui profite davantage aux citoyens de la classe moyenne.

Des tarifs d'électricité plus réalistes auraient aussi d'autres avantages, dont celui de favoriser la mise en place de véritables mesures d'efficacité énergétique. Le prix de l'énergie que l'on peut économiser détermine en effet directement l'ampleur des sommes qu'il est logique d'investir pour réaliser de telles économies. Les bas tarifs actuels limitent donc directement les investissements en efficacité énergétique.

Des tarifs trop bas encouragent également la surconsommation d'électricité en privant le marché d'un véritable signal de prix. C'est ainsi que chaque nouvelle tranche de fourniture coûte actuellement de 6 à 7 ¢/kWh à Hydro-Québec mais n'est revendue qu'à un prix moyen de moins de 3 ¢/kWh. En fait, le seul coût d'alimentation en gaz naturel des futures centrales thermiques d'Hydro-Québec sera environ le double du prix auquel l'électricité qui y sera produite sera vendue aux consommateurs. Quant on sait qu'environ 30 % de notre électricité sert à produire de la chaleur, on comprend qu'il serait beaucoup plus économique de se chauffer directement au gaz naturel ou au mazout et de renoncer à cette production supplémentaire d'électricité. Mais un tel choix est difficile car l'électricité se vend actuellement au Québec moins cher que le gaz naturel. Pour ce qui est de la construction de ces centrales thermiques, Hydro-Québec n'a plus vraiment le choix car rien n'a été fait jusqu'à maintenant pour freiner la consommation d'électricité et aucune nouvelles centrales hydroélectriques ne sera prête à temps pour répondre à la croissance immédiate de la demande.

Encore une fois, des tarifs trop bas envoient un mauvais signal de prix qui empêche les consommateurs d'utiliser chaque forme d'énergie là où elle est la plus efficace. En Ontario, au contraire, on consomme proportionnellement deux fois moins d'électricité et deux fois plus de gaz naturel qu'au Québec. C'est que là-bas, comme ailleurs, l'électricité se vend environ le double du prix du gaz naturel ou du mazout. Ce qui est tout à fait normal puisque cette électricité est à 60 % produite dans des centrales thermiques qui ne transforment en électricité qu'environ 50 % de l'énergie contenue dans ces combustibles.

Potentiel de rentabilité

Pour le Québec, cette situation offre un formidable potentiel de rentabilité. Par exemple, du gaz naturel canadien qui est brûlé en Ontario ou au sud de la frontière pour produire de l'électricité avec un rendement de moins de 50 % pourrait très bien être utilisé au Québec pour chauffer des locaux ou de l'eau avec un rendement de près de 100 %. La moitié de l'électricité ainsi économisée chez nous pourrait être exportée, au double de notre prix local, afin de remplacer celle qui aurait été produite avec ces centrales. En plus d'être très rentable pour nous, une telle substitution aurait le mérite de réduire de moitié la production de gaz à effet de serre associée à cette tranche d'énergie.

En fait, le recours massif au gaz naturel pour la production d'électricité sur la plupart des marchés en périphérie du Québec laisse présager des prix de l'électricité relativement élevés pour l'avenir. Il sera donc de plus en plus rentable non seulement de substituer des combustibles fossiles à notre électricité mais aussi d'exporter davantage de notre production hydroélectrique vers les marché voisins. Au-delà de nos 35 000 mégawatts (MW) déjà en production, il nous resterait encore, en respectant les mêmes critères de rentabilité économique et d'acceptabilité environnementale, une puissance additionnelle d'environ 18 000 MW à aménager à partir de nouveaux sites hydroélectriques. L'essentiel de cette production pourrait être consacrée aux marchés d'exportation. Mais contrairement à l'Alberta, dont les réserves conventionnelles de gaz naturel déclinent déjà, les ressources hydroélectriques québécoises sont renouvelables et pourraient donc générer une rente collective relativement inépuisable.

Si l'ancien gouvernement avait préféré le statu quo en matière de tarifs d'électricité, il a au moins eu le mérite de mettre en place les outils du retour à la réalité économique. Depuis la promulgation de la loi 116, en juin 2000, c'est la Régie de l'énergie qui a le mandat d'encadrer les activités de transport et de distribution d'électricité et d'établir des tarifs qui donneront un rendement acceptable aux quelque 25 milliards de dollars que ces infrastructures ont coûté aux citoyens québécois. La Régie a déjà fait ses devoirs à cet égard en décrétant un taux de rendement d'environ 9 % qu'elle devra très prochainement transposer en nouvelles grilles tarifaires.

À l'inverse, depuis la loi 116, la composante production d'Hydro-Québec est complètement déréglementée et a pour seul mandat de produire et de commercialiser de l'électricité sur les marchés de gros, aussi bien du Québec que de l'extérieur. Il y a trois ans, la loi 116 avait fixé à 2,79 ¢/kWh le prix de fourniture du bloc de production qui était réservé au marché québécois. C'est ce prix de fourniture que le gouvernement actuel devrait maintenant revoir et envisager d'amener progressivement vers sa véritable valeur d'environ 6 ¢/kWh.

Une telle décision devrait cependant reposer sur un consensus social qui suppose certains changements d'attitude chez les différents protagonistes du secteur énergétique. Mais ce n'est pas impossible. Qui aurait pu dire, il y a moins de deux ans, que le gouvernement du Québec et la nation crie en viendraient à conclure une Paix des braves axée sur le développement économique durable du territoire de la baie James? Et si les forces vives de la société québécoise décidaient aussi, en ce début de XXIe siècle, d'oublier leurs certitudes passées pour conclure une nouvelle Paix des braves et placer ainsi le Québec sur la voie du développement énergétique durable? Il vaudrait peut-être au moins la peine d'en discuter.



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L'avantage aux CPE

Michel Venne
Le Devoir lundi 18 août 2003

Tous les scénarios proposés par le gouvernement Charest dans le document de consultation publié la semaine dernière au sujet des services de garde pénalisent les familles. Aucun ne répond aux besoins du Québec ni ne satisfait aux critères d'efficacité et d'équité qui servent à juger les politiques publiques. Ils devraient être rejetés en bloc.

L'approche à courte vue développée par les ministres Claude Béchard et Carole Théberge est de nature strictement comptable. D'après eux, il est nécessaire de freiner la croissance des coûts des services de garde afin d'en assurer la pérennité. L'intention est louable mais l'argument est mensonger.

Selon le document de consultation, la croissance des coûts s'explique essentiellement par l'ouverture de nouvelles places au cours des dernières années pour répondre aux besoins des parents et par le rattrapage salarial accordé aux éducatrices il y a quelques années à peine et que personne ne remet en question. Donc, la croissance des coûts va diminuer d'elle-même lorsque le réseau sera achevé avec les 200 000 places promises. Aucun nouveau choc salarial n'est par ailleurs prévisible. Le gouvernement ne veut pas freiner la croissance des coûts, il veut les réduire de 100 millions par année.

Pour ce faire, Québec propose deux voies. La première consiste à augmenter la part du financement assumée par les parents. Je reviendrai lundi prochain sur cette question. Les propositions formulées par le gouvernement à cet égard ne tiennent aucunement compte de leur impact sur le développement de l'enfant, sur l'incitation au travail des parents à faible revenu peu scolarisés et sur l'équité fiscale entre les familles.

L'autre façon de réduire les coûts consiste à développer les nouvelles places selon les formules les moins coûteuses: la garde en milieu familial, la halte-garderie et les garderies commerciales à but lucratif. Examinons les scénarios proposés.

***

Afin de répondre aux besoins des parents de poupons (0 à 18 mois), la garde en milieu familial est indiquée dans la mesure où elle correspond aux préférences exprimées par un grand nombre de parents. Par contre, selon le document ministériel, il est de plus en plus difficile de trouver des milieux familiaux désireux de se transformer en services de garde. Toutes les nouvelles places ne pourront être créées suivant cette formule. De même, s'il existe un besoin pour des places en halte-garderie, celles-ci restent marginales par rapport aux places à temps plein convoitées par la plupart des parents.

La majorité des nouvelles places à créer devront l'être en installation. Le duo Béchard-Théberge suggère que celles-ci soient ouvertes au sein de garderies à but lucratif. Or, la supériorité de ces garderies sur les centres de la petite enfance n'est nulle part démontrée dans le document. En fait, les données fournies soutiennent plutôt la thèse inverse.

On savait déjà que, même si elles ne représentent que 16 % des places, les garderies commerciales sont visées par 54 % des plaintes reçues à l'Office des services de garde à l'enfance. Le document de consultation fournit d'autres informations en faveur des CPE.

Le ministère affirme par exemple que le premier principe de la politique des services de garde est celui de la responsabilité des parents. Les CPE, justement, sont gérés par des conseils d'administration formés de parents, ce qui n'est pas le cas d'une garderie commerciale. En outre, les deux ministres insistent sur l'importance d'offrir des services de qualité. Selon le ministère, la qualité du service dépend largement de la formation reçue par les éducatrices. Le document nous apprend que les deux tiers des éducatrices des CPE ont reçu une formation reconnue contre seulement une éducatrice sur trois au sein des garderies commerciales. Une dernière donnée: l'un des besoins mal comblés par la politique actuelle concerne la disponibilité de places à temps partiel. Selon le document, ce genre de service s'est développé plus rapidement au sein des CPE (11 % des places) qu'au sein des garderies à but lucratif (2 % seulement).

Les garderies commerciales n'ont qu'un avantage sur les CPE: elles coûtent moins cher. Mais cet avantage a un prix: celui de la qualité. Si Québec décide de développer la majorité des nouvelles places au sein des garderies à but lucratif, il n'a pas le droit de tolérer pour ces entreprises des exigences moindres que celles imposées aux CPE.

Québec devrait alors exiger des garderies à but lucratif subventionnées le même ratio d'enfants par éducatrice, le même ratio d'éducatrices ayant reçu une formation reconnue (deux sur trois), les mêmes exigences quant à la participation des parents à la gestion de la garderie, l'obligation de superviser des services de garde en milieu familial (qui incombe uniquement aux CPE) et une présence dans toutes les régions du Québec et non pas uniquement là où c'est le plus rentable pour le propriétaire. Lorsque celles-ci seront soumises aux mêmes exigences, les garderies à but lucratif coûteront aussi cher. Il n'y aura plus d'avantage à ce que l'État leur accorde des subventions généreuses.

Le scénario répondant le mieux aux besoins des parents et au critère d'efficacité, mais qui ne figure pas dans le document de consultation, serait de confier aux Centres de la petite enfance, et aux garderies qui souhaitent se convertir en CPE, le mandat de développer toutes les nouvelles places. Une partie d'entre elles devraient être obligatoirement offertes en milieu familial (un domaine où les CPE jouissent d'une compétence reconnue) et un certain nombre de places confiées à des haltes-garderies. Les CPE devraient également être financièrement incités à augmenter la proportion des places à temps partiel, le soir et le week-end afin de répondre aux besoins des parents qui occupent des emplois atypiques.

Nous examinerons la semaine prochaine les scénarios de financement.



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The problem: Israeli occupation

Mazen Chouaib
Mazen Chouaib is Executive Director of the National Council on Canada-Arab Relations.

National Post Monday, August 18, 2003

On July 29, Israel Asper delivered a speech in Toronto in which he declared that the road map for peace between Palestinians and Israelis "has become a farce." Mr. Asper blamed "Palestinian terrorism." His staunch defence of Zionism denies any possibility of peace between the two cultures. And while his honesty can and should be appreciated, one has to ask: Do his views help to secure a much-beloved land for two cultures equally deserving of peace? Is he doing Canada any favours by demanding that our country take sides?

Mr. Asper said the road map is misunderstood, and he is right in this respect. Indeed, the goal of the plan is not to stop building a wall of separation in order to keep "Arab terrorists" out. The road map is about ending Israeli occupation in order to establish peace between Israel and Palestine. This is how the rest of the world interprets it. But the will to let this happen should be measured by actions on both sides, and not by the ethnicity or religion of the people who stand to win if the prospect of peace is finally achieved.

For example, in the last decade, illegal Israeli settlements have doubled. More than 400,000 settlers now make their homes on Palestinian land, even though negotiations to return that land were taking place a decade ago, during the Oslo peace talks. There are 400 settlers in Hebron -- the reason why 125,000 Palestinians remain in perpetual curfew. In Gaza, 7,000 of those radical settlers control the daily activities of more than a million Palestinians.

Given the daily humiliations these occupied people endure -- from wholesale destruction of Palestinian homes, to the numerous "accidental" killings of Palestinian youth -- resistance is the legitimate right of every Palestinian. Many Palestinians have rejected violence as an expression of their frustration. But even choosing passive means, such as a rally, prompts Israeli authorities to use more violence. The escalation has resulted in suicide bombers unconscionably taking the lives of Israelis and Palestinians in a desperate attempt to inflict pain for pain received. And while we all must condemn this bloody denial of the right to life by both peoples, Palestinians as a whole do not deserve to be labelled suicide bombers. Yet this is what Mr. Asper would have us do.

Contrary to common belief, Israeli historians acknowledge how Palestinians and Arabs have tried to establish peace with Israel for many decades. Ilan Pappe, a prominent Israeli historian, has documented numerous examples of Arab governments repeatedly extending the olive branch to Israel, only to have it repeatedly slapped away. Itamar Rabinovitch wrote a book for the Israeli Ministry of Foreign Affairs -- based on the ministry's own archives -- titled The Road Not Taken (in hindsight, a prescient title indeed), detailing how Arab states secretly negotiated with Israel between 1949 and 1951.

The deal then was a recognition of Israel's right to statehood, in return for a solution to thousands of displaced Palestinians made homeless by Israeli occupation. And recent memory serves also to confirm this theme of Israeli unwillingness to settle for peace. At the Madrid peace conference in 1991, Palestinians and Arabs were negotiating despite then Israeli prime minister Shamir's protest against having to attend. The Oslo process followed -- again doomed by half-measures and a refusal to compromise.

Finally, at the historic Beirut summit of March of last year, the leaders of the 22 Arab nations called upon Israel to return to territorial borders that existed in 1967, eliminate illegal Israeli settlements and solve the Palestinian refugee question in a "just way," in exchange for full normalization of relations. Neither Israel nor its supporters, nor Arab extremists, accepted this offer.

Supporters of a Zionist Israel -- Mr. Asper among them -- have lost sight of what is good for Israel, and the world for that matter. The belief that more illegal land grabs, more bullying of the Palestinian people -- and even more state-sponsored terrorism in the form of wanton destruction of homes can bring peace is naive and short-sighted.

To believe the assertion that Israel is a Western democratic oasis situated in a scorching desert of Arab dictatorship is delusional. One cannot claim the virtues of democracy while actively participating in the ethnic cleansing of an entire culture. A Jewish-only democracy is not a true democracy, and a recent decision by the Israeli government denying citizenship and residency to Palestinian spouses of Israeli citizens is but one example of how a racist act renders this so-called democratic state a laughingstock. Not to speak of the separation/apartheid wall.

To express the view that Israel's heavy-handedness is both righteous and democratic is Mr. Asper's right in a true democracy such as Canada's. But it is also false and irresponsible.



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The problem: Arab intolerance

Israel Asper, O.C., O.M., Q.C.
National Post Monday, August 18, 2003

Mazen Chouaib, writing on behalf of the National Council on Canada-Arab Relations (NCCAR), has attacked a lecture I recently delivered on the state of the "road map" to peace in the Middle East.

The NCCAR is an Arab lobby and advocacy group purporting to speak on behalf of Canada's half-million Arabs. This organization promotes the admission to Canada of the Arabic satellite television network al Jazeera, which spreads propaganda against the United States, Israel and Jews in general. As well, Mr. Chouaib's organization called for an end to sanctions against Iraq prior to this year's war. The group even lobbied Canada to end our free trade agreement with Israel.

Mr. Chouaib's rhetoric in the essay that appears on this page is consistent with this strong Arabist slant. He drags out all the usual Arab clichés and slogans -- such as "illegal land grabs," "illegal Israeli settlements," "ethnic cleansing" and "apartheid." Mr. Chouaib's view is that the Arab-Israeli conflict arises because of what he wrongly terms the "Israeli occupation" of "Palestinian land." In fact, there never was -- and there isn't now -- any such thing as "Palestinian land."

The lands of which Mr. Chouaib speaks were all part of the Turkish Ottoman Empire until it was defeated in the First World War. It was then mandated to, and governed by, Britain. In 1948, the United Nations created Israel. Five Arab nations declared war, vowing to destroy the new country.

During that war, Jordan and Egypt captured the now-disputed territories -- the West Bank and Gaza respectively -- and held them until they were taken by Israel in the Six-Day War of 1967. Until then, there had never been a murmur about these territories being turned into another Palestinian state -- in large part because the entire world recognized Jordan as the Palestinian state. In Israel's later peace treaties with Egypt and Jordan, both nations renounced any claim to these territories.

Mr. Chouaib should acknowledge the truth that the conflict between Palestinians and Israelis is not about reclaiming land. It continues because the Arab world seeks the destruction of Israel as a Jewish state. That goal has been written into the charters of the PLO, Hamas, Hezbollah and Islamic Jihad, and has been embraced by the Palestinian leadership in pronouncements over the years.

The Palestinian Minister for Jerusalem, Faisal Al Husseini, described it best when he said the Oslo Peace Process was a sham, a trick to gain more concessions from Israel and to better position the Arabs for a further attack in the future. He called it, quite accurately, a Trojan Horse.

If the road map leads to a dead end, it will be because the Palestinians have failed to carry out their fundamental commitment to disarm terrorist organizations and arrest their civilian-murdering "soldiers," as well as end the incitement to hatred pouring out of their schools, mosques and official media.

While demanding Israeli concessions that are not even contained in the road map (freeing of prisoners, stopping the separation fence), Palestinian terror continues daily and goes mostly unreported in the Canadian media. As for incitement to "martyrdom," the official Palestinian television network last week continued to broadcast commercials showing dead Palestinians shot in the back by evil Israelis, and rising up the steps to heaven where their 70 virgins beckon them lovingly.

Mr. Chouaib would serve the Canadian Arab community better by urging that it abandon its futile demonization of Israel. Encourage them, when they think of the hundreds of thousands of Arab refugees who fled or were forced out of Israel, to think also of the 850,000 Jewish refugees driven from Arab countries.

And at the same time, Mr. Chouaib should stop talking about expelling Israelis from the cities and towns they've built up in the West Bank over the past 35 years. In this regard, it is the Arabs who are advocating ethnic cleansing -- not Israel, which contains over one million Arabs, all of whom have the democratic rights of Israeli citizens, including the right to elect representatives to the Knesset.

Rather than focusing on Israel, Canadian-Arab leaders would make a positive contribution to peace in the Middle East by demanding that Arab governments adopt democracy, abandon corruption, introduce fundamental human rights, including freedom of religion, all of which are denied in totalitarian Arab states.



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National ID card puts rights at risk

THE TORONTO STAR Aug. 17, 2003

If recent opinion polls are to be trusted, a fair number of Canadians have been seduced by the notion that a national identity card is the answer to life's little problems.

Such cards, sporting photos and high-tech biometrics like fingerprints or eye scans, would speed our way across the security-obsessed American border, proponents insist.

They could reduce the clutter in wallets and purses bulging with passports, drivers' licences, health cards, social insurance cards and other forms of identification.

Some believe they'd help thwart identity theft.

And some argue the cards would make it easier for police and other officials to identify citizens and non-citizens, thwarting terrorism.

Thinking like this has led Citizenship and Immigration Minister Denis Coderre to float the idea of introducing such cards. Within a few months, a Parliamentary committee will weigh in with its view. Coderre will sponsor a forum to catalyze debate. And Parliament will no doubt have its say.

Yet even as this pressure builds, Prime Minister Jean Chrétien's cabinet is reported to be deeply split on the wisdom of this idea.

And significantly, Chrétien's likeliest successor, Paul Martin, has grave reservations. "I have been somewhat skeptical of the concept," Martin recently said. "You're going to have to demonstrate to me that the means being taken can be justified in terms of the ends that will be realized."

This show-me skepticism is reassuring. It reflects a principled commitment to civil rights.

Last March, former federal privacy commissioner George Radwanski warned of "enormously damaging implications" if national ID cards are introduced.

Canadians don't need them, he told MPs. They'd cost as much as $5 billion to bring in. They are foreign to our values. They would fatally erode the anonymity that is a key aspect of our basic right to privacy. And their assumed benefits have been wildly overstated.

Canadian citizens already have plenty of credible ID to present at the border: Passports, drivers' licences and birth certificates.

And that clutter of cards in our wallets, while annoying at times, serves as a "firewall" between the fast-multiplying data bases of government and business, safeguarding our privacy. A single card, used for many purposes, would demolish the firewall.

The cards themselves, like any other, would be susceptible to fraud.

And they'd be no sure hedge against identity theft. That's usually perpetrated through computer transactions, by phone or by mail, not in face-to-face contacts.

Finally, committed terrorists would find ways to forge or acquire the cards. The 9/11 terrorists were flush with legitimate American ID, for the simple reason that most had established themselves locally.

What bringing in cards would do is transform our society in ways that many of us would not like.

"The creation of a biometric national identity card, which would be required for more and more purposes, would also open the door to relentless tracking of our activities, transactions and whereabouts," Radwanski told the MPs. "And the damage to privacy would be massive.

"The card would become an internal passport that we would have to present to authorities on demand, making it a powerful instrument of social control."

Far-fetched? Hardly. It's been done.

Even today, millions of Europeans live under regimes where the police and bureaucrats are empowered to demand: Your papers, please. Unlike us, they are not free to stroll down the street without clutching compulsory identity cards. They have reason to wonder who might be watching.



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Why the Liberals court ethnic votes

Adam Radwanski
The Ottawa Citizen Monday, August 18, 2003

Welcome to Canadian politics' summer of racial discontent. True, it's now also the summer of Ernie Eves's discontent, as Ontario blames him for a massive blackout that he may or may not have had anything to do with. But once all the lights are back on and stay on, attention might return to issues that were reaching their boiling point before the power was turned off.

Here in Toronto, we have provincial Solicitor-General Bob Runciman, side-by-side with police chief Julian Fantino, accusing unnamed black leaders of stoking violence and hostility against cops. But the more interesting issue for the rest of the country might be a simmering dispute over the Liberal party's recruitment of ethnic minorities.

The debate, unfortunately, has played out in stunningly simple-minded fashion. Last week, the National Post published a letter by four "Liberal supporters," the most prominent of whom is former senior diplomat Martin Collacott, complaining about the Liberals' targeting of specific ethnic minorities for recruitment. The following day, party president Stephen LeDrew responded with an op-ed piece lamenting the complainants' regressive worldview.

The dissidents' complaint, is that the Liberals' "race-based recruitment tactics" will lead to "voting banks" that leave the party's next leader "with a debt to specific ethnic groups rather than to the whole electorate." In plain-speak, that means Paul Martin's recruitment of Chinese- and Indo-Canadians -- allegedly to the point where they make up two-thirds of the party's British Columbia membership -- will give them disproportionate influence.

Mr. LeDrew's rebuttal was even more basic and no less inflammatory, accusing Mr. Collacott and company of opposing the Liberals' open and inclusive attitude toward immigrants. "Canadians will no doubt reject the odious views reflected in yesterday's letter, knowing that they have no defensible foundation in our pluralistic democracy," he huffed.

In fairness to Mr. LeDrew, his job as party president is to defend the Liberals' integrity, not conduct academic debates. But it's still alarming that otherwise intelligent and well-reasoned people could reduce the complex issue of ethnic political involvement to a dumbed-down war of words.

Of course some Liberals are taking advantage of easily mobilized voting blocs. No big surprise there -- that's what political organizers do. It's not about exploitation, nor the party's commitment to forming a rainbow coalition of supporters. It's about winning elections for one side, and securing influence -- and eventually representation -- for the other.

The more relevant question is why certain ethnic groups are so well-represented in our political parties, and others virtually invisible. And it is that issue that the letter-writers, having pointedly stated their diverse backgrounds, could have more usefully considered.

There is a reason why first-generation Italian-Canadians, more than Eastern Europeans, and Sikhs, more than most other South Asians, begin with a greater interest in party politics -- they come come from countries or regions where political activism is a way of life.

Economic considerations also help explain the active involvement of Chinese-Canadians in B.C. For recent immigrants scraping to get by, political involvement is a luxury they can't afford; more affluent communities can spare the time -- and the fundraising dollars -- needed to play an influential role in our major parties.

But most incitefully, the letter writers would have considered that, unlike the rest of us, a select few groups belong to the sorts of tightly-knit communities that make them a political organizers' dream come true.

In part, that means populations so heavily concentrated, including large families living in single homes, that they are easily mobilized en masse. But the bigger factor is a degree of civic involvement now foreign to most Canadians.

Through social clubs, interest groups and religious institutions, they are already active in their communities in multiple ways. Having made that commitment, and forged valuable interpersonal ties, political involvement is a logical next step.

Among Canadians whose families have been in this country for generations, there is no shortage of familiarity with our democratic tradition. Nor, for many, are economic considerations a constraint. But when it comes to community involvement, most are well behind a few select minorities -- and it shows in their disdain for political activism.

This is not a new theory; American author Robert Putnam devoted much of his book Bowling Alone to similar phenomena south of the border. But if the rest of us are feeling outnumbered in political parties, it helps explain why.

Adam Radwanski writes here weekly on national affairs.