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Entente avec les Innus
Pelletier se défend d'avoir changé d'idée

Stéphane Paquet
Le Soleil jeudi 21 août 2003

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Benoît Pelletier, se défend d'avoir changé d'idée sur l'entente de principe conclue avec les Innus, lui qui la remet en question après que son parti l'eut appuyée avant les élections. Les Innus, eux, avaient compris que l'appui libéral était assuré.

"Je n'étais pas critique des affaires autochtones" quand les libéraux ont appuyé la motion de l'Assemblée nationale, dit Benoît Pelletier, dans son bureau de la Grande Allée. Et puis, l'entente de principe prévoyait, montre-t-il preuve à l'appui, qu'il "est entendu que le traité ne sera pas limité aux dispositions de la présente entente mais restera substantiellement conforme à celle-ci".

Bref, il y avait de la marge de manoeuvre et il a décidé de l'utiliser. "Il ne s'agit pas de tout renégocier l'entente de principe", prend-il le soin d'ajouter.

Du même souffle, il reconnaît toutefois que ses doutes sur l'entente pourraient faire dérailler les négociations. "Il y a un risque. Le risque est là parce que le dossier est extrêmement complexe et est risqué en lui-même."

Sur la Côte-Nord, le chef de la communauté d'Essipit, Denis Ross, se disait hier déçu du changement de cap libéral. "C'est sûr qu'on est déçu, mais on n'a pas le choix de continuer... Avec les libéraux, on se disait que l'entente allait passer comme dans du beurre. Après la commission parlementaire (sur le sujet), c'est eux qui ont proposé la signature de l'Approche commune."

Le 13 août dernier, les chefs de quatre communautés innues qui avaient accepté l'entente de principe ont rencontré le ministre Pelletier. C'est à ce moment qu'il leur a fait part de ses "préoccupations" face à la portée de l'entente sur l'intégrité du territoire québécois et les compétences de l'Assemblée nationale.

Il leur a alors proposé de consulter un groupe d'experts, ce sur quoi le ministre a reculé. "On a eu assez de juristes qui se sont prononcés sur ce dossier. On a même eu les meilleurs au Canada", souligne le chef Ross, dont la communauté se trouve à l'est de Tadoussac.

Mais le chef, qui avait convaincu les membres de sa communauté d'appuyer l'entente, ne monte pas aux barricades tout de suite pour dénoncer le nouveau ministre. "Si on voit de la mauvaise foi, là, c'est sûr que notre message va changer."

De nation à nation

Les autres communautés innues qui ont signé l'entente sont celles de Betsiamites, Mashteuiatsh (au Lac-Saint-Jean) et Natashquan. Cinq autres communautés innues avaient refusé de s'associer à l'entente avec Québec et Ottawa, l'estimant trop désavantageuse pour les autochtones.

Aujourd'hui, le ministre Pelletier insiste pour qu'une majorité de communautés paraphent le document. "C'est une entente de nation à nation, pas une entente de nation à communauté."

L'entente de juin 2002, surnommée "l'approche commune", avait soulevé la critique de plusieurs Blancs qui habitent les territoires revendiqués par les Innus et touchés par l'entente, dont le député bloquiste Ghislain Lebel.

Les craintes exprimées par l'actuel responsable du dossier autochtone n'ont rien de bien nouveau. Dès 1997, alors qu'il était encore professeur à l'Université d'Ottawa, Benoît Pelletier y allait de deux longs textes publiés dans le Devoir dans lesquels il exprimait de sérieuses réserves sur les conclusions de la Commission Dussault-Erasmus sur les peuples autochtones.

"Le principe de l'autonomie gouvernementale des nations autochtones risque fort de porter ombrage éventuellement à l'autorité du gouvernement du Québec sur son territoire", écrivait-il. La Commission venait de conclure que l'article 35 de la Constitution reconnaissait "l'existence de facto d'un troisième ordre de gouvernement".

Même s'il juge aujourd'hui "inévitable et sain" le principe d'autonomie gouvernementale des autochtones, il considère toujours que celui-ci "doit être concilié avec les besoins du reste de la société. Une autonomie gouvernementale qui est négociée dans des termes mutuellement responsables, je pense que c'est la voie de l'avenir", conclut celui qui se définit comme un "conciliateur de droits".



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Pelletier becomes Quebec's McKenna

DON MACPHERSON
The Gazette Thursday, August 21, 2003

Given the history of broken treaties, the Quebec Innu should not have been surprised to learn the Charest government has started talking about backing out of a deal with them.

The deal in question is what is officially and cautiously presented as a "proposed agreement in principle" to settle Innu land claims in the North Shore and Saguenay-Lac St. Jean regions. It was reached last year among negotiators for the Innu and the governments of Quebec and Canada.

In June, Benoît Pelletier, who is minister for both Canadian intergovernmental and aboriginal affairs in the new Liberal government, expressed concerns about the agreement in a letter to Premier Jean Charest. Somebody, probably in the government, leaked a copy of the letter to the TVA network this week.

Pelletier was concerned about how the agreement might affect the autonomy of the Quebec government in constitutional jurisprudence, Quebec's control over its entire territory and its legislative powers.

He proposed to have legal experts see whether the agreement provides "an acceptable degree of certainty" on those questions. If their report concluded it did, the government would ratify the agreement in principle and proceed with the negotiation of a final agreement that would be "substantially" the same.

But if the report "confirmed the concerns," the government would not ratify the deal in principle and instead would propose to negotiate a new one to replace it.

Pelletier warned Charest the Innu "could react very strongly to our decision not to ratify the present agreement in principle." He concluded by asking, "in the face of such a delicate decision," for his approval and support.

Pelletier, a constitutional expert before he entered active politics, should understand how the Innu might feel. And it's ironic a Quebec cabinet minister would propose to repudiate an agreement in principle, considering all the outrage expressed by the political class here in the past at other provinces' not respecting their signatures in negotiations with Quebec.

In a province whose licence plates say "Je me souviens," does anybody see a resemblance between what Pelletier wants to do now and what Frank McKenna did 15 years ago?

McKenna was the newly elected Liberal premier of New Brunswick who wanted to renegotiate a constitutional agreement in principle called the Meech Lake accord, which among other things recognized Quebec as a "distinct society."

The agreement had been reached among the prime minister and the premiers, including McKenna's predecessor. But McKenna didn't consider himself bound by his predecessor's signature. And by holding up ratification of the agreement while he sought improvements in it, he helped to kill it.

Of course, historical parallels are never perfect, and there is one big difference between what McKenna did and what Pelletier is doing: At least McKenna made his intentions clear before he was elected and obtained a mandate from the electorate.

The concerns Pelletier raised in his June letter were not new. They had been raised a year ago by hard-line nationalists such as Jacques Parizeau, former Parti Québécois premier, and Ghislain Lebel, a member of Parliament then representing the Bloc Québécois. And they had been refuted by Quebec's negotiator, Louis Bernard (whom Pelletier would replace if Bernard's agreement is repudiated).

Until this week, the Liberals seemed satisfied with the agreement and Bernard's explanations. Not only had they not publicly raised the concerns mentioned in Pelletier's letter; they voted for the agreement in the Assembly as recently as last March, calling for its ratification. And in the ensuing election, they supported the agreement.

Even if the current agreement with the Innu remains intact, Pelletier might have already damaged at least his own credibility in relations with aboriginals and other governments. For he now is on record as suggesting if Quebec has belated second thoughts, it can do what it has reproached others for doing and go back on its word. In this sense, Pelletier has made Quebec a province like the others.



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Lettre à la FÉDÉRATION DES JOURNALISTES DU QUÉBEC

J’ai l'intention de saisir la Cour supérieure du Québec

YVES MICHAUD
Ancien député à l'Assemblée nationale du Québec
TRIBUNE LIBRE 21.8.2003

ATTENTION DE LA PRÉSIDENTE ET DES MEMBRES DU CONSEIL
DE LA FÉDÉRATION DES JOURNALISTES DU QUÉBEC

Montréal, le 21 août 2003

J’ai l'intention de saisir la Cour supérieure du Québec d'une requête en jugement déclaratoire invalidant la motion de blâme du 14 décembre 2000 à mon endroit. L'Assemblée nationale s'est imposée à l'article 324 ( document joint) de ne jamais adopter des motions de blâme à l'égard des citoyens sauf s'ils portent atteinte aux privilèges de l'Assemblée ou de ses membres. Ce que le soussigné n'a jamais fait. Aucune autre disposition de la loi interne de l’Assemblée nationale autorise cette dernière à censurer les propos des citoyens en se substituant aux tribunaux.

La motion du 14 décembre 2000 est irrecevable à sa face même et par surcroît anticonstitutionnelle. Elle constitue une triple violation des chartes québécoise et canadienne des droits et libertés et de l'honneur et la réputation d'un citoyen. À défaut de sa radiation, elle est une menace permanente à la liberté d'expression des citoyens et citoyennes du Québec.

La présente demande officiellement à la Fédération des journalistes professionnels du Québec (FPJQ), principal organisme voué à la préservation de la liberté d'expression, d'appuyer l'éventuelle requête du soussigné et le cas échéant d'être partie à l'audience de la requête par une intervention écrite et ou verbale de la Fédération. Similaire démarche sera faite par Solidarité Yves Michaud, association à but non lucratif de plus de 300 membres, créée à la suite de la motion du 14 décembre 2000. La Ligue des droits et libertés du Québec et le Barreau du Québec seront également pressentis pour intervenir au dossier.

Je vous remercie de la bonne attention que vous porterez à ma demande et vous serais obligé de me faire tenir votre réponse dans les délais que vous jugerez les plus appropriés.

YVES MICHAUD
Ancien député à l'Assemblée nationale du Québec

CHAPITRE II
CONDUITE D'UNE PERSONNE AUTRE QU'UN
DÉPUTÉ

     324. Signalement et annonce de la motion — Tout député peut, par motion, mettre en question la conduite d'une personne autre qu'un député qui aurait porté atteinte aux droits ou aux privilèges de l'Assemblée ou de l'un de ses membres.

             Il doit d'abord signaler une violation de droit ou de privilège, puis annoncer son intention de présenter une motion.

     325. Décision de l'Assemblée — L'Assemblée se prononce sur la motion.  Elle peut convoquer au préalable la commission de l'Assemblée nationale pour examiner l'affaire.

             La motion ne peut être amendée ni scindée.

     326. SanctionSi le reproche est fondé, le mis en cause est passible de la sanction que décide l'Assemblée en tenant compte, le cas échéant, des recommandations de la commission.

     327. Procédure — Les règles relatives à l'examen de la conduite d'un député s'appliquent.




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Des médecins se prononcent en faveur du droit à recourir à des soins privés

La Presse jeudi 21 août 2003

PC Winnipeg - La plus importante association de médecins du pays a décidé d'évoquer devant la Cour suprême du Canada le problème de la médecine à deux vitesses en même temps que celui des interminables listes d'attente pour les soins hospitaliers.

L'Association des médecins canadiens (AMC), forte de ses 55 000 membres, va en effet pouvoir témoigner devant la Cour en qualité d'intervenant.

À l'occasion du congrès annuel de l'association, qui se tient cette semaine à Winnipeg, le président de l'AMC a ainsi expliqué que le système de santé canadien se devait de garantir des délais raisonnables dans la prise en charge des patients et l'administration des soins. Si ces derniers ne peuvent être dispensés à temps dans la province, alors le patient devrait être envoyé dans une autre province, voire aux États-Unis, a déclaré le Dr Dana Hanson.

L'AMC va avoir l'occasion de défendre ses positions lors de la prochaine audition devant la Cour suprême du médecin de famille québécois Jacques Chaoulli et de son patient, George Zeliotis. Alors que les listes d'attente ne cessent de croître, tous deux soutiennent que les Canadiens ont le droit d'avoir accès à un système de santé privé afin de pallier les insuffisances du système provincial.

M. Zeliotis affirme que le système de santé public l'a fait patienter pendant des mois pour une opération de reconstruction de la hanche, malgré d'insupportables douleurs. Aussi a-t-il décidé de se battre contre les réglementations du Régime d'assurance-maladie du Québec et du Régime d'assurance-hospitalisation du Québec.

Les deux régimes interdisent en effet aux médecins de prodiguer des services privés dans des établissements publics et empêchent les résidents du Québec de recourir à une assurance-maladie privée pour couvrir des actes déjà pris en charge par le système de santé public.

Les avocats du médecin et de son patient avaient déjà expliqué devant des juridictions inférieures que les patients avaient le droit constitutionnel de payer pour certains soins privés, comme les opérations de la hanche. Ils avaient également soutenu que cela ne menaçait en rien le système de santé public.



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La bureaucratie fait exploser le coût des soins de santé aux États-Unis

André Duchesne
La Presse jeudi 21 août 2003

Les fournisseurs de soins de santé, autant publics que privés, engloutissent des sommes faramineuses en frais d'administration aux États-Unis et pourraient aisément économiser plus de 200 milliards US annuellement s'ils adoptaient le modèle canadien.

C'est la conclusion à laquelle en viennent trois chercheurs américains dans une étude publiée aujourd'hui dans le New England Journal of Medecine (NEJM). Pis encore, la différence entre les coûts de l'administration de la santé au Canada et aux États-Unis a tendance à augmenter, disent-ils tout en concluant qu'il y a matière à s'interroger sur ce gaspillage.

Il faut cependant dire que deux des trois auteurs de l'article, Steffie Woolhandler et David U. Himmelstein, font aussi partie d'un groupe de 8000 médecins américains, le Physician for a National Health Program, qui réclame un système de santé universel et gratuit.

Comme le rapportait Le Devoir lundi, le groupe a également signé dans le Journal of the Amercian Medical Association (JAMA) un article sur les avantages du système canadien dont les données sont très semblables à celles publiées aujourd'hui dans le NEJM. Ils affirmaient au passage que la principale cause des faillites personnelles aux États-Unis est imputable aux frais de santé alors que 41 millions de personnes n'ont pas d'assurance.

Selon l'étude, les Américains ont, en 1999, consacré 294,3 milliards (tous les montants publié dans cet article sont en dollars américains) uniquement pour l'administration des soins (autrement dit la bureaucratie), soit 1059 $ par habitant. Pendant ce temps au Canada, les dépenses liées à l'administration ont atteint 9,4 milliards, soit 307 $ par habitant.

"En 1999, cette différence de 752 $ équivalait à un excédent de 209 milliards de dollars", indiquent les auteurs.

En pourcentage, la différence entre les deux pays est tout aussi révélatrice. En 1999, 31 cents sur chaque dollar dépensé en soins de santé aux États-Unis étaient consacrés aux frais d'administration. Au Canada, l'administration des soins prenait 16,7 cents sur chaque dollar.

Ces chiffres suivent, grosso modo, la courbe du pourcentage des employés des fournisseurs de soins de santé travaillant à l'administration. Les auteurs constatent que le pourcentage de personnes travaillant dans l'administration des hôpitaux et autres établissements de santé américains est passé de 18,2 % en 1969 à 27,3 % en 1999.

Quels que soient les secteurs concernés, les coûts administratifs sont toujours plus élevés aux États-Unis qu'au Canada. C'est le cas autant au sein des compagnies d'assurances que dans l'administration des hôpitaux, des soins infirmiers ou des soins à domicile.

La multiplication des régimes d'assurances privés au sud de la frontière est en partie responsable de cette situation, affirment les chercheurs.

On le sait, les régimes privés d'assurances santé occupent une place beaucoup plus large aux États-Unis que chez nous. Et ces régimes doivent consacrer des sommes colossales à des activités très limitées ou même inexistantes dans les systèmes publics: la commercialisation et la souscription, par exemple.

Une nuée de régimes privés équivaut aussi à un dédale administratif où il faut parfois cogner à plusieurs portes pour se voir rembourser. Au Canada, rappelle-t-on, la présence de budgets globaux dans les provinces élimine une bonne partie de la bureaucratie.

Pour étayer leurs affirmations, les auteurs font le bilan de neuf régimes américains privés où l'on compte entre 13,7 et 31,2 employés par 10 000 souscripteurs. Pendant ce temps, les régimes publics de l'Ontario et de la Saskatchewan comptent respectivement 1,2 et 1,4 employé administratif par 10 000 souscripteurs.



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Le fin mot de l'histoire: «Dieu vengera notre mort»
-- Jacques de Molay

Pierre Rousseau, Historien et archiviste
LE DEVOIR lundi 18 août 2003

L'histoire, la grande, retient souvent quelques phrases qui traversent le temps mais dont le contexte s'efface des mémoires. Le Devoir publie, tous les lundis de l'été, des textes qui rappellent où, quand, comment, pourquoi des paroles qui deviendront célèbres ont été prononcées.

Au début du IVe siècle, les pèlerinages sont déjà nombreux vers cette Terre sainte si chère aux chrétiens. Jérusalem ne cesse d'attirer les pèlerins qui se recueillent en grand nombre sur l'emplacement du Golgotha et sur le tombeau du Christ.

Mais au cours des siècles suivants, les musulmans s'emparent des Lieux saints. Diverses ententes entre musulmans et chrétiens permettent toutefois aux pèlerins de continuer à parcourir ces longues routes qui mènent à Jérusalem. Mais, les invasions turques, vers le milieu du XIe siècle, rendent désormais pratiquement impossible tout pèlerinage.

En 1095, le pape Urbain II appelle alors les chrétiens à la reconquête de Jérusalem et à la libération du tombeau du Christ. C'est le début des Croisades. Le souhait du pape se réalise quatre ans plus tard, lorsque, le 15 juillet 1099, les croisés s'emparent de la Ville sainte après un siège de quarante jours. Mais si les croisés tiennent Jérusalem, il n'en est pas de même pour la plupart des chemins qui y mènent. Toujours sous contrôle musulman, ces routes demeurent dangereuses pour les voyageurs chrétiens.

Ainsi, en 1118, Hugues de Payns, un chevalier champenois pieux et valeureux, fonde avec quelques compagnons un ordre de moines-soldats afin d'assurer la défense des pèlerins. Ils prennent le nom de «Pauvres chevaliers du Christ». Leurs services étant dès le départ fort appréciés, le roi de Jérusalem, Baudoin II, leur cède, bientôt, l'emplacement de l'ancien Temple de Salomon. Les membres de l'ordre adoptent alors le nom de «Chevaliers du Temple» ou plus simplement Templiers.

Au cours des deux siècles que durent les Croisades, ces soldats du Christ, en plus de fournir une aide constante aux pèlerins, participent à de nombreuses batailles. Mais avec les années et parallèlement au combat qu'ils mènent en Terre sainte, les Templiers s'enrichissent énormément. Comme Cluny et Cîteaux avant eux et les ordres mendiants après, les ordres militaires, particulièrement les Templiers, connaissent l'engouement des fidèles et reçoivent ainsi de nombreuses donations. Par exemple, de grandes familles seigneuriales pourront léguer des domaines entiers avec tous les revenus qui leurs sont rattachés. La grande renommée de courage et de droiture qui sera pendant longtemps celle des Templiers fera en sorte de multiplier ces donations.

Tant que les Croisades se poursuivent et que les richesses du Temple sont utilisées à la protection des pèlerins et à la défense du Saint-Sépulcre, personne ne proteste d'autant plus que les Templiers paient de leur vie ces responsabilités envers les Lieux saints. Mais l'opinion change après la perte définitive de la Terre sainte. De retour en Europe, ils ne sont bientôt plus perçus que comme de riches propriétaires qui, de surcroît, sont exempts de nombreuses taxes que le peuple, lui, doit payer. Cette baisse de popularité ne suffit toutefois pas à justifier le sort tragique qui les attend. Les motivations du roi de France pèsent assurément beaucoup plus lourd.

Les motifs qui pousse Philippe le Bel à faire arrêter tous les Templiers de son royaume ne sont pas clairs. Craint-il la présence d'une armée dévouée au pape sur son territoire; envie-t-il la richesse du Temple, lui qui est toujours en quête de revenus; croit-il vraiment aux calomnies colportées contre les Templiers; veut-il, en s'attaquant à une institution qui relève directement du pape, tenter de démontrer à ce dernier que dans son royaume le roi de France est le maître.

Quelle que soit la raison, le 13 octobre 1307 tous les Templiers de France sont arrêtés. Ils sont accusés, entre autres, de renier Jésus-Christ et de cracher sur un crucifix lors de la cérémonie au cours de laquelle les nouveaux membres sont reçus. Sous la torture, la plupart des accusés admettent tout ce que leurs bourreaux veulent leur faire avouer. Ces aveux et la pression exercée par le roi et son entourage incitent finalement le pape Clément V à abolir l'ordre. Il ne reste plus qu'à faire comparaître ses dignitaires.

Le 18 mars 1314, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Charnay et Geoffroy de Gonneville sont condamnés à la prison à vie. Mais retrouvant leur courage, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay se lèvent aussitôt. Devant la foule stupéfaite, le maître proteste hautement et solennellement de leur innocence. L'ordre est saint et la règle du Temple est sainte, juste et catholique. Toutes les calomnies et les fautes qui leur sont imputées sont fausses. Ils n'ont commis qu'un seul crime, celui de se livrer à de faux témoignages dans l'espoir de sauver leur vie. Les deux dignitaires, pour être revenus sur leurs aveux, sont immédiatement condamnés à mort.

Le soir même, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay montent sur le bûcher. Alors que les flammes les entourent, Jacques de Molay prononce ces paroles qui sont aussi ses dernières : «Dieu vengera notre mort.» Moins d'un an plus tard, le pape Clément V et le roi de France Philippe IV le Bel, tous deux responsables à leur façon de la fin du Temple, meurent à leur tour.

Il est possible, bien que fort peu probable, que Jacques de Molay, certain de l'injustice de cette condamnation et confiant en la justice de Dieu, ait prononcé, voyant la mort venir, ces quelques mots demeurés dans la mémoire des siècles.

Par contre, une chose est sûre, ces deux disparitions ont bouleversé la population, d'autant plus que les ultimes protestations et la mort courageuse de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay l'avaient beaucoup émue.

À partir de cette réalité, il est tentant de conclure que les contemporains virent dans ces deux morts le signe de la vengeance de Dieu contre ceux qui avaient injustement fait périr ses dignes serviteurs.



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Mel Gibson, we have a problem

Michael Coren
National Post Thursday, August 21, 2003

So much passion about The Passion. Mel Gibson's movie doesn't appear until next year but is already being accused of anti-Semitism and defended against the same. Three of my grandparents were Jewish, and I'm an evangelical Christian. Confused? No, just aware. His name was Yeshua, He was Jewish, His fellow Jews have suffered horribly at the hands of alleged Christians for centuries.

Until the movie is available we can't really judge, from either side. But we can opine. Even from watching the brief trailer there are some obvious inaccuracies. Jesus carries a full cross on His route to Calvary, when we know that it was only the crossbeam that was carried. He is also shown being pierced through the palms, when we now know that crucifixion, when it involved nails rather than rope, was through the wrists. Simply and darkly, a human body slides through a nail if the palms are used.

So, disappointing. But the explanation could be part of the problem. Roman Catholicism puts great store on the stigmata: men and women who suffer from apparent holes in the palms and constant bleeding. It is supposed to be in miraculous imitation of the suffering of Christ. If He was nailed through His wrists, the Catholic Church faces a problem.

Could it be that this is a very Catholic, a very medieval Catholic, interpretation of the death of Yeshua? There is a great deal of blood around in the trailer, which would have been the case with such an event. It's certainly a relief to see an attempt at the grotesque reality of violent death rather than the diluted depictions of some film portrayals. But, again, with all due respect to Catholicism, there has in the past and to an extent still is a virtual blood cult within it.

The medieval church was obsessed with gore, and even today in southern Europe we see quite repugnant fetishes with sacred blood, holy blood, miracle-giving blood. If it's European medievalism we're seeing rather than death-dry, God-drenched ancient Judea, we could be in trouble.

Jewish organizations do sometimes overreact. But try being even partly Jewish and see what anti-Semitic e-mails look like. Anti-Semitism in the guise of anti-Zionism is once again flowing like some malignant disease through the sickly bloodstream of modernity.

In this case there is fear. Easter was traditionally the time for Jew-killing. Pogroms were part of the Easter fun, and the time when Jews locked the doors and windows. How ironic that it's really Passover, and that the early church always commemorated the crucifixion and resurrection during the Seder.

What has happened in the last 40 years, however, is a remarkable realignment, where Jews and genuine Christians have formed alliances on all sorts of issues. Nor do I make any apologies for using the word "genuine." I refer to evangelical Christians, observant Roman Catholics and others. Not salad-bar believers, who pick and choose from Scripture.

Liberal Protestants, in fact, are sometimes the most vociferous of Israel-bashers, to the point of blurring the lines between politics and racism. They constitute, however, a moribund group of denominations. The other small but noisy cabal is the far right of the Catholic Church. The Pope has been splendid on the Jews, but not so some of the rightist groups on the edges of or outside of the Roman communion.

Some are unashamedly anti-Jewish, others flirt with it. Caricatures of hook-nosed businessmen with tentacles grasping the world appear in their newspapers, praise for fascism comes from their leaders, Jews are specifically condemned on their Web sites. Which is not to say Mel Gibson is anti-Semitic. I doubt he is. But he is on the hard right of Catholicism.

His historical movies have been embarrassingly flawed. So do Mel and his people understand the context of first-century Palestine? Do they know that enemies of Jesus had almost certainly been brought in for the crucifixion, and His supporters driven out? Do they know and make clear that all of Christ's closest people were Jewish, and that the early church was overwhelmingly so? Gentiles only joined later, and it took more than a century for the church to break away from the Synagogue. It was not the Jews but the world that killed Jesus.

We will find out. Thing is, it's too important to leave to chance. Both for the Jewish people and for the once-and-always name of Yeshua, Jesus Christ.

Michael Coren's Web site is www.michaelcoren.com. His latest book is Mere Christian (Castle Quay).



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Recruiting Grits by race is a bad idea

Des Verma, Lenn Chow, Martin Collacott and Stephen Kaufmann
National Post Thursday, August 21, 2003

VANCOUVER - On Aug. 13, the National Post published an open letter to the Liberal Party of Canada in which we expressed concern over indications that, in its recent recruitment of new members in British Columbia, the party had expanded its membership in large measure by appeals to race or ethnicity rather than the merits of the party's policies. While such recruitment techniques may provide an easy means of gathering in new members, it also encourages the development of ethnic-bloc voting to obtain special benefits for particular communities, which in turn can lead to division and resentment within Canadian society.

In his response to our open letter the following day (A Reflection of Canada's Pluralism), Stephen LeDrew, the president of the Liberal party, demonstrated he either did not understand our concerns -- or chose to ignore them. He failed to address the issue of race-based recruitment policies that lead to division or, what is clearly an anomaly, the disproportionate, and seemingly, unhealthy imbalance in party memberships in British Columbia. A situation that should ring bells and cause concern was dismissed by him as a call on our part to establish ethnic quotas based on Statistics Canada figures. This is nonsense.

Our concerns are selfish, but selfish for all Canadians -- for those of us here today and for newcomers yet to come. Our charge is that ethnic-bloc voting is harmful rather than beneficial for the country.

A good illustration of how such practices can lead to abuse could be seen in the British Columbia provincial NDP leadership race in 2000. While the media at that time was filled with reports of recruitment irregularities, the wider community, ever mindful of being politically correct and bent in any event on dumping the party, simply chose to ignore what was happening. And yet the issue continues to fester behind the scenes.

Then there is the related question that begs to be addressed: How much should non-citizens (landed immigrants and refugees) be allowed to participate in party activities? Since they cannot as yet vote in national elections, should they, for instance, have the right to influence the process of delegate selection and, by extension, the choice of party leader? It would appear, in this regard, that ethnically based recruitment is aimed to a considerable extent at immigrants who are not yet comfortably established in their new country and are most easily swayed by calls of loyalty to the ethnic group.

It would make far more sense if newcomers who have a genuine interest in the politics of their new land were allowed to join parties as associate members who could attend the various activities of the constituency association but would not have the power to vote in the selection of candidates or delegates until they became citizens.

A major problem for Mr. LeDrew in trying to respond to the issues we have raised is that the Liberal party seems committed to a vision of Canada as a post-modern country, a country where a collection of diaspora communities remain faithful to their ancestral culture and Canada is, in many ways, little more than a convenient place to live. The more ethnic activists there are lobbying for special benefits for their own communities, the easier it is for Liberals to buy their votes -- with taxpayers' money.

While this vision may be attractive to some party membership organizers as well as people in ethnic communities who gain influence by delivering bloc votes, it is a hard sell to a majority of Canadians who want a strong united Canada they can feel passionate about. Mr. LeDrew and his colleagues would do well to heed the advice of Post letter-writer Adam Allouba, who recently declared: "I hate parties and politicos who segment society into special interests to be bribed. I don't want to be pigeonholed as an Arab or a student. Mr. LeDrew, don't tell me what you can do for my group. Tell me what you can do for Canada."

Mr. Allouba has made a valid point that Mr. LeDrew seems to have missed -- that surely one of the first responsibilities of our political parties is to educate Canadians to the fact that every individual from one end of the country to the other is a member of the same family, and it is the duty of every one of us to devote our time and energy to the service of our larger family even where this may conflict at times with the pursuit of narrower interests.

Until now, public discussion of these issues has been largely discouraged by those who have a vested interest in preserving and expanding such practices. It is regrettable in this regard that, rather than seriously address the concerns we have raised, Mr. LeDrew has resorted to calling our views "odious," presumably in the expectation this will suffice to shut down debate. Such a response shows little respect for the intelligence and judgment of Canadians and will not make the issues go away.



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Ontario's loss is Quebec's gain

JAY BRYAN
The Gazette Thursday, August 21, 2003

While the immediate crisis has passed without severe repercussions, the big blackout that hit Ontario and much of the eastern U.S. six days ago is beginning to look like a significant plus for the economy of Quebec.

As of yesterday, Quebec looked like an island of energy security in this part of the continent as officials in Ontario were still struggling to keep the lights on, with pleas for reduced power use keeping only a small safety margin between electricity consumption and available supplies.

"On balance, this is a net positive for Quebec vs. Ontario or the neighbouring states," said economist Douglas Porter, who was working on an analysis of the longer-term impact of the blackout.

Porter's office at BMO Nesbitt Burns, like others in Toronto's office towers, was in near darkness as Ontario residents responded to appeals that they take drastic energy-conservation measures. Since Porter has a window, he has been working all week without the office lights. The escalator is turned off. Areas without windows have a bare minimum of illumination.

At home, Porter, like many other Torontonians, is doing without air-conditioning and letting the lawn grow a little ragged while his electric lawn mower sits in the garage.

Industry is accepting similar emergency measures. Many industrial plants are running at reduced rates. DaimlerChrysler in Windsor, for example, has shut down research labs and operates its assembly plant only during the midnight shift, when power consumption by other users is low.

It's still too early to say that there won't be renewed blackouts, since power use has been creeping up this week as the sense of urgency fades and high temperatures make it difficult to do without air-conditioning. Whether the province's power plants can be brought back into service fast enough to keep up is uncertain.

Porter sees a big part of the problem as Ontario's heavy bet on nuclear power, which normally provides 36 per cent of the province's electricity, more than either hydro or coal-fired plants.

But the nuclear plants have been unreliable, and even when they are working properly, they can take a long time to restart when a blackout shuts them down.

On top of this, another 25 per cent of Ontario's power comes from coal-fired plants. Since these are among the very worst of greenhouse-gas offenders, there will be great pressure to close these down in the coming years.

Finally, Ontario's disastrous, aborted privatization effort has left the province with such a bad reputation among private power generators that it's not clear how successful it could be in any new effort to harness private investment.

Add it all up and Quebec can hardly lose. Ontario could buy large new quantities of power from Quebec, an option likely to be quicker and cheaper than replacing a bunch of outdated, unreliable power plants.

Alternatively, it could hobble along trying to patch a badly inadequate power system, which means that it would concede to Quebec the big competitive advantage conferred by reliable electric power. It's sad to see a neighbour laid low in this way, but at least the investment needn't leave Canada.

jbryan@thegazette.canwest.com



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L'aéroport de Dorval portera le nom de Pierre-Elliott-Trudeau

PC 21.8.2003

C'est le 27 mars 1969 que le gouvernement fédéral annonçait publiquement son intention de construire le nouvel aéroport international de Montréal, connu par la suite sous le nom de Mirabel. Pour donner suite à ce projet démentiel, le gouvernement libéral d'Ottawa a exproprié près de 100 000 acres des meilleures terres agricoles du Québec. Aujourd'hui nous comprenons que jamais la perte de ces terres fertiles et de ce patrimoine unique n'aurait pu être compensée par les avantages fictifs et illusoires d'un aéroport devenu aujourd'hui gênant et coûteux et dont on cherche toujours la véritable vocation.

GILLES BOILEAU, GÉOGRAPHE

(Encart ajouté par Vigile)

L'aéroport de Dorval changera de nom et deviendra l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, en l'honneur de l'ex-premier ministre du Canada. (CP/Fred Chartrand)

NORTH BAY (PC) - L'aéroport de Dorval changera de nom et deviendra l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, en l'honneur de l'ex-premier ministre du Canada.

L'annonce a été faite par le ministre fédéral des Transports, David Collenette, à North Bay, en Ontario, où s'est déroulé le caucus du Parti libéral du Canada. L'aéroport sera baptisé de son nouveau nom au cours d'une cérémonie le 9 septembre prochain.

La nouvelle appellation entrera en vigueur seulement le 1er janvier.

Les deux fils de M. Trudeau, Alexandre et Justin, ont accepté que cet hommage soit rendu à leur père.

Même si M. Trudeau a milité en faveur de la construction de l'aéroport de Mirabel, M. Collenette ne trouve pas ironique que ce soit l'infrastructure de Dorval qui porte son nom.

Il ajoute que si, plus tard, les activités aériennes de Dorval étaient transférées à Mirabel, l'appellation en hommage à M. Trudeau serait transférée aussi.

Le premier ministre, Jean Chrétien, affirme que les Québécois seront très contents de ce changement, car M. Trudeau était un grand Canadien.

Il soutient que c'est une belle façon de lui rendre hommage.

L'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal se joint à la liste des aéroports canadiens qui portent le nom d'anciens premiers ministres.

On compte déjà l'aéroport Lester B. Pearson à Toronto et l'aéroport John Diefenbaker à Saskatoon, alors que l'aéroport d'Ottawa commémore deux Pères de la Confédération, l'ancien premier ministre John A. Macdonald et George-Etienne Cartier.

Pierre Elliott Trudeau a été premier ministre du Canada du 20 avril 1968 au 3 juin 1979, puis du 3 mars 1980 au 30 juin 1984.

Il est reconnu pour avoir été un ardent partisan de l'unité canadienne et pour avoir travaillé à promouvoir les langues officielles et la Chartre des droits et libertés.

Il est décédé en 2000.