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»» PQ - course à la chefferie

Landry n'est pas seulement le meilleur, il est le seul!

L'âge ne devrait pas être un facteur discriminant lorsque vient le temps de choisir un chef d'État

Collectif
La Presse vendredi 19 septembre 2003

Le texte suivant est cosigné par un groupe de jeunes péquistes : Myriam D'Arcy, présidente du Comité régional des jeunes du Parti québécois des Laurentides ; Simon Couillard, conseiller à l'exécutif du comité national des jeunes du Parti québécois ; Véronique Lalande, représentante jeune du comté d'Argenteuil ; Alexandre Lamoureux, représentant jeune à l'exécutif du Parti québécois de Blainville ; Dave Anctil, militant du Parti québécois de l'Université de Montréal ; Sandra Hernandez, militante Parti québécois, Montérégie ; Jean-François Cloutier, militant du Parti québécois dans Mont-Royal ; Sylvain Lacroix, président du Parti québécois de l'Université de Sherbrooke ; André Leclerc, militant, Parti québécois de Blainville ; Caroline Labelle, vice-président communications, Comité régional des jeunes du Parti québécois de Montréal-Ville Marie ; Benoît Dubreuil, militant du Parti québécois de l'Université de Montréal.

LE CHEF DES souverainistes doit être autre chose qu'un bon prétendant à la gestion des affaires de la province de Québec. Il doit avoir le sens de l'État. Il doit avoir une certaine idée du Québec. Il doit servir la cause du Québec. De ce point de vue, la situation se clarifie. Bernard Landry n'est pas seulement le meilleur. Il est le seul. Il poursuit la tradition des grands chefs du Parti québécois, en orientant ce parti autour de son objectif fondamental.

Une étrange fraternité lie Bernard Landry à la jeune génération. Peut-être est-ce parce qu'il était autrefois professeur ? Mais c'est d'abord parce que les jeunes Québécois veulent se raccrocher à leur histoire à travers des personnalités d'envergure qui soient capables de représenter toutes les générations, en s'ouvrant tout à la fois aux nouvelles et aux plus vieilles. Un homme politique doit être de son temps. Il ne doit pas cependant chercher à se confondre avec la mode la plus volatile afin de se plier aux prescriptions des sondages du moment. Les jeunes Québécois, mais aussi leurs aînés, recherchent un homme politique qui incarne une certaine grandeur et qui sache plaire sans s'abaisser.

Le sens de l'histoire

Bernard Landry a le sens de l'histoire. Voilà un homme qui sait élever la conscience collective, en ne cédant pas aux diktats des spécialistes de la langue de bois et de l'infantilisation mentale de la population. Bernard Landry parle aux Québécois en tant que citoyens d'un pays qu'il aime et c'est pour cela qu'il est écouté. Les gérants d'estrade qui jouent de tous les arguments pour l'inviter à céder sa place aux plus jeunes, simplement parce qu'eux sont jeunes et que lui ne l'est plus, manifestent ainsi candidement leur inculture politique et cèdent à l'empire de l'éphémère dans lequel tout se consume au rythme d'une actualité de plus en plus frénétique.

L'âge ne devrait pas être un facteur discriminant lorsque vient le temps de choisir un chef d'État. La seule question que nous devrions nous poser est la suivante : cet homme a-t-il une certaine idée du Québec ? Peut-il nous conduire au pays québécois ? Saura-t-il reprendre, puis faire aboutir, la vieille aspiration à la pleine existence collective que les générations se relaient ici depuis plus de deux siècles ?

Les années à venir seront précieuses pour les indépendantistes. Ils auront l'occasion de faire mentir les habitudes historiques en éconduisant les libéraux après un seul mandat pour ensuite réaliser la souveraineté du Québec. Gaspiller ces années dans les querelles de personnalités et manquer à la discipline élémentaire qui doit lier tous les militants souverainistes, quelles que soient leurs fonctions dans le mouvement, serait une erreur politique sérieuse, et une erreur historique encore plus grave pour ceux qui lient leur engagement politique à la plus noble des ambitions pour leur pays.

Nous témoignons ici de notre fidélité à Bernard Landry. Nous espérons que sa réflexion le conduira à conserver la présidence du Parti québécois jusqu'aux prochaines élections pour mieux les gagner. Les souverainistes ont un chef et ils veulent le garder. Ils agiront pour qu'il en soit ainsi.



»» PLQ - déficit

Landry pourfend la gestion libérale

«L'élection du gouvernement libéral, c'est pire pour l'économie du Québec que la tragédie du SRAS en Ontario», dit Landry

Robert Dutrisac
Le Devoir vendredi 19 septembre 2003

Québec - En raison de l'impasse budgétaire de quatre milliards qui attend l'État québécois, le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a accusé le gouvernement Charest d'avoir eu un effet délétère sur l'économie du Québec pire que le SRAS en Ontario.

«Pendant que l'Alberta, qui a la vache folle, et l'Ontario, qui a vécu la tragédie du SRAS, continuent à créer des emplois, le Québec en perd. En d'autres termes, l'élection du gouvernement libéral, c'est pire pour l'économie du Québec que la tragédie du SRAS en Ontario», a affirmé Bernard Landry au cours d'un point de presse. Le chef de l'opposition officielle réagissait à l'information publiée à la une du Devoir hier selon laquelle le gouvernement Charest était aux prises avec une impasse budgétaire croissante pour l'an prochain. Ainsi, alors que le ministre des Finances, Yves Séguin, prévoyait une impasse budgétaire de 1,9 milliard pour 2004-05 lors du dépôt de son budget, en juin dernier, c'est maintenant un manque à gagner de trois milliards qu'il devra combler, selon les calculs du ministère des Finances, ce à quoi s'ajoute la baisse d'impôt de un milliard promise par les libéraux, pour un total de quatre milliards.

Le gouvernement Charest n'a pas voulu commenter hier la nouvelle donne financière qui affecte l'État.

Mais on a promis que dans quelques jours, M. Séguin fera le point sur l'état des finances publiques en dévoilant la synthèse des opérations financières du gouvernement pour le premier trimestre.

Bernard Landry a refusé de voir un simple effet de conjoncture dans la baisse des rentrées fiscales qui cause la croissance de l'impasse budgétaire. Il en veut pour preuve le fait qu'il s'est perdu 25 000 emplois depuis juin au Québec, où le taux de chômage a atteint 10 % pour la première fois en cinq ans, pendant qu'il s'en est créé 2700 en Ontario en dépit de l'épidémie de SRAS. «La conjoncture économique, ils l'ont déprimée eux-mêmes», a dit M. Landry.

En juin, M. Séguin avait reconnu que les mesures contenues dans son budget auraient pour effet de ralentir l'économie, a rappelé M. Landry, bien qu'il se soit gardé de souligner que cet effet négatif ne s'élevait qu'à 0,2 % du PIB, ce qui n'est pas assez pour affecter à ce point les finances publiques.

Mais pour M. Landry, le gouvernement Charest, alors que l'économie nord-américaine montrait des signes d'essoufflement, aurait dû chercher à stimuler l'économie québécoise, selon les bons vieux préceptes du keynésianisme. «C'était le temps de chauffer le four. Eux, ils ont mis de l'eau sur les bûches», a-t-il illustré.

Le gouvernement Charest a choisi de renflouer les finances de l'État en réduisant les dépenses publiques, notamment en réduisant les crédits d'impôt pour les entreprises. «Tout ça au nom d'une doctrine conservatrice, même pas néolibérale», a avancé M. Landry.

«Depuis qu'ils sont là, ils font preuve d'un amateurisme incroyable», estime M. Landry. «Quand on est rendu à remettre en question l'eau potable de la plus grande ville du Québec pour servir son idéologie, ça commence à être grave», a-t-il accusé en référence à la déclaration de la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, qui est convaincue que la qualité de l'eau potable de Montréal ne respecte pas les normes internationales.

La réingénierie dans laquelle le gouvernement s'est lancé ne fera qu'aggraver la situation, selon le chef de l'opposition officielle. «Avec cette réingénierie superficielle de l'État, [...] ils risquent d'aggraver encore le problème en perturbant la paix sociale en particulier», a-t-il dit. L'idée de céder au secteur privé des activités faites par l'État, «c'est une mauvaise bonne idée» parce que les entreprises privées ne peuvent pas fournir des services à moindre coût que l'État -- leur coût d'emprunt est plus élevé et elles doivent faire des profits -- sans baisser le coût de la main-d'oeuvre, a-t-il soutenu. «Est-ce que l'idéal d'une société, c'est que les gens gagnent 12 $ l'heure ou en gagnent plutôt 22,50 $ ?», a-t-il dit, d'autant plus que les gens qui gagnent 12 $ l'heure paient peu d'impôts.

M. Landry a exhorté le gouvernement libéral à abandonner sa promesse de baisser les impôts. «Nous ne croyons pas en conscience qu'on puisse, avec le déséquilibre fiscal, baisser les impôts sans couper dans les services publics», a-t-il réitéré.

Ce qui compte, c'est la dépense, qu'elle soit individuelle ou étatique, a avancé M. Landry. «Sur le plan macroéconomique, il y a une grande imposture à penser que baisser les impôts et couper les services, c'est bon pour l'économie.» Il a aussi demandé au gouvernement de mettre en oeuvre «une politique économique cohérente, et rapidement».

Pour l'Action démocratique du Québec, «c'est simple : les libéraux sont en train de nous replonger dans le rouge». Selon le député de Chutes-de-la Chaudière et porte-parole de l'ADQ en matière de finances publiques, Marc Picard, le gouvernement Charest n'a pas su créer un climat de confiance propice à stimuler l'économie. Il a plutôt créé «un climat de division» avec les défusions et «un climat de peur» avec les annonces de hausse de tarifs de tout type, a dit M. Picard.



»» Métis

Accès spécial aux ressources naturelles

La Cour suprême se penche sur les droits des Métis

Brian Myles
Le Devoir vendredi 19 septembre 2003

La plus importante affaire judiciaire pour les Métis depuis la condamnation à mort de Louis Riel connaîtra aujourd'hui son dénouement en Cour suprême.

Par le biais de la cause de Steve Powley et de son fils Roddy, le plus haut tribunal du pays déterminera si le peuple métis a un droit d'accès spécial aux ressources naturelles. La décision fera jurisprudence pour les quelque 292 000 Métis au Canada, qui frappent à la porte de la Cour suprême pour la première fois depuis l'adoption de la Loi constitutionnelle de 1982.

La loi de 1982 a reconnu les droits existants - ancestraux ou issus de traités - des peuples autochtones, ce qui comprend les Indiens, les Inuits et les Métis. Les nations autochtones et les Inuits ont passé les 25 dernières années devant les tribunaux afin de faire respecter ces droits, obtenant entre autres l'autonomie et le plein contrôle de l'éducation et de la santé dans chacune de leurs communautés. Mais pour les Métis, cette protection est demeurée une coquille vide.

«Nous n'avons jamais été en Cour suprême auparavant, mais ce n'est pas faute d'avoir essayé. Les causes que nous avons gagnées en première instance n'avaient jamais fait l'objet d'un appel de la part des gouvernements. Nous sommes donc très chanceux que le gouvernement ontarien ait décidé d'en appeler [dans l'affaire Powley]», a expliqué hier Tony Belcourt, président de la Nation métis de l'Ontario.

Steve Powley et son fils ont fait l'objet d'une mise en accusation pour avoir abattu un orignal sans permis de chasse, en octobre 1993, dans la région de Sault-Sainte-Marie. Ils ont fait valoir leur droit, issu d'un traité, de chasser à des fins de subsistance, obtenant gain de cause sur toute la ligne jusqu'en Cour d'appel de l'Ontario.

Le gouvernement fédéral et un front commun de sept provinces ont transporté la bataille jusqu'en Cour suprême, opposant aux demandes des Métis l'incertitude quant à la définition de ce groupe formant le dixième de la population canadienne. L'Ontario a fait valoir en Cour suprême qu'aucun pays au monde n'avait accordé de droits spéciaux aux personnes détenant un patrimoine ancestral mixte comme les Métis.

En l'absence d'une définition claire de l'identité métis, l'Ontario craint qu'un nombre grandissant de Canadiens se déclarent Métis si la justice confirme l'existence de leurs droits. L'Ontario voit mal comment elle pourrait accorder aux Métis des droits de chasse et de pêche sans mettre en danger les ressources du territoire, ou même comment elle pourrait négocier des ententes avec ce groupe aux contours flous. Au-delà de ces questionnements identitaires, il faut dire que la province a toujours refusé au peuple métis un accès spécial aux ressources naturelles.

Tony Belcourt fait peu de cas de ces problèmes identitaires. Seules les personnes de descendance métis directe, capables de faire la preuve qu'un de leurs ancêtres habitait le territoire métis historique, peuvent se qualifier comme Métis, explique-t-il. «Il n'y a rien de bien mystérieux.»

Selon Tony Belcourt, la décision d'aujourd'hui forcera inévitablement la main des gouvernements puisque l'existence des droits des Métis ne fait pas l'ombre d'un doute dans la Loi constitutionnelle de 1982. «Ce sera une modeste mesure de récompense et de réparation.»

Les gouvernements seront obligés de consentir aux Métis un droit à la pêche et à la chasse à des fins de subsistance, anticipe M. Belcourt. La décision de la cour les forcera par ailleurs à entamer des négociations afin de répondre aux multiples revendications de la nation métis. «Les gouvernements ne pourront plus se cacher», dit M. Belcourt.

Le flou juridique entourant le droit des Métis a contribué à leur déclin, affirme M. Belcourt. Pendant que les autochtones et les Inuits obtiennent des subventions pour l'éducation, la santé ainsi que des droits de coupe ou de cogestion des forêts, les Métis pataugent dans la semi-reconnaissance. «J'espère que la Cour suprême nous donnera des munitions pour avancer dans la vie», conclut M. Belcourt.



»» Réingénierie

Réingénierie mon oeil !

Pierre Dubuc
l'aut'journal 18 septembre 2003

Alors que le gouvernement Charest parle de réingénierie de l'État et que son ministre des Finances nous dit : « demandez vous ce que vous pouvez faire sans l'État », trois nouvelles glanées dans les médias traditionnels vont dans le sens contraire.

Une étude révèle que l'assurance-automobile est en état de crise dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec, où le régime est public. Les primes sont du simple au double entre le Québec et l'Ontario et la question du coût de l'assurance automobile a bien failli provoquer la défaite du gouvernement Lord au Nouveau-Brunswick.

La Presse du 18 août titrait: « Les assureurs prient le Québec de garder le régime public intact » et la journaliste Hélène Baril commentait : « On croit rêver quand on sait que l'entreprise privée est toujours convaincue de pouvoir faire les choses mieux et plus efficacement que le gouvernement ».

« Le secteur privé est mieux administré que le secteur public », voilà un autre dogme qui en prend pour son rhume avec l'étude du New England Journal of Medecine sur l'administration de la médecine aux États-Unis.

Selon les auteurs de l'étude, les Américains ont, en 1999, consacré 294,3 milliards $ uniquement pour l'administration des soins, soit 1059 $ par habitant. Pendant ce temps, au Canada, les dépenses liées à l'administration ont atteint 9,4 milliards, soit 307 $ par habitant. En 1999, 31 cents sur chaque dollar dépensé en soins de santé aux États-Unis étaient consacrés aux frais d'administration, comparativement à 16,7 cents au Canada.

Les États-Unis pourraient facilement économiser plus de 200 milliards $ par année s'ils adoptaient le modèle canadien, affirment les auteurs.



»» Lobbyistes

Le Code de déontologie attaqué de toutes parts

Michel Corbeil
Le Soleil vendredi 19 septembre 2003

Trop flous, trop tatillons et trop irréalistes. La loi et le Code de déontologie des lobbyistes ont été attaqués de toutes parts hier par les grands groupes de pression. Le monde syndical et le patronat se sont même retrouvés sur la même longueur d'ondes.

À tour de rôle, le Barreau du Québec, la Fédération des travailleurs du Québec, le Conseil du patronat du Québec et l'Association des manufacturiers et exportateurs du Québec ont avancé que législation et code poussent trop loin les exigences de ceux qui doivent s'inscrire à un registre pour leurs activités de lobbying.

La veille, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante avait part au SOLEIL de sa frustration d'avoir été écartée de la consultation par les députés parce qu'elle n'insistait pas assez sur le Code. Le président de la commission parlementaire, le libéral Alain Paquet, a ouvert les audiences en insistant sur le fait que le mandat premier est d'examiner le projet de Code de déontologie, mais il n'a pas écarté l'idée de revenir plus tard sur la loi.

Le bâtonnier du Québec, Pierre Gagnon, a lancé son exposé en critiquant une loi dont les exigences n'auraient rien de comparable avec ce qui existe ailleurs en Amérique du Nord. Selon lui, il est exigé de divulguer des données habituellement confidentielles. " Les citoyens sont inondés d'informations sans pertinence au niveau de la transparence, tout en créant des obligations inutiles, qui nuisent aux initiatives commerciales et aux investissements. "

Le président de la FTQ a parlé d'une " situation intolérable (et) d'une loi mal faite ". Pour Henri Massé, " on met les lobbyistes professionnels, qui travaillent à l'acte, qui sont en coulisses et tirent les bonnes ficelles, avec des organisations qui défendent leurs membres ". M. Massé a fait allusion au fait que la législation a été introduite à la suite de " magouillage " après que des proches de Bernard Landry eurent été forcés de démissionner après avoir plongé le gouvernement dans l'embarras par des affaires de lobbying.

Le président du Conseil du patronat, Gilles Taillon, a dit partager " les mêmes préoccupations. C'est un peu un monstre bureaucratique. Qu'est-ce que ce sera avec le Code ? "

Car les règlements sur la déontologie ont aussi eu droit à une critique en règle. Le président du CPQ a présenté comme une pure aberration l'article 9 du Code. " On confie aux lobbyistes le soin de s'assurer que la conduite du titulaire d'une charge publique est éthique. Donc, le lobbyiste a le fardeau de s'assurer que ce titulaire ne succombe pas au péché... Directeur de conscience, ce n'est pas mon emploi. "

Le bâtonnier Pierre Gagnon a été de ceux qui ont soulevé que le Code dépasse le champ d'application de la loi même. Il a été de ceux qui ont insisté sur le fait que le Code prévoit des sanctions pénales pour qui contrevient à l'esprit de la loi.

Me Gagnon n'a pas hésité à ironiser sur une des dispositions du règlement stipulant que lorsqu'il " utilise des moyens de communications écrits ou électroniques, le lobbyiste doit respecter le droit du public à une information exacte et pertinente ".

En signant son éditorial Quand le mieux est l'ennemi du bien dans le journal du Barreau, " est-ce que je respecte l'esprit de la loi ? Si je me trompe dans un paragraphe, allez-vous m'emprisonner ? Est-ce que vous allez me porter des oranges ? "

MCorbeil@lesoleil.com



»» PLQ déficit

Baisse d'impôt et déficit de 4 milliards $ :
Syndicats et patronat se font la guerre

Michel Corbeil
Le Soleil vendredi 19 septembre 2003

Syndicats et patronat ont trouvé un nouveau décor pour s'affronter : la situation budgétaire à laquelle fait face le gouvernement libéral. Jean Charest doit renoncer aux baisses d'impôt qu'il a promises et attendre la reprise de l'économie, a dit la FTQ. Jean Charest doit maintenir le cap sur des réductions fiscales pour la relancer, a répliqué le Conseil du patronat du Québec (CPQ).

Ces positions contradictoires ont été émises hier, lors du passage à l'Assemblée nationale des porte-parole de deux groupes de pression. Pendant que le chef péquiste affirmait que " l'élection du gouvernement libéral a été pire pour l'économie du Québec que la tragédie du SRAS en Ontario ", le président du CPQ s'est porté à la défense de l'équipe libérale.

" La situation économique n'est pas attribuable à l'arrivée du nouveau gouvernement ", a répondu aux journalistes Gilles Taillon. Outre des facteurs hors du contrôle d'un gouvernement, comme l'embargo sur le bois d'oeuvre, M. Taillon a plutôt laissé entendre que Jean Charest écope pour les erreurs du précédent gouvernement du Parti québécois. " Nous commençons à voir les effets que nous avions prévus de l'alourdissement de la réglementation du travail ", a-t-il dit en donnant l'exemple du relèvement du salaire minimum.

M. Taillon s'est dit en parfait accord avec les projets qu'entretient le chef libéral, " des projets extrêmement intéressants. On parle d'améliorer la fiscalité, on parle d'assouplir l'article 45 (du Code du travail, qui porte sur la sous-traitance), on parle de réduire la taille de l'État ".

Le président du CPQ s'est dit convaincu que cette dernière opération aura pour effet de " coûter moins cher et de stimuler le secteur privé et les impôts pourront être diminués ". Au SOLEIL, M. Taillon a affirmé que même un déficit de 4 milliards $ ne doit pas empêcher les libéraux de tenir leur promesse de diminuer le fardeau fiscal.

Quelques heures plus tôt, le président de la Fédération des travailleurs du Québec a tenu un tout autre discours. Le contexte économique commande au gouvernement Charest de renoncer à son engagement en matière d'impôt, a insisté Henri Massé.

Le leader syndical a accueilli comme plausible le fait que les finances publiques soient aussi délabrées que ne l'évoque le gouvernement Charest. Le bond du taux de chômage le laisse entendre, a-t-il expliqué.

Les baisses d'impôt, a-t-il tranché, " ce n'est pas le temps de le faire. Quand l'économie ira mieux, ce sera toujours le temps d'y voir ".

En fait, M. Massé a exprimé la crainte que les libéraux de Jean Charest profitent de la situation pour réaliser ces baisses sur le dos des travailleurs, en particulier ceux de la fonction publique. Il a suggéré que le gouvernement pourrait même se servir du contexte pour pousser sur l'idée de modifier l'article 45, sur la sous-traitance.

MCorbeil@lesoleil.com



»» Nouveau mode de scrutin

Le Mouvement pour une démocratie nouvelle demande à Jean Charest d'agir avec célérité

Tommy Chouinard
Le Devoir vendredi 19 septembre 2003

Québec - Le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) exhorte le premier ministre Jean Charest à mettre en place un nouveau mode de scrutin pour les prochaines élections générales.

Dans une lettre expédiée hier au premier ministre, le président du MDN, Jean-Félix Chénier, se dit déçu de la «volte-face» du ministre délégué à la Réforme des institutions démocratiques, Jacques Dupuis. La semaine dernière, M. Dupuis a affirmé qu'un projet de réforme du mode de scrutin sera déposé au printemps 2004, comme prévu, mais qu'il ne sera pas mis en application avant les prochaines élections générales.

«Lors de la campagne électorale, le Parti libéral s'était engagé à réaliser une réforme du mode de scrutin dans les deux premières années de son mandat. Et le ministre Dupuis a déjà affirmé que les prochaines élections se dérouleraient selon un nouveau mode de scrutin. On dénonce le fait que le ministre soit en train de reculer», a affirmé M. Chénier en entrevue au Devoir hier.

Contrairement à ce que prétend le ministre Dupuis, le MDN estime qu'«il est possible de réformer, d'implanter et de préparer la population au nouveau modèle à l'intérieur de l'échéance électorale actuelle», et ce, sans précipiter indûment les étapes.

À preuve, plaide M. Chénier, la Nouvelle-Zélande, qui dispose aussi d'un système parlementaire, est parvenue à compléter une réforme du mode de scrutin, semblable à celle envisagée ici, en trois ans. «Entre 1993 et les élections de 1996, ils ont eu amplement le temps de mettre la réforme en place, de procéder à des consultations, de redécouper la carte électorale, d'éduquer la population au nouvel exercice du droit de vote. Les raisons invoquées par le ministre ne sont pas crédibles», a-t-il souligné.

La semaine dernière, Jacques Dupuis a signalé que le Directeur général des élections aura besoin d'au moins un an et demi, une fois le projet de loi adopté, fin 2004, pour apporter les modifications souhaitées. Jean-Félix Chénier croit cependant que le processus pourrait être facilité si on adoptait le projet de réforme qui circule le plus actuellement. Ce modèle propose de faire élire 75 députés selon le mode de suffrage actuel, le scrutin uninominal à un tour, et de créer 50 circonscriptions régionales dont les députés seraient élus à la proportionnelle. Or, fait valoir M. Chénier, il existe justement 75 circonscriptions fédérales au Québec, ce qui faciliterait le redécoupage de la carte électorale.

Le MDN fait aussi appel à l'expertise d'avocats spécialisés, dont Julius Grey, pour étayer sa position. En vertu d'un jugement rendu par la Cour suprême en juin dernier, qui stipule que les petits partis politiques doivent disposer des mêmes avantages que les grandes formations politiques, ces experts ont indiqué au MDN qu'il serait possible de déclarer inconstitutionnel le mode de scrutin actuel puisque celui-ci ne respecterait pas l'égalité des votes des citoyens. «Les recours juridiques ne sont pas une démarche qu'on envisage pour le moment. Si jamais le gouvernement ne fait pas de réforme ou en propose une qui ne change que trop peu de choses, on va envisager ça plus sérieusement», a indiqué M. Chénier.

Le MDN s'inquiète d'autant plus des récentes affirmations du ministre Dupuis que «chaque fois que la réforme du mode de scrutin a été promise, ç'a été repoussé aux calendes grecques puis annulé», a expliqué M. Chénier. Dans son discours inaugural, Jean Charest avait présenté la réforme des institutions démocratiques comme l'un des grands travaux à réaliser en cours de mandat.



»» monarchie canadian

Un comité des Communes veut enquêter sur un voyage d'Adrienne Clarkson

Presse Canadienne Le jeudi 18 septembre 2003

Ottawa Le bureau de la Gouverneure générale du Canada pourrait devoir rendre des comptes pour son prochain voyage de 1 million $ dans les pays nordiques devant le comité des Communes qui a été à l'origine de la démission de l'ancien commissaire à la vie privée George Radwanski.

Le projet d'Adrienne Clarkson d'effectuer un voyage en Finlande, en Russie et en Islande, en compagnie de 59 représentants de l'élite littéraire et politique du Canada, dans le but de «renforcer notre identité nordique commune», a fait sursauter plusieurs députés siégeant sur le comité, qui veulent pouvoir examiner les dépenses de la Gouverneure générale.

Lorsque rejoints par la Presse Canadienne, neuf des députés qui devraient former le comité des opérations gouvernementales — dont trois libéraux — ont affirmé être préoccupés.

Certains députés souhaitent convoquer des collaborateurs de Mme Clarkson afin qu'ils viennent justifier la pertinence d'un tel voyage. D'autres veulent examiner de quelle façon la Gouverneure générale dépense son argent et de quelle façon cet argent lui est alloué par le Parlement.

Le projet inhabituel de Mme Clarkson d'effectuer un voyage dans trois pays avec plusieurs invités a été dénoncé par plusieurs éditorialistes. Le réalisateur Denys Arcand, l'auteur Yann Martel et l'ancien premier ministre de l'Ontario Bob Rae figurent parmi les invités qui prendront part au voyage, du 23 septembre au 15 octobre.



»» cinéma

L'utilisation du folklore québécois dans le tourisme

Serge Gauthier
Le Soleil vendredi 19 septembre 2003

L'auteur est historien et ethnologue, président de la Société d'histoire de Charlevoix. Il termine une thèse de doctorat en ethnologie à l'Université Laval intitulée " Charlevoix ou la création d'une région folklorique ".

N'ayant pas encore vu le film Père et Fils, qui, bien que tourné en partie dans Charlevoix, n'y sera pas projeté avant plusieurs semaines, n'est-il pas présomptueux de ma part de plonger dans ce débat bien montréalais, à savoir si les personnages québécois de ce film sont ou ne sont pas folkloriques ?

La notion de folklore

Le mot folklore est peut-être un des plus galvaudé qui soit. Il est appliqué généralement dans les conversations usuelles à ce qui est ancien, archaïque ou dépassé, désuet, presque ridicule, pittoresque à l'excès et quasi risible. Pourtant, le mot folklore (en quelque sorte " science du peuple ") désigne aussi une pratique scientifique universitaire qui a son histoire dans le monde et aussi au Québec. En effet, dès 1914, l'anthropologue canadien Marius Barbeau (1883-1969) devient le premier folkloriste de formation universitaire à effectuer des enquêtes de " folklore " dans des régions québécoises comme Kamouraska, la Beauce et Charlevoix. Il travaille alors pour le Musée national du Canada à Ottawa. Son action se poursuivra par la formation avec Luc Lacourcière (1910-1989) et Félix-Antoine Savard (1896-1982) des Archives de Folklore de l'Université Laval en 1944 et par un programme d'études universitaires en folklore qui en découlera. Dans ce contexte, n'est-il pas permis de s'étonner que le fait d'être folklorique devienne de nos jours si péjoratif ?

C'est que la collecte d'éléments de folklore, particulièrement de la littérature orale (contes, chansons, légendes, notamment) ne se conduit pas sans une recherche d'un " autre ", étranger à soi, ayant conservé des traditions ou une mémoire perdues dans un contexte de modernité. Si l'ethnologue cherche dans des lieux extérieurs à son milieu d'origine une culture dite " primitive ", le folkloriste doit retrouver au sein de sa propre société ce " primitif ". Marius Barbeau dans un document rédigé en 1944 décrit ses enquêtes de folklore en région comme se situant " en pays primitifs ". La collecte de folklore s'érige aussi sur la conception et la représentation par le folkloriste qu'il existe des détenteurs d'un savoir dit " folklorique " ou ancien enracinés dans des milieux ou des terroirs, le plus souvent régionaux et protégés du modernisme.

Faut-il voir là la source même de l'idée qui associe le folklore à quelque chose de retardé et de non-évolué ? Sans doute s'agit-il plus d'un glissement du concept, mais il reste qu'il n'y a pas de notion ni de collecte de folklore sans la conviction que quelqu'un, quelque part, a maintenu un savoir ancien à l'abri du modernisme et qu'il est possible de le retrouver. En fait, il n'y pas de culture moderne sans un référent à une culture ancienne. Sans doute, mais faut-il pour cela que des individus soient identifiés au folklore et d'autre pas pour que cette culture moderne se forme ? Cela est une grande question, que nous aborderons seulement en lien avec l'expérience de Charlevoix que nous connaissons bien.

Un Charlevoix folklorique

Le fait que le film Père et Fils soit tourné en partie dans Charlevoix n'est sans doute pas étranger à l'idée que les personnages québécois de cette production soient perçus comme folkloriques. Cette région est associée au folklore particulièrement depuis 1916 alors que Marius Barbeau fait la " découverte folklorique " de Charlevoix en y menant des collectes de folklore. Il faut bien voir que la formule a fait recette et tout au long du XXe siècle Charlevoix a été régulièrement décrit comme une sorte de bastion folklorique du Québec.

Ce folklore a fait l'objet de livres, a servi dans les guides touristiques, en peinture, mais a aussi été utilisé dans la conception de films et d'émissions de télévision. Au début des années 60, les productions Walt Disney réalisent le film Big Red dans Charlevoix où les personnages de Canadiens français ne sont que des serviteurs pittoresques et heureux d'accueillir des visiteurs américains. Au cours de la même décennie, le cinéaste Pierre Perrault tourne trois films à l'Île-aux-Coudres qui sont aujourd'hui des classiques du cinéma québécois. Mais à ce moment, la population de l'Île-aux- Coudres exprime clairement que les personnages retenus par Pierre Perrault ne reflètent pas toute la réalité sociale et culturelle de ce milieu mais un aspect plutôt " folklorique ".

Il en va de même pour la série Le Temps d'une paix signée par Pierre Gauvreau et présentée à Radio-Canada entre 1980 et 1986 dans laquelle les personnages sont volontairement folklorisés et présentent un Charlevoix ancien bien qu'en voie de transformation. En fait, il est difficile de trouver durant le XXe siècle des ouvrages littéraires ou encore des productions artistiques qui utilisent le cadre de Charlevoix sans référer au passé ou au folklore ? Charlevoix est-elle une région folklorique ? Une région folklorisée plutôt ? Mais il doit bien y avoir une source à tout cela...

Le problème me semble plus dans l'utilisation du terme folklore que dans la pratique même du folkloriste. Ainsi, bien plus que les collectes de Marius Barbeau, l'utilisation du folklore comme matériel emblématique au Québec particulièrement dans les années 1960 et 1970 dans la chanson notamment a amené avec elle ce que l'on pourrait nommer " une vision folklorique du folklore ". La promotion touristique me semble être un autre lieu où l'image folklorique sert à des fins mercantiles. Durant les années 80, les promoteurs touristiques de Charlevoix utilisaient le slogan " Charlevoix, au pays de Rose-Anna ". En fait, il ne faut aller si loin : en 2003, la publicité télévisée au sujet des " charmes de Charlevoix " présente des montagnes, des baleines, des paysages, des artisans. Mais est-ce bien là tout ce que peuvent espérer trouver les touristes dans cette région ? N'existe-t-il pas un Charlevoix différent, plus " moderne " en quelque sorte ? Charlevoix est-il encore un lieu préservé bastion de " nature et de culture " et pourquoi pas folklorique ?

Un Québec folklorique

Si l'on se croit perçu comme folklorique, c'est peut-être que parfois l'on se projette comme tel. La publicité touristique de Charlevoix n'est pas la seule à référer à une image préservée ou folklorique. Par exemple, celles du Saguenay et de ses " bleuets " ou de Québec, la " Vieille Capitale française " et ses vieux murs n'en sont pas exemptes. Il ne me semble donc pas étonnant que des Français en visite au Québec viennent voir des baleines dans Charlevoix comme c'est le cas dans le film Père et Fils puisque c'est ainsi que l'on attire cette clientèle touristique : la grande nature, l'isolement sauvage voire presque la " cabane au Canada ". Voilà comment est présentée le plus souvent le Québec touristique aux Français. Comment se surprendre qu'alors que notre Société d'histoire de Charlevoix avait ses bureaux à Baie-Saint-Paul, des touristes français venaient parfois (et plus souvent qu'on pourrait le croire) nous demander où trouver des bûcherons ou encore des Indiens ! Ne cherchaient-ils pas ce que leur avait été " vendu " au préalable ? Se folkloriser pour vendre, c'est encore se folkloriser.

Pendant ce temps, l'étude de nos traditions anciennes est méconnue et délaissée au Québec et c'est sans doute en raison de cette méconnaissance que l'on continue de référer au folklore si maladroitement et que l'on présente le plus souvent aux autres et nommément aux Français une image folklorisée de nous-mêmes. Que les personnages d'un film français tourné au Québec et dans Charlevoix soit quelque peu folklorisés ne m'étonne donc pas ; ce qui m'étonne, c'est que l'on ne questionne pas le Québec folklorique que nous leur proposons trop souvent.

Illustration(s) :

Durant les années 1980, les promoteurs touristiques de Charlevoix utilisaient le slogan " Charlevoix, au pays de Rose-Anna ", référant à la célèbre émission " Le Temps d'une paix ".

Le fait que le film "Père et Fils" soit tourné en partie dans Charlevoix n'est sans doute pas étranger à l'idée que les personnages québécois de cette production soient perçus comme folkloriques, croit Serge Gauthier.




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A wake-up call on palliative care

JOSEE LEGAULT
The Montréal Gazette Friday, September 19, 2003

What is striking about Quebec society is how ill-prepared we are for the huge social and demographic challenges that lie ahead. One such challenge is how to provide equitable palliative care to a rapidly aging population in an era of dwindling family-based support systems.

According to a report released this week by the Conseil de la santé et du bien-être, entitled For a Greater Humanization of End-of-life Care, a dismal five per cent of Quebecers have access to proper care in the terminal phase of a life-threatening disease. Although most Quebecers wish to die at home, nearly 90 per cent do so in a non-specialized hospital ward or in other institutions.

This means a great many have died and will die without proper pain control, even though we have the medical knowledge and technology to alleviate most acute types of pain. It also means that there is insufficient support for the families that care for a dying loved one. In too many cases, both the patient and the family feel isolated and abandoned.

The report underlines that there is no single, pan-Quebec, integrated palliative-care policy. There is no national vision, no plan of action. Programs are scattered throughout the health-care system and include a limited number of hospital palliative care units, CLSCs that offer some home-care support, the Victorian Order of Nurses, which tries to provide home care with its limited resources, as well as a handful of special homes and hospices in which patients live out their last moments in peace.

We know that palliative-care units are often frowned upon by hospital establishments, that formal medical training remains inadequate and that we don't have enough trained doctors and nurses to address this growing need. The quality and quantity of such services also vary greatly depending on the region or the financial resources of the patient.

Although the report oddly fails to mention it, not only are these services lacking but the pioneer palliative-care unit of Quebec, founded in 1975 by Dr. Balfour Mount at the Royal Victoria hospital, was shut down last June because of insufficient resources. It will be integrated into the General Hospital's unit. Montrealers have just lost the amazing knowledge and expertise that this unique unit developed through the past three decades.

So the report warns that "it is urgent that Quebec remedies the major gap between the services that are offered and the real needs of Quebecers at the end of their life." A laudable call, for sure. But it is one of many that have gone mostly unheard.

At the federal level, the Senate released two reports on this subject in 1995 and in 2000. In 2001, the federal government even set up a special council for palliative care and end-of-life care. They all came to the same conclusion about the scandalous lack of resources for dying patients.

This latest report recommends that the population be "sensitized" to the issue of death. But at a time when the Quebec government is warning of another wave of major budget cuts, it is the premier, health minister and, perhaps more importantly, the treasury board president who should be "sensitized" to the resources, both financial and human, that must be invested in quality palliative-care services if they are to be accessible to all, free of charge, as the report recommends.

As well, the labour minister must provide care-givers with legal protection and benefits. Although expectant mothers can take a maternity leave to give birth and tend to their babies at the beginning of life, employers are less forgiving of those who tend to a loved one at the end of life - surely, an equally crucial time.

The needs of the patients and their families are complex and require multiple sources. Their needs are not only physical and medical. They are also emotional, psychological, spiritual and material. Living out the end of one's life in dignity, relatively free of pain and surrounded by loved ones who have access to the kind of support that frees them up during this priceless time, is a sign of civility, compassion and solidarity.

It is now up to Philippe Couillard, the new health minister, to rise to this challenge and make sure that this is the last such report that tells of the dismal state of palliative care in Quebec.