
»» L'affaire Michaud
L'affaire Michaud se poursuit en cour
Robert Dutrisac
Le Devoir samedi 10 et dimanche 11 janvier 2004
L'ancien député demande au tribunal de ramener l'Assemblée nationale dans le droit chemin
Québec - L'affaire Michaud rebondira en Cour supérieure à la fin du mois alors que l'avocat d'Yves Michaud, Me André Bois, de Québec, présentera une demande en jugement déclaratoire. Il demandera au tribunal de statuer que l'Assemblée nationale n'avait pas le pouvoir d'adopter en décembre 2000 une motion stigmatisant l'ancien député, journaliste et diplomate.
C'est la première fois que l'Assemblée nationale est poursuivie pour avoir outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en adoptant une motion, a indiqué au Devoir Me Bois. «C'est une question, selon moi, très sérieuse, a-t-il dit. Je ne vois pas comment l'Assemblée nationale peut légalement prétendre qu'elle a le pouvoir constitutionnel de décréter qu'une opinion est conforme à la droite raison ou qu'elle constitue un acte de délinquance intellectuelle.» L'Assemblée nationale ne peut ordonner «l'apothéose d'une personne ou sa déchéance», a-t-il ajouté. La demande, qui sera déposée le 23 janvier en Cour supérieure, ne sera pas entendue avant 2005.
Le 14 décembre 2000, l'Assemblée nationale a adopté une motion sans préavis dénonçant «les propos inacceptables» tenus à l'égard de la communauté juive par Yves Michaud à l'occasion des audiences des états généraux sur le français le 13 décembre 2000. M. Michaud a toujours soutenu qu'il n'avait aucunement offensé la communauté juive, ni cherché à le faire, en exprimant ses opinions.
Dans sa requête, M. Michaud demande également à la cour de déclarer que l'Assemblée nationale est tenue de statuer sur la pétition qu'il lui a présentée en décembre 2001 et qui requérait le redressement des griefs dont il a été l'objet. En vertu de ses règlements, l'Assemblée nationale doit répondre à une pétition dans les 60 jours suivant sa présentation, ce qui n'a pas été fait.
Selon Me Bois, il ne faut pas confondre le droit des députés de s'exprimer lors des débats et leur pouvoir d'adopter des résolutions. L'avocat anticipe déjà les objections que pourrait faire l'Assemblée nationale, notamment que la requête n'est pas justiciable compte tenu de la séparation des pouvoirs entre les organes législatif et judiciaire de l'État. Il plaidera que la cour doit exercer son pouvoir général de contrôle de la constitutionnalité et de la légalité des actes de l'État.
C'est le mouvement Solidarité Yves Michaud qui assumera les frais juridiques associés à la procédure. «S'il en manque, j'irai de ma poche», a dit M. Michaud.
Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet, a rejeté la demande du député de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, qui voulait obtenir un éclaircissement de l'article 324 des règlements de l'Assemblée concernant des motions votées à l'encontre de simples citoyens qui auraient porté atteinte aux droits et privilèges des députés. Dans une lettre datée du 18 décembre, M. Bissonnet a refusé de le faire en expliquant qu'il ne se prononçait pas sur «des questions hypothétiques».

»» «On ne peut pas diriger une fédération comme ça» - Benoît Pelletier
L'esprit convivial
Michel David
Le Devoir samedi 10 et dimanche 11 janvier 2004
Dans son discours inaugural du 4 juin 2003, le premier ministre Charest avait pris un engagement envers les aidants naturels qui hébergent un parent âgé ou en perte d'autonomie. «Nous allons compenser leurs efforts et les remercier de leur compassion», avait-il promis.
Je sais, dans le même discours, il s'était engagé à «protéger les garderies à cinq dollars par jour pour le plus de gens possible» alors que plus personne n'y a droit depuis le 1er janvier.
Précisément. Le cas des aidants naturels ressemble à celui des garderies. Non seulement le gouvernement n'a toujours rien fait pour «compenser leurs efforts», il a même trouvé le moyen de rogner le peu que le gouvernement précédent leur avait consenti.
Dans son discours sur le budget du 11 mars 2003, Pauline Marois avait annoncé une modeste hausse de 50 $ du crédit d'impôt accordé aux aidants naturels et assoupli les critères d'admissibilité de façon à ce qu'un plus grand nombre de personnes puissent s'en prévaloir.
Dans son discours du 12 juin, son successeur libéral, Yves Séguin, a tout bonnement annulé cette mesure. Évidemment, il ne s'en est pas vanté. Au contraire, il a affirmé que «la volonté de notre gouvernement d'apporter un soutien aux moins nantis a inspiré la préparation de ce budget». C'est seulement à la page 136 d'un des documents complémentaires au budget qu'on expliquait ce qu'il en était concrètement.
Aussi bien le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, que son collègue de la Solidarité sociale, Claude Béchard, ont poussé de hauts cris d'indignation à l'annonce de l'entrée en vigueur du nouveau programme fédéral de soutien aux aidants naturels.
Ce nouvel empiétement dans un champ de compétence provinciale est sans doute déplorable, même s'il ne devrait étonner personne, mais il faut reconnaître que le Québec a bien mal protégé ses plates-bandes. Le programme fédéral n'est peut-être pas adapté aux besoins, mais le gouvernement Charest n'a rien proposé de mieux.
Ancienne pasionaria de l'autonomie provinciale, Liza Frulla, qui a enfin retrouvé une limousine ministérielle, n'a pas mis de temps à s'adapter à son nouveau poste, invitant les provinces à se joindre au gouvernement fédéral pour améliorer un programme qui devrait relever de leurs compétences exclusives. Plus ça change...
***
Depuis qu'il est entré en politique, je me suis toujours demandé si Benoît Pelletier croyait vraiment à la possibilité de revenir au «sens véritable du fédéralisme», dont le rapport qui porte son nom fait l'apologie, ou s'il jouait simplement la comédie.
Il semble tomber des nues chaque fois qu'Ottawa intervient de façon unilatérale dans un domaine de compétence provinciale. «On ne peut pas diriger une fédération comme ça», a-t-il lancé mardi. Non ? Pourtant, cela fait des décennies qu'on pratique le fédéralisme de cette façon au Canada.
L'idéalisme -- certains diront la naïveté -- du professeur Pelletier en matière de relations fédérales-provinciales s'incarne magnifiquement dans son adhésion au principe de «convivialité», reconnu dans la Constitution de certaines fédérations comme la Suisse ou la Belgique.
«Certes, la courtoisie ou convivialité fédérale n'a pas besoin d'être constitutionnalisée pour être respectée par le gouvernement du Canada et les provinces. Il suffit que nos gouvernements en fassent la pierre angulaire de leurs préoccupations politiques. Cela implique un respect de la Constitution, des règles du jeu fédéral et de la souveraineté de l'ordre de gouvernement opposé», peut-on lire dans son rapport. Franchement, c'est à se demander s'il faut en rire ou en pleurer.
Remarquez, on peut exprimer sa convivialité de diverses façons, par exemple en se comportant en hôte accueillant. Souvenez-vous de la crise qu'avait piquée Bernard Landry quand le gouvernement fédéral avait exigé la présence du drapeau canadien au zoo de Québec en retour d'une subvention. Qualifier l'unifolié de «chiffon rouge» n'était pas très convivial, on en conviendra.
Le ministre responsable de la région de Québec dans le cabinet Charest, Sam Hamad, se dit maintenant tout disposé à accueillir le drapeau canadien au jardin zoologique. «À ce que je sache, nous sommes toujours au Canada», a-t-il déclaré.
Son collègue des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, s'était également montré un hôte exquis, l'automne dernier, quand il avait invité le gouvernement fédéral à investir massivement le domaine municipal. En un sens, M. Pelletier a raison : il n'y a nul besoin de modifier la Constitution pour être convivial.
***
Cela peut être une simple question de ton, comme le suggère la récente entrevue que le nouveau ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, a accordée à La Presse.
En garçon bien élevé, il se dit prêt à écouter les arguments des provinces qui se plaignent d'un déséquilibre fiscal au sein de la fédération. À première vue, il s'agit d'un progrès dans la mesure où son prédécesseur John Manley, sans parler de Stéphane Dion, refusait même d'envisager que ce puisse être le cas.
Il ne faudrait cependant pas prendre cette manifestation de politesse pour une admission. Sur le fond, la position fédérale demeure inchangée. «Quand je regarde tous les chiffres et quand on inclut les paiements de transfert et les paiements de péréquation, il est difficile d'affirmer qu'il y a un déséquilibre fiscal», fait observer M. Goodale.
À l'entendre expliquer à quel point les finances fédérales sont serrées, au point où son collègue du Conseil du trésor, Reg Alcock, laisse entrevoir de nouvelles compressions budgétaires, il faudrait verser dans le jovialisme pour voir une véritable ouverture dans ses propos. Même un homme aussi convivial que Benoît Pelletier devrait pouvoir s'en rendre compte.
mdavid@ledevoir.com

»» politique
Le goût de l'avenir
Michel Venne
Le Devoir lundi 12 janvier 2004
Il est encore temps de prendre des résolutions pour 2004, et je vous en soumets une qui change des promesses de faire plus d'exercice et de cesser de fumer. Elle m'est inspirée par l'écrivain français Jean-Claude Guillebaud qui nous propose de retrouver, comme l'indique le titre de son dernier ouvrage, le goût de l'avenir.
Avoir le goût de l'avenir, c'est vouloir gouverner celui-ci, écrit-il. C'est refuser qu'il soit livré aux lois du hasard, abandonné à la fatalité ou, pire encore, à la domination des puissants, aux logiques mécaniques, au déterminisme technologique ou aux lois du marché. C'est «être habité par l'idée du lendemain à construire» et «renoncer au renoncement contemporain». C'est rejeter la dictature du présent. C'est «réapprendre à dire non» et mettre en pratique le beau slogan des altermondialistes : Un autre monde est possible.
Une certaine gaieté nous fait défaut, selon Guillebaud. «La joie véritable que nous avons perdue, c'est celle de l'aube, celle des printemps, du lilas, des projets.» Il nous presse également de redécouvrir les colères véritables, «celles qui engagent».
Il s'agit, en somme, de réhabiliter l'espérance en un monde meilleur, évanouie dans le tumulte de la vie quotidienne et dont l'érosion nous est dissimulée par l'incantation obsessionnelle du changement.
L'espérance est, avec la liberté, l'antidote à l'autoritarisme. Dans son chef-d'oeuvre indémodable, The Great Dictator, Charlie Chaplin joue un barbier qui, parce qu'il lui ressemble à s'y méprendre, passe pour le dictateur Adenoid Hynkel, une caricature d'Adolf Hitler, et prononce à sa place un discours qui n'a rien perdu de sa pertinence plus de soixante ans après la première du film le 15 octobre 1940.
Au lieu d'y célébrer les vertus du fascisme et de l'impérialisme, comme l'aurait fait le dictateur, Chaplin fait un appel au peuple pour que celui-ci, redécouvrant les vertus de la démocratie et de la solidarité, garde espoir dans l'avenir.
«Je dis à tous ceux qui m'entendent : ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n'est que le produit éphémère de l'avidité et de l'amertume de ceux qui ont peur des progrès qu'accomplit l'humanité.»
«Vous le peuple, dit-il, vous avez le pouvoir de créer le bonheur, vous avez le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure. Unissons-nous. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur.»
D'abord, donc, vaincre le fatalisme, y compris quand la situation semble perdue.
Guillebaud prétend qu'il nous faut sortir du deuil qui a commencé en 1989. Deux cents ans après la Révolution française, est mort avec la chute du Mur de Berlin le mythe révolutionnaire. C'était «la fin de l'histoire». Le capitalisme et la démocratie libérale n'avaient plus de rivaux.
Certes, l'humanité était ainsi soulagée des horreurs du XXe siècle. Mais la déroute du communisme entraînait la fin d'une espérance, celle qu'il pouvait y avoir un autre chemin, une autre conception du monde. Nous attendons encore la nouvelle pensée sur laquelle asseoir le refus du fatalisme et une volonté de peser sur le cours de l'Histoire.
À défaut, nous avons assisté au repli sur soi. Ce nouvel individualisme, écrit Guillebaud, «a toutes les chances de correspondre à un retrait progressif, un désengagement général, un refus de civiliser ou de corriger le monde. On se contentera dorénavant d'échanger des marchandises, de gérer le présent, d'y maintenir un ordre légal, de réguler au jour le jour les contradictions ou de contenir les violences qui rôdent».
Le discours politique est remplacé par les bons sentiments. Le citoyen est lentement destitué et est invité à confier aveuglement son destin aux mécanismes du marché et de la technoscience. Il s'en remet aux nouvelles oligarchies capables de gérer les mécanismes mondialisés. Il prend congé de l'Histoire. Il accepte la perspective d'une disparition de la politique et, donc, de la démocratie.
Pour des peuples sans mémoire et privés de projets, le présent occupe tout l'espace. Nous n'acceptons plus de sacrifier quelques heures aujourd'hui contre la promesse d'un futur meilleur. Dès lors que l'espérance s'évanouit, «le présent devient un butin dont chacun veut sa part». Ce sont les chamailleries et le moralisme bon marché qui remplacent la délibération, les querelles élitistes entre dogmatismes qui tuent l'idée même de progrès.
Mais il ne faut pas remplacer une incantation par une autre. Il ne suffit pas de gémir sur la mort de l'espérance ni de se contenter de chanter comme les «phénomias» que «l'avenir on le bâtit ensemble», ou comme les stars de l'académie, que l'on va «changer le monde avec une chanson». Il faut retrouver les vertus mobilisatrices des rêves partagés, réapprendre à débattre et à formuler des idées qui deviendront des projets. Il s'agit de réenchanter le présent en y réintroduisant l'avenir.
Au cours des prochaines semaines, je vous proposerai une série de réflexions sur les sujets importants pour l'avenir du Québec et pour lesquels il me semble nécessaire de retrouver le goût de débattre. Au terme de cette série, je vous inviterai à poursuivre la discussion dans un lieu où il sera possible de former et de réaliser des projets. Ceux que cette perspective intéresse voudront bien me le faire savoir en m'écrivant à l'adresse ci-dessous.
Michel Venne est directeur de L'annuaire du Québec, chez Fides.
vennem@fides.qc.ca

»» Conseil de la souveraineté du Québec
Souveraineté : seule fenêtre ouverte sur l'avenir ?
Pierre L. Auger, Québec
Le Devoir vendredi 9 janvier 2004
Dans les flots socioéconomiques tumultueux où le Québec semble s'immobiliser, dans cette situation de mouvance et de brouillage que nous décrit Gérard Bouchard dans son excellent article provocateur publié dans L'Annuaire du Québec 2004, Gérald Larose, en tant que président du Conseil de la souveraineté du Québec, nous proposait, dans Le Devoir du 31 décembre dernier, ce qu'il appelle la seule et unique voie pouvant permettre de décrypter ce chaos et d'impulser le peuple québécois vers un avenir radieux.
Baby-boomer ayant déposé mon premier bulletin de vote dans la boîte de scrutin en faveur du RIN de Pierre Bourgault, j'ai cru pendant plusieurs années à la concrétisation d'un imaginaire meilleur pour le peuple dont je fais partie. Malheureusement, le Parti québécois est devenu le porteur de ballon et n'a pas gagné la partie.
Je vais tenter d'expliquer mon désarroi. Nous vivons toujours sous le régime du capitalisme. Or les règles de cet ensemble socio-politico-économique poussent l'être humain à un individualisme égocentrique, à une rivalité parfois sauvage, à la guerre de tous contre tous de Thomas Hobbes. Par ailleurs, malgré ce que tous les chantres machiavéliques du néolibéralisme nous enseignent, ces même êtres humains, pour combattre les assauts de ce système et tous ceux qui ont opprimé l'humanité, ont de tout temps tissé des liens fraternels de solidarité et de combat. Ces liens se sont formés par la création de syndicats, de groupements féministes, antiracistes et écologistes ainsi que de mouvements nationalistes et autres.
Or l'histoire des XIXe et XXe siècles nous enseigne que la flamme de ces mouvements s'est souvent alimentée des revendications très justes du peuple travailleur pour ensuite tomber sous la férule d'une oligarchie élitiste qui s'appropriait les leviers de l'État pour son propre bénéfice. C'est ce qui s'est malheureusement produit au Québec avec le Parti québécois. Qu'on me propose un État québécois souverain en tentant de me faire accroire que celui-ci soulagera tous les maux du Québec comme par enchantement, je suis obligé de déclarer que je me sens peu confiant d'embarquer dans cette galère. Et je crois ne pas être le seul à éprouver certaines craintes face à cette perspective.
Un mouvement non aligné
Je ne partage pas l'optimisme de M. Larose sur la solidité des bases du mouvement souverainiste. Encore une fois, l'histoire nous prévient de la fragilité de prétendus acquis sociohistoriques. Les résultats des élections d'avril dernier laissent au contraire présager un début d'effritement de l'engouement, en particulier chez les jeunes. En effet, les conclusions des études du sociologue Pierre Drouilly, elles aussi présentées dans L'Annuaire du Québec 2004, nous apprennent que les gens qui ont voté OUI aux référendums sont les mêmes que ceux qui ont soutenu le PQ. En d'autres termes, les nationalistes votent en général pour le PQ. Or le PQ a perdu des votes par abstention ou par déplacement de la faveur des électeurs vers l'ADQ. De plus, dans les nombreux mouvements qui regroupent la jeunesse québécoise, très peu militent aujourd'hui en faveur de la souveraineté.
À partir d'ici, où allons-nous ? À l'instar du Rassemblement pour l'indépendance du Québec, je crois qu'il est temps de bâtir un vaste mouvement lié à aucun parti politique (mais non pas apolitique) qui étudiera la possibilité et revendiquera éventuellement la mise en place d'une république où un nouveau forum démocratique sera le médiateur des contradictions fondamentales de notre société.
Ce mouvement devra être bâti lentement mais sûrement en prenant le temps de l'asseoir sur les bases solides d'une consultation et d'une éducation populaire qui permettra au peuple québécois de bien comprendre les enjeux lorsqu'il décidera de devenir souverain. Il devra aussi éviter les enjambées trop rapides qui, souvent, se terminent en bulles explosives.
De plus, ce mouvement devra d'abord s'attarder en priorité aux questions essentielles, à savoir le travail et les relations économiques, l'environnement, l'équité des sexes, l'autonomie des autochtones, la place des nouveaux arrivants et des anglophones dans la société québécoise, la solidarité internationale, l'impérialisme et la discrimination liée à l'orientation sexuelle et à l'origine ethnique. La tâche est ardue mais passionnante.
En d'autres termes, ce mouvement bâtirait un projet d'avenir avant de proposer la souveraineté plutôt que l'inverse. Pour le moment, le Conseil de la souveraineté doit faire la preuve qu'il peut prendre la place du PQ comme porteur de ce ballon. Quant à moi, son acoquinement avec ce dernier détruit toute sa crédibilité. J'entrevois plutôt que le nouveau mouvement D'abord solidaires, de par son non-alignement à quelque parti politique que ce soit, puisse s'approprier cette tâche.

»» bouclier antimissile
Priorité au bouclier antimissile
Manon Cornellier
Le Devoir lundi 12 janvier 2004
Pressé par les États-Unis, le Canada devra décider de sa participation avant même la révision prévue de sa politique de défense
Ottawa - Pressé par les États-Unis, le Canada devra décider s'il participe ou non au bouclier antimissile avant même d'avoir procédé à la révision annoncée de sa politique de défense. Le ministre de la Défense, David Pratt, est pourtant prêt à attendre cet examen avant de se prononcer sur les autres dossiers chauds de son ministère.
«L'échéance pour prendre une décision [sur notre participation] est probablement avant le lancement du système» prévu pour octobre 2004, a indiqué le ministre en entrevue au Devoir. La révision conjointe de la politique étrangère et des politiques de défense et de développement international a pourtant peu de chance de démarrer avant la fin de 2004 et encore. Il s'agit de la date souhaitée par M. Pratt. Il reconnaît que cela signifie que la participation au bouclier ne pourra pas être analysée dans ce cadre global.
Le débat sur la participation canadienne au bouclier antimissile a repris la semaine dernière avec l'annonce d'un échange de lettres imminent entre le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, et M. Pratt, afin de pousser plus loin les discussions entreprises en juin dernier sur cette question.
Ancien président du comité permanent de la défense, David Pratt a toujours favorisé une participation canadienne au bouclier américain. Il n'a pas changé d'idée, mais insiste: «Je ne suis pas en faveur de la défense antimissile à n'importe quel prix.»
Le gouvernement a encore bien des questions, tant sur le fonctionnement du système que sur la protection des intérêts canadiens, et il a maintenant besoin d'informations privilégiées pour obtenir les réponses nécessaires, dit-il. D'où l'échange de lettres.
Mais avant de prendre une décision, le cabinet Martin ne pourra pas faire l'économie d'une consultation, ne serait-ce qu'au sein du caucus libéral ou à la Chambre des communes où le Bloc et le NPD s'opposent au projet. Plusieurs députés libéraux, opposés au projet, ont déjà protesté la semaine dernière contre le manque de consultations du caucus au sujet de l'échange de lettres et ils veulent avoir leur mot à dire avant que toute autre décision soit prise. Leur principale inquiétude porte sur l'arsenalisation de l'espace, les Américains persistant à dire qu'ils veulent en arriver un jour à déployer dans l'espace des intercepteurs de missiles balistiques.
Une étude du ministère de la Défense, dont faisait état le Ottawa Citizen vendredi, mettait déjà Ottawa en garde, le printemps dernier, contre le «risque significatif» que posait le projet de défense antimissile «de renforcer les tendances vers l'arsenalisation de l'espace».
Le Canada est contre le déploiement d'armes dans l'espace et M. Pratt dit que cette politique reste inchangée. Mais il croit que tout le monde s'inquiète trop au sujet du volet spatial du bouclier.
Selon les «meilleures estimations», dit-il, «il faudra encore deux décennies avant d'en arriver même à la possibilité d'armes dans l'espace et ça peut se révéler impossible à faire sur le plan soit financier ou technologique». Il est d'ailleurs persuadé qu'aucun gouvernement canadien n'aura à se pencher sur cette question avant longtemps.
Par conséquent, il ne croit pas que le Canada, «un pays souverain», se retrouverait pris dans un engrenage dont il ne pourrait plus s'extirper s'il acceptait maintenant de participer au système composé d'intercepteurs basés au sol et en mer.
Pour tenter de calmer ces critiques, David Pratt ajoute que plusieurs pays occidentaux ainsi que l'OTAN étudient la question de la défense antimissile et que certains tentent même de développer ce qu'on appelle une défense de théâtre, c'est-à-dire des intercepteurs pour des missiles de courte et moyenne portée. Les missiles Patriots, par exemple, sont des intercepteurs de ce type.
Le ministre est toutefois obligé de reconnaître qu'un seul pays, les États-Unis, parle d'un éventuel déploiement d'intercepteurs dans l'espace.
Entre deux feux
Le gouvernement canadien semble coincé entre deux priorités de sa politique de défense: d'une part, son opposition traditionnelle à l'arsenalisation de l'espace et ses efforts multilatéraux à long terme dans ce dossier et, d'autre part, sa participation immédiate à la défense commune de l'Amérique du Nord au moyen d'une série d'ententes avec les États-Unis.
À court terme, il semble que ce soit l'avenir des accords de défense de l'Amérique du Nord qui le préoccupe, bien plus que la protection contre une éventuelle attaque de missile balistique. Malgré cela, David Pratt ne veut pas dire ouvertement si leur existence est en jeu, y compris celui du North American Aerospace Defense Command (NORAD). «J'aimerais mieux ne pas discuter de ce genre de scénario du pire.» C'est pourtant de ces accords qu'il parle quand on l'interroge sur les intérêts canadiens en jeu.
«Nos accords de défense qui remontent aux années 1940 font en sorte que nous prenons des décisions en commun, en particulier en matière de défense aérienne, et nous le faisons avec la contribution de chaque pays.[...] Cela est basé sur la reconnaissance que la défense de l'Amérique du Nord est mieux assurée par le Canada et les États-Unis ensemble que par un ou l'autre des pays agissant seul. [...] Nous devons aborder cette question en comprenant nos responsabilités en ce qui a trait à la défense de l'Amérique du Nord et en traitant de bonne foi avec les États-Unis», dit-il.
Washington n'a pas demandé d'utiliser le territoire canadien pour le déploiement de ses intercepteurs terrestres, qui commencera en octobre prochain en Alaska et en Californie, ni même pour ses radars qui seront basés aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Groenland. Les Américains n'ont pas non plus demandé d'argent d'Ottawa, de préciser M. Pratt. Si le Canada accepte de participer au bouclier, il pourrait peut-être envoyer des effectifs supplémentaires au centre de contrôle du NORAD, mais on ne s'attend à rien de plus, assure-t-il.
Malgré son préjugé favorable, David Pratt est évasif lorsque vient le temps d'expliquer en quoi un système antimissile améliorerait la sécurité du territoire canadien. En fait, il admet, quand on lui parle des incertitudes entourant la technologie envisagée, que «de toute façon, ce qui est clair est que la menace n'existe peut-être pas aujourd'hui, à ce moment-ci, mais nous ne savons pas où nous en serons dans deux mois, deux, trois ou quatre ans».
Il évoquera pourtant à quelques reprises la nécessité de se protéger contre les menaces actuelles. «Nous devons faire face aux menaces qui existent maintenant», dit-il, à ceux qui craignent l'évolution future du bouclier. «Nous tentons de faire face aux menaces immédiates», ajoute-t-il plus tard.
À un autre moment de l'entrevue, il rappelle que les Américains ont eu un choc en 1998 lorsque la Corée du Nord a réussi à lancer un missile balistique capable d'atteindre la mer du Japon et maintenant l'Alaska. Washington n'attendait pas ce développement si tôt.
On peut considérer cette menace comme faible, mais, avertit-il aussitôt, la technologie des missiles balistiques évolue rapidement, plusieurs pays y ont maintenant accès et il existe toujours le danger d'un pays tombant aux mains d'un régime hostile.
David Pratt reconnaît volontiers que le Canada a plusieurs autres priorités en matière de sécurité, qu'il s'agisse de sécurité publique, de criminalité ou d'environnement et qu'il doit rester actif sur tous les fronts, y compris dans l'arène multilatérale. Mais cela ne justifie pas à ses yeux d'ignorer la défense de l'Amérique du Nord.

»» Irak
De la menace terroriste à la paranoïa
Zehira Houfani
Écrivaine et journaliste, membre du Projet Solidarité Irak
Le Devoir lundi 12 janvier 2004
Libre opinion: Qui l'eût cru? En 2004, la plus grande puissance du monde se doit de se barricader, de boucler ses frontières, d'interdire le survol de son ciel, de s'armer jusqu'aux dents et même de soûler les gens en ouvrant à fond les robinets de la peur, de la méfiance et de la suspicion, le tout, pour simplement jouir d'une festivité aussi universelle que la célébration du nouvel an, quand bien même grégorien. Qui l'eût cru? Et à qui la faute?
Si la première question ne pose aucun problème et tout un chacun peut se la poser, la seconde en revanche, soulève des tempêtes de toutes sortes d'un bout à autre de la planète. Ici, malgré l'effort gigantesque des gens de bonne foi qui cultivent le rapprochement des peuples et l'élan de solidarité spontané des populations en faveur de la paix, on succombe facilement aux montages médiatiques plus vrais que nature de l'oncle Sam, les États-Unis d'Amérique.
La proximité de la culture (même si le Québec se distingue par une résistance permanente) et la convergence des intérêts politiques et économiques font en sorte que les gouvernements québécois et canadien choisissent de se placer du côté de la force au détriment des droits de la personne. C'est dans cette optique qu'ils cautionnent la politique internationale des États-Unis, notamment en fournissant des soldats chargés de traquer et de liquider toute rébellion ou résistance afghane afin de «normaliser» la vie dans cette nouvelle colonie des États-Unis.
C'est exactement ce que font les forces d'occupation en Irak: réduire au silence la résistance du peuple et se moquer du monde en exhibant l'image de quelques Irakiens choisis pour avoir appris la chanson du bienfait de la colonisation de leur pays, de manière à occulter le désastre humain et matériel infligé par les États-Unis à l'Irak.
Le parrain américain
Dans son message du nouvel an, le pape Jean-Paul II a lancé son traditionnel appel à la paix dans le monde et au partage équitable des ressources de la planète pour mettre fin à la violence. En tant que chef de l'Église chrétienne, il sait très bien ce qui se passe dans les coulisses de notre planète. Son message est très clair et les destinataires aisément identifiables. Qui pourrait croire qu'il s'adresse aux Irakiens, aux Palestiniens et encore moins aux Afghans en lutte contre l'occupation étrangère de leur pays?
Son appel est destiné aux puissants de ce monde, les États-Unis, véritables parrains de la violence à l'échelle planétaire. Car en ouvrant un nouveau front de la violence dans un Moyen-Orient où les droits humains sont déjà si malmenés, l'administration américaine a commis un crime avec de graves conséquences, notamment pour les Occidentaux, contraints de vivre suspendus au fil d'une menace permanente d'actes terroristes. C'est ainsi que les Américains, sous la gouverne d'une peur savamment alimentée par les médias, et surtout de la paranoïa d'un gouvernement conscient d'avoir semé tant de souffrances, détruit, massacré et poussé au désespoir des pans entiers de l'humanité, ont dû s'isoler du reste du monde pour fêter le nouvel an 2004. Triste réalité d'une humanité censée avoir évoluée et tourné le dos aux époques sombres de son histoire, l'esclavage, l'extermination, la colonisation, etc.
Le désir de paix
Force est de constater pourtant que lorsqu'on est capable de semer le chaos où que l'on veuille, on est forcément capable de bâtir la paix si on en a le désir. Cela, Jean-Paul II le sait, le gouvernement américain aussi, je le sais, vous le savez et les résistants irakiens et tous les mouvements sociaux ou de libération qui se battent pour leurs droits dans le monde, le savent aussi.
L'invasion d'un pays reste une agression en toute circonstance et la dernière dans le palmarès des États-Unis interpelle la conscience universelle. Cela a pris du temps avant que la vérité ne reprenne ses droits, mais maintenant que les mensonges sont dissipés, que tout un chacun a compris les visées de l'administration américaine dans sa guerre en Irak, pourquoi continuer de prêter cette oreille assidue à la Maison-Blanche et lui accorder le bénéfice du doute quand elle se défend de coloniser l'Irak et parle de construire une démocratie? Merci Jean-René Dufort et votre émission de fin d'année pour m'épargner de citer la longue liste de pays où les États-Unis ont chanté le même refrain avant de les précipiter dans le gouffre et de leur tourner le dos comme de la marchandise avariée.
Forteresse
Pourquoi cette volonté affichée de soutenir un gouvernement raciste et méprisant comme celui du président Bush? N'est-ce pas raciste, indécent et hystérique que de vouloir humilier son prochain comme on l'a fait avec Saddam Hussein, quels que soient ses torts? C'est clair qu'à travers lui, on a délibérément ciblé les centaines de millions de musulmans et arabes rivés à l'écran de leur téléviseur. Cela n'a rien d'une opération de justice prétendument pour le compte des Irakiens, mais plutôt d'une vengeance primaire qui satisfait l'obsession du clan Bush.
Y a-t-il la moindre grandeur dans l'attitude de la super-puissance, sinon l'agressivité à l'état brut et la volonté de soumettre les peuples récalcitrants, dans ce cas musulmans et arabes, à une domination conjointe américano-israélienne.
À force de manipulation et de désinformation, le président américain s'est offert le cadeau de Noël idéal, le président irakien déchu qu'il exhiba devant le monde. Un Saddam Hussein dépouillé de tout dignité, docile, soumis, conciliant et d'une lâcheté effarante. C'est incroyable comment l'administration américaine se confond avec Hollywood quand il s'agit d'abuser l'opinion internationale. Et c'est aussi incroyable, et surtout révoltant de voir comment le monde libre s'accommode de ce plat de couleuvres qu'on lui sert à satiété. À coup sûr, voilà de quoi réhabiliter l'image de Bush mise à mal par le nombre de plus en plus grand de soldats américains qui tombent au nom de l'occupation de l'Irak.
D'ores et déjà, la machine de propagande états-unienne est en route pour trouver d'autres marchepieds en faveur de la réélection de George Bush et ses compères, quitte à emprisonner la planète dans un cercle de violence sans fin et à contraindre les populations nord-américaines à vivre la peur au ventre où qu'elles soient. Et nous contribuons tous, de gré ou de force, à cette forteresse. Mais quel goût a donc une «liberté» encadrée par la peur du terrorisme et la paranoïa? En vaut-elle la peine quand on sait la détresse du reste du monde?

»» Normand Lester
Essais québécois - Un Canada sans fair-play
Louis Cornellier
Le Devoir samedi 10 et dimanche 11 janvier 2004
Titre VO : Le Livre noir du Canada anglais 3
Description : Normand Lester - Les Intouchables - Montréal, 2003, 352 pages
Virulent pamphlet bien documenté contre les préjugés entretenus par le Canada anglais à l'endroit des Québécois francophones et des minorités du pays, le premier Livre noir du Canada anglais du journaliste Normand Lester, paru en 2001, frappait fort et, souvent, juste. Comme d'autres, cependant, j'ai flairé l'opportunisme en apprenant la poursuite de ce projet. Pourquoi, en effet, en rajouter? La thèse, me semblait-il, était claire, et la démonstration, percutante. Sous prétexte que la chose s'était bien vendue, fallait-il vraiment en remettre? Je n'ai donc pas lu le tome 2, paru en 2002.
Obstiné, Lester, de toute évidence, a fait fi de ces scrupules puisqu'il nous offre maintenant Le Livre noir du Canada 3, un essai qui démontre que son indignation est toujours aussi justifiée et qui nous fait presque regretter d'avoir négligé l'étape précédente. Aussi, quand le journaliste annonce qu'un quatrième ouvrage viendra compléter la série en traitant de la période qui va de la mort de Duplessis au rapatriement de la Constitution en 1982, on comprend qu'il s'agit là d'un projet systématique dont la pertinence se défend. Tant qu'à y être, en effet, pourquoi ne pas faire le tour de la question ? Lester n'est pas un grand essayiste. Difficile, cependant, de nier l'efficacité du procédé d'accumulation d'exemples qu'il utilise.
Dans cette entreprise, le tome 3 s'attache à établir le diagnostic contemporain de la québécophobie canadienne-anglaise. La thèse principale de Lester, toujours aussi carrée, s'applique cette fois-ci à l'actualité et au monde du sport : «Les préjugés du Canada anglais envers les Québécois constituent un trait culturel ignominieux qui contamine tous les aspects de sa culture et qui infecte l'ensemble de ses institutions, de ses organisations sportives à ses milieux financiers.»
Du sport... en anglais
Incarnation de la fierté canadienne-française d'hier, Maurice Richard, écrit d'abord Lester, fut aussi le symbole de la victime de la discrimination canadienne-anglaise. Injustement puni et suspendu à de multiples reprises, carrément réduit au silence à l'heure de dénoncer ces affronts, le Rocket, qu'un journaliste de Toronto accusait par exemple de mal maîtriser l'anglais au moment où il devenait le meilleur compteur de tous les temps, ne fut que le premier, dans l'ère moderne, d'une longue liste d'athlètes québécois maltraités par le Canada anglais : «Quarante ans après la retraite de Maurice Richard, la discrimination anti-francophone a toujours cours au Canada anglais. Le commentateur sportif Réjean Tremblay écrit que si on parle français et qu'on vient du Québec, il faut être un athlète nettement supérieur pour pouvoir être sélectionné.»
À l'appui de cette thèse, Lester mentionne des études qui révèlent que, dans la Ligue nationale de hockey, «bien traités par les équipes américaines, les joueurs québécois subissent de la discrimination [salariale] uniquement lorsqu'ils jouent au sein d'équipes canadiennes-anglaises». Consolation : «Les équipes qui ont en moyenne moins de Canadiens français dans leurs rangs performent moins bien [sic].»
D'autres cas illustrent cette discrimination généralisée : en 1994, aux Jeux olympiques de Lillehammer, l'équipe de hockey canadienne ne comptait aucun francophone; sur les ondes de CBC, les éructations racistes, souvent mais pas exclusivement antifrancophones, du commentateur Don Cherry lui valent une immense popularité et un salaire annuel de 700 000 $; Patrice Brisebois, défenseur du Canadien de Montréal, a eu toutes les misères du monde à faire reconnaître, au Canada anglais, que le «fucking frog» que lui avait servi un adversaire relevait du racisme.
Dans le monde de la natation, les démêlés de plusieurs athlètes québécois (Jennifer Carroll, Karine Chevrier, Yannick Lupien et Nadine Rolland) avec «Swimming Canada» ont fait les manchettes, et Lester les attribue tous au sentiment antiquébécois des entraîneurs et dirigeants sportifs du Canada anglais : «Au Canada, le sport amateur, comme le sport professionnel, se pratique en anglais, pour des anglophones et avec des anglophones.»
Pierre Foglia, qui s'était porté à la défense de l'entraîneur Dave Johnson dans l'affaire Carroll, subit ici les foudres du pamphlétaire, qui le qualifie de «clown national» et de «maître du n'importe quoi et du n'importe comment». À ce sujet, il faut mentionner que, tout récemment, le chroniqueur sportif Ronald King écrivait qu'«on a découvert que la Jennifer était une petite emmerdeuse, qu'elle n'avait pas les mains propres propres et que même ses coéquipières québécoises ne pouvaient plus la sentir». Pour Lester, on imagine que cela ne change rien au fond de l'affaire.
Dans l'actualité
Dans un chapitre intitulé «L'actualité de la haine et du mépris», pour illustrer que «la plupart des Anglo-Canadiens, qui ignorent l'histoire de leur ignoble traitement des minorités, croient à la supériorité morale de leur société sur la société québécoise», le journaliste revient sur quelques cas de francophobie canadienne. Il traite d'abord longuement de l'affaire Levine qui, au printemps 1998, a donné lieu à des comportements franchement disgracieux. Pressenti pour le poste de président du nouvel hôpital fusionné d'Ottawa, David Levine, ancien candidat péquiste, s'est retrouvé au coeur d'une chasse aux sorcières séparatistes, encouragée par des élus ontariens et même par le premier ministre Mike Harris.
Au Québec même, dans un autre contexte, les juifs sépharades francophones, rapporte Lester, seraient victimes de discrimination de la part des juifs anglophones qui «s'opposent aux revendications des sépharades qui réclament des services en français de la part des organisations communautaires juives». Dans le Pontiac, petite région à l'extrême ouest du Québec, les anglophones feraient la pluie et le beau temps et refuseraient de se plier aux lois linguistiques québécoises au mépris des droits des francophones. Lester parle de «l'Ulster du West Quebec».
«La thèse générale des médias du Canada anglais, écrit Lester, est que les Québécois francophones sont des imbéciles et des arriérés, facilement manipulables par des politiciens nationalistes sans vergogne soutenus par une presse complaisante qui propage leurs mensonges sans aucun sens critique [sic].» Il recense ainsi plusieurs articles et études, parus au Canada anglais ou ailleurs, qui dépeignent les Québécois francophones comme des ruraux mal dégrossis, tentés par le fascisme et intolérants à l'endroit des anglophones. Une de ces études établit même un lien entre le taux élevé de suicide au Québec et le mouvement indépendantiste. Pendant ce temps, précise Lester, c'est pourtant le français qui recule partout dans le reste du Canada.
Devant les menaces de plan B, de partition et d'intervention armée en cas de vote favorable à la souveraineté, Lester a du mal à se contenir et abandonne toute nuance : «Ils nous méprisent et nous haïssent pour ce que nous sommes. Ils nous insultent et répandent des mensonges et des calomnies à notre sujet depuis plus de deux cents ans. Et à chaque fois que nous tentons de mettre un terme à leur arrogante domination, ils passent aux menaces et aux intimidations.»
On retiendra certainement cette phrase, le «bon débarras» qu'il sert à des défusionnistes anglophones qui menacent de quitter le Québec et quelques autres formules polémiques pour accuser Normand Lester de jouer les provocateurs. Il faudrait surtout retenir de ce pamphlet rondement mené que ceux qui attendent encore des accommodements de la part du Canada anglais quant au statut du Québec dans la fédération risquent d'attendre longtemps.
louiscornellier@parroinfo.net

»» réforme électorale
Les citoyens de la Colombie-Britannique réfléchissent à la réforme électorale
PC 12 janvier 2004
VANCOUVER (PC) - Dans une démarche sans précédent qui pourrait changer le système électoral de la Colombie-Britannique, l'Assemblée des citoyens sur la réforme électorale s'est réunie pour la première fois samedi.
Ce groupe de simples citoyens sélectionnés dans chacune des 79 circonscriptions de la province a amorcé les discussions pour modifier l'actuel système uninominal à un tour, qui fait en sorte que le candidat ayant recueilli le plus de votes est élu.
Le mode de scrutin à vote unique transférable, où les électeurs font une liste des candidats par ordre de préférence, et le système de représentation proportionnel, où chaque parti reçoit un nombre de sièges en proportion du pourcentage de suffrages recueillis, seront aussi au menu des discussions. De plus, les citoyens étudieront des systèmes mixtes.
La démarche, qui nécessitera l'organisation de plusieurs assemblées publiques à travers la province, pourrait mener à un référendum sur des changements au système électoral.
Plusieurs participants ont qualifié l'expérience d'historique, soulignant tout de même qu'ils ne chômeront pas en s'initiant aux différents systèmes qui leur seront présentés. "Avec un peu de chance, nous réussirons à décider ce qui est le mieux pour notre province", a déclaré un des participants.
Durant les six premières fins de semaines, les assemblées de citoyens seront dirigées par un universitaire et les discussions porteront sur le fonctionnement des différents systèmes électoraux. "Certains croient qu'il faudrait améliorer le système actuel, pour qu'il soit plus juste", a dit Jack Blaney, de l'Université Simon Fraser, qui présidera l'assemblée.
Il a ajouté qu'alors que la réforme électorale est à l'ordre du jour dans plusieurs provinces canadiennes - dont le Québec -, la Colombie-Britannique est la seule à avoir confié la démarche à de simples citoyens. "Cette assemblée dispose d'un pouvoir réel", a-t-il dit.
Chaque citoyen reçoit une indemnité de 150 $ par jour de réunion.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
À première vue...
André Vincent
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2004
J'ai lu avec un immense intérêt le dernier texte de Robert Laplante intitulé «Revoir le cadre stratégique». C'est à mon avis un texte majeur.
En le parcourant, j'ai été étonné d'y voir plusieurs idées et sentiments qui m'habitaient déjà et qui, ainsi formulés avec rigueur et intelligence, m'ont remis le coeur et la tête à l'heure (si je puis dire). À peu près tous ceux qui écrivent sur Vigile ont déjà, de près ou de loin, touché à l'un ou l'autre de ces sujets; la force de ce texte est dans son ordre, dans l'analyse lucide qui précède sa conclusion, et bien sûr dans cette idée centrale que le référendum ne doit pas être un point d'arrivée, mais un aboutissement.
Dans ma dernière chronique, j'ai écrit ceci: «... Dans les mois qui viennent, je vais laisser les designers faire leur travail en espérant que « la saison des idées » débouche sur un plan lisible. Le métier d'artisan m'a appris que parfois, la commode ou l'armoire dessinée avec génie par le concepteur est compliquée pour rien, ou alors que s'il ne remplace pas les tenons-mortaises par des gougeons amovibles, de façon à ce que l'armoire soit démontable, beau dommage mais l'oeuvre du monsieur « passera pas dans' porte ». De même, certaines grandes idées peuvent être inapplicables en pratique et si cela s'avérait, les militants de la base devront mettre le poing sur la table et gueuler à plein si nécessaire. En arrière de la salle, faut toujours crier fort pour se faire entendre...» Or ce plan, à mon humble avis, est tout à fait réalisable, clair comme de l'eau de roche, en plus d'avoir la force de sa simplicité.
Le concepteur est un franc-tireur! Il a mis dans le mille et le PQ ne pourra ignorer ce texte, ni tenter de se cacher derrière le cadre de sa « saison des idées »; il devra en tenir compte et si jamais, pour quelques raisons ou prétextes que ce soit, il n'acceptait pas d'en débattre ouvertement, alors il ne restera aux indépendantistes que de tirer les conclusions qui s'imposent. Le temps des cachettes est terminé, il faut faire face. La mobilisation est dans la clarté du plan, dans la proximité du combat, dans la volonté farouche de gagner et dans la conviction que cette fois, c'est entre nous que ça se passe, et non pas sur le terrain miné de l'autre.
Cette fois sera la bonne parce que nous ne pouvons plus nous payer le temps de perdre. Il y a urgence. Je suis convaincu depuis un bon moment que la société québécoise est rendue plus loin que son gouvernement, et que le PQ n'a rien fait d'autre depuis '95 que de limiter les dégâts sans jamais même tenter de reprendre l'initiative. Il faut en finir au plus sacrant avec les déchirages de chemises à' tévé. La mise en berne d'un drapeau ne fait pas une victoire, le boudage dans l'coin n'est pas une politique, les conditions gagnantes ne sont pas une stratégie, mais un prétexte à l'immobilisme et souvent une lâcheté. S'il est vrai qu'il faut savoir attendre, réfléchir, il ne faudrait pas non plus perdre un temps précieux dans des palabres sans fins et retomber dans la « stratégite » aiguë. Robert Laplante a raison: Il n'y a plus d'espace pour la ruse en Canada, et plus d'astuce qui tienne.
Remettre l'indépendance au centre du débat est une nécessité et un devoir; mais cette fois, il faut dire clairement aux citoyens du Québec ce que nous voulons faire, pourquoi nous nous voulons le faire, et comment nous allons le faire. C'est en ce sens qu'à première vue, ce « cadre stratégique » est préférable à une élection référendaire; il nous donne la capacité de bouger dès le lendemain de la prise du pouvoir, et utilise le référendum comme aboutissement de la volonté populaire. Cette double démarche a l'avantage de forcer une reconnaissance internationale qui, sans la force symbolique du référendum, serait probablement plus ardue et plus longue à obtenir.
J'incite donc les souverainistes de toutes tendances à faire circuler ce texte, à en débattre, et à s'impliquer à fond dans les années qui viennent. Le temps des hésitations est terminé, le désoeuvrement doit faire place à l'engagement. Fini le mur des lamentations, les divisions de chapelle, les oui mais. Sans que cela soit toujours visible, le Québec est devenu adulte et doit se comporter comme tel; il n'a plus droit ni aux réactions intempestives qui tournent court, ni à la révolte de l'adolescent.
Et le devoir d'exister.

TRIBUNE LIBRE
Un SCRS convaincant
Christian Gagnon
Montréal
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2004
Ainsi donc, deux policiers du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) spécialistes des affaires terroristes sont candidement allés chez le militant altermondialiste Guillaume Tremblay pour lui demander si Amir Khadir entretenait des liens avec des organisations terroristes. Il est effarant de constater que des deniers publics issus de nos impôts sont consacrés à l'échafaudage de présomptions aussi paranoïaques.
Comment peut-on prêter foi à des informations ainsi échangées à la pièce contre de l'argent? Si Guillaume Tremblay avait accepté l'accès facile à des subventions qu'on lui a offert, on a peine à imaginer de quoi il aurait pu convaincre le SCRS au sujet d'Amir Khadir. Combien de dossiers de présumés «terroristes» sont ainsi gonflés par l'appât du gain? En croisant ces faits troublants avec les fuites issus du milieu policier dans les médias alléguant que le dossier de la GRC sur Maher Arar, victime de torture en Syrie, contient prétendument des éléments incriminants «à faire dresser les cheveux sur la tête», on ne peut que se laisser convaincre d'une chose : Maher Arar est sans doute innocent.

TRIBUNE LIBRE
L’APPEL DE LA MONTÉRÉGIE
Patrice Boileau,
Conseil exécutif péquiste de la circonscription de Chambly
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2004
14 avril 2003. 30 % de l’électorat boude un scrutin que le Parti libéral de Jean Charest remporte avec sensiblement le même nombre de voix qu’en 1998. C’est en 1927 que fut observé la dernière fois un taux de participation aussi misérable
Pourtant, le bilan des neuf années au pouvoir de l’ancien gouvernement est plus que reluisant : déficit zéro atteint en 1999, baisse d’impôt octroyée en 2000, création d’emplois tous azimuts, avec, en prime, l’année 2002 qui fut la plus prospère de l’histoire du Québec ! Malgré ces brillantes réalisations, la morosité politique qui caractérise le Québec depuis 1995 n’a pu être effacée. L’absence d’un projet emballant, comme enjeu de la dernière campagne électorale, en a donc démotivé plus d’un. Le Parti québécois, en refusant de faire la promotion de la solution souverainiste, a donc donné l’impression de chercher à s’accrocher au pouvoir. Mal lui en prit, comme en fait foi le résultat de l’élection.
Est-il possible de soulever finalement l’intérêt général quand les réalisations mentionnées plutôt n’y sont pas parvenues ? Aucun parti politique québécois ne peut de toute façon y parvenir puisque gouverner un État provincial est un piège depuis 1995. C’est à ce moment que le gouvernement canadien a imposé son fédéralisme punitif qui consiste à asphyxier le Québec en le privant de ses recettes fiscales. Même l’actuel ministre des Finances à Québec l’a reconnu dans son rapport. Dommage qu’il l’ait renié en acceptant de se joindre aux libéraux : à voir sa détresse actuelle, il ne fait aucun doute que Yves Séguin ne peut déjouer le traquenard fédéral qui empêche l’Assemblée nationale de fixer efficacement son agenda politique, créant toute cette insatisfaction au Québec depuis près de dix ans.
Pas étonnant que les quatre derniers sondages dévoilent que la solution souverainiste rallie plus de 45 % des Québécois. L'un d'eux, piloté par le très fédéraliste Conseil pour l'unité canadienne, a même révélé que 47% des Québécois réclament l'offre de 1995 pour enfin rendre notre appareil gouvernemental performant et efficace.
Avec environ 39 % d’appui, le Parti québécois accuse donc près de dix points de retard dans les intentions de vote face à l’article un de son propre programme ! Que dire de ce malaise ? Évidemment Bravo ! Les Québécois expriment sereinement qu’il est possible d’envisager le développement de notre patrie de différentes façons. Et que ces différences s’expriment sainement au travers des partis politiques. Aussi, le Parti québécois doit tendre la main à ces souverainistes et les inviter à former une coalition non partisane. Ensemble, les alliées pourront s’entendre sur un concept de Citoyenneté, de Constitution et de Cour du Québec d’ici 2007.
Cette coalition fonctionnera si le Parti québécois procède aussi avec ses partenaires à la réforme de nos institutions démocratiques. Seul un nouveau mode de scrutin éliminera tout soupçon quant à une tentative d’astuce qui forcerait une dissolution des groupes alliés au sein de l’équipe péquiste ou de travestir leur plate-forme idéologique. Le nouveau mécanisme électoral sera appliqué quelques mois après une victoire souverainiste dans le cadre d’une élection référendaire. Cette promesse rassurera les membres de la coalition, car persuadés qu’ils seront dorénavant entendus dans une nouvelle Assemblée nationale ragaillardie par le rapatriement de tous ses pouvoirs et de tous ses impôts. Que demander de mieux ?
L’élection référendaire autorisera la coalition souverainiste à déclarer l’indépendance du Québec seulement si elle reçoit l’appui de la majorité absolue : soit 50% plus une voix. Les souverainistes ont toujours eu le souci de respecter l’expression suprême de la démocratie québécoise. En conséquence, l’élection référendaire est tout ce qu’il y a de plus légitime. C’est plutôt la non-reconnaissance d’une approbation citoyenne à 50 % plus une voix, résultat de l’addition des votes alloués aux partis souverainistes officiellement associés, qui serait totalement antidémocratique. Il ne fait aucun doute que l’annonce en 2004 d’un pareil enjeu pour 2007 suscitera l’enthousiasme des Québécois qu’un taux de participation semblable à celui de 1995 confirmera !
S’il devait y avoir obtention d’une majorité de sièges et non de voix, la coalition procédera dans les mois suivants à la tenue d’un référendum selon la formule connue, ou refusera d’exercer le pouvoir, sachant que depuis 1995, gouverner un État provincial est un piège depuis l’instauration de l’étau fiscal d’Ottawa. La coalition tranchera à ce sujet avant 2007.
Face à l’urgence que provoquent les agissements du gouvernement Charest, le Conseil régional péquiste de la Montérégie demande que son Parti réagisse promptement, à l’image des différents groupes de la société québécoise. Il souhaite qu’une réflexion et un débat se fassent lors d’un Conseil national en 2004, et qu’un comité d’experts se penche sur le sujet pour que tout soit en place au Congrès national de 2005. Nous en appelons aussi à tous les souverainistes de joindre la Montérégie pour former la coalition non partisane.
Ce projet rassembleur doit se mettre en branle maintenant pour que le peuple puisse rapidement être sensibilisé sur les enjeux de la prochaine élection qui sera référendaire. L’immense avantage qu’offre ce mécanisme d’accession à la souveraineté est de faire le travail maintenant. C’est tout l’argumentaire fédéraliste qui devient ainsi caduc : finies les accusations de négliger les affaires de l’État, parce que le gouvernement souverainiste soit trop occupé à préparer un référendum dont le dogme vieux de trente ans a creusé une ornière rebutante, comme en font également foi les sondages. Plus possible non plus d’accuser les souverainistes de dépenser des fonds publics à la réalisation de leur projet, au lieu d’envoyer l’argent dans la santé ! Impossible, enfin, de dire que le Parti québécois cherche à s’accrocher au pouvoir en attendant les fameuses conditions gagnantes.
Être dans l’opposition s’avère finalement un atout inestimable que le pouvoir provincial ne peut offrir, parce que vicié par le déséquilibre fiscal.

TRIBUNE LIBRE
La souveraineté fait-elle encore partie du mandat?
Charles Thériault, Marieville
chatheriault@videotron.ca
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2004
Marieville, le 3 octobre 2003
Madame Pauline Marois, Députée de Taillon,
C’est avec plaisir que je saisis cette opportunité de pouvoir échanger avec vous, d’une façon positive, sur les questions que je me pose au sein de notre parti.
- Y a-t-il une solidarité au sein du Parti Québécois?
- La souveraineté fait-elle encore partie du mandat?
- Avons-nous les outils et les gens pour la réaliser?
L’objectif de ma rencontre avec vous est de mieux me positionner face au Parti Québécois et de savoir si j’y ai ma place en tant que pro-souverainiste.
Me référant au documentaire « A hauteur d’homme » je m’interroge sur l’énoncé entre Monsieur Landry et vous-même quant à l’issu du suffrage pour le comté d’Iberville. Vous aviez déjà considéré ce comté comme étant perdu avant même la date du scrutin.
En tant que souverainiste, j’ai toujours eu à cœur la souveraineté, l’indépendance et la liberté du peuple du Québec. Je tente d’identifier les obstacles à l’atteinte de ces objectifs et l’un d’eux, identifié et non résolu, est le nombre important de souverainistes qui se sont dissociés du Parti à la suite de l’affaire Michaud. Pourquoi n’a-t-on pas donné à Monsieur Michaud le droit de se faire entendre. Dans le documentaire « A hauteur d’homme » Monsieur Landry y accorde une grande importance face à Monsieur Jacques Parizeau, scandant à multiples reprises la fameuse maxime « Audi alteram partem ».
Un parti doit être capable d’accepter la critique constructive qui très souvent amène des idées nouvelles, apporte de l’oxygène et un souffle nouveau porteur d’espoir et de réussite. Dans l’ensemble, il faut donner à chacun une chance de se faire entendre et la possibilité de discuter ouvertement de tout sujet susceptible de faire avancer la cause. Se fermer à un tel geste démocratique, c’est se placer au-dessus des gens, se questionner et se répondre soi-même. C’est un monologue. Une telle situation est inacceptable à mes yeux et je me ferai un devoir de la dénoncer chaque fois qu’elle se produira.
J’aimerais bien connaître votre point de vue face à mes questionnements étant d’avis que si nous voulons atteindre notre objectif, il faut une solidarité indéfectible.

TRIBUNE LIBRE
La raison d'être du Parti
Charles Thériault, Marieville
chatheriault@videotron.ca
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2004
Vendredi 22 mars 2002
De nombreux comportements illégaux ou a la limite immorale, minent la confiance des gens envers les politiciens. Tout parti confondu, des gestes posé par nos élus, ont discrédité la politique et la démocratie. La popularité d'un bon gouvernement et son parti n'échappe pas à cette réalité.Les contribuables sont taxés au maximum de leur capacité. Les services sont souvent déficients ou ont l'apparence de l'être (hôpitaux, route, etc.). Dans un tel contexte tout geste disgracieux de la part d'un représentant n'est pas acceptable. La fin ne justifie pas les moyens. Les efforts du Premier Ministre pour encadré la fonction de lobyiste arrivent à point. Toute action conduisant à projeter une image d'intégrité ne peut qu'être salutaire pour un parti et est un excellent outil à l'augmentation de sa popularité.
Le Parti Québécois est pionnier dans la construction de ramifications qui descendent jusqu'au peuple. Sa structure particulière en fait un chef d'œuvre de participation populaire. Il n'est pas le produit d'une minorité puissante. Mais il est probablement le seul parti à être sondé sur 2 terrains différents. Les Péquistes participent à un biathlon'et ils font face à deux votes. Comme toutes les autres formations politique lors d'une élection générale ils se font élire en tant que bon Gouvernement. Suite à cette bonne performance ils se représentent au vote populaire dans un référendum. À ce niveau la victoire fut proche mais la défaite décevante. Le parti est dans un tournant. Depuis 30 ans' la formation politique a un excellent pointage' mais la raison d'être du parti ne passe pas. La situation est elle au Québec que la seule solution valable est le divorce ou à tout le moins la séparation de corps. Mais voilà nous envoyons à Québec et à Ottawa des gens de grande compétence qui veillent au grain et sécurisent une partie de l'électorat qui se situe entre les durs du oui et les durs du non. Je pense qu'en faisant un si bon travail de chien de garde nous comblons une parti de la population qui autrement ne serait pas satisfait d'un parti fédéraliste.
Les occasions de mise à l'épreuve de notre tradition démocratique seront toujours choses du présent. Nous devons profiter positivement de l'événement Michaud Bouchard. Ce qui devait se révéler comme une simple journée de mauvais temps s'est transformé en tempête. La ligne de parti qui caractérise la politique en générale n'est peut être pas solution dans tout les cas de débat social. Il doit y avoir de la place pour pouvoir formuler notre différence de point de vue sans que cette vision différente soit interprétée comme un manque de solidarité. IL faut certainement revoir notre stratégie si nous voulons un Québec Souverain.
Respectueusement vôtre » »
Charles Thériault
Marieville
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
Le Comité national de la Citoyenneté et de la Démocratie
Paul Cliche, membre du Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN)
COMMUNIQUÉS 12 janvier 2004
Le Comité national de la Citoyenneté et de la Démocratie a été mis sur
pied au cours de l'automne. Il s'agit du regroupement des comités
régionaux du même nom qui ont été formés depuis le printemps dernier
dans plusieurs régions (Outaouais, Saguenay-Lac-St-Jean, Québec, Estrie,
Centre du Québec notamment) suite à la tenue des États généraux sur la
réforme des institutions démocratiques qui avaient rassemblé plus de
1 000 participants venant des 125 circonscriptions à Québec en février
2003.
On sait que le gouvernement Charest a décidé de ne pas donner suite à
ces assises et au rapport qui en a découlé, sauf en ce qui a trait à la
réforme du mode de scrutin. La mise sur pied de comités régionaux
Citoyenneté et Démocratie, formés en bonne partie de participants et
participantes aux États généraux, veut suppléer en partie au retrait
inadmissible du gouvernement de ce dossier vital pour l'avenir de la
démocratie québécoise. C'est en quelque sorte une réponse de la société
civile à l'impéritie du gouvernement libéral.
Comme première activité publique, le comité national organise un forum
qui aura lieu à Drummondville les 28 et 29 février prochains, soit un an
après la tenue des États généraux. L'ordre du jour de cette réunion
sera connu
bientôt. On sait d'ores et déjà qu'il y sera question prioritairement
de la réforme du
mode de scrutin, mais seront aussi abordés la plupart des sujets qui
avaient été à
l'ordre du jour des États généraux. Le président du comité national est
Claude Béland qui avait agi comme président du comité directeur des
États généraux.
Entre-temps, d'autres comités régionaux sont en voie de formation dont
celui de Montréal qui sera mis sur pied mardi le 13 janvier lors d'une
assemblée qui aura lieu en soirée au Centre St-Pierre. Voir l'avis de
convocation contenu dans le fichier attaché.
Merci de votre attention.
AVIS DE CONVOCATION
Madame, Monsieur,
Vous êtes par la présente convoqué(e) à la réunion de fondation du Comité régional de la Citoyenneté et de la Démocratie de Montréal, laquelle se tiendra au Centre Saint-Pierre de Montréal, 1212 rue Panet, à Montréal, (au nord du boulevard René-Lévesque, est), à compter de 19 heures, en la Salle Ronald Asselin, mardi le 13 janvier 2004.
L’ordre du jour de la réunion est le suivant :
1. Ouverture de l’assemblée.
2. Informations relatives à la formation de Comités de la Citoyenneté et de la Démocratie par M. Claude Béland, président du Comité directeur des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques.
3. Buts, objectifs du Comité régional.
4. Fondation du Comité régional de Montréal.
5. Règlements de régie interne du Comité.
6. Élection des membres du Comité administratif du Comité.
7. Élection du président du Comité.
8. Autres sujets.
9. Fin de la réunion.
Votre présence sera grandement appréciée. Pour d’autres informations : belandcl@sympatico.ca
SI POSSIBLE, CONFIRMEZ VOTRE PRÉSENCE. MERCI !