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La popularité du gouvernement Charest en chute libre
PC vendredi 16 janvier 2004
Montréal - Neuf mois après son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral de Jean Charest connaît une baisse de popularité, révèle un sondage réalisé par la maison SOM pour le compte de Radio-Canada, dont les résultats ont été dévoilés hier.
Interrogés sur leur degré de satisfaction à l'endroit du gouvernement provincial, seulement 5,5 % des personnes au sondage se disent très satisfaites, et 20,3 %, assez satisfaites, pour un total de 25,8 %.
Par contre, 7 Québécois interrogés sur 10 se disent peu (30,1 %) ou pas du tout (39 %) satisfaits.
Intentions de vote
Quand on les interroge sur leurs intentions de vote, 35,6 % des sondés ont indiqué qu'ils voteraient pour le Parti québécois (PQ), 28,5 % pour l'Action démocratique du Québec (ADQ), et 27,1 % pour le Parti libéral du Québec (PLQ).
Le pourcentage d'indécis est de 7,3 %. Le sondage de la maison SOM a été réalisé auprès de 1000 personnes, par téléphone, du 7 au 12 janvier. La marge d'erreur de cette enquête d'opinion est d'au plus 3,8 %, 19 fois sur 20.

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Les premières nations en furie contre le gouvernement Charest, qui se défend
MARTIN OUELLET
PC vendredi 16 janvier 2004
QUEBEC (PC) - L'Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador, s'est portée jeudi à la défense du chef James Gabriel, accusant le gouvernement d'avoir piétiné son autorité en plus de court-circuiter ses efforts pour endiguer le crime organisé à Kanesatake.
Les relations entre le gouvernement du Québec et les autochtones vont souffrir des événements de Kanesatake, a fait savoir le chef régional de l'APNQL, M. Ghislain Picard, lors d'une conférence de presse à Québec. "Cela met un doute sur la qualité des relations entre le Québec et l'Assemblée des premières nations", a-t-il souligné, n'ayant pas du tout apprécié le traitement réservé au chef Gabriel.
En donnant satisfaction aux dissidents qui exigeaient le départ des policiers venus des autres communautés, le gouvernement a conclu un accord "déplorable" qui envoie un message inquiétant, a poursuivi M. Picard. "Qu'est-ce qui va empêcher maintenant n'importe quel groupuscule dans n'importe quelle communauté de prendre le contrôle? Et même, à la limite, de mettre en doute la capacité des autorités élus de faire appliquer les choses dans leur communauté", a-t-il fait valoir.
La nécessité d'éviter un bain de sang, l'argument soulevé par le ministre de la Sécurité publique Jacques Chagnon pour justifier son action, ne trouve nullement grâce aux yeux de M. Picard. "Ni vous ni moi ne savons ce qui ce serait réellement passé", a-t-il dit.
Quoi qu'il en soit, l'empressement du ministre à régler la crise avec des individus minoritaires a sapé les efforts de M. Gabriel en vue de contrer le crime organisé, a renchéri le chef de la communauté innue de Betsiamites, Raphaël Picard.
"Cela me fait penser à la stratégie de la CIA ou du gouvernement américain lorsqu'ils essayaient d'évincer des gouvernements démocratiquement élus en Amérique du Sud ou en Amérique centrale", a-t-il dit, pour illustrer la gestion de la crise par Québec.
Le grand chef du conseil de bande de Kanesatake est assuré du soutien indéfectible de l'Assemblée des premières nations, qui a même créé un fonds pour l'aider à reconstruire sa maison incendiée lundi soir au plus fort de la crise.
En soirée jeudi, le ministre délégué aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, a tenté de limiter les dégâts pour le gouvernement en annonçant qu'il rencontrera M. Gabriel vendredi en fin de journée, dans l'espoir de "resserrer les liens."
Les deux hommes ont aussi eu un entretien téléphonique jeudi, au cours duquel le ministre a voulu remettre les pendules à l'heure. "Je lui ai dit que pour le gouvernement du Québec il y avait une personne qui était le chef légitime, indiscutablement, et que c'était lui."
L'objectif de la rencontre de vendredi, a expliqué le ministre Pelletier, est d'appuyer M. Gabriel "dans le plan qu'il élabore en vue de pouvoir remplir ses fonctions et de réintégrer sa communauté."
Mais pour le porte-parole du Parti québécois en matière de Justice, Stéphane Bédard, le mal est fait. La désinvolture avec laquelle le gouvernement a traité ce dossier a mis en péril, selon lui, "dix ans d'efforts de rapprochement avec les autochtones."
Faire porter au chef Gabriel la responsabilité de la crise ou mettre en doute son jugement comme l'ont fait mercredi Jean Charest et son ministre Jacques Chagnon, demeure "totalement inacceptable", a dit M. Bédard.

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Les Premières Nations dénoncent Chagnon
Brian Myles, Tommy Chouinard
Le Devoir vendredi 16 janvier 2004
L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador a condamné hier l’attitude du ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, dans sa gestion de la crise à Kanesatake tout en se disant solidaire du grand chef en exil, James Gabriel.
«Comme chefs, on trouve tout à fait déplorable et inacceptable que le gouvernement du Québec en arrive à des ententes avec une minorité d’une communauté, qu’elle soit élue ou pas», a dit Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations.
Le chef de Betsiamites, Raphaël Picard, a pour sa part comparé l’attitude de la Sécurité publique à celle de la CIA en Amérique du Sud pendant les années 70 et 80, «quand on essayait de renverser des gouvernements légitimement élus».
Dans une tentative de rétablir des relations plus harmonieuses avec les communautés autochtones, le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, rencontrera James Gabriel en fin de journée aujourd’hui afin d’examiner les conditions qui lui permettront de retourner à Kanesatake et d’assumer pleinement ses fonctions. «Pour le gouvernement du Québec, le chef légitime, c’est lui», a assuré le ministre en conférence de presse hier en soirée.
Selon lui, à l’aune de la conversation téléphonique qu’il a eue avec le grand chef hier, M. Gabriel s’est montré «très ouvert» à cette rencontre. Le ton de la discussion a été «agréable», a-t-il assuré, même si M. Gabriel s’est senti trahi par le gouvernement Charest et a même dit qu’il était trop tard pour réhabiliter son leadership. «Il n’est ni tard ni trop tard», a répliqué Benoît Pelletier. Il a précisé que son gouvernement n’avait pas accordé le pouvoir aux Mohawks dissidents qui, néanmoins, s’organisent de plus en plus et prévoient même une assemblée lundi.
Benoît Pelletier se dit «solidaire» des actions posées par son collègue, le ministre de la Sécurité publique Jacques Chagnon. «Je ne veux pas porter de jugement [à savoir] si M. Gabriel aurait dû être inclus dans les négociations sur le dénouement», a-t-il dit. Pour dénouer la crise, mardi soir, son collègue a plutôt négocié avec la commission de police, «un corps légalement constitué», a répété M. Pelletier.
Selon le ministre, Québec passe d’une «dialectique de crise» à une «dialectique de gouvernance». «Nous nous activons à avoir un lien constructif à Kanesatake», a dit M. Pelletier. Il a également discuté avec son homologue fédéral, Andrew Mitchell, qui s’est fait des plus discrets jusqu’à maintenant, a-t-il reconnu. Selon le ministre, Ottawa «travaillera main dans la main» avec Québec «pour trouver une solution durable à la situation». M. Pelletier a indiqué que son gouvernement «prêtera assistance» à la communauté mais qu’il n’entend pas imposer ses vues. «Kanesatake demeure maître de son système démocratique», a-t-il noté. Le ministre s’est montré incapable de préciser les moyens à employer pour sortir durablement Kanesatake de cette crise.
À propos des attaques de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, le ministre a indiqué qu’il n’y a pas de «bris de confiance» avec les nations autochtones. «Ils ont le droit d’être critiques. Il ne faut pas s’attendre à ce que tout le monde nous applaudisse. Il fallait prendre des décisions. Et nous avons pris celles qui ont évité une escalade du conflit», a-t-il souligné.
Malgré tout, les relations entre le gouvernement Charest et les Premières Nations se sont détériorées avec cette crise. Ghislain Picard va jusqu’à douter de la volonté politique exprimée par Québec en juin dernier, lors de la signature d’un accord visant à créer une comité paritaire d’élus de l’Assemblée nationale et des Premières Nations dans le but de discuter des affaires autochtones.
M. Picard a refusé l’offre de Québec d’intervenir comme médiateur dans le conflit opposant une minorité volubile et le grand chef Gabriel à Kanesatake. Il ne répondra qu’à une demande de James Gabriel en personne. Une rencontre entre lui et Benoît Pelletier a eu lieu hier en soirée. M. Picard a réitéré ses positions.
Alors qu’une soixantaine de Peacekeepers étaient séquestrés au poste de police de Kanesatake, lundi et mardi, et que le chef Gabriel avait quitté la réserve parce qu’il craignait pour sa vie, le ministre Chagnon a conclu un accord avec les membres non élus de la commission de police et trois chefs minoritaires au conseil afin d’éviter, disait-il, «un bain de sang». Satisfait d’avoir résolu la crise de façon pacifique, M. Chagnon a blâmé James Gabriel pour avoir outrepassé son mandat en démettant de ses fonctions le chef de police Tracey Cross en raison de son inertie face aux éléments criminels de Kanesatake.
Au dire de James Gabriel, la Sûreté du Québec (SQ) était impliquée «jusqu’à la dernière minute» dans l’opération visant à remplacer Tracey Cross par Terry Isaac et à déstabiliser le crime organisé par la suite. Mardi soir, alors que les Peacekeepers étaient assiégés par une trentaine de dissidents, M. Isaac a envoyé un message télécopié à la SQ pour demander l’aide de l’escouade antiémeute. La police provinciale est restée à l’écart, estimant que des vies n’étaient pas en danger puisque les Peacekeepers étaient tous armés. Une demande d’entrevue à la SQ, formulée en après-midi par Le Devoir, est demeurée sans réponse.
Selon Ghislain Picard, la Sécurité publique et la SQ ont envoyé un bien mauvais message aux chefs autochtones qui, dans la plupart des communautés, luttent contre l’influence néfaste du crime organisé. «À la lumière des événements des trois derniers jours, l’intention initiale a été court-circuitée. Le gouvernement a fait sa part en négociant allégrement avec une minorité, et ça vient jeter le discrédit sur les opérations de ce genre dans d’autres communautés», a déploré M. Picard.
À Kanesatake, les trois chefs dissidents (John Harding, Steven et Pearl Bonspille), qui se sont arrogé la direction du conseil de bande, ont indiqué qu’ils n’avaient rien à cirer de l’offre de médiation de Ghislain Picard. John Harding a suggéré à l’Assemblée des Premières Nations, à Québec et à Ottawa de rester à l’écart de cette simple affaire qui sera réglée à l’interne. Des policiers de la SQ se sont rendus hier à Kanesatake pour les fins de l’enquête portant sur l’incendie criminel de la maison de James Gabriel. Ils ont été suivis de très près par des Warriors cagoulés avant de repartir.
À Québec, le ministre Chagnon a essuyé d’autres attaques. Le critique de l’opposition officielle en matière d’affaires autochtones, Stéphane Bédard, a exprimé sa surprise face à «la désinvolture» du gouvernement Charest, qui aurait dû confirmer dès les premières heures de la crise le leadership de James Gabriel. Selon le député du Parti québécois, la stratégie privilégiée par le ministre Chagnon a entraîné «la mise en péril de l’autorité constituée et des liens qu’on a développés avec les nations autochtones depuis des années».
Le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ) , Mario Dumont, estime pour sa part que le premier ministre Jean Charest devrait écarter complètement M. Chagnon du dossier parce qu’il a perdu sa crédibilité. «La deuxième action que doit poser le gouvernement aurait dû être faite dès le départ : ne tenir aucune discussion ou négociation, formelle ou informelle, avec des criminels ou des dissidents qui s’improvisent comme représentants de la communauté de Kanesatake», a affirmé M. Dumont par voie de communiqué.

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Kanesatake : L'opération sabotée par une fuite
Bruno Bisson
La Presse vendredi 16 janvier 2004
L'opération policière visant à relever le corps de police " inefficace " de la communauté mohawk de Kanesatake, qui avait été soigneusement préparée depuis plus de deux mois, a échoué en raison d'une fuite d'origine policière et d'une " embuscade " tendue par les dissidents, qui attendaient les 55 agents de l'extérieur depuis plusieurs jours.
Dans une entrevue accordée hier à La Presse, le policier Terry Isaac, originaire de la réserve micmacque de Restigouche, et son adjoint, l'agent Larry Ross, d'Akwesasne, ont affirmé que la Gendarmerie royale du Canada ( GRC ), de même que la Sûreté du Québec ( SQ ), étaient non seulement informées de cette opération policière d'envergure, mais ont même contribué à sa préparation par leur contribution aux opérations Charlemagne et Cactus.
Ces deux opérations d'envergure visent respectivement la culture de la marijuana par serres hydroponiques et la lutte contre le crime organisé, auxquelles participent activement la GRC et la SQ, de même que des corps de police municipaux et autochtones.
Elles devaient être graduellement mises en marche dans le territoire mohawk après une longue période d'implantation à Kanesatake, durant laquelle il n'était pas question d'effectuer quelque descente que ce soit. Et surtout par sur les cigarettes.
" Notre mandat était bien simple, a résumé hier le policier Isaac, que le grand chef James Gabriel avait désigné pour diriger le corps de police " augmenté " de 55 policiers de partout au Québec. D'abord, nous devions rétablir l'ordre à Kanesatake parce que le corps de police actuel est tout à fait inefficace. Ensuite, nous devions rassurer la population en nous faisant très visibles et en répondant aux appels. "
De leur côté, la GRC et la SQ devaient aussi jouer des rôles bien précis, mais hors du territoire mohawk. La GRC devait notamment encadrer la formation des policiers et la préparation de la seconde phase de cette vaste opération, soit l'ouverture des enquêtes sur le crime organisé, qui est bien présent à Kanesatake.
Pour sa part, la SQ devait assurer les arrières des policiers autochtones, en faisant sentir sa présence dans la périphérie de Kanesatake. Le corps de police provinciale, on le sait, n'est pas apprécié à Kanesatake même.
Puis, dans un deuxième temps, la force policière d'une ampleur hors du commun pour une petite communauté comptant à peine 1000 résidants, devait " identifier les éléments criminels de la communauté, ouvrir des enquêtes, étoffer les dossiers jusqu'à ce que nous ayons assez de preuve pour arrêter les trafiquants et les traduire devant les tribunaux. "
L'opération était en préparation depuis la fin d'octobre. Le solliciteur général du Canada l'avait approuvée et financée en novembre dernier, et les autorités québécoises, assurent M. Isaac, en étaient informées. Elle n'a jamais été précipitée pour des raisons de tensions ou de conflits internes, assure-t-il.
À midi, le 12 janvier, trois voitures banalisées transportant environ 25 policiers ont investi simultanément le conseil de bande " pour protéger les chefs du conseil ", et le poste de police local. Au poste, le chef de police intérimaire de Kanesatake, Tracy Cross, n'a jamais protesté contre l'intrusion de la vingtaine de policiers autochtones venus de nombreuses réserves indiennes de partout au Québec. On lui a alors présenté une résolution du conseil de bande votée le 2 janvier par le chef Gabriel et ses partisans le démettant de son poste, mais qui lui laissait quand même un poste de simple patrouilleur. Tous les autres policiers du service de police locale devaient être intégrés à cette force de police spéciale.
" Aucune descente, ni sur les cigarettes, ni sur la drogue, n'avait été planifiée dans l'immédiat, assure M. Isaac. Nous étions là d'abord pour pacifier le territoire. Par la suite, nous devions ouvrir nos enquêtes sur le crime organisé et le trafic de drogues, mais le plus pressant était de rassurer la population. "
Mais les choses se sont gâtées quand les manifestants, opposés au chef Gabriel, et surtout opposés à la présence de ces policiers venus de l'extérieur, se sont pointés près du poste de police.
" C'était une manifestation qui avait encore l'air pacifique à ce moment-là, et tout le monde au Québec a le droit de manifester pacifiquement, dit M. Ross. Nous aurions pu nous faire un chemin rapidement à travers les rangs des manifestants, mais la violence qui aurait pu en résulter aurait été à l'encontre de nos objectifs. "
MM. Isaac et Ross admettent que dans les heures qui ont suivi, alors qu'ils étaient assiégés dans le poste de police de Kanesatake, il y a eu un flottement. " Nous attendions des ordres, qui ne sont pas venus ", a affirmé M. Isaac, en ajoutant n'être pas en mesure de révéler de qui seraient venus ces ordres.
Dans la journée, Québec n'a jamais répondu à la demande pressante du chef Isaac quand il a suggéré que les policiers mohawks d'Akwesasne et de Kahnawake soient dépêchés sur les lieux pour évacuer les manifestants. Au lieu de cela, ils ont entendu à la télévision le ministre de la Sécurité publique du Québec, Jacques Chagnon, leur dire que des détachements d'agents mohawks étaient en route... mais avec le mandat de les évacuer de Kanesatake.
" Il y a eu une fuite, admet M. Isaac, probablement venue d'une des communautés indiennes qui a accepté de prêter des policiers pour rassembler cette force spéciale. Nous avons une idée d'où cette fuite a pu sortir, et quand nous aurons plus de temps pour nous organiser, une plainte va être déposée à la SQ. L'auteur de cette fuite a mis la sécurité de dizaines d'agents de police et de résidants de Kanesatake en danger. C'est très grave. "
Depuis leur évacuation, la plupart des 55 policiers autochtones dépêchés par leurs communautés respectives à Kanesatake attendent toujours dans un hôtel de Laval l'appel qui tranchera, à savoir s'ils rentrent chez eux ou s'ils restent là, à attendre. Attendre quoi? Pas moyen de le savoir.

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Le moindre mal
André Pratte
La Presse vendredi 16 janvier 2004
Éditorial - La manière dont le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, a choisi de désamorcer la plus récente crise à Kanesatake est unanimement décriée, par les commentateurs comme par nos lecteurs. Notre court éditorial d'hier, sur le même sujet, n'a trouvé aucun écho favorable.
Quand cela se produit, nous avons le devoir de réfléchir. De nous demander, sincèrement: et si nous étions dans l'erreur? Ce ne serait certainement pas la première fois! Il est possible, en particulier, que nous ayons sous-estimé l'effet pervers de la stratégie du gouvernement libéral, l'affaiblissement du leadership de James Gabriel.
Pourtant, la plupart des arguments mis de l'avant par ceux qui ont dénoncé les décisions du ministre nous semblent peu convaincants. Le député péquiste Jean-Pierre Charbonneau soutient que M. Chagnon aurait dû réunir le conseil de bande (qui compte trois dissidents sur sept), et le sommer de trouver une issue. Plutôt que de négocier avec une minorité proche des éléments criminalisés, le gouvernement du Québec serait passé par l'autorité légitime.
Ce point de vue a du bon. Même dans les officines gouvernementales, certains se demandent si on n'aurait pas dû s'appuyer davantage sur M. Gabriel. Le problème, c'est que le gouvernement voulait agir vite. Il estimait que la nuit arrivant, les risques de violence augmentaient. Or, assembler rapidement le conseil de bande - à Laval? À Kanesatake? - aurait été difficile.
Plusieurs croient que le gouvernement s'est énervé pour rien et aurait pu attendre que la crise se résorbe d'elle-même. Qui nous dit que ce n'est pas le contraire qui se serait produit, c'est-à-dire une escalade? Rappelons-nous ce qu'écrivait le coroner Guy Gilbert dans son rapport sur la crise d'Oka: " Le gouvernement a sous-évalué l'ampleur du risque qui menaçait la sécurité publique avec comme conséquences une confrontation violente entre autochtones et la SQ, la fermeture du pont Mercier pendant 55 jours, l'appel aux forces armées pour déloger une poignée de guerriers, 4000 soldats mobilisés pour mettre fin à une crise dont on dit qu'elle aurait coûté 200 millions $. "
Beaucoup de gens affirment que la Sûreté du Québec aurait dû venir libérer les policiers autochtones. Les partisans de cette thèse se montrent convaincus qu'une telle intervention n'aurait pas dégénéré. L'histoire nous dit tout le contraire. Ne valait-il pas mieux que le gouvernement erre par excès de prudence?
On accuse Québec d'avoir remis le pouvoir à une minorité malfaisante. On confond les choses! M. Chagnon n'a pas négocié la gouverne future de Kanesatake; il a négocié la fin d'une prise d'otages. Il arrive très régulièrement que les autorités négocient ainsi avec des criminels pour éviter un bain de sang. Ce qui compte, c'est qu'en définitive les coupables soient punis, et la loi et l'ordre rétablis. Avant de juger du succès de la stratégie de M. Chagnon sur ce second plan, il faut donc attendre de voir ce qui va se passer à Kanesatake.
Jacques Chagnon avait une décision difficile à prendre, dont dépendait la vie de plusieurs personnes. Parmi les gérants d'estrade qui commentent aujourd'hui ses faits et gestes, aucun ne portait une telle responsabilité. Ne devrions-nous pas lui accorder le bénéfice du doute?
La stratégie choisie par le gouvernement a engendré des effets pervers, qu'il a peut-être sous-estimés. Mais le pire effet pervers, la perte de vies humaines, a été évité. Entre deux maux, Jacques Chagnon a choisi le moindre. Avec respect pour une opinion contraire exprimée si massivement, nous continuons de croire que le ministre de la Sécurité publique a fait preuve de sagesse.
apratte@lapresse.ca

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Native leaders fear Quebec has paved way for criminals
RhéAl SéGuin, Tu Thanh Ha
The Globe and Mail Friday, January 16, 2004
QUEBEC, KANESATAKE, QUE. - Native leaders in Quebec say that the provincial government's deal with dissidents in the Mohawk community of Kanesatake this week will clear the way for organized crime to rule over their community.
"We find it deplorable and unacceptable that the government of Quebec reached an agreement with a minority in the community," Ghislain Picard, leader of the Assembly of First Nations of Quebec and Labrador, said yesterday. "This sends a very disturbing message and creates a dangerous precedent for all native communities."
On Tuesday, Premier Jean Charest's government signed an agreement with Kanesatake protesters to end a standoff. More than 60 native constables were then allowed to leave the community police station where they had been forced to stay for more than 24 hours.
It has been alleged that some of the dissidents have ties with organized crime and mounted a protest just as Kanesatake Grand Chief James Gabriel was about to launch a major police crackdown on criminal activities in the community.
Some members of the Mohawk community had been upset with Mr. Gabriel since he signed an agreement with Ottawa last spring to bring in the interim police.
Mr. Picard expressed concern that the joint police operation, including the RCMP, the Sûreté du Québec and native constables from 20 other reserves aimed at eradicating organized crime in Kanesatake was undermined by the actions of a minority in the community.
"The operation in Kanesatake was a major one aimed at countering organized crime," he said, insisting that native communities are vulnerable to the infiltration of criminal elements.
"The laws in our communities cannot be enforced in the interest of a minority. This is particularly important for our police officers, who must enforce law and order in our communities."
In a news conference last night, Benoît Pelletier, Quebec Minister responsible for Native Affairs, said he will meet with Mr. Gabriel today to determine how he can fully exercise his role as Grand Chief.
After being assailed for having betrayed Mr. Gabriel in signing the deal with the dissidents in his absence, Mr. Pelletier insisted that Mr. Gabriel remained the only legal and legitimate chief of Kanesatake.
The only silver lining in the conflict, according to the minister, was that for the first time the chiefs from all native communities have banded together to support one of their own.
In a show of force, the Assembly of First Nations will organize a meeting of all the Quebec chiefs in Kanesatake and urge the deeply divided community to support the battle against crime.
In Kanesatake, the dissident council members who oppose Mr. Gabriel were taking further steps to terminate the grand chief's tenuous hold on power.
A public meeting has been scheduled for Monday evening to discuss holding general elections and amending the community's electoral code. "All the chiefs are invited," said dissident council member Steven Bonspille.

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Ottawa funded ousted Oka police
Graeme Hamilton
National Post Friday, January 16, 2004
Quebec deal to end native standoff undermined federal crime-fighting effort
MONTREAL - The Quebec government's deal to end this week's standoff at Kanesatake by evicting 60 aboriginal police officers derailed a $900,000 federally funded emergency plan to combat organized crime in the Mohawk community.
Anne McLellan, the federal Public Safety Minister, will meet with her Quebec counterpart, Jacques Chagnon, next week to discuss how to salvage the anti-crime effort after the agreement reached by Mr. Chagnon left policing decisions in the hands of band dissidents.
Ottawa had agreed to provide $900,000 over four months in response to an "emergency request for extraordinary and enhanced police assistance," according to an agreement signed last Nov. 13 between Ms. McLellan's department and James Gabriel, Kanesatake's Grand Chief.
"Mr. Gabriel made the case to us rather pointedly that he needed to improve his capacity to deal with organized crime and other crime problems on the reserve," said Blaine Harvey, a spokesman for the federal Public Safety Department yesterday. "We felt it was well-justified."
Of the roughly 130 native communities in Canada that have agreements with the federal government to fund aboriginal policing, Kanesatake was the first to require such emergency funding-- an indication of the seriousness of the problem plaguing the community.
"We think organized crime and other related crimes are going to continue to pose serious threats to certain First Nations communities, and it's always been our goal to find some long-term solutions," Mr. Harvey said.
Mr. Chagnon, the Minister of Public Security, has come under fire since he announced a deal on Tuesday night to end the two-day siege of the Kanesatake police station by bat-wielding protesters. The agreement allowed for the re-instatement of police chief Terry Cross, whom the band council had voted to dismiss because they felt he was soft on crime. It also sent the special task force of aboriginal police officers from across the province back to their home reserves, an action that one of the officers has described as humiliating.
The opposition Parti Quebecois has accused Mr. Chagnon of leaving Kanesatake in the hands of gangsters, and yesterday the Quebec and Labrador chapter of the Assembly of First Nations echoed the criticism.
"It's deplorable and unacceptable that the government of Quebec negotiated with a minority, whether they're elected or not," Ghislain Picard, head of the organization of Quebec and Labrador chiefs, said at a news conference in Quebec City yesterday. He reiterated the assembly's support of Mr. Gabriel.
Allison Metallic, chief of the Listuguj reserve, said Mr. Gabriel was taking necessary steps to fight a crime problem that is not confined to Kanesatake. "We will not let crime rule in our First Nations," he said.
Mr. Chagnon has defended his actions as necessary to avert a possible "bloodbath" and has tried to shift the blame to Mr. Gabriel, saying he provoked the crisis by inviting in the outside officers. "He tried an initiative and it collapsed, and now it's a problem for him and the community," Mr. Chagnon said on Wednesday.
Although the thwarted initiative was funded with federal dollars, Ottawa was not willing to join the chorus denouncing Mr. Chagnon. "I'm not going to get into second-guessing," Mr. Harvey said. "Mr. Chagnon, who is the minister of jurisdiction in that province, did what he thought was best to defuse a potentially dangerous public safety situation."
He said it is hoped next week's meeting in Ottawa, which will also include the federal Minister of Indian Affairs, Andrew Mitchell, and his provincial counterpart, Benoit Pelletier, will help resolve the lingering problems in Kanesatake. A specific date for the meeting has not been set.
"We're saying that these challenges of organized crime continue to pose a serious threat, absolutely," said Mr. Harvey, adding that Ottawa continues to recognize Mr. Gabriel as the duly elected Grand Chief.
Mr. Gabriel, who remains at an undisclosed location after protesters burned his house to the ground on Monday night, said yesterday the federal money promised in November was to allow the band "to bring in additional resources to tackle organized crime and narcotics in our community."
The band council resolution sent to Ottawa with the request for additional funding noted a "deterioration in the effectiveness of the Mohawk Police Force," and said, "Intimidation and criminal activity prevail" in the community.
Mr. Gabriel said by giving in to the protesters, Mr. Chagnon hobbled aboriginal leaders' efforts to combat crime.
"It undermines native policing overall. It sets us a long way back," he said in an interview. "This action by the Public Security Minister puts us back where we started before we had a police force, where the criminal element had free rein. It gives the criminals a lot more power when the Minister agrees with them and gives them what they want."
ghamilton@mon.nationalpost.com

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Ça va faire !
René Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE vendredi 16 janvier 2004
D'accord, reprenez New York, Montréal et tout ce que vous prétendez vous
appartenir. Cependant, remboursez-nous nos investissements dans le
développement de ces territoires. À nous, vous devez $1 à la
400ème puisssance (400 fois zéro après le chiffre UN), soit 100 par siècle
d'investissement de notre part. Ce n'est pas beaucoup. Payez-nous et nous
partirons.
Quant à New York, je vous souhaite bonne chance.
En géopolitique, la terre appartient à qui l'a défrichée et l'a mise en
valeur, non à qui s'est assis dessus pour y faire un tas ou marquer le
territoire à la manière des animaux territoriaux. La territorialité humaine
n'est pas la territorialité animale.
S'il fallait redonner les territoires à tous les anciens occupants, nous
n'en finirions jamais. J'ai bien dit occupants et non possédants. Un
possédant est quelqu'un qui a mis le territoire en valeur. Un possédant
arbitraire est aussi une puissance impériale qui s'impose possédante par la
force, la ruse et la mystification.
En Europe, les Scandinaves, dont les Svers, fondateurs de la Suède. les
Vikings, fondateurs du Danemark, de la Norvège et de l'Islande(aussi de la
Normandie et le Yorkshire en Angleterre), les Suomen, fondateurs de la
Finlande, devront quitter pour céder le pays aux Ostrogoths et à d'autres
peuples germaniques qui étaient là avant eux et qui ont décidé de quitter la
froidure pour se lancer à la conquête des pays méditerranéens. Les Germains
restés sur place se sont fondus avec les nouveaux arrivants et fondateurs.
La France, fondée par les Francs, devra céder tout son espace aux Celtes,
notamment aux Bretons, qui, même s'ils sont Celtes, n'habitaient pas le
territoire français, et, contrairement à ce qu'on pense, peuvent réclamer
toute l'Angleterre, d'où ils ont été chassés par les Saxons.
Les Irlandais, les Gaëls, devront quitter pour laisser la place à des tribus
primitives qui étaient là avant eux.
De même les Portugais, qui avaient jadis fondé la civilisation lusitanienne,
mais qui occupaient un territoire anciennement occupé par d'autres. Les
Espagnols n'étaient pas les premiers sur place non plus.
Seuls les Germains des plateaux du Centre de l'Allemagne, appelé le
Mitteland, sont en place depuis des temps immémoriaux, semble-t-il. Ceux de
la plaine du nord, appelée Tiefland, avec des villes telles que Dortmund,
Hanovre, Berlin, n'étaient pas là les premiers. Des Baltes et des Slaves
semblent avoir été sur place avant eux. Les Germains ont exterminé les
Baltes de la plaine germano-polonaise et ont pris toutes leurs terres, de
même que leur identitié. Ces Baltes étaient les vrais Prussiens.
Aujourd'hui, ce sont des Saxons qui se disent Prussiens. Usurper l'identité
fait partie du génocide réussi.
Est-ce la raison pour laquelle notre identité originelle, l'identité
canadienne, nous a été usurpée? En tout cas, nous avions l'identité
québécoise pour nous reprendre et poursuivre notre tâche de construire notre
propre État et nous sommes en train de réussir.
Quant aux Iroquois, qu'ils prennent la vallée de la Mohawk et assument
contrôle du canal Érié, du chemin de fer Érié-Lackawannah et de l'autoroute
stratégique qui conduit de New York vers Buffalo. Je suis sûr que les
Newyorkais vont les laisser faire.
C'est absurde
Quant à nous, Québécois, nous avons bel et bien investi et je dis bien
investi pendant plus de quatre siècles pour défricher ce territoire rude, le
mettre en valeur, le développer, en faire notre foyer national, créer des
institutions et organismes d'État et par ce moyen, construire notre État à
nous, l'État naturel du Québec.
Ce n'est pas la France qui a accompli tous ces travaux: C'est NOUS et rien
que NOUS. De plus, nous avons investi dans le développement au Canada de
l'État centralisateur et unitaire d'Ottawa, qui se retourne contre nous pour
nous affaiblir et nous fossiliser.
UN STATUT EST COMPLÈTEMENT DANS L'INVESTISSEMENT.
Exemple: j'entreprends des études. C'est un investissement. À la fin des
études, je suis reconnu, bachelier, maître, licencié, docteur. C'est une
reconnaissance d'investissement réussi. L'essentiel, c'est d'être reconnu,
non pas aimé mais reconnu, ce qui n'est pas la même chose.
De même pour les grands statuts territoriaux de peuple, nation et État.
Le peuple est une société cohérente par son habitat, sa langue, ses actes et
sa culture. La nation est une société territoriale, qui possède de fait (de
facto) par fait accompli, son territoire, duquel elle tire la subsistance,
l'identité et la raison de vivre. Il s'agit d'un investissement de plusieurs
siècles.
De même l'État, société architectonique, apte et capable d'agir avec
envergure. Il faut entre quatre et douze siècles pour former un État.
Nous, Québécois, avons satisfait ces exigences. Alors cessons de nous
culpabiliser, de faire les andouilles et défendons-nous. Il suffit qu'un
quidam ou un voyou se présente à la tv pour que nous prenions peur. Non mais
ça va faire.

»» la fiscalité au Québec
Missionnaire chez les Bougon
J. -Jacques Samson
Le Soleil vendredi 16 janvier 2004
Éditorial - Forcé de changer la dynamique de la fiscalité au Québec en raison du vieillissement accéléré de la population, le ministre des Finances, Yves Séguin, préconise la mise en place de "fonds dédiés" dès son budget de mai prochain. La création d'une caisse-santé est évidemment l'exemple le plus percutant utilisé par le ministre Séguin, mais d'autres caisses du même type pourraient bien être lancées dans le budget 2004-2005.
Le ministre des Finances veut aussi revoir toutes les déductions fiscales existantes. Les six déductions qui sont dans les faits des crédits d'impôt n'ont pas été repensées depuis 25 ans et les contribuables ne réalisent plus les choix qu'elles sous-tendaient. M. Séguin analyse aussi divers incitatifs fiscaux. Il avance un dégrèvement pour la rénovation des résidences privées, sur le modèle de l'ancien programme Corvée-Habitation, qui tout en stimulant l'activité économique contrait le travail au noir.
Yves Séguin entamera une ronde de consultations dans tout le Québec le 26 janvier, en prévision de son prochain budget. Il a déjà publié un intéressant document sur le cul-de-sac dans lequel est coincée la fiscalité québécoise. Près de 50 % des contribuables potentiels sont exemptés de payer de l'impôt en raison de leurs bas revenus. Les courbes démographiques montrent toutefois qu'il y a actuellement cinq travailleurs pour un retraité. Ceux-ci forment la seconde catégorie de contribuables en importance numérique. En 2030, la proportion sera de deux travailleurs pour un retraité. Il y a 15 ans, quand Yves Séguin était ministre du Revenu, l'âge moyen des contribuables était de 37 ans ; il est déjà grimpé à 45 ans.
Un changement dans la structure fiscale s'impose donc mais les Québécois ne sont pas réceptifs actuellement à une telle réforme, encore moins si elle est pilotée par des libéraux. Un cynisme inégalé s'est aussi installé à l'endroit des institutions et de la classe politique. De nombreux Québécois sont devenus des Bougon qui ne cherchent qu'à "fourrer le système". Par contre, ils refusent d'envisager une possible baisse des services. Le réseau des garderies par exemple entraîne des dépense de 1,3 milliard $, en croissance de 10 % par année. Elles atteindront 1,7 milliard $ sous peu.
Il y a une grave insuffisance de revenus. Le gouvernement du Québec dénonce le déséquilibre fiscal qui profite à Ottawa mais même une correction sur ce plan ne suffira pas, est forcé de constater le ministre des Finances, qui a lui-même présidé la commission sur le déséquilibre fiscal mise sur pied par Bernard Landry. Il faut en conséquence repenser le pacte fiscal. La création de "fonds dédiés", notamment d'une caisse-santé, avait été suggérée par la moitié des intervenants devant la commission. Les contribuables ont ainsi la garantie que l'effort fiscal particulier qui leur est demandé sera dirigé vers les fins pour lesquelles ils sont prêts à payer. Ce qui n'est pas le cas pour les impôts versés dans le fonds consolidé du Québec, perçu comme un panier percé. La révision des déductions fiscales s'inscrit aussi dans une démarche de transparence et de vulgarisation. Le formulaire du programme Apport n'est complété que par 17 % de ceux qui y auraient droit, explique entre autres le ministre des Finances. Le pacte fiscal doit en somme être du donnant-donnant entre l'État et les citoyens.
Un comité permanent d'observateurs externes des finances publiques est aussi envisagé pour surveiller l'évolution des finances publiques et faire rapport régulièrement à la population, toujours en vue de rétablir la confiance des payeurs de taxes.
Le budget de 2003 en était un d'intendance. 2004 en sera un premier de redressement, mais Yves Séguin veut le teinter d'imagination. Il veut innover. Trop de contribuables se montrent sympathiques aux Bougon et cela l'inquiète beaucoup ; l'idéaliste Yves Séguin veut renverser la tendance. Ce gars-là a toujours eu un côté missionnaire.
JJSamson@lesoleil.com

»» Centrale de Suroît
Centrale de Suroît : autant de gaz à effet de serre que 600 000 autos
Michel Corbeil
Le Soleil vendredi 16 janvier 2004
Le démarrage de la centrale thermique Le Suroît générera autant de gaz à effet de serre que de mettre sur les routes du Québec 600 000 automobiles. Et les cyclistes seront formellement priés "de ne pas s'attarder sur les lieux".
C'est ce que rapportent deux groupes qui s'objectent depuis le début au projet de construire des installations qui produiront 800 mégawatts en brûlant du gaz naturel.
C'est le Syndicat professionnel des scientifiques de l'IREQ, la branche d'Hydro-Québec qui s'occupe de recherche, qui a attiré l'attention du SOLEIL sur une des conditions que pose le gouvernement Charest pour donner son feu vert au projet.
"Hydro-Québec, précise le décret, doit installer, sur le tronçon de la piste cyclable qui longe la centrale, des affiches incitant les usagers à ne pas s'attarder sur les lieux."
Une source au ministère de l'Environnement a précisé au SOLEIL que la mise en garde n'a pas trait à un danger environnemental. "C'est une question de mesures d'urgence. Il y a un risque d'explosion", en cas de bris des conduites de gaz naturel, un risque statistique minime, a-t-on pris soin d'insister.
Pour le président du Syndicat de l'IREQ, Jean-Marc Pelletier, cette clause du décret démontre à sa façon que la centrale est de trop dans le paysage de Beauharnois. "C'est une zone sinistrée. Il y a déjà une industrie lourde qui pollue lourdement les alentours."
Le porte-parole du Syndicat et celui de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), André Bélisle, sont revenus à la charge contre les rejets polluants qui émaneront du Suroît. À partir des données fournies par Hydro, tous deux ont affirmé que les installations produiront autant de gaz provoquant le réchauffement climatique que 600 000 autos.
Tous deux ont mentionné qu'un autre projet de centrale thermique, à Bécancour, cette fois, n'attend qu'un dernier avis du gouvernement avant que sa construction ne débute. MM. Bélisle et Pelletier ont fait valoir que cela ajouterait, en termes de gaz à effet de serre, l'équivalent de 400 000 autos.
Un haut responsable à l'Environnement a indiqué ne pas pouvoir confirmer les projections avancées par le Syndicat et l'AQLPA. Si elles sont exactes, le recours à ces deux centrales provoquerait autant de pollution qu'un million d'automobiles. Selon la Société d'assurance automobile du Québec, il y a 3,5 millions de véhicules de promenade sur les routes de la province.
Mercredi, le premier ministre a laissé entendre qu'il tient toujours au respect du Protocole de Kyoto sur la réduction des gaz provoquant le réchauffement climatique. Jean Charest a suggéré que d'autres secteurs seront mis à contribution pour se plier aux exigences de Kyoto.
"Je ne vois pas comment cela est possible", a répondu Jean-Marc Pelletier. "Je n'y crois pas du tout", a tranché pour sa part André Bélisle.
MCorbeil@lesoleil.com

»» villes
Les 10 grandes villes réclament le statut de gouvernement
PC
Le Soleil vendredi 16 janvier 2004
Le front commun entend arracher des responsabilités aux provinces
Montréal - Actuellement simples créatures des provinces, les 10 plus grandes villes canadiennes veulent être élevées au rang de gouvernement à part entière. C'est d'ailleurs ce qu'elles exigeront, vendredi prochain, à la suite d'une rencontre de deux jours à Toronto, selon l'ébauche du communiqué final obtenue hier par La Presse.
Les 22 et 23 janvier, les représentants des villes-régions du pays, dont Montréal et Québec, convergeront vers la Ville reine sur l'invitation du nouveau maire de Toronto, David Miller.
Dans la foulée de l'investiture du nouveau premier ministre Paul Martin, on souhaite créer un front commun qui permettra aux villes d'arracher aux provinces certaines responsabilités. D'ailleurs, le document intitulé January 23, 2004, Draft Communique annonce une période de relations houleuses entre les provinces et leurs "créatures", lesquelles souhaitent dorénavant voler de leurs propres ailes.
Les maires demandent "l'adoption de lois dans toutes les provinces afin que les municipalités soient reconnues à titre de nouvel ordre de gouvernement", peut-on lire dans ce document daté du 18 décembre et qui doit être revu avant sa diffusion.
En ce sens, on réclame la présence des maires des villes-régions du Canada à chacune des futures conférences des premiers ministres ainsi qu'à la signature de tout programme lié au logement social et à l'immigration, deux responsabilités provinciales.
Les villes souhaitent aussi être partie prenante de l'élaboration de toute nouvelle politique ayant une incidence sur leur territoire.

»» Bouclier antimissile
Ottawa dit presque OUI
André Duchesne
La Presse vendredi 16 janvier 2004
Le nouveau ministre canadien de la Défense, David Pratt, a presque dit OUI hier au projet de bouclier antimissile balistique que propose de déployer le gouvernement des États-Unis et va jusqu'à évoquer une participation financière du Canada.
" Nous devrions continuer d'explorer, dans le cadre de nos lois, des arrangements techniques, politiques et financiers appropriés concernant la défense du Canada et des États-Unis contre d'éventuelles attaques par missile ", écrit-il dans un lettre envoyée à son homologue Donald Rumsfeld.
La décision du Canada est attendue au cours des prochains mois par les États-Unis pressés de voir leur projet se réaliser, au point que cette réponse pourrait survenir avant même la révision de toute la politique canadienne en matière de défense et de relations extérieures.
L'échange de lettres annoncé hier signifie que les deux pays s'engagent dans la négociation d'un protocole d'entente-cadre en vue d'inclure le Canada dans le programme américain. Le Canada souhaite qu'un futur accord soit négocié à l'intérieur du NORAD, traité canado-américain datant de 1958 et portant sur la défense aérospatiale du continent.
Reconnu comme un faucon au sein du nouveau cabinet de Paul Martin, David Pratt tient dans sa lettre des propos qui plairont sûrement aux États-Unis. " Compte tenu de la menace croissante que pose la prolifération des missiles balistiques et des armes de destruction massive, il conviendrait que nous explorions la possibilité d'étendre ce partenariat à la coopération en matière de défense antimissile ", écrit-il dans sa lettre au secrétaire de la Défense.
" Il parle de menace croissante! C'est fort et ça va faire rire beaucoup de monde, mais franchement, c'est à la fois triste et choquant ", déplore en entrevue la porte-parole du Bloc québécois en matière de Défense, Francine Lalonde.
Cette dernière voyait une différence entre le communiqué annonçant l'échange de lettres entre les deux pays et le contenu de la lettre de M. Pratt. C'est cette lettre qui soulève ses inquiétudes. " Son contenu dit clairement l'intention du Canada de faire partie du traité. "
Évoqué depuis de nombreuses années déjà ( on l'appelait Star Wars sous l'administration Reagan dans les années 80 ), ce projet de déploiement d'un bouclier antimissile balistique nord-américain a repris de la vigueur avec les attaques terroristes du 11 septembre 2001. En 2002, estimant que leur sécurité était menacée et qu'une telle défense était devenue nécessaire, les États-Unis ont mis fin au traité antimissile signé avec l'ancien empire soviétique et qui les empêchait de déployer un tel parapluie.
Leurs craintes viennent des activités nucléaires de nations jugées ennemies telles la Corée du Nord ou l'Iran.
D'aucuns croient que les États-Unis exagèrent et s'opposent à toute forme de parapluie antimissile dans le ciel nord-américain. Au Canada, le ministre Pratt aura fort à faire pour vendre une telle participation. L'opposition vient non seulement de partis de l'opposition et de différentes organisations civiles, pacifistes ou environnementales, mais aussi de l'aile gauche du Parti libéral du Canada. Plusieurs réclament d'ailleurs la tenue d'un vote libre aux Communes sur cette question.
Cette ouverture canadienne s'ajoute à d'autres gestes du premier ministre Paul Martin depuis sa prestation de serment, afin de montrer sa volonté d'améliorer les relations entre le Canada et les États-Unis, mises à mal sous l'ère Chrétien.
MM. Martin et Bush, qui se sont entretenus durant 75 minutes plus tôt cette semaine dans le cadre du sommet spécial de Monterrey, dans le nord du Mexique, n'avaient pas abordé la question du bouclier. En revanche, M. Martin avait déclaré dans le passé son intérêt pour ce projet, estimant qu'il s'agissait pour le Canada de bien connaître le plan des États-Unis et d'avoir son mot à dire.
D'ailleurs, dans le communiqué publié hier et signé par le ministre Pratt et son homologue des Affaires étrangères, Bill Graham, il est clairement indiqué que l'échange de lettres donnera accès au Canada à toute l'information stratégique ( top secret ) lui permettant de prendre une décision finale.
Cette décision sera évidemment prise à la fin des pourparlers entre les deux pays et lorsque le Parlement aura été consulté, a enfin précisé le ministre Graham.

»» Bouclier antimissile
Ottawa ouvre la porte à une contribution financière au bouclier antimissile
SYLVAIN LAROCQUE
PC vendredi 16 janvier 2004
OTTAWA (PC) - Le gouvernement Martin n'a jamais été aussi proche d'annoncer sa participation au controversé projet de bouclier antimissile américain.
Dans une lettre envoyée jeudi à son homologue des Etats-Unis, Donald Rumsfeld, le ministre de la Défense, David Pratt, évoque même une contribution financière du Canada au projet.
"Nous avons l'intention de négocier, au cours des prochains mois, un protocole d'entente-cadre avec les Etats-Unis en vue d'inclure le Canada à titre de participant à l'actuel programme américain de défense antimissile", écrit M. Pratt dans sa missive de deux pages à M. Rumsfeld.
De plus, le ministre ouvre carrément la porte à une contribution financière du Canada au projet, ce qu'Ottawa n'a jamais fait jusqu'ici.
"Nous devrions continuer d'explorer, dans le cadre de nos lois, des arrangements techniques, politiques et financiers appropriés concernant la défense du Canada et des Etats-Unis contre d'éventuelles attaques par missiles", avance M. Pratt, en précisant qu'il faudrait examiner "la façon dont le Canada pourrait contribuer à cet effort".
Le porte-parole du ministre, Shane Diaczuk, a confirmé qu'un investissement d'Ottawa dans le projet était "possible".
Dans sa lettre de réponse à David Pratt, le secrétaire américain à la Défense se montre évidemment satisfait de la position d'Ottawa. "Je souscris à l'approche de coopération en matière de défense antimissile que vous décrivez dans votre lettre et conviens qu'elle devrait être le point de départ de nos travaux", indique-t-il.
Un pas de plus
Le contenu de cet échange de lettres est révélateur de la détermination d'Ottawa de prendre rapidement une décision dans ce dossier - vraisemblablement favorable au projet américain. La semaine dernière, pourtant, David Pratt assurait que la correspondance avait surtout pour but d'obtenir davantage d'informations sur le sujet de la part des Etats-Unis.
"Nous ne nous aventurons pas sur une route d'où il n'y a aucun retour possible", avait-il alors déclaré aux journalistes.
Or, dans sa lettre à Donald Rumsfeld, le ministre Pratt ne fait aucunement mention d'une possibilité qu'Ottawa ne participe pas au projet de bouclier antimissile.
Le gouvernement fédéral s'est engagé à prendre une décision d'ici au mois d'octobre, soit après les prochaines élections fédérales, attendues à la mi-mai. Ottawa avait annoncé le début des discussions avec Washington sur le sujet en mai dernier.
Aux yeux de la députée Francine Lalonde, du Bloc québécois, la lettre de David Pratt signifie qu'Ottawa a, à toutes fins pratiques, déjà décidé de prendre part au projet.
"Ce serait surprenant que le gouvernement décide finalement de ne pas y aller", estime-t-elle, en rappelant que le Parlement canadien ne s'est toujours pas prononcé sur la question. Le Bloc réclame d'ailleurs la tenue d'un vote libre à la Chambre des Communes.
La signature d'un protocole d'accord-cadre avec les Etats-Unis sur ce projet "devrait permettre de fixer un cadre mutuellement profitable afin d'assurer la participation la plus étroite possible du Canada, tant sur les plans gouvernemental qu'industriel, au programme américain de défense antimissile", a précisé M. Pratt dans sa correspondance.
NORAD
Le ministre prend bien la peine de rappeler à son homologue américain le souhait du Canada que le projet de bouclier soit géré par le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), dirigé conjointement par Washington et Ottawa. "Nous croyons que nos deux pays devraient rapidement s'employer à modifier l'accord NORAD afin de tenir compte de la contribution de ce commandement à la mission de défense antimissile", souligne-t-il à M. Rumsfeld.
Mais dans sa réponse, ce dernier se garde bien de s'engager clairement à cet égard. Il rappelle simplement que le Canada et les Etats-Unis "sont des partenaires en matière de défense" du continent depuis plus de 50 ans. "Compte tenu de la menace que représente la prolifération des missiles balistiques, je conviens que nous devrions chercher à accroître notre coopération dans le domaine de la défense antimissile", écrit le secrétaire américain.
M. Rumsfeld omet aussi de promettre que le projet de bouclier n'entraînera pas, à terme, l'envoi de missiles dans l'espace, ce qui contreviendrait à la position officielle d'Ottawa.
Les députés du Bloc québécois et néodémocrates, de même que plusieurs libéraux, s'opposent au projet de bouclier antimissile américain, qui prévoit l'installation de lance-missiles sur terre et sur mer afin d'abattre des missiles en provenance de pays dits "voyous".
Ottawa réplique que Washington lancera son projet avec ou sans son appui. Il vaut donc mieux prendre part à sa mise en place et à sa supervision que de demeurer en retrait, avance-t-on.
Les opposants au projet soutiennent qu'il est démesurément coûteux, que son efficacité est loin d'être prouvée à ce jour et qu'il pourrait relancer une course aux armements.

»» politique internationale
Les libéraux du Québec et le monde
Isabelle Beaulieu
Politologue et présidente de Génération Québec
Le Devoir vendredi 16 janvier 2004
Libre opinion: Le premier ministre du Québec, Jean Charest, vient de confirmer son départ pour une mission en Europe, du 19 au 27 janvier, où il participera au Forum économique mondial à Davos, en Suisse, puis visitera Londres et l'Allemagne. Une telle tournée pour un premier ministre québécois n'a rien d'exceptionnel. Il s'agira cependant du premier grand déplacement à l'étranger de M. Charest alors que les orientations en matière de politique internationale de son gouvernement n'ont fait l'objet d'aucune annonce particulière. Pourtant, en 2004, les rapports multiples et diversifiés du Québec avec le reste du monde imprègnent le quotidien de tous ses citoyens. Après neuf mois de gouvernement libéral et à l'heure de la reprise des grandes missions diplomatiques, il est impératif que le premier ministre propose maintenant ses orientations et ses choix en matière de politique internationale pour le Québec.
Le programme de la mission annoncée n'impressionne pas. [...] Le premier ministre du Québec n'a aucun accès aux principaux dirigeants politiques des pays visités. La réalité provinciale ramène aujourd'hui le Québec au niveau régional. Nous sommes loin de l'époque où le premier ministre Robert Bourassa pouvait rencontrer régulièrement le chancelier allemand Helmut Kohl. [...]
Jusqu'à maintenant, M. Charest avait privilégié les contacts directs avec ses interlocuteurs internationaux. Sa brève rencontre, en mai, avec le secrétaire d'État américain Colin Powell ou encore le dîner l'été dernier chez lui, en Estrie, avec le président français Jacques Chirac en témoignent. Mais ces rencontres ne nous ont aucunement renseignés sur la politique, les choix et les priorités du nouveau gouvernement pour le Québec dans le monde. Seule exception à ce tableau, le nouveau gouvernement a poursuivi les efforts entrepris par le gouvernement du Parti québécois en faveur de l'adoption d'une convention internationale sur la diversité culturelle par l'UNESCO.
Le silence sur les orientations du gouvernement libéral en ce qui a trait à l'action du Québec dans le monde étonne et la question se pose: quels sont les objectifs de la prochaine tournée de M. Charest? En prenant connaissance des rencontres et activités prévues à son programme, on constate que le premier ministre privilégie, sans surprise, de faire la promotion du Québec afin d'attirer des investisseurs.
Cependant, il en fait sa priorité alors que le gouvernement libéral s'est lancé dans une réforme en profondeur de ses deux principaux outils de promotion à l'étranger, la Société générale de financement (SGF) et Investissement Québec, et ce, au moment même où on remet en cause des ententes entre la SGF et de grands investisseurs comme Alcoa. N'y a-t-il pas là un problème de cohérence? [...] Bien qu'il soit légitime pour tout nouveau gouvernement de revoir les mandats et structures de ses sociétés d'État, il faut constater qu'à la SGF autant qu'à Investissement Québec, les changements, démissions et controverses qui les ont affectées au cours des derniers mois ont nui à leur travail et à leurs actions sur les marchés internationaux. Il faudra donc scruter de près ce que récoltera le premier ministre lors de ses rencontres en matière de nouveaux projets d'investissements pour le Québec.
Paradoxalement, c'est peut-être lors de son passage à Davos qu'on en saura davantage sur les orientations internationales du premier ministre. Il sera invité à s'exprimer sur les relations transatlantiques. Quels sont les orientations et les choix que propose le Québec pour à la fois maintenir ses relations étroites avec les Américains tout en poursuivant le développement de ses relations avec ses partenaires européens?
À un moment où les relations sont très tendues dans les enceintes multilatérales, notamment à l'OMC, quels sont les choix du gouvernement du Québec en matière de commerce international? Soutiendra-t-il la volonté qui semble se dessiner à Washington et à Ottawa de négocier des accords commerciaux bilatéraux et d'abandonner le multilatéralisme? Exprimera-t-il ses orientations en ce qui concerne la poursuite ou non de la construction d'une véritable zone de libre-échange dans les Amériques?
Enfin, la présence simultanée de Paul Martin et de Jean Charest lors de ce sommet à Davos sera aussi l'occasion d'observer quelle place le Canada accordera au Québec lors des rencontres internationales. La dernière participation conjointe Canada-Québec sur la scène internationale, lors de la Conférence générale de l'UNESCO, avait laissé sans voix la ministre québécoise de la Culture. Dans ce contexte, et avec un programme de mission fort peu ambitieux, on peut se poser des questions sur le potentiel de rayonnement du Québec lors de cette première mission des libéraux de M. Charest.

»» scrutin proportionnel
Malgré l'absence de volonté politique des
libéraux, l'objectif demeure
Pour un scrutin proportionnel dès les prochaines élections
Paul Cliche, responsable du dossier de la réforme des institutions démocratique au sein de la Commission politique de l'UFP
UFP vendredi 16 janvier 2004
À l'aube de 2004, pouvons-nous raisonnablement espérer qu'un scrutin proportionnel sera instauré d'ici les prochaines élections québécoises ? Cette question soulève un scepticisme quasi généralisé; bien justifié d'ailleurs si l'on se remémore les épisodes de la saga à laquelle a donné lieu la réforme du mode de scrutin depuis plus de trois décennies. On n'a qu'à se rappeler, par exemple, que le Parti québécois, après 18 ans d'exercice du pouvoir, n'avait pas honoré l'engagement qu'il avait inscrit à son programme en 1969.
Plusieurs pensent qu'il serait bien naïf de croire qu'un gouvernement aussi peu soucieux de la démocratie que celui de Jean Charest respecte l'engagement du Parti libéral de procéder à une réforme du mode de scrutin "dans les deux premières années de son mandat". Cet espoir est mince en effet, mais il tient au fait que les libéraux ont eux aussi été victimes du mode de scrutin actuel, le majoritaire uninominal à un tour. La dernière fois ce fut en 1998 alors qu'ils auraient dû prendre le pouvoir parce qu'ils s'étaient classés avant les péquistes dans les suffrages populaires. Mais, tout comme en 1944 et 1966, ils ont été relégués dans l'opposition parce que la concentration de leurs appuis dans les circonscriptions à forte composante anglophone et allophone les handicape lourdement. Ils savent aussi que le même phénomène risque de se reproduire lors des prochaines élections.
Quoiqu'il en soit, face à un gouvernement néolibéral qui agit en matamore lorsqu'il s'agit de démanteler l'État québécois, mais qui a fait preuve jusqu'ici d'une absence de volonté politique flagrante pour réduire le déficit démocratique, l'action citoyenne s'est organisée. Au Mouvement pour une démocratie nouvelle ainsi qu'au Collectif féminisme et démocratie, qui sont en campagne depuis quelques années, se joindra bientôt le Comité national de la citoyenneté et de la démocratie. Ce dernier, composé en grande partie de participants aux États généraux sur la réforme des institutions démocratiques qui ont eu lieu en février 2003, tiendra un forum à Drummondville les 28 et 29 février prochain suite à la décision gouvernementale d'ignorer le rapport qui a découlé de ces assises. C'est la réponse citoyenne à l'inertie du pouvoir politique.
Sur la scène politique, tous les partis d'opposition devraient faire campagne présentement puisque tous se sont déclarés en faveur de l'instauration d'un scrutin proportionnel lors de la dernière campagne électorale. Mais seule l'Union des forces progressistes a prouvé qu'elle y croyait vraiment en lançant une campagne de mobilisation sur le thème "Pour qu'enfin chaque vote compte: une vraie proportionnelle dès les prochaines élections". Depuis novembre, l'UFP a tenu une douzaine d'assemblées publiques dans huit régions différentes. La tournée se terminera dans la région métropolitaine et se clôturera, en mars, par un rassemblement à Montréal. L'UFP fait aussi signer une pétition et a publié une brochure faisant le point sur le dossier.
Une réforme adoptée en 2004, mais qui ne s'appliquerait pas avant 2011 !
Où en est rendu le dossier ?
On se souvient qu'au début de la session, en juin dernier, le gouvernement s'est engagé à ce qu'un projet de loi introduisant des éléments de proportionnalité soit présenté à l'Assemblée nationale au printemps 2004. Le ministre délégué à la réforme des institutions démocratiques, Jacques Dupuis, a précisé qu'une consultation publique, sous forme de commission parlementaire itinérante, aurait lieu au cours des mois suivants. Et il s'est engagé à faire son possible pour que le projet de loi soit adopté d'ici décembre 2004.
Mais le ministre a par la suite annoncé que le nouveau système ne serait vraisemblablement pas instauré à temps pour les prochaines élections puisque son implantation ne serait pas terminée. Son entrée en vigueur serait plutôt reportée à des élections prévues au plus tôt pour 2011. Cela signifierait que la réforme serait alors renvoyée aux calendes grecques et que la saga se poursuivrait indéfiniment. La volte-face du ministre Dupuis n'est pas surprenante lorsqu'on considère qu'à titre de leader du gouvernement à l'Assemblée nationale il a été, le 16 décembre dernier, l'auteur de la motion de clôture imposant le bâillon pour forcer l'adoption hâtive de huit projets de loi inacceptables. Après cet accroc sans précédent à la démocratie parlementaire, comment M. Dupuis peut-il encore prétendre détenir la moindre parcelle de légitimité pour réformer nos institutions ?
De plus, afin que le débat sur la réforme du mode de scrutin retienne le moins possible l'attention de l'opinion publique, le ministre Dupuis a refusé de tenir des consultations publiques préalables à la présentation du projet de loi même si la demande lui a été formulée par plusieurs partis et organismes dont l'UFP et le Mouvement pour une démocratie nouvelle. Il s'en est tenu à quelques rencontres privées. Il a aussi rejeté une demande formulée par l'UFP pour qu'il devance le dépôt du projet de loi au Parlement à l'automne 2003; ce qui aurait permis à coup sûr que l'implantation du nouveau système puisse s'effectuer à temps pour les prochaines élections.
Quant au calendrier d'implantation, le ministre s'est fait contredire par un des spécialistes les plus crédibles en cette matière, l'ex-directeur général des élections du Québec, Pierre F. Côté qui a été en poste pendant 19 ans et a présidé une commission d'étude sur la réforme du mode de scrutin au début de la décennie quatre-vingt. Ce dernier a démontré a que cette implantation pourrait se faire entre 18 à 24 mois; ce qui permettrait de rencontrer l'échéance des prochaines élections. C'est d'ailleurs le temps que ça a pris pour des réformes semblables en Nouvelle-Zélande et en Écosse. " C'est avant tout une question de volonté politique", a déclaré M. Côté. Le ministre n'a même pas daigné inviter ce dernier à venir lui faire part de son expertise à un de ses adjoints le soin de lui signifier son désaccord.
Jusqu'à quel point le système mixte compensatoire envisagé corrigera-t-il les distorsions dues au scrutin majoritaire ?
Dès septembre dernier, le ministre Dupuis a fait savoir que le gouvernement avait fait son lit quant à la formule qu'il privilégie: un système mixte où une majorité de députés continueraient à être élus au scrutin majoritaire dans des circonscriptions locales comme jusqu'ici et une minorité au scrutin proportionnel pour compenser plus ou moins complètement les distorsions de représentation causées systématiquement par le majoritaire. Il n'en a cependant pas précisé les contours davantage.
Le ministre n'a pas précisé notamment la proportion de sièges qui seraient comblés par chacun des deux modes de scrutin (60%-40%, 65%-35%, 70%-30%). Un de ses conseillers, le politicologue Louis Massicotte, préconise pour sa part un ratio 60%-40%, voisin des modèles néo-zélandais et écossais. "Un tel ratio garantirait l'élimination presque complète des distorsions", soutient ce dernier. Dans l'hypothèse où le nombre de sièges parlementaires seraient maintenus à 125, cela signifierait que 75 députés continueraient à être élus au scrutin majoritaire dans des circonscriptions locales, comme aux élections fédérales, tandis que 50 le seraient au scrutin de listes (proportionnel).
Mais trois éléments peuvent nuire sérieusement à l'atteinte d'une proportionnalité acceptable:
Un seul vote au lieu de deux: Avec un système mixte de type compensatoire les électeurs votent généralement deux fois: d'abord pour élire leur député local au scrutin majoritaire et une deuxième fois pour élire les députés à la proportionnelle sur la base de listes. C'est ce second vote, à partir duquel on applique le principe de compensation, qui sert à déterminer la répartition globale des sièges entre les partis. Mais, sous prétexte de simplifier l'opération, le ministre envisage la possibilité qu'il n'y ait qu'un seul vote, soit au majoritaire. La compensation s'effectuerait à partir de ce vote unique. Une telle mesure favoriserait indûment les grands partis seuls capables de présenter des candidats dans l'ensemble des circonscriptions et empêcherait les électeurs de moduler leurs préférences. En fait, l'expérience prouve que c'est surtout grâce au second vote, celui de listes, que les petits partis peuvent faire élire des candidats puisqu'il donne lieu à un phénomène appelé "ticket splitting" permettant alors à ces derniers de faire le plein de leurs voix.
Le niveau où s'effectuera la compensation: Ce peut être au niveau national ou au niveau régional. Il faut se rappeler que plus il y a de sièges, plus forte est la proportionnalité. D'une part, on ne peut partager les 50 sièges proportionnels entre les 17 régions que compte le Québec. D'autre part, pour atteindre un niveau de proportionnalité acceptable il faudrait en réduire le nombre à 7; ce qui serait difficilement réalisable. "Les petits partis feraient les frais de la régionalisation de la compensation", a prévenu le professeur Massicotte. La compensation devrait donc s'effectuer au niveau national. Dans ce cas, la loi devrait toutefois obliger chacun des partis à inscrire sur sa liste un certain nombre de candidats en provenance des régions .
Le seuil minimal: Il s'agit du seuil de suffrages à partir duquel les partis peuvent participer à l'attribution des sièges proportionnels. Il a pour but de prévenir la multiplication des petits partis. La plupart des pays utilisant la proportionnelle en imposent un et il se situe généralement entre 2% (Danemark) et 5% (Allemagne). À noter que le nombre peu élevé de sièges proportionnels au Québec (50) rendrait cette mesure en grande partie superflue. Le gouvernement envisage toutefois d'imposer un seuil de 5%; ce qui aux élections du 14 avril dernier aurait équivalu à quelque 200 000 votes. L'UFP, qui a présenté des candidats dans 73 des 125 circonscriptions, en a récolté 44 400, soit un peu plus de 1%.

»» Le français des Québécois
Notre différence est devenue un atout
Claude Poirier
Groupe de recherche Trésor de la langue française au Québec, Université Laval
Le Devoir vendredi 16 janvier 2004
IDÉES - C'est à un retour en arrière de plus de 40 ans que nous convie Lionel Meney dans sa longue intervention publiée dans Le Devoir du 7 janvier 2004: les Québécois, nous dit-il, doivent impérativement renouer avec la conception ancienne selon laquelle la seule façon de bien parler le français est d'imiter les Parisiens. Sinon, ils s'enfermeraient dans un ghetto.
Ce qui frappe d'abord dans ce texte, ce sont les contradictions qu'on y retrouve, l'auteur réussissant à faire un virage à 180 degrés entre certaines de ses affirmations de départ et les développements ultérieurs. Ainsi, il écrit: «[...] on peut avancer sans risque d'erreur qu'il n'y a jamais eu, dans l'histoire, autant de Québécois qui maîtrisent aussi bien le français. C'est l'héritage de la Révolution tranquille, le produit de la création d'un réseau complet d'enseignement public [...]. C'est aussi la conséquence de la multiplication des échanges entre francophones d'ici et d'ailleurs.» Quelques paragraphes plus loin, il change d'avis: «Depuis plus de 40 ans, nous cultivons notre différence. [...] Faut-il s'employer à creuser le fossé linguistique qui nous sépare des autres francophones ou bien essayer de le réduire? Faut-il dresser de nouvelles barrières entre les Québécois et le reste de la francophonie?»
La supposée ghettoïsation
M. Meney exploite à fond l'argument du danger d'une ghettoïsation des Québécois s'ils osaient adapter à leurs besoins la norme du français. Cette idée est à mettre en relation avec la thèse qui était à la base de son Dictionnaire québécois-français: la langue des Québécois est incompréhensible pour les autres francophones du monde, de sorte qu'il faut la traduire.
La peur de ne pas être compris ailleurs inquiète peut-être encore certains Québécois. Elle continue en tout cas d'être exploitée par des auteurs de manuels correctifs. Cette évocation constitue un argument pour vendre des produits dont la réputation s'appuie trop souvent sur une publicité et un réseau d'influence efficaces plutôt que sur le contenu. Sur ce point, la rhétorique de M. Meney peut contribuer à entretenir un complexe dont se sont débarrassés la plupart de nos concitoyens.
Nous estimons que le sentiment d'aliénation linguistique qu'engendre la peur du ghetto est bien plus nocif pour l'avenir du français chez nous que les imperfections qui peuvent caractériser nos façons de parler. Le meilleur rempart contre l'anglais, c'est notre attachement à notre langue maternelle, celle que nous dominons le mieux. Cette langue, il est tout à fait possible de l'améliorer sans la discréditer comme le fait M. Meney.
Il existe des particularités de langage dans tous les pays de la francophonie. Pour notre part, nous avons mis trois secondes à comprendre, dans une épicerie belge, que «vidanges» était le mot usuel pour désigner les bouteilles consignées; en compagnie de Suisses, nous avons bien vu que «patte» s'employait en parlant d'un chiffon (torchon, dirions-nous).
Si le problème de l'incompréhension était si grand, comment pourrions-nous expliquer que nos artistes soient si bien reçus en Europe? Que le film La Grande Séduction ait gagné un premier prix en Belgique en septembre dernier? Que nos comédiens aient réussi à exporter dans les pays francophones d'Europe les joutes oratoires de la Ligue nationale d'improvisation, où la variété des accents est un des ingrédients les plus savoureux? M. Lemaire, président de la compagnie Cascades, traîne-t-il son interprète avec lui quand il s'adresse à ses employés français?
Une originalité qui attire
Notre originalité langagière fascine les Européens. En apprenant à nous connaître, les francophones d'ailleurs n'ont pas mis beaucoup de temps à décoder notre langue. «Courriel», «covoiturage» et «motoneige» ont même pénétré dans l'usage en France. Jusqu'au mot «niaiseux» qu'on trouve dans le journal Le Monde. Il suffit de voyager un peu pour se rendre compte de l'anachronisme des mises en garde de M. Meney. Les Français viennent nous visiter en plus grand nombre que jamais. Si les différences langagières peuvent les amuser à l'occasion (et c'est réciproque), ils n'ont aucune difficulté à suivre les explications de nos jeunes qui leur servent de guides touristiques.
Un mot en terminant à propos du monde de l'éducation. M. Meney sait-il que quatre fois plus de Français viennent étudier au Québec actuellement qu'il n'y a de Québécois inscrits dans les universités françaises? Les étudiants français choisissent notamment de se former chez nous dans des programmes de français (eh oui!).
Et l'intérêt pour notre culture et notre langue ne se limite pas à la France et aux autres pays francophones: il se manifeste un peu partout, en Europe, en Asie, en Afrique... Depuis 1998, près de 40 professeurs et étudiants d'une douzaine de pays différents sont venus travailler dans notre centre de recherche, à l'Université Laval, pour étoffer des cours sur le français du Québec ou pour préparer des mémoires et des thèses qui ont été soutenus à l'étranger.
Dans une lettre circulaire de l'Association internationale des études québécoises, diffusée récemment sur son site Internet, on pouvait lire ceci: «Des centaines d'universitaires dans une soixantaine de pays s'intéressent aujourd'hui au Québec dans le cadre de recherches et de programmes d'enseignement en sciences humaines. Le développement récent des études québécoises à l'étranger constitue l'un des aspects marquants de l'évolution universitaire du Québec, à la fois parce qu'il permet des liens nouveaux entre les chercheurs québécois et étrangers, mais aussi parce qu'il entraîne de nouvelles considérations sur la culture et la société québécoises.»
Pourquoi donc M. Meney voudrait-il faire renaître chez les Québécois la peur d'être différents? Notre différence est devenu un atout économique, social et... linguistique.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
D’une pierre deux coups...
Christian Gagnon
Montréal
TRIBUNE LIBRE 16 janvier 2004
Selon le Trésor américain, la dette bancaire des États-Unis envers les gouvernements étrangers, les banques centrales, les banques privées et les investisseurs étrangers atteignait 6,36 billions $ (1 billion = mille milliards) au trimestre se terminant le 30 juin dernier. La malnutrition, la pauvreté, l’illettrisme et des situations sanitaires désastreuses sévissent dans de larges parties du Monde. Cela n’empêche d’aucune façon un George Bush en pré-campagne électorale de proposer à ses concitoyens de dépenser 86 milliards $, américains bien sûr, à l’envoi d’un être humain sur Mars. Lorsque la fusée sera prête, puis-je suggérer à nos voisins du Sud d’y faire prendre place leur président?

TRIBUNE LIBRE
Charest perd des plumes
Patrice Boileau
TRIBUNE LIBRE 16 janvier 2004
N'allez surtout pas croire que le ressentiment général des Québécois est le fruit de la très mauvaise gestion libérale de la crise à Kanesatake. Le ministre responsable des affaires autochtones, Benoît Pelletier, fait quand même pitié à voir, sacrifié comme pantin de service afin de camoufler le cafouillage de ses collègues. La bourde du premier ministre Jean Charest et du ministre de la Sécurité civile Jacques Chagnon, de désavouer publiquement le chef Mohawk James Gabriel, n'a donc pas aidé à calmer les Québécois et à ramener un peu de crédibilité au sein du gouvernement libéral.
Déjà, l'improvisation du ministre des Finances Yves Séguin en décembre dernier, autour du porte-feuille de l'État, a semé l'inquiétude. Et que dire des explications du ministre des Ressources naturelles, de la faune et des Parcs, Sam Hamad, pour justifier le polluant projet du Suroît! De toute évidence; l'équipe libérale est visiblement très faible. Ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour la société québécoise puisque l'efficacité de notre ultime outil, l'État québécois, est menacée
Lorsqu'il y a danger d'un recul sérieux de nos acquis collectifs, les Québécois serrent toujours les rangs, comme ce fut le cas en 1990 et en 1995. Cette fois, ce n'est plus drôle: 70% des Québécois donnent un mandat clair à Jean Charest de trouver une autre façon d'équilibrer les finances publiques, que celle qu'il est à installer par le bâillon. 2004 semble vouloir prouver que, véritablement, le développement du Québec apparaît comme faisable seulement s'il se défait de l'obstacle fédéral.
La mobilisation citoyenne qui s'organise doit faire pression sur les élus progressistes de l'Assemblée nationale afin qu'ils s'unissent publiquement et le plus rapidement possible, pour préparer une élection référendaire gagnante à 50% plus une voix. Ils pourront par la suite se batailler le pouvoir qui enfin en sera véritablement un! D'autres partis politiques progressistes québécois sont invités à s'associer et à participer à la coalition souverainiste, où il sera question de réforme du mode de scrutin. Le Québec est un pays viable, comme l'a prouvé l'obtention du déficit zéro en 1999, malgré l'obstacle fédéral. Reste que la récente période de prospérité n'a rempli que les coffres d'Ottawa, pas les nôtres: ce que tous les élus québécois ont condamné. Le Québec est privé d'une source de revenu que Jean Charest préfère trouver par la sous-traitance et la privatisation de plusieurs services publics. Les Québécois n'en veulent pas, comme en fait foi le taux d'insatisfaction du dernier sondage de la maison Som.
Ainsi, le Parti québécois, principal fiduciaire de la solution souverainiste, doit inviter des partenaires dès 2004 à construire la coalition qui, en 2007, sera en mesure d'offrir ce que plusieurs réclament actuellement.
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
Déjeuner - causerie avec Bernard Landry
COMMUNIQUÉS 16 janvier 2004
André Boisclair, député de Gouin et Leader de l'Opposition officielle, vous invite à un...
Déjeuner - causerie avec Bernard Landry
Le 1er février à 12 h
Sous-sol de l'Église Saint-Jean-Berchmans
(5940, rue Chabot)
Billets 5$
Pré-vente uniquement