
»» Québec dans le monde
Le commis voyageur
Michel David
Le Devoir mardi 20 janvier 2004
Comme dans bien d'autres domaines, le gouvernement Charest avait trébuché à ses premiers pas sur la scène internationale.
Lors de la conférence de l'Unesco sur la diversité culturelle, à Paris, en octobre dernier, la ministre de la Culture, Line Beauchamp, avait eu la naïveté de croire que Sheila Copps respecterait une entente intervenue entre Jean Chrétien et Jean Charest, qui lui aurait permis de placer quelques mots.
C'était mal connaître l'ancienne ministre du Patrimoine, qui a démontré au cours des derniers mois que rien ni personne ne pouvait lui dicter une ligne de conduite, son entêtement dût-il la conduire au suicide politique.
La ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, a tenté d'expliquer devant une opposition péquiste indignée que tout cela était une tempête dans une verre d'eau, dans la mesure où les positions canadienne et québécoise sur cette question concordaient parfaitement.
C'est là une bien curieuse attitude de la part d'une personne censée représenter le Québec sur la scène internationale. Peut-on imaginer un seul instant que le Canada renonce à exprimer sa position sur un sujet ou un autre dans une instance internationale, sous prétexte que la France ou l'Allemagne avait défendu la même ?
Pourtant, le rapport Pelletier a réaffirmé sans équivoque l'adhésion du PLQ à la doctrine Gérin-Lajoie, fondée sur le prolongement international de ses compétences constitutionnelles.
On peut penser qu'elle reflète également les vues de M. Charest lui-même, qui avait étroitement associé les provinces au processus qui avait mené à la signature du traité de Rio. «Je retiens cette expérience parce qu'elle est significative pour l'avenir du fédéralisme», a-t-il écrivait dans son autobiographie.
Les relations internationales n'en constituent pas moins un champ de mines pour un gouvernement fédéraliste. Quoi qu'il fasse, on lui reprochera de s'écraser devant Ottawa ou, inversement, de faire le jeu des souverainistes.
Inévitablement, l'application de la doctrine Gérin-Lajoie suppose des frictions avec le gouvernement fédéral, qui ne l'a jamais acceptée réellement. Dès avril 1965, le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Paul Martin père, y avait réagi en déclarant que le Canada n'avait «qu'une personnalité internationale dans le concert des États souverains». C'est exactement ce que Sheila Copps avait voulu signifier à Paris.
Depuis le 14 avril dernier, on a multiplié les comparaisons entre Robert Bourassa, qui serait le digne héritier de la Révolution tranquille, et ce fils indigne qu'est Jean Charest, accusé de vouloir ruiner quarante ans d'efforts pour édifier un État québécois moderne et de brader une autonomie durement acquise.
Ceux qui portent aujourd'hui M. Bourassa aux nues oublient tout le mal qu'ils ont dit jadis du «Tricheur». Remarquez, après sa mort, les fédéralistes ont découvert avec la même admiration les grandes qualités de René Lévesque.
S'il y a un domaine où M. Charest peut le plus légitimement prétendre suivre la même politique que son prédécesseur, c'est probablement les relations internationales. Si le choix du messager a quelque signification, John Ciaccia n'était certainement pas plus flamboyant que Monique Gagnon-Tremblay, qui peut au moins faire valoir son titre de vice-première ministre.
On a surtout retenu des voyages de Robert Bourassa sa déclaration de Bonn concernant la création d'une «superstructure» à l'européenne ou encore sa fameuse «question de Bruxelles», destinées à brouiller les pistes dans le débat constitutionnel, mais il se montrait toujours très respectueux de la souveraineté canadienne.
Afin d'éviter tout imbroglio, il a pratiquement abandonné la pratique des visites annuelles entre premiers ministres français et québécois, poussant même le ménagement des susceptibilités fédérales jusqu'à refuser la légion d'honneur, de peur de mettre l'accord du lac Meech en péril. Après cela, on comprendra que Lucien Bouchard, devenu ambassadeur du Canada à Paris, n'ait eu aucune difficulté à marginaliser la Délégation générale du Québec.
***
M. Bourassa était beaucoup plus friand des petits voyages intimistes, à caractère essentiellement économique, où les risques de se retrouver malgré lui au milieu d'une guerre de drapeaux étaient virtuellement nuls. C'est lui qui, en 1987, a instauré la pratique du pèlerinage annuel au Forum économique de Davos, où il se transformait en une sorte de super commis voyageur chargé de vendre les mérites du Québec aux investisseurs.
Devenu à son tour un habitué de Davos, dont Lucien Bouchard n'était pas très friand, Bernard Landry y avait transporté le débat constitutionnel. En 1999, Jean Chrétien et lui avaient débattu par médias interposés des mérites d'une monnaie commune à l'ensemble de l'Amérique du Nord. L'année suivante, M. Landry s'en était pris au «fédéralisme mesquin» pratiqué par Ottawa. Heureusement, cette fâcheuse habitude a fini par lui passer.
Ce genre d'altercation ne risque évidemment pas de se produire entre Jean Charest et Paul Martin, qui se croiseront aussi à Davos, cette semaine. M. Charest se rend précisément en Europe pour expliquer que le Québec a désormais un gouvernement résolument fédéraliste et nettement moins interventionniste.
Les résultats du référendum de 1995 avaient placé le gouvernement péquiste dans une situation passablement inconfortable sur le plan international. Le rapprochement spectaculaire entre Jean Chrétien et Jacques Chirac a permis de mesurer le faible niveau de crédibilité dont le projet souverainiste jouit présentement auprès de ceux dont on attend le plus solide appui. Qu'on l'apprécie ou non, l'approche bourassienne de M. Charest est plus conforme au rapport de forces du Québec au sein de la fédération.
En matière de «réingénierie», on peut contester l'interprétation qu'il fait du mandat qu'il a reçu le 14 avril, mais en ce qui concerne les relations internationales, il n'avait rien promis de plus.
mdavid@ledevoir.com

»» SGF
En dépit des promesses, Québec subventionnera des projets "ciblés"
Denis Lessard
La Presse mardi 20 janvier 2004
Londres - La réduction des interventions de la SGF et d'Investissement Québec ne sera pas un frein aux investissements étrangers, estime le premier ministre Jean Charest, confiant que les faibles coûts de l'énergie, la qualité de la main-d'oeuvre et l'accès à l'immense marché nord-américain continueront de jouer puissamment en faveur du Québec.
Mais pour l'heure, M. Charest, qui s'était engagé à ce que Québec n'utilise plus les fonds publics pour financer les compagnies rentables, a approuvé une subvention de 30 millions d'Investissement Québec à Rio Tinto, la deuxième compagnie minière au monde, pour l'agrandissement de l'usine QIT-Fer et Titane à Sorel-Tracy.
Sur l'investissement total de 489 millions prévus par la compagnie pendant les quatre prochaines années, les 30 millions de Québec représentent une contribution d'un peu plus de 7 %, un ratio identique à celui appliqué par la société d'État depuis des années. Aucun nouvel emploi ne sera créé: on vient " consolider " les 1600 existants.
Le premier ministre a annoncé hier une tournée de 10 jours qui doit l'amener à Londres, Davos, Munich et Berlin. Avec un ordre du jour plutôt serré, au luxueux hôtel du coeur de Londres où loge la délégation québécoise, M. Charest a multiplié les rencontres hier avec des dirigeants d'entreprises multinationales, ayant des investissements au Québec, Rolls Royce, la pharmaceutique Astra Zeneca et la Royal Dutch-Shell Group.
Seul l'entretien avec Rio Tinto a été suivi d'une annonce tangible. Un investissement subventionné qui force M. Charest à préciser l'engagement électoral du PLQ de ne plus subventionner à tout vent.
Pour lui ce projet méritait un appui particulier: " Il faut faire des choix, être le plus ciblé possible ", a-t-il dit.
Audet contredit
La valse-hésitation du gouvernement quant aux interventions de l'État pour financer des projets privés est aussi devenue évidente hier, quand M. Charest a carrément contredit son ministre du Développement économique, Michel Audet.
Ce dernier soutenait, la fin de semaine dernière, que le gouvernement avait décidé de ne pas injecter davantage d'argent dans la Société générale de financement, en dépit des recommandations du rapport de l'ancien président de Lévesque Beaubien, Pierre Brunet, sur les orientations de la SGF et d'Investissement Québec. Le rapport publié avant les Fêtes proposait que la SGF se limite à appuyer des projets de plus de 20 millions, qu'elle se retire des petites capitalisation et du capital de risque. Le rapport Brunet préconisait aussi une injection non récurrente de 200 millions pour permettre au bras financier du gouvernement québécois de modifier graduellement son orientation.
Pour M. Charest, le gouvernement n'a pas arrêté sa décision, en dépit de ce qu'a pu dire M. Audet. " On examine tous les scénarios. Ils n'ont pas été arrêtés, on examine. M. Audet a exprimé une réticence à remettre de l'argent alors qu'on a perdu 700 millions dans la SGF, ce qui est tout à fait normal ", a dit M. Charest.
Présent aussi à Londres, le président par intérim de la SGF, Henri Roy, s'était montré surpris des déclarations de M. Audet. Les discussions ne sont pas terminées, selon lui, et il est toujours possible que le gouvernement injecte des fonds supplémentaires dans la société d'État. Au cours des dernières années, sous le PQ, la SGF investissait 700 millions par année dans des projets, une somme qui sera au moins réduit de moitié à l'avenir, croit-il.
Pas question de couper les ailes aux sociétés d'État. Leurs interventions seront " mieux ciblées ", " elles vont continuer à jouer un rôle important, mais il faut pondérer, il faut que ce soit le bon rôle. Le rapport Brunet recommande par exemple que la SGF se concentre sur les investissements majeurs, qu'on fasse la distinction entre le rôle de levier pour des investissements majeurs et les autres responsabilités de l'état ", a-t-il relevé. Ces sociétés d'État " seront là, elles n'auront pas toujours le même rôle. Être présent, cela ne veut pas dire faire les choses comme on les faisait autrefois, nous on va être plus ciblés dans nos actions ", dira-t-il, confiant que le changement de mandat de la SGF et d'Investissement Québec ne nuiront pas aux investissements.
Mais, insiste-t-il, l'appui des sociétés d'État n'est qu'un élément dans le portrait du Québec pour les investisseurs étrangers. Ils considèrent aussi les bas tarifs d'électricité, de l'énergie fiable et propre, les coûts d'exploitation réduits, la main-d'oeuvre qualifiée... C'est un portrait drôlement intéressant pour celui qui cherche à investir en Amérique du Nord ", a-t-il dit.
M. Charest a multiplié hier les entrevues aux médias économiques. D'abord à l'agence de nouvelles financières Bloomberg, puis à l'hebdomadaire The Economist.
Aujourd'hui il rencontre le Financial Times. " C'est l'occasion pour nous de rappeler à quel point le Québec offre des occasions de faire de très bonnes affaires. On offre un accès au marché américain, incluant le Mexique. Les coûts d'exploitation sont bas, il y a une nouvelle économie qui est en effervescence ", a indiqué le premier ministre. Pour réduire les attentes, son entourage a toutefois fait valoir que ce genre d'entretien ne se transformait pas automatiquement en longs articles sur le passage du premier ministre.

»» SGF
Jean Charest en mission économique à Londres :
Québec reverra le rôle d'investisseurs des sociétés d'État
Le Devoir mardi 20 janvier 2004
M. Charest a cependant nuancé les propos du ministre Audet au sujet de la SGF
PC Londres - Le rôle des sociétés d'État chargées de soutenir financièrement le secteur privé sera revu et corrigé, a rappelé hier le premier ministre Jean Charest, en mission de prospection économique à Londres. M. Charest a cependant été plus nuancé dans le cas de la Société générale de financement du Québec (SGF) et a dit espérer que les changements à venir ne décourageraient pas les industriels étrangers de lorgner du côté du Québec pour implanter leurs projets d'investissement.
Chose certaine, le mandat des sociétés d'État, dont la SGF, et leur mode d'intervention seront revus, de manière à mieux «cibler» l'intervention de l'État. Les sociétés d'État continueront d'appuyer le secteur privé, «mais être présentes, ça ne veut pas nécessairement dire faire les choses comme on les faisait autrefois, et nous on va être plus ciblés dans nos actions», a-t-il dit, lors d'un point de presse. «Il faut éviter de s'éparpiller», a-t-il ajouté.
La SGF
Pour ce qui est de la SGF, le premier ministre Charest s'est montré plus nuancé que son ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, qui a affirmé lors d'une entrevue au Devoir publiée samedi dernier qu'il n'était pas question que le gouvernement investisse les 200 millions nécessaires pour combler à court terme ses besoins financiers. Il faut se montrer «très prudent dans ce dans quoi on va investir à nouveau», a dit hier M. Charest, ne fermant pas la porte à une contribution éventuelle de l'État dans la SGF.
La position tranchée du ministre Audet contredisait une des recommandations du rapport d'un groupe de travail sur le rôle de l'État québécois dans le capital de risque, rendu public en décembre. Le groupe présidé par Pierre Brunet suggérait que la SGF recentre ses activités dans les grands projets de 100 millions et plus, sauf dans certains secteurs où son expertise est éprouvée.
La SGF doit s'autofinancer d'ici quelques années, mais, pour y arriver, la société d'État a besoin d'un apport non récurrent de 200 millions du gouvernement.
Le comité d'experts proposait également de ramener de 19 à deux le nombre de sociétés d'État chargées de donner un coup de pouce aux entreprises, de même que faire passer de 70 à moins de 50 % la proportion d'argent public des sommes totales investies dans le capital de risque. Les seules rescapées de l'opération seraient la SGF, pour l'aide aux grandes entreprises, et Investissement Québec, pour le soutien apporté aux petites et moyennes entreprises (PME).
Une commission parlementaire fera le point sur cette question en février et les décisions gouvernementales dans ce dossier devraient suivre au printemps.
Médias courtisés
Mais c'est essentiellement par l'entremise des grands médias financiers internationaux que Jean Charest entend amener un plus grand nombre d'industriels étrangers à opter pour le Québec, quand vient le moment de choisir un lieu où implanter leur entreprise.
M. Charest a d'ailleurs entrepris hier à Londres un marathon d'entrevues avec les directions de plusieurs médias prestigieux, dans le cadre d'une mission économique qui le conduira également à Davos, en Suisse, puis à Munich et Berlin, en Allemagne.
«Une des missions du gouvernement est d'essayer d'être aussi opportuniste que possible pour rappeler constamment en mémoire qu'il y a en Amérique du Nord une place pour investir qui se compare à nul autre endroit, et cela exige un effort constant. Alors rencontrer les médias qui sont dans ce domaine-là sur le plan international, c'est parler à l'auditoire le plus nombreux et rejoindre le plus grand nombre possible», a-t-il dit lors d'un point de presse, après avoir accordé sa première entrevue du voyage à la chaîne d'information financière Bloomberg, qui sera diffusée en anglais pour le marché britannique et en français pour celui de l'Hexagone.
M. Charest s'est aussi entretenu hier avec la rédaction de la publication britannique The Economist, dont les quelque 750 000 exemplaires sont vendus dans près de 200 pays dans le monde. Aujourd'hui, ce sera au tour de l'éditeur du Financial Times, puis jeudi de la rédactrice en chef de la section économique du quotidien Wall Street Journal et du rédacteur en chef de la section politique et économique du quotidien français La Tribune. Samedi, il rencontre la direction du Harvard Business Review. Puis, la semaine prochaine, en Allemagne, il doit rencontrer la rédaction du quotidien berlinois Der Tagespiegel.
Il est cependant trop tôt pour dire comment se traduira concrètement l'intérêt des médias pour M. Charest ou prédire quel sera l'impact de ce blitz.
Un message
Ces entrevues s'ajoutent à toute une série de rencontres politiques et d'autres avec des industriels. Mais qu'il s'agisse de rencontres avec les représentants des médias ou avec des investisseurs, M. Charest entend essentiellement passer le même message, qui peut se résumer ainsi: «Il y a des opportunités de faire de très bonnes affaires au Québec», a-t-il dit.
Les bas tarifs d'électricité, une économie centrée de plus en plus sur la haute technologie et de moins en moins sur l'exploitation des ressources naturelles, de même qu'une position géographique avantageuse qui en fait la porte d'entrée du marché américain, sont quelques-uns des atouts mis de l'avant par le premier ministre pour tenter de convaincre ses interlocuteurs de choisir le Québec.

»» SGF
Manque à gagner de 200 millions $ à la SGF
François Pouliot
Le Soleil mardi 20 janvier 2004
Charest nuance, Roy se fait discret
Les 200 millions $ nécessaires à la SGF seront-ils comblés par Québec ou par une liquidation substantielle de ses participations publiques ?
La question est demeurée nébuleuse, hier, alors qu'à Londres, le premier ministre Jean Charest a semblé vouloir contredire son ministre du Développement économique et régional, Michel Audet.
En entrevue au Devoir, le ministre Audet a cette fin de semaine indiqué qu'il n'était pas question pour le gouvernement québécois de remettre de l'argent dans la SGF. "Elle a suffisamment de capital, le gouvernement n'a plus l'intention d'en rajouter", aurait indiqué le ministre au quotidien.
La Presse canadienne rapportait toutefois qu'interrogé hier sur le sujet, M. Charest s'est fait plus nuancé. "Il faut se montrer très prudent dans ce dans quoi on va investir à nouveau", a dit M. Charest, laissant entendre que la porte n'était pas totalement fermée à une éventuelle contribution de l'État.
Confirmation
Sans fournir de montant exact, la SGF a confirmé en journée qu'il devrait lui manquer environ 200 millions $ pour remplir tous ses engagements en 2004. "C'est un chiffre qui avait été évoqué dans le rapport Brunet. Nous sommes à faire des réévaluations, ce devrait être au tour de cela. Mais nous pourrons avoir une meilleure idée d'ici quelques semaines", a indiqué au SOLEIL le président de la SGF, Henri Roy.
M. Roy s'est fait discret sur la façon dont le manque à gagner sera comblé, mais il a affirmé que tous les engagements seront respectés.
Les 200 millions $ nécessaires représentent près de 40 % des placements publics de la SGF. Ce portefeuille s'élève à plus de 500 millions $.
Les positions qui pourraient potentiellement être liquidées touchent notamment Domtar, Saputo, Rona, Theratechnologies, Tembec et Laboratoires AEterna. Aucune n'a connu de plus-value significative en 2003, à l'exception de Rona qui a vu son cours doubler.
Saputo et Rona
À la mi-décembre, La Presse, citant un document interne, soutenait que la SGF prévoyait vendre en 2004 la totalité de ses participations dans Saputo et Rona, de même que la moitié de sa participation dans Domtar. Au cours de fermeture d'hier, pareille vente rapporterait près de 380 millions $.
M. Roy n'a pas voulu s'avancer sur des scénarios de liquidation. "Je ne dirai rien de spécifique sur nos placements. On va suivre un processus qui permettra de maximaliser la valeur. Nous étudions aussi d'autres avenues, comme des refinancements d'entreprise", a-t-il fait valoir.
FPouliot@lesoleil.com

»» PLQ et Ottawa
Martin et Charest ne veulent plus de chicanes...
Michel Vastel
Le Soleil mardi 20 janvier 2004
Les oraisons funèbres sur le gouvernement de Jean Charest sont grossièrement exagérées. Mais il est vrai que ce gouvernement agace et inquiète, en particulier à Ottawa. La dernière chose dont Paul Martin ait besoin au Québec, c'est d'un gouvernement libéral à la dérive...
À tous ceux qui enterrent déjà le gouvernement du Parti libéral du Québec, il faudrait rappeler qu'il n'a pas encore terminé son neuvième mois d'existence et qu'il lui reste de trois à quatre ans devant lui. Qui aurait parié sur la réélection du gouvernement de Robert Bourassa neuf mois après son installation à Québec, c'est-à-dire juste après la Crise d'octobre ? Qui aurait parié sur sa réélection en 1972, après l'emprisonnement des chefs syndicaux ? Pourtant, le 29 octobre 1973, Bourassa réussit un exploit électoral jamais encore égalé.
Cela dit, un agacement certain règne dans la capitale fédérale. Encore une fois, ce n'est pas sans rappeler les débuts du gouvernement Bourassa qui laissait l'entourage de Pierre Elliott Trudeau perplexe. On pouvait comprendre que le courant passe mal entre Jean Chrétien et Jean Charest, les deux adversaires de la campagne fédérale de 1997. Le style de Stéphane Dion n'arrangeait rien. On s'attendait toutefois, avec l'arrivée de Paul Martin au pouvoir, à un changement de ton dans les relations entre Ottawa et Québec.
Mais depuis deux mois, avec un premier ministre fédéral soi-disant plus ouvert aux provinces et au Québec en particulier, et un ministre des Affaires intergouvernementales - Pierre Pettigrew - issu du sérail des libéraux du Québec, avez-vous remarqué la moindre amélioration ?
La crise de Kanesatake n'a été que le dernier d'une série d'irritants. Il faut toujours se souvenir que les affaires autochtones sont la chasse gardée d'Ottawa et que les chefs amérindiens considèrent eux-mêmes le gouvernement fédéral comme leur fiduciaire. Surtout au Québec ! On a donc noté, la semaine dernière, que Québec a d'abord tenu le grand chef James Gabriel responsable de ses malheurs, et que Gabriel lui-même s'est senti "trahi" par le gouvernement du Québec et sa police provinciale. Mais jamais le grand chef n'a-t-il critiqué Ottawa. Encore moins sa GRC. Et le gouvernement fédéral, à commencer par Paul Martin, s'est tout de suite porté à sa défense. Cela doit bien vouloir dire quelque chose...
Pour tout vous dire, on hochait la tête avec incrédulité, mercredi dernier à Ottawa, après avoir entendu un ministre de la Sécurité publique évoquer la possibilité d'un "bain de sang" - rien de moins ! - et l'avoir vu court-circuiter, en direct à la télévision, les élus légitimes du territoire de Kanesatake. "Du travail d'amateur !" disait-on dans la capitale fédérale avec un petit sourire en coin. Si c'est à cela que doit mener la célèbre Paix des Braves, autant laisser Ottawa s'occuper des questions autochtones...
On rigole d'autant plus, de l'autre côté de la rivière des Outaouais, que c'est le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, qui devait réparer les pots cassés. Car, celui-là, on l'a à l'oeil !
Quand la pauvre ministre du Développement social, Liza Frulla, s'est retrouvée aux côtés de son collègue, Joe Volpe, pour annoncer le nouveau programme fédéral de compassion, elle faisait de la figuration - et de l'interprétation simultanée pour un ministre peu à l'aise en français. Et elle n'a pas aimé se faire clouer au pilori par son collègue de Québec !
Il faut avouer que Benoît Pelletier en a mis plus que le client fédéral en demandait : "On ne peut pas diriger une fédération comme ça (...) Il n'y a pas eu de consultation." Pardon ? Joe Volpe avait justement téléphoné au ministre de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard. À Ottawa, on a été d'autant plus surpris par le ton des critiques de Benoît Pelletier que l'autre ministre des Affaires intergouvernementales , Pierre Pettigrew, était un peu loin de ses affaires à ce moment-là. C'est qu'on lui a aussi confié la Santé et les Langues officielles, deux domaines qu'il ne connaissait pas beaucoup. "Il apprend les détails de ses nouvelles fonctions et il y a beaucoup de détails", dit-on pour l'excuser. Mais Pettigrew achève sa tournée des capitales provinciales - y compris Québec où il était la semaine dernière - et on le dit prêt à se montrer davantage sur la scène fédérale-provinciale. Tant mieux !
Cette sortie de Benoît Pelletier était, pour le moins, "quelques décibels trop élevés", admet-on à Québec. Mais elle s'explique. "Si ça continue comme ça, a précisé Pelletier, grâce au déséquilibre fiscal qui lui profite, le gouvernement du Canada va faire tout ce qu'il veut et imposer toutes les conditions qu'il souhaite dans les champs de compétence que la Constitution attribue aux provinces..."
Bien sûr qu'Ottawa va continuer d'utiliser son pouvoir de dépenser dans le domaine social ! Le Pacte sur l'Union sociale lui en donne même l'autorité ! Et à Ottawa, on ne voit pas les négociations avec le gouvernement du Québec de la même façon. Sur l'affaire des congés parentaux par exemple - objet de quelques discussions entre Pierre Pettigrew et Benoît Pelletier la semaine dernière - Ottawa se dit plein de bonnes intentions. Mais le gouvernement du Québec n'a pas d'argent et n'en aura pas davantage dans trois mois, si on en croit les propos alarmistes du ministre des Finances, Yves Séguin.
C'était apparemment le même problème pour le programme de compassion : le gouvernement fédéral avait décidé - au temps de Jean Chrétien incidemment - d'aller de l'avant. Mais le ministre Béchard n'obtenait pas le feu vert de ses collègues des Finances et du Conseil du Trésor. Pas d'argent, pas d'engagement du Québec. Mais ce n'est pas une raison pour reprocher à Ottawa de vouloir aller de l'avant tout seul.
Si de tels accrochages se multiplient sur des dossiers aussi mineurs que les congés parentaux ou le programme de compassion, qu'est-ce que ce sera lorsque les ministres des Finances, dans quelques semaines, aborderont la négociation des accords fiscaux et de la formule de péréquation ? Cette situation inquiète assez les deux premiers ministres et leurs entourages pour que le message ait été passé aux ministres du Québec : "il faut baisser le ton et projeter l'image de relations harmonieuses entre les deux gouvernements." Au moins jusqu'à l'élection du gouvernement de Paul Martin...
Ce rappel à l'ordre n'était certes pas inutile !
MVastel@lesoleil.com

»» cynisme politique
Quand le film est triste...
Michel Lebel, Entrelacs
La Presse mardi 20 janvier 2004
Depuis le départ de Jean Chrétien, Paul Martin n'impressionne guère. Comme son prédécesseur, il s'exprime dans un français approximatif. En plus, il est d'un ennui mortel à écouter, puisqu'il n'a rien d'intéressant à dire. Au moins, avec le petit gars de Shawinigan il y avait, à l'occasion, de l'électricité, de l'imprévu, voire de l'insolite. Je commence à m'ennuyer du drapeau " sur le hood du char " et de l'Auberge Grand-Mère. Gilles Duceppe et Stephen machin ne pourront jamais remplacer ti-Jean.
Au provincial, c'est la grande torpeur depuis que Bernard Landry paraît bien en selle pour quelques années et qu'il n'a plus de rôle à jouer, si ce n'est de voir les libéraux se tirer quotidiennement dans le pied. Il n'a même plus à faire d'effets de toge. Quant au petit Mario de Cacouna, il semble avoir disparu dans le bleu du ciel. Heureusement qu'il nous reste Henri je suis en crisse Massé de la FTQ, la petite madame Carbonneau et l'ineffable cardinal Turcotte, pour vivifier les nouvelles à la télé par ces froides nuits d'hiver.
Mais au fond je ne suis pas inquiet, le gouvernement Charest veille très bien au grain, en multipliant sans retenue les bourdes. Le film n'est déjà plus triste... 2004 sera une année chaude et à voir aller ces pauvres ministres libéraux, je suis sûr que la population va assister à de grands moments de vaudeville. Je ne regretterai finalement pas la fermeture du Théâtre des Variétés!

»» Les grandes villes
L'émancipation des grandes villes: encore un slogan
Michel Magnant
La Presse mardi 20 janvier 2004
Les grandes villes sont devenues le moteur de l'économie nationale
Vendredi, à Toronto, les dix plus grandes villes du Québec et du Canada vont se réunir pour demander de nouvelles responsabilités aux gouvernements provinciaux et fédéral. L'idée est d'autant plus pertinente que les grandes villes sont devenues le moteur de l'économie nationale, concentrant sur leur territoire l'essentiel du holding compétitif technologique qui a remplacé l'ancienne économie basée sur les ressources naturelles.
Nouveau champ d'action Mais, malheureusement, ce n'est peut-être pas ce que les grandes villes ont en tête.
Étant désormais à l'avant-garde des échanges internationaux, de la création d'entreprises et de l'innovation dans tous les domaines, il serait normal que les grandes villes s'intéressent de plus en plus à la politique économique afin d'aider leurs entreprises à affronter la mondialisation. Néanmoins, il s'agit pour elles d'un nouveau champ d'action. Le principal obstacle à la création de villes-régions compétitives au Québec et au Canada est la persistance du paradigme municipaliste traditionnel qui les limite à assurer les services municipaux de base. Or le nouveau développement économique dont les métropoles assument la plus grande partie, demande plus que des services ou des projets ponctuels définis dans des sommets et colloques. Cette réflexion, qui justifierait vraiment la dévolution de certains pouvoirs, reste encore à faire dans la plupart des villes.
Problèmes chroniques De fait, ce que les grandes villes entendent par nouvelles responsabilités, n'est rien de bien nouveau. L'impôt foncier saturé et la reconstruction coûteuse des infrastructures sont des problèmes devenus chroniques ces dernières années. Mais aussi importants fussent-ils, ils ne modifient pas les fonctions traditionnelles des villes et par conséquent ne justifient pas vraiment de leur attribuer des responsabilités nouvelles de niveau gouvernemental. Pour le moment le concept de ville-région est encore un slogan plutôt qu'un agenda.
Michel Magnant
L'auteur est politologue et directeur exécutif de Montréal Stratégique un groupe d'analyse et de réflexion faisant la promotion de nouvelles solutions et politiques pour relever les nouveaux défis du développement.

»» Crise de Kanesatake
Nationalisme mafieux et lâcheté
Marc Bonhomme
Gatineau
Le Devoir mardi 20 janvier 2004
Il n'est pas surprenant qu'à une politique de misère réponde une forte opposition nationaliste
Le bricolage pour régler la crise de 1990 aura accouché... d'une autre crise. Tant bien que mal, en regroupant les terres achetées pour remplir plus ou moins les trous du damier terres privées autochtones et terres privées «blanches», on a fait de Kanesatake une quasi-réserve avec son Conseil de bande sous tutelle fédérale et encadré d'ententes Ottawa-Québec.
Coincé, le Conseil de bande sait qu'il sera appuyé en termes de financement minimum pour les services de base et en termes d'autonomie restreinte et conditionnelle que s'il respecte la politique des gouvernements blancs. Ainsi, ce Conseil, par rapport à la communauté qui l'a élu selon les règles imposées du colonisateur, devient-il un conseil de «pommes» : rouge au dehors et blanc au dedans ! Il doit collaborer avec la Gendarmerie royale du Canada et la Sûreté du Québec, que ce soit avec zèle ou réticence, pour faire respecter la loi blanche.
Cependant, il n'est nullement question de lui donner les moyens légaux (c'est-à-dire l'autodétermination sur un territoire suffisamment grand) et financiers (c'est-à-dire compenser les immenses torts historiques de la conquête et de l'occupation) pour au moins mettre à niveau son développement socio-économique avec celui de la société blanche qui l'entoure de toute part.
Rien de surprenant qu'à cette politique de misère, de répression et de servilité réponde une forte opposition nationaliste, d'autant plus que la nation Kanienke'haka (Mohawk) est l'une des héritières de la puissante Confédération des cinq puis six nations (Hodenausaunee) qui pendant longtemps à traité d'égal à égal avec les puissances française, britannique et étasunienne.
Le vent néolibéral
Qui dit opposition nationaliste, cependant, ne dit pas opposition de gauche ni même progressiste, bien que de tels courants existent au sein de la nation Mohawk. Le vent néolibéral qui souffle fort depuis 25 ans a fait en sorte que le courant nationaliste qui s'est imposé est le nationalisme néolibéral, exactement comme au Québec avec le «Québec Inc.» soutenu par le Parti québécois.
Par contre, la nation Kanienke'haka n'a ni la taille démographique (moins de 10 000 habitants), ni territoriale (trois réserves exsangues et souvent polluées), ni économique (pas de base industrielle ou commerciale ou de services) que le Québec a. Et surtout, elle est handicapée par une histoire de forte oppression à laquelle participe le Québec tout comme le Canada.
Dans ces conditions, sauf rare exception, aucune institution financière ou transnationale ne va lui consentir du financement pour se construire des entreprises nationales capables d'être performante dans la société «blanche».
Cependant, le capitalisme néolibéral comporte un large secteur illégal, si ce n'est mafieux, dont font partie, en tout ou en partie, le trafic de la drogue, des armes, des jeunes femmes pour la prostitution et la contrebande de toute sorte. C'est la brèche dans laquelle s'insère «Mohawk Inc.». Ainsi, se construit un embryon de bourgeoisie Kanienke'haka protégé par ses propres forces armées, légales et illégales, et qui apporte à la communauté un développement économique selon ses intérêts, c'est-à-dire inégal et tronqué, dans le cadre contraignant du colonialisme «blanc».
Pour faire face à la récente crise politique, émanation d'une crise socio-économique permanente, le PLQ a opté pour la realpolitik la plus crue. Pourtant allié stratégique du Conseil de bande, il a plutôt opté pour régler la crise en négociant avec le camp le plus fort et donc à son bénéfice. Tout ce qui l'intéresse, c'est d'empêcher un nouvel Oka, non pas pour sauver des vies, mais pour ne pas devoir régler les problèmes de fond que sont les droits territoriaux et le self-government, avec des moyens financiers à l'avenant. Quant au gouvernement fédéral, trop heureux de pouvoir compte sur un gouvernement servile au Québec, il se réfugie lâchement dans le silence même s'il est constitutionnellement le premier responsable.
La crise de Kanesatake ne se règle pas par l'ingérence et encore moins par le recours à la force. Il faut négocier avec toutes les associations représentatives de la communauté -- sans oublier les femmes terriblement absentes, et sans doute apeurées, lors de ce drame -- sur la base d'une reconnaissance du droit à l'autodétermination de la nation Kanienke'haka et de la réparation des immenses torts historiques.

»» mosquée de DDO
Dollard mosque should be allowed
The Gazette Tuesday, January 20, 2004
Public hearings resume this week into the fate of what must be Montreal's most unusual mosque. The Canadian Islamic Centre Al-Jamieh, in Dollard Des Ormeaux, is situated in what used to be the Adat Reim synagogue in 1998. The Jewish congregation sold the 20,000-square-foot facility to a Shia Muslim organization, which in turn sold it to Al-Jamieh in the fall of 2002. Ordinarily, this history would make such a building a symbol of inter-faith co-operation. Sadly, Dollard's shabby treatment of the mosque has made it a symbol of intolerance of Islamic religious expression.
Dollard wants to force Al-Jamieh out of the building on Anselme Lavigne Blvd., and to that end enacted zoning rules in the fall of 2002 to make a house of worship in that location illegal. However, the zoning bylaw still needs rubber-stamping from the central city of Montreal, which has the power to refuse to issue certificates of conformity to any borough bylaw that doesn't conform to the island city's overall urban plan.
Strictly speaking, the megacity won't have its own urban plan until next January, and until then its urban plan effectively consists of all the individual borough urban plans. Against this backdrop, downtown city hall decided to withhold granting Dollard a certificate of conformity and try to work behind the scenes to negotiate a solution. Public hearings set to resume tomorrow night are part of this diplomatic effort.
Unfortunately, personality conflicts - chiefly involving Dollard borough Mayor Ed Janiszewski and Al-Jamieh leader Ahmad Chaar - haven't helped matters. Janiszewski cynically says Dollard's opposition to the mosque is open to change, but the most likely scenario for that happening, he says, would involve his own death. In other words, over his dead body will al-Jamieh stay open.
Chaar, meanwhile, didn't help matters when he rejected executive committee Robert Libman's offer to act as mediator, saying Libman, as a Jew, is naturally biased against Al-Jamieh. This was an unwise and unhelpful comment, especially since one of the most vocal proponents of al-Jamieh's right to exist is former Ada Reim congregation co-president Peter Nobel.
While there are no angels in the Al-Jamieh dispute, the unquestioned importance Canadians put on freedom of worship makes it incumbent on Dollard borough, as the public body in this case, to act with magnanimity - and, at the very least, to be seen treating Muslims as well as other religious minorities.
Dollard isn't doing that. For while Dollard has a moratorium on new houses of worship, it has made special exceptions for a Sikh temple and two Hindu temples even while it has been going after Al-Jamieh. And while it blames Al-Jamieh for traffic headaches, it has refused to sell it an adjacent piece of land for parking-lot expansion. Worse, it has banned street parking around the mosque between noon and 3 p.m. on Fridays. That's just pure harassment.
The central issue here is clear. Boroughs should not have zoning rules that have the effect of permitting churches and synagogues to operate in residential neighbourhoods, but not houses of worships of other religions.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Au pays des aveuglés du joual, le borgne du 'frança québécois standord' est roi !
François Perrier
francois.perrier@sympatico.ca
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2004
Se réfère à "Notre différence est devenu un atout" avec en exergue "Le français des Québécois" (SIC!), texte d'un certain Claude Poirier, du Groupe de recherche de la langue française au Québec, de l'Université Laval, paru dans le Devoir du 16 janvier. Quand il s'agit en réalité d'un Groupe de recherche de Laval University, sur le clinquant du 'frança' standord' au Québec. M. Poirier ridiculise alors le texte (tous deux repris en TRIBUNE LIBRE) d'un Monsieur Lionel Meney, publié au Devoir le 7 janvier, et intitulé "Parler français comme un vrai Québécois ?" avec un sous-titre des plus révélateur - "Trop souvent, ceux qui maîtrisent le moins la langue imposent leur manière de parler - leur norme - à l'ensemble de notre société." Bien dit M. Meney !
En vérité nos 'zélites' sont maintenant prises au piège de leur propre joual de la médiocrité. À force de 'joualiser' leur peuple, nos zélites sont maintenant victimes de leurs propres carences langagières. Monsieur Poirier (sans doute un de ces infamants linguistes joualisants de Laval U.?), est comme la plupart de nos zélites, traumatisé par sa propre langue maternelle le joual, celle apprise sur les genoux de sa sainte mère, elle-même soumise au joual de nos zélites d'alors. NON, ce n'est pas insulter la mémoire de nos mères que d'affirmer qu'elles aussi, en leur temps, ont été victimes de nos religieux-enseignants (que dire de la petite maîtresse d'école !) -- souffre-douleur d'une Église québécoise archi-conservatrice, pour qui un peuple ignorant et parlant une langue de gueux, était garant de soumission. La foi n'est jamais si vive que chez ceux réduits à l'impuissance verbale et en crise de dépendance envers des zélites.
Les 'mossiés' Poirier du petit monde québécois de l'enseignement sont maintenant hantés par leur propre médiocrité langagière, dominés par la hantise que leur ignorance soit révélée au grand jour. À force de propager le joual auquel ils sont d'ailleurs nés, et ayant mal assimilé les complexités de la langue française universelle, le joual est devenu seconde nature pour eux, et le français un défi insurmontable. De plus en plus ignorants, ils croupissent dans leur magma linguistique, dans LA PEUR que leur bluff soit exposé et remis en cause. (Une peur que Poirier évoque constamment dans son texte). Solution ? Les plus jouaux parmi nos élites SOUHAITENT INSTITUTIONALISER leur patois joual comme (sic) langue nationale ! Au pays des aveugles, le borgne est roi !
J'ai souvenance d'une déclaration infamante, lors d'un colloque au Salon du livre de Montréal en 1997, alors qu'un des participants avait affirmé qu'il était bien connu de nos zélites (du moins dans le milieu enseignant), que depuis la promulgation de la Loi 101, et afin de combattre celle-ci DE L'INTÉRIEUR D'UN PQ DEVENU NÉOLIBÉRAL, une directive (non écrite, bien sûr !) avait été émise par la hiérarchie péquiste afin qu'on relâche la qualité (encore plus !) de la langue parlée et enseignée dans les écoles du Québec !
Le but de cette directive : garder le petit peuple québécois, SURTOUT celui des grands centres urbains BILINGUE du Québec, doublement prisonniers du joual de nos zélites, par rapport à la langue française universelle ET, la langue anglaise globalisante. Question de préserver à la 'politicaille péquissse' une chasse gardée d'électeurs infériorisés, contraints de reporter ce parti au pouvoir en l'absence de toute alternative politique ! Un peuple pourtant si méritoire et pétillant d'intelligence, empêché d'éclore par ses zélites !
Bien sûr M. Poirier, certains de nos artistes surdoués et bourrés de talent, qui ont échappé à la médiocrité de leurs zélites, en parachevant seuls leur culture personnelle, percent et sont acclamés partout dans le monde, EN DÉPIT DE 'NOS ZÉLITES DE MARDE' (celle de Mme Marois). Et malgré vos affirmations, les Québécois qui sont incapables de verbaliser leur différence linguistique en français lors d'un séjour à l'étranger, sont ridiculisés, objets de dérision et qualifiés de Tabarnacos, surnom qu'on affuble aux pauvres Québécois joualisants, partout en Amérique latine. Certains, pour qui les subtilités du français sont devenues du chinois, se réfugient honteux dans la langue anglaise, niant leur origine québécoise de souche française. Et vive l'assimilation !
Étaient présents à ce colloque en 1997, outre Mmes Andrée Ferretti, Lise Bissonnette, Josée Legault, (feu) Bernard Asssiniwi, et l'enseignant Pierre-(cessons de traumatiser nos écoliers avec la grammaire !)-Monette, ainsi qu'un journaliste 'bilingual' du Montreal Gazette, du nom de Benoit Aubin. Depuis, Mme Legault a nié se rappeler d'une telle affirmation. Personne autour de la table ronde (ni dans l'assistance) ne s'était offusqué de cette affirmation, comme si elle allait de soit !!
Mes titres d'appartenance pour condamner ainsi nos zélites ? Je suis un joual-né, pétri au joual de nos zélites, un handicapé de "not' bel' langue nationale", victime de nos zélites francoPHOBES joualisantes. Je pleure ne pas être né à la langue française universelle, je déplore toutes les leçons de français que mes enseignants n'ont jamais su m'impartir, étant eux-mêmes sous l'emprise du joual, et irrémédiablement floués par lui. Dans leurs pires excès de racisme 'les maudits Anglais' n'auraient jamais osé nous imposer le fléau du joual -- que nos 'zélites perverties et tarées nous ont pourtant accolé, afin de nous inféoder à leur médiocrité.
CEPENDANT, Monsieur Meney a tort de brouiller les enjeux linguistiques au Québec en contribuant au tour de passe-passe qui règne, entre 1° "la langue employée spontanément par la majorité d'entre nous" (notre français de très bon aloi, pour peu qu'on s'y adonne), 2° "la norme de la langue officielle, qu'est le français standard UNIVERSEL", ET 3°, l'insidieux "frança québécois standord", ex aequo dans l'échelle des valeurs linguistiques avec le pidgin, et "la saugrenue langue québécoise de standard (sic) international" (douteux), de Gérald Larose"), 'tombeur' des États généraux de la langue française, qu'il a détournés au profit de la langue anglaise. Le tout accouplé au tabarnacos-à-Louis-Cornellier (chroniqueur au Devoir et auteur d'un "Plaidoyer pour l'idéologie Tabarnaco"). OUI, le complexe d'infériorité est réel Mossié Poirier, chez la majorité d'entre nous qui avons été 'fourrés' par nos zélites promouvant leur joual -- entraînant la nation entière dans le malstrom de leur déchéance. Leur propre médiocrité engendre une médiocrité généralisée.
Pas question pour autant de préconiser le "froncé" au Québec. Il n'y a rien de plus poisseux que d'écouter un Chirac-pompeux, un Raffarin-servil, ou, summum de la fatuité, le 'politicailleur' Philippe Séguin, complètement imbu de lui-même -- tous intoxiqués par le son de leur propre voix et "parlant pour ne rien dire" : il n'en demeure pas moins que ces gens-là ont la faculté de composer ou verbaliser un phrase complète, avec un sujet, un verbe et un complément, ce que des milliers de Québécois n'ont jamais appris dans nos écoles. Que dire du million de Québécois (un sur sept !!!) qui sont, à toutes fins pratiques des analphabètes, sans que le péculat élitiste péquissse ne s'en soit jamais formalisé durant toutes ses années au pouvoir, depuis 1975 !!! Quand un Bernard Landry "en colice", menace de "DÉBARQUER" de l'autobus électoral, il fait preuve de nanisme intellectuel, versant dans sa vraie langue maternelle jouale et son naturel vulgaire "en n'ostie d'tabarnac", rejoignant en cela Mme Marois (il était une fois des cabinets d'aisance de $800,000 dans ses seuls bureaux de Montréal), afin de lancer "d'la marde" aux libéraux. Grattez une zélite et son naturel joual revient au galop.
De toutes les 'ACTIONS GAGNANTES D'INDÉPENDANCE' (les ex "conditions gagnantes bouchardes"), donnant une suite logique à une élection référendaire qui sera gagnée par un parti politique voué à l'indépendance politique, économique culturelle sociale et territoriale du Québec, (donc par définition social-démocrate) -- la plus importante est sûrement la toute première action : 1° Instruction nationale - Abolition du Québécois "standard" dans nos écoles, et retour à l'enseignement de la langue française universelle, jumelée à -- et enrichi de -- notre français québécois de bon aloi - le vrai. ACTION menant directement à une déclaration unilatérale d'indépendance DE FACTO du Québec vers 2011-12, après 5 ans de mise en vigueur et d'application de toutes (j'en ai 30+) ces ACTIONS GAGNANTES.
Définition de notre français québécois de bon aloi ? Celui qui fait foi de notre inventivité langagière face aux particularités d'un vivre collectif national historique, dans un climat et une géographie politique particulières, et de notre génie créatif pour cette langue - sans jamais verser dans la facilité. On soumettra alors au ridicule populaire les joualisants professionnels tels Messieurs Poirier et Cornellier, leur coupant un futur auditoire, par l'enseignement d'un français universel dans les écoles du Québec, sans aucune concession au laxisme du patois joual -- procurant à nos jeunes un deuxième niveau d'expression verbal et écrit, pour ensuite leur laisser LE CHOIX d'utiliser le niveau de langage qu'ils voudront bien, selon l'endroit et la circonstance. Le choix, c'est la liberté !
Pourquoi alors ne pas faire un jeu du cauchemar qu'est le joual, en nous francisant tous ensemble, dans un projet d'envergure nationale, prenant les allures d'une 'seconde Baie James', mais multipliée au centuple de par ses répercussions. Il s'agirait, à partir du médium de la télévision, de revaloriser la profession de l'enseignant, élevée dorénavant au niveau de maître et cicérone. Cette profession ayant elle-même été soumise au diktats de nos zélites, elle serait absoute de tout blâme, en autant que les enseignants renoncent au joual, à ses œuvres et ses pompes, en se livrant à une étude serrée de la langue française universelle, sous l'égide -- pourquoi pas -- d'enseignants de français venus de partout dans la francophonie mondiale et de toutes les disciplines professionnelles. Les coûts seraient énormes, mais minimes comparés aux subventions consenties (sans obligation de remboursement) par tous nos gouvernements, aux patronats québécois, canadiAn et internationaux. Bénéficiant à l'ensemble de la population, ces coûts seraient vite amortis. Un "Point de mire"-bis, alors que René Lévesque nous impartissait collectivement des notions de politique mondiale.
Il s'agirait donc de promouvoir au Québec un français gaillard, au verbe franc, porteur de fierté et promoteur d'actions courageuses, menant à l'indépendance. Quant à l'accent, étant 8 millions entre Québécois, Canadiens français, Acadiens et étrangers ayant élu de vivre en français parmi nous, il sera tout à fait normal qu'il y ait 8 millions d'accents différents, chacun gérant le sien au meilleur de son habileté linguistique reconquise.
Présentement au pays des éclopés du patois joual, l'élitiste borgne joualisant est roi ! Créons donc au Québec une situation où c'est le joualisant qui sera ridicule et ridiculisé.

TRIBUNE LIBRE
Tout faire la première année!
Frédéric Lacroix
nacroix@hotmail.com
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2004
M. Charest a donc avoué au cours d'une entrevue accordée a la chaîne
Bloomberg qu'il voulait appliquer tous les changements controversés au cours
de la premiere année de son mandat. Voila un digne disciple de la méthode
Harris! Enfin un héritier avoué de la "Common Sense Revolution" a l'est des
Prairies! Avec seulement un cycle politique de retard (les Ontariens venant
de signifier son congé a M.Harris a la suite d'un trop plein de
ré-ingénierie).
Outre le fait qu'une telle conception de la politique a ceci d'odieux
qu'elle table sur l'inertie et l'oubli des citoyens pour faire passer le
sapin, M. Charest s'imagine-t-il que la population Québécoise lui fournira
un salaire pour trois années de mandat sur quatre passées a se tourner les
pouces?
Prenez garde M. Charest, ayez au moins l'air occupé dans les mois a venir
sinon vos consultants en ré-ingénierie pourraient décider d'éliminer ces
postes de la fonction publique grassement payés ou on passe le trois quarts
de son temps a ne rien faire!
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
COMMUNIQUÉS 16 janvier 2004