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»» subventions aux entreprises

"Nous avons bien fait de sabrer les subventions" aux entreprises", répète le premier ministre

Denis Lessard
La Presse mercredi 28 janvier 2004

Berlin - Le gouvernement avait raison de sabrer les crédits fiscaux et les subventions aux entreprises: les investisseurs étrangers sont bien davantage intéressés par la qualité de la main-d'oeuvre, la fiabilité et les faibles coûts de l'énergie et la fiscalité des entreprises, a estimé le premier ministre Jean Charest hier à Berlin.

Au cours des rencontres avec les investisseurs potentiels en Europe, " tous ces éléments sont fondamentaux . " Les questions de l'aide financière, cela arrive en queue de comète ", a souligné M. Charest durant la conférence de presse-bilan de sa première mission en Europe. Dans le dernier budget, Québec a imposé une coupe sévère dans les abris fiscaux des entreprises. Depuis plusieurs mois, la Société générale de financement et Investissement Québec n'accordent qu'au compte-gouttes de l'aide financière ou du capital de risque aux entreprises.

Le fait qu'il n'ait guère annoncé d'investissements durant sa tournée n'inquiète guère le premier ministre: " L'essentiel du voyage ne visait pas des annonces. On mise sur le travail de terrain pour qu'on puisse continuer à être présents sur le marché européen ", a-t-il expliqué.

Selon M. Charest, " le Québec est sur la bonne voie " pour attirer les investisseurs en misant sur ses avantages. L'aide financière peut être nécessaire pour que la province demeure compétitive, mais quand la subvention devient la raison essentielle d'un investissement, " il faut s'interroger ", souligne-t-il. Le Québec a dépensé l'an dernier quatre fois plus que l'Ontario en aide aux entreprises de toute farine, bien que sa population soit bien inférieure. Le gouvernement péquiste, plus interventionniste, a dilapidé inutilement les fonds publics en subventions qui n'étaient pas nécessaires, selon M. Charest.

De passage à Londres, la semaine dernière, le premier ministre avait pu annoncer un investissement de 489 millions par Rio Tinto aux installations de QIT-Fer et Titane, à Sorel. Puis en fin de parcours à Munich, il a participé à l'annonce d'un investissement de 67 millions à l'usine de Technocell, à Drummondville. Dans les deux cas, les compagnies augmentent la valeur de leurs actifs au Québec, mais il n'y a aucun emploi supplémentaire. Pas davantage d'emplois dans le choix de Montréal par Mécachrome pour installer le siège social de son holding international. Une entente de commercialisation entre Hydro-Québec et Siemens mettra quelques années à donner des retombées.

Par ailleurs, hier, M. Charest a eu un entretien avec le chancelier Gerhard Schröder, l'un des leaders de la nouvelle Europe, une première en 15 ans pour un premier ministre québécois. Le chancelier a évoqué l'importance de Bombardier en Allemagne- la compagnie québécoise y emploie plus de 10 000 personnes. Bombardier est aux prises avec de sérieux problèmes et compte rationaliser ses activités, fermer six des 37 usines qu'elle possède en Europe pour l'assemblage de wagons de trains, de métro ou de tramways. Les usines au Royaume-Uni et en Allemagne surtout sont les moins performantes. Or, Bombardier s'était engagée à ne pas fermer d'usines quand elle a acheté Adtranz en 2001 et Deutschewagenbahn en 1994.



»» subventions aux entreprises

Charest convaincu de ses choix

PC
Le Soleil mercredi 28 janvier 2004

Berlin - Le premier ministre Jean Charest rentre à Montréal, aujourd'hui, armé de la conviction d'avoir fait le bon choix en réduisant les généreux incitatifs fiscaux prévus sous l'administration précédente pour amener les investisseurs à choisir le Québec.

"Mes convictions sur ces questions-là sont très profondes, et mes rencontres m'ont confirmé que nous sommes sur la bonne voie", a-t-il déclaré, hier soir, lors du dernier point de presse de sa mission économique de 11 jours en Europe, à la suite d'un entretien en tête-à-tête avec le chancelier allemand, Gerhard Schreder.

Selon lui, cette réduction n'aura pas d'impact au moment de choisir d'investir au Québec plutôt qu'ailleurs, car "les questions d'aide financière, ça arrive en queue de comète". "Il faut faire attention de ne pas sous-estimer le Québec. Les gens ne viennent pas au Québec à cause d'une subvention. Et si on présentait ça comme argument, ce serait sous-estimer ce que nous sommes", a fait valoir le premier ministre, en disant que, par exemple, les faibles tarifs d'électricité et la proximité du marché américain étaient des arguments de vente beaucoup plus convaincants.

Pas de création d'emplois

Cette conviction ne l'a cependant pas empêché d'assortir chaque investissement annoncé durant cette mission d'une aide financière.

En juin dernier, le budget du ministre Yves Séguin sabrait les divers programmes d'aide et de subventions aux entreprises.

M. Charest a paru enchanté par son séjour en Europe - même s'il ne s'est pas traduit par de la création d'emplois - qui lui aura permis de s'inspirer de l'expérience vécue outre-mer et de se conforter quant à l'orientation à donner à son gouvernement. Il ne faut pas craindre, a-t-il ajouté, de s'inspirer de pays européens qui ont réussi à régler des problèmes similaires aux nôtres.

"Juxtaposons nos forces avec ce qui se passe en Europe, incluant l'Allemagne. Eux, ils sont aux prises avec des questions de réforme, sur la taille du gouvernement, les programmes sociaux, etc., a ajouté M. Charest. Je pense qu'il y a des leçons à tirer de tout ça, surtout dans un contexte de démographie qui ressemble beaucoup au nôtre. Il vaut mieux aujourd'hui s'attarder à ces problèmes-là pour trouver les bonnes réponses, plutôt qu'attendre que la situation devienne intenable."



»» Mission économique en Europe

Charest rentre les mains vides mais fier de lui

PC
Le Devoir mercredi 28 janvier 2004

Berlin - Le premier ministre Jean Charest rentre à Montréal, aujourd'hui, armé de la conviction d'avoir fait le bon choix en réduisant les généreux incitatifs fiscaux prévus sous l'administration précédente pour amener les investisseurs à choisir le Québec.

«Mes convictions sur ces questions-là sont très profondes, et mes rencontres m'ont confirmé que nous sommes sur la bonne voie», a-t-il déclaré, hier soir, lors du dernier point de presse de sa mission économique de 11 jours en Europe, à la suite d'un entretien en tête à tête avec le chancelier allemand, Gerhard Schröder.

Selon lui, cette réduction n'aura pas d'impact au moment de choisir d'investir au Québec plutôt qu'ailleurs, car «les questions d'aide financière, ça arrive en queue de comète».

«Il faut faire attention de ne pas sous-estimer le Québec. Les gens ne viennent pas au Québec à cause d'une subvention. Et si on présentait ça comme argument, ce serait sous-estimer ce que nous sommes», a fait valoir le premier ministre, en disant que, par exemple, les faibles tarifs d'électricité et la proximité du marché américain étaient des arguments de vente beaucoup plus convaincants.

Cette conviction ne l'a cependant pas empêché d'assortir chaque investissement annoncé durant cette mission d'une aide financière.

En juin dernier, le budget du ministre Yves Séguin sabrait les divers programmes d'aide et de subventions aux entreprises.

M. Charest a paru enchanté par son séjour en Europe - même si celui-ci ne s'est pas traduit par de la création d'emplois - qui lui aura permis de s'inspirer de l'expérience vécue outre-mer et de se conforter quant à l'orientation à donner à son gouvernement. Il ne faut pas craindre, a-t-il ajouté, de s'inspirer de certains pays européens qui ont réussi à régler des problèmes similaires aux nôtres.

Berlin fut la dernière étape de la mission économique qui l'aura mené à parcourir trois autres villes: Londres, Davos et Munich.



»» Mission économique en Europe

Le voyage du gérant

J.-Jacques Samson
Le Soleil mercredi 28 janvier 2004

Éditorial - Jean Charest s'est davantage comporté depuis 10 jours en Europe comme un gérant de Wal-Mart en voyage à l'étranger, cellulaire à la main pour superviser par satellite son magasin à rayons, qu'en véritable chef d'État. Et cela n'a rien à voir avec les minces résultats officiels de sa prospection d'investissements à Londres, à Davos, à Munich ou à Berlin. Le Forum de Davos est depuis 34 ans un rendez-vous des décideurs politiques et d'affaires dans le but premier d'échanger sur les grands courants internationaux. Il ne faut donc pas confondre avec les missions d'Équipe-Canada ou d'Équipe-Québec dans l'une ou l'autre des régions du monde, où ces tournées donnent toujours lieu à des rondes de signatures de contrats, d'ententes de services ou de lettres d'intention qui d'ailleurs ne se concrétisent que dans un pourcentage décevant. Robert Bourassa et Bernard Landry sentaient toutefois le besoin de réserver quelques annonces importantes pour ce pèlerinage en Suisse, afin de justifier leurs frais de voyages à ces sommets bien particuliers, qu'ils affectionnaient beaucoup sur les plans intellectuel et mondain. Jean Charest a eu l'indépendance d'esprit de ne pas planifier une mascarade pour se couvrir d'avoir engagé quelques dizaines de milliers de dollars dans le but de représenter le Québec, là où se regroupent une fois l'an ceux qui font et défont le monde.

Ce premier séjour d'affaires prolongé à l'étranger du premier ministre nous révèle par contre une autre facette de son style de gestion. Ce dernier commente et plaide à distance, au jour le jour, sur l'actualité québécoise, qu'il s'agisse de l'évolution du dossier autochtone de Kanesatake, des hausses de tarifs d'Hydro-Québec, du scandale de l'hôpital Sainte-Justine ou des sondages sur la cote de popularité de son gouvernement.

Les distances n'ont bien sûr plus d'importance. La dynamique des campagnes électorales a d'ailleurs beaucoup évolué ces dernières années en raison de l'interaction créée entre les caravanes des chefs par les réseaux d'information continue et la capacité des reporters d'échanger, d'un camp à l'autre. La même évolution des technologies joue évidemment lorsqu'un chef de gouvernement est à l'extérieur, dira-t-on, mais le téléphone n'a pas été inventé hier. Ses prédécesseurs se tenaient aussi informés de tout ce qui se passait au Québec en leur absence. Mais ils ne sentaient pas pour autant la nécessité ou le devoir d'intervenir personnellement dans tous les dossiers sectoriels, par-dessus la tête de la vice-première ministre ou des ministres responsables, restés pour garder le fort.

M. Charest projette de la sorte l'image d'un chef de gouvernement très centralisateur dans les prises de décisions et les communications avec la population. Il affaiblit en plus la crédibilité de ses ministres devant leurs clientèles, même si ses propos des derniers jours allaient dans le même sens qu'eux. Il provoque une perception qu'après seulement neuf mois au pouvoir, il est déjà devenu un pompier qui doit courir dans tous les sens pour éteindre des feux.

M. Charest avait donné prise à cette évaluation populaire avant son départ lorsqu'il s'est présenté aux micros, le 20 janvier, à la suite des ministres Jacques Chagnon et Benoît Pelletier, pour commenter la crise autochtone, sans rien avoir à ajouter aux propos de ses ministres. Un premier ministre doit se réserver pour les arbitrages ultimes et la défense de décisions de son gouvernement, quand toute l'information est connue et après que toutes les parties à un dossier se soient fait entendre. Il ne doit surtout pas se peinturer dans le coin, ou plonger dans une piscine sans connaître la profondeur de l'eau, risque que M. Charest a pris à répétition ces derniers jours. Tout recul ou revirement sera par la suite interprété comme un signe d'une improvisation et d'un amateurisme qui fragiliseront le premier ministre et son gouvernement.

(M. Charest a toutefois montré du caractère à Davos en boudant une réception d'Alcan qui s'était montrée cavalière à son endroit en annonçant la perte de 560 emplois dans un contexte humiliant pour le premier ministre. Cet épisode a révélé aux Québécois un homme fier et un chef de gouvernement qui peut sans hésitation appliquer la loi du talion avec les détenteurs du capital à qui ses adversaires lui reprochent toujours d'être asservi.)

La situation actuelle est difficile pour le gouvernement Charest. Le taux de satisfaction à son endroit est descendu à un plancher historique pour un aussi jeune gouvernement. Dans pareilles circonstances, tout ce qu'il touche semble se retourner contre lui. S'il y a des choses à éviter dans ces conjonctures, ce sont pourtant d'alimenter la crise de confiance par des ballons d'essai (les tarifs modulés d'électricité ?), la surexposition d'un chef mal aimé et de laisser la perception que ces mauvais résultats de sondages ont provoqué un courant de panique dans la recherche débridée de pistes de relance devant l'opinion publique.

JJSamson@lesoleil.com



»» accès à l'école anglaise

La goutte d'eau

Josée Boileau
Le Devoir mercredi 28 janvier 2004

Sur papier, les chiffres ont l'air insignifiants: cette année, 11,4 % de la clientèle scolaire fréquente une école primaire anglophone contre 9,4 % au début des années 90. Jean Dorion, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et auteur d'une étude sur le sujet, y voit néanmoins des menaces pour l'avenir de l'école française. Allons donc! ont rétorqué des commentateurs, heurtés par le discours politique entourant ce constat.

Mais la langue du militant Dorion ne doit en rien minimiser les chiffres du sociologue qu'est aussi Jean Dorion. Or, depuis les deux ans qu'il souligne la perte de vitesse lente mais inexorable de l'école française, nul n'a pu contredire ses données.

À l'adoption de la loi 101 en 1977, 17 % des élèves du Québec étudiaient en anglais, une situation jugée alarmante. Peu à peu, ces effectifs ont été ramenés à 9,4 % en 1991-92. Mais depuis 12 ans, la tendance est repartie à la hausse -- minime mais constante. À ce rythme, le retour à la situation de 1977 sera complet dans 25 ans, alors que le poids démographique des anglophones au Québec, actuellement de moins de 10 %, ne cesse de diminuer.

La première intervention de M. Dorion sur le sujet, en 2002, a amené le gouvernement à colmater la brèche qui permettait d'inscrire un enfant dans une école anglaise privée afin de lui donner accès au réseau public anglophone. Cette correction ne fera que ralentir la baisse de fréquentation du réseau français, elle ne l'arrêtera pas, avait prédit Jean Dorion. Il avait raison.

Certes, des données démographiques sont en jeu : la baisse de la natalité est plus accentuée chez les francophones que les anglophones; les mariages mixtes sont aussi plus nombreux qu'autrefois. Mais l'explication a ses limites car les enfants ici ciblés ne se retrouvent pas tous à l'école anglaise.

Les effets mêmes de la loi 101 sont par contre plus clairs. Ainsi de la clause sur les «séjours temporaires», destinée aux familles qui ne sont que de passage au Québec. Elle prévoyait au départ une période de grâce de trois ans; aujourd'hui, la loi permet de laisser les enfants à l'école anglaise pendant toute leur scolarité. De même, la clause permettant le transfert à l'école anglaise en cas de difficulté d'apprentissage est de plus en plus utilisée.

Ces exceptions sont d'autant plus pernicieuses que, par le jeu de la loi, elles s'étendent aux frères et soeurs puis à leur progéniture, forte du droit acquis par les parents. C'est ainsi que les quelques centaines d'enfants touchés annuellement par ces dispositions finissent par élargir, goutte d'eau après l'autre, les interstices de la loi.

Le regard d'un Jean Dorion relève donc d'une vigilance qui s'impose. La loi 101 a eu des mérites exceptionnels; l'autosatisfaction ne doit pas être du nombre. Au gouvernement de suivre à la trace les effets de la loi, ce qui n'est absolument pas fait, et de la corriger au besoin. Vingt-cinq ans, c'est loin, mais c'est demain dans la vie d'un peuple.



»» villes

Développer les villes

Bernard Descôteaux
Le Devoir mercredi 28 janvier 2004

Les grandes villes canadiennes aimeraient s'émanciper de l'autorité des gouvernements provinciaux. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a fait ces derniers jours un juste rappel à l'ordre à ses collègues du Canada anglais. Au Québec, tous sont d'accord pour défendre la compétence des provinces en matière de développement urbain. Encore faudrait-il ne pas craindre d'assumer activement cette responsabilité.

Le discours autonomiste des maires des grandes villes a crû en intensité ces dernières années, ne sentant pas de la part de leurs gouvernements provinciaux respectifs une volonté de les appuyer. Au Québec comme ailleurs au Canada, on a procédé à des regroupements municipaux pour créer de vastes agglomérations, mais quand est venu le temps de leur donner les moyens de jouer pleinement leur rôle, les nouvelles grandes villes se sont fait dire qu'il n'y avait plus de réponse au numéro demandé.

Devant ce vide, il n'y a pas à se surprendre qu'Ottawa n'ait pas tardé à manifester un vif intérêt pour les questions liées au développement urbain. Ainsi, il y a deux ans, un comité de députés libéraux proposait de recréer un ministère fédéral du Développement urbain. Il y a un an, au moment où il entrait en campagne au leadership, Paul Martin s'engageait pour sa part à donner aux municipalités l'argent qu'elles réclamaient. La résistance manifestée par certains premiers ministres, dont Jean Charest, aura toutefois amené M. Martin à nuancer son propos.

La question du financement des municipalités sera à l'ordre du jour de la rencontre qu'auront vendredi les premiers ministres provinciaux et fédéral. M. Martin confirmera alors son intention de libérer complètement les municipalités du paiement de la TPS, une économie de 450 millions par année pour elles. Il exigera cependant des provinces un engagement à ne pas réduire d'autant le financement qu'elles accordent à leurs villes.

L'attitude d'Ottawa est condamnable. Tout en continuant de nier l'existence d'un déséquilibre fiscal, il se sert de ses surplus budgétaires pour intervenir dans un champ de compétence provinciale. Cela étant dit, les provinces doivent réaliser que leur passivité contribue à cette situation. Elles n'ont pas encore saisi toute l'importance que prend le développement urbain en ce début de XXIe siècle. Alors que l'urbanisation atteint son apogée, c'est toute l'organisation de la société et des services publics qui doit être approchée autrement.

Au Canada, le Québec est l'une des provinces qui a réagi tardivement à cette nouvelle réalité. Néanmoins, une première étape a été franchie avec la création des nouvelles villes et la mise sur pied de commissions métropolitaines pour prendre en charge l'aménagement des territoires métropolitains. Le gouvernement Charest, sous l'influence du ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, commence à saisir l'importance de l'enjeu, comme en témoigne son recul dans le dossier des défusions.

S'il veut que les compétences constitutionnelles du Québec soient respectées, il n'a d'autre choix que d'assumer pleinement son leadership à cet égard, notamment en donnant aux nouvelles grandes villes les moyens de leur développement. Si Ottawa veut contribuer, tant mieux, mais son argent devra passer par Québec à qui il appartient de définir les priorités en matière de développement urbain.

Un deuxième geste à poser consistera à aborder la gestion du dossier des municipalités sous l'angle du développement urbain. Un comité interministériel devrait être constitué pour en coordonner les multiples aspects. En confier la présidence à un ministre des Affaires municipales et du Développement urbain marquerait le changement de philosophie en cours et indiquerait bien au gouvernement fédéral que Québec prend en main ce dossier.

bdescoteaux@ledevoir.ca



»» Le député bloquiste Yves Rocheleau

Partir pour mieux revenir?

PC
Le Devoir mercredi 28 janvier 2004

Le député bloquiste Yves Rocheleau a confirmé hier qu'il ne sera pas candidat pour le Bloc québécois à l'occasion des prochaines élections fédérales.

Mais il a du même coup laissé une porte ouverte quant à un possible retour. La raison : la présence probable du maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, comme représentant pour le Parti libéral du Canada. «On peut difficilement imaginer une candidature plus importante que celle de M. Lévesque pour le Parti libéral. Et s'il se présente, je pourrais revenir. Je me sentirais interpellé, car ce serait un nouveau défi.» Pourtant, M. Rocheleau avait d'abord annoncé sa décision en disant qu'il n'avait plus l'énergie nécessaire pour vivre un autre mandat de quatre ans comme député bloquiste de Trois-Rivières. Cette perte d'énergie, le fait qu'il aura 60 ans en octobre et la retraite prochaine de son épouse l'ont poussé à prendre sa retraite de la vie politique active. Mais aussitôt que le nom du maire de Trois-Rivières a été énoncé, M. Rocheleau a semblé retrouver une certaine jeunesse. «L'incident Yves Lévesque, je le vis en même temps que vous. Je sens, de la part des libéraux, qu'ils veulent donner un grand coup. Et on est aussi capable d'en donner.»



»» Congés parentaux

Ottawa empiète
La Cour d'appel donne raison à Québec sur toute la ligne

Hélène Buzzetti, Tommy Chouinard
Le Devoir mercredi 28 janvier 2004

Ottawa s'en défendait vertement depuis trois ans, mais la Cour d'appel du Québec l'a contredit hier: le congé parental d'un an qu'il a mis sur pied constitue bel et bien une intrusion dans les champs de compétence des provinces. Du coup, Québec réclame la réouverture des négociations avec Ottawa pour transférer le programme et 680 millions de dollars pour le couvrir.

Le jugement rendu hier donne raison à Québec sur toute la ligne : non seulement Ottawa empiète sur les compétences des provinces en oeuvrant dans le domaine social, mais il outrepasse aussi les siennes en détournant son programme d'assurance-chômage à des fins de soutien à la famille. Le jugement est rédigé par le juge Benoît Morin, et les deux autres juges Marc Beauregard et François Pelletier souscrivent à ses arguments. À Québec hier, les ministres Claude Béchard (Emploi, Solidarité sociale et Famille) et Benoît Pelletier (Affaires intergouvernementales canadiennes) ne contenaient pas leur joie. «Avec ce jugement-là, le gouvernement fédéral n'aura d'autre choix que de s'asseoir et de négocier avec nous», croit M. Béchard.

Devant l'impasse des pourparlers entre Ottawa et Québec dans ce dossier, le gouvernement péquiste avait soumis quatre questions, sous forme de renvoi, à la Cour d'appel du Québec. C'est la réponse à ces questions qui a été fournie hier. Ottawa dispose de 30 jours pour en appeler devant la Cour suprême du Canada. Pour l'instant, le ministre fédéral responsable du dossier, Joe Volpe, n'a pas voulu commenter le jugement, qu'il étudie.

M. Béchard a dit qu'une rencontre aura lieu prochainement avec son homologue pour discuter du dossier. Selon MM. Béchard et Pelletier, ce jugement vient confirmer une autre allégation du gouvernement du Québec, à savoir que le nouveau congé de compassion créé par Ottawa -- toujours à même sa caisse d'assurance-emploi -- est lui aussi un empiétement. Ce congé de compassion, qui existe depuis janvier, permet à quelqu'un de s'absenter du travail pendant six semaines avec 55 % de son salaire pour s'occuper d'un parent mourant.

«Cette décision démontre qu'on ne peut se servir de la loi sur l'assurance-emploi pour intervenir au niveau social, dans les mesures de bien-être social, a indiqué le ministre Béchard. Le congé de compassion embarque donc là-dedans aussi.» «J'ai toujours soutenu que la compétence d'assurance-chômage était interprétée trop largement par les autorités fédérales et aujourd'hui, la cour le confirme clairement», a ajouté M. Pelletier.

Québec réclame également le rapatriement de ce programme et une somme de 80 millions pour le financer.

Détournement de compétences

Le jugement Morin rendu hier rappelle qu'en 1935, le gouvernement fédéral avait tenté de venir en aide aux chômeurs mais qu'une décision de la Cour suprême avait tranché qu'il n'en avait pas le droit selon la Constitution canadienne. Des négociations avaient donc été entamées avec les provinces pour transférer ce pouvoir vers Ottawa, avec succès. Mais le changement, rappelle le juge Morin, était strictement limité à l'aide aux personnes ayant perdu leur emploi pour des raisons économiques. Rien d'autre.

«Le gouvernement fédéral ne voyait pas dans l'acquisition de cette compétence additionnelle un moyen pour le Parlement canadien d'instaurer des mesures de bien-être et de sécurité sociale relevant normalement des provinces, écrit le juge. Au contraire, le premier ministre [fédéral de l'époque] Mackenzie King se défend bien de nourrir de telles intentions qui, si elles s'étaient manifestées, auraient entraîné selon lui le refus des provinces à acquiescer à la modification constitutionnelle proposée.»

Pour en arriver à cette conclusion, le juge Morin cite abondamment l'échange de lettres entre Mackenzie King et les premiers ministres provinciaux, dont Maurice Duplessis. Il cite aussi des échanges à la Chambre des communes où l'opposition reproche justement au premier ministre de n'avoir pas négocié un droit d'intervention plus vaste !

Selon le juge Morin, les congés parentaux «ne s'inscrivent nullement dans le canevas d'assurance-chômage conçu en 1940» parce que, explique-t-il, «ces prestations spéciales ne sont pas versées à la suite d'une perte d'emploi due à des raisons économiques, mais plutôt à la suite d'une interruption d'emploi due à une incapacité personnelle de travailler. [...] On doit plutôt y voir une mesure d'aide à la famille et à l'enfance, donc une mesure d'aide sociale». C'est-à-dire qui relève des provinces. C'est sur ce passage que s'appuient les ministres Béchard et Pelletier pour dire que les congés de compassion sont eux aussi en dehors du champ de compétence d'Ottawa.

Ottawa a mis en place un congé de maternité de 15 semaines pour les femmes en 1971. Ce programme a évolué au cours des années, mais le plus grand changement est entré en vigueur le 1er janvier 2001 : les nouveaux parents bénéficient maintenant de 50 semaines de congé payées à même la caisse d'assurance-emploi (55 % du salaire plafonné à 39 000 $). Seuls les travailleurs salariés cotisant à la caisse sont admissibles.

Le litige entre Ottawa et Québec concernant les congés parentaux remonte à 1996. La province voulait mettre sur pied son propre programme de congés, plus généreux. Les négociations ont achoppé sur le montant d'argent que devrait verser Ottawa. Le gouvernement fédéral était prêt à transférer ce qu'il verse en indemnités aux parents, Québec voulait plutôt recevoir l'équivalent de ce que les Québécois cotisent. Comme il se fait moins d'enfants au Québec que dans les autres provinces, cela représentait une différence de 130 millions. Les négociations ont été rompues en 1997.

Québec voudrait créer un programme protégeant aussi les travailleurs autonomes, pour un coût total de 852 millions. Les nouveaux parents auraient le choix entre un congé plus court de 40 semaines avec un remboursement équivalent à 75 % de leur salaire (plafond à 52 000 $), ou alors un congé hybride de 52 semaines avec 70 % et 55 % de leur salaire. À l'heure actuelle, les parents canadiens n'utilisent en moyenne qu'une quarantaine de semaines de leur congé fédéral.



»» Vente aux enchères de la collection

Les documents de la Rébellion de 1837-38 ne quitteront pas le Québec

PC
Le Devoir mercredi 28 janvier 2004

Québec - Le gouvernement du Québec ne laissera pas filer hors de ses frontières les plus précieux documents de la Rébellion des Patriotes de 1837-38 mis aux enchères, a affirmé hier la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp.

Depuis lundi, la plus grande série de livres et de manuscrits sur la Rébellion, rassemblée pendant près de 50 ans par la collectionneuse Rosanna Seaborn, est vendue aux enchères à l'hôtel Ritz-Carlton de Montréal. Un libraire de Toronto a déjà fait main basse sur une importante part de la collection historique, le tiers environ.

Parmi les articles mis en vente lundi figuraient un discours de Louis-Joseph Papineau (450 $), un rapport de lord Durham (150 $) et la réponse de ses supérieurs (1200 $).

Cependant, les pièces qui ont le plus de valeur aux yeux des experts des Archives nationales du Québec sont un lot de documents juridiques venant compléter le fonds du ministre de la Justice, de même que le journal manuscrit de Caroline, une jeune fille originaire de Saint-Charles-sur-Richelieu relatant les événements de la Rébellion. Il s'agit du plus vieux document de ce genre au Canada.

Ces deux pièces ne prendront pas le chemin de Toronto ou d'ailleurs, a fait savoir hier la ministre Beauchamp au cours d'un point de presse à Québec. Pour s'en assurer, la ministre a diffusé lundi deux avis d'intention de classement qui impliquent que les documents en question ne pourront quitter le territoire du Québec sans son consentement. «Le gouvernement a jugé, à la suite des analyses des experts des Archives nationales, que ces deux documents ne devaient pas quitter le territoire québécois», a-t-elle dit.

Mais cela ne signifie pas pour autant que les Archives nationales feront elles-mêmes l'acquisition des précieux lots.

«Les moyens sont tout de même limités, a fait valoir la ministre. Mais même s'ils devaient être vendus à quelqu'un d'autre que les Archives nationales, cela nous permettra d'avoir un droit sur les documents et de nous donner le temps d'avoir une négociation avec l'acheteur», a-t-elle précisé.



»» l’avenir de la recherche au Québec

Le monde des sciences se mobilise contre Québec

Pauline Gravel
Le Devoir mercredi 28 janvier 2004

Inquiets et préoccupés par la première baisse du budget accordé à la recherche publique au Québec depuis 20 ans, les chercheurs québécois, toutes disciplines confondues, se mobilisent et manifestent leur crainte que ces premières compressions infligées par le gouvernement Charest soit le mauvais présage de réductions additionnelles, qui seraient absolument dramatiques pour l’avenir de la recherche au Québec compte tenu de la concurrence internationale qui est devenue particulièrement féroce dans ce secteur.

Plusieurs équipes de chercheurs ont écrit au premier ministre et à certains de ses ministres ces derniers jours pour défendre la recherche scientifique et les organismes de subvention qui sont une spécificité québécoise enviée des autres provinces canadiennes, voire de certains États américains.

Jusqu’à tout récemment, le Québec était la seule province à posséder un système de financement public de la recherche qui s’effectue sur son territoire. Cette structure d’appui à la recherche se partage en trois fonds : le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ), qui subvient aux besoins des chercheurs en sciences médicales, le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), qui vise à soutenir les recherches en sciences naturelles et en génie, ainsi que le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC), qui alimente les chercheurs en sciences sociales et humaines.

Cette contribution provinciale aux activités de recherche joue le rôle d’un formidable effet de levier, expliquent divers chercheurs et les directeurs des trois fonds. Elle aide les chercheurs québécois à démarrer une activité scientifique, dont le dynamisme et la bonne qualité leur permettent ensuite de décrocher plus de bourses et de subventions octroyées par les organismes fédéraux de financement de la recherche que la moyenne escomptée compte tenu du poids démographique du Québec dans le Canada. Alors que les Québécois composent 24 % de la population canadienne, les chercheurs québécois raflent 32 % des fonds accordés par concours à l’échelle canadienne.

De plus, pour chaque dollar qu’investit le gouvernement du Québec pour soutenir l’infrastructure — principalement humaine — de recherche, les chercheurs réussissent à obtenir de cinq à sept dollars supplémentaires en subventions fédérales.

Il en résulte que, depuis plus de sept ans, le Québec affiche un taux de publications scientifiques supérieur à la moyenne canadienne et une moyenne de brevets plus élevée que celle de l’Ontario.

Les fonds québécois de la recherche constituent une formule gagnante que d’autres provinces canadiennes ont copiée, soulignent Pierre Boyle, président-directeur général (par intérim) du FRSQ, et Louise Dandurand, présidente-directrice générale du FQRSC. L’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique au Canada, ainsi que certains États américains, tels que le Massachusetts et l’Illinois, s’inspirent du modèle québécois.

«Si le gouvernement du Québec diminue les investissements en recherche, les chercheurs québécois perdront leur capacité d’être concurrentiels et de recevoir les fonds fédéraux, lesquels s’accroissent actuellement, prévient Pierre Boyle. Parce qu’ils seront moins compétitifs, nos chercheurs seront privés de précieuses ressources qui seront accordées ailleurs qu’au Québec. Alors que d’autres [provinces et pays] investissent davantage en recherche, il est clair que nous perdrons notre position avantageuse si le gouvernement se désengage.»

«ll serait extrêmement dommage de perdre cet effet de levier créé par nos interventions au moment où le Québec en a besoin plus que jamais en raison de la croissance du nombre de nouveaux chercheurs embauchés par les universités», ajoute Sylvie Dillard, présidente-directrice générale du FQRNT. En effet, les universités québécoises recruteront quelque 8000 nouveaux professeurs d’ici 2010 pour remplacer les multiples départs à la retraite.

Le nombre de demandes de subventions présentées aux différents programmes du FQRSC a augmenté de 24 % cette année alors que ce dernier a dû assumer une compression budgétaire de 7 %, précise Louise Dandurand. «Cette augmentation de 24 % est le reflet de l’arrivée de nouveaux professeurs dans les universités. Ces nouveaux venus sont souvent plus dynamiques en recherche et ont besoin d’une aide financière pour démarrer leur carrière. Or les organismes fédéraux n’offrent pas de subventions de démarrage.»

Les ravages des compressions

Les compressions de 7 % du budget alloué aux trois fonds qui ont été annoncées en juin dernier par le gouvernement Charest ont déjà fait des ravages. «Ces réductions nous ont été imposées deux mois après que nos engagements financiers [envers nos chercheurs] ont été pris pour l’année 2003-04, précise le Dr Boyle. Nous avons donc été contraints de reporter la mise sur pied d’un nouveau programme auquel le gouvernement antérieur avait accordé son soutien.» Ce programme visait à permettre aux chercheurs œuvrant dans les centres de recherche situés en milieu hospitalier d’avoir plus facilement accès à un poste universitaire, un problème de longue date.

Le FRSQ consacre 50 % de son budget aux centres de recherche dans les établissements de santé, où s’effectue l’essentiel de la recherche en santé au Québec. Plus de 50 % des entreprises de biotechnologie en santé humaine au Québec ont émergé de ces centres de recherche. «Or le budget de ces centres n’a pas augmenté depuis 1987. Il y a déjà un sous-financement, souligne le Dr Boyle. Alors couper dans ce milieu serait catastrophique.»

«La récurrence de ces compressions à partir du 1er avril représentera tout un défi pour nous. Elles feront encore plus mal car, cette année, nous avons pu utiliser les fonds de tiroir pour boucler notre budget», prévient-il.

Le FQRNT devra quant à lui réduire en 2004-05 le nombre de chercheurs qu’il subventionne ainsi que le montant qu’il leur accorde.

Les compressions sont particulièrement douloureuses pour le FQRSC, qui subventionne les recherches en sciences humaines et sociales. On a dû abolir un programme de subventions destinées aux chercheurs qui travaillent dans les établissements de services sociaux, comme les centres jeunesse et les CLSC, précise Louise Dandurand. Et on ne pourra accorder un soutien financier qu’à 6 % des candidats aux programmes de bourses en 2004-05 alors que le taux de réussite des postulants à ces programmes atteignait 30 % ces dernières années.

Les sciences humaines écopent

«Le budget des organismes [de subventions] fédéraux dédié aux sciences sociales et humaines est beaucoup moindre, toutes proportions gardées, que celui qui est dévolu à la santé, aux sciences naturelles et au génie, ajoute-t-elle. Le financement public québécois est donc encore plus crucial pour la conduite des activités de recherche et pour la formation des étudiants dans ce secteur que dans les autres domaines. De plus, alors que 51% du bassin de professeurs-chercheurs et 64% des étudiants de 2e et 3e cycles au Québec travaillent en sciences sociales et humaines, nous ne recevons que 29 % du financement total des trois fonds.»

«S’il devait y avoir de nouvelles compressions, ce serait extrêmement difficile, souligne Louise Dandurand. De grands pans de ce qui a été construit au Québec en matière d’appui à la recherche depuis 30 ans seraient menacés. Des équipes de recherche seraient menacées de disparition.»

«L’attitude du gouvernement québécois est très inquiétante car on croit économiser de l’argent à court terme. Mais les recherches en sciences humaines et sociales permettent d’économiser à plus long terme, souligne Serge Brochu, directeur du Centre international de criminologie comparée de l’Université de Montréal. Si on ne fait pas de recherche sur les facteurs de risque qui conduisent à la toxicomanie et sur les stratégies qui permettraient de les éliminer, par exemple, on devra soigner des toxicomanes toujours plus nombreux. Prévenir la toxicomanie coûte pourtant moins cher que de traiter les toxicomanes très souvent victimes de rechutes successives.»

«Le gouvernement ne saisit pas toute l’importance que la recherche et le FRSQ ont sur l’innovation et sur les services de santé», affirme le Dr Réjean Hébert, doyen de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. «Plus de 30 % de l’industrie pharmaceutique canadienne est installée à Montréal parce qu’on trouve là, et beaucoup plus qu’ailleurs, la main-d’œuvre spécialisée dont elle a besoin.»

Le Dr Hébert ne comprend pas que le Québec aille à contre-courant de la tendance canadienne, voire nord-américaine. «Les États-Unis investissent beaucoup plus dans la recherche depuis qu’ils y voient un moyen de faire progresser l’économie et l’état des connaissances, voire d’améliorer la qualité de vie de leurs citoyens», dit-il.

«En amputant le budget du FRSQ, le gouvernement envoie un message contradictoire aux jeunes chercheurs et aux étudiants, qui formeront la relève. Un tel contexte ne créera pas de nouvelles vocations», affirme Gilles Lavigne, directeur du Réseau de recherche en santé buccodentaire du FRSQ.



»» Suroît

Plein gaz vers l'effet de serre :
une société du chaos aux commandes de l'environnement

Olivier Ménard
Cybrepresse mardi 27 janvier 2004

Les gaz à effet de serre sont responsables de l'augmentation du réchauffement global de la planète : grosse nouvelle. Pourtant, plusieurs personnes m'ont dit ne pas y croire parce qu'il a fait bien trop froid cet hiver ; on a même battu des records de basse température. Puisqu'il fait si froid, réchauffons-nous avec une belle grosse centrale thermique !

Le projet de la centrale du Suroît mérite un sérieux débat sur l'avenir énergétique et environnemental du Québec. Il est opportun de se demander pourquoi diable une entreprise dont le nom et les investissements sont fondés sur l'eau (d'où la racine « hydro » d'Hydro-Québec) se tourne aussi brutalement vers une énergie aussi polluante que le gaz naturel. Pourquoi pas une centrale au charbon ! De qui se moque-t-on au juste ?

Faute de pouvoir hausser l'économie de l'hydro-énergie dans une population en déclin, on se tourne vers le gaz naturel qui, soupçonne-t-on, met du combustible dans la lanterne à profits d'Hydro-Québec. D'ailleurs, fait à remarquer, Hydro-Québec est actionnaire de Gaz Métropolitain. Y aurait-il anguille sous roche ? Il est intéressant de constater que la racine du mot « gaz » provient du latin « chaos », d'où les propriétés imprévisibles et la forme intangible de cette substance. « Chaos-Québec » serait donc un excellent remplacement d'» Hydro-Québec », vu l'imprévisibilité de ses humeurs, en particulier celles de son PDG, M. André Caillé. Ce chaos s'est également emparé de notre gouvernement actuel, dont les ministres délégués à l'environnement, MM. Mulclair et Hamad, sont pris dans cette tourmente et voguent maintenant (ou depuis longtemps ?) sur les courants continus de la volonté d'Hydro-Québec. La société d'état déverse un torrent d'aberrations ; permettez-moi de vous en résumer humblement quelques-unes.

D'abord, alors que toutes les études vont en contradiction avec ce que Hydro-Québec et le gouvernement du Québec affirment, ces derniers tiennent au projet comme si leur vie en dépendait (on meurt rarement du manque d'électricité). Ce n'est donc pas parce qu'ils ont des raisons valables de le faire qu'ils vont de l'avant. D'ailleurs, les ministres Mulclair et Hamad se sont rendus à l'évidence : puisque les sondages sont en défaveur de leur gouvernement, pourquoi ne pas boucler la boucle et se mettre à dos le reste de la population ? Ça vaut le coup, car il vient de se faire au moins un ami, soit M. Caillé. Messieurs Mulclair et Hamad sont donc revenus sur leurs décisions (lesquelles devaient être finales et irréfutables, selon leurs propres termes) et font fi de leurs engagements envers l'accord de Kyoto, afin d'imiter les Américains ; « L'aide du gouvernement n'ira plus aux pollueurs. Le plan vert doit modifier la direction de l'économie. Cette position, c'est, mot à mot, celle de Jean Charest », avait affirmé haut et clair le ministre Mulclair dans une entrevue au Devoir en mai 2003.

Ensuite, Hydro-Québec et le gouvernement du Québec passent outre une pétition comportant 50 000 signatures recueillies par l'Union des Consommateurs contre une hausse des tarifs de l'électricité (et ils en veulent encore plus !) ; ils passent outre la décision du BAPE en défaveur du projet ; ils passent même outre les oppositions des ingénieurs et scientifiques d'Hydro-Québec (on comprend mieux pourquoi certains d'entre eux sont victimes de harcèlement psycho-logique) ; ils passent outre les oppositions des écologistes. Il faut se rendre à l'évidence : ils se contrefoutent de l'opinion publique, des ingénieurs et des scientifiques, Hydro-Québec veut augmenter ses profits au détriment de notre environnement ! Avec une comme jolie couverture dentelée avec les initiales de General Electric pour étouffer le tollé de protestations.

Également, rappelons-nous du scandale à Hydro-Québec, en 1995, suite au refus de M. Caillé d'appuyer les projets d'un véhicule à moteur-roue non polluant du Dr Pierre Couture (la tension devait être forte à cette époque). Le député de Laurier-Dorion Christos Sirros avait dénoncé ce fait lors d'un rapport déposé en 1998 à l'assemblée nationale, affirmant qu'» il se peut fort bien que la décision d'Hydro-Québec de mettre fin au projet «du Dr. Pierre Couture», qui à première vue semble mal avisée, prive le Québec de retombées potentiellement exceptionnelles sur le plan économique «. De même, Hydro-Québec a rejeté le projet d'une centrale pompée en milieu urbain, élaborée par le Dr Couture. Cette idée révolutionnaire, économique et » environnementalement correcte » aurait pu régler tous les soi-disant problèmes d'alimentation en électricité dans toutes les grandes villes du Québec. Mais peut-être est-ce un projet qui nuit à l'argumentation d'Hydro-Québec, qui préfère investir dans les technologies moyen-âgeuses et nocives pour la santé humaine… Hélà, c'est de nous tous qu'il s'agit, pas seulement des baleines du St-Laurent (parce que, à leur plus grand malheur, peu d'entre nous se soucie vraiment de ces mammifères marins) ! Il est évident que c'est le profit qui meut la houle autocratique d'Hydro-Québec, et non le respect de l'environnement ou le souci de l'énergie renouvelable !

Ironiquement, il existe au sein d'Hydro-Québec la fondation Hydro-Québec pour l'environnement (que l'on peut visiter sur le site Internet officiel de la société d'état à l'adresse suivante : http://www.hydroquebec.com/fondation_environnement/).

Cet organisme, dit-on, a pour mission de :
« 1. Promouvoir la conservation, la restauration et la mise en valeur de la faune, de la flore et des habitats naturels ;
2. Soutenir les besoins locaux en matière de prise en charge de l'environnement ;
3. Contribuer à l'utilisation responsable et durable des ressources naturelles. »

Cela tombe bien, car j'ai un projet pour la fondation Hydro-Québec : celui de s'opposer à la construction de la centrale au gaz naturel du Suroît. Tant qu'à nager en pleine contradiction… La société d'état fait entrave à tant de projets environnementaux qu'il est honteux de voir inscrit sur le site de la fondation Hydro-Québec « Contribuer à l'amélioration et à la protection à long terme de l'environnement ».

Comble de contradiction : récemment, Hydro-Québec a demandé officiellement au gouvernement du Québec d'empêcher les projets de grande envergure d'industries énergivores. Mais la centrale du Suroît n'est-elle pas énergivore ? Combien de tonnes de gaz naturel dévorera-t-elle chaque année (une véritable « chaosphage ») ? Il s'agit clairement d'un argument pour faire croire que le Québec risque de manquer à tout moment d'électricité pour justifier les hausses de tarifs et, ainsi, mener le gouvernement et la populace par le bout du nez. Il est si facile de faire planer l'ombre de la crise du verglas pour effrayer tout le monde et manipuler les humbles citoyens que nous sommes.

M. Caillé, qui avait été perçu comme un sauveur (par certains) durant la crise du verglas, doit maintenant faire face à l'adversité. D'ailleurs, une crise telle que survenue en janvier 1998 pourrait refaire surface n'importe quand si les gaz à effet de serre augmentent en flèche avec Suroît, puisqu'il n'aurait fallu qu'un ou deux petits degrés de moins pour que tout ce verglas se change en jolis flocons de neige. Et cela même si la société d'état prétend avoir consolidé tout son réseau et qu'elle agit pour les intérêts du Québec. Mais oui, car selon Hydro-Québec, aucun autre pays, aucune autre province ne bénéficiera des avantages que procureront Suroît, surtout pas une exportation massive d'électricité. Une chose est claire, ils doivent avoir des poches pleines de poudre à jeter aux yeux dans les bureaux d'Hydro-Québec…

Y aurait-il de la corruption – jusqu'à la moelle – dans les rangs des dirigeants d'Hydro-Québec et du gouvernement libéral du Québec ? Une chose est sûre : tant que régneront messieurs Mulclair, Hamad et Caillé, l'atmosphère de notre pays sera chargé d'une poussière qui dégradera notre environnement, nous faisant ainsi perdre santé et… énergie. Il est temps de réclamer la démission de ces trois responsables ou, du moins, faire barrage à leurs ambitions en exigeant un débat public.



»» Suroît

Les écologistes mobilisent les citoyens pour mener la bataille contre le Suroît

Louis-Gilles Francoeur
Le Devoir mercredi 28 janvier 2004

La «bataille du Suroît» a démarré hier, même si le projet a eu le feu vert de Québec, alors que plusieurs groupes écologistes lançaient à Montréal la coalition Québec-Vert-Kyoto en vue de faire échec au projet de centrale thermique et aux autres projets de production thermique que préparent Hydro-Québec et le gouvernement Charest.

La coalition a été mise sur pied par l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCREQ) et l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA) avec l'aide de militants du Parti vert du Québec. La coalition, qui se définit comme une coalition «citoyenne», a reçu dès hier après-midi l'adhésion du Bloc Québécois, laquelle a été confirmée par son porte-parole en environnement, le député de Rosemont, Bernard Bigras.

D'entrée de jeu, la coalition a invité le grand public à manifester publiquement son opposition au projet du Suroît et à l'inversion des priorités en matière de politique énergétique du Québec, qui éloigne le Québec des objectifs de Kyoto. La première manifestation, à laquelle le grand public est invité à participer, démarrera dimanche après-midi, à 14 heures au square Dominion, angle René-Lévesque et Peel, à Montréal. Elle sera suivie d'une autre le 3 février devant l'hôtel de ville de Beauharnois, où le conseil municipal est invité à approuver un changement de zonage pour autoriser la construction de la centrale thermique de General Electric, à qui Hydro-Québec entend refiler le certificat d'autorisation approuvé par le Conseil des ministres du Québec, le 17 décembre.

L'animateur de radio Jacques Languirand, qui a accepté de devenir le porte-parole de la nouvelle coalition, a invité le grand public à «donner un message clair» dans les dossiers du Suroît et des changements climatiques à ceux qui, a-t-il dit, ont déformé l'intention des fondateurs d'Hydro-Québec et celles de la population, exprimées lors de l'élection référendaire sur la nationalisation de l'électricité dans les années 60, soit de faire de la première société d'État québécoise un organisme d'abord et avant tout voué à une recherche transparente de l'intérêt public. «Hydro-Québec, a-t-il dit, est née d'un immense mouvement démocratique. Aujourd'hui, sa direction et le gouvernement se cachent derrière des portes closes pour prendre des décisions comme celle du Suroît», qui contredisent l'adhésion du Québec au Protocole de Kyoto et traduisent l'absence du «principe de précaution» dans les décisions gouvernementales, ainsi qu'un important «déficit démocratique».

«Ils disent qu'il y a urgence de construire: nous on dit qu'il y a urgence de changer de cap» vers les économies d'énergie et des productions vertes comme l'éolien, a poursuivi le porte-parole de la coalition.

Plusieurs groupes environnementaux et sociaux vont discuter aujourd'hui de leur adhésion ou de leur appui à la coalition naissante, notamment des groupes de consommateurs et des syndicats. Une importante réunion doit rassembler une vingtaine de groupes ce soir.

Pour le professeur Jean-Guy Vaillancourt, un spécialiste de la sociologie environnementale de l'Université de Montréal, il faut remonter aux années 70 pour voir des groupes environnementaux québécois lancer un appel à la mobilisation générale et manifester publiquement, ce qui avait été le cas lors de la bataille contre Gentilly II. «On a vu souvent des mobilisations locales ou des actions pilotées à l'interne par un groupe ou l'autre, explique le professeur Vaillancourt. Mais à part des concerts publics, les groupes environnementaux québécois ne font généralement pas appel au public pour faire échec à des politiques ou des projets d'intérêt général. Ça renoue en quelque sorte avec une tradition des années 70 alors que le mouvement environnemental oeuvrait avec les groupes pour la paix.»

La nouvelle coalition a pignon sur Internet à www.quebec-vert-kyoto.org.


TRIBUNE LIBRE





TRIBUNE LIBRE

Désolé, Karine

Christian Gagnon
Président régional Parti Québécois de Montréal-Centre
TRIBUNE LIBRE 28 janvier 2004

Il y a des choses auxquelles on ne devrait jamais s’habituer. Et pourtant ...

Karine Sergerie est Québécoise et vice-championne du monde de Taekwondo chez les moins de 63 kilos. Il y a quelques semaines, juste avant de s’envoler pour Paris où avaient lieu les qualifications olympiques, Taekwondo Canada l’informait qu’elle n’irait ni à Paris en janvier ni aux Jeux d’Athènes en août. La résidante de Ville Sainte-Catherine avait bien participé aux Championnats du Monde mais pas aux Jeux panaméricains. Dura lex sed lex. De l’aveu même de Taekwondo Canada, le règlement est con mais c’est le règlement. Et on ne saurait le changer à temps pour Athènes, comme l’a pourtant offert le Comité olympique canadien.

Dans toute la naïveté de ses 18 ans, Karine s’imaginait bien pouvoir compter sur le seul bon sens pour que tout rentre dans l’ordre, sans se douter que c’était plutôt «la loi et l’ordre» qui l’attendait au détour. Pas de conférence de presse intempestive. Pas de recours aux tribunaux. Seulement une poignée d’entrevues posées et quelques sanglots. Il y a bien eu coups de semonces de la critique du Bloc Québécois, Caroline Sainte-Hilaire, et coups de fil d’usage du ministre québécois du Sport amateur, Jean-Marc Fournier, à son homologue fédéral, l’unilingue Stan Keyes. Mais c’est la toute nouvelle ministre du Patrimoine, Hélène Scherrer, fraîchement assermentée pour aller «défendre les intérêts du Québec à Ottawa», qui, le 21 janvier dernier, a expliqué en français à ses administrés que « Karine Sergerie a été traîtée équitablement par sa fédération ». Nous voilà rassurés. Imaginez ce que c’aurait été s’il avait fallu qu’elle soit maltraitée...

Pourquoi donc si peu de vagues autour d’une aussi absurde et criante injustice? N’y a-t-il pas eu avant elle le cas de Jennifer Carroll, suspendue pour avoir agité un petit drapreau québécois sur le podium? Celui de Yannick Lupien, que sa fédération a «oublié» d’inscrire aux Jeux malgré sa qualification? Celui de Nadine Rolland, qui aurait été exclue des Jeux du Commonwealth si elle n’avait pas traîné Natation Canada devant les tribunaux? Eh bien oui. Le problème est justement là. Le pire à craindre semble s’être produit : nous nous y sommes habitués. C’est donc Ivett Gonda, de Colombie-Britannique, 36ième chez les moins de 46 kilos, qui complètera la délégation canadienne. Allez, circulez! Y’a rien à voir. Good luck, Ivett. Désolé, Karine.



COMMUNIQUÉS




COMMUNIQUÉS

"Les Grandes conférences 2004"
de l’Institut d’études des politiques linguistiques

Gilles Rhéaume
COMMUNIQUÉS 28 janvier 2004

1er cycle de conférences sur les idées au Québec :

«Le XXe siècle, le siècle de la prise de conscience québécoise»

«Du nationalisme canadien, puis canadien-français à l’indépendantisme québécois; les hommes et les femmes du Québec s’affirment en tant que tels (1900-1976)»

Le Directeur de l’Institut, Gilles Rhéaume, donnera une série de conférences publiques à la Maison Ludger-Duvernay, au 82 Sherbrooke Ouest à Montréal (deux rues à l’Ouest du boulevard Saint-Laurent). Ces entretiens ont pour objet de mieux d’examiner certaines des grandes idées qui ont marqué le cheminement du Canada-Français et du Québec et ce, notamment en puisant dans la documentation archivistique et la tradition orale d’organisations nationalistes telles la SSJB-M et le MNQ, la Ligue d’Action nationale et l’Ordre de Jacques-Cartier (La Patente). Le conférencier présentera des ouvrages qui concernent les sujets des rencontres.

Les conférences auront lieu les troisièmes mardis du mois, de février à juin inclusivement, de 19 :00 à 21 :30 et comporteront une période d’échanges avec les participants.

Participation : 8$.

Réservations au (514) 843-8851 ou via Internet en écrivant à bienvenue62@hotmail.com ou encore en faisant parvenir un chèque libellé à l’ordre de IEPL au 59006-6595, rue Saint-Hubert, État du Québec, H2S 3P5.

N.B. : Une attestation officielle sera remise aux personnes qui auront assisté à tout ce cycle de conférences et qui auront choisi d’évaluer formellement leur compréhension de la démarche.

1ère conférence (17 février, 19h.):

(1900-1920) : « L’ironique paradoxe d’une époque où, d’une part, le Québec a donné naissance au nationalisme canadien et où, d’autre part, l’idée même du Québec prend racine sur son territoire »

Remarques générales - L’état des lieux - Origines du nationalisme et sa transcendance des partis et des écoles - Du patriotisme canadien au nationalisme du même nom – Le Canada est une idée québécoise – La Province de Québec en 1867 ou les prémisses d’un État français en Amérique du Nord - L’Affaire Riel, fin de la récréation des promoteurs de la Confédération - La Province se vide : Un million de personnes quittent le Québec pour la Nouvelle-Angleterre - La Guerre des Boers, la renaissance du rêve canadien - Wilfrid Laurier, d’opposant à chef suprême du Canada - Henri Bourassa, son discours à Notre-Dame - Olivar Asselin ou l’éternel retour sur le front de la langue - L’Église et son influence, Mgr Bruchési, l’évêque invisible – La Ligue nationaliste - Le Devoir, une presse indépendante – L’École sociale populaire - Tempête à la SSJB - La Ligue des droits du français - Le Père Papin-Archambault s.j. et le docteur Joseph Gauvreau - La Première Guerre mondiale et le Québec – La Première Conscription – Pâques sanglantes à Québec - Une certaine conscience québécoise - L’urbanisation des Canadiens-Français - La langue devient un enjeu sociopolitique de premier plan - Apparition d’une culture urbaine de langue française en Amérique - Le sens de la justice - La valeur des droits – La lutte franco-ontarienne – Fondation du Droit par les Oblats d’Ottawa - Une génération de militants gardiens des droits - Le monde ouvrier s’organise et prend sa place - La culture, la création, les Lettres et les Illustrations puis les Images et le Sonore s’institutionnalisent - Médéric Martin – Lomer Gouin – Ce qui se passe à Ottawa et à Québec – Le nationalisme canadien est né – Les femmes de la SSJB – Les cours publics du Monument national, premiers en leur genre

2ième conférence (16 mars 19h.):

(1920-1940) : «Les Canadiens-Français du Québec subissent un autoritarisme qui marque lourdement le social ; Mussolini signe un traité avec le Pape, le Souverain pontife de la capitale spirituelle du Canada-Français. Le corporatisme est généralement perçu comme une solution catholique et plus respectueuse des travailleurs. L’immigration fait peur. La tentation totalitaire.»

L’état des lieux – Les Canadiens-Français, Rome, Paris et Londres - L’Action française de Lionel Groulx - La langue mais pas que la langue - Les anciens dirigeants de l’ACJC assurent la relève dans les institutions nationales et s’y installent - La bataille pour le français - L’Action canadienne-française, après que Rome eût excommunié L’Action française de Charles Maurras - L’Ordre de Jacques Cartier - La dépression économique - Guy et Anatole Vanier - Le Monument national du boulevard Saint-Laurent, la place de la culture - Rapports avec les gouvernements de Québec et d’Ottawa - Le Corporatisme - L’Action nationale - Les idées de droite - L’attitude face aux Juifs - Les Jeune Canada - Le monde ouvrier - Les Jeunesses patriotes - Faisceaux séparatistes - «Le séparatisme, doctrine constructive» - La SSJB au carrefour des idées et de l’action nationales - Apparition d’un nationalisme revendicateur pour les Canadiens-Français du Québec - La question sociale – Les 24 juin – La Nation de Paul Bouchard – Le Mouvement sentinelliste en Nouvelle-Angleterre - L’omniprésence de l’Église – Le monde de l’éducation – Ottawa et Québec – Maurice Duplessis – Les autres Francophones du Canada

3ième conférence (20 avril, 19h.):

(1939-1945) : «L’ère des remises en question ou la 2e Guerre mondiale comme tournant majeur de la conscience nationale»

La Deuxième Guerre mondiale - Le plébiscite de 1942 -La Ligue pour la défense du Canada - L’effort de guerre - Les droits du français - Le Bloc populaire - André Laurendeau - Jean Drapeau - Le fascisme et le nazisme - La SSJB et la guerre - La censure – Attitude devant la France : Pétain vs De Gaulle – Liens entre Ottawa et Vichy - Auguste Viatte, professeur à Laval - La France libre au Québec – De Gaulle et le Québec - Les 24 juin – Pierre Trudeau – Michel Chartrand – Difficultés linguistiques dans l’armée canadienne – La guerre comme ouverture au monde - L’Église et la guerre – Les femmes et leurs griefs – L’édition québécoise prend le relais de l’édition française – Adélard Godbout – Les idées séparatistes au Québec – Le rôle des soldats québécois dans la libération de la France, de la Belgique et de la Hollande – Les Jeunes Laurentiens - Retour de Maurice Duplessis – Grandes manifestations publiques – Adrien Arcand, le Parti de l’unité nationale canadienne – L’antisémitisme – Hitler et le Canada-Français - L’état des lieux à la fin du conflit – Une tempête est passée sur le Québec – Les Canadiens-Français se sentent de plus en plus Québécois

4ième conférence (18 mai, 19h.) :

(1946-1960)) :«Le Québec étouffe, ses institutions apparaissent de plus en plus désuètes ou préludent aux grands changements»

Une ère nouvelle – Ouverture à la modernité – Le retour des soldats – Duplessis face à Ottawa – La Commission Tremblay – Le drapeau du Québec – L’École historique de Montréal - L’autonomie québécoise – François-Albert Angers – Esdras Minville – La SSJB aux lendemains de la guerre – Le Québec et le besoin d’air frais – L’Action catholique : Gérard Pelletier, Simone Chartrand, Jeanne Sauvé et Camille Laurin – La littérature et les arts – Idées neuves – Place à une nouvelle génération de militants plus exigeante et plus aguerrie – La Fête nationale – L’épuration en France et ses conséquences au Québec et au Canada – Les Québécois dans le Canada de l’après-guerre – Ottawa s’ingère de plus en plus dans les compétences québécoises – Dynamisme du débat sur les droits du Québec – Installation du Cardinal Paul-Émile Léger – La revue «Cité libre» – Raymond Barbeau et l’Alliance Laurentienne – Mort de Maurice Duplessis – «Désormais» – Le Québec se montre à lui-même – Le débat sur l’avenir national est lancé

5ième conférence (15 juin, 19h.) :

(1957-1976) : «La renaissance indépendantiste, moteur de la Révolution tranquille; rupture avec le nationalisme traditionnel puis vinrent Charles De Gaulle, René Lévesque et son parti »

Le RIN, Marcel Chaput, André D’Allemagne et Pierre Bourgault – Raoul Roy et l’Action socialiste pour l’indépendance du Québec – L’équipe du tonnerre et Jean Lesage - Liens officiels entre Paris et Québec – La nationalisation de l’hydroélectricité – La Commission Parent - Mort de Lionel Groulx et ses conséquences - Les États-Généraux du Canada-Français - L’Exposition universelle de Montréal – 100 ans de la Confédération - Charles De Gaulle - Le Québec revendique – Les femmes s’impatientent – René Lévesque, de la télévision aux affaires - Éclatement de la Patente (OCJC) – Le FLQ – L’action militante des indépendantistes - Les États-Généraux du Canada-Français - La SSJB devient indépendantiste – La Commission Laurendeau-Dunton – La ségrégation linguistique et l’appauvrissement des Québécois - Les jeunes et le projet indépendantiste – Le Parti québécois – Robert Bourassa - La politique linguistique - Le Québec français – Mobilisation du monde ouvrier – Le 15 novembre 1976 - Les Québécois se nomment – Un projet québécois

Notes sur le conférencier

Détenteur d’une maîtrise en philosophie qu’il a enseignée à l’UQÀM (Le discours moral) et aux CEGEPS de Drummondville et de Sorel-Tracy, Gilles Rhéaume, après des études doctorales dans cette discipline, se tourna vers la sociologie et les sciences politiques pour enrichir ses travaux de troisième cycle en sciences humaines et sociales. Ses recherches l’ont conduit en Europe où il séjourna plusieurs années, notamment en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse où il s’est penché sur les pratiques sociolinguistiques des États. De plus, il a dirigé de nombreuses associations, tant au plan national qu’international, vouées à la défense du français et des droits du Québec. Il a longuement fréquenté et dépouillé les archives de la SSJB-M. Il a prononcé d’innombrables conférences sur ces questions tant en Amérique du Nord qu’en Europe.