TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
"LA SAISON DU COURAGE"
Jean-Marc Lefebvre, secrétaire jean-marc.lefebvre@citenet.net
Yves Parent, président parent_y@hotmail.com
Le Regroupement des résolument souverainistes de la région des Laurentides, (RRS)
TRIBUNE LIBRE 6 février 2004
"Le courage est à la stratégie du changement,
ce que
la poudre à pâte est au gâteau.
Si on l'oublie, ça ne
lève pas."
Un sociologue amateur de rue.
"La saison des idées"
"LA SAISON DU COURAGE"
Le Regroupement des résolument souverainistes de la région des Laurentides, (RRS) tient à apporter sa modeste contribution à la réflexion dans laquelle le PQ s'est engagé dans le but de moderniser son programme et son mode de fonctionnement.
Nous souhaitons que les personnes intéressées s'approprient ce document et qu'elles défendent avec courage les idées qu'elles trouveront utiles à la cause de l'indépendance du Québec.
Janvier 2004
Le courage d'hier…
Le Parti Québécois vient de perdre une élection, donc le pouvoir. C'est la perte aussi d'une occasion de faire la souveraineté qui ne se représentera pas avant quatre ans, huit ans, douze ans, on ne sait trop.
Bien que nos critiques pourraient être nombreuses sur les raisons pour lesquelles le PQ a perdu cette élection qu'il aurait dû gagner, nous nous contenterons de dire que le manque de courage est une cause importante de cette défaite. Le PQ se proposait de présenter une plate forme électorale avant-gardiste et moderne ; il s'est contenté d'un programme correct, parfois improvisé, sans véritable surprise, qui ne représentait pas le désir de changements de la population. Le PQ s'était engagé à mettre la question de la souveraineté au cœur de la dernière campagne ; il ne l'a fait que du bout des lèvres, sans réelle conviction, sans la mettre véritablement au cœur de la campagne électorale. Promesse brisée. Plusieurs souverainistes se sont sentis trompés et trahis. Le PQ n'a pas eu le courage de ses convictions ; il a été ainsi l'artisan de sa défaite.
Le courage d'aujourd'hui…
Heureusement, le PQ semble aujourd'hui déterminé à prendre les moyens nécessaires afin de revoir en profondeur son orientation tant sur le plan de la gestion du parti lui-même que sur celui du programme. Mieux vaut tard que jamais. Ce qui aurait pu et surtout qui aurait dû être fait auparavant peut parfois se faire après. Le PQ est maintenant dans l'opposition, ses membres vivent une grande déception, il est moins exposé sur la place publique, la retenue devient alors moins nécessaire. Profitons-en. La présente étape, celle de dire : "il faut apporter du changement", est sûrement la plus facile à réaliser. Toutefois, il faut louer la décision du PQ de s'engager dans cette réflexion. Encore une fois, faisons-lui confiance.
Le courage de demain…
La prochaine étape sera plus difficile cependant, d'autant plus qu'on dit souvent que le changement ne peut venir de l'intérieur d'une organisation. Le parti invite ses membres à la "Saison des idées". Nous pensons que ce devra être aussi et surtout la "Saison du courage". Avoir le courage de mettre de côté ses préjugés, ses peurs, nos maudites peurs, le courage de penser librement et non en fonction du candidat à la chefferie ou du député que nous n'appuyons pas ou encore de celui que nous n'aimons pas, le courage de ne pas penser uniquement en fonction d'une stratégie de reprise du pouvoir pour le pouvoir mais en fonction du pouvoir pour faire l'indépendance du Québec, le courage d'innover réellement en refusant de dire "ça ne se fait pas" ou " on n'a jamais fait ça" avant d'examiner en profondeur une proposition, le courage ne de pas dire : "non, parce que ça va faire de la peine à untel", le courage de ne pas rejeter une proposition uniquement parce qu'on n'a pas le temps d'en discuter. Pour le nombre d'idées, nous ne sommes pas trop inquiets. Pour le courage d'épater la galerie par beaucoup d'audace, nous vous en souhaitons plus que moins, car ce sera la clé du succès.
C'est avec beaucoup d'espoir que nous vous présentons en vrac dans ce document des propositions et surtout des réflexions pour les trois chantiers proposés. Nous espérons quelles seront repêchées par ceux et celles qui seront appelés à réfléchir sur l'avenir du pays et que ces personnes n'hésiteront pas à les bonifier, à les inclure dans leur réflexion, dans leurs propositions. Nous n'avons pas la prétention d'offrir LA solution. Nous souhaitons tout simplement, à notre manière, contribuer à cette souhaitable réflexion qui, nous l'espérons profondément apportera les changements nécessaires qui nous mettront sur la voie de l'indépendance. Parfois nous suggérons des réponses, parfois nous posons des questions, ce qui nous semble tout aussi important.
Bon courage…
Chantier 1 – Un parti transformé
. Le rôle et les pouvoirs des membres
- Le chef du parti devrait-il être élu par l'ensemble des membres ?
. Les statuts et les structures du Parti
- Les rôles de président du Parti et de représentant du Parti à l'Assemblée nationale devraient être scindés afin de permettre une plus grande efficacité dans les deux champs d'action. Ce sont deux rôles importants qui nécessitent un investissement considérable allant au-delà des capacités limites normales d'une seule personne. De plus, actuellement, les objectifs du parti risquent de passer après ceux du gouvernement sans médiation.
Dans une telle éventualité, le poste de président du Parti devrait-il être un travail à temps plein ?
- La structure électorale et de fonctionnement par comités, i.e. aînés, femmes, etc. devrait être revue de sorte que ces comités deviennent réellement efficaces, sinon ils devraient disparaître. Actuellement, pour la plupart d'entre eux, ça ne fonctionne pas ni sur le plan local, ni sur le plan régional, ni sur le plan national. Nous favorisons une structure où les comités actuels, incluant la structure régionale, seraient remplacés par de comités formés essentiellement de membres responsables de l’organisation électorale, de l’organisation du parti, des communications, de s’assurer que la députation applique le programme, etc.
- Briser la pratique courante qui veut que des élections se préparent à compter du jour où l'élection est déclarée, ce qui signifie que le recrutement des candidats aux postes de députés, qui pourraient apporter un souffle nouveau, devrait commencer dès maintenant. Ceci permettrait à ces candidats de faire un travail de fond valable. Si, bien souvent, des députés travaillent pendant des années à préparer leur course à la chefferie du parti, pourquoi les candidats aux postes de député n'auraient-ils pas la même opportunité ?
- Promouvoir la candidature de candidats députés provenant du milieu des
affaires, du milieu des affaires sociales, du milieu des artistes, du milieu
syndical, des jeunes et ne pas avoir peur de remplacer les candidats qui ont
fait leur temps. Une candidate battue lors de la dernière élection a déclaré
être contente d'avoir perdu parce qu'elle considérait avoir fait son temps.
Pourquoi attendre ?
- Favoriser activement la présentation de candidatures à la chefferie du Parti de candidats provenant de l'extérieur de la députation actuelle, ce qui favoriserait la présentation d'idées et d'approches nouvelles. Peut-être que du sang neuf serait bien accueilli par la population qui a toujours soif de changements et pourrait faire oublier les vieux fantômes. Les règles actuelles du jeu nous en empêchent ? Qu'on les change rapidement.
- Le Parti doit se donner les moyens de mieux évaluer ses candidats aux postes de députés et de pouvoir, dans certains cas et avec l’accord des circonscriptions concernées, placer certains candidats dans des circonscriptions du choix de l'organisation nationale du parti.
- Permettre que les jeunes de 16 à 18 ans puissent être membre du PQ sans avoir à défrayer le coût de la carte de membre.
- S'assurer que toutes les propositions retenues lors d’un congrès seront
débattus sans faute.
. Ses pratiques et outils de communications
Faute d'avoir les ressources financières nécessaires afin de faire renaître le quotidien Le Jour ou encore pour acheter le journal La Presse, le PQ doit absolument raffermir son image dans la population en ayant recours
d'une façon plus efficace aux médias ou encore en se dotant d'une publication populaire ou en achetant du temps d'antenne à la télévision. Il pourrait aussi contribuer à assurer une plus grande distribution du journal Le Québécois. Également, inciter les journalistes qui nous sont favorables à soutenir nos propositions dans leurs journaux respectifs déjà existant, et soutenir leurs gestes en ce sens devant les tribunaux si nécessaire.
. Ses méthodes de financement populaire et d'organisation électorale
- Une élection ça se prépare des années à l'avance et non pas trois mois.
. L'accueil des nouveaux membres au Parti, notamment les jeunes, des personnes issues de toutes les communautés et de toutes les régions
- Chaque circonscription devrait avoir en permanence un comité d'accueil
pour les nouveaux arrivants dans sa circonscription, plus particulièrement
pour les immigrants. Pour ceux-ci, la principale tâche serait de les aider à plus
facilement s'intégrer dans la communauté, sans nécessairement en faire une
affaire partisane. Peut-être décideront-ils d'eux-mêmes d'adhérer au parti.
Chantier 2 – Un programme renouvelé
Nous croyons que l’importance doit être accordée au projet de se donner un pays.
Le contenu du programme devrait être conçue en fonction de cet objectif.
. Les idéaux et les valeurs qui animent le Parti Québécois et les moyens qui permettront de les atteindre
- Le Parti Québécois doit annoncer clairement qu'il est résolument social-démocrate, ce qui ne l'empêchera pas de moderniser sa formule afin qu'elle soit conforme à une vision progressiste et moderne et bien comprise par la population. Il doit également se déclarer contre le néolibéralisme sauvage qui remet en cause la vision plus humanitaire qu'ont les Québécois de leur pays. Il devrait aussi expliquer pourquoi l'intervention de l'État est essentielle au bon développement de notre société.
. Les nouveaux enjeux du Québec d'aujourd'hui et la lecture qu'il faut en
faire
- La mondialisation prend une place de plus en plus importante dans l'évolution du monde. C'est de bon ton et correct de dire qu'on est pour la mondialisation. De toute façon on ne peut l'éviter.
Toutefois, on rattache bien souvent et à tort à ce phénomène celui de la globalisation des marchés qui est une toute autre histoire. L'OMC nous démontre que les intérêts de ceux qui la dirigent ne sont pas nécessairement conformes aux aspirations de la plupart des québécois. Il faut savoir démontrer que si le Québec doit appuyer la mondialisation, nous avons tout avantage à être présent comme pays sur la scène mondiale pour représenter nos intérêts quand les questions de globalisation des marchés sont discutées. Il faut démontrer qu'il est de bon ton aussi de s'assurer que notre culture garde sa place en terre d'Amérique et à travers le monde, car toute l'humanité est perdante quand une culture disparaît.
- Notre population vieillit. En même temps on sent un virage vers la droite à
travers le pays. Nous avons grandement avantage à contrôler la totalité de nos préoccupations sociales si nous voulons que notre population vieillisse selon un modèle conforme à nos aspirations.
- Corollairement, la jeunesse prend une place de moins en moins importante numériquement sur l'échiquier de notre population. Il faut donc quelle s'implique sur le plan politique d'une façon encore plus importante qu'autrefois si elle ne veut pas être dominée par une couche de la population qui n'accorderait pas ou peu d'importance à ses besoins et à ses aspirations.
. La fonction d'un programme, sa pertinence et son arrimage avec les orientations votées lors du Congrès de mars 2003 ainsi que la future plate-forme électorale
- La plate-forme électorale présentée lors de la prochaine élection devrait être uniquement ou presque celle qu'entend mettre en application le gouvernement du Parti Québécois dans un Québec indépendant une fois celui-ci élu. En définitive ce serait le projet de société d'un Québec indépendant, incluant le budget de l’an un.
. La forme, la présentation et la structure du programme
- Le programme doit être simplifié de sorte que la population puisse y avoir accès
facilement quitte à ce qu'il soit présenté sous plusieurs formes différentes.
- Le programme du parti devrait être facilement accessible pour l’ensemble de la
population sur Internet.
. Propositions :
- Doter le Québec, dès son accès au pouvoir, d'un hymne national. Entre temps, en faire la promotion. La fierté, tout comme un pays, ça se bâtit.
- Mettre un terme aux abus d'organismes dits religieux i.e. les raéliens, qui
profitent du système pour ne pas payer d'impôt. Ils sont très nombreux.
- S'engager à mette en place une carte santé, qu'elle soit à puce ou d'une autre forme technique plus efficace, qui garantira que les abus et tricheries dont la RAMQ souffre actuellement ne seront plus possible et qui permettra d'exercer un plus grand contrôle sur la qualité des soins et sur les gestes médicaux posés par les médecins. C'est de la naïveté que de vouloir gérer un système de santé aussi coûteux basé uniquement sur la bonne foi de la population.
- Proposer un mode de rachat par les Québécois de la plus grande partie possible de la dette de l'État envers les pays étrangers, de sorte à favoriser un plus grand contrôle sur notre économie et l'enrichissement des québécois plutôt que celui des étrangers.
- Légiférer pour que les organismes d'état comme la Caisse de dépôt et de placement ne puissent investir dans des paradis fiscaux, «le cancer du capitalisme», ni y avoir recours pour effectuer des transactions. De plus, ces organismes ne devraient pas prêter ou donner de l'argent des citoyens à des organismes qui ont recours aux paradis fiscaux. Parallèlement, s'engager à travailler à la disparition des paradis fiscaux à travers le monde.
- Revoir la structure des commissions scolaires dans le but d'en diminuer le nombre pour les agencer avec les MRC. Au fait, les commissions scolaires sont-elles nécessaires ou inutilement coûteuses ? Vu le désintéressement de la population pour les élections scolaires, les commissaires devraient-ils être nommés par les écoles ou le gouvernement ? Les bâtisses ne devraient-elles pas être gérées par les MRC, les programmes et les enseignants par le ministère ?
- S'engager dans une lutte ferme contre l'obésité, la maladie du siècle, qui devient
de plus en plus coûteuse pour notre système de santé, en commençant par toutes
les maisons d'enseignement où on offrirait que des aliments sains pour la santé et
où deux heures de conditionnement physique par semaine seraient obligatoires.
Pour le reste de la population, les gymnases devraient lui être accessibles. De
plus, une vaste campagne de sensibilisation de toute la population devait être
mise à contribution.
- Promouvoir l'institution d'une Académie des sciences québécoise.
- Garantir un investissement de 1% ou 2% du budget en culture.
- Démontrer la ferme intention de ne pas bâtir un pays en comptant excessivement sur les revenus qu'engendrent les activités de Loto-Québec dans une économie Loto-Casino-Videopoker. S'engager à restreindre le développement et les activités actuelles de Loto-Québec, dont sa publicité à l'intérieur du pays. Pourquoi pas limiter la distribution de jeux vidéo dans les hippodromes ? Aucune société adulte et raisonnable ne doit compter sur les faiblesses d'une partie de sa population pour accroître ses revenus et bâtir son avenir. Le manque présumé à gagner sera compensé par un accroissement de l'économie provenant des argents qui seront investis plutôt dans le circuit conventionnel de l'économie, par une épargne en soins de santé auxquels ont recours les nombreuses victimes du jeu et par une vie sociale plus saine, ce qui n'a pas de prix. N'est-il pas ironique qu'on retrouve plusieurs dizaines de jeux vidéo dans Hochelaga-Maisonneuve et aucun dans Outremont, Kirkland et d'autres arrondissements riches ? Ne sommes-nous pas préoccupés par le fait que 7% des jeunes de 12 à 17 ans soient dépendants des jeux proposés par Loto-Québec ?
- Étudier sérieusement la possibilité de développer un programme de revenu minimum garanti pour chaque citoyen. La gestion gouvernementale serait grandement allégée dû au fait de l'abandon de multiples programmes d'aide aux citoyens.
- Développer une politique moderne sur les forêts habitées qui tiendra compte de l'importance de protéger cette richesse et d'en faire une exploitation rationnelle, avec comme objectif également d'atteindre un pourcentage de 10% d'aires protégées.
- Développer des politiques fiscales qui permettraient une plus grande implication des entreprises dans le financement des activités culturelles.
- Revoir le système de justice de sorte que les procès, incluant le choix des jurés, soient plus expéditifs et moins coûteux pour l'État et le public.
- S'engager à établir un mode de représentation proportionnelle de toutes les expressions politiques.
- S'engager à donner plus de pouvoir aux députés en les libérant dans certains cas de l'adhésion à la ligne stricte des partis.
- Légiférer pour que dans un Québec souverain les élections se tiennent à une date fixe, soit aux quatre ou cinq ans.
- Légiférer afin de donner plus de pouvoir au vérificateur général afin d'assurer une plus saine gestion des affaires de l'État.
- Modifier la loi afin de permettre, comme dans bien d'autres endroits au Canada, les plaignants qui gagnent leurs causes en cour puissent réclamer leurs frais d'avocat à celui qui a perdu sa cause comme étant partie des dommages.
- Modifier la loi de sorte que les entreprises ne puissent pas inclure dans leurs dépenses les montants des amendes de toutes sortes qu'elles peuvent recevoir, créant parfois des situations où il est plus avantageux pour une entreprise de payer une amende que d'apporter les modifications exigées par la loi.
- Donner à Hydro-Québec et à ses clients utilisateurs de ses poteaux porteurs de fils électriques, de téléphones, de vidéo, etc. le mandat d'enfouir sous terre, sur une période de 10, 20 ou même 30 ans, les fils conducteurs de sorte à contribuer à l'embellissement du territoire québécois et à une plus grande sécurité du système. Dans un premier temps, tous les nouveaux développements devraient se faire en tenant compte de cette politique.
- Prévoir des mesures fiscales afin de favoriser la migration ou le retour des travailleurs vers les régions.
- Développer des programmes afin que le Québec possède une maîtrise des techniques d'énergie alternative, i.e. géothermie, solaire, éolienne, lui assurant ainsi un leadership à travers le monde.
- S'engager dans un véritable ménage des abris fiscaux qui ne servent que la partie hautement privilégiée de la population.
- Développer un véritable programme contre le dopage de toutes sortes en commençant par ses deux principaux marchés, les maisons d'enseignement et les prisons.
- Développer une réglementation qui favoriserait la syndicalisation des travailleurs.
- Favoriser un système de négociations permanentes entre les employeurs et les
syndicats avec l'objectif de régler les conflits de travail avant qu'ils n'atteignent
un niveau incontrôlable, facilitant ainsi de meilleures relations entre les
employeurs et les employés. Dans ce contexte, s'il n'y a pas d'entente à la date
d'échéance des conventions collectives, les syndiqués tomberaient
systématiquement en grève.
- Passer une loi afin que le bâillon ne puisse être employé pour mettre un terme à des discussions à l'Assemblée nationale tout en prévoyant un mécanisme mettant en échec les abus procéduriers de l’opposition.
- S'assurer que toutes les nominations à des postes de dirigeants de sociétés d'État, d'organismes ou de commissions gouvernementales seraient approuvées par l'Assemblée nationale. Il en irait de même pour la nomination des juges qui devraient recevoir l'appui de 75% des membres de l'Assemblée nationale.
- Trouver une formule afin que la période de questions à l'Assemblée nationale soit autre chose qu'un cirque de mauvaise qualité.
- Choisir un président des débats à l'Assemblée nationale qui ne soit pas issu des partis politiques.
- S'assurer que le budget du gouvernement ainsi que le rapport annuel soient vérifiés par le vérificateur général.
- Établir une politique de développement économique du Québec qui favoriserait les régions et les PME.
- Développer une politique d'exploitation touristique rationnelle des cours d'eau québécois, ce qui représente un intérêt économique important.
- Dresser un portrait clair de l'accessibilité des rives du Saint-Laurent, lacs, réservoirs et autres plans d'eau afin de définir les moyens de donner accès aux citoyens à ces cours d'eau.
- Mettre en marche l'instauration d'un institut responsable de faire une étude limnologique de nos lacs et cours d'eau.
- Empêcher complètement l'exploitation des cours d'eau par des entrepreneurs privés pour la réalisation de petites centrales hydroélectriques qui produisent une quantité insignifiante d'électricité et qui détruisent le paysage québécois.
- Développer une politique d'exportation de notre eau qui serait avantageuse financièrement pour tous les Québécois.
- Établir un lien permanent de consultation entre l’État et les milieux économique
et social de sorte à éviter les conflits inutiles et l’influence trop insistante et
souvent cachée des mouvements de pression. Cet organisme devrait pouvoir se
doter des outils de recherche capables de l’appuyer dans sa démarche.
- Passer une loi qui obligerait que, dans les grandes villes comme Montréal, Québec et d’autres aussi, chaque développement domiciliaire comprenne un pourcentage important de logements sociaux et à des prix modiques.
- Imiter les États-Unis et passer une loi qui protégerait les citoyens contre les pourriels.
Chantier 3 – Un projet de pays
. La façon d'inscrire les arguments en faveur de la souveraineté au cœur des enjeux contemporains et des préoccupations de la population du Québec.
- Le Parti doit présenter à la population un projet de société qui sera réalisé dans
un Québec indépendant. Il ne s'agit pas d'un programme en mille points, mais
plutôt de définir les grandes lignes, les grands principes qui inspireront l'État dans un Québec indépendant et qui permettraient de rallier la plus grande partie possible de la population. Une bonne partie de la population a toujours reproché au PQ de ne pas lui dire ce que serait le nouveau pays. Le projet de société pourrait comprendre, entre autres, certains des éléments suivants :
a) Définir la forme de gouvernement appelé à gérer un Québec souverain. Nous favorisons que le Québec soit une république.
b) Promouvoir une immigration pas exclusivement mais essentiellement francophone qui tiendra compte du taux de chômage et des besoins en main d'œuvre de la population et en plus, une politique qui favorisera l'intégration des nouveaux arrivants à la culture québécoise, à commencer par l’obligation de poursuivre leur éducation dans des écoles francophones.
c) Se doter d’une armée de paix plutôt qu'une armée de guerre, un formée pour intervenir dans des missions de paix pour l'ONU. Cette armée serait formée aussi pour intervenir en cas de cataclysmes ou de catastrophes survenant sur le territoire québécois. Cette armée devrait aussi avoir la capacité de protéger le territoire pour satisfaire aux exigences de l'ONU.
d) Développer une véritable politique de solidarité sociale qui mettrait la famille au centre de cette politique et qui implanterait, entre autres, un régime de congés parentaux conforme aux aspirations des Québécois.
e) Manifester une intention ferme de promouvoir tant au pays que sur les tribunes internationales une philosophie sociale démocrate qui fera une large place
aux PME.
f) Pour ce qui est de l'environnement, favoriser le principe déjà connu de
penser globalement et d'agir localement. De plus, le Québec souverain agira en leader sur le plan mondial pour ce qui est des grands problèmes de protection de l'environnement.
g) Également, il s'engagera à garder la propriété et le contrôle absolu sur
toutes les eaux sur son territoire.
h) Se donner un système d'éducation dont l'objectif à long terme est de devenir
progressivement entièrement ou presque gratuit à tous les niveaux, incluant le niveau universitaire, pour les citoyens québécois. Les personnes qui choisiraient d'aller travailler à l'étranger pourraient être appelées à rembourser à l'État le coût de leur formation. À cette fin, l’inscription universitaire serait conditionnelle à la signature d’un engagement à travailler au Québec pendant une période minimum avant de pouvoir aller travailler à l’étranger. Le gradué pourrait négocier des dérogations individuelles dans certains cas particuliers. Les étudiants venant de l’extérieur du Québec seraient appelés à payer le coût véritable de leur formation.
i) Prévoir une plus grande décentralisation du pouvoir vers les régions, ce qui implique la participation des régions dans le processus devant nous mener à l'atteinte de cet objectif. Des centres de recherches régionaux, dirigés par l’Université du Québec, appuieraient les instances économique et sociale de chaque région.
Plusieurs éléments contenus dans ce projet de société pourraient se retrouver aussi bien dans la prochaine plate-forme électorale du parti.
- Le Parti doit présenter à la population le budget de l'an un d'un Québec
souverain. Voilà un bon moyen de démontrer à la population les avantages de
contrôler entièrement les impôts que nous payons et les avantages financiers
pour chaque citoyen.
. Un plan d'action visant la promotion et la mobilisation en faveur de la souveraineté du Québec.
- Poursuivre le travail de l'École nationale de la souveraineté et surtout travailler
à élaborer une structure efficace d'assemblées de cuisine. Ne pas réaliser ce projet trois mois avant l'élection mais le plus tôt possible.
- Il faut entre autres redéfinir les cibles auxquelles s'adresse le PQ pour tenir
tenir compte du noyau fidèle à son idéologie et qui est porteur du projet de souveraineté.
- Il faut dès maintenant travailler en harmonie avec le Conseil de la souveraineté afin que le projet de souveraineté sorte des mains exclusives du Parti et qu'il soit rapatrié par la population.
- Se donner une politique promotionnelle propre à la Capitale nationale et à la région de l'Outaouais.
- Établir un programme de rencontres d'information avec les maisons
d'enseignement afin de promouvoir l'importance de l'indépendance du Québec.
Certaines personnes influentes pourraient être chargées de faire cette tournée
d’une façon assidu. C’est le Conseil de la souveraineté qui devrait jouer ce rôle.
- Une fois au pouvoir, le Parti doit revoir sa décision de ne pas se servir de l'argent de l'État pour promouvoir le projet d'indépendance.
. Les conditions dans lesquelles le Québec passera du statut de province à celui d'État souverain
- La principale condition est que chaque ministre, chaque député accepte de
travailler prioritairement et quotidiennement à faire l'indépendance du Québec et que ceux qui refusent soient exclus du Parti.
- Permettre le vote à compter de l'âge de16 ans.
- Si le PQ décide de faire un référendum sur l'indépendance du Québec, il devra absolument au préalable doter chaque citoyen d'une carte d'électeur numérisée avec photo accompagnée d'une carte de citoyen, ce qui éviterait le vol du référendum. Un comité du PQ a d'ailleurs recommandé en juin 2002 de faire une expérience en ce sens avec 6 circonscriptions lors de la dernière élection, ce qui n'a pas été fait. Avec ou sans référendum, cette carte d’électeur doit rapidement exister pour chaque élection.
- Établir immédiatement des contacts internationaux, plus particulièrement avec la
France et les États-Unis, et pourquoi pas non plus avec le ROC, afin d'identifier
des alliés politiques qui appuient notre projet de souveraineté et qui accepteront
de l'exprimer publiquement.
- Faire une entente avec les autres mouvements progressistes québécois, qui représentent tout de même un segment important de la population, qui pourrait aller aussi loin que de leurs réserver des circonscriptions gagnantes lors de la prochaine élection. Ce n'est pas vrai que le PQ peut faire la souveraineté seul. Prendre le pouvoir, peut-être, faire la souveraineté sans cet appui, non.
- Étudier très sérieusement la possibilité que le PQ assume le leadership de la création d'un nouveau parti politique au Québec qui, sous un autre nom, regrouperait toutes les forces progressistes et souverainistes du Québec. Cette démarche aurait plusieurs avantages :
a) rallier plus facilement à une même cause les mouvements progressistes actuels (la gauche, le centre gauche, les sociaux démocrates les partis existants et d'autres qui pourraient naître)
b) rallier les différents types de nationalistes qui actuellement refusent de s'allier au PQ,
c) donner une image plus moderne du mouvement souverainiste,
d) enterrer les fantômes qui hantent le PQ, qu'ils soient justifiés ou non, (i.e. la gestion de la SGF, le métro de Laval qui passe de 160 millions à 600 millions et bientôt à un milliard, les mauvaises conditions dans certains centres pour personnes âgées ou handicapées) et se donner ainsi une nouvelle virginité
e) rejoindre les personnes qui sont à la recherche de changements
f) offrir une véritable alternative à la droite que nous impose maintenant sans véritable mandat le PLQ.
Holà ! ne ridiculisons pas trop rapidement cette idée. Ne l'écartons pas trop rapidement non plus. Ne faisons pas des gorges chaudes de cette proposition. Ne cherchons pas des raisons de dire non avant de l'étudier sérieusement. Pas facile, hein ! Ne disions-nous pas que c'était aussi la saison du courage ? Après tout, afin de mieux exister, le PQ n’a-t-il pas un jour accepté une fusion avec le RIN ? Et si le PQ peut faire mieux sans avoir recours à ce choix, personne ne s’y opposera.
- Il faudra surtout et toujours, du courage, du courage, du courage, du courage.
. La description de certains aspects du pays du Québec, notamment de ses choix collectifs, de ses finances publiques et des pouvoirs des régions.
. Propositions :
- Le mouvement souverainiste a derrière lui deux échecs référendaires qui ont
pour effet que le mot référendum irrite beaucoup de gens, même plusieurs
nationalistes québécois. Nous voulons bien admettre que la stratégie de l’étapisme était la bonne, mais nous croyons que nous sommes maintenant rendus à l’étape finale. Si les référendums ont permis de faire la promotion de l’indépendance, il ne nous semble pas que ce soit le seul et nécessairement le meilleur moyen à employer afin de réaliser l’étape finale. N'y a-t-il pas d'autres moyens de faire l'indépendance de notre pays, d'autant plus que nous savons que le fédéral ne reconnaîtra même pas un référendum largement gagnant ? D'ailleurs, quand on se tourne vers le passé, on se rend compte que la constitution actuelle et tous les changements survenus par la suite n'ont jamais été réalisés par voie d'un référendum. De plus, un référendum n'est que consultatif alors que l'Assemblée nationale a le pouvoir de faire la souveraineté. Il faut se rendre à l’évidence que depuis le jour où le PQ a choisi de faire l'indépendance par le moyen d'un référendum, les choses ont bien changé. Notre partenaire, le fédéral, n'a t-il pas depuis décidé que 50% des votes n'étaient pas suffisants pour faire la souveraineté ? Le Québec n’est-il pas entré dans la Confédération suite à un faible vote des membres de l’Assemblée législative ? Une porte d’entrée ne peut-elle pas servir aussi de porte de sortie, de sortie de secours s’il le faut ? Finalement, devrions-nous, en persistant à vouloir absolument tenir un nouveau référendum, donner l'image d'un parti obstiné, réfractaire aux changements ? Courage, courage.
Nous suggérons 5 autres moyens d'arriver à réaliser notre projet d'indépendance.
1) La prochaine élection pourrait être référendaire, c.à.d que si le PQ était élu, peu importe le pourcentage du vote, il entamerait immédiatement le processus d'indépendance. C'est ainsi qu'est née la Slovaquie. Le RRS et le PQ Bertrand ont souvent réclamé cette stratégie. Si le PQ avait adopté cette stratégie lors de la dernière élection, nous serions possiblement aujourd’hui à concrétiser notre indépendance au lieu d’en rêver.
2) Ayant déclaré son intention, si le PQ est élu lors de la prochaine élection avec plus de 50% des votes, il entame immédiatement le processus devant nous mener à l’indépendance.
3) Une fois élu, le gouvernement péquiste s'engage immédiatement dans un processus de négociation avec le fédéral sur une liste de points essentiels, comprenant à la base la liste de demandes de l'ADQ lors de sa fondation, qui assureraient que le Québec pourra se gouverner comme une nation distincte, assurant ainsi l'existence du fait français chez-nous et la survie de notre nation. Le gouvernement pourrait agir avec ou sans l'appui des autres partis politiques. Si Ottawa est d'accord, on progresse, on apprend aussi à gagner. Si Ottawa dit non, on fait l'indépendance. Pensez-vous vraiment qu'Ottawa pourrait dire oui, même partiellement ? Nous aurions ainsi donné une dernière chance au fédéralisme et les Québécois comprendraient finalement que notre existence est impossible dans le système actuel.
4) Le PQ pourrait agir en concertation avec les autres partis politiques, dont l'UFP à qui il pourrait réserver des circonscriptions gagnantes et l'ADQ, dont le moratoire de 10 ans sans parler de souveraineté s'achève bientôt, afin qu'une fois élus avec une majorité des sièges pour ces trois partis ils s'engagent conjointement à faire l'indépendance du Québec.
5) Selon plusieurs personnes, basé sur son fondement juridique, qui en définitive démontre que le Québec n'a pas été victime d'une guerre légale ou d'une conquête mais qu'il a plutôt été victime d'un acte de piraterie, ce qui en fait un pays qui a toujours été souverain, le Québec est justifié de se déclarer maintenant comme un État souverain.
Nous savons que ce n'est pas facile de sortir d'un sentier déjà tracé, mais ne vaut-il pas la peine d'avoir le courage de réfléchir sérieusement à d'autres moyens de faire notre indépendance ?
- Le parti doit s'engager à faire un référendum sur la souveraineté du Québec, si malheureusement c'est la seule méthode qu'il préconise pour atteindre notre objectif, au cours de la première année de son nouveau mandat.
- Le Parti doit cesser de présenter différents modèles d'association avec d'autres pays une fois que nous serons indépendants, i.e. une union confédérale à saveur européenne, une association avec le ROC avec différents modèles d'application, etc. et faire l'unanimité sur un seul projet. Nous privilégions l'option de faire du Québec un pays indépendant, qui par la suite négociera librement des ententes avec les pays avec lesquels il souhaite faire des ententes, incluant le ROC qui n'aura d'autres choix que de s'empresser de négocier des ententes économiques d'abord et d'autres natures par la suite.
- Le PQ devrait travailler à la rédaction d'une constitution québécoise et la faire
adopter dès son élection, ce qui d'une part aurait pour effet de démontrer sa volonté de faire l'indépendance du Québec et d'autre part, en déclarant que celle-ci a préséance sur la constitution canadienne, cela d'invaliderait les effets de la constitution de 1982. Cette constitution pourrait contenir les points suivants :
1) une charte des droits et libertés qui tient compte des droits collectifs et non
seulement des droits individuels
2) qui n'engagerait pas le Québec à promouvoir chacune des collectivités, ce qui rend la chose ridicule
3) qui affirmerait la laïcité des institutions publiques tout en laissant le droit de pratiquer quelque religion que ce soit
4) qui consacrerait la langue française comme étant la langue officielle et commune, mais qui reconnaîtrait par des lois des droits linguistiques aux anglophones
5) qui ferait la promotion d'une culture publique commune à l'ensemble des citoyens
6) qui déclarerait que le Québec est un pays indépendant et souverain sur tout le territoire de l'ancienne province du même nom
7) qui garantirait à tous les citoyens le droit d'être logés, nourris, vêtus et soignés de façon à leur permettre de vivre dans la dignité nécessaire à l'épanouissement des individus
8) qui garantirait à tous les citoyens du Québec le droit à une formation académique éventuellement gratuite et de qualité et cela à tous les niveaux, de la maternelle à l'université
9) qui garantirait à tous les travailleurs le droit à la syndicalisation
10) qui garantirait aux peuples autochtones le droit de s'administrer sur les terres leur appartenant
- Le PQ devrait se questionner sérieusement sur la pertinence de l'existence du Bloc Québécois. Cette police d'assurance pour les Québécois ne favorise-t-elle pas notre refus de faire l'indépendance ? Tous les députés du Bloc ne devraient-ils pas démissionner en bloc au moment où on annonce la tenue d'un référendum ou toute autre démarche devant nous mener à l'indépendance ?
Voilà, courage et encore courage, car c'est peut-être notre dernière chance de faire l'indépendance du Québec. Et comme le disait si bien le poète : "Ce n'est pas le drapeau au bout du mât qui fait avancer le bateau, mais la voilure du bateau."
Pour le Rassemblement des résolument souverainistes (RRS)
Jean-Marc Lefebvre, secrétaire
jean-marc.lefebvre@citenet.net
Yves Parent, président
parent_y@hotmail.com