
»» Scandale des commandites
Duceppe accuse Martin de cacher sa propre participation
Rollande Parent
Le Soleil jeudi 18 mars 2004
PC Montréal - Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, considère qu'il est prématuré pour le premier ministre Paul Martin de faire comme s'il n'avait joué aucun rôle dans le scandale des commandites.
Il estime qu'il est trop tôt pour lui pourtenter d'entraîner les électeurs à sa suite en prônant diverses réformes et en clamant "plus jamais".
"On veut savoir plus jamais quoi, plus jamais qui et plus jamais pourquoi", a lancé M. Duceppe, hier, lors d'une conférence de presse à Montréal, quelques heures après le discours de Paul Martin à Québec.
M. Duceppe tient à ce que le premier ministre réponde de ses actes devant le Parlement en commençant par répondre aux questions qui lui sont posées au sujet des commandites.
M. Duceppe a présenté aux médias un condensé chronologique des éléments mis au jour au cours des dernières semaines en partie grâce aux travaux menés par le Comité des comptes publics, à Ottawa.
"Paul Martin a été ministre des Finances pendant 10 ans. Il a accordé de l'argent au fonds de l'unité nationale. Où est caché cet argent ? À quoi a-t-il servi ? Comment l'a-t-on utilisé ?" a soulevé M. Duceppe.
"On ne le sait pas. Comme ministre des Finances, il ne pouvait pas ne pas le savoir. D'autant plus qu'il était vice-président du Conseil du Trésor, qui vérifie les dépenses du gouvernement. Il était ministre senior du Québec, il ne pouvait pas ne pas le savoir", a-t-il renchéri.
Le chef du Bloc s'est montré outré de voir que le même homme qui refuse de répondre aux questions en Chambre "vienne faire des discours à Québec, la main sur le coeur, en disant plus jamais".
"Il tente de camoufler la vérité. Il veut s'en laver les mains, c'est trop facile", de soutenir le député.
M. Duceppe évalue que le premier ministre Martin tente "d'enterrer l'affaire" en disant aux députés qui posent des questions d'attendre l'enquête Gomery.
"Il s'agit de la même tactique que Jean Chrétien. Rien n'est changé", a-t-il soutenu.
D'ici à ce que l'enquête Gomery, dont on ignore encore à quel moment elle se mettra en branle, pourra fournir des réponses, le chef du Bloc invite les Québécois à "donner une bonne leçon" au gouvernement actuel.
"La seule garantie des Québécois est que le Bloc québécois soit là pour s'assurer que les libéraux ne tenteront pas de recommencer ce qu'ils ont fait", a-t-il dit.

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Des fonctionnaires témoignent des liens de Gagliano dans les commandites
Le Devoir jeudi 18 mars 2004
PC Ottawa - À la veille du passage très attendu d'Alfonso Gagliano devant le comité des Comptes publics, d'autres témoignages sont venus montrer que l'ex-ministre aurait eu des conversations fréquentes avec le directeur du programme de commandites, Chuck Guité.
Lors d'une réunion à huis clos hier, les députés membres d'un sous-comité ont entendu sept ex-fonctionnaires de l'ancienne équipe de gestion du programme de commandites. Ces témoignages, qui démontreraient les liens politiques dans la gestion du programme, s'ajoutent aux autres déclarations faites par des dénonciateurs au cours des dernières semaines.
«Aujourd'hui, il y a au moins deux témoins qui nous ont dit que c'était fréquent que [Chuck] Guité et M. Gagliano se parlaient», a indiqué le député du Bloc québécois Odina Desrochers, qui estime que les interventions politiques dans le programme semblent de plus en plus évidentes.
Selon M. Desrochers, les versions des faits de ces ex-fonctionnaires viennent confirmer ce que de plus en plus d'indices tendent à montrer, c'est-à-dire que l'ex-ministre des Travaux publics discutait de la gestion du programme avec le directeur, M. Guité.
«Les rencontres nous sont utiles puisqu'elles nous aident à faire les liens au niveau politique», a pour sa part expliqué la députée néo-démocrate Judy-Wasylycia-Leis. «Nous nous approchons du coeur du problème.» Grâce à ces témoignages, les questions que les députés poseront à M. Gagliano seront plus difficiles, a-t-elle poursuivi.
Lorsque l'ex-ministre Alfonso Gagliano s'assoira devant les membres du comité des Comptes publics, aujourd'hui, une grande contradiction occupera donc l'avant-scène: comment peut-il affirmer avoir ignoré les abus commis dans le programme de commandites alors que de nombreux fonctionnaires déclarent qu'il suivait le programme de très près?
Depuis deux semaines, l'ex-ministre et ambassadeur déchu se défend bec et ongles d'être responsable du scandale des commandites. Par l'entremise des médias, il a défendu son intégrité, répétant sur toutes les tribunes n'avoir rien à se reprocher et n'avoir pas été au courant des abus que la vérificatrice générale a étalés au grand jour dans son rapport.
«Je n'étais pas au courant [...]. Je ne peux pas être responsable de quelque chose [dont] je ne suis pas au courant», avait déclaré M. Gagliano en entrevue sur les ondes de RDI, il y a deux semaines.
Du même souffle, il affirmait que l'ex-premier ministre Jean Chrétien ne pouvait pas être au parfum de ce qui se passait dans la petite équipe de gestion du programme de commandites puisque même le ministre des Travaux publics ignorait la situation.
Devant le comité des Comptes publics aujourd'hui, son message risque fort d'être le même. M. Gagliano nie vivement être au centre du scandale et se dit victime de toute l'affaire, mais plusieurs questions demeurent sans réponse.

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Myriam Bédard témoignera dans le scandale des commandites
Joël-Denis Bellavance
La Presse jeudi 18 mars 2004
Ottawa - Projetée malgré elle dans la tempête politique provoquée par le scandale des commandites, la double médaillée d'or olympique Myriam Bédard sera appelée à témoigner devant le comité des comptes publics de la Chambre des communes d'ici la mi-avril.
Mme Bédard, qui a travaillé pendant près d'un an chez VIA Rail, mis en cause dans le rapport dévastateur de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, le mois dernier, a comparu pendant 45 minutes à huis clos devant un groupe de quatre députés la semaine dernière afin de déterminer si son témoignage était essentiel, a appris La Presse.
L'athlète s'est présentée devant les parlementaires avec une pile de documents pour corroborer ses affirmations selon lesquelles VIA Rail et l'agence de communication Groupaction se sont livrés à des malversations dans le cadre du programme de commandites en 2001.
Un témoignage percutant
" Le témoignage de Mme Bédard sera un témoignage percutant ", a déclaré hier le député du Bloc québécois Odina Desrochers, un des députés devant qui elle a témoigné la semaine dernière. " Mme Bédard est une femme très structurée. Pour faire ce qu'elle a fait, ça prend une discipline de fer. Alors, elle était prête. Elle avait des documents avec elle, mais ils ne pourront être déposés que lorsqu'elle fera son témoignage devant le comité ", a ajouté le député bloquiste.
Les autres députés qui ont entendu Mme Bédard sont la libérale Marlene Jennings, la néo-démocrate Judy Wasylycia-Leis et le conservateur John Williams.
Au coeur de l'actualité
Mme Bédard a été propulsée au coeur de l'actualité après avoir affirmé, dans une lettre envoyée au premier ministre Paul Martin le mois dernier, avoir été témoin de gonflements de factures relativement à des transactions entre VIA Rail et Groupaction. Cette lettre lui a valu des commentaires désobligeants de la part de l'ancien président du conseil d'administration de VIA Rail, Jean Pelletier, qui a nié avec véhémence avoir trempé de quelque manière que ce soit dans le scandale des commandites.
Après avoir pris connaissance des propos de M. Pelletier, M. Martin a décidé de congédier celui qui avait été chef de cabinet de Jean Chrétien. M. Pelletier, qui sera aussi appelé à témoigner devant le comité des comptes publics ainsi que devant la commission d'enquête présidée par le juge John Gomery, a affirmé avoir été victime d'un règlement de comptes politique de la part de M. Martin.
Aujourd'hui, l'ancien ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, doit témoigner à compter de 9 h. Son témoignage tant attendu pourrait durer toute la journée et continuer demain.
Les bouchées doubles
Dans la perspective d'élections générales au printemps, les députés mettent les bouchées doubles afin d'obtenir le plus d'informations possible avant le début de la bataille électorale, d'autant plus que le comité des comptes publics sera dissous lorsque M. Martin décidera de convoquer les électeurs aux urnes.
Ainsi, le comité pourrait siéger mardi, jour du dépôt du premier budget du ministre des Finances, Ralph Goodale, afin d'entendre le témoignage d'un autre ancien ministre des Travaux publics, David Dingwall, aujourd'hui président de la Monnaie royale canadienne.

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Paul Martin promet de gouverner en toute honnêteté
Robert Dutrisac
Le Devoir jeudi 18 mars 2004
À Québec, le chef libéral juge son ancien patron: «le bureau du premier ministre était devenu trop puissant»
Paul Martin a voulu prononcer un discours important, hier, destiné aux Québécois. Avec lui, le gouvernement fédéral ne sera jamais plus le même: fini le gaspillage, fini le copinage. Bref, Martin n'est pas Chrétien.
Québec - Le premier ministre Paul Martin a promis, hier, de mettre fin «rapidement et pour toujours» au gaspillage et au copinage qui caractérisent le gouvernement à Ottawa depuis des décennies.
Devant les membres de la Chambre de commerce de Québec et des militants libéraux, Paul Martin a prononcé un discours, en français pour l'essentiel, portant presque totalement sur le scandale des commandites et sur le changement de culture qu'il préconise. «Je suis sûr que nous sommes à un point tournant. Le gouvernement ne sera plus jamais pareil», a déclaré le premier ministre.
Paul Martin s'est engagé à procéder à «un changement de culture au gouvernement, où nous avons enclenché une lutte sans merci contre le gaspillage et la mauvaise gestion, et où nous mettrons fin au copinage».
Prenant soin de prendre ses distances du gouvernement libéral de son prédécesseur Jean Chrétien, Paul Martin a rappelé que deux options s'offraient à son gouvernement à la suite du rapport de la vérificatrice générale sur les commandites. «Nous aurions pu balayer tout ça sous le tapis et faire comme si de rien n'était. C'est une approche politique que les gens connaissent», a-t-il dit en évoquant la manière Chrétien. Pas une fois dans son discours M. Martin n'a prononcé le mot «libéral».
En conférence de presse, M. Martin a souligné que le copinage était un système érigé depuis des décennies. Il a promis d'y mettre fin: les nominations se feront au mérite et en fonction de la compétence. Au sujet de ce paradis du copinage que représente le Sénat, M. Martin se dit ouvert à y mettre un terme. Mais il préconise une véritable réforme du Sénat et non pas seulement un changement du mode de nomination des sénateurs par le premier ministre.
En ce qui a trait au témoignage que doit livrer aujourd'hui Alfonso Gagliano devant le comité des Comptes publics, M. Martin a indiqué qu'il ne savait pas l'impact que l'exercice aura sur son gouvernement. L'important, c'est qu'on connaisse les faits, a-t-il dit. Il reste encore des témoignages à entendre avant que la population puisse prendre une décision électorale éclairée, estime M. Martin.
Ce discours à Québec se voulait majeur. Au Québec, le scandale des commandites a permis au Bloc québécois de devancer le Parti libéral de 15 % dans les intentions de vote, un renversement de situation. Alors que dans le reste du Canada le Parti libéral semble vouloir reprendre du poil de la bête, rien ne semble vouloir bouger au Québec. Compte tenu de l'importance de l'événement aux yeux de l'entourage du premier ministre, son secrétaire principal Francis Fox et le communicateur André Morrow accompagnaient le premier ministre.
Dans son discours, Paul Martin a annoncé qu'il déposera lundi prochain, soit plus tôt que prévu, un projet de loi pour protéger les dénonciateurs (whisleblowers) au sein du gouvernement et des sociétés d'État. Quand on lui a demandé pourquoi il n'avait pas agi lui-même comme dénonciateur au sein du gouvernement Chrétien, M. Martin a signalé un discours qu'il a fait il y a un peu moins de deux ans.
Paul Martin a énuméré une série de mesures qu'il a prises depuis sa nomination comme premier ministre afin de changer «la façon dont les choses se font à Ottawa», selon son expression. «Au cours des dernières décennies, le bureau du premier ministre était devenu trop puissant», a-t-il dit. La majorité des votes au Parlement seront des votes libres (en tenant compte, toutefois, des votes sur des motions de l'opposition qui ne portent pas à conséquence). Les parlementaires auront leur mot à dire sur les nominations au gouvernement, y compris à la Cour suprême, a souligné M. Martin, bien que, et cela semble contradictoire, «le seul critère de sélection sera la compétence et non pas le fait que vous étiez un ami du gouvernement».
Par ailleurs, alors que l'Assemblée nationale a adopté, hier, une motion unanime sur le déséquilibre fiscal pour obtenir une amélioration dès le prochain budget fédéral, Paul Martin est resté ferme: il n'y aura pas plus d'argent pour les provinces que les deux milliards déjà promis. Pour le reste, il faudra attendre la rencontre des premiers ministres sur la santé cet été.

»» Scandale des commandites
Le «désormais» de Paul Martin
Bernard Descôteaux
Le Soleil jeudi 18 mars 2004
Aiguillonné par des sondages désastreux pour son parti, le premier ministre Paul Martin promet une petite révolution au sein de l'appareil gouvernemental fédéral. Même si son action est inspirée avant tout par le désir de conserver le pouvoir, il faut reconnaître que la démocratie y gagnera.
La lecture qu'a faite Paul Martin de l'état d'esprit de l'électorat canadien au lendemain de la publication du rapport de la vérificatrice générale sur le scandale des commandites est on ne peut plus juste. Comme le veut le dicton, trop fort casse. Le gouvernement Chrétien était allé trop loin dans le copinage et le gaspillage de fonds publics. Paul Martin devait donc, à titre de nouveau premier ministre, se distancer du régime précédent par une rupture qui soit aussi radicale que celle réussie par Paul Sauvé avec son célèbre «désormais» au moment de succéder au premier ministre Maurice Duplessis.
Plus on approche des prochaines élections, plus M. Martin insiste sur cette démarcation. Plus il dénonce à mots à peine couverts le régime Chrétien. Plus il promet des changements qui, additionnés les uns aux autres, feront que «la bureaucratie, le processus politique, Ottawa au complet ne seront plus jamais comme avant». Une véritable révolution, pourrait-on croire à écouter le discours qu'il a prononcé hier à Québec. Emphase électorale mise de côté, on doit convenir qu'il y a des choses intéressantes dans les engagements qu'il prend. Des choses qui s'imposaient et que, sans le contexte créé par le scandale des commandites, personne n'aurait pu réaliser en raison des résistances qui se seraient manifestées de toute part, tant dans le Parti libéral que dans l'appareil gouvernemental.
À la source du copinage et du gaspillage dénoncés ces dernières années, se trouve pour une large part le trop grand pouvoir de l'exécutif, tout particulièrement la puissance quasi impériale du bureau du premier ministre. Il n'y a guère de nominations et de décisions à Ottawa qui puissent se faire sans son aval. Il n'y a guère de contrôles qui puissent véritablement tempérer son pouvoir. C'est là qu'il faut agir, ce que M. Martin semble avoir compris puisque les mesures qu'il propose permettront au Parlement de jouer son rôle de contrepoids au pouvoir exécutif. À cet égard, on aimerait qu'à Québec, le premier ministre Charest le comprenne aussi car le déséquilibre des pouvoirs y est aussi grand.
Les choses changeront-elles aussi radicalement que le premier ministre le prétend? Celui-ci est le premier à reconnaître que ce qu'il propose est un changement majeur de la culture politique et que les résistances qui ne s'expriment pas aujourd'hui pourront se faire entendre demain ou après-demain.
Les réformes Martin seront de la musique aux oreilles des députés de l'opposition, qui auront de meilleurs instruments pour jouer leur rôle. Mais pour que les choses changent véritablement, il faudra que la majorité ministérielle adopte de nouvelles attitudes. Ainsi, il faut se demander si les députés libéraux oseront s'opposer à l'autorité de leur premier ministre en votant contre les projets du gouvernement. Oseront-ils s'exprimer contre le choix de celui-ci lorsqu'ils examineront en comité parlementaire les nominations de présidents de société d'État et de hauts fonctionnaires? Oseront-ils se lever en Chambre pour dénoncer le gaspillage qui ne manquera pas de resurgir ici ou là un jour? Tout dépendra de leur capacité à manifester leur indépendance face à un chef dont ils savent par ailleurs trop bien qu'il est le seul qui puisse leur ouvrir la porte du conseil des ministres.
Paul Martin jure de sa sincérité et de sa détermination à changer les choses. On aimerait le croire. Sans être cynique, il faut rappeler que Jean Chrétien promettait en 1993 de nous donner le gouvernement le plus intègre que le Canada aurait jamais eu.

»» Bloc québécois
PIERRE PETTIGREW À LA PRESSE
"Les gens se déresponsabilisent" en votant pour le Bloc"
André Duchesne
La Presse jeudi 18 mars 2004
" Le vote à l'endroit du Bloc est un vote qui déresponsabilise complètement le citoyen à l'endroit de ce qui peut se passer à Ottawa ", a déclaré le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales et de la Santé, Pierre Pettigrew, au cours d'une entrevue avec La Presse hier après-midi.
Le ministre répondait à une question sur sa perception des récents sondages réalisés à la suite du dépôt du rapport de la vérificatrice générale sur l'affaire des commandites, sondages donnant le Bloc québécois largement en avance au Québec.
Le ministre a d'abord qualifié de " vote de protestation " cet appui massif des répondants québécois au Bloc avant d'aborder la question de la déresponsabilisation. Il fait un rapprochement entre cet intérêt soudain pour le Bloc et les électeurs qui préfèrent appuyer un parti n'ayant aucune chance d'être élu, mais jouant un rôle de chien de garde face aux actions d'un gouvernement.
" Un chien de garde, ça aboie. Ça aboie sur tout ce qui passe. C'est facile, eux autres disent: on l'avait bien dit. Bien sûr, ils aboient sur tout. Mais ça n'a pas de dents. Un chien de garde n'a pas de dents. Ça ne fait qu'aboyer. Je trouve que c'est un vote qui déresponsabilise de se dire: Je vais voter pour quelqu'un qui va aboyer mais qui ne fera rien. Il ne peut rien faire. Il ne sera jamais au pouvoir. Il n'aura jamais à prendre de responsabilité s'il y a des malversations, administratives ou d'un autre ordre. "
À ses yeux, le gouvernement Martin les prend, justement, ses responsabilités, avec l'engagement maintes fois répétés par le premier ministre d'" aller au fond des choses " en ce qui a trait aux commandites.
Interrogé sur l'ancien gouvernement Chrétien, sous lequel le scandale des commandites a commencé et dont il a fait partie depuis son élection en mars 1996, M. Pettigrew a refusé de lancer la pierre à qui que ce soit, estimant qu'il faut laisser les différentes enquêtes et commissions suivre leur cours. Les mesures annoncées hier par M. Martin au cours d'un discours à Québec rayeront une fois pour toutes ces possibilités de malversations dans l'avenir, croit-il.
Au cours de la rencontre d'une heure, M. Pettigrew est d'ailleurs revenu à plusieurs reprises sur ce vent de nouveauté qu'apporte non seulement l'arrivée de Paul Martin à la barre du gouvernement fédéral, mais celle de plusieurs premiers ministres provinciaux dont les visions dépassent le territoire de leur province et les éternelles chicanes fédérales-provinciales.
" Le rapport de Paul Martin au Québec n'est pas belliqueux, bien au contraire, donne-t-il en exemple. On a pour la première fois depuis (Lester B.) Pearson une donne qui va nous permettre de réaliser des changements de culture assez en profondeur. " Autrement dit, il est confiant de voir plusieurs dossiers se régler, notamment les congés parentaux, le déséquilibre fiscal, les transferts de fonds en santé.

»» Bloc québécois
Suggestions "prébudgétaires" du Bloc pour soutenir les familles québécoises
Nathaëlle Morissette
La Presse jeudi 18 mars 2004
Ottawa - Moins d'une semaine avant le dépôt du budget, le Bloc québécois propose une série de mesures visant à soutenir les familles québécoises, notamment par le transfert de 700 millions de dollars servant à mettre en place un programme de congé parental, par la création d'un crédit d'impôt pour enfant à charge de 5000 $ et par une déduction des frais de garde de 25 $ par jour.
Le budget qui sera déposé le 23 mars par le ministre des Finances, Ralph Goodale, suscite des attentes élevées dans les rangs bloquistes puisqu'on estime que le gouvernement fédéral emmagasinera, au cours des trois prochaines années, des surplus de 37,3 milliards.
" Le gouvernement fédéral nage dans l'argent et est capable de réparer un certain nombre d'erreurs du passé ", a affirmé hier lors d'un point de presse le porte-parole du Bloc québécois en matière de Finances, Pierre Paquette.
Selon le député de Joliette, afin de " réparer ses erreurs ", le gouvernement Martin doit mettre l'accent sur les familles qu'il a pénalisées en ne transférant pas l'argent aux provinces pour les congés parentaux. Il s'attend donc à ce que le budget de M. Goodale réponde aux demandes du Bloc. C'est pourquoi le parti fait trois propositions. Outre la création d'un programme de congé parental, il souhaite également que les parents d'enfants qui fréquentent les garderies ou les centres de la petite enfance puissent déduire des frais de garde de 25 $ par jour même s'ils paient 7 $ quotidiennement. En effet, le Bloc préfère que l'argent retourne dans les poches des parents plutôt que dans les coffres de l'État québécois qui finance le système. " Étant donné qu'ils " les parents " paient en fait juste 7 $ au lieu de 25 $, ils ne peuvent déduire que 7 $ alors que le coût réel pour la société québécoise est de 25 $ ", explique M. Paquette.
Concernant les crédits d'impôt, Pierre Paquette déclare que ceux-ci permettraient aux Québécois de faire des économies d'impôt de 670 $ par enfant par année au Québec. Ainsi, une famille, avec un revenu annuel de 70 000 $ et dont les deux enfants fréquentent la garderie à 7 $, pourrait faire des économies d'impôt de 2600 $ chaque année, déclare-t-il.
Autres priorités
Mis à part la famille, le Bloc a établi une série de priorités. Il propose entre autres au gouvernement d'investir cette année 1 milliard de dollars pour le logement social. " Je vous rappelle que la demande des groupes de logements est de l'ordre de 1 % des dépenses du fédéral. D'ici trois ans, on pense que le gouvernement est en mesure d'atteindre cet objectif-là ", mentionne M. Paquette.
On souhaite également qu'il y ait une bonification du transfert canadien pour la santé et les programmes sociaux. De plus, le Bloc propose la mise sur pied d'un comité d'experts indépendant rattaché au comité des finances pour donner une lecture juste et réelle de l'état des finances publiques.
Enfin, 2,3 milliards de dollars pourraient être investis au cours de l'année 2004-2005 pour une panoplie d'autres mesures telles que des fonds destinés aux éleveurs de bovins et à l'environnement. Au total, le parti a formulé des attentes qui se chiffrent à 48,3 milliards sur trois ans.
Tous les Canadiens
Pour sa part, John Embury, porte-parole du ministre des Finances, Ralph Goodale, assure que les surplus budgétaires sont loin d'être aussi élevés que ce qu'affirme le Bloc.
" C'est trois fois plus gros que ce qui est prévu en réalité ", mentionne M. Embury. En effet, le ministère des Finances s'attend plutôt à des surplus de 10 milliards d'ici trois ans.
Et lorsqu'on lui demande si le prochain budget proposera des mesures intéressantes pour les familles, John Embury se contente de répondre: " Il y aura des choses intéressantes pour tous les Canadiens. "

»» La réingénierie de l'État
Quel État veulent les Québécois?
Frédéric Denoncourt
Voir, n° Vol: 18 NO: 11 jeudi 18 mars 2004
Désengagez-vous, qu'ils disaient!
La réingénierie de l'État alimente tous les débats depuis quelque temps. Mais tandis que les groupes syndicaux et sociaux manifestaient bruyamment, les Québécois se disaient en faveur des réductions d'impôts promises. De quel État avons-nous besoin? Des spécialistes se prononcent.
Selon un sondage Léger Marketing, 70 % des Québécois veulent que le gouvernement tienne sa promesse de baisser les impôts dès cette année.
Norma Kozhaya de l'Institut économique de Montréal: "Lorsqu'on baisse les impôts des plus riches, leur contribution fiscale globale augmente car ils sont plus nombreux à rester pour profiter des nouvelles mesures."
Robert Jasmin d'ATTAC: "C'est comme si on essayait de nous vendre l'idée que l'on doit utiliser une tronçonneuse sans nous dire si elle servira à émonder ou à faire une coupe à blanc."
Isabelle Fortier de l'ENAP: "On tente de légitimer des transformations radicales qui ne sont pas appuyés sur des problématiques concrètes."
Si la révision en profondeur des missions et du rôle de l'État québécois entamée par le gouvernement, et qui passe par une diminution de la taille de la fonction publique, le recours à la sous-traitance dans le secteur public, la formation de partenariats public-privé, et des réductions d'impôts importantes, ne fait pas que des heureux, un sondage Léger Marketing mené en janvier dernier révélait que 70 % des Québécois veulent que le gouvernement tienne sa promesse de baisser les impôts dès cette année. Cet appui est plus marqué chez les femmes et chez ceux qui ont un emploi (72 %), chez les gens âgés de 25 à 44 ans (74 %) et chez les travailleurs syndiqués (75 %).
Vues divergentes
Réjean Breton, professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval, se dit un farouche partisan des réformes qui se dessinent, essentielles selon lui pour faire progresser le Québec. Il a fait paraître deux ouvrages critiques sur le mouvement syndical, qui serait un frein à la productivité. "Nous sommes l'endroit en Amérique du Nord où l'État prend le plus de place et se mêle de tout. C'est une culture terrifiante qui encourage l'irresponsabilité individuelle. Nous sommes les plus taxés, les plus syndiqués. Nous sommes parmi ceux qui travaillent le moins, et c'est ici que le chômage est le plus élevé en excluant les Maritimes. Il se crée moins d'emplois au Québec que chez nos voisins et nous avons un niveau de vie plus bas qu'eux. C'est ici qu'on investit le moins. Or c'est comme ça qu'on crée de la richesse. C'est évident qu'il faut changer les manières de faire."
Aux yeux de Robert Jasmin, président d'ATTAC Québec, ce discours qui veut réduire radicalement la taille de l'État pour faire plus de place au privé dissimule des visées idéologiques profondes, qui pourraient mener à la privatisation de la santé et de l'éducation. "Il faut constamment réviser les techniques et modalités de l'intervention de l'État, c'est le gros bon sens. Mais les néolibéraux parlent de l'État comme de quelque chose d'extérieur à nous. Tandis qu'on n'a aucun contrôle démocratique sur les destinées de Wal-Mart ou d'Esso, on en a sur Hydro-Québec. Là est la nuance. En ce moment, on ne nous présente pas de vision globale de cette réingénierie. C'est comme si on essayait de nous vendre l'idée que l'on doit utiliser une tronçonneuse sans nous dire si elle servira à émonder ou à faire une coupe à blanc."
La droite en vogue
Pour le sociologue Jacques B. Gélinas, auteur de l'essai Le Virage à droite des élites politiques québécoises, le gouvernement Charest cède en ce moment à la vague mondiale qui veut qu'on réduise à tout prix la taille et le rôle de l'État. La réingénierie se situe en bout de piste d'un mouvement qui s'amorce avec la déréglementation, la privatisation et la libéralisation. "Ces quatre consignes se recoupent et se complètent. La réingénierie implique de redéfinir la mission de l'État pour qu'elle puisse se conformer aux nouvelles orientations de l'économie. Le but est d'aider les entreprises à faire plus de profits."
M. Gélinas déplore aussi le manque de transparence dont a fait preuve le gouvernement jusqu'à ce jour. "La mission de l'État est de répartir le bien commun, de protéger l'environnement dans lequel on vit, la santé, l'air que l'on respire et les droits sociaux. Or, on se prépare à le faire fonctionner comme une entreprise privée, sans demander aux citoyens quelle devrait être sa mission centrale. M. Charest a demandé à 13 entreprises privées de définir les modalités de la réingénierie. Ce n'était pas à elles de faire ça. Il aurait fallu faire une grande consultation publique pour décider comment moderniser l'État."
Réduire l'impôt des riches?
La rupture avec le statu quo est néanmoins souhaitable et les projets d'établissement de partenariats public-privé et de baisses d'impôts sont des avenues prometteuses, analyse Norma Kozhaya, économiste à l'Institut économique de Montréal (IEDM), qui suit de très près le dossier de la réingénierie de l'État. Elle vient de publier une étude, Les Bienfaits économiques d'une réduction de l'impôt sur le revenu, qui démontre que des baisses d'impôts importantes pour tous les contribuables, incluant les plus riches, seraient bénéfiques pour l'ensemble de la population. Les baisses d'impôts promises d'un milliard de dollars par année au cours des cinq prochaines années doivent donc se concrétiser, dit Mme Kozhaya. "On entend souvent dire que les riches doivent payer plus d'impôts. Or les expériences historiques de baisses d'impôts montrent que lorsqu'on baisse les impôts des plus riches, leur contribution fiscale globale augmente, car ils sont plus nombreux à rester pour profiter des nouvelles mesures." L'étude de Mme Kozhaya fait ainsi le pari de faire payer plus de riches, et non pas plus les riches, comme on peut lire en introduction.
"Si la réduction se faisait à travers une baisse uniforme de tous les paliers d'imposition, y compris pour les plus riches, on pourrait s'attendre à ce qu'il y ait une incitation à travailler davantage, à investir plus et à déclarer plus de revenus. Il se créerait donc plus d'emplois, ce qui serait bénéfique pour la production nationale. Globalement, il y aurait plus de richesse au Québec", souligne Mme Kozhaya, qui précise que le revenu moyen par habitant au Québec est de 18 % inférieur à celui de l'Ontario. Avec la structure fiscale ontarienne, les particuliers québécois payeraient 5 milliards de moins en impôts, affirme Mme Kozhaya.
Les partenariats comme solution
Pour l'économiste et professeur à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) Pierre Fortin, certaines modalités d'intervention de l'État méritent effectivement d'être revues, bien qu'il ne soit pas en faveur d'une baisse d'impôts. "Deux milliards et demi de crédits d'impôts sont accordés à toutes sortes de groupes d'intérêts annuellement. Pourquoi on n'en prendrait pas un milliard par an pour baisser les impôts de toutes les entreprises et créer de l'emploi partout au Québec, plutôt que dans des secteurs choisis comme la haute technologie? Peut-être que, par le passé, on a exagéré dans un sens et qu'il faut rétablir l'équilibre..."
M. Fortin se montre lui aussi favorable à l'introduction de partenariats public-privé proposés par le gouvernement. Selon lui, un hôpital peut être géré par une entreprise privée sans affecter la gratuité des soins ou la convention collective des employés. Une étude qu'il a menée au sujet des centres hospitaliers de longue durée et des centres d'accueil et d'hébergement démontrerait qu'il est ainsi possible de faire des économies importantes. "Les coûts cliniques sont les mêmes dans le secteur public et privé, mais pour ce qui est des coûts non cliniques, comme la gestion de l'hôpital, le nettoyage ou l'alimentation, le privé permet des économies systématiques de 20 %. Déjà, au Québec, 20 % des institutions de ce type sont gérées par le secteur privé. On avait fait le calcul que si les 80 % restants qui sont de gestion publique devenaient gérés par le privé, le gouvernement économiserait 125 millions de dollars par année."
N'empêche que le prix à payer de l'introduction du privé est souvent une réduction des salaires pour les employés, précise M. Gélinas. "Comment augmenter la productivité? En diminuant les salaires par le recours à la sous-traitance. Bombardier a fait affaire avec une compagnie privée et les salaires ont diminué de moitié."
Faire ses devoirs
Le mot réingénierie est maintenant remplacé par modernisation dans les discours gouvernementaux, fait remarquer Isabelle Fortier, professeure de gestion à l'École nationale d'administration publique (ENAP), qui craint toutefois que bien que le gouvernement parle de faire des réformes de manière prudente, pragmatique et ciblée, il ne veuille au fond aller beaucoup plus loin. "On dit vouloir s'attaquer aux structures de l'administration publique parce qu'il y aurait un problème de gestion interne et bureaucratique. Mais ce sont des choix politiques qui impliquent toute la société qu'on s'apprête à faire, et non pas des choix administratifs. Les cinq questions envoyées dans les ministères pour étude [de leur fonctionnement] sont de nature politique. On tente de légitimer des transformations radicales qui ne sont pas appuyées sur des problématiques concrètes."
Mme Fortier comprend mal pourquoi on n'a pas fait appel, comme c'est la norme, à un groupe d'experts externe, en retrait des opérations, pour faire des recommandations aux gouvernements sur la réingénierie. "Le coeur du travail de recherche et d'analyse s'est fait au Secrétariat du Conseil du Trésor. Le premier ministre et la présidente du Conseil du Trésor se sont mis au centre de tout et ils n'ont plus le choix de reculer dès qu'ils prennent en considération des éléments nouveaux."
"Le gouvernement Harris est allé un peu loin et a fait des choses assez stupides; c'est bon que des groupes sociaux nous le rappellent. Il ne faut pas, au nom de l'efficacité, balancer des responsabilités sur le plan de l'équité par-dessus bord. Si on est pour faire des changements très profonds, vaut mieux réfléchir avant d'agir, et faire les études sérieusement", conclut M. Fortin.
Baisses d'impôts, réduction de la taille de l'État, privatisation et réduction des services: la réingénierie de l'État, j'en veux-tu ou j'en veux pas?
LA RÉINGÉNIERIE, C'EST QUOI ?
Norma Kozhaya
"Pour nous, cela veut dire changer les choses, rompre avec le statu quo. De quelle façon exactement? Je ne sais pas. Il faudrait le demander au gouvernement."
Réjean Breton
"Cela veut dire qu'on réorganise de manière systématique, à la manière des ingénieurs. Et les ingénieurs, quand ils font un pont, il faut qu'il tienne!"
Pierre Fortin
"Ça veut dire vérifier si on doit continuer de faire les choses comme on les fait ou bien s'il faut les faire différemment. C'est une réorganisation de la gestion."
Jacques B.Gélinas
"C'est un terme emprunté aux grosses entreprises privées qui, au début des années 1990, ont effectué une remise en cause fondamentale de leur mode de fonctionnement pour augmenter leurs profits. Cela s'est traduit par des mises à pied massives."
Isabelle Fortier
"Le mot est associé à une époque où les grandes entreprises américaines voulaient faire des gains spectaculaires en rasant tout. Peu de gens conscients de l'historique de ce mot osent aujourd'hui identifier une réforme à la réingénierie."
Robert Jasmin
"C'est un mot hypocrite qui fait partie du piège sémantique dans lequel nous enferment les néolibéraux et qui cache des intentions de démantèlement, morceau par morceau, de nos acquis."
Les Québécois sont les contribuables les plus taxés en Amérique du Nord. À 53 405 $, ils composent avec le taux marginal maximum d'imposition le plus élevé au Canada, et même dans le G-7. Au Québec, les contribuables gagnant moins de 50 000 $ paient 40 % des impôts des particuliers, alors que cette classe ne paie que 24,2 % des recettes fiscales en Ontario. Par ailleurs, les Québécois gagnant plus de 100 000 $ (2 % des contribuables) ne paient que 22 % de tous les impôts, contre 44 % pour leurs vis-à-vis ontariens, presque deux fois plus nombreux (3,7 %). Au Québec, 77,5 % des impôts des particuliers sont acquittés par la classe gagnant moins de 100 000 $, alors que cette proportion est de 56 % en Ontario.
Sources: Gouvernement du Québec, Gouvernement du Canada et l'IEDM

»» Les enjeux de Suroît
De l'eau dans le gaz
Martin Montoudis
Voir, n° Vol: 18 NO: 11 jeudi 18 mars 2004
Retraité d'Hydro-Québec, Martin Montoudis a été durant 25 ans Secrétaire général du Syndicat des employé-e-s de techniques professionnelles et de bureau de la société d'État. Sceptique, il nous livre ce qui à son avis se cache derrière l'acharnement du président d'Hydro-Québec face au projet de Suroît. Percutant.
"La seule solution qu'ont les gaziers pour continuer leur expansion et vendre leur gaz, c'est de construire leurs centrales polluantes dans le sud du Québec; avec en prime, une pollution assurée par les vents dominants sur tout le Québec, qui aura à payer les coûts énormes attribuables à la détérioration de la santé publique."
André Caillé nous avertit qu'en raison de l'incertitude entourant le projet Suroît à Beauharnois, la multinationale General Electric Power System était à la recherche d'un autre site en Amérique du Nord. Cette menace n'a aucun sens. C'est un bluff éhonté quand on sait pertinemment que la population américaine ne veut plus de centrales thermiques (gaz, charbon) ou nucléaire dans sa cour.
De plus, M. Caillé ne nous dit pas que le Sénat américain a bloqué le projet de loi de G.W. Bush qui prévoyait (au coût de 30 milliards de dollars sur dix ans) encourager par des incitations la production pétrolière, gazière et nucléaire.
J'ai hâte de voir où General Electric va être capable de s'installer ailleurs qu'au Québec.
Pense-t-on sérieusement nous faire avaler que c'est par bonté d'âme et générosité économique que l'industrie gazière veut construire chez nous?
Nous savons tous que les "gaziers américains" ont des réserves gazières pour environ cent ans et qu'ils ne peuvent plus construire de centrales thermiques polluantes comme ils le voudraient sur leur territoire, empêchés qu'ils le sont localement par de puissants groupes populaires environnementaux et que de plus, pour arrêter la prolifération de ces centrales, des campagnes citoyennes en appellent au boycottage des achats d'"électricité sale" provenant de centrales polluantes, ce qu'ils appellent le "blanchiment de l'électricité sale". Rappelons que nous vendons à nos voisins de l'électricité propre le jour et en achetons de la sale la nuit. En restant propre, nous assurons nos ventes futures.
L'argument des gaziers, voulant que toute la pollution atmosphérique et les pluies acides ne restent pas aux États-Unis mais sont poussées naturellement vers le nord par les "vents dominants" pour aller polluer le Québec, ne tient plus chez nos voisins du sud qui accusent leur industrie gazière de "crimes contre l'humanité".
Alors la seule solution qu'ont les gaziers pour continuer leur expansion et vendre leur gaz, c'est de construire leurs centrales polluantes dans le sud du Québec, là où est la plus forte demande énergétique américaine. Véritables machines à sous pour les gaziers (américains ou canadiens), avec en prime, une pollution assurée par les "vents dominants" sur tout le Québec, qui aura à payer les coûts énormes attribuables à la détérioration de la santé publique.
Mais voilà, ce n'est pas si facile que ça de construire une centrale polluante chez nous. Il faut l'accord du Québec et de sa population. Présentement, nous sommes en droit de refuser parce qu'on n'en a pas besoin, qu'on n'en aura jamais besoin, qu'on a de l'hydroélectricité et que l'énergie éolienne abondante assure notre avenir... et parce qu'on veut rester propre.
Et c'est là qu'intervient la bande de Gaz Métropolitain (André Caillé, Thierry Vandal et compagnie). L'idée, c'est de compromettre Hydro-Québec en changeant sa culture d'entreprise en la faisant passer à la filière thermique... au grand plaisir des gaziers.
Et pour y arriver, André Caillé doit nous faire peur: "...la sécurité énergétique des Québécois est menacée... nous ne pourrons pas répondre à la demande en énergie et en puissance pour la période de 2003 à 2010... ça nous prend Suroît...", etc.
Une fois Suroît construit et que de "Propre, Propre, Propre" nous ayons fait le premier pas pour devenir "Sale, Sale, Sale", alors plus rien n'arrêtera la prolifération d'autres Suroît (on prend vite goût à la facilité). Après Suroît, le Québec ne sera jamais plus capable, et aucunement justifié, de refuser la construction d'autres centrales polluantes. C'est ce qui sera le plus tragique pour notre avenir dans ce projet compromettant.
L'énergie thermique nous rendra dépendants du prix spéculatif du gaz, ce qui ne nous garantira plus le coût le plus bas pour notre électricité de consommation. Qu'elles seront les conséquences sur nos exportations d'électricité? Pourrons-nous maintenir nos prix avantageux dans le "monopoly spéculatif" de la déréglementation de l'électricité en Amérique du Nord? Pourquoi devrions-nous aussi oublier le silence complice d'Environnement Canada qui, je présume, ne veut pas déplaire aux gaziers canadiens?
Avec Suroît, Hydro-Québec ne fera qu'acheter du gaz à un prix hors contrôle lié à la spéculation (comme l'essence) et vendra l'électricité produite aux prix fluctuants du marché déréglementé. Où iront les bénéfices?
Mais s'il n'y avait que ça... Ce qui est plus grave, c'est qu'à ce moment, étant encore "propre", le Québec devra acheter les "crédits environnementaux de gaz à effet de serre" (Protocole de Kyoto) de 2,25 millions de tonnes de CO2 par année qu'émettra Suroît. Ce que les Américains ne peuvent et ne veulent évidemment pas se permettre de faire chez eux.
Quant à l'éclat "volontairement tardif" de la révélation secrète des niveaux d'eau des bassins d'Hydro, cela n'impressionnera personne puisqu'on sait que nos proches concurrents reçoivent cette information par satellite depuis fort longtemps.
Pourquoi ne pas avoir pensé avant au déficit énergétique? Était-ce une mauvaise planification à long terme? Pourquoi avoir tant vendu et fait baisser les niveaux de nos bassins? Était-ce volontaire, pour nous amener aujourd'hui au déficit énergétique? Pourquoi ne pas avoir le réflexe naturel de penser à l'énergie éolienne et aux économies d'énergie?
Prévoyant et brillant comme l'est M. Caillé, je suis persuadé qu'il a prévu un "plan B" qui ne fait pas appel au gaz... Un "plan B" plus conforme à la mission d'Hydro... plus Québécois. Suroît n'est rien d'autre que le résultat d'une stratégie longuement élaborée par André Caillé et Thierry Vandal pour le compte des gaziers.
Au Québec, nous sommes chanceux, nous avons une nature généreuse avec de très grandes ressources hydroélectriques et des réserves éoliennes durables... et surtout patrimoniales. N'écoutons pas les prophètes faussement alarmistes qui rêvent d'un "Gaz-Québec" privatisé; la vocation d'Hydro, ce n'est pas le gaz. Si le président d'Hydro-Québec, depuis qu'il est en place, a mal planifié la sécurité énergétique des Québécois pour nous faire peur aujourd'hui, s'il n'est pas capable de gérer un "déficit temporaire" énergétique, et bien, qu'il démissionne.
Ni le ministère de l'Environnement, ni le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, ni Hydro-Québec, ni le B.A.P.E., ni la municipalité de Beauharnois, ni le gouvernement et surtout pas la Régie de l'énergie, qui est mal outillée pour donner un avis sur "un choix de société", n'ont le droit de prendre seuls la décision de l'instauration ou non de Suroît. En démocratie, ce sont les citoyennes et les citoyens qui décident par référendum d'un tel projet, comme cela se fait partout ailleurs dans le monde civilisé. À ce que je sache, Suroît ne faisait pas partie d'une promesse électorale.
À mon avis, la Régie de l'énergie est mal équipée pour enquêter sur les véritables intentions cachées d'André Caillé qui fera dire à ses chiffres ce qu'il veut bien nous faire avaler, tout en nous noyant sous des tonnes de documents... étant Hydro-Québécois et "fier de l'être", j'en sais quelque chose.
Le lobby des gaziers, avec la complicité d'André Caillé, fait que le projet de centrale thermique au gaz à Beauharnois est dogmatique et sectaire et ne peut pas, à sa face même, être débattu et analysé raisonnablement. Il doit donc être soit rejeté, soit légitimé par un référendum.
La seule chose vraie dans ce projet, c'est son nom évocateur, Suroît, qui veut dire dans la vieille langue des marins normands "vent soufflant du sud-ouest"... et c'est bien de là que soufflent tous les dangers.

»» déséquilibre fiscal
L'Assemblée nationale dénonce le déséquilibre fiscal
Martin Ouellet
Le Devoir jeudi 18 mars 2004
Libéraux et péquistes demandent à Paul Martin de corriger l'injustice
PC Québec - Les députés de l'Assemblée nationale du Québec ont exigé d'une même voix hier que le gouvernement Martin reconnaisse le déséquilibre fiscal et mette en place des mesures pour corriger le phénomène dans son budget du 23 mars.
«On tend la main au ministre des Finances et au premier ministre pour que, ensemble, toute l'Assemblée nationale dise clairement au gouvernement fédéral qu'il doit y avoir une augmentation substantielle des transferts via des transferts de points d'impôt ou peu importe comment», a dit le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition péquiste en matière de finances, François Legault, parrain de cette motion appuyée à l'unanimité.
Le manque à gagner dont souffre le Québec en raison du déséquilibre fiscal avec Ottawa atteint maintenant les quatre milliards de dollars, soit deux milliards de plus qu'en 2002, a fait valoir M. Legault. Loin de s'améliorer, la situation se dégrade d'année en année et le gouvernement fédéral continue de nier l'évidence, selon lui.
«La maison brûle, a-t-il observé. Il y a des personnes âgées qui ne reçoivent pas les services qu'elles devraient recevoir, il y a des jeunes qui ne reçoivent pas les services qu'ils devraient recevoir, il y a des gens dans les régions qui sont inquiets parce qu'on coupe dans l'aide aux entreprises [...]. C'est ce qui nous amène aujourd'hui à tendre la main au ministre des Finances.»
Le ministre Séguin, l'auteur du rapport qui avait révélé l'ampleur du phénomène du déséquilibre fiscal en 2002, partage l'analyse de son vis-à-vis du Parti québécois.
«On constate effectivement que le déséquilibre fiscal est très présent et même grandissant», a-t-il dit, soulignant au passage que le gouvernement fédéral est bien «le seul actuellement qui semble ignorer le phénomène».
«J'espère, a dit le ministre québécois des Finances, que cette motion servira un message au gouvernement fédéral pour qu'il nous entende et nous comprenne.»
Non seulement le gouvernement fédéral perçoit plus d'impôts et de taxes que ses besoins en exigent, il dirige un système de péréquation «boiteux» et «tordu», selon lui.
«Une année, c'est une augmentation de 18 %; l'année suivante, une baisse de 15 %, a dénoncé M. Séguin. On reçoit presque l'annonce par fax ou par téléphone la veille, en nous disant: "Ça sort demain. Voici le calcul de la péréquation." Puis, là, on regarde à savoir si on a gagné la loterie ou pas.»
Partisanerie
Les «supplications incantatoires» des libéraux ont quelque chose de pathétique, a de son côté dit le chef péquiste Bernard Landry, pour qui la seule solution à «cette tragédie qui n'en finit plus» demeure la souveraineté du Québec.
«Comment [le ministre] peut-il se déclarer fédéraliste canadien, défendre le système et se faire entuber à répétition d'une génération à l'autre?, a demandé M. Landry. Quel est votre plan de match? Si vous rêvez d'un Québec, pendant combien de siècles devrait-il être à quatre pattes devant Ottawa?»
Le ton employé par le leader du PQ n'a guère plu au ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, qui a accusé M. Landry d'être tombé dans le piège de la «démagogie et de la partisanerie à outrance».
«Le chef de l'opposition officielle a manqué une occasion de démontrer que l'enjeu du déséquilibre fiscal se situe au-dessus de la partisanerie politique, au-dessus des allégeances politiques», a estimé M. Pelletier.

»» immigration
Québec entend accompagner les immigrants un à un
Kathleen Lévesque
Le Soleil jeudi 18 mars 2004
Québec ambitionne d'accompagner les immigrants un à un, question d'assurer leur intégration sociale et professionnelle.
En misant sur un contact personnalisé qui débuterait à l'étranger et se poursuivrait en terre québécoise, le gouvernement du Québec souhaite renverser la tendance des dernières années alors que les immigrants, et en particulier les personnes des minorités visibles, éprouvent de graves difficultés à intégrer le marché du travail. C'est ce que révèle notamment le plan d'action en matière d'immigration que la ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration (MRCI), Michelle Courchesne, doit rendre public d'ici quelques semaines et dont Le Devoir a obtenu copie.
«Force est de constater que les actions entreprises jusqu'à maintenant n'ont pas donné les résultats escomptés et que des mesures novatrices et plus structurantes doivent maintenant être mises en place afin de permettre la réalisation du plein potentiel professionnel des nouveaux arrivants», peut-on lire dans le document.
Concrètement, le MRCI mettra à la disposition des candidats à l'immigration un nouvel outil personnalisé appelé «carnet de route». Sous forme de dépliant ou de brochure, voire sur Internet, ce carnet de route établira les responsabilités réciproques des nouveaux arrivants et du Québec. Il présentera aussi les étapes charnières du projet d'immigration et devrait guider l'immigrant avant même que celui-ci ne quitte son pays d'origine mais aussi à son arrivée ici, lors de ses démarches visant à choisir une région pour s'établir et y trouver un logement et un emploi, par exemple.
Le plan d'action présente des extraits du futur carnet de route. L'exemple porte sur les conditions d'accès à la profession ou au métier du candidat à l'immigration; on rappelle à la personne qu'il est important qu'elle se renseigne sur «les possibilités réelles» d'emploi. «Bien que vous ayez été sélectionné par le Québec en raison de votre profil socioprofessionnel, cela ne signifie pas nécessairement que vous êtes en mesure, dès votre arrivée, d'occuper un emploi lié à votre métier ou à votre profession», prévient-on avant d'ajouter: «Dans certains cas, il faudra prévoir d'exercer une autre profession ou un autre métier.»
En outre, on entend créer un mécanisme d'accompagnement dans les services d'immigration, où les immigrants pourront obtenir le soutien d'un «agent accompagnateur». Cette personne peut être un fonctionnaire du MRCI mais également un «agent de partenariat» issu notamment des organismes communautaires (dont on reconnaît «une expertise inestimable»).
Il n'est toutefois plus question, comme la ministre Courchesne l'avait laissé entendre l'automne dernier, de remettre entre les mains des diverses communautés culturelles la responsabilité d'accueillir les nouveaux arrivants. Le document parle plutôt d'une collaboration de ces communautés pour apporter compréhension et soutien moral à un nouvel arrivant.
Il apparaît clairement que le gouvernement recherche une certaine souplesse dans l'a mise en application des règles d'accueil et d'intégration. On veut s'adapter aux besoins des divers groupes d'immigrants. Avec cette nouvelle philosophie, le MRCI portera une attention spéciale aux femmes immigrantes. Les statistiques démontrent que le taux d'activité de celles-ci se situe à 48 %, comparativement à 72 % pour les hommes.
Selon l'analyse du MRCI, «l'insertion en emploi des personnes issues de l'immigration n'est pas aussi rapide et réussie qu'on pourrait le croire». On note également que «le délai moyen d'obtention d'un premier emploi tend à s'allonger chez les nouveaux arrivants des cohortes récentes». Un immigrant sur deux est très scolarisé (plus de 14 années de scolarité) mais l'expérience et la formation acquises à l'étranger ne sont que difficilement reconnues.
Selon les statistiques du recensement de 2001, le taux de chômage atteint 12 % chez les immigrants, comparativement à 8 % pour la population totale. Il semble que les personnes des minorités visibles, qu'elles soient nées ou non au Québec et qu'elles aient été scolarisées ici ou non, font face à un taux de chômage encore plus préoccupant, établi à 15 %. Cette situation suggère «un réel problème de discrimination, notamment en raison de la race, de l'origine ethnique ou de la religion», fait-on valoir dans le document.
Au-delà des mesures visant à accompagner les immigrants, le plan d'action propose une révision de la grille de sélection des immigrants, comme Le Devoir l'annonçait la semaine dernière. Québec veut ainsi accueillir moins d'universitaires et plus de techniciens afin de pourvoir les postes disponibles un peu partout au Québec.
Pour y parvenir, le MRCI sera appelé à renforcer les liens avec Emploi-Québec ainsi qu'avec les entreprises, les chambres de commerce, les ordres professionnels, les municipalités et les régions pour faire en sorte que les immigrants intègrent le marché du travail le plus rapidement possible. Les employeurs qui font face à une pénurie de main-d'oeuvre pourront bénéficier d'une aide pour organiser des voyages de prospection à l'étranger; ils seront également invités à formuler des offres d'emploi fermes aux candidats à l'immigration.
Mais qui dit accélérer et personnaliser l'immigration dit aussi coûts importants. Or, si les intentions sont arrêtées, les fonds ne semblent pas être au rendez-vous. Le plan d'action indique que les propositions d'action ont pris en compte le contexte budgétaire. «C'est donc dire que la plupart des mesures annoncées se réaliseront par des réaménagements budgétaires au sein» du MRCI. Le prochain budget gouvernemental, dont la présentation est prévue le mardi 30 mars, devrait apporter un éclairage sur les voeux de la ministre Courchesne.

»» Scandale des commandites
LE BLOC QUÉBÉCOIS RÉCLAME
LE TRANSFERT DE 10 MILLIARDS $ VERS QUÉBEC
extrait du bulletin « Le tour du Bloc » du Bloc Québécois
Information -- Parti Québécois -- Maskinongé
Second volet du rapport du Comité Léonard - LE BLOC QUÉBÉCOIS RÉCLAME LE TRANSFERT DE 10 MILLIARDS $ VERS QUÉBEC
« Le gouvernement du Québec est en droit d’exiger un transfert massif de 10 milliards $ en recettes fiscales au cours des cinq prochaines années », a déclaré le président du Comité de révision des programmes fédéraux du Bloc Québécois, Jacques Léonard, qui présentait tout récemment le second volet de son rapport sur les dépenses intrusives du gouvernement fédéral dans les champs de compétence du Québec et des provinces.
« Ce transfert peut être réalisé sans aucune modification constitutionnelle, à partir de recettes de TPS et de points d’impôt. De plus, il ne correspond qu’à une fraction des dépenses intrusives d’Ottawa au cours de l’année financière 2002-2003 et il permettra à Paul Martin de respecter le principe qu’il a mis de l’avant dans le dernier Discours du trône, à l’effet que ‘‘ les champs de compétence doivent être respectés ’’.
Paul Martin doit faire preuve de bonne foi et se retirer des principaux champs de compétence du Québec : la santé, l’éducation, la famille, le travail, le développement régional, le soutien au revenu des agriculteurs et le tourisme », a ajouté Jacques Léonard. Le deuxième volet de l’analyse des membres du Comité créé en avril 2003 par le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, a porté sur les dépenses du gouvernement fédéral qui constituent des intrusions dans les champs de compétence du Québec et des provinces.
Les conclusions du rapport sont saisissantes. « En 1994-1995, les dépenses d’Ottawa constituant des intrusions ont été plus élevées, à 66,7 milliards $, que les dépenses dans ses propres champs de compétence, qui étaient de 60,5 milliards $. »
Le Canada devient donc chaque année un pays de plus en plus centralisé », a expliqué Jacques Léonard. « Le plus inquiétant, c’est que les dépenses intrusives du fédéral se sont accélérées au cours des cinq dernières années, alors que Paul Martin était ministre fédéral des Finances. Entre 1997- 1998 et 2002-2003, les dépenses d’Ottawa hors de ses champs de compétence ont atteint des sommets historiques, passant de 62,6 à 81,3 milliards $ en 2002-2003.
En clair, c’est l’essentiel de la marge de manoeuvre financière dégagée par Ottawa qui est allée au service de la dette et aux dépenses intrusives », a souligné Yvan Loubier. « Mais le pire est devant nous. Avec le déséquilibre fiscal qu’il a créé, le gouvernement libéral de Paul Martin s’est donné les moyens de multiplier les intrusions au cours des prochaines années. »
Les signaux qu’il envoie depuis sa prise du pouvoir, c’est qu’il entend faire de la santé, de l’éducation, de la formation, des municipalités et de la petite enfance, ses principales priorités budgétaires », a affirmé Yvan Loubier.
En conclusion : n'est-il pas urgent de sortir le Canada du Québec avant d'être complètement bouffés, phagocytés, absorbés ?
« Il n'y a plus de fédéralistes au Canada et au Québec, il n'y a que des unitaristes qui ne reculent devant rien pour faire disparaître le dernier obstacle : l'État québécois. Or, J. Charest et son équipe s'occupent sur place de ce dernier 'détail' ». JLD
Jean-Luc DION, ing.
Responsable des communications
Parti Québécois - Maskinongé
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Droite, gauche, droite, gauche…
Nestor Turcotte, Matane
aristote@ma.cgocable.ca
TRIBUNE LIBRE 18 mars 2004
L’union, c’est l’association ou combinaison de différentes choses de manière qu’elles ne forment plus qu’un tout. Il y a, derrière toute union, une liaison, une conformité d’efforts et de pensées. Ainsi, plusieurs associations syndicales arrivent, à partir d’une communauté de pensée sur des points majeurs, à former, en période de négociations, un Front commun.
L’éclatement des idéologies politiques fait en sorte qu’au Québec, maintenant, il n’est plus possible de faire ce genre d’union syndicale ou politique. Il y a, par exemple, toute une série de chapelles qui se disent souverainistes, mais qui, dans les faits, sont plus ou moins éloignées de la doctrine officielle indépendantiste. Le Parti québécois se dit souverainiste. L’Action démocratique dit l’être à ses heures. Dernièrement, le Québec a vu naître un nouveau mouvement indépendantiste, le SPQ libre (Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre) qui se veut le chien de garde des valeurs progressistes qu’il ne retrouve plus au P.Q. et souhaite ramener le parti de René Lévesque, un peu plus vers la gauche. Comme on déplace un curseur…sur son ordinateur! La gauche syndicaliste et souverainiste va donc maintenant coucher dans le grand lit du P.Q. que d’aucuns trouvent de plus en plus près de l’idéologie de droite du PLQ, qui lui, cohabite allègrement avec l’extrême droite de l’ADQ.
Le tableau de la gauche n’est guère plus reluisant. L’UFP (Union des forces progressistes) s’est constitué en juin 2002. Il est né de la fusion du Rassemblement pour l’alternative politique, du Parti de la démocratie socialiste et du Parti communiste du Québec. Le décor risque de changer encore, puisque, Françoise David annoncera bientôt la formation d’un nouveau parti d’union de la gauche.
Pendant que la gauche essaie d’infiltrer le Parti québécois, qui, sur son site Internet, affirme qu’il est de tendance social-démocrate, les gauchistes, divisés sur plusieurs fronts, essaient, de leur côté, de faire un simulacre d’unité. Les expressions, «union de la gauche» tout comme «union de la droite» sont des expressions complètement ridicules. Comme celle du P.Q. qui affirme être de «tendance sociale-démocrate».
La gauche, c’est la gauche. La droite, c’est la droite. Politiquement parlant, la gauche est socialiste. La droite, elle, est impérialiste. Depuis belle lurette, on cherche une troisième voie politique et économique. Ceux qui tendent de se retrouver entre deux chaises, tombent rapidement dans le vide. Il ne peut y avoir d’union de la droite comme il ne peut y avoir d’union de la gauche. Il y a la gauche et il y a la droite. A chacun son camp!
Le sage chinois, il y a de cela bien longtemps, ne se trompait pas : si tu veux faire une réforme politique, commence par écrire un bon dictionnaire. Si, avec nos impôts, on voulait faire du chemin, on pourrait en prendre une partie pour acheter à chacune de ces chapelles politiques, la dernière édition du dictionnaire Petit Robert. On éviterait de sombrer dans le ridicule des appellations loufoques et chaque citoyen y trouverait un peu plus son compte en lisant les chroniques journalistiques quotidiennes.

TRIBUNE LIBRE
LE BRACONNAGE FISCAL - UNE ENQUÊTE PUBLIQUE S'IMPOSE
Impératif français
TRIBUNE LIBRE 18 mars 2004
Le 18 mars 2004 - Impératif français réclame la tenue d'une enquête publique
sur certaines malversations qui auraient au cours au sein du gouvernement du
Canada et de sa fonction publique encourageant les employés fédéraux à
frauder le gouvernement du Québec.
Le Journal de Montréal dans son édition du 24 février 2004 et d'autres
médias ont révélé, comme exemple, que des hauts cadres de la Monnaie royale
canadienne utilisaient leur position, leur autorité et les réunions de
service pour discuter et élaborer avec leur personnel de stratégies pour
frauder le fisc québécois. Ainsi des fonctionnaires fédéraux résidant au
Québec déclareraient comme adresse de résidence celle de leurs employés ou
collègues ontariens afin ne pas avoir à payer leurs impôts dans leur vraie
province de résidence, le Québec, parce que plus élevés. (*)
Selon le président d'Impératif français, M. Jean-Paul Perreault, ces
pratiques de braconnage fiscal seraient déjà fort répandues au sein du
personnel de la fonction publique fédérale.
« Une enquête publique s'impose, car ces pratiques frauduleuses en plus
d'obliger les Québécois à payer la part de ceux qui se soustraient de payer
leurs impôts au Québec n'est pas sans avoir d'effets sur les sentiments
identitaires et d'appartenance des régions frontalières en cause », de
déclarer M. Perreault.
« Il semble qu'au sein d'une partie de la fonction publique fédérale,
lorsqu'il s'agit du Québec, toutes les malversations, rappelons ici les
commandites, sont permises. Une telle attitude est méprisante et ternit
l'ensemble des fonctionnaires fédéraux », de conclure M. Perreault.
Impératif français
Tél. : (819) 684-8460
Courriel : Imperatif@imperatif-francais.org
Site : www.imperatif-francais.org
* * * * * * * * * * * * * * * *
(*) NdJLD -- Nous savons par ailleurs que cette pratique est inspirée de
celle de Jean Chrétien. Ce triste personnage a en effet choisi de payer ses
impôts en Ontario où il a choisi de résider depuis environ 35 ans pour
mieux travailler au « Quebec bashing ». Après sa retraite récente dans les
odeurs de scandales nauséabondes, c'est à Ottawa plutôt qu'à Shawinigan
(Chaouinigane) qu'il réside... D'où l'idée saugrenue de certains esprits
tordus d'en faire un « grand shawiniganais » ! D'autres esprits tordus, à
l'Université du Québec à Trois-Rivières, songeraient même à lui décerner un
doctorat honorifique... On aura tout vu !
D'autre part, si nous disposions de tous nos impôts et que nous décidions
de ne pas tout payer en double, nous serions sans doute globalement plus
prospères: on n'est jamais aussi bien administré que par soi-même. En tout
cas, par définition, il n'y aurait plus de déséquilibre fiscal...

TRIBUNE LIBRE
Alfonso Gagliano n'est pas clair ! Honte au menteur !
Ligue québécoise contre la propagande
canadienne et la corruption politique
TRIBUNE LIBRE 18 mars 2004
Ligue québécoise contre la propagande
canadienne et la corruption politique
Service des Communications
Tél.: 514 271 3638
Courriel : bienvenue62@hotmail.com
«L'ancien Ambassadeur du Canada au Danemark, affirme Gilles Rhéaume, doit
entendre la colère du peuple québécois, c'est pourquoi, dimanche le 21 mars
prochain, entre 13:30 et 14:00 h., nous organisons un tintamarre devant
l'une de ses résidences, appelée le CHÂTEAU de GAGLIANO dans Saint-Léonard.
»
«Gagliano, poursuit le porte-parole de la Ligue, ne se sait rien, n'a rien
vu et n'a rien entendu en ce qui concerne la dilapidation de plus d'un quart
de milliard de dollars dans le scandale de la propagande canadienne au
Québec. Sa comparutiion devant le Comité des comptes publics n'est qu'un
leurre, que de la poudre aux yeux; une simple opération de relations
publiques»
«Enfin, termine Gilles Rhéaume, Alfonso Gagliano est la parfaite
illustration de ce que la politique a fait de pire. Un homme sans honneur
et sans scrupules qui n'a même pas l'honnêteté de reconnaître son
implication dans le plus important scandale de toute l'histoire politique
canadienne. La communauté italo-québécoise vaut beaucoup mieux que ce triste
sire...»
Rendez-vous donc à 13:30, ce dimanche 21 mars, au coin du boulevard
Lacordaire et de la rue Lavoisier à Saint-Léonard (autobus 32) d'où nous
nous rendrons devant le CHÂTEAU qui est à moins de 3 minutes de marche.
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
GABRIELLE ROY
ET LE NATIONALISME QUÉBÉCOIS
COMMUNIQUÉS 18 mars 2004
M. LÉO-DONALD LACHAINE,
PRÉSIDENT DE LA SECTION « CHEVALIER DE LORIMIER »
SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL
a le plaisir de vous inviter à la conférence de Mme Ismène TOUSSAINT :
GABRIELLE ROY
ET LE NATIONALISME QUÉBÉCOIS
le 20 mai 2004 à 19 h à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal,
82 rue Sherbrooke Ouest, à Montréal – Entrée : 5 $ –
En 1939, Gabrielle Roy (1909-1983) choisit de s’établir au Québec pour fuir « l’atmosphère d’air français raréfié » du Manitoba (La Détresse et l’enchantement) et tenter sa chance dans l’écriture. Devenue l’un des plus beaux fleurons de la littérature, presque un symbole national, elle surprit et déçut ses compatriotes d’adoption en refusant d’embrasser, dans les années 1960-1970, la cause du Québec. Pur produit d’une culture colonisée, Manitobaine se sentant « étrangère » au pays, elle oscilla sans cesse entre le retour impossible à un Manitoba mythique et l’idéalisation d’un Québec imaginaire. À travers l’évocation de sa vie, de sa personnalité, de son œuvre, nous tenterons de comprendre les rapports ambigus qu’elle entretenait avec le pays et les raisons de son opposition à l’indépendance du Québec.
***
Ismène Toussaint est née en Bretagne et a vécu plusieurs années au Manitoba. Auteur, chroniqueur, elle a consacré sa thèse de doctorat à Gabrielle Roy et publié aux Éditions Stanké Les Chemins secrets de Gabrielle Roy – Témoins d’occasions ; Louis Riel, Le Bison de cristal ; La Littérature d’expression française dans l’Ouest canadien, suivie de Portraits d’écrivains québécois, canadiens-français et métis (L’Encyclopédie du Canada 2000) ; Les Réfugiés, une traduction-adaptation du roman de Sir Arthur Conan Doyle, qui lui ont valu plusieurs récompenses dont le Prix André-Laurendeau. Membre de l’Association des Écrivains de l’Ouest, elle participe également à des émissions de radio, de télévision, et donne des conférences. Son prochain ouvrage, une série de témoignages québécois sur Gabrielle Roy, paraîtra chez Stanké à la rentrée.