
»» le scandale de la propagande canadian
Petite caisse
Josée Boileau
Le Devoir jeudi 25 mars 2004
Le gouvernement Martin a enfin admis que Jean Chrétien disposait d'une réserve secrète. Mais la transparence s'arrête là: pas question de donner de détails, même si les ministres jurent que tout peut s'expliquer. Prouvez-le!
Paul Martin et ses ministres étaient fiers de leur trouvaille : pourquoi les harceler avec la «réserve pour l'unité nationale» -- en fait le fonds caché du premier ministre Jean Chrétien ? C'est Brian Mulroney qui, en 1992, avait créé cette caisse occulte, ont soutenu tant M. Martin que Pierre Pettigrew.
De plus, ce fonds, sous M. Chrétien, n'a servi qu'à financer de grandes et belles choses : la fête du Canada ou le Centre Terry Fox. Pas de quoi se donner en spectacle à la télévision, comme a lancé le ministre Pierre Pettigrew au bloquiste Michel Gauthier qui dénonçait avec fougue ce fonds secret, dont on a appris officiellement l'existence mardi.
La démonstration était éloquente : le principe de transparence, nouveau mantra du gouvernement Martin, est plus facile à énoncer qu'à appliquer. Au contraire, plus le gouvernement se veut transparent, au point d'accorder une ligne de son discours du budget à cette mystérieuse réserve dorénavant abolie, plus le peuple s'enfonce dans les embrouillaminis.
Ainsi, le ministère des Finances disait mardi que la réserve a été utilisée entre 1996 et 2003. Mais si elle a été créée en 1992, qu'en a donc fait M. Chrétien lorsqu'il est devenu premier ministre l'année suivante ? Et l'a-t-il utilisée en 1995, lors de la traumatisante année référendaire ?
Puis, de quel montant s'agit-il ? Le gouvernement dit 40 millions par année, frôlant parfois les 50 millions. Or une «source haut placée» citée par la Presse canadienne précise qu'au moins une fois, la contribution a atteint 85 millions. Quelle est donc cette année où la fête du Canada -- ou toutes autres «choses qui remplissent les Canadiens de fierté», pour reprendre les propos de Stéphane Dion -- a été si grandiose pour mériter un tel cadeau du bureau du premier ministre ?
De toute façon, l'unité canadienne se vend cher : à titre de comparaison, les dépenses autorisées lors de la campagne référendaire de 1995 dépassaient à peine cinq millions de dollars pour chacun des camps du OUI et du NON.
Pierre Pettigrew plaidait le suivi des règles hier aux Communes : tout a été dépensé en bonne et due forme dans le cadre de programmes ministériels, avec chaque fois l'approbation du Conseil du trésor. On sait plutôt, grâce au témoignage d'Alfonso Gagliano et aux surprenantes soumissions faites au Conseil du trésor par Jean Chrétien lui-même, que cette réserve a constitué la première base financière du programme des commandites.
D'où la nécessité absolue de dresser la liste de ce que M. Chrétien a spontanément financé sans devoir rendre de comptes. Il doit y avoir moyen d'en retrouver des traces puisque, pour cette année même, près de 40 millions ont été alloués. C'est assez récent pour que quelqu'un quelque part se rappelle quelque chose ! On est en tout cas loin de la «partie de pêche» invoquée par les libéraux afin de bloquer une motion du Bloc québécois réclamant de tels détails.
Reste l'argument magique, celui qui motive tout : il n'y a rien à expliquer, c'était à la guerre comme à la guerre, comme l'a dit un député ontarien. Une mentalité qui, au fond, ne doit pas répugner tant que ça à M. Martin -- n'était-il pas le ministre des Finances qui a alloué sans mot dire des petites enveloppes à Jean Chrétien ?
jboileau@ledevoir.ca

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Comme un château de sable qui s'écroule
Michel Vastel
Le Soleil jeudi 25 mars 2004
Chronique politique - La commande était grosse. L'ampleur et surtout la profondeur du scandale des commandites étaient telles qu'il eût fallu un miracle pour qu'un simple budget réconcilie les Canadiens avec leur gouvernement. Au-delà des réactions, certaines positives, la majorité critiques, c'est le moral qui est atteint. Et des troupes démoralisées gagnent rarement les batailles.
La journée d'hier au parlement a été aussi rocambolesque que toutes les autres qui se succèdent depuis le dépôt du rapport de la vérificatrice générale. Exemple : le président du Conseil du Trésor convoque une conférence de presse pour présenter sa politique sur le renforcement de la gestion des fonds publics. C'est un des éléments importants de toute la réforme de l'administration publique envisagée par Paul Martin.
Et de quoi ont voulu parler les journalistes ? D'une toute petite réserve de 40 à 50 millions $ sur des opérations de 62 milliards $. [Le budget fédéral est en fait de 187 milliards $, mais le gouvernement a peu ou pas de contrôle sur le service de la dette et les dépenses statutaires.] Il s'agit, bien entendu, de la cagnotte du premier ministre pour l'unité nationale. Il semble que cette pratique d'allouer des fonds discrétionnaires de plusieurs millions de dollars au chef du gouvernement ne soit pas nouvelle. Elle aurait même existé du temps de Brian Mulroney.
Mais il s'agit maintenant de Jean Chrétien et, dans le climat de suspicion créé par les magouilles au sein du Programme de commandites, les journalistes ont flairé "l'affaire". Une autre pelure de banane laissée derrière lui par Jean Chrétien ! Les trois quarts de la traditionnelle période de questions aux Communes y ont été consacrés, et l'on a vu trois ministres importants - Reg Alcock, du Trésor, Denis Coderre, du Conseil privé et Pierre Pettigrew, lieutenant politique au Québec - multiplier les réponses embarrassées. Car bien sûr, personne ne savait où passaient ces 40 millions $, dispersés dans plusieurs ministères.
Par exemple, il semble bien qu'une partie ait servi à financer le Forum des fédérations organisé par l'ancien ministre Stéphane Dion, à grand renfort de publicité. On y avait même invité le président des États-Unis, Bill Clinton, qui avait prononcé une remarquable conférence sur le fédéralisme. Hier fut donc une autre journée perdue pour le gouvernement.
Dans l'après-midi, tout le monde attendait la championne olympique, Myriam Bédard... Cette fois, ce sont les libéraux qui s'en sont bien tirés tant l'athlète a perdu toute crédibilité en tirant sur tout ce qui bougeait autour de Groupaction et de VIA Rail. Ses révélations furent tellement exagérées et mal fondées que c'est peut-être Jean Pelletier qui finira par avoir raison. Si tous les témoins-vedettes du Comité des comptes publics sont comme madame Bédard, l'affaire des commandites va rapidement s'essouffler.
Mais cette sorte d'hallali quotidien sur la pauvre équipe de Paul Martin commence à porter. La grogne s'est installée partout dans la classe politique. Élus et organisateurs du Parti libéral reprochent à l'équipe de Paul Martin de mal gérer les crises quotidiennes qui lui tombent dessus. Ils montrent du doigt la faiblesse des cabinets politiques des ministres et l'omniprésence du groupe de communications stratégiques Earnscliffe qui a accompagné Paul Martin tout au long de son ascension au pouvoir.
Bref, les députés et les ministres ont peur. Toutes leurs conversations privées commencent de la même façon : "C'est sûr que s'il y avait des élections aujourd'hui..." Le grand Parti libéral du Canada a l'air d'un beau château de sable soudain rejoint par les vagues !
Et il y a pire encore ! Le malaise est tout aussi profond dans la haute fonction publique. La plupart des mandarins du régime savent que leurs jours sont comptés. En fait, Paul Martin aurait sans doute dû procéder à un remaniement des sous-ministres dès son arrivée au pouvoir. Mais il a décidé d'attendre son élection et il gouverne avec les mandarins de Jean Chrétien.
Les réformes annoncées sur la reddition de comptes des sous-ministres, et la mise en place du Comité ministériel sur l'examen des dépenses, ont créé un sentiment d'insécurité dans toute l'administration fédérale. L'objectif avoué est de dégager, d'ici quatre ans, des économies de trois milliards de dollars, soit 5 % des dépenses d'opération du gouvernement. Mais surtout, l'examen des dépenses sera permanent : sous-ministres, sous-ministres adjoints, directeurs généraux, chefs de services, devront, année après année, justifier leurs dépenses, défendre leurs petits empires. "Le gouvernement est très bon pour créer des programmes, mais pas pour en abolir", a résumé John McCallum, membre du Comité ministériel sur l'examen des dépenses.
Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement affronte à ce point sa fonction publique, mais c'est la première fois qu'un nouveau premier ministre, issu de la même famille politique que son prédécesseur, bouscule autant les mandarins du régime. Et Jean Chrétien a encore beaucoup d'amis dans la haute fonction publique fédérale : il en connaît certains depuis 25 ans, et il les a nommés lui-même pour la plupart.
Entre une classe politique sérieusement ébranlée par les catastrophes qui s'abattent sur elle, et une fonction publique mécontentée par des réformes exigeantes, Paul Martin gouverne de plus en plus mal. Il n'a même plus le temps de se ressaisir s'il veut déclencher des élections générales ce printemps. Son seul espoir est maintenant d'être réélu "par défaut", les Canadiens ne connaissant pas assez Stephen Harper et le nouveau Parti conservateur du Canada pour leur faire confiance, et les Québécois étant lassés de voter pour le Bloc, un parti condamné à l'opposition.
Paul Martin se résoudra-t-il, d'ici l'ajournement de Pâques prévu pour le 2 avril prochain, à reporter les élections à l'automne ? Ironiquement, c'est peut-être le chef de l'opposition officielle qui lui en donnera l'occasion !
Stephen Harper réclame officiellement des élections à dates fixes, tous les quatre ans. Et il se propose de déposer lui-même un projet de loi privé instaurant ce nouveau régime dès l'automne prochain. En passant, cela voudrait dire que, désormais, les élections canadiennes se tiendront la même année et à peu près en même temps que les élections présidentielles aux États-Unis !
Il serait tout de même hilarant que Paul Martin prenne Stephen Harper au mot et qu'il obtienne, du même coup, un sursis de sept ou huit mois ! Mais ne modifiez pas encore vos plans de vacances...
MVastel@lesoleil.com

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Martin pointe Mulroney
Hélène Buzzetti
Le Devoir jeudi 25 mars 2004
Contredisant ses fonctionnaires, le premier ministre affirme que le fonds secret sur l'unité nationale a vu le jour en 1992
Le gouvernement libéral s'est défendu d'avoir créé une réserve secrète pour l'unité nationale de 40 millions par année: cette réserve aurait plutôt vu le jour en 1992 sous le leadership de Brian Mulroney. En outre, les libéraux ont même fait l'apologie de cette réserve - qu'ils abolissent tout de même - parce que celle-ci aurait «rendu service» en finançant des événements «de valeur» tels que le défilé de la fête du Canada ou le Centre Terry Fox.
«En ce qui concerne le fonds pour l'unité [...], il a été mis sur pied en 1992 par l'ex-premier ministre Brian Mulroney», a soutenu le premier ministre Paul Martin. Cette nouvelle version diffère de celle que faisaient circuler mardi les fonctionnaires du ministère des Finances et même le Conseil privé en matinée hier, à savoir que la réserve existait depuis 1996.
«La réserve elle-même a été créée en 1992, a clarifié en fin de journée le porte-parole du Conseil privé, François Jubinville. C'est en 1996 que les paramètres et les conditions d'utilisation ont été établis tels qu'ils existaient jusqu'à son élimination [mardi].» Une chose est certaine, ajoute M. Jubinville, «le gouvernement savait que cette réserve existait quand il est arrivé au pouvoir» en 1993.
Des anciens du Parti progressiste-conservateur ont réagi à cette version des faits des libéraux. «C'est carrément faux», a lancé l'ex-chef progressiste-conservateur Peter Mackay. M. Mackay a même affirmé que la chose avait été vérifiée auprès de M. Mulroney lui-même. «Ma compréhension, et nous avons fait nos vérifications auprès de membres de l'ancien gouvernement, c'est qu'il n'y avait pas de fonds réservé à l'unité nationale.»
Le gouvernement se trouvait dans une étrange position hier. Il devait d'une part justifier l'existence de ce fonds auquel il a eu recours pendant 11 ans et d'autre part expliquer pourquoi il s'en débarrassait dans son budget sans laisser paraître qu'il était un élément obscur ne se conformant plus aux objectifs de transparence de l'équipe Martin.
«Ce n'est pas pour dire que c'était un mauvais programme, mais simplement que les priorités ont changé», a expliqué le ministre des Finances, Ralph Goodale. Son collègue au Conseil du trésor, Reg Alcock, était moins affirmatif. «C'est un élément qui était devenu controversé», a-t-il reconnu.
Pierre Pettigrew, ministre politique du Québec, a parlé d'un fonds qui a «rendu service» mais qui n'avait plus sa raison d'être étant donné la «nouvelle approche à l'unité nationale» que l'équipe de Paul Martin veut adopter. «Notre approche consiste en une ère de coopération, de saine gestion et de meilleur partenariat avec les provinces», a-t-il dit.
Tous ont aussi indiqué que le fonds était aboli simplement parce que le gouvernement cherchait son milliard de dollars à rediriger vers des programmes plus prioritaires. Le président du Conseil privé, Denis Coderre, a même parlé d'une «décision fiscale». «Il ne faut pas voir de scandale où il n'y en a pas.»
Le Bloc québécois a continué d'enfoncer le clou hier. Il veut obtenir la liste de tous les événements ou programmes ayant été financés à même cette réserve sur laquelle le premier ministre Jean Chrétien avait total droit de regard. Après avoir esquivé la question toute la journée, le gouvernement a décidé d'acquiescer à la demande du Bloc. Un haut responsable a indiqué en fin de soirée qu'on espérait pouvoir rendre publique cette liste d'ici la fin de la semaine. La reconstitution serait toutefois compliquée par le fait qu'il faut respecter les secrets du cabinet.
M. Pettigrew avait toute la journée insisté sur le fait que toutes les dépenses faites à partir de ce fonds avaient été approuvées et canalisées par des programmes déjà existants et qu'à ce titre, elles figuraient dans les comptes publics. «Il n'y a rien de secret là-dedans», avait-il lancé à la Chambre des communes.
M. Pettigrew a en partie raison. Lorsque l'argent était alloué pour financer un projet ou un programme, il apparaissait effectivement dans le budget général des dépenses du ministère qui le gérait. Ce qu'il ne spécifie pas, c'est que nulle part dans le budget y avait-il une ligne consacrée à la réserve pour l'unité nationale spécifiant sa cagnotte totale et dressant un éventail de tous les événements qu'elle a permis de financer. Quelqu'un ignorant son existence n'aurait jamais pu la déceler en lisant les comptes publics. «Je ne connais pas d'exemple d'un fonds qui existe et qui n'apparaît pas aux comptes publics», a indiqué le chef bloquiste, Gilles Duceppe.
La réserve disposait d'environ 40 millions de dollars par année (même ce chiffre varie selon la personne à qui on parle). On sait qu'au début le programme de commandites a été financé à même ce fonds spécial du premier ministre. C'est d'ailleurs pour cela que les soumissions au Conseil du trésor demandant des millions pour le programme en 1996 et en 1997 étaient cosignées par Jean Chrétien. M. Duceppe a rappelé que c'est Alfonso Gagliano qui a vendu la mèche dans une entrevue récente. Il avait alors dit que l'argent provenait du fonds pour l'unité nationale. «Finalement, le seul aveu de M. Gagliano, c'est celui-là. C'était un bon. Il a dû s'échapper, certainement», conclut M. Duceppe.

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Bédard surprend
Isabelle Rodrigue
Le Devoir jeudi 25 mars 2004
Récit décousu, ouï-dire, les révélations de l'ex-championne olympique étonnent les députés
PC Ottawa - Le comité des Comptes publics a eu droit à des révélations pour le moins étonnantes hier lorsque la championne olympique Myriam Bédard a affirmé qu'on lui avait déjà dit que le coureur automobile Jacques Villeneuve obtenait 12 millions $US pour arborer le mot «Canada» sur son survêtement et que Groupaction était mêlé au trafic de drogue.
Les membres du comité n'ont pas pris de temps à demander plus de détails à Mme Bédard sur ces surprenantes révélations.
Selon sa version, c'est Marc LeFrançois, l'ex-président de Via Rail récemment congédié par le gouvernement, qui lui avait confié en 2001 que la firme de publicité Groupaction était mêlée au trafic de drogue.
Invitée par un député à raconter comment M. LeFrançois lui avait fait cette confidence, Mme Bédard a tenté de se rappeler le plus exactement possible les mots de son ancien patron. M. LeFrançois lui aurait dit que «Groupaction sont en train de se construire un gros château et ils ne font pas toujours les choses correctes et ils sont impliqués dans le trafic de drogue», a cité de mémoire l'ex-employée de Via. Une semaine plus tard, toujours selon Mme Bédard, M. LeFrançois lui aurait mentionné d'oublier ce qu'il lui avait dit.
Quant aux 12 millions $US que Jacques Villeneuve aurait reçus pour arborer le mot «Canada», Mme Bédard dit que c'est son agent de l'époque, Jean-Marc Saint-Pierre, qui lui aurait glissé l'information à l'oreille, ajoutant qu'il s'agissait d'une information «top secret».
Le réseau de télévision sportif RDS a rapporté hier soir que les images d'archives de M. Villeneuve de 1997 à 2003 montrent que le logo du Canada n'apparaissait pas sur l'uniforme et le casque du pilote à l'époque.
Pendant un peu plus d'une heure, la championne olympique a raconté en détail son passage chez Via Rail. Son récit, parfois décousu, se base principalement sur ses observations, des ouï-dire ou les affirmations d'une tierce personne. Par exemple, elle dit avoir pu constater de visu que Via Rail et Groupaction partageaient la même loge au Centre Bell, à Montréal.
Mme Bédard s'est souvent éloignée du sujet, semblant ignorer l'objectif principal du comité, c'est-à-dire faire la lumière sur le scandale des commandites. Ainsi, elle en a laissé plus d'un pantois lorsqu'elle a affirmé que le Canada ne s'était pas engagé dans la guerre contre l'Irak grâce à son copain, l'écrivain montréalais Nima Mazhari, qui aurait donné des conseils à l'ex-premier ministre Jean Chrétien. M. Mazhari était d'ailleurs à ses côtés pendant toute la durée du témoignage.
Le président du comité, le conservateur John Williams, a estimé que le témoignage de Mme Bédard était crédible.
«Elle est un témoin extrêmement crédible», a-t-il dit, ajoutant que le comité allait enquêter sur tous les renseignements transmis hier.
Le témoignage de Mme Bédard aura montré qu'elle côtoyait, sans le savoir, les gens impliqués dans le programme de commandites.
Au fil des ans, elle a rencontré l'ex-ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, et Jean Pelletier, encore chef de cabinet de Jean Chrétien à l'époque, dans leurs bureaux respectifs. Les rencontres avaient pour but de discuter de projets de Mme Bédard où le gouvernement fédéral agissait à titre de commanditaire.
Interrogée sur le rôle des deux hommes, la biathlète a affirmé ne pas savoir s'ils jouaient un rôle décisionnel.
Myriam Bédard, qui a été à l'emploi de Via Rail en 2001, avait dénoncé une première fois dans les médias, en février dernier, les abus du programme de commandites. Elle avait alors raconté les liens qu'elle avait observés entre Via Rail et Groupaction et, surtout, les facturations abusives.
Son emploi au service du marketing chez Via Rail lui a permis de constater comment les choses fonctionnaient.
«Toutes les publicités qu'on faisait, imprimés, graphisme ou quoi que ce soit, la facture devait passer par Groupaction», a expliqué Mme Bédard, notant qu'elle devait passer par Groupaction même si l'agence de graphisme avec laquelle Via faisait affaire était à une minute à pied de son bureau.
Indignée de ces façons de procéder, Myriam Bédard dit avoir posé des questions. Sa curiosité et ses remises en question des façons de faire lui auront coûté son emploi en janvier 2002, estime-t-elle.
Le comité poursuit ses travaux aujourd'hui. Il doit entendre le témoignage d'une ex-fonctionnaire des Travaux publics, Huguette Tremblay. Celle-ci pourrait lever le voile sur le rôle de l'ex-ministre Gagliano et son implication dans la gestion du controversé programme.
Presse canadienne

»» Scandale des commandites; Myriam Bédard comparaît
DES PROPOS ÉTONNANTS
Bellavance, Joël-Denis; Morin, Stéphanie
La Presse jeudi 25 mars 2004
Ottawa - Propulsée dans la tempête politique provoquée par le scandale des commandites, la médaillée d'or olympique Myriam Bédard a tenu des propos pour le moins étonnants hier devant un comité des Communes, en affirmant que l'ancien pilote Jacques Villeneuve aurait reçu 12 millions de dollars américains du fédéral, en secret, pour porter le logo du Canada sur son costume durant le Grand Prix de Montréal.
Durant son témoignage de plus d'une heure et demie, elle a aussi soutenu que son ancien patron à VIA Rail, Marc LeFrançois, lui avait confié que la firme Groupaction, l'une des agences mises en cause dans le rapport de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, sur la gestion du programme de commandites, " était impliquée dans le trafic de drogue ".
Hier soir, Jean Breault, président et chef de la direction de Groupaction, a catégoriquement nié cette affirmation la qualifiant d'" outrageante ".
Mme Bédard avait été invitée à témoigner devant le comité des comptes publics après qu'elle eut affirmé, le mois dernier, avoir constaté des cas des malversations impliquant VIA Rail et Groupaction lorsqu'elle travaillait pour VIA entre janvier 2001 et janvier 2002.
En témoignant devant ce comité parlementaire chargé de faire la lumière sur le scandale des commandites, Mme Bédard jouit d'une pleine immunité de sorte que ses propos ne peuvent être utilisés contre elle dans le cadre d'une poursuite judiciaire.
L'ex-championne de biathlon a affirmé avoir appris que Jacques Villeneuve recevait la somme faramineuse de 12 millions US en 1997. Elle a indiqué avoir obtenu cette information " top secret " de la part de Jean-Marc Saint-Pierre, son agent de 1993 à 2000, au moment où elle assistait au Grand Prix du Canada dans la loge de Normand Legault, le président de l'événement.
" C'était pour porter le nom du Canada. Je savais que le gouvernement donnait de l'argent. Je ne savais pas que c'était le scandale des commandites à ce moment-là ", a déclaré Mme Bédard.
Mais le ministère des Travaux publics et l'agent de M. Villeneuve, Craig Pollock, ont donné hier un tout autre son de cloche. Tout au plus, le fédéral a-t-il versé 4500 $ au coureur automobile en 1997 dans le cadre du programme de commandites pour qu'il porte le logo du Canada sur sa combinaison, a indiqué Alastair Mullin, porte-parole du ministère.
Joint à sa résidence à Villars, en Suisse, M. Pollock, a aussi démenti que le pilote ait reçu 12 millions US du gouvernement fédéral pour porter l'unifolié sur son uniforme de course. " C'est totalement faux (It's bullshit). Le Canada n'a jamais aidé Jacques d'aucune façon. De toute sa carrière, il n'a rien reçu du gouvernement canadien. La seule chose que le Canada a fait, c'est de travailler à installer un Grand Prix à Montréal. Si le sport motorisé se porte bien au Canada, c'est grâce au nom Villeneuve. Ont-ils payé Jacques en retour? Jamais! " a-t-il déclaré.
" C'est très vexant d'entendre que de l'argent gouvernemental aurait pu être détourné en faveur de Jacques. S'il porte un drapeau canadien sur sa combinaison, c'est seulement pour indiquer sa nationalité ", a-t-il ajouté.
Durant son témoignage, Mme Bédard a par ailleurs indiqué que Marc LeFrançois, qui était un haut dirigeant de VIA Rail encore tout récemment, lui a parlé de certaines activités de Groupaction qui n'ont rien à voir avec le marketing durant une conversation dans le bureau de ce dernier. Une semaine plus tard, M. LeFrançois l'aurait invitée à oublier cette conversation. Elle a affirmé que c'est pour cette raison qu'elle a refusé d'être transférée chez Groupaction en dépit des pressions qu'auraient exercées sur elle M. LeFrançois et Jean Pelletier, un autre dirigeant de la société d'État.
" Cette demande, pour moi, c'était un choc. J'avais entendu déjà de Marc LeFrançois que Groupaction était impliquée dans le trafic de drogue. J'avais peur et psychologiquement, j'étais paralysée ", a déclaré Mme Bédard aux membres du comité des comptes publics.
La Presse a tenté en vain, hier soir, d'obtenir les commentaires de M. LeFrançois. Toutefois, Jean Brault, a publié un communiqué tard hier soir.
" Je ne peux passer sous silence, l'affirmation gratuite faite par Myriam Bédard, aujourd'hui, devant le Comité des comptes publics lorsque citant Marc Lefrançois, alors président de VIA Rail, elle a affirmé que Groupaction était impliquée dans le trafic de drogue. Cette affirmation outrageante dépasse toutes les bornes. Elle est fausse et sans fondement ", a indiqué M. Brault.
Hier, Mme Bédard a affirmé avoir constaté rapidement que certaines factures soumises par Groupaction étaient exagérément élevées. Mais elle n'a pas soumis de document précis aux membres du comité.
" Après quelques semaines de travail, j'ai commencé à voir que les dossiers pourraient être traités de façon plus efficace et moins cher. (Mais) on m'a répondu qu'on devait toujours passer par Groupaction ", a-t-elle dit.
Au début de son témoignage, Mme Bédard a aussi révélé que son conjoint, Nima Mazhari, a donné quelques conseils à Jean Chrétien au sujet de la guerre en Irak. " Si le Canada n'est pas engagé dans la guerre, a-t-elle précisé, c'est parce que Nima Mazhari a donné plusieurs conseils au premier ministre. "

»» déficit zéro
Le déficit zéro n'existe plus depuis deux ans
Denis Lessard
La Presse jeudi 25 mars 2004
La vérificatrice générale accuse le gouvernement de gonfler artificiellement ses recettes
Québec - Le déficit zéro n'existe plus depuis deux ans au Québec. Les prévisions de pertes de la SGF étaient singulièrement exagérées et, par un jeu comptable, le gouvernement a artificiellement gonflé de 200 millions ses recettes l'an dernier.
Sans ménagements, la vérificatrice générale par intérim, Doris Paradis, avait trempé hier son crayon dans l'encre rouge pour corriger, encore une fois, la comptabilité du gouvernement du Québec, le bilan de 2002-2003, qui arrive encore bien en retard, déplore-t-elle.
" C'est assez rare qu'un vérificateur ait, année après année, à refaire ses demandes sans qu'on en tienne compte ", déplore Mme Paradis. Assumant depuis deux ans l'intérim au poste de vérificateur, elle pourrait en être à son dernier rapport car le gouvernement évalue certains candidats pour les soumettre au vote de l'Assemblée nationale. Hier, Mme Paradis soutenait n'avoir aucune communication en ce sens du gouvernement.
Manque de contrôle en santé
Dans les " musées des horreurs " que le vérificateur identifie année après année, Mme Paradis dit avoir été frappée surtout " par le manque de contrôle dans la santé, au niveau du gouvernement et des régies régionales pour ce qui touche l'hébergement en perte d'autonomie ".
" Quand des individus sont affectés, quand leur qualité de vie est réduite, cela ne peut que nous affecter de façon particulière ", a dit Mme Paradis.
Seulement deux des 14 recommandations faites l'an dernier par Mme Paradis ont été appliquées par le gouvernement, constate-t-elle dans un entretien accordé hier à La Presse.
Elle recommandait ainsi un registre précis des terrains contaminés propriétés de Québec, compte tenu des factures potentielles. Cette liste n'a toujours pas été faite.
Certaines doléances sont bien anciennes, comme l'inscription du passif des régimes de retraite des cadres, l'absence des déficits des hôpitaux du périmètre comptable du gouvernement (133 millions en déficits gommés), et la surestimation de 261 millions des pertes appréhendées à Investissement Québec.
Sur la Société générale de financement, Mme Paradis observe que les 257 millions de pertes appréhendées pour l'année financière 2002-2003 étaient surévaluées de 97 millions. Les 511 millions de pertes pour l'ensemble de l'année 2003, annoncées la semaine dernière par le président, Henri Roy, sont cette fois " du solide ", précise-t-elle.
Selon Mme Paradis, on doit déplorer d'abord que le gouvernement mette un an à déposer ses états financiers- les documents d'hier viennent mettre un point final à l'année 2002-2003.
Elle constate que le déficit budgétaire de cette année, au moment où le gouvernement se targuait d'avoir maintenu l'équilibre, était en fait de 694 millions: Québec avait d'abord admis 257 millions en juin, puis 528 millions de déficit en décembre.
L'année précédente, le bilan était pire encore. Le déficit réel est de 928 millions, mais le gouvernement avait " apporté toute la confusion de la réserve budgétaire " en créant une cagnotte spéciale pour la santé. Et Québec avait cette année-là annoncé un surplus de 22 millions.

»» Budget
Charest est déçu mais garde espoir
Robert Dutrisac
Le Devoir jeudi 25 mars 2004
Même s'il se dit déçu du budget fédéral, le premier ministre Jean Charest n'a aucune intention d'ordonner à ses députés de ne pas faire campagne pour la réélection des libéraux fédéraux tout comme il refuse lui-même de prendre position.
À l'Assemblée nationale, Jean Charest a réitéré que le Parti libéral du Canada et le Parti libéral du Québec étaient «des entités indépendantes». Le PLQ «n'a pas l'intention d'appuyer aucun parti politique», tout en rejetant tout appui au Bloc québécois, a-t-il dit.
Le premier ministre répondait à une question du chef de l'opposition officielle, Bernard Landry. Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, est revenu à la charge en mentionnant que plusieurs députés du PLQ demandaient aux électeurs de voter pour les candidats du PLC alors que «ce parti-là ne remplit pas ses obligations». Selon M. Dumont, il n'est pas suffisant pour M. Charest de manifester au premier ministre Paul Martin «des peines d'amour au téléphone» ni pour le ministre des Finances de faire la même chose en point de presse. «On veut s'assurer que les cocus ne seront pas sur le perron de l'église pour la photo de noces aux élections fédérales», a-t-il lancé, déclenchant l'hilarité générale.
Jean Charest a indiqué qu'il avait téléphoné à Paul Martin mardi soir pour exprimer sa déception. «De ce que je comprends de ma conversation avec M. Martin, c'est qu'ils ont des marges de manoeuvre», a-t-il précisé. Il attend la conférence fédérale-provinciale des premiers ministres cet été, où il sera question non seulement du financement de la santé mais aussi de la péréquation.
Une promesse à respecter
Hier, les députés libéraux et péquistes ont voté en faveur d'une motion présentée par Louise Harel mais amendée par les libéraux pour la rendre ambiguë. Les députés demandent au gouvernement libéral de respecter son engagement d'investir 2,2 milliards de plus en santé pour 2004-05, «tout en reconnaissant le réinvestissement 2003-04», a-t-on ajouté, soit 1,3 milliard. Vendredi dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a indiqué que, pour atteindre le montant de 2,2 milliards dans le prochain budget, il faudra tenir compte de l'injection de l'exercice précédent.
En entrevue hier matin, le ministre fédéral de la Santé, Pierre Pettigrew, confirmait que le fédéral dispose d'une marge de manoeuvre, ce qui lui permettra, cet été, de prendre de réels engagements à long terme lors de la conférence des premiers ministres sur la santé. «Pour nous qui sommes déterminés, cette année, à régler à long terme [les problèmes] de financement et les réformes que ça prend, il est clair qu'on va avoir des marges de manoeuvre pour le faire», a-t-il dit.
Il a rappelé que le premier ministre Paul Martin s'est engagé à prendre tout le temps nécessaire cet été pour arriver à une solution, quitte à ce que la conférence fédérale-provinciale dure plusieurs jours. Auparavant, les ministres des Finances et de la Santé doivent tenir une réunion conjointe pour préparer la rencontre des premiers ministres.
Avec la collaboration de Manon Cornellier

»» Le prochain budget Séguin
L'heure de vérité pour le gouvernement Charest
André Dubuc
Les Affaires samedi 27 mars 2004
Le prochain budget Séguin montrera si les engagements de la dernière campagne sont réalisables
L'heure de vérité a sonné pour le gouvernement de Jean Charest avec le dépôt du prochain budget, le mardi 30 mars.
Faisant face à des paiements de transfert fédéraux en baisse, le gouvernement du Québec devra montrer le sérieux de sa volonté de revoir le rôle de l'État dans l'économie.
"Pour nous, c'est clair, le déficit, on n'en veut pas. Il faut équilibrer les comptes et mettre en place un plan de réduction de la dette", avertit Pierre-Emmanuel Paradis, économiste principal à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).
Dans le document de référence des consultations prébudgétaires, le ministère des Finances rappelait avec insistance le poids de la dette publique. Au 31 mars 2004, elle a atteint 111,5 milliards de dollars (G$), soit 44 % du produit intérieur brut, la proportion la plus élevée de toutes les provinces canadiennes. Le service de la dette, 8 G$ de dépenses en 2004-2005, constitue le troisième poste de dépenses en importance.
Le document du ministère soulignait aussi le fait que les dépenses de programme augmentent plus vite au Québec qu'ailleurs au pays. Depuis 1999, la croissance annuelle de ces dépenses se chiffre à près de 5 %. Le Québec est la province qui consacre la part la plus importante de sa richesse au financement des services publics.
Le balai dans l'aide aux entreprises
Les économistes que nous avons consultés s'attendent à ce que le ministre des Finances, Yves Séguin, poursuive le ménage dans les programmes d'aide aux entreprises.
Selon les chiffres du ministère, l'aide totale accordée aux entreprises a triplé en sept ans, passant de 1,2 G$ en 1995-1996, à 3,5 G$ en 2002-2003. Dans son budget de l'an dernier, M. Séguin a réduit l'aide fiscale consentie aux entreprises de 27 %.
Les opinions demeurent cependant nuancées quant au bien-fondé de compressions radicales. "On souhaite que le gouvernement maintienne au moins à son niveau actuel le crédit d'impôt en R-D", dit Daniel Charron, directeur à la recherche et à l'analyse pour les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). L'organisme avait mal réagi à la première phase d'élimination des crédits d'impôt aux entreprises l'an dernier.
Une certaine forme d'appui lui apparaît d'autant plus souhaitable que le secteur manufacturier souffre de la hausse du dollar. Les exportations sont en baisse de 10 G$ en 2003, par rapport à l'année record de 2000, ce qui représente un manque à gagner d'environ 1 G$ pour le gouvernement, selon MEQ. Depuis novembre 2002, les pertes s'élèvent à 40 000 emplois dans le secteur secondaire, rappelle M. Charron.
Ne pas s'attendre à des miracles
Chef économiste adjoint au Mouvement Desjardins, François Dupuis s'attend à un budget douloureux. Le fait que Québec livre son budget sept jours seulement après celui du fédéral (le délai est habituellement de trois à quatre semaines pour que la province refasse ses calculs en tenant compte du budget fédéral) semble indiquer que les nouvelles sont mauvaises en ce qui concerne les transferts fédéraux. "A priori, ça augure mal", dit-il.
M. Dupuis s'attend lui aussi à une nouvelle ronde de compressions dans l'aide aux entreprises. Il ne serait pas surpris que le gouvernement oublie momentanément sa promesse de réduire les impôts des particuliers. M. Séguin a longtemps réaffirmé son intention de respecter cette promesse avant de commencer à envoyer des signaux équivoques à mesure qu'approchait le dépôt de son budget.
Si tel était le cas, le gouvernement aurait l'appui des syndicats. Dans son mémoire, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) exhortait le ministre à ne pas réduire immédiatement le fardeau fiscal afin de pouvoir maintenir la qualité des services publics et des programmes sociaux.
PETITS RAPPELS SUR L'ÉTAT DES FINANCES AU QUÉBEC
> Le Québec est la province la plus endettée au pays et la dette atteint 44 % de notre PIB, soit 14 495 $ par habitant.
> Entre 1961 et 1984, l'écart entre le niveau de vie des Québécois et celui des Ontariens a été réduit de 26 à 17 %. Depuis, ce mouvement de rattrapage piétine.
> Au Québec, le nombre d'heures moyennes au travail est de 32,8, comparativement à 34 en Ontario et à 37,6 aux États-Unis.
> L'État québécois intervient lourdement dans l'économie et il consacre une part importante de sa richesse aux services publics : 18,7 % de son PIB, contre 14,6 pour les provinces canadiennes (sauf le Québec) et 12 % pour l'Ontario.
> Après Terre-Neuve, le fardeau fiscal des Québécois est le plus imposant au pays.
> Depuis 1987, le nombre de contribuables qui ne paient pas d'impôt est passé de 25,4 à 39,8 % du total.
> Les contribuables qui gagnent plus de 50 000 $ représentent 14 % du total et paient 60 % de l'impôt au Québec; 50 % des contribuables gagnent moins de 20 000 $ et paient 2,7 % de l'impôt.
> Le service de la dette demeure le troisième poste budgétaire en importance et accapare 16,3 cents de chaque dollar de revenu de l'État.
> L'aide totale aux entreprises est passée de 1,2 G$ en 1995-1996 à 3,5 G$ en 2002-2003.
> Près de 60 % de l'impôt des sociétés est versé par de grandes entreprises (revenu brut supérieur à 20 M$).
source : Document de consultations prébudgétaires du gouvernement du Québec
andre.dubuc@transcontinental.ca

»» Le prochain budget Séguin
Ce que fera Yves Séguin, ce qu'on aimerait qu'il fasse
Joseph Facal, Clément Gignac, Yvon Cyrenne
Les Affaires samedi 27 mars 2004
Le ministre des Finances du Québec, Yves Séguin, présentera son budget à l'Assemblée nationale le 30 mars prochain. Comment s'y prendra-t-il, alors que, de toute évidence, les revenus seront limités et que les dépenses seront difficiles à comprimer ? Pour enrichir la réflexion sur l'état des finances publiques au Québec, LES AFFAIRES ont demandé à trois personnalités du monde économique québécois d'y aller d'un court texte sur ce que fera M. Séguin... ou sur ce que l'on souhaiterait qu'il fasse.
LE CERCLE CARRÉ DE MONSIEUR SÉGUIN
Ce sera plus que jamais la quadrature du cercle pour Yves Séguin cette année. Du côté des revenus, l'économie québécoise est tributaire d'une conjoncture nord-américaine sur laquelle il n'a aucune prise. Les transferts fédéraux sont en chute libre. La lourdeur du fardeau fiscal et les hausses récentes de tarifs interdisent de nouvelles augmentations d'impôt. Du côté des dépenses, elles continuent à augmenter beaucoup plus vite que les revenus, et le vieillissement de la population accentuera toujours plus cette tendance. Les petits ministères ont déjà été saignés à blanc pour épargner la santé. La loi interdit en plus à M. Séguin de faire un déficit, et la dette du Québec est déjà la plus élevée au Canada.
Quatre grandes orientations devraient le guider : faire comprendre aux Québécois que la spirale actuelle ne peut plus durer si on veut éviter à nos enfants un calvaire, encourager la productivité et la croissance en imposant la consommation plutôt que l'effort, diversifier les sources de financement des services publics en s'ouvrant au secteur privé de manière prudente, et mettre le maximum de pression sur Ottawa qui continue à engranger des surplus proprement scandaleux.
Mais la politique a ses impératifs. Les difficultés actuelles du gouvernement le conduiront à faire preuve de pragmatisme et de prudence. Les décisions les plus pénibles seront repoussées. Les baisses d'impôt seront très ciblées; des finesses comptables donneront l'impression qu'elles totalisent le milliard promis. L'aide aux entreprises sera encore réduite. On fixera des cibles de rendement peu réalistes aux sociétés d'État et à la lutte à l'évasion fiscale. On menacera Ottawa de se fâcher vraiment cette fois, ce qui fera rigoler les mandarins fédéraux, et on allumera des lampions pour que l'économie américaine nous donne un répit momentané.
Joseph Facal Professeur à HEC Montréal et ancien président du Conseil du trésor du Québec
DIX POINTS À SURVEILLER POUR JUGER D'UN BON BUDGET À QUÉBEC
Incarnant le temps d'une chronique le rôle de gérant d'estrade, voici quels seront mes critères pour juger le budget du ministre Séguin le soir du 30 mars. La note de passage est fixée à 60 % et une mention spéciale sera accordée au ministre pour une note de 80 % et plus.
1 Respect intégral du niveau de dépenses promis dans le budget de mai 2003
Le ministre est soumis aux aléas de la conjoncture, mais il doit démontrer qu'il est en mesure de respecter ses dépenses.
2 Maintien d'un budget équilibré
Compte tenu du consensus social et des sacrifices consentis à ce jour, il serait malheureux de manquer à cet objectif.
3 Méthodes utilisées pour atteindre cet objectif
Bien qu'on pourrait vendre des actifs, nous regarderons plutôt si le ministre doit recourir à des écritures ou à des artifices comptables pour équilibrer son budget.
4 Recours à des hypothèses modérées pour les projections
Une croissance économique pour le Québec en 2004 de quelque 2,5 à 3 % serait jugée crédible.
5 Réduction promise de 1 milliard $ du fardeau fiscal
Le ministre sera-t-il vraiment en mesure de réduire le fardeau fiscal des Québécois, compte tenu des transferts fédéraux en baisse ?
6 Mesures pour stimuler la productivité et créer la richesse au Québec
Outre un plan de réduction du fardeau fiscal des Québécois, le ministre annoncera-t-il des mesures pour stimuler les investissements et relever notre productivité ?
7 Élaboration d'un plan à moyen terme pour s'attaquer à la dette
Elle a augmenté de près de 14 G$ depuis 1997-98 malgré des budgets équilibrés sur le plan comptable. Le ratio d'endettement doit cesser de progresser, notre cote de crédit en dépend.
8 Faire face aux changements démographiques
Le taux de natalité est en baisse tandis que l'espérance de vie est en hausse, avec des impacts sur les régimes de retraite et les coûts de la santé. La fiscalité sera-telle revue pour favoriser le maintien en emploi du personnel plus âgé ?
9 Révision du rôle de l'État
Le Québec dépense par habitant, en moyenne, 715 $ de plus que les autres provinces en services publics (1 450 $ de plus que l'Ontario). Le ministre Séguin fera-t-il part d'une nouvelle réduction ou d'une consolidation du nombre de sociétés d'État et d'organismes publics ?
10 La capacité de conviction du ministre
Le ministre saura-t-il trouver les mots et les images nécessaires pour gagner la bataille de l'opinion publique à l'aube du renouvellement des conventions collectives du secteur public ?
Clément Gignac Économiste en chef, premier vice-président et stratège, Financière Banque Nationale
MON MINISTRE DES FINANCES JOUE LES QUÊTEUX À OTTAWA
À la suite du dépôt du récent budget fédéral, les hautains politiciens fédéraux nous annoncent qu'ils n'ont toujours pas plus d'argent comme il se doit pour le Québec, et même que les paiements de péréquation seront réduits.
Comme Québécois, j'ai un peu l'impression, ces derniers temps, que mon ministre des Finances joue le rôle d'un "quêteux" à l'autel d'Ottawa, car malheureusement nous sommes devenus, à toutes fins utiles, une grosse Province maritime dont les besoins en santé, en éducation, en infrastructures, pour n'en nommer que quelques-uns, sont ignorés.
Le prochain budget québécois, après plusieurs années de poudre aux yeux de la part, entre autres, de Mme Marois à titre de ministre des Finances, se doit de dévoiler la vraie situation financière du Québec, notamment, à savoir si nous faisons face à un véritable déficit ou si nous avons réussi à mettre en place un budget équilibré.
Lors de ce budget, les Québécois chercheront sans doute à savoir, par exemple, si le ministre des Finances va encore une fois camoufler le déficit d'un milliard de dollars (G$) des hôpitaux, les pertes de centaines de millions de la SAAQ, la SGF, Innovatech, etc. De plus, respectera-t-il les engagements de son parti au sujet des baisses d'impôt de 1 G$ par année pendant cinq ans ? Mais l'un des enjeux prioritaires de ce budget sera de savoir si nous allons continuer de vivre au-dessus de nos moyens en nous endettant chaque année à coup de milliards et en protégeant le troupeau de vaches sacrées que nous ont confiées nos chers organismes populaires avec la complicité des syndicats.
Le temps des relations publiques style "Briller parmi les meilleurs" est terminé. Il faut vraiment, lors du budget, que le gouvernement nous démontre son sérieux et surtout qu'il nous dise la vérité sur la situation financière du Québec. Dans de telles circonstances, il importe plus que jamais qu'en examinant ce budget, on se rappelle ce dicton : "Dans un fort vent, même les dindes s'envolent."
Yvon Cyrenne fiscaliste

»» Le prochain budget Séguin
Un budget fédéral qui ne comblera pas le Québec
André Dubuc
Les Affaires samedi 27 mars 2004
Le premier budget du ministre fédéral des Finances Ralph Goodale ne facilitera pas beaucoup la vie de son vis-à-vis québécois Yves Séguin. Les transferts sont légèrement à la hausse, mais les paiements de péréquation - pour lesquels Ottawa présente d'ailleurs un début de réforme - baissent au niveau de 1992-1993.
Si l'on tient compte de l'ensemble des transferts que reçoit le gouvernement du Québec, c'est une somme de 13 milliards de dollars (G$) que M. Goodale remettra au Québec en 2004-2005. En dollars courants, il s'agit quand même d'un sommet inégalé depuis 1980-81, selon les chiffres du ministère canadien des Finances.
Ces chiffres n'impressionnent guère le fiscaliste Yvon Cyrenne. "Oui, les transferts augmentent, mais ils augmentent moins vite que les depenses en santé des provinces", dit-il.
M. Cyrenne fait remarquer que ce résultat est largement tributaire du paiement forfaitaire de 2 G$, étalé sur deux ans que le fédéral s'est engagé à verser aux provinces pour la santé. Pour le Québec, il s'agit d'une entrée de fonds ponctuelle de 236 M$ en 2004-2005, et de 235 M$ l'année suivante.
En tout, le transfert de 13 G$ en 2004-2005, se compare aux 12,4 G$ reçus par Québec en 2003-2004 et aux 11,8 G$ de 2002-2003.
Outre le supplément au titre de la santé, la province recevra 35 M$ au cours des deux prochaines années pour les services de garde à l'enfance.
De plus, le budget Goodale prévoit une nouvelle mesure de 400 M$ pour financer des campagnes de vaccination d'enfants et pour mieux préparer les réseaux de santé provinciaux à des épidémies comme le SRAS. La part du Québec s'éleve à 94 M$ en trois ans.
Clarifier l'exercice de péréquation
Du côté de la péréquation, Québec recevra 3,8 G$ en 2004-2005, un niveau sous lequel sont descendus ces paiements pour la dernière fois en 1992-1993. Toutefois, le gouvernement canadien a consenti à certains accommodements que réclamait le ministre Séguin.
Par la péréquation, le fédéral verse de l'argent aux provinces pauvres pour qu'elles puissent fournir à leurs citoyens des services publics comparables à ceux des provinces riches.
En 2003-2004, Québec a reçu 4,8 G$, avant que le gouvernement canadien ne refasse ses calculs en février dernier pour conclure que la province avait reçu plus d'un 1 G$ en trop. Le Québec doit maintenant rembourser cette somme en cinq ans, à raison de 244 M$ par an.
À la demande de M. Séguin, le fédéral a accepté de reporter d'un an, en avril 2005, le début du remboursement.
Par ailleurs, le gouvernement du Canada introduit dans son budget des éléments de réforme du programme de péréquation pour la période 2004-2009.
D'abord, des changements sont apportés à la formule de calcul, notamment en ce qui a trait à l'assiette de l'impôt foncier, mais le tout demeure très complexe. Dans un deuxième temps, le budget propose d'établir les paiements sur une moyenne mobile de trois ans, dans le but de diminuer les fluctuations d'une année à l'autre. Actuellement, les paiements sont calculés en fonction d'estimations des paramètres de l'exercice en cours.
Selon le système actuel, il n'est pas rare de voir des différences annuelles de 30 %. Avec la moyenne mobile de trois ans, les variations se limiteront à moins de 10 %, selon Ottawa.
Les modifications entreront progressivement en vigueur à compter de 2005. La mise en place sera complétée en 2007-2008.
Finalement, le gouvernement fédéral dit donner suite à une autre demande du Québec en proposant d'avancer aux provinces la différence entre le montant de péréquation de 2004-2005, si celui-ci est inférieur, et un montant correspondant à la moyenne des paiements reçus entre 1999-2000 et 2002-2003.
andre.dubuc@transcontinental.ca
LE BUDGET GOODALE
> 7e budget équilibré consécutif
> Aucune nouvelle hausse ou baisse de taxes et d'impôt pour les particuliers
> Augmentation des dépenses de programmes de 4,4 %
> Objectif de réduire le ratio de la dette fédérale à 25 % du PIB d'ici 10 ans
> Rétablissement d'un coussin de 4 G$ pour éventualités et mesure de prudence
> Nouveau plan de surveillance et de gestion des dépenses
> Surplus estimé de 5,5 G$ en 2003-2004
Pour les particuliers :
> Instauration de bons d'étude pour les enfants de familles démunies
> Augmentation du taux de la subvention à l'épargne-étude pour les familles démunies et de la classe moyenne
> Élargissement du crédit d'impôt pour études aux employés qui suivent des cours à leurs frais en lien avec leur emploi.
UNE KYRIELLE DE MESURES POUR LES ENTREPRISES
Dans un budget marqué du sceau de la rigueur, les rares surprises sont venues du côté de la fiscalité des entreprises, croit Jean-Luc Beauregard, fiscaliste chez Samson Bélair Deloitte Touche.
"Ce sont des mesures qui ne coûtent pas cher à l'État, mais qui indiquent que le gouvernement est à l'écoute des entreprises", dit le directeur du service de la fiscalité, à Montréal.
M. Beauregard donne en exemple le relèvement à 300 000 $ du plafond des bénéfices donnant droit au taux d'imposition réduit, une mesure déjà prévue pour 2006, mais dont l'application a été devancée d'un an dans le budget.
John Anania, économiste principal à la Banque Royale, se réjouit de la décision d'accélérer l'amortissement d'équipement informatique des sociétés. Le taux d'amortissement des ordinateurs et du matériel connexe passe de 30 à 45 %; celui du matériel Internet, de transmission à large bande et autre matériel d'infrastructures pour réseaux passe de 20 à 30 %.
"C'est un début. La table est mise pour que le gouvernement l'élargisse à d'autres types d'équipement à l'avenir", dit M. Anania, qui n'hésite pas à qualifier le premier budget Goodale de bon budget.
Dans un autre d'idées, soulignons que le budget limite l'investissement des caisses de retraite dans des fiducies de revenu à 1 % de la valeur comptable de leur actif. En outre, celles-ci ne pourront détenir plus de 5 % des parts d'une fiducie.
Ces restrictions ne s'appliquent pas aux fonds immobiliers, comme Cominar, ni aux fiducies de redevances de ressources naturelles. Elles s'appliquent aux fiducies de revenu d'entreprises comme, selon notre compréhension, les Pages jaunes.
Les fiducies de revenu sont un mécanisme de placement en vogue au Canada, qui ont la particularité de pouvoir distribuer leurs bénéfices avant impôt. C'est le détenteur de parts qui paie l'impôt sur ce revenu.
Autres mesures pour les entreprises :
> Report des pertes d'entreprises sur 10 ans plutôt que 7 ans;
> Élimination de la déductibilité des amendes et des pénalités;
> 280 M$ de plus pour la recherche, en deux ans;
> 270 M$ en capital de risqué dédié à la valorisation de la recherche;
> 4 G$ en 10 ans pour restaurer les terrains contaminés dont le gouvernement a la responsabilité.

»» la gauche
Quelle gauche ?
Jean-Marc Salvet
Le Soleil jeudi 25 mars 2004
Puisqu'il existe déjà un parti à la droite du Parti libéral du Québec - l'ADQ de Mario Dumont - , pourquoi n'en existerait-il pas un à la gauche du PQ - celui que la militante Françoise David souhaite constituer avec Option citoyenne ? Nous applaudissons à toute initiative susceptible d'offrir un plus large éventail de choix aux électeurs québécois. Mais il y a quelque chose de téméraire à croire que ce futur parti réussira là où ses prédécesseurs ont échoué.
Est-ce le mécontentement rapidement apparu après l'élection du gouvernement de Jean Charest ? Toujours est-il que l'ADQ engrange des points dans les sondages, même si elle n'est pas à l'avant-scène des débats, et que deux coalitions se réclamant de la gauche viennent de débouler sur l'échiquier politique québécois.
L'une, Option citoyenne, pourrait, si l'on en croit l'ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec, Françoise David, se constituer en parti politique en bonne et due forme. L'autre, baptisée platement Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre, et ayant l'ex-syndicaliste Monique Richard comme porte-étendard, a plutôt décidé d'investir le Parti québécois dans l'espoir de le tirer à gauche ou plus à gauche - selon le point de vue.
Ces deux stratégies bien différentes sont symptomatiques des divisions qui ont souvent marqué la gauche ici et ailleurs. Ce n'est pas sombrer dans la caricature que de le constater. Dans le cas qui nous occupe, il faut ajouter que la place accordée à la souveraineté a pesé dans les choix qui ont été faits.
Il est normal que le PQ accueille à bras ouverts le groupe de syndicalistes qui s'est invité à son bord, lui qui stagne dans les intentions de vote et ne demande pas mieux que de rebâtir un vaste mouvement autour de lui. En revanche, il est tout aussi évident que la création d'une nouvelle formation politique qui se positionnerait sur son flanc gauche lui ferait perdre des plumes lors du prochain scrutin.
Avec 2 % ou 4 % du vote, ce nouveau parti, qui aurait Françoise David pour vedette, demeurerait marginal, mais pourrait contribuer à la défaite du PQ. Al Gore, aux États-Unis, et Lionel Jospin, en France, pourraient en dire long sur l'effet de l'éparpillement des voix. Le premier a perdu des points au profit de Ralph Nader et le second au profit des Besancenot et Laguiller.
Mais au-delà de ces considérations tactiques, les deux nouvelles coalitions, au lieu de faire valoir un peu naïvement que plus de 40 % de la main-d'oeuvre québécoise est syndiquée (comme si leurs voix allaient leur revenir d'office), devraient plutôt se demander pourquoi bon nombre de syndiqués, même s'ils sont attachés aux services publics et à la redistribution de la richesse, ont boudé leur camp au fil des ans ?
L'an dernier, l'Union des forces progressistes (qui se fondra vraisemblablement dans le nouveau parti de Mme David) avait des candidats dans 74 circonscriptions. Or, elle a récolté 1 % des voix ! Il y a là matière à réflexion pour une certaine gauche. Une réflexion qui devrait concerner tout autant son discours, qui résonne trop souvent comme un ronron, que les préoccupations qu'elle véhicule, qui semblent souvent relever de vieux réflexes.
Tout comme il existe des droites modernes et des droites rétrogrades, il existe aussi des gauches passéistes et des gauches modernes. C'est là que se situe le véritable enjeu du débat.
JMSalvet@lesoleil.com

»» mondialisation
Démocratiser la mondialisation
Boutros Boutros Ghali
Voir, n° Vol: 18 NO: 12 jeudi 25 mars 2004
Les Grandes Gueules - "Les multinationales forment maintenant un site de puissance internationale et, ainsi, doivent être associées davantage aux décisions internationales..."
Si la mondialisation a su apporter de l'espoir un peu partout dans le monde, elle a également donné naissance à de nombreuses menaces.
Premièrement, elle menace l'État-nation, car un nombre grandissant de problèmes auxquels nous faisons face, ainsi que leurs solutions, existent à l'échelle mondiale. À moyen terme, nous pourrions assister à une crise de la représentation politique et, par le fait même, à un affaiblissement de ce qu'est la citoyenneté au sein des démocraties, que ce soit parce que les gens se sentent davantage consommateurs que citoyens ou, pire encore, parce qu'ils ne se considèrent plus représentés, et donc exclus de la démarche politique.
La deuxième menace a un impact direct sur ceux qui se trouvent coincés dans les processus de colonisation et de normalisation culturelles. Ces craintes sont justifiées, car ces gens, qui ne se sentent pas plus citoyens de leur village que citoyens du monde, sont tentés de se réfugier au sein de communautés qui se sont violemment repliées sur elles-mêmes dans l'espoir d'affirmer leur existence et leur différence.
La troisième concerne les pays en voie de développement et le fait que les écarts entre les nations riches et pauvres et au sein même des pays riches n'aient jamais été aussi grands, tout en continuant de s'accroître.
C'est avec ce tableau en arrière-plan qu'une planète mondialisée, qui avait été incapable de trouver un nouvel équilibre à sa sortie de la guerre froide, a été le théâtre des attaques du 11 septembre, lesquelles ont eu pour effet de nous catapulter vers une nouvelle phase de relations internationales. Des attaques qui ont été la révélation brutale d'un processus en gestation depuis longtemps.
Tout d'abord, nous avons pris conscience que la violence n'est plus propre aux nations, mais qu'elle peut être maniée par le représentant d'une quelconque cause qui a su passer sous le radar d'un État. De plus, le monde industrialisé a connu un réveil brutal lorsqu'il s'est rendu compte que la violence n'était pas limitée à certaines zones "barbares" dont il s'était senti, jusqu'ici, exclu. À présent, nous étions tous les superpuissances incluses vulnérables au danger.
La communauté internationale a finalement pris conscience que le pouvoir américain s'accompagne très naturellement du désir de l'utiliser, que cela entraîne ou non la violation de lois internationales et de la Charte des Nations unies.
Ainsi, cette abondance de facteurs devrait nous pousser à assujettir, à réglementer et à "civiliser" les grandes mutations en cours dans le monde, et ce, le plus rapidement possible. Le besoin de démocratiser la mondialisation avant qu'elle ne dénature la démocratie se fait également sentir. Ces processus prendront du temps et devront affronter une incroyable résistance.
Par où commencer? Le système de l'ONU se doit d'être plus démocratisé, surtout le Conseil de sécurité, la seule partie de l'organisation qui détienne le pouvoir d'autoriser la force militaire et d'imposer des sanctions, sans toutefois être un organe parfaitement démocratique. Reflétant un équilibre du pouvoir lors de sa création à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le conseil demeure eurocentriste et ne reflète pas l'émergence des nouvelles puissances majeures des 50 dernières années. Par contre, l'Assemblée générale, l'organe le plus démocratique de l'ONU, qui repose sur le vote majoritaire, est aussi le moins puissant et le moins capable d'assurer la promulgation de ses décisions.
Il est également nécessaire de reporter les processus de décentralisation et de régionalisation implantés sous l'égide de l'ONU au cours des dernières années. Ces organisations régionales, telles que l'Union européenne, le Commonwealth, la Ligue des États arabes, l'Union africaine, pour ne nommer que celles-ci, sont susceptibles d'agir en tant que contre-pouvoirs à la mondialisation.
Les efforts de démocratisation risqueraient de saper la logique même qui leur est sous-jacente s'ils réussissaient à placer la puissance internationale hors d'atteinte des États et si les nouveaux sites du pouvoir n'opéraient pas selon des principes démocratiques.
À cet égard, seule une nouvelle conception de la solidarité peut prévenir, ou du moins atténuer, les exclusions qui se produisent inévitablement au sein d'une société. Mais la solidarité ne peut être décrétée, elle doit provenir d'un engagement collectif, c'est-à-dire la participation d'acteurs étatiques et non étatiques à une société internationale contemporaine.
Au bout du compte, rien ne sera possible sans que la vaste majorité des États ne décide de s'investir dans les affaires du monde. Jusqu'ici, seule une toute petite proportion le fait. Toutefois, les acteurs non étatiques les organisations non gouvernementales (ONG), les municipalités, les parlements, les universités, les syndicats, les groupes religieux et les médias ressentent le besoin grandissant de s'impliquer dans les affaires du monde et devraient être en mesure de jouer un rôle dans la démocratisation des politiques internationales au même titre que les entreprises.
En effet, les multinationales forment maintenant un site de puissance internationale et, ainsi, doivent être associées davantage aux décisions internationales. D'autre part, elles doivent accepter d'inclure des perspectives d'intérêt général et le bien-être de la collectivité dans leurs stratégies économiques. Il est actuellement inacceptable de présenter une forme de planification générale ou de permettre à la loi du profit de déterminer l'avenir économique du monde et des générations à venir.
Boutros Boutros Ghali a été le secrétaire général des Nations unies de 1991 à 1995.
Traduit de l'anglais par Julie Rozon
L'ex-secrétaire général des Nations unies à propos de la mondialisation et de ses impacts sur le terrorisme.

»» Irak
Bush sur la sellette
Serge Truffaut
Le Devoir jeudi 25 mars 2004
ÉDITORIAL - L'administration Bush est sur la sellette. Entre l'entrevue que Richard Clarke, ex-patron de la lutte contre le terrorisme, a accordée à l'émission 60 Minutes, les confidences qui émaillent le livre qu'il vient de publier sur le sujet et son témoignage devant la Commission nationale sur les attentats du 11 septembre, le public américain a appris que l'obsession irakienne est si ancrée au sein des autorités que la lutte contre le terrorisme est jugée secondaire.
Numéro un de la guerre au terrorisme sous quatre présidents, de Ronald Reagan à Bush fils, Clarke a chargé ce dernier avec des termes qui ne laissent guère de place au doute. Selon lui, en déclenchant la guerre contre l'Irak, le président des États-Unis a littéralement miné le combat contre le terrorisme. Au passage, on soulignera que celui qui était le principal conseiller de Bush en la matière, Rand Beers, a démissionné de son poste pour mieux rejoindre l'équipe du démocrate John Kerry, qui en a fait son conseiller principal en affaires internationales. La raison de sa démission? Elle est identique à celle de Clarke: la lutte contre al-Qaïda aurait dû avoir préséance sur l'invasion de l'Irak.
Lorsqu'on recoupe les propos formulés par Clarke avec ceux tenus par Sandy Berger, patron du Conseil de la sécurité nationale sous l'administration Clinton, on retient que deux hauts responsables sont passés à côté du sujet. Il s'agit du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, et de Condoleezza Rice, qui a succédé à Berger. Ce dernier assure que lors de l'entretien qu'il a eu avec Rice dans la foulée de la passation des pouvoirs entre Clinton et Bush, il a tout fait pour la sensibiliser aux dangers qu'al-Qaïda fait peser sur les États-Unis. Et il y a pire.
Dans les mois antérieurs au 11 septembre 2001, Clarke dit avoir indiqué à plusieurs reprises au président Bush que la nébuleuse de Ben Laden préparait un attentat d'une grande ampleur contre les Américains. Aujourd'hui, on sait que Bush a ignoré les mises en garde de Clarke pour mieux appliquer à la lettre le plan de Rumsfeld et de son second, Paul Wolfowitz. De celui-ci, Clarke a retenu le propos suivant, qui en dit long sur sa profondeur de vue: «Qui s'intéresse à un petit terroriste en Afghanistan?»
Bush mis à part, le FBI, davantage que la CIA, est dans la ligne de mire de presque toutes les personnalités interrogées par les membres de la commission. En résumé, si on en croit tout un chacun, l'agence chargée de la sécurité intérieure a fait preuve soit d'amateurisme, soit d'insouciance. Dans les semaines précédant les attentats, le FBI a multiplié les bourdes. Il s'est notamment abstenu d'informer la CIA que des terroristes, alors potentiels, étaient présents aux États-Unis.
Cela étant, il faut s'attendre à ce que, dans les mois qui viennent ou plutôt lorsque les élus se saisiront des recommandations que cette commission a le devoir de composer, il faut donc s'attendre à un renversement de tendance. De quoi s'agit-il? On se souviendra que dans les années 70, la commission présidée par le sénateur Frank Church avait proposé que l'exécutif soustraie un certain nombre de pouvoirs à la CIA, dont la fameuse licence to kill. Il est écrit dans le ciel que celle-ci va en récupérer quelques-uns. Reste évidemment à déterminer lesquels d'entre eux.

»» Irak
Clarke accuse Bush d'avoir sapé la lutte contre le terrorisme
Reuters; NULL
Le Devoir jeudi 25 mars 2004
Washington - Un ancien haut responsable de l'administration Bush a sévèrement accusé hier la Maison-Blanche d'avoir «sapé» la lutte contre le terrorisme et d'avoir sous-estimé la menace posée par al-Qaïda.
Richard Clarke, chargé de la lutte antiterroriste à la Maison-Blanche avant de démissionner, en 2003, témoignait au Congrès devant la commission indépendante chargée d'enquêter sur les circonstances des attentats de 2001.
À cette occasion, il a été le premier responsable américain à présenter ses excuses aux familles des victimes de la tragédie, dont des représentants se trouvaient dans la salle des débats de cette commission de dix membres. «Votre gouvernement a échoué. J'ai échoué. Nous avons pourtant fait des efforts. Ceux à qui vous avez accordé votre confiance pour vous protéger ont échoué», a dit l'ancien responsable, la gorge serrée par l'émotion.
Mais Richard Clarke, également chargé de la lutte antiterroriste dans les administrations de Bush père et de Bill Clinton et auteur d'un livre, Against All Enemies (Contre tous les ennemis), réquisitoire sur la politique antiterroriste du président Bush, qu'il accuse d'avoir manqué de détermination face à al-Qaïda et d'avoir été obsédé par l'Irak, ne s'est pas contenté de ces paroles de réconfort. «En envahissant l'Irak, le président des États-Unis a grandement sapé la guerre contre le terrorisme», a martelé M. Clarke, jetant un froid de plusieurs secondes parmi les membres de la commission.
Selon lui, l'administration Bush, «pendant les huit premiers mois de son mandat, considérait le terrorisme comme un problème important mais non urgent». Il a assuré avoir «essayé», avec le directeur de la Centrale américaine du renseignement, George Tenet, qui a comparu devant la commission hier matin, «de faire comprendre l'urgence» du problème à l'équipe Bush.
Clarke, qui a pris soin de préciser «sous serment» qu'il n'était pas partie prenante de la campagne du sénateur démocrate John Kerry, candidat à la présidentielle 2004 contre le républicain George W. Bush, a estimé en contrepartie que l'administration Clinton avait fait preuve d'une «compréhension aiguë de la menace terroriste, particulièrement al-Qaïda».
Après l'entrée en fonctions du président Bush, en janvier 2001, M. Clarke a affirmé qu'il avait demandé dès le 24 janvier une réunion d'urgence au plus haut niveau sur la menace al-Qaïda. Cette réunion, selon lui, ne lui sera accordée que le 4 septembre 2001, une semaine avant les attentats.
Depuis dimanche dernier, M. Clarke est omniprésent dans les médias américains. La Maison-Blanche a riposté avec vigueur contre ces accusations en affirmant qu'il avait des motivations politiques à moins de huit mois de la présidentielle.
La Maison-Blanche a publié hier des déclarations de Richard Clarke datant de 2002, qui disait estimer que la politique antiterroriste de Bush était bonne et ciblait al-Qaïda. «En janvier 2001, la nouvelle administration Bush a été informée de la stratégie suivie [...] et a décidé de la poursuivre vigoureusement, y compris pour les opérations clandestines visant à éliminer» les terroristes, avait indiqué M. Clarke au cours de l'entretien cité mercredi par la Maison-Blanche.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, a fait longuement état hier de ces déclarations, dont l'auteur devrait en principe, selon les règles observées par l'administration américaine, toujours être couvert par l'anonymat. La chaîne de télévision américaine Fox, proche de la Maison-Blanche, a exhumé mardi le texte de cet entretien donné par M. Clarke et a demandé à pouvoir révéler son nom, a indiqué M. McClellan pour justifier la levée de l'anonymat.
Témoignant également devant la commission, avant M. Clarke, le directeur de la CIA, George Tenet, a avoué la confusion qui régnait au sein de ses services et de ceux de la police fédérale (FBI) avant les attentats. «Le terroriste est un animal qui opère avec intelligence, a reconnu George Tenet. Il est capable de voir que notre système de surveillance est meilleur que notre système de délivrance de visas et va donc s'infiltrer dans le pays avec de faux documents et de faux passeports.» Ces aptitudes ont créé la confusion au sein des services de renseignement américains sous les administrations du démocrate Clinton puis du républicain Bush.
«Nous étions emmenés de menace en menace. Du coup, le pays n'était pas protégé systématiquement car même en courant après toutes ces menaces, parfois jusqu'au bout, nous nous sommes épuisés», a ajouté George Tenet.
La question est donc, a poursuivi le responsable en mettant la balle dans le camp de la police fédérale (FBI), de savoir «quelle est la capacité des services de renseignement intérieurs», la CIA n'ayant pas le droit d'opérer sur le sol américain.
George Tenet a défendu le président Bush contre les affirmations de Richard Clarke voulant que son administration ait négligé la menace posée par al-Qaïda, préférant se focaliser sur l'Irak de Saddam Hussein.Dissimulant mal son impatience, voire son irritation, face aux questions des membres de la commission, Tenet a cependant reconnu son échec.«Est-ce que quelqu'un, en particulier la CIA, a dit quelque chose au président lui permettant de prédire qu'au matin du 11 septembre [2001], quatre avions seraient détournés et utilisés comme des armes à certains endroits?», a interrogé l'un d'eux. «Non, nous n'avons rien dit», a répondu Tenet.
«Étiez-vous en mesure de le lui dire en recourant à toutes vos sources?», a insisté la commission. «Non, je ne l'étais pas avant l'attaque», a avoué le directeur de la CIA. En effet, a-t-il expliqué, ce qui manquait à la CIA, c'est «le secret nous disant quel complot était en préparation».
La menace que constituaient alors le réseau al-Qaïda et son chef Oussama ben Laden était connue des États-Unis, a de son côté affirmé l'ancien conseiller pour la sécurité nationale de Bill Clinton, Sandy Berger.
«Il ne pouvait y avoir aucun doute sur l'intention du président Clinton quand il a envoyé 60 missiles de croisière Tomahawk sur Oussama ben Laden en août 1998, après les attentats d'al-Qaïda contre deux ambassades américaines en Afrique», a dit M. Berger. «Je vous assure que ce n'était pas pour lui remettre un mandat d'arrêt», a ajouté l'ancien haut responsable de l'administration démocrate. «Notre intention était bien de le tuer.»
La commission, dont les débats sont télédiffusés en direct, est composée de dix membres, cinq républicains et cinq démocrates. Elle doit rendre un rapport final le 26 juillet, en pleine campagne présidentielle aux États-Unis.
D'après l'un des rapports de cette commission, publié mardi, les États-Unis ont eu quatre occasions, en 1998 et 1999, de tuer Oussama ben Laden.
Selon ce rapport, la CIA avait informé George Bush, avant sa prise de fonctions, que le chef d'al-Qaïda constituait l'une des menaces les plus graves contre les États-Unis mais que la mort de Ben Laden ne la ferait pas cesser.
Au cours de l'été 2001, le volume des menaces observées par les services de renseignement avait atteint un niveau alarmant et, «dès la fin juillet, il y avait des indices de possibles attentats terroristes multiples et catastrophiques contre des intérêts américains à l'étranger», indique le rapport de la commission.
La commission fait état du témoignage devant elle de l'adjoint de Tenet, John McLaughlin, qui, en juin et juillet 2001, constatait avec frustration que la nouvelle administration élue ne comprenait pas bien ces questions alors que lui-même les considérait de la plus haute urgence.
Deux responsables chevronnés du terrorisme au sein de la CIA, très au fait des agissements d'al-Qaïda, étaient en outre «si préoccupés par un désastre imminent» qu'ils ont confié à la commission bipartisane qu'ils avaient envisagé de démissionner pour s'exprimer en public. Leur identité n'a pas été dévoilée par la commission.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
''Nous avons été battus par l'argent...''
Nic Payne, Montréal,
TRIBUNE LIBRE 25 mars 2004
J'aimerais dire à tous les marchands de censure qui hurlent au meurtre chaque fois que Jacques Parizeau se pointe le bout du nez, que s'ils évitaient de se comporter ainsi en dociles chiens de garde de la rectitude politique dès que cet homme s'exprime, nous aurions peut-être pu prévenir, au moins partiellement, le gâchis des commandites canadiennes. En effet, le célèbre discours de M. Parizeau qui faisait, Ô scandale, une distinction entre les francophones et les autres Québécois, provoqua un concert de protestations qui retentit jusqu'à aujourd'hui. Mais il comportait aussi les mots suivants, lourds de sens, qui furent quelque peu oubliés dans toute cette clameur offusquée : ''Nous avons été battus par l'argent...''.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la suite des choses aura rendu toute sa pertinence à ce bout de phrase passé un peu dans le beurre... À deux cents cinquante millions de dollars pour un festival de drapeaux et d'écriteaux ''Canada'', graissage d'amis en prime, et cinq cents millions ( ! ) dans un fonds secret pour ''l'unité'' canadienne, on peut penser qu'il eût été utile - et payant - de débattre et d'enquêter plus sérieusement sur la propagande fédérale au Québec ces dernières années, pendant et après 1995.
Oui, il est vraiment dommage - et coûteux - que, du haut de notre infinie virginité, on refuse avec dédain d'entendre le seul homme politique québécois ayant pleinement le courage de ses opinions.

TRIBUNE LIBRE
«la liberté de presse québécoise»
Louise Galarneau, LG.Qc@voila.fr
TRIBUNE LIBRE 25 mars 2004
Bonjour, M. Landry,
Objet : http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/1,63,0,032004,623131.shtml et http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/2,721,0,032004,623119.shtml (lien plus ou moins indirect ou souterrain [???] avec Transcontinental: http://ledevoir.com/2004/03/25/50640.html ?)
C'eût été une belle synchronie si mon texte critique avait pu être publié dans l'édition du Fil du jour...
Mais sans doute, étiez-vous coincé par l'espace éditorial disponible. Partie remise, espérons-le.
Ce qui est dommage concernant ce changement au Soleil, c'est que désormais l'ensemble des journaux de Gesca (sept quotidiens) deviendra une tribune tous azimuts pour l'épandage de la «propagande canadienne» manière Dubuc (qui sait d'ailleurs si l'enquête judiciaire sur les commandites ne nous mènera pas éventuellement dans ces quartiers-là...). Ce que son travail de président-éditeur du Soleil ne lui laissait pas, ou plus, l'occasion de «commettre» sur une base continue.
À croire que Gesca désirait apporter un contrepoids (!) à l'unique plume à l'esprit vraiment québécois de ses journaux... québécois, celle du chroniqueur - toujours Français! - Michel Vastel (dont la réflexion, en revanche, n'a pas accès à la totalité des quotidiens).
Gesca a toujours eu à coeur, il faut bien lui «donner» ça..., son rôle de grand maître de l'endoctrinement du citoyen québécois quant à la question nationale.
Je vous tiens ces propos sans même connaître vos propres sensibilités sur le sujet. Qui du reste ne me regardent pas, bien sûr. La question importante en tout ceci est d'accorder une visibilité médiatique équivalente (au plus près en tout cas) aux options diverses. Ce qui n'est pas du tout le cas chez nous. Hélas! Gesca en constitue la démonstration la plus "antiremarquable" qui soit. D'où une véritable faille dans ce que nous nous gargarisons à nommer: «la liberté de presse québécoise».
Ce qui atteint au coeur la démocratie elle-même.
Avec l'espoir de ne pas vous avoir ennuyé outre mesure.
Bien amicalement à vous,
Louise Galarneau
Québec, 25-03-04

TRIBUNE LIBRE
De l'Audace TéléQuébec !
Louise Galarneau, LG.Qc@voila.fr
TRIBUNE LIBRE 25 mars 2004
Lettre ouverte à Mme Paule Beaugrand-Champagne,
PDG de Télé-Québec
Suite à l'article paru ce 24 mars
dans Le Devoir (http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/3-24.html#ldtc3 ou
http://ledevoir.com/2004/03/24/50572.html), et qui m'explique - enfin - ce qui
s'est passé lundi dernier le 22 courant (éclaircissements que j'aurais aimé
recevoir du réseau Télé-Québec lui-même consécutivement au courriel que
j'avais, pour ma part, acheminé à la chaîne d'État québécoise dans les minutes
qui ont suivi [20:26 très exactement] la rediffusion de ladite émission
antérieure, et ce en lieu et place de celle prévue qui devait effectivement se
voir présentée ce lundi 22 mars), j'inclus immédiatement ci-contre la copie
conforme de ma lettre initialement envoyée à TQC. Je profite de l'occasion pour
signifier à Mme Paule Beaugrand-Champagne, Présidente et directrice
générale de Télé-Québec, ainsi qu'à M. Claude Plante, Directeur
général des communications à Télé-Québec, qu'à titre de citoyenne
contribuable québécoise, je n'accepterai pas une Télé-Québec frileuse et
(de plus en plus) insignifiante (et/ou commerciale) manière... Radio-Canada. Si
les TQS-QuatreSaisons de Bell/Cogéco et les TVA de
Québécor sont appelées à devenir la norme de notre télévision nationale,
eh bien ce sera sans sourciller que je remettrai mes téléviseurs aux éboueurs de
mon quartier. (LG, 25 mars 2004)
............................
Bonjour,
Comment se fait-il que vous nous ayez
présenté, ce soir du 22 mars, une édition déjà diffusée antérieurement du
«1045»??? C'est plutôt décevant... D'autant plus qu'il s'agit pour moi
d'un véritable rendez-vous hebdomadaire.
Je profite de l'occasion pour
vous signifier un certain éloignement qui s'empare de moi au fil des mois à
l'égard de TQC.
Bien que j'aie tendance à être plutôt compréhensive à
votre égard, compte tenu de vos finances difficiles, je crois que vous pouvez
faire mieux.
Par exemple, «Diabolo menthe» ne m'a jamais
intéressée car je reçois cette émission comme une production d'adolescents, avec
ce que cette formulation charrie d'approximations, d'amateurisme et... de langue
non moins approximative. J'aime - que dis-je: je suis une authentique amoureuse
de - la culture. Pourtant, j'ai l'impression de revoir le François-Étienne Paré
du «Téléjournal pour ados» à l'époque où celui-ci était à RDI (si je ne
m'abuse...?). Ses collaborateurs sont (presque) nuls: «ça» parle comme des ados
de 13 ans et «ça» tient des propos d'un âge mental - ou âge culturel... -
correspondant. C'est presqu'une injure pour votre auditoire tout entier que de
nous offrir quelque chose du genre tous les jours (en rediffusion à deux
reprises avec ça...).
De même, quand je tente d'écouter Richard
Martineau et Benoît Dutrizac («Les Francs-Tireurs»), je ne parviens pas à
dépasser les dix premières minutes. Même quand le thème m'intéresse
véritablement. Je ne suis pas contre l'originalité et les «essais», mais quand
on confond «originalité» avec sacrage, langue parlée n'importe comment et
vulgarité (jusqu'à la scatologie dans les lieux d'aisance publics...), eh bien
c'est qu'on manque cruellement d'imagination. Ce n'est pas être original: c'est
régresser à des intérêts et à des blagues de pré-adolescents. J'aime être
surprise, étonnée, décalée, bousculée même. Mais quand des hommes de 40 ans me
révèlent les comportements et les «fantasmes» de mon propre fils de 12 ans... je
débarque totalement. Là-dessus, ajoutons le fumage (cigarette) et le cynisme
bébête (surtout de Dutrizac), vraiment on tombe plutôt bas. On veut jouer la
carte de la «provoc» et de la «nouveauté»? Bien! j'en suis!! Allons-y!!! Mais la
nouveauté, c'est autre chose que de reprendre à 40 ou 50 ans les préoccupations
des mêmes individus à l'âge où ils s'amusaient à comparer la taille de leur
pénis avec les tizamis... C'est vraiment consternant. C'est du Maxim Martin
(présumé humoriste) qui confond, aussi, originalité et «courage social» avec
pipi-caca (un peu de glaire avec ça...?). Non mais où allons-nous, dites-le moi,
sinon dans le mur du plus parfait ridicule? Ce qui ne signifie pas pour autant,
entendons-nous, que Dutrizac et Martineau soient nuls: ils ont simplement besoin
d'être guidés. N'en déplaise à leur ego respectif.
J'aimais bien le
Cinéma à TQC. C'est, sur ce plan, nettement supérieur aux autres chaînes
publiques - y compris la SRC, devenue aussi insignifiante, commerciale (et
américaine) que TVA ou TQS. Une SRC aussi «pub» que ces dernières, également.
Des films sans pub, surtout s'ils sont bons (filmographie européenne, québécoise
ou d'ailleurs sauf... des États-Unis autant que possible), c'est extra. Et
j'avoue que ça me manque quand l'essentiel de la soirée (vendredi et samedi) est
hypothéqué par «Belle et Bum»... Du Mahée Paiment qui chante en anglais à
TQC...: Oh là là! vous faites alors carrément dans le décor Québécor! Ce qui, en
passant, n'enlève rien à Normand Brathwaite; qui est excellent dans son genre.
Je m'ennuie de «Droit de Parole» aussi. Ou équivalent...
Je suis
extrêmement étonnée, aussi, de constater combien l'immense majorité des vos
émissions pour enfants/ados sont de provenance étrangère, des États-Unis
et du Royaume-Uni en particulier (un coup d'oeil sur l'horaire du
dimanche via http://www.telequebec.com/program/m_program.asp, par
exemple, nous en convaincra comme un coup de poing dans le plexus solaire). Ne
serait-il pas possible d'investir dans les gens et l'imagination d'ici? C'est à
croire que TQC, à cet égard, se fait le relais de la culture anglo-saxonne. Que
l'on achète quelques émissions de qualité, je veux bien: ce n'est pas parce que
c'est étatsunien que c'est forcément mauvais, je n'en disconviens pas. Mais il
me semble qu'il y a un seuil au-delà duquel nous nous auto-colonisons.
D'autant plus que l'on parle ici d'émissions pour jeunes enfants, qui n'ont pas
les outils pour décoder cette «acculturation», réelle et/ou potentielle. Je suis
convaincue que l'on pourrait produire à nouveau des créations québécoises de
qualité comparable. Il y a un prix à payer au départ, certes, mais ensuite c'est
«rentable» (pas seulement au plan économique, du reste) et ce peut être
proposé/vendu à d'autres sociétés/cultures. Bref, pourquoi ne pas inverser le
processus: cesser d'acheter systématiquement d'ailleurs pour créer ici et
proposer ailleurs ensuite...? «Passe-Partout» n'a-t-il pas
démontré naguère cette possibilité, chez TQC même?
Bon, j'aurais encore
beaucoup à dire, mais... je veux aller écouter l'excellente Anne-Marie
Dussault maintenant (bien seule toutefois dans cette émission ambitieuse
sans grand budget, «Points Chauds», et avec des collaborateurs immédiats pas
toujours des plus professionnels). Bref, je suis et reste attachée à
Télé-Québec (à vrai dire, c'est la seule télé que je regarde hormis les
infos à la SRC), mais je suis de plus en plus déçue par une programmation qui a
de la difficulté à conserver de hauts standards de qualité. Et si elle se fait
frileuse par surcroît, désormais...
De l'audace !
Télé-Québec. De l'audace, de l'originalité, de l'intelligence et de la
sensibilité. Et un haut sens de la Culture québécoise. Voilà, il me semble, des
cartes gagnantes pour vous. Pour Nous.
Pour
tous.
Merci.
Louise Galarneau
Québec, 22 (puis 25) mars
2004
- Compléments utiles (dont plusieurs
textes critiques nettement plus fouillés que le mien) : Télé-Québec
(http://www.telequebec.tv/ + info@TeleQuebec.Qc.ca), 1045, rue
des Parlementaires (http://www.telequebec.tv/parlementaires +
1045@TeleQuebec.Qc.ca), «Télé-Québec se fend en Quatre Saisons»
(http://www.imperatif-francais.org/articles3/tele-qc.html), «TéléQuébec
incarne-t-elle toujours L¹autre télévisionŠ?»
(http://www.imperatif-francais.org/articles4/tele-quebec.html), «Très Quinaude
Sottise [TQS]» (http://www.vigile.net/01-1/jlg-tqs.html), «La vessie de M.
Lafrance [SRC]» (http://www.imperatif-francais.org/articles4/vessie.html), «La
France contre la Francité»
(http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/3-22.html#tlmll), Ministre de la Culture et
des Communications du Québec, Mme Line Beauchamp
(Line.Beauchamp@mcc.gouv.Qc.ca).
En réponse à Louise Galarneau
Jean-François Gauvin, jean-francois.gauvin@usherbrooke.ca
Webmestre du site L'indépendance du Québec
http://membres.lycos.fr/independance/
Bonjour,
J'ai lu vos commentaires sur Vigile.net et j'aimerais apporter mon point de vue. Premièrement, à ce que je sache, Télé-Québec s'adresse à toute la population, ce qui veut dire que certaines émissions peuvent ne pas plaire à tous. Certaines personnes aiment plus les émissions parlant de politique, alors que d'autres préfèrent les émissions portant sur la culture. Je me retrouve d'ailleurs dans ces deux groupes. En effet, j'écoute des émissions comme Point Chaud et 1045, rue des Parlementaires, tout comme Diabolo Menthe et Belle et Bum. D'ailleurs, vous critiquez ces deux dernières. Celles-ci me permettent de voir et entendre d'excellents artistes québécois qui tentent de se faire connaître du grand public. Jamais ils ne seront diffusés sur des postes de télévision tels que TVA ou encore TQS, tout simplement parce que ce qui compte pour eux, c'est le profit et non la promotion de la culture. Ainsi, il est beaucoup plus rentable d'inviter Garou ou Céline Dion à leurs émissions. Récemment, ces émissions m'ont permis de découvrir ou redécouvrir certains artistes que sont Syncop, Marco Calliari, Ginette, Yann Perreau, Dumas et bien d'autres. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler d'eux. De plus, plusieurs des jeunes artistes tentant d'émerger ont décidé d'opter pour des propos socialement et politiquement engagés. Je pense ici à des groupes comme Loco Locass, les Cowboys Fringants, Polémil Bazar, La Chango Family, etc.. Par les paroles de ces groupes, plusieurs Québécois se rendent compte qu'il existe des problèmes dans leur coin de pays et dans le monde. La musique est un excellent véhicule d'éducation populaire, tout en ayant l'avantage de rejoindre un public qui ne serait pas forcément tenté d'écouter des émissions de télévision comme Point chaud et 1045, rue des Parlementaires.
Finalement, je crois que la vitalité d'un peuple se démontre notamment par la qualité de sa culture.
Télé-Québec respecte fort laborieusement son mandat
Bonjour,
Réf. : « De l'audace à Télé-Québec ! »
Vos propos sont sensés M. Gauvin, vos précisions en particulier.
Je ne disconviendrai pas du fait - car c'est tout à fait de l'ordre du... fait - qu'une antenne télé ne peut satisfaire tout le monde et son petit frère. A fortiori s'il s'agit d'une télé publique et généraliste.
Cela dit, j'estime que Télé-Québec respecte fort laborieusement son mandat qui, à mon avis, ne correspond pas au type de diffusion auquel elle nous convie de plus en plus.
Plus précisément, il est vrai qu'une émission comme «Belle et Bum» parvient à donner une certaine vitrine (disons culturelle) à des individus qui autrement ne bénéficieraient pas, ou difficilement, d'une visibilité télévisuelle. En revanche, le plus souvent j'ai été pour ma part assez déçue par la qualité assez irrégulière sinon aléatoire des invité-es. Même à l'émission (récente) où Paul Piché était en quelque sorte en vedette (P(é)P(é), que je considère l'un des grands de ce que j'appelle la seconde génération de nos chansonniers) - émission que je ne voulais pas rater pour cette raison même -, je suis finalement demeurée «sur ma faim»... C'était assez approximatif comme concept, amateur même, avec des «artistes» périphériques plus ou moins quelconques. Bref, j'ai rarement été ravie par cette émission clin-clan, et ce en dépit du brio de Normand Brathwaite qui fait tout ce qu'il peut pour «combler» les faiblesses de cette idée qui... aurait très bien pu «marcher». Alors si on ajoute, comme je l'écrivais, du Mahée Paiement en anglais..., par exemple (ou autres «idées» tout à fait analogues), eh bien on a hélas! une idée trop claire de la brumeuse chose...
Une bonne idée qui manque de génie, voilà. Et d'une... co-animatrice féminine de qualité, aussi.
Bref, j'aime Télé-Québec. C'est pourquoi d'ailleurs je me permets de la critiquer. Quant aux autres antennes, y compris Radio-Cadenas (celui du Canada sur le Québec), je les ignore superbement. C'est de la pub, de la pub et encore de la pub. À tous égards et à tous les degrés. Formes et Contenus indifféremment.
Au Québec, nous avions en effet un fond de baril nommé TQS. Puis TVA décida de s'en inspirer. Enfin, c'est la SRC qui estima qu'il fallait faire de même (ce n'est pas rigoureusement bonnet blanc/blanc bonnet, mais c'est tout juste). TQC semble tentée par - ou enfin, pencher vers - ces vents médiocres. Or pour ce qui me concerne, citoyenne et contribuable québécoise, ce serait là vraiment... le boutte du boutte. La fin de tout.
Par-delà tout ceci, j'ai conscience toutefois, et je le répète, qu'un budget famélique ne constitue pas exactement une «condition gagnante», si vous m'autorisez une formule de bouchardienne mémoire. D'où l'acheminement de ma lettre en cc à la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mme Line Beauchamp (Line.Beauchamp@mcc.gouv.Qc.ca).
D'où également la suggestion, ici proposée, de rapatrier nos milliard$ d'Ottawa (de la SRC, par voie de conséquence) de manière à nous construire une solide Télé-Québec bien à nous...
Mais encore faudrait-il que nous ayons à l'Assemblée nationale un gouvernement qui ait vraiment le Sens du Québec, me rétorquerez-vous.
Ce en quoi vous auriez bien raison. Alors, rétorquez-moi à volonté, M. Gauvin !
J'accuserai le coup...
Cordiales salutations à vous, M. Gauvin,
Louise Galarneau
26-03-04

TRIBUNE LIBRE
Euphémistique souveraineté
Jean-Luc Gouin, Jean-Luc.Gouin@sympatico.ca
TRIBUNE LIBRE 25 mars 2004
«Dans sa poésie [Gérald Godin], les mots
Québec et souveraineté, tu trouves pas ça [...]», nous dit
Christian Vézina, par le biais de l'article de Mlle Isabelle Porter paru dans
l'édition équinoxiale (simultanément journée mondiale de la Francophonie) du
Devoir
(http://ledevoir.com/2004/03/20/50155.html?217).
Je veux bien.
Mais n'est-ce pas un tantinet
sournois de s'exprimer de la sorte, cela dit sans présumer d'intentions
douteuses chez l'intéressé, quand nous nous voyons interpellés à moult et moult
reprises, dans le même grand'oeuvre, par de beaux gros mots pro domo tels que
pays et autres indépendance de même émotion...?
Par
exemple, à l'instant même j'ai sous les yeux un texte de Gérald d'à peine plus
de vingt lignes (c'n'est pas sorcier: il est «planté» dans le mur, tout près de
mon clavier), où je lis et relis, parce que délectable, un sensuel poème
d'amour'eux où me sont plantés à trois reprises (dans la peau, cette fois) et le
vocable indépendantiste et le vocable pays, respectivement.
Nous voilà donc sur-le-champ carrossés dans l'univers de Cantouque
sans recours.
Pourquoi se contenter d'une fade souveraineté, en
effet, quand on peut espérer et construire l'«Indépendance»? Et pourquoi s'en
tenir au Québec - encore et toujours une banale province, jusqu'à nouvel
ordre* - s'il nous
est possible de rêver et de laboriser à la naissance d'un vrai
«Pays»...?
Il y a par là peut-être une piste.
Tout à la fois
littéralisante et paysale.
Jean-Luc
Gouin
Jean-Luc.Gouin@sympatico.ca
* Province (du latin
provincia) : «Dans l'Antiquité, pays ou territoire conquis par
Rome hors de l'Italie et gouverné selon les lois romaines.»
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
Le scandale des commandites
COMMUNIQUÉS 25 mars 2004

Soirée-débat au Lion
d’Or
1676, rue Ontario Est, Montréal
(angle des rues Papineau et
Ontario)
(métro
Papineau)
Le lundi
29 mars 2004
À 19
h
Le scandale des
commandites :
Comment acheter les
Québécois à peu de frais
en leur faisant porter la responsabilité du
gaspillage?
Animateur :
Gérald
Larose, président du Conseil
de la souveraineté du Québec
Conférenciers
invités :
Pierre
Paquette, député du Bloc
Québécois et porte-parole en matière de finances,
institutions financières internationales et
mondialisation
Hélène
Pedneault, écrivaine
Robert
Cadotte, professeur à l’UQAM et
président de la Commission sur l’éducation
du Conseil de la souveraineté du
Québec
Gilles
Grondin, directeur général du
Mouvement national des Québécoises et
Québécois
Interprétation
artistique :
Marie-Claire
Séguin,
chanteuse-compositeure,
accompagnée de la
pianiste Nathalie
Boileau
Billets en vente à l’entrée : 5
$
Possibilité de souper sur place dès 17 h 30 (à prix
modique)
Pour informations : (514) 598-1111 ou
1-866-292-0232
Bienvenue à toutes
et tous!
MERCI DE FAIRE
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DANS VOTRE
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