
Des idées pour la saison
Louis Cornellier
Le Devoir samedi 3 et dimanche 4 avril 2004
Titre VO : Les Grands Textes indépendantistes, 1774-1992
Qui d'autre qu' Andrée Ferretti, la plus constante et la plus entière de tous les indépendantistes québécois, pouvait s'atteler à la tâche de réunir les grands textes de cette tradition en une anthologie qui servirait à la fois d'outil de connaissance de notre histoire et de source d'inspiration pour stimuler l'engagement des timorés et des indécis «sur les chemins de la révolution nationale, c'est-à-dire de la réalisation conjointe et indissociable de l'indépendance politique et de l'émancipation sociale»?
Andrée Ferretti n'est même pas, et surtout pas à certaines heures, péquiste. Elle est, et tout le sens de son engagement est résumé par ce mot, indépendantiste. Pure et dure ? On l'a dit. Elle rejette quant à elle cette logique plutôt tordue de la plus ou moins grande pureté pour lui préférer, tout simplement, celle de la cohérence : «Passer du devoir de résistance au devoir de liberté, tel est le sens primordial, et le premier objectif, des luttes menées par le mouvement indépendantiste [...].»
En 1992, avec le regretté Gaston Miron, elle publiait, aux Éditions de l'Hexagone, la première tranche de ce projet sous le titre Les Grands Textes indépendantistes, 1774-1992. Composée de textes collectifs (manifestes de mouvements politiques et sociaux) et de textes d'auteurs (de Chevalier de Lorimier à Pierre Perrault en passant par Papineau, Groulx, Barbeau, Chaput, d'Allemagne, Bourgault, René Lévesque, Vadeboncoeur, Monière et plusieurs autres), cette première anthologie illustrait la naissance, l'évolution et la permanence de l'idée d'indépendance. À l'époque, l'accord du Lac-Meech venait d'échouer et les souverainistes relevaient la tête. Cette anthologie, un document fondamental à valeur historique et intellectuelle, venait à point.
La suite, on le sait maintenant, fut intense : trois années de militantisme préréférendaire d'abord, suivies du match presque nul de 1995, qui n'en fut pas moins vécu comme une défaite par les indépendantistes dont le combat, ancré dans une longue tradition et, partant, résistant aux aléas de l'histoire continue depuis. Ce sont ces enthousiasmes et cette relance, marqués au sceau de la nécessité, qui animent les pages de ce tome deux des Grands Textes indépendantistes, 1992-2003. De jadis à naguère jusqu'à aujourd'hui, la face du monde a changé et les arguments d'hier ne s'expriment plus, maintenant, dans le même contexte et sur le même ton, mais, insiste Andrée Ferretti, «la nécessité d'inscrire le destin de la nation québécoise dans son histoire réelle», elle, perdure, d'où la nécessité tout aussi pressante de ne pas laisser se perdre les voix qui ont dit, disent et redisent les raisons de cette lutte.
La première de ces raisons, c'est, bien sûr, la défense de la langue française puisque, comme l'écrivait Doris Lussier en 1993, «ce qui définit une nation, c'est la culture, et l'élément le plus important de la culture, c'est la langue». Raison pour laquelle, ajoutait Lussier, il est «scandaleux que tous les partis politiques québécois ne soient pas souverainistes tant il apparaît évident que c'est dans l'indépendance seulement que se trouve notre salut».
Maître de l'argumentation carrée qui va à l'essentiel sans détour, Pierre Bourgault, lui, refusait les arguties temporisatrices des «marchands de tapis». Même si la fédération canadienne était «payante», écrivait-il en 1994, l'indépendance ne perdrait rien de sa nécessité «parce qu'il vaut mieux gérer ses propres affaires que de les laisser gérer par les autres». Attendre le moment propice, une meilleure conjoncture ? Erreur, puisque «l'indépendance n'est pas une récompense pour les peuples parfaits mais un instrument essentiel à qui veut le devenir». Lise Bissonnette, dans un lumineux éditorial du Devoir publié quelques jours avant le référendum de 1995, en arrivait, après plus de détours dialectiques, à la même conclusion : «La souveraineté est la conclusion d'un pacte manqué et le début d'un retour à l'égalité.» Ferretti la corrigerait : le début de l'aventure de la liberté.
Impossible, évidemment, de citer dans le texte tous les auteurs retenus par la militante et parmi lesquels figurent, entre autres, Guy Bouthillier, Élaine Audet, Claude Beausoleil (dont l'appel «à ceux venus d'ailleurs» est superbe), Paul Chamberland, Hélène Pelletier-Baillargeon, Denis Monière, Claude Bariteau, Pierre Dubuc, Hélène Pedneault et Robert Laplante.
Des absents de marque ? Il y en a et, quoi qu'en pense Andrée Ferretti (qui les accuse, non sans raison d'ailleurs, «de dénationaliser la question nationale en rapetissant la définition de la nation»), Michel Seymour et Gérard Bouchard méritaient une place dans ce florilège. Quant à elle, la quasi-absence de Fernand Dumont, dans l'un ou l'autre des deux tomes, sidère.
Cela étant, d'autres, qu'on n'attendait pas, y sont et constituent la plus belle surprise de ce projet. On a dit parfois que l'idée d'indépendance appartenait à une génération qui n'avait pas su, faute de la faire aboutir, la transmettre. Le philosophe Serge Cantin a d'ailleurs raison de s'inquiéter de «l'indifférence croissante de ceux que l'on appelle désormais les Québécois francophones vis-à-vis de la question de leur identité nationale». Il faut pourtant lire les textes des jeunes Dave Anctil et Mathieu Bock-Côté pour constater que le fil de la tradition indépendantiste n'est pas brisé.
Dans un des plus beaux textes de cette anthologie, le premier parle de son désir d'un «récit partagé» et du «rêve du pays à venir» dont l'héritage et l'espoir «pouvaient certainement réconcilier la modernité de mon père avec l'authenticité de mon grand-père». Quant au second, dans une réflexion brillante et sensible aux accents dumontiens qui traite de la filiation avec notre passé et de notre «mode d'appartenance à la condition humaine», il écrit : «C'est contre l'oubli de notre condition qu'une interprétation sensible à la fragilité québécoise peut être menée, source possible d'une revitalisation de notre imaginaire. [...] Il s'agit enfin de dévoiler ce qui sommeille sous les décombres, soit la certitude de notre existence.»
Andrée Ferretti, et cet ouvrage en témoigne de belle façon, ne désarme pas. «Toutes les variations de l'esquive ayant été épuisées», écrit-elle, le temps devrait être à la lucidité, au courage et à l'audace, c'est-à-dire à l'indépendance. Avec le PQ ? Entre autres, répond-elle, mais pas seulement, et sous surveillance. Moins draconien, son frère d'armes Yves Michaud, dont la pensée à ce sujet rejoint celle d'une majorité de militants, emprunte les mots d'Aragon pour résumer son rapport au PQ : «Je sais qu'il est plein de défauts, mais je n'ai que celui-là.» Des idées pour la saison ? Ces ouvrages en sont pleins.
louiscornellier@parroinfo.net
Les Grands Textes indépendantistes, 1774-1992
Andrée Ferretti et Gaston Miron
Les Grands Textes indépendantistes, 1992-2003
Andrée Ferretti
Typo - Montréal, 2004, 688 et 368 pages

Actualité de l'indépendantisme
Pour dépasser 250 ans d'impuissance nationaliste
Andrée Ferretti
Gaston Miron
l'Hexagone
Le choix de l'indépendance signifie en soi que le traumatisme de la Conquête anglaise a été surmonté, que les rouages du colonialisme et de la domination aliénante ont été démontés et, donc, rendus inopérants, que la peur de la liberté a été vaincue et assumées les responsabilités inhérentes à la pleine maîtrise du destin national.
Les grands textes indépendantistes
1774-1992, l'Hexagone
Comme tous les textes prophétiques, le discours indépendantiste québécois est d'abord archaïque, en ce qu'il se fonde sur son dialogue avec l'origine, c'est-à-dire sur son débat critique avec tout ce qui dans le passé et le présent donne lieu à sa nécessaire existence, soit les effets destructeurs sur la nation québécoise de la Conquête anglaise et des régimes constitutionnels britanniques et canadiens qui en sont directement issus.
Il trouve dans ce face-à-face lucide avec les forces adverses d'aliénation, de domination et d'exploitation, le ferment d'une pensée et d'une action affirmatives et libératrices, annonciatrices de ce qui n'est pas encore advenu et qui doit advenir. D'où sa constante modernité et son caractère toujours subversif, même quand il lui arrive de prendre figure dans des projets de société conservateurs (...)
Pour les indépendantistes, la résolution de la question nationale semble donc, pour ainsi dire, déjà derrière eux. En effet, bien que toujours à réaliser, l'indépendance, dans le discours indépendantiste, non seulement n'apparaît jamais problématique, mais plutôt d'ores et déjà victorieuse.
Le choix de l'indépendance signifie en soi que le traumatisme de la Conquête anglaise a été surmonté, que les rouages du colonialisme et de la domination aliénante ont été démontés et, donc, rendus inopérants, que la peur de la liberté a été vaincue et assumées les responsabilités inhérentes à la pleine maîtrise du destin national.
Tourné vers l'avenir, ouvert sur le monde
D'où, à toutes les époques et dans tous les contextes de son élaboration, un discours qui propose l'indépendance comme outil de libération nationale, certes, mais également comme condition sine qua non de réalisation d'un projet de société conçu en regard des valeurs, richesses, compétences, aspirations et intérêts spécifiques de la nation, de quelques manières qu'ils soient compris par les uns et les autres.
Ainsi, à travers ses journaux et revues, ses manifestes, mémoires, déclarations et programmes, les innombrables articles et essais de ses partisans, le mouvement indépendantiste apparaît toujours résolument tourné vers l'avenir et ouvert sur le monde.
Cette volonté de présence moderne au monde de l'indépendantisme le distingue essentiellement du nationalisme, traditionnel et actuel, qui maintient le Québec dans le passé, l'enferme dans le provincialisme, l'obligeant à un perpétuel recommencement des mêmes luttes, nées des mêmes revendications, en vue des mêmes objectifs.
En expulsant la Conquête anglaise hors de l'Histoire, sans l'avoir d'abord transcendée dans un présent radicalement différent, le nationalisme québécois ne peut qu'en perpétuer indéfiniment les conséquences, chaque événement nouveau découlant nécessairement de l'événement crucial.
Ce refoulement de la Conquête, dans un no man's land où seul le mythe peut s'installer à demeure, piège le nationalisme québécois dans la sophistique de la bonne entente souhaitable avec le Canada anglais, déjà à l'oeuvre sous l'Union, et, depuis 1867, dans celle encore plus pernicieuse des deux peuples fondateurs ayant des droits égaux dans un État fédéral composé de deux nations égales.
C'est ce refus de considérer la nation québécoise comme nation conquise, soumise à tous les aléas de la domination d'un pouvoir étatique étranger, dont le régime fédéral en train de naître ne sera que l'ultime avatar, qui rend le nationalisme québécois impuissant à assumer dans toutes ses propriétés la dimension politique de son discours d'affirmation nationale, qui l'engage sans fin dans des luttes stériles avec un adversaire considéré comme un partenaire et non comme l'ennemi objectif qu'il est pourtant.
Il ne peut dès lors que s'en tenir à des déclarations d'hostilité, sans pouvoir jamais mettre ses menaces à exécution, pas plus que le pouvoir canadien ne peut se permettre, dans sa constante volonté de soumettre le peuple québécois sans le faire fuir, de dire non à la totalité des revendications de nos provincialistes.
Ainsi entretenu par le nationalisme québécois, le syndrome conflictuel Canada-Québec n'obéit pas aux règles habituelles voulant que, tôt ou tard, les litiges nationaux se résolvent d'une manière ou d'une autre.
Au contraire, ils ne font ici que se régénérer constamment, à même les concessions mineures et ponctuelles de l'un et les compromis fondamentaux de l'autre, tous déterminés par le rapport de force majorité-minorité, nécessairement défavorable au Québec.
L'ensemble du discours indépendantiste élaboré depuis la Confédération et, plus particulièrement, depuis 1957 propose plus ou moins explicitement cette analyse de la perversité profonde des luttes nationalistes. (...)
La «société distincte», ultime avatar du nationalisme provincialiste
Avec des conséquences sans cesse aggravées, au point qu'aujourd'hui les nationalistes provincialistes ont si complètement perdu la conscience du sens de l'identité nationale et de ses attributs intrinsèques, qu'ils acceptent la réduction de la nation québécoise au statut de «société distincte», sans voir, ou feignant de ne pas voir, que cette ultime dégradation de l'entité québécoise compromet son existence plus dangereusement que jamais, même en tant que simple société distincte, qu'elle légitimise les interventions du Canada dans le gouvernement du Québec. (...)
Aboutissement inévitable d'une stratégie de la survivance qui a constamment occulté la question de l'État en tant que seule expression moderne achevée de la nation. Aboutissement qui survient précisément au moment de l'histoire universelle où l'État - en dépit des délirants hymnes capitalistes aux libres forces du marché - tient le rôle primordial dans le développement de la nation, axé sur la mondialisation de tous les échanges.
Processus engagé au Cours de la Deuxième Guerre mondiale, l'interventionnisme de l'État innerve désormais tous les réseaux des relations internationales, du pouvoir politique, de l'économie et de la culture.
D'où la naissance au Québec, à la fin des années 50, du mouvement indépendantiste qui, depuis, n'a cessé de se développer. D'où l'évolution nécessairement de plus en plus centralisatrice du régime constitutionnel canadien. D'où l'actuel affrontement décisif entre les forces fédéralistes et nationalistes, d'une part, et les forces indépendantistes, d'autre part.
Car, il s'agit bien de cela: de l'indispensable maîtrise du pouvoir d'État. L'indépendantisme n'est pas en effet, comme le nationalisme, un mouvement ethnique assimilant les luttes pour la sauvegarde de la nation aux luttes pour la défense de la langue et autres caractéristiques et valeurs culturelles, sociales ou religieuses.
L'indépendantisme, c'est une volonté et une stratégie de conquête du pouvoir d'État pour libérer la nation québécoise de toutes les tutelles qui entravent sa puissance à prendre entièrement charge d'elle-même, avec les avantages et contraintes, les réussites et échecs, les droits et devoirs inhérents à la responsabilité et, donc à la liberté. (...)
Or, c'est parce qu'elle est essentiellement synonyme de liberté que l'indépendance est peu à peu devenue, au cours des derniers siècles, la forme quasi universelle d'organisation politique des peuples en État national souverain.
Aussi n'en est-il pas un seul aujourd'hui, s'il en est privé ou s'il est menacé de la perdre, qui ne lutte pour l'acquérir, la reconquérir ou la défendre, selon des circonstances et conditions historiques propres à chacun. Le peuple québécois ne saurait sous peine de disparaître échapper à la règle.

Compressions budgétaires dans les délégations du Québec à l'étranger
Tommy Chouinard
Le Devoir jeudi 22 avril 2004
Québec - Les délégations du Québec à l'étranger devront subir des compressions budgétaires importantes cette année, mais leur existence n'est pas remise en cause.
C'est ce qu'a confirmé hier la vice-première ministre et ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.
Selon le critique péquiste et député de Mercier, Daniel Turp, Monique-Gagnon Tremblay aurait exigé des compressions budgétaires de 25 % à la délégation générale du Québec à Paris, de 30 % aux délégations de Chicago et de Los Angeles, et de 20 % à la délégation générale de New York.
La vice-première ministre n'a ni confirmé ni infirmé ces données, préférant attendre l'étude des crédits de son ministère, le 27 avril, pour révéler le montant exact des restrictions budgétaires. Elle a cependant assuré que les compressions ne remettent «pas du tout» en question la mission des délégations.
«Il y a une chose dont je peux assurer le député de Mercier, c'est qu'on ne fermera pas des délégations pour les rouvrir trois ans plus tard», a-t-elle répliqué à M. Turp lors de la période des questions à l'Assemblée nationale. En 1996-97, afin d'atteindre le déficit zéro, le gouvernement péquiste avait fermé la moitié des 21 représentations du Québec à l'étranger pour ensuite amorcer leur réouverture.
Pour l'année 2004-05, le budget du ministère des Relations internationales a été amputé de 11 %, c'est-à-dire plus de huit millions de dollars. L'enveloppe budgétaire consacrée à la représentation du Québec à l'étranger est passée de 49,4 à 46,2 millions. Monique Gagnon-Tremblay compte sur la modernisation de l'État entreprise par son gouvernement pour faire en sorte que les compressions n'aient aucun «impact majeur sur notre mission». «Il y aura de nouvelles façons de faire dans les délégations» qui seront dévoilées d'ici la semaine prochaine, a-t-elle noté à la sortie du salon bleu de l'Assemblée nationale.
«Il peut y avoir un redéploiement de ressources des délégations à l'étranger en fonction des marchés. Selon les besoins de mes collègues - en agriculture, en développement économique, en culture, par exemple -, on verra comment on va développer les différentes délégations», a-t-elle ajouté.
En septembre dernier, le gouvernement Charest avait annoncé l'abolition des six postes de délégués itinérants du Québec, qui couvraient en outre l'Amérique centrale, l'Amérique latine et le Maghreb. Le premier ministre Jean Charest, qui visitera la France au début du mois de mai, a assuré, en février dernier, que la fermeture des délégations n'était pas envisagée et que la politique internationale du Québec, remontant à 1991, devait être mise à jour.
Le Québec compte actuellement 28 représentations à l'étranger, dont six délégations générales, quatre délégations, neuf bureaux, six antennes et trois agents d'affaires répartis dans le monde.

Délégation du Québec à Paris :
Grosses coupes en vue :
Trois autres délégations ciblées
Michel Corbeil
Le Soleil jeudi 22 avril 2004
Québec ampute le budget de sa Délégation du Québec à Paris. L'ampleur des compressions sera précisée quelques jours avant que le premier ministre Jean Charest n'entame sa première visite officielle en France.
L'annonce d'une vague de compressions budgétaires dans quatre Délégations du Québec à l'étranger a été lancée hier en Chambre par Daniel Turp. Le député péquiste de Mercier a soutenu que les coupes seront de 25 % à Paris, de 20 % à New York et de 30 % à Los Angeles et à Chicago.
En fin d'après-midi, l'attachée de presse de la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, a catégoriquement nié que l'équipe en poste à Paris verra son budget fondre du quart. "Aucune représentation du Québec à l'étranger ne sera diminuée de 25 %, a affirmé Lilly Nguyen. Je ne sais pas d'où viennent les chiffres" de Daniel Turp.
À l'Assemblée nationale, la ministre Gagnon-Tremblay a fait savoir que "je n'infirmerai, je ne confirmerai absolument rien ici. (...) Nous aurons l'occasion dès mardi de discuter sur les crédits qui nous ont été alloués". Aux journalistes, elle s'est contentée de dire "qu'il peut y avoir un redéploiement des ressources d'une Délégation à l'autre".
La décision finale coïncidera avec le départ de Jean Charest pour la France. Durant son séjour, du 1er au 5 mai, le premier ministre québécois aura des entretiens avec son homologue français, Jean-Pierre Raffarin, et le président de la République française, Jacques Chirac.
Pour le député Turp, les compressions "nuiront considérablement" aux relations du Québec avec la France. Ce qui n'est évidemment pas l'avis de la ministre. "Je peux vous assurer que ce sera une grande réussite", a-t-elle prédit au sujet des rencontres en sol français.
Selon plusieurs sources, les représentants du Québec à l'étranger s'inquiètent de l'effort qui leur sera demandé pour pallier le manque de ressources. En mars, le ministre des Finances a retranché 8 millions $ au ministère des Relations internationales.
MCorbeil@lesoleil.com

Les délégations du Québec au régime
PC
Le Droit jeudi 22 avril 2004
PC Québec - La délégation du Québec à Paris verra cette année son budget amputé de 25 %, selon l'opposition officielle.
Les autres délégations québécoises à l'étranger devront elles aussi, à divers degrés, fonctionner avec un budget substantiellement diminué, a dénoncé hier, à l'Assemblée nationale, le député de Mercier, Daniel Turp.
On savait déjà que le budget global du ministère des Relations internationales passerait de 108,5 millions $, l'an dernier, à 99,8 millions $, cette année, soit une baisse de 11,3 %.
Mais on ignore toujours, officiellement, comment seront réparties les coupes entre les différents bureaux, antennes et délégations du Québec à l'étranger.
Selon M. Turp, la délégation générale du Québec à Paris - la plus importante - devra renoncer à pas moins de 25 % de son budget annuel, celle de New York, 20 %, et celles de Chicago et Los Angeles, 30 %.
Hier, en Chambre, la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, n'a cependant pas voulu confirmer ou infirmer ces informations.

Scandale des commandites
La fourberie et le courage
Louis Hallé
Le Devoir jeudi 22 avril 2004
IDÉES - La déresponsabilisation que pratiquent certains politiciens émousse la confiance des électeurs
Jeudi 8 avril: visite de Stéphane Dion au cégep Lévis-Lauzon. Interrogé sur le scandale des commandites, M. Dion, plutôt que de s'excuser, a tenté de minimiser l'affaire. Il m'a donc inspiré la réflexion suivante.
J'enseigne la philosophie au cégep Lévis-Lauzon depuis bientôt 30 ans. Pendant toutes ces années, j'ai toujours défendu l'idée que notre monde se porterait mieux si certaines valeurs morales, comme l'honnêteté et le courage, étaient plus répandues. J'ai toujours incité mes étudiants à regarder l'ensemble d'une réalité comme la réalité politique plutôt que de se concentrer sur un seul événement, aussi important soit-il. Ainsi, j'ai toujours dit que le Canada était un pays démocratique et que, malgré quelques coches mal taillées et malgré un système électoral ne favorisant pas le changement, ce pays demeure un exemple de démocratie dans le monde.
À propos de nos politiciens, j'ai toujours tenté de combattre la mauvaise réputation qui leur est faite. Pour moi, il était important que mes étudiants n'apprennent pas à mépriser ceux qui les représentent. J'ai souvent répété que nos députés et ministres, tant provinciaux que fédéraux, étaient dans l'ensemble des gens honnêtes et responsables.
Mais voilà, c'était avant le scandale des commandites. Maintenant, je crois toujours que nos politiciens, en général, sont des gens honnêtes et responsables. Mais je ne crois plus les chefs de parti, les responsables de cabinet, les «lieutenants» politiques; je ne leur fais plus confiance. Je ne crois pas qu'ils peuvent être honnêtes, empêtrés qu'ils sont dans leur électoralisme, perdus dans des valeurs que je ne partage pas.
En effet, je ne partage pas le mensonge et la fourberie comme moyens de défendre une idée, fût-elle la plus belle du monde. Je ne partage pas la déresponsabilisation que je constate chez mes représentants politiques. Je refuse de faire confiance à quelqu'un qui dit «je ne savais pas». J'aurais aimé voir un premier ministre se lever et dire: «C'est ma responsabilité; je devais savoir, je n'avais pas le droit de ne pas savoir.»
Au lieu de cela, je regarde défiler la troupe des non-coupables, des ignorants et des aveugles, des menteurs et des couards. Et demain, je devrai, dans ma classe, défendre la réputation des politiciens. Parce que je pense qu'un pays a cruellement besoin de dirigeants dignes de confiance, je continuerai donc à prétendre que «la majorité est honnête», mais le coeur n'y est plus. Et quand un de mes brillants étudiants me sortira le scandale des commandites pour m'interpeller, eh bien... je ne sais pas ce que je lui dirai.
J'ai souvent dit qu'un des pires crimes que l'on puisse commettre était de trahir la confiance des gens. Encore plus quand ces gens sont loin de ces «élites», quand ce sont ceux qu'on appelle des «petites gens», ceux qui ont remis 200 ou 300 $ d'impôts, 200 ou 300 $ qui représentent «leur» contribution à la société canadienne, «leur juste part» des dépenses publiques.
Comment doit-on se sentir devant le déluge de millions de dollars dilapidés, volés, utilisés pour garnir les poches de quelques profiteurs? Floués!
J'avais envie de terminer ce texte en disant à ces politiciens véreux qu'ils devront vivre avec leur conscience. Mais ils n'en ont pas. Ce n'est pas de coupables que les gens ont besoin mais plutôt d'élus qui auraient un peu de courage et encore quelques valeurs morales à partager.
Louis Hallé : Enseignant

La ministre Scherrer n'interviendra pas dans le dossier d'Édith Gendron
Patrice Gaudreault
Le Droit jeudi 22 avril 2004
La ministre du Patrimoine canadien, Hélène Scherrer, n'a pas l'intention d'intervenir pour empêcher le congédiement de la fonctionnaire fédérale Édith Gendron, advenant son refus de quitter la présidence d'un groupe souverainiste de l'Outaouais.
La fonctionnaire de Gatineau, qui gère des programmes de promotion du français comme langue seconde à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse, dispose aujourd'hui de 24 heures pour choisir entre la tête de l'organisme "Le Québec un pays !" et son emploi au ministère du Patrimoine.
Cette histoire a rebondi jusqu'à la Chambre des communes, hier, où le Bloc Québécois a demandé au gouvernement de lever l'ultimatum.
"La ministre du Patrimoine compte-t-elle intervenir et rappeler à l'ordre ses fonctionnaires sur la base du jugement de 1991 de la Cour suprême qui confirme le droit pour des fonctionnaires d'avoir des activités politiques légitimes ?" a lancé le député d'Argenteuil-Papineau-Mirabel, Mario Laframboise.
La ministre Scherrer a répliqué en invoquant la confidentialité qui entoure les dossiers relatifs aux ressources humaines.
"C'est un dossier qui se passera entre le ministère et cette employée, a-t-elle déclaré. Le ministère m'a assuré que ce dossier était traité conformément à toutes les normes applicables à la fonction publique."
Le Bloc est revenu à la charge, en demandant à la ministre Scherrer d'expliquer en quoi les fonctions de Mme Gendron au sein d'un groupe communautaire souverainiste l'empêchaient de remplir sa tâche.
"Je n'ai donné aucune directive dans ce dossier, a martelé Mme Scherrer. Il s'agit définitivement d'un dossier entre le ministère et une employée, un dossier qui relève des ressources humaines.
pgaudreault@ledroit.com

SCANDALE DES COMMANDITES :
La GRC admet avoir enfreint "par erreur" la Loi sur la gestion des finances publiques
Gilles Toupin
La Presse jeudi 22 avril 2004
Ottawa - Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, Giuliano Zaccardelli, a reconnu hier devant le comité des comptes publics que ses services ont enfreint " par erreur " la Loi sur la gestion des finances publiques lorsqu'ils ont préparé de 1997 à 1999, dans le cadre du fameux programme de commandites, les célébrations du 125e anniversaire du corps de police.
" C'était contre les règles bien sûr, a déclaré M. Zaccardelli. C'était pour de bonnes raisons, mais c'était une erreur. "
La vérificatrice générale, Sheila Fraser, dénonçait en effet dans son rapport de février dernier sur le programme de commandites une série d'anomalies dans les opérations qui se sont déroulées entre les responsables du programme et la GRC, notamment l'ouverture par la GRC d'un compte bancaire distinct non gouvernemental pour gérer l'argent de la commandite.
C'est l'ouverture de ce compte que le commissaire a qualifiée " d'erreur administrative " hier en expliquant que deux officiers avaient fait cela à l'époque " pour assurer au maximum qu'il y avait une séparation entre les fonds de la GRC et les fonds du programme ". M. Zaccardelli a affirmé que les responsables en question avaient voulu être " plus catholiques que le pape " et que des mesures correctives avaient été apportées depuis.
Certains membres du comité, notamment la vice-présidente, Marlene Jennings, et le conservateur Peter MacKay, ont trouvé bien mince l'explication du commissaire de la GRC. Mme Jennings a déclaré à M. Zaccardelli qu'elle ne pouvait pas comprendre comment il se faisait que des officiers de la GRC, bien payés, ne soient pas au courant des lois.
En février dernier, la vérificatrice générale consacrait une section de son rapport à la façon dont des fonds du programme de commandites, en l'occurrence ici plus de trois millions de dollars, avaient été dépensés par la GRC pour les célébrations de son 125e anniversaire.
Entre 1997 et 1999, la Direction générale des services de coordination des communications (DGSCC) du ministère des Travaux publics- le programme de commandites- a versé à la GRC 3 030 290 $, en vertu de huit contrats distincts conclus avec deux agences de communication et une agence de coordination.
De ce montant, la GRC a reçu 1 704 000 $ par l'entremise des agences de communication Gosselin, Lafleur et Media I.D.A Vision qui, au passage, ont prélevé des commissions qui totalisent 244 380 $. Mme Fraser soulignait que c'était beaucoup d'argent pour simplement transférer des fonds. " Il n'existe aucune raison, écrivait-elle, qui explique pourquoi la DGSCC n'a pas transféré directement les fonds à la GRC. " Quant au reste du montant, soit 1 081 910 $, il a été versé à Lafleur et à Gosselin pour des travaux de production liés à la préparation des célébrations du 125e de la GRC.
107 268 $ pour six chevaux
Mme Fraser affirme également que cet argent a été utilisé en partie pour subventionner des dépenses de fonctionnement de la GRC, notamment l'achat de six chevaux au prix de 107 268 $, une pratique qu'elle a qualifiée d'" inacceptable ".
Hier, M. Zaccardelli a assuré que la GRC avait agi de bonne foi dans cette affaire puisqu'elle avait reçu une autorisation " verbale " de Charles Guité, le directeur du programme de commandites à Travaux publics, pour acheter les chevaux.
" C'était pas acceptable d'acheter des chevaux ", a tout de même reconnu M. Zaccardelli qui, a-t-il rappelé, n'était pas à la tête de la GRC à l'époque.
Les membres du comité ont ainsi repris une à une hier les anomalies mises en lumière par Sheila Fraser au sujet de cette commandite, par exemple l'existence d'une seule entente signée pour une somme de 800 000 $ entre la GRC et Gosselin Communications, en échange de quoi la GRC devait donner une meilleure visibilité au gouvernement du Canada, ce qui est déjà dans les obligations de la GRC. De plus, des sommes ont été versées également par la DGSCC à Lafleur Communications pour des travaux de sous-traitance confiés à une entreprise de Lafleur qui a " de nouveau facturé une commission ".
Le comité a aussi demandé à M. Zaccardelli des éclaircissements sur la possibilité, soulevée par Mme Fraser, que Lafleur ait été payé deux fois pour un même produit. M. Zaccardelli n'a pu répondre à la question puisque, a-t-il dit, ce dossier fait présentement l'objet d'une enquête criminelle.
Aujourd'hui et demain le comité entend le témoin central du scandale des commandites, Charles (Chuck) Guité, celui qui dirigea sous leurs diverses formes jusqu'en août 1999 les programmes de commandites du gouvernement fédéral.

Une stratégie pour que le Québec devienne un gagnant
Sylvain Gaudreault
Le Quotidien jeudi 22 avril 2004
Commentaire - Le Québec est en phase d'étranglement sur le plan politique. Si rien n'est fait pour renverser la vapeur, le niveau de pouvoir provincial se retrouvera, à moyen terme, obsolète. Essayons d'avoir une lecture lucide de la situation actuelle en nous inspirant des tendances lourdes...
D'abord, les phénomènes sur lesquelles nous avons peu d'emprise, si ce n'est de les voir venir et d'agir en conséquence. Je pense principalement à la démographie. Dans 25 ans, le quart de la population du Québec aura plus de 65 ans, et ce, sans compter l'espérance de vie allant grandissant. À ce rythme, le poids du vieillissement de la population sur les services de Santé sera intolérable. Déjà, ils souffrent de sous-financement alors qu'ils accaparent 40 % du budget de l'État. Pourtant, les gens âgés de 65 ans et plus composent seulement 13 % de la population en 2001.
Au plan fiscal, la situation n'est pas plus rose. Tel un magicien, le ministre des Finances, Yves Séguin, a réussi à présenter un budget en apparence équilibré. Personne n'ose miser sur le déficit zéro l'an prochain et les années subséquentes.
Actions politiques
Ensuite, il y a les actions politiques. Secoué par les résultats serrés du référendum de 1995, le gouvernement fédéral a saisi à bras-le-corps sa courte victoire pour imposer ses vues au Québec. La loi sur la clarté référendaire en est l'incarnation. Bien sûr, il y a eu le dérapage des commandites. Mais, sur le fond, l'alignement est clair: imposer le "nation building" à tout prix demeure la meilleure façon de tuer le vipère souverainiste, même en contrevenant aux règles les plus élémentaires de la saine gestion publique. Le gouvernement fédéral a les moyens de ses ambitions. Les surplus fédéraux s'accumulent. Cela permet à Ottawa de rembourser sa dette, sans débat public préalable sur la question, et de mettre les provinces sous tutelle.
Il est assez significatif de constater que parmi les cinq priorités de Paul Martin, trois d'entre elles touchent le coeur des compétences constitutionnelles provinciales: la Santé, l'Éducation et les Affaires municipales. Une autre, les questions autochtones, relève du fédéral. Paul Martin s'est engagé à donner aux nations autochtones "un siège à la table" chaque fois que des décisions les concernant de façon importante seraient prises. En soi, ce n'est pas mal de viser l'autonomie gouvernementale des nations autochtones. En attendant, il faut y voir une autre façon de diluer l'influence des provinces au sein des conférences fédérales-provinciales.
Ottawa agit comme s'il voulait prouver l'inutilité des provinces. Il veut réformer le système de Santé. Il négocie directement avec les municipalités. Il souhaite investir en enseignement supérieur. De son point de vue, s'il y a un gouvernement de trop, il se situe entre les municipalités et le fédéral. Les gouvernements provinciaux, confinés à un état de pauvreté chronique, seront bientôt incapables de répondre aux défis posés par la démographie. Du coup, aux yeux de l'opinion publique, ils apparaîtront superflus.
Mode défensive
Il ne faut pas un doctorat en science-politique pour s'apercevoir que le Québec est affaibli. Depuis une dizaine d'années, il est en mode défensif. Il n'a plus l'avantage de la glace, pour reprendre une expression populaire. Avec l'échec de Meech et les résultats du référendum de 1995, le rapport de force est au bénéfice d'Ottawa.
C'est pourquoi un gouvernement du Québec visionnaire devrait faire du renversement de ce rapport de forces une priorité nationale. À terme, c'est sa survie qui est en jeu. On ne peut attendre une telle initiative de Jean Charest. Il a bien essayé de tricoter un Conseil de la fédération qui, au fond, ne fait que formaliser l'existence des rencontres annuelles des Premiers ministres provinciaux. Mais, plus fondamentalement, comment voulez-vous qu'un chef de gouvernement, qui a perdu toute autorité à l'interne, puisse avoir un quelconque ascendant face à la puissance de l'appareil fédéral? Soyons sérieux! Ce n'est qu'aux prochaines élections provinciales que nous pourrons envisager une véritable stratégie en ce sens.
Vous trouvez mon discours vieillot? Je crois plutôt qu'il s'agit d'un enjeu vital. Vous me voyez venir avec mes gros sabots péquistes? Détrompez-vous. Mon objectif n'est pas de faire l'apologie du PQ, ni même de la souveraineté. Mon seul et unique but, c'est que le Québec gagne, pour une fois. Comment?
La suite la semaine prochaine...
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
TÉLÉ-QUÉBEC ET LA RTQ
Jean-Luc DION, ing., D. Sc.
Trois-Rivières
TRIBUNE LIBRE 22 avril 2004
Dans un article de Richard Therrien dans Le Soleil (*) de Québec du 10 avril on pouvait lire : « Tous les ans, l'idée de privatiser Télé-Québec, ou même de fermer la boîte, refait surface. Chaque fois, on en rit jusqu'à ce que l'idée retourne dans l'oubli. Mais voici que la menace s'annonce plus sérieuse, parce que l'actuel gouvernement a le mot réingénierie estampé dans le front.» La menace est effectivement très sérieuse.
Il ne faut pas s'en surprendre, sachant que J.J. Charest détient apparemment depuis 1998 un mandat du gouvernement centralisateur d'Ottawa pour démembrer l'État québécois et le rendre impuissant... C'est ce qu'il désigne sous le nom bâtard et si peu français de « réingénierie ». Cela fait partie d'une opération plus vaste de l'État canadien pour se substituer à l'État québécois devenu intolérable par sa volonté d'exister depuis une quarantaine d'années. Il faut donc couper dans les postes, les programmes, les budgets de tous les ministères québécois, surtout les plus importants, sous tous les prétextes imaginables, tout en laissant s'accroître considérablement la présence des fonctionnaires canadiens dans toutes les activités de responsabilité québécoise grâce à l'étranglement fiscal du Québec par Ottawa : éducation, santé, culture, affaires municipales, agriculture, développement régional, etc. Il faut bien remarquer qu’il n’est JAMAIS question de réduire la taille de l’État canadien…
Ce nous amène à proposer quelques démarches pour sauver Télé-Québec et sauver la situation en même temps :
- Considérant que le Québec est une État de langue française avec une minorité de langue anglaise ;
- Considérant qu’il est de première importance qu’un État comme le Québec, tout comme les pays voisins, ait le plein contrôle des communications sur son territoire ;
- Considérant qu'il n'y a aucune raison valable pour que notre radio-télévision soit régie par une autorité extérieure et que c’est une situation anormale qu’il importe de corriger ;
- Considérant que tout le personnel de Radio-Canada au Québec est Québécois, mais sous une direction extérieure au Québec ;
- Considérant que les Québécois ont largement payé pour ce système ;
Le gouvernement du Québec doit, dans les plus brefs délais, décréter que :
§ Dorénavant, toutes les installations et services de RC et de la CBC en radio et télévision au Québec passent sous contrôle québécois. Tout le personnel qualifié requis est déjà en place ;
§ Tout le personnel de RC au Québec est intégré à Télé-Québec qui devient la Radio Télévision du Québec (RTQ);
§ La totalité des crédits de la Société RC, au moins 33% du budget total (*) de la CBC-SRC est transférée au Québec sous forme de point d'impôt ou de saisie de la TPS;
(*) 33% pour réfléter le fait que la production originale de la SRC est
bien supérieure à celle de la CBC.
§ Le Conseil de la radio-Télévision du Canada (CRTC) n'a plus aucune juridiction au Québec, et il est dorénavant remplacé par le Conseil de la radio-Télévision du Québec (CRTQ) avec des prérogatives semblables en regard des radio-télévisions publique et privées.
§ Tout le domaine des télécommunications au Québec est dorénavant sous juridiction québécoise.
§ La RTQ est responsable d'assurer un service de radio-télévision publique de très haute qualité dont la mission essentielle est l'information, la culture et l'éducation en langue française sur tout le territoire québécois en favorisant la contribution de toutes les régions sans exception.
§ L'attribution de services de radio et de télévision en anglais au Québec pour la minorité canado-britannique se fera sur une base de réciprocité et d'échanges avec le Canada anglais où seront assurés par traité des services en français proportionnels pour la minorité de langue française.
§ La RTQ sera responsable d'un service international en plusieurs langues, avec une mission particulière envers la Francophonie mondiale (radio, télévision, diffusion sur l'Internet).
§ Ces diverses opérations devront être terminées d’ici les prochaines élections au Québec.
Bien sûr, nous savons ce qu'il faut faire pour que cela devienne possible. Faisons-le vitement et vivement !
Jean-Luc Dion, ing.
Trois-Rivières
Le 21 avril 2004

TRIBUNE LIBRE
Pauline Marois, cette étapiste irréductible !
Patrick Bourgeois
TRIBUNE LIBRE 22 avril 2004
Profitant d’un contexte péquiste propice à la formulation d’idées nouvelles, Pauline Marois a rendu publique, le 20 avril dernier dans les pages du Devoir, sa toute nouvelle trouvaille devant encadrer la marche du Québec vers sa souveraineté : un référendum dans la deuxième moitié du mandat d’un gouvernement péquiste. Ledit référendum devant laisser place dans la première moitié du mandat à une assemblée constituante pour doter le mouvement souverainiste d’un projet de constitution.
Tout de go, nous affirmons qu’une telle stratégie étapiste à tous crins ne pourra jamais être couronnée de succès. Et ce, parce qu’elle ajoute une étape trop lourde tout juste avant le référendum – la constituante - à un processus souverainiste qui est déjà bien assez chargé : victoire électorale, organisation d’un référendum qui proposera – ou pas- une offre formelle de partenariat économique et peut-être politique au reste du Canada, négociations s’étalant sur un laps de temps indéfini pour entériner ladite offre, la reconnaissance internationale… alouette ! Il nous semble évident que plus il y a d’étapes devant conduire le Québec à son indépendance, plus elles seront rapprochées du référendum, et plus nous augmentons les chances que le processus achoppe. C’est pourquoi nous croyons que Pauline Marois fait ici fausse route.
En 1974, le mouvement souverainiste a commis une faute extrêmement lourde de conséquences. Celle de donner raison à Claude Morin et à son approche étapiste au détriment de Jacques Parizeau qui croyait dans les vertus de l’élection référendaire. Il était vrai que plusieurs péquistes ne pouvaient alors souffrir davantage les « charmes » de l’opposition, surtout lorsque celle-ci se vit à 7 députés ou même à 6. Ce qui explique que plusieurs militants appuyèrent alors Morin pour accélérer le mouvement vers la gouvernance – en ralentissant celle vers le pays du fait même. Des emplois dignes de ce nom se trouvaient après tout au bout de la démarche. Mais ce faisant, les adeptes de l’étapisme ont drôlement compliqué la suite des choses pour les souverainistes, eux qui doivent aujourd’hui remporter une élection et une consultation référendaire avant de pouvoir rompre le lien fédéral attachant le Québec au Canada. Même s’il est aujourd’hui utopique de penser revenir en arrière en ramenant dans le giron péquiste l’idée d’une élection référendaire quelconque, il importe tout de même d’accélérer le mouvement vers le pays et de réduire le plus possible la portée étapiste de la stratégie devant y conduire. L’heure n’est donc pas à l’ajout d’étapes collées sur le référendum, mais à l’assouplissement de la démarche souverainiste. D’où notre ferme rejet de la proposition Marois.
Pour bien prévoir la suite des choses, il faut que les stratèges souverainistes gardent en tête que l’approche dite référendaire du Parti Québécois présente un travers important et non négligeable et qui est celui de décaler la déclaration d’indépendance du moment où le PQ devient gouvernement. Comme on sait que gouverner, dans le contexte actuel, c’est l’art de déplaire, on comprend immédiatement l’urgence qu’il y a d’organiser un référendum le plus rapidement possible après une victoire électorale du PQ, de façon à réduire au maximum l’ampleur de la grogne qui ne manquera pas d’émerger à cause de la gestion des affaires de l’État. Plus le PQ attendra avant d’organiser un référendum, et plus il se mettra des gens à dos qui n’hésiteront alors pas à le punir en votant Non. Les gens sont comme ça ! C’est donc dire que, pour des raisons éminemment stratégiques, la durée de la prochaine gouvernance péquisto-provinciale doit être la plus courte possible.
Bernard Landry use d’ailleurs d’une admirable formule pour décrire la difficulté qu’il y a à obtenir le consensus en gouvernant. Celui-ci dit qu’un gouvernement a beau prendre la meilleure des décisions, il aura toujours au moins 10 % d’insatisfaits contre lui. Après avoir pris dix très bonnes décisions, ce même gouvernement aura 100 % des gens fâchés contre lui. Ainsi, reporter le référendum dans la deuxième moitié du mandat comme le propose Mme Marois serait ni plus ni moins que suicidaire pour les forces du changement et risquerait de ramener les souverainistes aux résultats de 1980 (alors que le référendum fut tenu en fin de mandat) les éloignant considérablement de ceux qu’ils obtinrent en 1995 (à la suite d’une consultation populaire tenue en début de mandat et qui permit au Oui de flirter pour la première fois avec la victoire).
Si les souverainistes désirent se doter d’une stratégie qui permette véritablement d’envisager la victoire, ils doivent se détourner du plan de match de Mme Marois et regarder franchement dans la direction de François Legault. Ce dernier, étapiste lui aussi remarquez bien, a compris l’importance qu’il y a d’effectuer la réflexion préparatoire à la souveraineté (réflexion qui pourrait passer par une assemblée constituante par exemple) avant toute victoire électorale du Parti Québécois. En présentant un programme de pays et un budget de l’an 1 aux Québécois avant les élections, François Legault permettrait au Parti Québécois de démontrer à la population qu’il a déjà en main tous les outils nécessaires pour créer un nouveau pays au nord des États-Unis. Ce qui rassurerait les gens parce qu’on ne leur demanderait ainsi pas un chèque en blanc et permettrait, du fait même, au gouvernement péquiste d’entamer très rapidement un processus référendaire.
Un autre avantage que présente la stratégie préconisée par François Legault, c’est qu’elle permettrait au PQ de faire le plein du vote souverainiste – souverainistes qui ont eu tendance à bouder PQ et Bloc québécois par les années passées. Sachant le PQ enfin décidé à faire face à la musique parce qu’outillé pour ce faire, les souverainistes craindraient beaucoup moins d’être trompés par ce même parti qui a trop souvent usé de l’appât de la souveraineté lors des dernières campagnes électorales pour ainsi mieux se tailler une place dans les sphères supérieures du pouvoir québécois. Jouissant ainsi d’un mandat fort, le PQ pourra enclencher rapidement, et sans crainte, tout processus référendaire.
Finalement, il appert que le seul avantage pour le Parti Québécois – mais non pas pour les souverainistes- que nous percevons dans la dernière proposition Marois, c’est qu’elle permettrait (si elle était adoptée) à ce parti politique de faire campagne -encore une fois- sur une toute autre question que la souveraineté. Les porte-parole pouvant proposer ainsi à la population de les élire pour former un bon gouvernement tout en affirmant que le débat concernant la question nationale ne surviendra que beaucoup plus tard dans le mandat, et ce, si jamais il survient. Avec la proposition Marois, il est clair que les souverainistes sont une fois de plus confrontés à la même stratégie obséquieuse et opportuniste du Parti Québécois : cacher l’option souverainiste pour faciliter l’élection de carriéristes-souverainistes, ce qui constitue l’essence même de la religion bidon qui animent les faiseurs d’images de ce parti.
Il est temps d’en finir avec une telle stratégie qui ne mène à rien d’autre qu’au statu quo. Il est temps de réduire au maximum la portée de l’étapisme et de ne surtout pas ajouter de nouvelles étapes devant ponctuer la démarche souverainiste d’un gouvernement péquiste. Il est temps de comprendre que les Québécois sont plus que jamais désireux de voter pour un parti qui défend authentiquement les préceptes inhérents à son article 1 et qu’ils veulent que ce même parti leur parle franchement, sans détours, sans fioritures. Malgré l’étapisme et malgré Pauline Marois, l’heure de la vérité doit sonner. La mort de la manipulation à des fins carriéristes doit être consommée ! Et ce, une bonne fois pour toutes.

TRIBUNE LIBRE
Pour éradiquer l'emprise libérale... voter stratégiquement !
Félix Pinel
TRIBUNE LIBRE 22 avril 2004
Pour les souverainistes, il y aura deux enjeux majeurs lors des élections fédérales, ces enjeux sont complémentaires. Le premier consiste à porter le plus de bloquistes possible à la Chambre des Communes. Le second, tout aussi important, réside en la non-élection du Parti Libéral du Canada. Non que les valeurs et orientations des conservateurs se rapprochent davantage de celles des indépendantistes, mais M. Harper et son équipe n'ont pas cette machine à réprimer les Québécois qu'utilisent les libéraux.
La base militante du PC se concentre surtout dans l'Ouest canadien. Les militants conservateurs des provinces des prairies et de la côte Ouest sont beaucoup moins centralisateurs que les libéraux concentrés au sud-ouest du Québec et en Ontario, c'est géographique.
Pour éradiquer l'emprise libérale sur le pouvoir canadien, les conservateurs devront être élus. Pour ce faire, le PC devra remporter la majeure partie des comtés à l'Ouest de l'Ontario, mais aussi faire des percées dans les zones libérales et compter sur une élection massive de bloquistes au Québec.
Dans les comtés à majorité souverainiste, le Bloc devra s'installer solidement, moins de 50 députés élus serait décevant. Sur d'autres fronts, dans les comtés vendus aux libéraux depuis des lunes, les souverainistes y habitant devront se ranger, militer et voter pour les conservateurs. Les conservateurs, de leur coté, devront cibler les électeurs traditionnellement libéraux lors de leur campagne publicitaire électorale.
Les Québécois auront donc un double rôle à jouer, le vote Québécois sera décisif. Il est grand temps de tenir compte de notre système électoral et de voter stratégiquement.

TRIBUNE LIBRE
Combien rapporte le Québec au Canada ?
Robert Bertrand, Québec
TRIBUNE LIBRE 22 avril 2004
Savoir répéter : LIBÉRAUX = menteurs = tricheurs = manipulateurs = paradis fiscaux = envahisseurs des responsabilités des États = la négation de la Nation Québécoise = la négation du Peuple du Québec.
En fait, ne faut-il pas se demander, combien rapporte le Québec au Canada ?
Pour dépenser des millions de dollars pour le garder, c'est que ça rapporte... autrement, ne devrait-on pas se dire : ils sont donc bien idiots ces gens-là ?
Ils sont loin d'être idiots.
Il y a quelque trois cents milliards de dollars dans les coffres des financiers de Toronto qui proviennent du Québec. Ils ont cette somme d'argent qui provient des sommes d'argent déposées par les Québécoises et Québécois au cours des années dans les diverses banques à charte du pays qui nous est étranger.
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/LES-MILLIARDS-DE-DOLLARS.html
Ils doivent conserver leurs acquis. Le Québec indépendant, il créera ses banques et avec les années, ces trois cents milliards (plus ou moins) reviendront au Québec.
C'est avec de l'argent que l'on peut investir. Le Québec saura investir ici au Québec comme partout ailleurs dans le monde, là où cela fera l'affaire du Québec. Quand Jean Chrétien commande à Guitté de "sauver le Canada", c'est "par tous les moyens" que Guitté va chercher à sauver le Canada.
Il se dit fier du travail accompli : "vous voyez, on a réussi à gagner le référendum!"
Pour gagner le référendum, les Québécois et les Québécoises pour le NON se sont basés sur le fait, non pas des commandites, non pas des programmes de propagandes, non pas sur l'apparition du drapeau du Canada, bien gros, partout, mais sur des PROMESSES de changements que les représentants ÉLUES ont fait aux Québécois et Québécoises. Quels changements ont-ils faits ?
Ce sont des voleurs, ce sont des tricheurs, ce sont des manipulateurs. Les procédés démocratiques n'existaient plus. Ils étaient en guerre et nous, nous procédions suivant l'art de la démocratie.
L'État de guerre était à l'oeuvre à OTTAWA contre l'État démocratique du Québec. Les "prattitudes" ne trouvent rien à redire du fait que le Canada était en guerre contre l'État du Québec. Combien d'argent ont-ils reçus, les propriétaires de La Presse, de tous les journaux du Québec, de toutes les revues du Québec, de tous les médias d'information du Québec. Bien sûr, ils ont signés des contrats pour avoir de la publicité, de la visibilité. 40 millions par année que ce Monsieur Guitté nous dit.
Pour le référendum, nous, au Québec, le camp du OUI avait 5 millions, le camp du NON : 5 millions. On ne dit pas encore combien d'autobus, combien de trains, combien d'avions, combien a vraiment coûté la rencontre d'amour à laquelle participait Jean Charest et la troupe d'OTTAWA.
Ils ont sauvé leur Canada, peut-être pour un temps : ils se sont aliéné les Québécois et les Québécoises pour toujours !

TRIBUNE LIBRE
L’atavisme des Québécois
Nestor Turcotte
(Matane, le 21 avril 2004)
TRIBUNE LIBRE 22 avril 2004
Derechef, l’atavisme des Québécois remonte à la une. Celui-ci se caractérise non seulement dans l’hérédité des idées, mais, plus encore, dans certains types de comportements.
Le Parti québécois, en faisant fi de la volonté d’un grand nombre de citoyens, a procédé à la fusion de plusieurs municipalités au Québec. Ne respectant pas le résultat d’un certain nombre de référendums tenus, il a procédé, en ne respectant pas les souhaits exprimés clairement par les citoyens. Les électeurs du Québec lui ont fait part de leur mécontentement, l’an dernier, en le renvoyant dans l’Opposition. Le Parti libéral, saisissant le ballon au vol, a promis de consulter les citoyens et, possiblement, revenir en arrière, en respectant, cette fois-ci, la volonté populaire. Le processus vient d’être enclenché, le 20 avril dernier. Le Parti québécois annonce déjà, s’il est à nouveau reporté au pouvoir dans trois ans, qu’il refera la processus inverse et qu’il rétablira ce qu’il avait fait, contre la volonté des citoyens.
Les générations montantes, dégoûtées de la politique, voient dans ces gestes circulaires, le vieil atavisme québécois qui tisse une histoire pas très reluisante, faite de chicanes, de consensus impossibles à réaliser, de vieilles rancœurs, de divisions intestines, de mépris, de suspicions, de peurs entretenues, d’affrontement tout aussi inutiles que stériles.
Ce petit peuple, souvent manipulé par des apparatchiks de bas étages et qui ne songent qu’à profiter des bienfaits pouvoir, n’arrive même pas, dans l’harmonie, à régler les problèmes courants de la vie quotidienne, à établir, dans la paix, les règles de fonctionnement de leur municipalité, le regroupement des forces politiques d’une seule région. Les acteurs qui s’agitent tout autour de ces petits problèmes de vie courante ne songent pas au bien commun, mais à leur petite gloriole, à reprendre la parcelle de pouvoir qui leur a échappé, à redorer un blason partisan quelque peu sali par un ou plusieurs petits scandales coutumiers, à être un petit roi local, encensé par une petit élite de terroir, qui broute dans les avantages pécuniaires que cela donne inévitablement.
Incapables, présentement, de s’entendre sur une solution normale et durable autour du regroupement des municipalités, comment les Québécois pourraient-ils s’entendre, un jour, possiblement, autour de négociations aussi difficiles, que celles qui suivraient le processus qui mènerait à l’indépendance? C’est demander l’impossible! Le scénario est cauchemardesque.
Les Québécois sont chicaniers, intolérables envers les autres, prêts à tout, pour que triomphe leur petit patelin qui les protège dans l’enclos de leur nombrilisme. Enjeux collectifs? C’est trop leur demander. C’est cela le complexe du colonisé. Incapables de s’organiser pour vivre comme une majorité normale, comme toutes les majorités qui habitent la planète, ils inventent des majorités fragmentées, se donnant ainsi l’illusion d’un pouvoir collectif qu’ils ont été impuissant à se donner. Les divisions qu’ils entretiennent leur donnent des petits pouvoirs qui font éclater de rire les artisans de l’option parcellaire. Elles devraient faire pleurer ceux qui aliment le terrain miné des démembrements. Ils sont trop occupés à faire de l’argent pour y penser.
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
22 avril 2004