Actualité





Séguin lorgne la... TPS

Mylène Moisan
Le Soleil mercredi 28 avril 2004

À quoi bon obtenir des points d'impôt si Ottawa vient chercher toujours plus d'argent dans la poche des Québécois ? demande le ministre des Finances, Yves Séguin, qui a réclamé hier le rapatriement pur et simple de la TPS.

Lors de l'étude des crédits de son ministère, M. Séguin a déploré que le transfert de points d'impôt se traduise par une ponction toujours plus importante par Ottawa des revenus des Québécois. "Dans l'année ou les deux qui ont suivi, les recettes fiscales du fédéral ont baissé, ce qui est conforme à l'esprit d'une telle entente. Mais, après trois ou quatre ans, on observe que le fédéral réussit chaque fois à se reconstituer des recettes fiscales, ce qui fait que le transfert de points d'impôt est comme temporaire dans le temps."

Sa solution ? Que le gouvernement fédéral renonce aux fruits de la taxe sur les produits et services (TPS) pour les remettre entièrement aux provinces. "La solution, c'est avoir un champ fiscal complètement transféré au Québec. On avait recommandé, dans les travaux de la commission (sur le déséquilibre fiscal) que la TPS soit transférée aux provinces", a rappelé M. Séguin, rappelant que "le Québec gère déjà la TPS, la seule chose qui nous manque, c'est la propriété sur cette taxe".

Un sit-in ?

Pour convaincre Ottawa d'être plus généreux envers les provinces, le ministre Séguin, mise sur une seule arme : la négociation. Et si ça ne fonctionnait pas ? "Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Un sit-in ? Une grève de la faim ?"

Le ministre a servi cette réplique au député péquiste François Legault, qui tentait une nouvelle fois d'amener M. Séguin à dire que la souveraineté était l'unique solution pour obtenir la juste part pour le Québec.

Depuis un an, presque jour pour jour, qu'il est ministre des Finances, M. Séguin a maille à partir avec la formule de péréquation qu'il tente de corriger à l'avantage du Québec. Malgré les rencontres et les échanges qui se multiplient, Ottawa fait toujours la sourde oreille en reprenant trop peu d'éléments à son goût des modifications qu'il propose.

La formule, qui doit être renégociée aux cinq ans, est arrivée à échéance le 31 mars. Chaque province a fait sa proposition, Ottawa a soumis la sienne à la mi-mars, faisant plus de mécontents que d'heureux. M. Séguin compte d'ailleurs sur une rencontre prochaine avec les ministres des Finances des autres provinces pour convaincre ses homologues de se ranger derrière lui.

MMoisan@lesoleil.com



Jérôme-Forget: «Le temps des rapports est révolu»

Kathleen Lévesque
Le Devoir mercredi 28 avril 2004

La ministre pose les premiers jalons de la réingénierie de l'État

Qu'importe les sondages dévastateurs et les hauts cris des centrales syndicales, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, affirme ne pas avoir perdu une once de sa détermination à reconfigurer l'État. Devant les 700 personnes du milieu des affaires venues l'écouter hier à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, elle a préparé le terrain au lancement la semaine prochaine de son plan d'action en annonçant quelques éléments mineurs du projet.

«Le temps des rapports est révolu. Il est temps de passer à l'action, et c'est pourquoi la démarche que nous empruntons est déjà lancée sur le terrain», a soutenu Mme Jérôme-Forget. Ainsi, cette dernière a confirmé la transformation du ministère du Revenu en agence gouvernementale ainsi que la création d'une agence d'encadrement du partenariat public-privé. Elle a également annoncé les premières applications concrètes du gouvernement en ligne et l'ouverture de consultations sur la pertinence de maintenir le réseau des cégeps ainsi que sur le financement des soins de santé.

L'agence Revenu Québec prendra forme au cours des prochaines semaines, a précisé le ministre responsable, Lawrence Bergman. Des économies sont escomptées, mais M. Bergman a refusé de les chiffrer, soulignant plutôt que le changement vise d'abord à améliorer l'efficacité de ce service. Il est toutefois clair que le statut de l'agence lui accordera plus de latitude dans la gestion du personnel; des experts externes pourraient recevoir des mandats particuliers.

Aussi, pour «accompagner la réalisation de tous les projets de partenariat public-privé», Mme Monique Jérôme-Forget a annoncé la mise en place d'une agence de coordination. Il s'agira au départ d'une petite équipe de six ou sept personnes qui conseillera le gouvernement et qui verra à uniformiser les balises du partenariat public-privé (PPP). «On va commencer petit parce qu'on veut réussir», a déclaré la présidente du Conseil du trésor.

Cette agence autonome sous la responsabilité du Conseil du trésor aura une durée de vie limitée dans le temps. Mais avant qu'elle ne prenne forme, un projet de loi devra être déposé et adopté à l'automne.

Outre des projets en transport, le premier gros dossier de PPP sera celui des mégahôpitaux universitaires. La présidente du Conseil du trésor a réitéré la volonté du gouvernement de faire appel au privé pour la construction ainsi que la gestion du CHUM et du Centre universitaire de santé McGill (les soins cliniques demeureront entre les mains de l'État).

Les entreprises qui seront invitées à soumissionner sur ce projet bénéficieront d'un soutien financier du gouvernement. «Si vous ne le faites pas, vous aurez un multimillionnaire qui a les reins solides et vous priverez plein de gens de soumissionner parce que ça coûte très cher. Vous choisissez, par exemple, les trois derniers projets que vous estimez être valables. Vous donnez une somme d'argent, entre 100 000 $ et 250 000 $, pour qu'ils embauchent des ingénieurs, des architectes, pour qu'ils nous fassent des propositions valables. [...] J'imagine que ça va être quelque chose autour de ça», a affirmé Monique Jérôme-Forget tout en spécifiant que la formule sera à être déterminée par l'agence.

Pour ce qui est du gouvernement en ligne, Mme Jérôme-Forget a annoncé des mesures de simplification des liens entre les citoyens, les entreprises et l'État. Dès juin, les personnes qui déménageront n'auront à le signaler qu'une seule fois pour que les changements d'adresse s'effectuent dans «chaque recoin du gouvernement»: Société de l'assurance automobile du Québec, Régie de l'assurance maladie, Revenu Québec, ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Régie des rentes du Québec et Directeur général des élections.

Les démarches pour le démarrage d'entreprises seront aussi allégées. Et à compter du 1er juin, le gouvernement rendra disponible un système électronique d'appel d'offres qui remplacera l'actuel système Merx.

La présidente du Conseil du trésor n'est pas allée plus loin pour l'instant devant les grands bonzes des services-conseils en tout genre qui l'écoutaient dans une grande salle d'un hôtel du centre-ville de Montréal. Elle a rappelé qu'il ne fallait pas sous-estimer le fait que l'approche proposée est nouvelle. Il lui aura fallu faire de l'éducation, contrer la résistance de certains ministères et user de persuasion. De son aveu même, Mme Jérôme-Forget ambitionne de laisser derrière elle l'image de quelqu'un qui a agi sans précipitation.

«Dans quatre ans, les gens diront de Monique Jérôme-Forget: elle a eu la responsabilité de la réingénierie et elle a procédé de façon prudente, cohérente, ordonnée. Elle savait où elle s'en allait. Elle a procédé par étapes. Elle a livré telle marchandise. Moi, c'est ça que j'aimerais laisser», a-t-elle confié aux journalistes.

Dans son discours, elle a précisé que le plan, dit de modernisation, présentera deux vagues de projets. La première consistera en une multitude de changements au sein des activités gouvernementales. Cela fait suite aux travaux amorcés dès juin dernier auxquels ont été associés tous les ministères et organismes gouvernementaux. Chacun devait évaluer la pertinence de leurs services.

Mais les projets considérés comme prioritaires seront lancés avec le dépôt mercredi prochain du plan d'action. Parmi ceux-ci, on retrouvera les débats autour du réseau collégial. Les forums régionaux convoqués dans toute la province par le premier ministre Jean Charest serviront de tribune de consultation, a précisé Mme Jérôme-Forget.

S'agit-il d'abolir les cégeps? lui ont demandé les journalistes. «Je n'inclus et n'exclus rien. Je sais une chose: nous avons l'occasion d'analyser les lacunes, s'il y en a», a-t-elle dit.

Les forums régionaux permettront également des discussions sur le financement des soins de santé.

Quant à la raison qui explique le report de la présentation du plan de réingénierie qui était prévue ce matin, la présidente du Conseil du trésor a raconté qu'elle a refusé d'utiliser un hélicoptère pour se rendre devant la Chambre de commerce. Selon elle, la politique rend modeste. «Je ne suis pas à Star Académie», a-t-elle laissé tomber.



Les premiers fruits de la réingénierie

Gilbert Leduc
Le Soleil mercredi 28 avril 2004

À quelques jours du dévoilement de son plan de modernisation de l'État, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, a annoncé, hier, que le ministère du Revenu allait devenir une agence gouvernementale. De plus, pour guider le gouvernement dans sa démarche d'instauration des partenariats public-privé (PPP), une agence centrale sera mise sur pied.

Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Mme Jérôme-Forget a également confirmé que le ministère du Développement économique et régional allait réduire de 162 à 10 le nombre de ses programmes et de ses mesures d'aide aux entreprises.

Dans la même veine, le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, a profité, hier, de l'étude des crédits budgétaires de son ministère à l'Assemblée nationale pour affirmer que les consultations menant à la fusion du réseau d'Emploi-Québec à celui de la sécurité du revenu allaient bientôt connaître leur dénouement.

"La démarche que nous empruntons est fondée sur des objectifs mesurables et livrables. Nos concitoyens ne se laisseront pas impressionner par un simple étalage de bonnes intentions", a promis Mme Jérôme-Forget en insistant pour dire que le plan de modernisation 2004-2005 qu'elle rendra public, mercredi prochain, n'est pas "un simple exercice de réflexion, c'est un plan d'action" pour améliorer les services offerts aux citoyens et aux entreprises et pour accroître la productivité de l'administration publique.

Levant à peine le voile sur le contenu de son annonce de la semaine prochaine, Monique Jérôme-Forget a parlé d'une opération comportant deux vagues.

La première vague est composée de projets en cours de réalisation et sur le point d'être mis en application. On peut penser, entre autres, à la création, en juin, du Service québécois de changement d'adresse, du portail de démarrage d'entreprise et du nouveau système électronique d'appel d'offres.

Pour la deuxième vague, la ministre parle de projets "considérés comme prioritaires. Pour ces projets, le gouvernement désignera sous peu des équipes de projet ainsi qu'un responsable chargé de les mener à bien". Les forums que tiendra le gouvernement au printemps et à l'automne donneront l'occasion à la population de se prononcer sur les intentions des libéraux.

Par ailleurs, LE SOLEIL a appris que l'opération de fusion et d'abolition des structures tout acabit allait s'étendre sur une période de quatre ans.

Le fisc... une agence

Il y a belle lurette que les bruits courent voulant que le ministère du Revenu devienne une agence gouvernementale. Il a même été question qu'il se transforme en une agence sortie du giron de la Loi sur la fonction publique, ce qui permettrait, entre autres, de convenir avec les syndicats de conditions de travail différentes de celles des autres employés de l'État.

Le ministre du Revenu, Lawrence S. Bergman, a expliqué au SOLEIL que la nouvelle agence allait donc demeurer dans la grande famille de la fonction publique. Une confirmation qui a rassuré le président du Syndicat de la fonction publique du Québec, Michel Sawyer.

Avec des marges de manoeuvre accrues, notamment à l'égard de l'utilisation de ses ressources, il sera possible d'accroître l'efficacité du fisc, a précisé M. Bergman. "Les contribuables vont ainsi être assurés d'un meilleur rendement de chaque dollar dépensé", a-t-il expliqué en rappelant que l'une des entités du ministère - le Centre de perception fiscale - est une agence depuis 2001 et que des gains de productivité importants ont été réalisés.

Partenariats public-privé

Le rôle de l'agence centrale sera d'accompagner les ministères dans les différents projets de PPP.

"Soyons bien clairs", a avisé Mme Jérôme-Forget, "nous ne construirons pas tout selon la formule du partenariat public-privé. Nous allons nous donner une méthode pour nous assurer que, dans le cas de chaque projet étudié, le gouvernement retient le mode qui allait nous offrir la plus grande valeur pour l'argent investi".

GLeduc@lesoleil.com



La force de caractère

John Parisella
L'auteur est président de BCP et de BCP Consultants. Il a été directeur de cabinet de MM. Robert Bourassa et Daniel Johnson de 1989 à 1994.
La Presse mercredi 28 avril 2004

Depuis le 14 avril 2003, le gouvernement Charest a su se tenir debout devant la tempête et garder le cap sur ses priorités

Au printemps 2003, en compagnie de l'ancien ministre péquiste Joseph Facal et du président de l'ADQ, Guy Laforêt, j'ai eu le privilège dans ces pages d'analyser les grands enjeux de la dernière campagne électorale. Après un an de pouvoir, les premiers bulletins de notes sont maintenant complétés. Une chose apparaît évidente. Il est de bon ton de condamner et de critiquer sévèrement le gouvernement Charest. Avec des sondages exprimant un taux d'insatisfaction élevé, il ne faut pas se surprendre que certaines analyses soient si négatives. Certains ont eu peine à trouver un seul geste positif depuis un an de la part du gouvernement. D'autres, plus au fait des difficultés de gouverner, reconnaissent que cette première année en fut une de rodage, d'apprentissage de l'exercice du pouvoir et entrevoient des jours meilleurs pour le gouvernement.

C'est le président américain Theodore Roosevelt qui a déjà dit " qu'il valait beaucoup mieux oser de grands exploits, que de se ranger avec ces pauvres âmes qui n'ont aucun plaisir ou qui ne souffrent jamais, parce qu'elles vivent dans la pénombre de la vie où ne se trouvent ni victoire ni défaite ". S'il y a bien une chose que l'on ne peut reprocher au gouvernement Charest, c'est bien l'inaction, l'immobilisme.

On oublie peut-être un peu trop rapidement que le PLQ a été élu sur une vague de changement; plus de 65 % des électeurs ont voté contre le gouvernement Landry le 14 avril 2003. S'il reste à déterminer l'ampleur du changement recherché par les Québécois, il est clair cependant, en raison de la situation des finances publiques et des tendances démographiques en cours, que le Québec se doit de réaliser des changements en profondeur afin de préserver ses acquis en éducation, en santé et son potentiel de développement économique.

Trois critères

En fait, trois critères permettent de porter un jugement plus analytique et moins partisan à l'égard de la performance d'un gouvernement. D'abord, il importe de statuer sur la portée des politiques qu'il avance, par la suite évaluer son style et ses méthodes de gouvernance, pour finalement tenir compte de la volonté et la détermination qui forge le caractère de ceux à qui nous avons remis les rennes du pouvoir.

Le verdict des électeurs est le véhicule que nous privilégions pour assurer un changement de gouvernement de manière ordonnée et ainsi accorder toute la légitimité nécessaire pour aller de l'avant avec les politiques qu'il juge à propos. Qu'il s'agisse des défusions, des amendements au Code du travail, des réformes des modes d'intervention des sociétés d'État, de la révision de la politique familiale, des modifications aux structures dans le système de santé, personne ne peut prétendre que les gestes législatifs du gouvernement Charest ne sont en droite ligne avec sa vision des choses.

Pourrait-il faire mieux? Bien sûr. Le parcours est loin d'être parfait. Parfois, on a pas su faire la part des choses entre les dossiers d'intendance (la gestion dans le système de santé, la crise à Kanesatake, par exemples) et les dossiers de vision (les finances publiques, la crise démographique, le rôle et les interventions de l'État dans l'économie, la défense des intérêts du Québec au sein de l'ensemble Canadien, etc.). Davantage que des problèmes de " communication ", c'est le timing stratégique et le manque de pédagogie qui, par moments, ont fait défaut.

Nos institutions démocratiques font que ceux qui oeuvrent dans l'opposition ont pour mandat de " s'opposer ". À la suite d'une élection, il est tout à fait normal que les divergences d'agenda politique subsistent entre les principaux protagonistes. Il est impensable pour ceux et celles qui construisent leur logique dans une stricte dynamique d'opposition de faire adéquatement la part des choses. C'est dans cette optique que nous ne cessons pas de nous surprendre de l'inflation verbale de Bernard Landry, de celle des leaders syndicaux et de leurs troupes quand ils portent un jugement négatif et sans retenue sur la performance gouvernementale. En outre, comment peut-on sincèrement affirmer que les libertés publiques sont en danger au Québec depuis avril 2003?

En ce qui concerne le style et les méthodes de gouvernance, le cercle des initiés qui critique le gouvernement comprend tant les sondeurs, la presse parlementaire que les représentants des groupes d'intérêts. Tous ont leur point de vue, plusieurs font état de l'incontournable consensus social et certains prétendent que les " choses allaient dont mieux " sous l'ancienne administration péquiste. Et pourtant, la société québécoise évolue, de nouveaux acteurs sociaux émergent et nos réalités tant économiques que sociales se transforment continuellement.

Dans les années 60, le gouvernement Lesage n'avait-il pas interprété son mandat comme un de changement et de transformation de la société québécoise? Au risque de déplaire à de nombreux establishments de l'époque, tout était remis en question et des réformes majeures furent entreprises. Imaginons un peu le Québec d'aujourd'hui si Jean Lesage avait fait marche arrière devant les résistances de l'époque.

Culture du " consensus "

Depuis le début des années 80, il est vrai qu'il s'est développé au Québec une culture du " consensus " à laquelle tant le PQ que le PLQ ont participé. Il est vrai également que, depuis la dernière confrontation majeure de 1983 sous le PQ, les relations entre les syndicats et l'État sont, malgré des soubresauts inévitables, relativement correctes. Alors, quand la rhétorique syndicale a atteint des sommets cet automne, on a rapidement reproché au gouvernement Charest ses méthodes de gouvernance, de " briser " la paix et de ne pas oeuvrer dans le sens du " consensus social ". Il va de soi que lorsque des changements sont nécessaires que le " consensus social " soit mis à l'épreuve. Depuis quand un gouvernement doit-il mettre de côté ses convictions les plus légitimes, lorsque derrière la contestation se profile l'agenda politique des organisations syndicales, des groupes communautaires et du principal parti d'opposition?

Plus encore, la pertinence et les qualités d'un gouvernement doivent être comprises au-delà de ses politiques du moment ou de la manière dont elles sont présentées et adoptées par l'Assemblée nationale. La force de caractère, la détermination et la volonté politique d'agir sont le ferment essentiel qui permettent au gouvernement de se distinguer au fil des ans. Lors des campagnes électorales, les personnalités politiques cherchent d'abord et avant tout à toucher les coeurs et les esprits des électeurs. Une fois au pouvoir, la tâche des difficiles choix s'impose au chef et aux ministres membres du gouvernement. Les critiques fusent rapidement, férocement et souvent de manière inappropriée. S'il fallait toujours gouverner par " consensus ", ce serait si facile de retraiter devant l'adversité plutôt que de l'affronter et de poursuivre une démarche de changement.

La force de caractère en politique se reconnaît dans le courage, les convictions (incluant la défense des intérêts du Québec), la détermination, la compassion et l'intégrité des personnes. À cet égard, jusqu'à présent le gouvernement Charest a performé admirablement. Cela ne se reflète pas nécessairement dans le sondage du jour; toutefois, ce sont là les qualités qui font ou défont les gouvernements.

Sans aucun doute, ce fut une première année ardue pour le gouvernement. Même M. Charest a admis que, par moments il aurait pu, dans certains cas, agir différemment. Cependant, il a su se tenir debout devant la tempête et garder le cap sur ses priorités. L'expérience aidant, les solutions proposées en seront d'autant plus jugées et appréciées dans une plus juste perspective.

Le gouvernement Charest devra se rappeler que c'est la volonté d'agir, la détermination et la force de caractère dans la mise en oeuvre d'une vision politique qui permet de se démarquer et d'envisager avec succès, le temps venu, le prochain rendez-vous électoral. Les exemples québécois les plus probants de force de caractère sont historiquement si près de nous: de Jean Lesage, à Robert Bourassa en passant par René Lévesque, Jean Charest a des modèles de qui s'inspirer. Au bout du compte, la force de caractère c'est ce qui compte en politique.



Un comité parlementaire dangereusement inutile

Michel Vastel
Le Soleil mercredi 28 avril 2004

Le Comité permanent des comptes publics est le plus important de tous les Parlements. Il est le seul à être présidé par un membre de l'opposition officielle. Il jouit, avec l'appui du bureau du vérificateur général, du plus imposant service de recherche. Et son mandat est de s'assurer que les contribuables en ont eu pour leur argent.

Malheureusement, depuis qu'il a entrepris son enquête sur le Programme de commandites - à la demande du premier ministre - il s'est égaré dans une guerre partisane. L'enquête sur les commandites est devenue secondaire : il a passé des semaines à s'interroger sur la responsabilité de Paul Martin plutôt que de chercher à savoir ce qui s'est réellement passé au temps où Jean Chrétien dirigeait le gouvernement. Le résultat ?

Plutôt que d'avoir fait la lumière, le Comité a brouillé les cartes au point où les observateurs sont totalement désabusés. Oui, il y a eu mauvaise gestion. Oui, il y a eu abus de biens publics. Oui, il y a eu fraude. Mais il y a encore moins de coupables que le 10 février, lorsque Sheila Fraser a déposé son rapport au Parlement !

Les libéraux qui siègent sur ce Comité ne sont pas moins coupables que les autres. Eux aussi se sont fait manipuler par le directeur du Programme en ne réfutant pas sa prétention qu'il avait laissé les livres en ordre à son départ. Ils n'ont même pas pensé à demander à Charles Guité comment il se faisait qu'il a approuvé et payé, chacun plus d'un demi-million de dollars, les trois rapports de Groupaction rigoureusement identiques et dont le deuxième était carrément inexistant !

Et ce chapitre du rapport de la vérificatrice générale, sur les 10 que comptait son rapport de novembre 2003, ne faisait que 39 pages ! À la fin du mois de mars, elle déposait un autre rapport au Parlement, de sept chapitres celui-là. Plus de deux mois d'audiences qui ont parfois tourné au cirque, qui ont régulièrement été paralysées par des querelles entre les représentants des quatre partis, et qui ne conduiront certainement pas à un rapport, ont donc été consacrés à un seul chapitre sur 17, soit moins de 6 % de son mandat normal ! Pitoyable...

Dans le même rapport que celui de novembre où se trouve le chapitre sur le Programme de commandites, on parle par exemple des activités de publicité du gouvernement fédéral - 793 millions $ au cours des cinq dernières années - où règne là aussi un véritable régime de favoritisme. Dans bien des cas, il n'y eut pas, là non plus, de contrats en bonne et due forme, encore moins de vérification que le travail était bien fait. Et il n'est pas inutile de rappeler que la publicité gouvernementale était gérée par le même Chuck Guité !

Dans ce rapport toujours, la vérificatrice générale revenait une fois de plus sur les abus du programme de prestations de revenu de l'assurance-emploi : 15,1 millions de citoyens ont contribué à ce fonds mais seulement 2,4 millions d'entre eux ont reçu des prestations : cela méritait peut-être quelques heures de débats, non ? Pour la première fois aussi, un vérificateur général du Canada s'intéressait à la gestion du patrimoine nationale : ce ministère qui a des millions de dollars pour distribuer des drapeaux n'a même pas quelques sous pour protéger des trésors nationaux qui pourrissent dans des entrepôts.

Et si le Comité permanent des comptes publics était si friand que cela de "scandales", pourquoi n'a-t-il jamais relevé l'incroyable audace de Jean Chrétien lui-même qui, en quelques jours, a fait acheter deux avions Challenger 604 - le dernier modèle ! - par le ministère de la Défense nationale. Toutes les règles du Conseil du Trésor ont été contournées pour satisfaire ce dernier caprice du premier ministre et la précipitation fut telle que le fuselage des avions n'était pas encore peint et que la carlingue n'avait pas encore de sièges lorsqu'on l'a payé !

La santé publique est la priorité des partis politiques, nous dit-on. Un chapitre du rapport de mars de la vérificatrice générale est consacré à la gestion de 4,5 milliards $ de matériels médicaux, mais au train où vont les choses, ce chapitre sera examiné par le Comité des comptes publics en l'an 2007 ! Quant à un autre chapitre sur la sécurité nationale à laquelle le gouvernement a décidé de consacrer 7,7 milliards $ dans les cinq années suivant les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, il y a gros à parier que les membres du Comité des comptes publics ne l'ont même pas lu !

Le pire, c'est que cela va continuer puisque le Comité a l'intention d'entendre de nouveau l'ancien ministre Alfonso Gagliano et la vérificatrice générale elle-même. S'il ne faut rien attendre de la deuxième comparution d'Alfonso Gagliano, j'espère que madame Fraser va se pointer au Parlement avec ses 520 employés et rappeler qu'ils sont tous à leur service et que leurs travaux ont tous droit à la même attention.

Il n'y a pas de vérificateur général efficace sans un Parlement attentif à ses 60 millions $ de travaux annuels. Mais il n'y a pas de Comité des comptes publics sans vérificateur général. "Les critiques qui viennent des députés me dérangent car, au fond, ils sont mes clients", me disait récemment Sheila Fraser.

Et la dame a eu sa part de critiques ! Non seulement des députés libéraux, mais aussi des fonctionnaires, l'ont attaquée, sans doute encouragés par leurs maîtres, sous-ministres et ministres tout à la fois. On n'imaginerait pas que le premier ministre convoque des élections sans Directeur général des élections. Comment se fait-il que Paul Martin tolère que les travaux du bureau du vérificateur général soient tournés en une telle dérision ?

Est-ce parce que Paul Martin lui-même s'est fait taper sur les doigts lorsqu'il était ministre des Finances, madame Fraser n'a jamais apprécié qu'il planque sept milliards de dollars dans des fondations qui sont hors de tout contrôle des députés. Cela aussi fait partie des débats qui devraient se tenir au Comité permanent des comptes publics. Mais il ne faut pas compter sur les John Williams, les Marlene Jennings ou les Odina Desrochers pour nous éclairer là-dessus.

La transparence, ce sera pour une autre fois ! On comprend pourquoi de plus en plus de Canadiens souhaitent que Sheila Fraser offre sa candidature au poste de premier ministre du Canada...

MVastel@lesoleil.com



Le syndicaliste Marc Laviolette veut représenter le PQ dans Beauharnois

Clairandrée Cauchy
Le Devoir mercredi 28 avril 2004

L'ancien président de la CSN, Marc Laviolette, souhaite être candidat du Parti québécois lors des prochaines élections provinciales dans la circonscription de Beauharnois, marquée par la controverse entourant le projet de centrale thermique du Suroît.

«C'est mon comté d'origine, c'est là qu'est située l'usine Expro [le syndicat d'où il est issu]. Je milite déjà à l'exécutif de l'association de comté», a expliqué M. Laviolette au Devoir, lors du cocktail de financement du club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ libre) qui se tenait lundi soir dernier à Montréal. La circonscription de Beauharnois est représentée par le péquiste Serge Deslières, qui l'avait remporté par une mince majorité de 639 voix aux dernières élections.

Ce faisant, M. Laviolette renonce à un retour à la tête de la CSN, d'où il avait été délogé par Claudette Carbonneau en 2002 au terme d'une élection très serrée. «Je fais un X là-dessus. Je veux faire de la politique partisane», a affirmé M. Laviolette, qui est toujours vice-président de la Fédération de la métallurgie de la CSN.

Il espère faire partie d'une équipe plus large d'une dizaine de candidats péquistes qui arboreraient aussi la bannière de SPQ libre. L'ancienne présidente de la CSQ, Monique Richard, devrait être du nombre, mais elle n'a pas encore arrêté son choix sur une circonscription en particulier.

Un intérêt au PQ

Le club politique lancé à la mi-mars suscite un certain intérêt dans les rangs du Parti québécois, comme en témoigne la présence lundi soir des prétendants à la succession de Bernard Landry, Pauline Marois et François Legault. Le chef du parti, Bernard Landry, qui était le conférencier invité, s'était néanmoins fait remplacer par le député de Vachon, Camil Bouchard, en raison d'un conflit d'horaire.

Pauline Marois, François Legault et Camil Bouchard ont tous trois pris leur carte de membre de SPQ libre. «Pour faire la souveraineté, il faut que se reconstitue la plus large coalition possible», a déclaré Pauline Marois, son reçu en main.

Son collègue François Legault voit aussi d'un bon oeil la mouvance progressiste qui tente de s'organiser au sein du Parti québécois: «Avec les baisses d'impôt et les coupes effectuées pour atteindre le déficit zéro, cela a découragé certains militants péquistes. Cela va aider à aller les rechercher.»

Les deux aspirants chefs n'ont cependant pas voulu se commettre sur la place qui devrait être réservée au club politique dans les statuts du parti, lesquels font l'objet de discussions dans le cadre de la Saison des idées. SPQ libre revendique une forme de représentation proportionnelle sur les instances du parti.

Débats au sein de la gauche

L'entrée en scène de SPQ libre, qui compte pour l'instant environ 200 membres, suscitera certainement des débats au sein de la gauche, au moment même où Françoise David s'apprête à lancer l'Option citoyenne, un regroupement qui engloberait l'Union des forces progressistes (UFP).

«Cela va prendre au moins 15 ans avant que l'UFP puisse constituer un parti de masse. La souveraineté est une question urgente. En bout de ligne, cela va peut-être assurer un grand rayonnement médiatique à Françoise David. Mais dans l'urne, c'est le vote utile qui va jouer», a déclaré Marc Laviolette, qui croisera d'ailleurs le verbe dans un débat avec des représentants de l'UFP, demain soir au Centre Saint-Pierre.



Les Québécois pourront juger le fédéral, croit Charest

Le Soleil mercredi 28 avril 2004

PC Québec - La prochaine élection générale permettra aux Québécois de se prononcer sur la conduite du gouvernement fédéral, notamment dans le dossier des commandites, croit le premier ministre, Jean Charest.

"Ce sera effectivement le jugement ultime de la population sur le gouvernement fédéral. Ce jugement est habituellement assez bien éclairé. Je me fie au bon jugement de la population. Ils auront l'occasion de se prononcer sur toutes ces questions-là", a déclaré M. Charest hier à l'Assemblée nationale.

Le premier ministre était interrogé par le chef de l'opposition, Bernard Landry, qui se plaignait du "fonds secret (fédéral) qui est une tache sur la gestion des finances publiques".

Ce fonds, dont l'existence a été révélée dans le cadre du scandale des commandites, servait à des initiatives pour combattre le mouvement souverainiste au Québec. "On veut savoir de quelle façon ils ont essayé de nous manipuler, avec quels moyens et dans quelles circonstances", a dit M. Landry.

Le premier ministre Charest a expliqué que toute la vérité dans cette affaire pourra être connue par l'une des trois voies suivantes : par le comité parlementaire de la Chambre des communes qui siège à ce sujet, par de possibles recours judiciaires que le gouvernement fédéral pourrait intenter ou par la commission d'enquête que le juge John Gomery présidera prochainement.

Mais entretemps, la population pourra se prononcer. "Je m'attends à ce que le gouvernement fédéral fasse preuve de transparence. Comme citoyen du Québec, je pense qu'il y aura là beaucoup d'occasions pour aller au fond des choses et de savoir de quelle façon cet argent a été dépensé", a dit M. Charest.

Il a même prêté des intentions à Bernard Landry. "Tout le monde comprend que le chef de l'opposition veut venir en aide au Bloc québécois et à son chef Duceppe", a dit M. Charest.

Pour M. Landry, Jean Charest a le devoir, "au nom de toute la population du Québec, d'exiger des éclaircissements complets sur cette manipulation abjecte".



Les libéraux regagnent du terrain

Joël-Denis Bellavance
La Presse mercredi 28 avril 2004

Le sondage CROP constate néanmoins que le Bloc québécois mène encore la course

Ottawa - Secoués par une tempête politique depuis la publication du rapport dévastateur de la vérificatrice générale sur la gestion du programme de commandites, les libéraux voient apparaître une éclaircie dans le ciel électoral au Québec.

Au moment où le premier ministre Paul Martin jongle avec l'idée de tenir des élections au printemps, le Parti libéral commence en effet à regagner le terrain perdu dans les intentions de vote au Québec, selon un sondage CROP-La Presse.

À un point tel que l'avance que détenait le Bloc québécois est passée de 10 points en mars à deux points ce mois-ci, selon les résultats de ce sondage mené auprès de 1001 Québécois du 15 au 25 avril.

Si des élections avaient eu lieu la semaine dernière, le Bloc québécois aurait ainsi obtenu 41 % des voix, une baisse de quatre points par rapport au mois dernier, tandis que Parti libéral aurait récolté 39 %, une hausse de quatre. Le Parti conservateur et le NPD auraient dû se contenter de 10 % chacun.

En janvier, avant que le scandale des commandites n'éclabousse le gouvernement Martin, les libéraux obtenaient 51 % des intentions de vote contre 33 % au Bloc.

Malgré cette hausse, les libéraux ne pourraient espérer mieux qu'une récolte de 25 à 30 sièges, compte tenu que le Bloc québécois continue d'obtenir un large appui des électeurs francophones (49 % contre 30 % pour les libéraux).

Aux élections de juin 1997, par exemple, le Bloc québécois avait remporté 44 des 75 sièges au Québec en ayant 38 % des voix tandis que le Parti libéral a dû se contenter de 26 sièges même s'il avait recueilli 37 % des voix. Règle générale, le Parti libéral doit obtenir 5 % de voix de plus que le Bloc pour remporter une majorité des sièges au Québec puisque ses appuis sont concentrés dans la région de Montréal et dans l'Outaouais.

" Les libéraux sont en train de remonter la côte, mais ils ne sont pas en train de gagner la majorité des sièges au Québec, loin de là. Mais une campagne peut faire évoluer les choses. On l'a vu au Québec aux dernières élections ", a déclaré hier Claude Gauthier, vice-président de CROP.

À l'heure actuelle, le Bloc québécois détient 33 sièges au Québec et le Parti libéral 37. Il y a quatre députés indépendants et un siège vacant depuis le départ de Jean Chrétien.

" C'est sûrement une éclaircie qui peut permettre au Parti libéral de se ramasser avec un peu plus de sièges qu'il n'aurait eu il y a à peine un mois. Mais à ce rythme-là, il n'aurait pas autant de sièges qu'aux élections de novembre 2000 ", a ajouté M. Gauthier.

Le sondeur a tenu à préciser que la majorité du sondage a été réalisé avant que l'ancien responsable du programme de commandites, Chuck Guité, ne témoigne devant le comité des comptes publics. Durant son témoignage explosif, M. Guité, aujourd'hui à la retraite, a soutenu que le bureau de Paul Martin, à l'époque où il état ministre des Finances, est intervenu pour qu'il accorde des contrats de recherche à la firme de consultants Earnscliffe, où travaillent plusieurs stratèges libéraux proches de lui. Les collaborateurs de M. Martin ont nié avec véhémence ces accusations.

Le sondage CROP comporte tout de même certaines mauvaises nouvelles pour les libéraux. En effet, une majorité de Québécois, soit 54 %, se disent plutôt ou très insatisfaits du travail du premier ministre, une hausse de 9 points par rapport au mois dernier. Seulement 35 % affirment être très ou plutôt satisfaits.

En outre, 54 % des Québécois veulent que M. Martin attende le rapport de la commission d'enquête présidée par le juge John Gomery avant de déclencher des élections, une hausse de 9 points.

Autre nouvelle inquiétante pour les libéraux, une majorité de Québécois (51 %) disent aussi qu'ils sont favorables à un changement de gouvernement à Ottawa contre 38 % qui souhaitent continuer avec l'équipe de Paul Martin. En mars, la proportion de ceux qui voulaient une relève de la garde s'élevait à 48 %.

Toutefois, plus de Québécois (41 %) font confiance à Paul Martin pour diriger le pays qu'à tout autre leader, le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, et le chef du NPD, Jack Layton, n'obtenant que 10 % et 8 % respectivement à ce chapitre. " Cela aide le Parti libéral même si on a des reproches à faire aux libéraux, même si on en a gros sur le coeur ", a expliqué M. Gauthier.

Les résultats du sondage comportent une marge d'erreur de 3 points de pourcentage 19 fois sur 20.

Au cours des dernières semaines, les sondages nationaux ont démontré que Paul Martin pourrait se retrouver à la tête d'un gouvernement minoritaire. Confronté à la plus importante décision de sa carrière, M. Martin continue de consulter ses troupes afin d'obtenir leur son de cloche au sujet de l'à-propos de tenir des élections au printemps. La grande majorité des ministres favorisent la tenue d'élections le 14 juin.

Tout indique que M. Martin décidera s'il convoque les électeurs aux urnes au printemps en fin de semaine, après sa visite officielle de deux jours à Washington qui commence jeudi.


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TRIBUNE LIBRE

La prudence de madame Marois

Patrice Boileau
Directeur des communications au Conseil exécutif péquiste de la circonscription de Chambly.
Propos personnel
TRIBUNE LIBRE 28 avril 2004

Tout comme son chef Bernard Landry, la députée de Taillon fait montre d’une grande précaution face à la tenue d’un troisième référendum. Elle se garde même, au contraire du président du Parti québécois, d’avancer une quelconque échéance durant le prochain mandat péquiste.

L’attentisme de Pauline Marois découle du fait qu’elle sait qu’un troisième échec référendaire causera un tort inouï à la société québécoise. Le député de Verchères en est également conscient mais à titre de chef, face à la méfiance de plusieurs indépendantistes envers son parti, il n’a d’autres choix que de prendre le risque et de susciter l’espoir en affirmant qu’une consultation populaire se tiendra entre six à huit mois suivant l’élection d’un gouvernement péquiste. Toutefois; sans « assurance morale de gagner », monsieur Landry, sagement, rétorque qu’il ne bougera pas.

Madame Marois semble donc préférer poursuivre dans le même sens que monsieur Landry au chapitre du mode d’accession à la souveraineté. Tous deux auront du mal cependant à convaincre les 30% de Québécois qui ont boudé le dernier scrutin d’appuyer le Parti québécois en 2007 : le piège fiscal provincial cannibalise tous les gouvernements. Dévorée, donc, la notion de « bon gouvernement »! L’arrivée d’Option citoyenne, le nouveau parti de Françoise David, pourrait bien hériter de la « prime de l’abstentionnisme », désabusée par le larcin de 1995, les dernières révélations en provenance d’Ottawa et l’hésitation des péquistes à s’ajuster face à cette nouvelle donne politique. Quitte à envoyer un gouvernement à la potence provinciale, pourquoi ne pas y sacrifier une nouvelle équipe…

Entreprendre la construction du pays une fois de retour au pouvoir, « un travail de longue haleine » aux dires de madame Marois, suscitera la grogne des Québécois puisque des fonds publics ainsi que la création de ministères voués au projet national donnera l’impression que le gouvernement souverainiste négligera pendant ce temps les « vrais problèmes ». Les adversaires fédéralistes ne manqueront pas de décrier cette portion vulnérable du plan de madame Marois durant la prochaine campagne électorale. Il est loin d’être certain que le Parti québécois savoure alors une éclatante victoire, si triomphe- il y a. Les Québécois voudront-ils en effet l’élire, sachant que cette zone de turbulence, amplifier démesurément par Ottawa, sera inévitable sans savoir en plus s’il y aura une consultation populaire tributaire de conditions gagnantes? Le simple fait de parler de référendum rebute déjà une forte proportion de souverainistes. Le rendre fantomatique en fera fuir encore plus.

Force est d’admettre ici que la proposition de François Legault de faire le travail maintenant, dans la quiétude de l’opposition, à l’abri d’accusation de négligences étatiques, apparaît nettement plus efficace. Le projet de pays ainsi construit sera immédiatement perçu comme une offre de changement face à un gouvernement Charest qui chancelle de plus en plus. La possibilité de l’offrir en 2007, à 50% plus une voix, deviendra alors une option pertinente à étudier.

Il faut tout de même saluer le courage de madame Marois d’avoir proposé une piste de réflexion sur la stratégie à adopter en vue du prochain rendez-vous électoral. Néanmoins; « l’étapisme prudent » qu’elle suggère aux Québécois exigera de ces derniers un effort attentiste qui, à la lumière du 14 avril 2003, risque de ne pas être au rendez-vous. Sa prudence, résultat logique des bassesses d’Ottawa, découle d’un geste défensif, sinon de replis. Ne serait-il pas préférable d’agir autrement : nous disposons de temps d’ici 2007.



TRIBUNE LIBRE

SOUS-PRODUIT DU SCANDALE DES COMMANDITES ?

Jean-Luc Dion
TRIBUNE LIBRE 28 avril 2004

Dans http://cf.groups.yahoo.com/group/AGQ-2/message/1061 Robert Comeau a écrit :

J'ai séjourné, les 20 et 21 avril dernier à l'hôtel Delta de Québec. Cet hôtel est très bien situé, les chambres sont agréables et le personnel y est courtois. Par contre, un irritant majeur m'a fait détesté cet endroit.

Tous les matins, à toutes les chambres, on y distribue le journal "National Post" ! A Québec, Capitale nationale ! Quelle insulte !

La réponse de la direction: "C'est une politique de la chaine Delta. Si vous voulez un journal de langue francaise, il faut le préciser à l'inscription.

Avez-vous d'autres hôtels, plus respectueux à me proposer ?

[JLD] J'ai la nette impression qu'il s'agit là d'UN cas parmi de nombreux autres. En effet, j'ai vérifié que ce même « National Post », journal phare du « british Canada » est distribué GRATUITEMENT en centaines d'exemplaires dans les différents pavillons de l'Université du Québec à Trois-Rivières DEPUIS DES MOIS, peut-être plus d'un an. Rien de moins ! Ceci se fait, bien entendu, avec la pleine collaboration des « autorités » de l’université.

D'autre part, il est très difficile d'y trouver un quotidien québécois à l'UQTR: on retrouve quelques exemplaires du Devoir et de La Presse, parfois un ou deux exemplaires du Monde Diplomatique, à la coop universitaire qui se trouve dans un des pavillons.

Si cela se pratique dans un milieu aussi québécois que Trois-Rivières, on peut fortement soupçonner que cette distribution se fait dans TOUTES les universités (et cégeps ?) du Québec. Il faudrait qu'on fasse un petit effort pour le vérifier et qu'on fasse RAPPORT.

Dans la même veine, le « Globe and Mail » de Toronto est disponible en plusieurs points de notre bonne ville de Québec depuis des années dans des distributrices à péage. Au cours des mes voyages à Toronto, je n’ai jamais vu de telles distributrices pour Le Devoir : la réciprocité est une notion provocatrice et inacceptable, on le sait bien depuis que René Lévesque avait osé la proposer au Canada…

Quelques buts de cette opération sont assez clairs :

- Assurer la visibilité de l'anglais dans les institutions de langue française;

- Démontrer la « force » et le « prestige » de l'anglais et du Canada anglais; (Assez facile, considérant que les quotidiens et autres publications de langue française sont pratiquement invisibles);

- Alimenter les étudiants, les professeurs et le personnel de points de vue anglo-canadiens qui se substitueront éventuellement aux points de vue québécois;

- Donner le goût de lire les journaux canadiens plutôt que les journaux québécois. Comme la plupart des étudiants accordent très peu de temps à la lecture, la substitution sera d'autant plus facile...

- Etc.

On pourra se désoler à allonger cette énumération. Maintenant, QUI FINANCE cette opération certainement fort coûteuse ET COMMENT ??? On peut sincèrement douter que ce soit le National Post qui assume lui-même les frais de cette propagande si loin de son territoire naturel. Alors QUI ?

Hypothèse plausible : des sources de financement toute désignées ne sont-elle pas les « fonds secrets » et le « programme des commandites » de la propagande unitariste canadienne ? Seule une enquête sérieuse pourrait le démontrer, on s’en doute.

En attendant, ne pourrions-nous pas faire notre propre enquête dans les université, cégeps et autres lieux publics pour savoir si cette distribution gratuite du National Post est généralisée, et faire rapport ici ?

• • •

Aucun peuple ne peut,
sans se mettre sérieusement en danger,
laisser à un autre des décisions
qui affectent son existence même.

• • •

« Ce qui nous laisse petits, c'est la peur de devenir grands »



TRIBUNE LIBRE

«Charest subventionne le Conseil de l'unité canadienne»

TRIBUNE LIBRE 28 avril 2004

(http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/4-27.html#ldrd
ou http://ledevoir.com/2004/04/27/53140.html) Donnez-moi un truc, un bidule, une pilule ou je ne sais quoi pour me convaincre de ne pas vous mépriser systématiquement, M. le premier ministre.

Je vous en prie... c'est urgent.

Car je sens que très bientôt je n'aurai plus aucune résistance contre votre sidérale irresponsabilité, quant il s'agit des plus hauts intérêts de la nation québécoise (car pour ce qui regarde «les autres», intérêts du Québec, eh bien je m'efforce de fermer les yeux. Mais c'est difficile, vous savez).

Vite ! Donnez-moi quelque chose (une commandite québécoise pro-Canada de $250M, par exemple) pour m'assommer ferme, et ainsi m'inviter au sommeil définitif et irréversible.

Avant que ma colère ne s'exprimât véritablement au grand jour...

Nicolas St-Gilles
Québec



TRIBUNE LIBRE

ACHEVER DE SE BRÛLER

Christian Gagnon
TRIBUNE LIBRE 28 avril 2004

Il est paradoxal que le gouvernement Charest ait choisi de tenir ses référendums sur les défusions le jour-même où la flamme des Olympiques d’Athènes sera de passage à Montréal. Le 20 juin prochain, la présence à Montréal de la flamme des Jeux d’Athènes évoquera le mouvement olympique dans toute sa grandeur, tandis que les référendums sur le démembrement de la métropole du Québec nous rappelleront l’électoralisme libéral dans toute sa petitesse. « L’important, c’est de participer », disait un Pierre de Coubertin désireux de rapprocher les peuples. L’important, c’est de se faire élire, pense plutôt Jean Charest, même au prix de la division des Montréalais entre riches et pauvres, entre francophones et anglophones.

Ce que la loi 9 à laquelle réfère la question référendaire du ministre Fournier appelle « la réorganisation territoriale de certaines municipalités » ne concerne pas les 114 municipalités fusionnées sans consultation par des gouvernements libéraux, mais uniquement celles qui l’ont été par le gouvernement péquiste précédent. Clairement et depuis le tout début, la démarche du gouvernement n’est pas basée sur des principes mais bien sur une basse œuvre de récupération politique qui ne fera que des mécontents dans les deux camps. Si les électeurs défusionnistes obtiennent gain de cause dans Westmount, Baie-d’Urfé ou autre Beaconsfield, ils ne pourront que se sentir floués lorsqu’ils réaliseront ce qu’est la vraie vie dans une « entité municipale » à la Jean-Marc Fournier. Le 20 juin prochain, avec ou sans flamme olympique, ce gouvernement aura achevé de se brûler.

Christian Gagnon
Président régional
Parti Québécois de Montréal-Centre



TRIBUNE LIBRE

Québec-Tibet

Simon Girard
TRIBUNE LIBRE 28 avril 2004

À l’occasion de la visite du dalaï-lama dans le royaume de la Feuille d’Érable et de la commandite au service de l’unité canadian, les autorités chinoises ont protesté contre cette visite sous prétexte que le chef politique et spirituel des Tibétains était un « séparatiste » et allant jusqu’à comparer la situation du Tibet à celle du Québec. Manifestement, ils ne connaissent pas la situation ici car, s’il y a des similitudes entre les deux pays, il y a aussi des différences, d’ordre culturel, politique, religieuse mais aussi dans la façon dont l’occupation étrangère se vit là-bas.

Comme pour celle du Québec à l’empire britannique, l’intégration du Tibet à la Chine s’est faite par la force, quand les armées de Mao y ont pénétrées en 1950. Et comme tous les peuples conquis par la force, les Tibétains ont résisté à l’occupation de leur pays, se soulevant parfois, comme en 1959 ou à la fin des années 80, mais chaque tentative de secouer le joug de la dépendance était réprimée par la même force ayant servie à annexer le pays. Aujourd’hui, suivant la philosophie non-violente du dalaï-lama, les Tibétains résistent pacifiquement mais cela suffira-t-il à freiner la menace qui pèse sur eux, celle de l’assimilation ?

Après avoir conquis un territoire étranger déjà habité, l’occupant veut s’emparer de ses ressources naturelles, contrôler l’économie et aussi se livrer à la colonisation en y implantant ses propres ressortissants, afin d’assimiler les populations autochtones (1) à la civilisation de l’envahisseur. L’Histoire est pleine de cas semblables : les peuples vivant en Gaule ont adopté la civilisation romaine après la conquête de Jules César, les Anglais se sont implantés en Irlande, en Afrique, en Inde et au Québec, Israël mène une politique colonialiste féroce en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Mais ce ne sont pas tous les peuples annexés qui abandonnèrent leur identité au profit de celle du vainqueur. Le plus souvent, ce sont les élites locales qui se rallient au colonisateur qui, en échange de leur soumission, défend leurs privilèges au détriment des conquis; ainsi, les curés et seigneurs de l’ancienne Nouvelle-France, qui ont défendu leurs maîtres en combattant le mouvement des Patriotes, ou les petits politiciens d’aujourd’hui, style Jean Lapierre, et les éditorialistes et journalistes serviles.

Même asservis, les peuples savent se donner la force et la volonté de lutter pour éviter de disparaître. Les Juifs sont restés Juifs sous l’occupation romaine, les Irlandais n’ont pas renoncé à leur identité gaélique dans l’empire britannique, les Amérindiens sont restés fidèles à leurs traditions malgré la colonisation européenne. Même nous, Québécois, avons gardé notre langue et développé une culture qui nous est propres malgré les tentatives assimilationnistes de nos « partenaires ». Ceux qu’on a l’habitude d’appeler les « Gaulois » ne formaient pas une entité nationale mais plutôt une mosaïque de peuples (appartenant à la famille celtique) avec leurs caractéristiques propres et ont été une proie plus facile pour le colonialisme romain.

La situation du Tibet se compare-t-elle à la nôtre ? Avant l’invasion chinoise, le Tibet était un pays indépendant, autrefois vassal des Mongols et des Chinois. Le Québec n’a jamais connu l’indépendance, étant sous tutelle, soit de la France, soit de la Grande-Bretagne, soit du Canada. Le gouvernement tibétain est en exil en Inde depuis 1959 et le gouvernement chinois a les mains libres pour contrôler l’économie et la vie des Tibétains. Malgré les intrusions du gouvernement canadien dans nos affaires, le gouvernement québécois a plus de marge de manœuvre et dirige notre pays à partir de sa capitale. La capitale du Tibet, Lhassa, est peuplée majoritairement par des Chinois venus après l’annexion du pays. Elle est aujourd’hui ce qu’était Montréal au 19e siècle, alors habitée en partie par des Anglais. Les Tibétains qui veulent gagner leur vie chez eux doivent apprendre le chinois et on imagine que la langue tibétaine est sérieusement menacée; ils n’ont pas la chance d’avoir l’équivalent de la loi 101, qui a fait du français la seule langue du Québec et la langue de travail des Québécois, même s’il y a encore du chemin à faire pour que le français soit reconnu partout.

Depuis qu’elle occupe le Tibet, la Chine s’est livrée à une campagne féroce de nivellement de l’identité tibétaine. Ce fut particulièrement brutal durant les 25 premières années d’occupation et la Révolution culturelle mais depuis la mort de Mao, ça paraît moins, pour ne pas froisser le monde extérieur. Le processus est plus subtil mais il est encore bien présent. Par exemple, des lieux comme le palais du Potala, à Lhassa, sont transformés en attractions touristiques. Le folklore indigène, c’est bon pour l’économie ! Et comme la liberté d’expression est un crime grave en Chine, partenaire commercial de bien des pays et membre de l’OMC quelqu’un qui parle de l’indépendance du Tibet ou qui appuie le dalaï-lama se retrouve en prison, chose qui n’existe pas ici, du moins à notre époque, mais qui s’est vu en certaines occasions (octobre 70, 1837-38). Et les pays qui font affaire avec la Chine n’évoquent pas la question tibétaine (ni les droits humains en Chine) pour ne pas heurter le partenaire chinois, ce qui risquerait de nuire à la bonne marche des « affaires »! Voilà comment on sacrifie un peuple au nom des relations commerciales. L’argent et le profit avant les droits humains, c’est ça « l’éthique capitaliste » dont parlait Bernard Landry ?

Quant au dalaï-lama, oui c’est un résistant et un défenseur de son peuple mais il me déçoit quand il dit vouloir, non pas l’indépendance, mais l’autonomie et la reconnaissance de la culture tibétaine à l’intérieur de la Chine. C’est le discours des fédéralistes québécois de la belle époque de Meech, avec leur utopie d’un Canada renouvelé dans lequel notre peuple serait pratiquement réduit au rang d’élément du folklore canadien, avec les Amérindiens et la gouverneuse générale, et qui a été rejetée deux fois, sans qu’ils n’en aient retiré de leçons. La culture tibétaine a-t-elle une chance de survivre dans un empire de plus d’un milliard de Chinois ? Les Tibétains se sont peut-être condamnés eux-mêmes en adoptant une attitude relativement passive (mais parfois marquée de soulèvements vite réprimés) devant la vague colonisatrice chinoise, qui a pu progresser tranquillement pendant 50 ans, ne rencontrant pratiquement pas de résistance active. Le pacifisme et la non-violence, d’accord, mais quand la situation est critique, ce n’est pas le moment d’être à cheval sur les beaux principes. Quand la maison brûle, c’est pas le temps de sauver ses moquettes ou son frigidaire. Si la tendance se maintient des deux côtés (résistance passive et sinisation massive), pourra-t-on encore parler de culture tibétaine dans 50 ou 100 ans ?

Seule l’indépendance permet aux petites nations menacées par de plus puissants voisins de disposer de tous les moyens d’assurer leur existence. Si le Tibet se contente de l’autonomie à l’intérieur de la Chine, il est condamné à toujours se battre pour stopper le rouleau-compresseur de l’assimilation. Et il est difficile d’arrêter un rouleau-compresseur avec de simples incantations ou des vœux pieux. Un peuple qui ne prend pas les moyens de se libérer est voué à la marginalisation, à la folklorisation, bref, à l’extinction. Mais la sensibilisation de la communauté internationale à la question tibétaine est un pas dans la bonne direction pour préserver la diversité culturelle de l’humanité. Ne nous laissons pas arrêter par les considérations commerciales car le capitalisme ne tient pas compte des identités nationales et se passe sans problèmes de la démocratie. Seules les « lois du marché » comptent pour les mafiosi du monde des affaires.

Simon Girard

( 1) Le terme « autochtone » (ou « indigène » ou encore « aborigène ») désigne celui qui vit dans le pays où il est né, donc il est erroné de ne considérer comme autochtones que les peuples amérindiens. Nos ancêtres étaient Européens d’origine mais leurs descendants (nous) sont nés ici, donc les Québécois sont aussi des autochtones, tout comme les descendants des colons anglais de l’Australie sont des aborigènes au même titre que les aborigènes « traditionnels ». Les médias contribuent à entretenir cette confusion, comme ils le font avec l’identité québécoise (le cas récent de Fadi Fadel « le Canadien-lavallois » ad nauseam…).



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28 avril 2004