
Les Québécois ne partent plus grâce au PLQ
PC
Le Devoir vendredi 30 avril 2004
Le solde migratoire positif en faveur du Québec en 2003, une première depuis 30 ans, s'explique par l'élection d'un gouvernement libéral. C'est l'opinion du ministre du Développement économique et régional et de la Recherche, Michel Audet. «Je pense que c'est la marque de confiance qu'imprime le gouvernement du Parti libéral depuis son élection», a dit M. Audet en commission parlementaire.
Le ministre a repris à son compte l'analyse de Radio-Canada qui établissait un lien entre la stabilité politique qu'assurerait un gouvernement fédéraliste et le fait que le Québec n'a pas perdu d'habitants en 2003 au profit des autres provinces. Au cours des 30 dernières années, le PLQ a été au pouvoir pendant 13 ans où le solde migratoire a été négatif au Québec.

Ottawa a versé 800 millions dans le fonds secret pour l'unité canadienne
Sylvain Larocque, PC
Le Devoir vendredi 30 avril 2004
Ottawa - Le gouvernement fédéral a dépensé pas moins de 728 millions, de 1992 à 2004, pour défendre le fédéralisme par l'entremise de sa réserve secrète pour l'unité canadienne, révèlent des documents rendus publics hier. De cette somme, pas moins de 100 millions sont allés au controversé programme des commandites.
En incluant les montants qui seront dépensés jusqu'en 2006, le total dépassera les 793 millions. De 1994 à 2004, les libéraux ont ainsi consacré une moyenne annuelle de 60 millions à cette réserve, soit 20 millions de plus annuellement que ce qui a été annoncé en mars par le gouvernement de Paul Martin.
Ce fonds occulte existe depuis 1992, mais son existence a été révélée au grand jour il y a tout juste un mois, au moment de son abolition par le ministre des Finances, Ralph Goodale.
Comme le soupçonnait le Bloc québécois, Ottawa a recouru abondamment à la réserve lors du référendum de 1995 sur l'indépendance du Québec. Le relevé dévoilé hier fait état de dépenses de 31 millions à cet égard, somme qui s'est ajoutée à des programmes financés par d'autres moyens. Le tiers de ce budget, au moins, a été englouti en publicité et en recherche sur l'opinion publique. De plus, une part de cinq millions a servi à subventionner des organismes, des particuliers et même des firmes privées «pour favoriser la participation à la société canadienne et célébrer la fête du Canada», de même que pour faire la promotion du bilinguisme.
Le relevé officiel confirme en outre que, de 1996 à 2000, plus de 100 millions ont été tirés de cette réserve pour financer le programme des commandites, qui fait actuellement l'objet d'enquêtes parlementaires, judiciaires et policières. Le budget total du programme a été d'environ 250 millions.
On apprend aussi qu'en 1999-2000, le ministère des Finances, alors dirigé par le premier ministre Paul Martin, a reçu un million de dollars de la réserve secrète «pour couvrir la hausse des coûts de communications entourant le budget de 2000». Or M. Martin a déjà soutenu qu'il avait appris l'existence de la réserve à son arrivée au 24 Sussex.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est indigné du fait qu'Ottawa ait pu enfreindre la loi référendaire québécoise avec ses dépenses cachées.
«Tout cela est très choquant, a-t-il lancé à sa sortie des Communes. On a voulu acheter les Québécois, et ça se retourne contre eux actuellement. C'est mépriser les citoyens du Québec, non seulement les souverainistes mais aussi ceux qui sont fédéralistes.»
M. Duceppe a laissé entendre que toutes ces dépenses ont été «du gaspillage», puisque l'option souverainiste a perdu selon lui peu de popularité depuis 1995.
Le leader du gouvernement aux Communes, Jacques Saada, a rétorqué que les «excellents» projets financés par la réserve secrète «se justifient largement».
«Quand on lutte pour un référendum, un des éléments importants [...], c'est de s'assurer que les valeurs canadiennes soient promues parce que, finalement, l'appartenance au pays ne dépend pas d'une petite propagande politique du moment, ça dépend beaucoup plus d'un attachement fondamental à des valeurs», a-t-il avancé, en accusant le gouvernement péquiste d'avoir manqué de transparence durant la campagne.
Plusieurs activités
Cela faisait plus d'un mois que le gouvernement promettait de divulguer les détails de ce fonds. Au départ, les ministres prétendaient que les dépenses financées par cette enveloppe figuraient dans les comptes publics, mais ils ont vite dû admettre que l'information n'avait jamais été rendue publique.
Partout au Canada, le fonds secret a servi à subventionner toutes sortes de programmes, d'activités et d'organismes, qui sont habituellement financés de façon plus transparente. Des projets parrainés par les ministères du Patrimoine canadien et des Travaux publics de même que par le Bureau du Conseil privé ont obtenu la part du lion.
Fête du Canada
De cette façon, Ottawa a discrètement subventionné le Conseil pour l'unité canadienne, un organisme voué à la défense du fédéralisme. Un programme qui finance les célébrations de la Fête du Canada a reçu des dizaines de millions de dollars, tandis que 12,5 millions ont été consacrés à l'accueil de la reine Élisabeth II en 2002. Ces sommes s'ajoutaient à des budgets déjà établis.
Le ministère du premier ministre, le Bureau du Conseil privé, puisait quant à lui plus de cinq millions par année dans la réserve pour l'unité canadienne afin d'entretenir les relations fédérales-provinciales. Fait intéressant, le ministère au centre du scandale des commandites, celui des Travaux publics, a dépensé 400 000 $ dans le dossier de la controversée Loi sur la clarté référendaire, à des fins publicitaires.
La réserve pour l'unité canadienne a été créée par le gouvernement conservateur de Brian Mulroney en 1992, afin de financer des activités liées à l'accord constitutionnel de Charlottetown. Elle a été maintenue par l'ex-premier ministre Jean Chrétien, qui l'a utilisée, entre autres, pour «lutter» contre le mouvement souverainiste québécois.
Le gouvernement Chrétien aura versé plus de 725 millions à la réserve pour l'unité de 1994 à 2006, le reste (67,9 millions) ayant été dépensé par les conservateurs.

Un relâchement des contrôles à l'origine du scandale des commandites
Larocque, Sylvain PC
La Presse vendredi 30 avril 2004
Le greffier du Conseil privé dépose son rapport annuel
Ottawa - Le scandale des commandites n'aurait peut-être pas eu lieu si Ottawa n'avait pas réduit ses contrôles et sa surveillance dans la foulée des compressions budgétaires du milieu des années 90, laisse entendre le greffier du Conseil privé, Alex Himelfarb.
Dans son rapport annuel au premier ministre Paul Martin, le grand patron de la fonction publique fédérale évoque clairement, sans toutefois les nommer, les nombreux problèmes du programme de commandites, par lequel 100 millions ont été versés à des agences de publicité proches des libéraux.
" Nous avons tous été consternés par les rapports faisant état de mauvaise gestion et, ce qui est le plus inquiétant, de transgressions de la confiance publique ", écrit-il dans le document rendu public la semaine dernière, en toute discrétion.
" Nous sommes tous attristés par ces événements, mais nous allons y voir, ajoute-t-il. Il y a eu de vrais problèmes, aussi isolés soient-ils, et nous devons y faire face. "
M. Himelfarb aborde ensuite les " causes premières " du scandale. Il explique qu'au début des années 90, bon nombre de théories de gestion " mettaient l'accent sur l'innovation et le service, aux dépens des contrôles et des règlements ".
Le gouvernement fédéral a suivi la tendance, ce qui a permis aux fonctionnaires d'" innover " et au public de profiter de meilleurs services, selon le greffier du Conseil privé.
" Or, nous avons aussi perdu de notre rigueur, admet-il. Nous avons éliminé certains contrôles ministériels tout en réduisant la surveillance centrale. Nous ne nous sommes pas préoccupés d'assurer que les nouveaux employés aient à leur disposition toute la formation nécessaire pour mener à bien leur travail. Nous n'avons pas développé les systèmes d'information nécessaires pour bien gérer le rendement des opérations et la performance financière. Dans nos efforts pour mieux servir les Canadiens, nous avons peut-être parfois perdu de vue l'essentiel. Nous devons maintenant rétablir le juste équilibre. Nous devons restaurer la rigueur sans toutefois réprimer la créativité. "
Alex Himelfarb, qui est aussi secrétaire du cabinet fédéral, est en poste depuis mai 2002, soit après le dévoilement des premiers éléments du scandale des commandites. Il avait été précédé par Mel Cappe (1999-2002) et Jocelyne Bourgon (1994-1999).

Des frères siamois
Gilbert Lavoie
Le Soleil vendredi 30 avril 2004
Éditorial - Jean Charest a loupé sa première année de pouvoir, mais le PQ n'a pas brillé non plus. Pas surprenant que le taux d'insatisfaction à l'endroit de ces deux partis soit équivalent. On avait pourtant prédit que la réélection des anciens ministres du cabinet Landry nous donnerait une opposition crédible. Mais la semaine nous a donné plusieurs bons exemple de ratés importants au PQ.
Le critique en relations internationales Daniel Turp a ameuté la presse avec des coupes budgétaires de 25 % à la délégation du Québec à Paris. À l'étude des crédits, M. Turp s'est retrouvé devant des coupes de 2,5 %. A-t-on mis la virgule au mauvais endroit ?
Les députés Solange Charest et Louise Harel ont lancé une bonne histoire : pendant que des victimes du cancer attendent des mois pour obtenir un examen, l'Hotel-Dieu de Montréal loue son appareil tomographique à une clinique privée, qui offre des examens dans un délai de quatre jours, moyennant 2500 $ ! Comment le ministre Couillard peut-il " tolérer " ça ? a-t-on demandé. Jamais François Legault n'aurait accepté une telle chose...
Par malheur, on n'avait pas vérifié : les responsables de l'hôpital avaient révélé, dès le 20 janvier 2003, qu'ils loueraient l'appareil aux cliniques privées s'ils n'avaient pas les budgets nécessaires pour le faire fonctionner. La nouvelle avait fait la page une de La Presse ! Et le contrat entre l'hôpital et la clinique privée a été signé en février 2003, sous le règne de M. Legault...
Troisième bombe, du député André Boisclair : le gouvernement Charest multiplie les contrats de 25 000 $ et moins pour éviter les appels d'offres. Et Jean Charest n'a pas tenu sa promesse de nommer un commissaire à l'éthique. C'est vrai. Mais comment ne pas être cynique devant un politicien qui reproche à ses successeurs une pratique établie sous son propre gouvernement ? Et comment ignorer que l'ex-ministre péquiste Paul Bégin a renié l'engagement de Bernard Landry de nommer un commissaire à l'éthique, et transformé cette promesse en commissaire au lobbyisme ?
Ce n'est pas facile d'être dans l'opposition. Mais si le PQ veut être à la hauteur, il doit montrer plus de rigueur, et cesser de donner raison à Mario Dumont, qui affirme que PQ et PLQ, c'est la même chose.
GLavoie@lesoleil.com

Un siècle fou - Non au vote high-tech
Jean-François Lisée
L'Actualité, n° Vol: 29 No: 8 15 mai 2004
Scrutin électronique, par ordinateur, en ligne... On multiplie les gadgets pour inciter les électeurs à voter. C'est une erreur!
Quand Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev ont demandé des copies de l'entente sur le désarmement qu'ils venaient de négocier, en 1986, les experts américains ne pouvaient trouver, dans la résidence de Reykjavík où se déroulait le sommet, le moindre ordinateur, photocopieur ou imprimante. Un adjoint de Gorbatchev sortit de sa mallette des pages blanches et trois feuilles de papier carbone en disant: "Ceci démontre la supériorité de la technologie soviétique."
L'anecdote m'est revenue lorsque mon vote aux dernières élections municipales fut enregistré par un lecteur optique plutôt que compté par un être vivant, soumis à la surveillance de scrutateurs de chacun des partis. Le lecteur optique m'a mis de méchante humeur. Sans lui, la mécanique de la démocratie est immédiatement compréhensible: on met sa marque sur un bout de papier, les papiers sont dans une boîte, on les sort et on les compte en ne perdant jamais la boîte de vue. Si on se trompe, on recompte. Si on n'est pas d'accord, un juge recompte.
"Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi l'ordinateur électoral de la section 216 donne un résultat de moins 16 022 votes pour Al Gore?" demande un programmeur d'une entreprise américaine de vote électronique dans une note de service récemment rendue publique.
Depuis deux ans, un nombre croissant d'Américains votent électroniquement. Et ils s'interrogent sur le résultat. En Floride, plus tôt cette année, 10 000 personnes ont ainsi inscrit leur choix. Le gagnant n'avait que 12 voix de majorité. Étrange, l'ordinateur indique que 134 personnes ont actionné l'engin sans inscrire de vote. Pourrions-nous recompter? Impossible. Voir un relevé écrit des votes? La machine n'en produit pas. Examiner le logiciel? Il est couvert par le secret commercial.
Le magazine Fortune a désigné le vote électronique "pire technologie de l'année", diagnostic qu'ont aussi posé 1 600 spécialistes. Le doute est maintenant permis sur les résultats de plusieurs élections de 2002, où le résultat électoral fut très différent de ce que prévoyaient les sondages et la tendance historique. Bizarrement, ces variations ont toutes bénéficié à des républicains.
Rien ne démontre qu'une fraude a eu lieu, mais des études commandées par deux États attestent de la facilité avec laquelle on peut contourner les mesures de sécurité des engins, y compris à distance.
En Europe (et à Toronto), des expériences de vote électronique vont bon train, et certains proposent de permettre le vote par Internet, de chez soi. L'objectif est louable: endiguer la baisse de participation électorale. Des études, entre autres une toute récente de la Chaire de recherche du Canada en études électorales (Université de Montréal), démontrent que la chute de participation est surtout attribuable à une désaffection des jeunes. Puisqu'ils ne viennent pas au bureau de vote, pourquoi ne pas transformer les ordinateurs, dont ils sont friands, en machines à voter? proposent d'aucuns. Pourquoi ne pas installer aussi des machines à voter, les jours d'élection, dans les centres commerciaux? J'achète un burger, je loue une vidéo, je change de gouvernement. Avec un électorat de plus en plus mobile, on assiste aussi à la multiplication des votes par courrier et par procuration.
Ces évolutions sont catastrophiques. Banaliser le vote, c'est lui enlever de la valeur. Qui voudrait se marier si on pouvait le faire au guichet automatique? Il faut au contraire mieux souligner la cérémonie, le rite du vote, qui doit rester une activité complètement effectuée par des humains (dont la méthode de comptage, selon le MIT, est la plus fiable). Sauf pour ceux qui ne peuvent se mouvoir, il doit nécessiter un déplacement à un lieu commun, un peu officiel.
On devrait donner au rite un peu de panache. En France, lorsque le bulletin tombe dans l'urne, le scrutateur crie: "A voté!" On pourrait donner un insigne portant cette attestation. L'électeur pourrait en retour bénéficier d'une demi-journée de congé. Henry Milner démontre dans son livre La compétence civique que la participation au vote augmente avec la lecture. La solution coule de source: qu'on donne à chaque électeur de moins de 30 ans un bon échangeable contre un abonnement d'un an à un quotidien d'information générale. Ou, pourquoi pas, à un magazine.
Jean-François Lisée est directeur exécutif du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal et responsable de PolitiquesSociales.net.

Le martyr de Kanesatake
J.-Jacques Samson
Le Soleil vendredi 30 avril 2004
Éditorial - Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, en a assez de l'indifférence d'Ottawa dans le dossier de Kanesatake, du mauvais rôle qu'il joue personnellement depuis la mi-janvier dans cet affrontement entre les deux factions mohawks qui s'y entre-déchirent et de la passivité dont on accuse injustement la Sûreté du Québec. Notre " ministre de l'Intérieur " laisse donc une dernière chance au corps policier autochtone de Kanesatake jusqu'au milieu de la semaine prochaine pour procéder aux arrestations et livrer les sommations dans les cas des 24 personnes déjà visées par des mandats. M. Chagnon exige aussi des développements rapides à l'endroit des responsables de l'incendie de la résidence du grand chef James Gabriel.
Le ministre Chagnon veut par ailleurs que le gouvernement Martin place enfin la communauté de Kanesatake sous tutelle. Cette solution aurait permis que le chef Gabriel revienne depuis longtemps à Kanesatake, si elle avait été retenue dès le début de la crise. Le tuteur aurait pris des mesures pour rétablir la paix sociale, par des arbitrages équilibrés, et il aurait sans doute déjà décidé de reporter les élections prévues à Kanesatake pour l'été.
Ottawa n'a pas assumé ses responsabilités ; il n'a démontré aucun leadership. La crise s'étire donc, le niveau de tension demeure élevé et les risques d'une répétition d'événements semblables à ceux de janvier dernier demeurent. Jacques Chagnon bénit le ciel qu'il n'y ait pas eu de morts ou de blessés graves dans ce western d'un mauvais goût.
Jacques Chagnon ne digère pas que le fédéral ait procédé à un transfert de 900 000 $ à l'administration Gabriel, dans un contexte politique de fin de mandat pour son conseil de bande, alors qu'une tutelle financière a pourtant dû être imposée en mai dernier. Cette intervention impromptue du gouvernement fédéral a conduit au recrutement par James Gabriel d'une " milice " pour déloger l'ancien chef de police Tracy Cross, à qui il reprochait de fermer les yeux sur les activités criminelles sur le territoire, et à la séquestration de 67 policiers autochtones à l'intérieur du poste de police de Kanesatake. En somme, non seulement Ottawa ne s'acquitte pas maintenant de ses responsabilités à l'égard du maintien des institutions démocratiques à Kanesatake, mais le gouvernement fédéral aura été une nuisance dans les questions de sécurité publique qui sont d'abord du ressort du gouvernement québécois. La tenue d'élections générales à Kanesatake à court terme, dans le respect des règles démocratiques, est compromise et alors que ce serait sa responsabilité, le gouvernement fédéral feint d'ignorer ce problème.
Pour qu'un proche de Paul Martin comme Jacques Chagnon somme de la sorte le gouvernement fédéral de s'occuper de ses affaires, à quelques jours seulement peut-être du déclenchement d'élections générales difficiles pour les libéraux fédéraux, il faut que la coupe déborde.
Homme de terrain, Jacques Chagnon a tenu à se rendre personnellement à Kanesatake lundi dernier pour vérifier certaines informations qui lui étaient transmises. Il a créé alors toute une commotion chez les fonctionnaires, à la GRC et à la SQ. Tous s'énervaient en raison des risques que cette excursion impromptue représentait pour sa sécurité. Le ministre a interrogé le maire d'Oka, qu'il a d'ailleurs fait monter avec lui, des citoyens, des témoins de la crise de 1990. Il s'est arrêté longuement devant la fameuse pinède où est survenue la fusillade dans laquelle est décédé le caporal Lemay de la SQ, sans escorte spéciale, pour que tous sachent au village qu'il était sur place.
Il a constaté le travail de patrouille de la SQ et la surveillance plus discrète qu'elle exerce aussi. Il est au fait des activités de renseignement que mène la SQ sur les différents trafics et les cultures en serres pouvant impliquer des mohawks. Il est impressionné par ce professionnalisme. Par contre, ce qu'il a pu voir du travail trop timide des peacekeepers dont il n'attend pourtant que de la gendarmerie, l'a laissé sceptique. La SQ pousse par ailleurs depuis des semaines les peacekeepers à se réapproprier leur poste de police. Ces derniers rétorquent qu'ils suivent une autre stratégie.
En fin de soirée, toujours lundi dernier, après une représentation privée de Monica la mitraille, Jacques Chagnon a dû se rendre à l'urgence de l'hôpital Royal Victoria. L'homme a déjà été victime d'un infarctus et il éprouvait d'inquiétants malaises. Après une batterie de tests, les médecins ont conclu à du surmenage et lui ont donné son congé mardi.
Hier midi, Jacques Chagnon était redevenu l'homme dynamique, vigoureux, épicurien et intarissable conteur que ses compagnons de chasse connaissent. Mais il est très clair lorsqu'il discute du dossier de Kanesatake que son coefficient de patience a été dépassé. Il n'a certainement pas le goût de laisser sa peau - - dans tous les sens de cette expression pour un politicien - pour les frasques d'une poignée d'autochtones dissidents que leurs frères de sang se montrent incapables de contrôler. Il était temps qu'il se vide le coeur. Je suis heureux de lui avoir prêté une oreille.
JJSamson@lesoleil.com

Télé-Québec : Vérités et mensonges
Pierre Cayouette
L'Actualité, n° Vol: 29 No: 8 15 mai 2004
Écran Radar - L'avenir de Télé-Québec apparaît plus sombre que jamais. En déposant son budget, le 30 mars dernier, le ministre des Finances, Yves Séguin, a annoncé des compressions de 5 millions de dollars dans le budget annuel de la chaîne de télévision publique (qui passe de 62,5 millions à 57,6 millions). Le lendemain, à la radio, il évoquait l'idée de privatiser Télé-Québec. Deux autres ministres importants du cabinet Charest - Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du Trésor, et Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications - ont contribué à alimenter la controverse par leurs propos contradictoires. La PDG de Télé-Québec, Paule Beaugrand-Champagne, a senti le besoin de rétablir les faits.
CE QU'ONT DIT LES MINISTRES
Yves Séguin, ministre des Finances: "Il y a des réflexions actuellement. Est-ce que cela fait partie du rôle du gouvernement de détenir une station de télévision? Je ne suis pas certain que c'est le rôle de l'État." (1er avril)
Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications: "Quand on est une société d'État, on doit périodiquement se poser la question de savoir si on remplit bien son rôle. On me dit que Télé-Québec gère un stationnement. Est-ce là sa mission? On peut s'interroger." (2 avril)
Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du Trésor: "Il y a de grandes vertus à avoir une licence de télédiffusion et, comme on veut mettre en place un gouvernement en ligne, on s'est rendu compte de la chance qu'on a de détenir cette licence et de pouvoir utiliser Télé-Québec pour un gouvernement en ligne."
"La privatisation, j'en entends parler comme vous, mais ça n'a jamais été évoqué dans le contexte de la réingénierie. Mais toute la mission de Télé-Québec sera revue." (2 avril)
Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications: "La programmation de Télé-Québec ne sera pas affectée. La direction nous a confirmé qu'elle était déjà propriétaire de toute une banque d'émissions très intéressantes dont elle a acquis les droits." (7 avril)
CE QUE RÉPOND TÉLÉ-QUÉBEC
PAULE BEAUGRAND-CHAMPAGNE, présidente-directrice générale de Télé-Québec: "Télé-Québec n'a jamais été propriétaire d'un stationnement ni ne gère de stationnement. Nous louons des espaces de stationnement, tout comme nos bâtiments, auprès d'entreprises privées. À Montréal, il s'agit des Ensembles urbains."
"Quand on a un permis d'exister du CRTC, on ne peut pas faire d'une télévision publique une télévision privée. Le CRTC va retirer le permis et ce sera terminé."
"Trois millions de Québécois regardent nos émissions chaque semaine. Un Québécois sur deux, sur le marché francophone, regarde Télé-Québec au moins une fois la semaine. Avec une subvention de 57,6 millions [en 2004-2005], Télé-Québec coûte bon an, mal an à chaque citoyen québécois 8$ par année, soit moins de 3¢ par jour. Et 8$, c'est l'équivalent de la location de 1,5 cassette vidéo, et c'est moins que le prix d'un six-pack de bière..."
"Des vautours planent au-dessus de Télé-Québec depuis plusieurs mois. Des individus et des groupes font du lobbying à Québec, de toute évidence. Certains sont venus nous le dire, sans utiliser l'expression privatisation."
"Trop d'employés à Télé-Québec? Il y a 307 employés permanents pour 333 postes. Le réseau TQS compte 650 employés, y compris les pigistes. Le Réseau des Sports [RDS] a entre 170 et 180 employés permanents et près de 80 pigistes. À TVA, il y a 1 250 permanents."
"Télé-Québec a enregistré des surplus chaque année depuis 1997-1998, sauf en 2002-2003."

Watching the Liberals in freefall
JOSEE LEGAULT
The Gazette April 30, 2004
Poll numbers just keep getting worse for Premier Jean Charest. If this continues, there will be more people in Quebec who believe Elvis is still alive than those who are satisfied with his government.
According to the latest CROP poll published yesterday in La Presse, a staggering 66 per cent of respondents said they are dissatisfied with the government's performance, including 41 per cent who are "very dissatisfied." Only five per cent of voters are undecided.
As a consolation price, 36 per cent of Quebecers would vote Liberal - a three-point gain since the previous CROP poll. Though it suffered a four-point loss, the Parti Quebecois gets the support of 41 per cent of voters while 47 per cent support sovereignty.
With the PQ still ahead among francophones, Charest's Liberals would lose the election if one were held. But Charest can count his blessings: the election is at least three years away.
Liberal numbers are so bad that even in traditionally Liberal and federalist circles, few dare to defend the party publicly. As for Paul Martin's Liberals, the last thing they need going into a probable spring election is to be tied to the growing unpopular Quebec Liberals.
One lone voice did speak up though. This week, former chief of staff to Robert Bourassa, John Parisella, made a chivalrous attempt in The Gazette and La Presse to put on a brave face. In an article finding no fault with Charest's governance, he advised the premier to keep on trucking with the "will to act, determination and force of character." Oy vey.
Charest's determination, coupled with a contradictory ambiguity about what it is precisely he intends to do, is what got him in this mess in the first place. It's no surprise the premier continues to face an uphill battle when it comes to public opinion.
His intentions to re-engineer the state and open more public services to the private sector haven't flown, so far. Charest's plans have remained murky and hesitant at best, but next week he'll be submitted to his first reality test. Treasury Board President Monique-Jerome Forget will finally unveil in detail what this mysterious re-engineering beast will actually do.
Once the spin doctors finish trying to convince Quebecers re-engineering will either be heavenly for our economy or the final, apocalyptic decapitation of the Quebec model, the polls will tell whether or not Charest will continue to sink or start swimming.
But even if the bark of the re-engineering beast ends up being greater than its bite, Charest will continue to be dogged by the dissatisfaction growing within his own ranks. This week, Justice Minister Marc Bellemare resigned, feeling let down by his leader and politics in general.
Radio-Canada also reported a number of Liberal MNAs and ministers are troubled by Charest's "ghost cabinet:": powerful and influential men from the private sector who advise Charest.
If truth be told, most premiers do the same. Many past premiers, including the previous one, tended to rely more on the advice they got from outside influential sources than from their own staff or ministers. One such outside source for Charest is Marcel Cote, president of SECOR, the very Liberal-friendly firm, who also was one of Bourassa's favourite kingpins.
Liberals also complain that Charest is isolating himself, keeping to a small circle of "inities." Again, that's like most premiers. Charest's problem is not isolation - it's the type of limited company he keeps.
Charest's real problem might be that SECOR's Cote is the exception, not the rule. Most of the premier's outside advisers seem to be of the true-blue conservative persuasion without hardly any Liberal red. This "foreign" influence is what many Liberals are starting to identify as one of the main sources of the government's woes.
Politics makes for strange bedfellows, but too many strangers within one party make for bad politics. Just ask Parti Quebecois MNAs who spent five years watching Lucien Bouchard consult federalists, conservative or liberal, more readily than he would any pequiste or sovereignist.
Tomorrow, Charest will get a small break as he heads for a five-day official visit to France. Surely, it's a coincidence that he'll be far, far away on May 1, which marks workers' day worldwide.
He'll be missing all those wonderful demonstrations that continue to be a sure-fire sign of the dissatisfaction that won't go away.
Surely, an official dinner with the French president and a nice stroll down the Champs Elysees will prove more restful than hearing the sound of the bullhorns at tomorrow's marches.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Mais ça, la SRC ne nous le dira pas !
Charles Courtois, Montréal
TRIBUNE LIBRE 30 avril 2004
Radio-Canada nous monte un bateau de propagande avec le solde migratoire
interprovincial. Prenons un peu de recul historique sur ce genre de question
: l'exode pour cause politique et son importance économique.
En 1763, les premiers marchands britanniques qui s'établirent dans la vallée
du St-Laurent espéraient abloir les lois et coutumes françaises et obtenir
l'anglicisation rapide de la colonie annexée. En Acadie on avait anglicisé
par déportation, ici on allait angliciser par assimilation.
Mais les deux premiers gouverneurs, Murray puis Carleton (Dorchester),
détrompèrent Londres : le peuple canadien n'allait pas disparaître et
l'immigration anglaise allait demeurer insignifiante, croyaient-ils.
Mais la Révolution américaine changea tout cela : l'exode des Loyalistes
peupla le Canada d'anglophones, en Nouvelle Écosse, dans les Cantons de
l'Est, et avec la création pour eux du Nouveau Brunswick et de l'Ontario.
Des notables et des combattants loyalistes fuyaient ainsi la démocratie et
la nouvelle République pour s'établir dans une terre fidèle à la Couronne.
En 1976, la même chose se produisit. Et maintenant, les fédéralistes
voudraient nous convaincre qu'il faut mettre au rancart les projets
d'indépendance, pas pour une raison profonde, mais par simple souci des
Loyalistes que cela risquerait de faire partir ! Je crois que les USA ont
montré qu'on pouvait s'en remettre.
Mais généralement, ce sont les facteurs économiques qui déterminent les
migrations entre les provinces. C'est pourquoi ces dernières années,
l'Alberta est la grande gagnante de ces migrations, et que même l'Ontario
connut un solde négatif plus important que le Québec en 2002 (Mais ça, la
SRC ne nous le dira pas !).
A l'époque de Bourrassa, l'Ontario et la Colombie-Britannique attiraient les
migrants, et le Québec avait un solde négatif.
Après 30 ans, qu'est-ce qui a changé ? En 2002, Montréal a connu plus de
création d'emplois que Toronto ! Serait-ce une des raisons expliquant ce
renversement de tendance ? Pas selon la SRC, qui semble ainsi remplir une
mission qui est aussi discrète et honnête que le fonds secret du même nom !
Quant à ces jeunes anglophones qui quittaient parce qu'ils ne voulaient pas
vivre dans une société francophone, qui est à blâmer ? La façon dont ils ont
été élevés et orientés, ou l'affirmation démocratique des droits de la
majorité québécoise de ne pas vivre dans une langue étrangère et sous
tutelle d'une minorité méprisante ?
Les loyalistes qui quittaient le bateau des Treize Colonies indépendantes
auraient-ils dû freiner le courage des fondateurs des USA ? Cet argument
veule de la prospérité mise en danger, encore faudrait-il que les
fédéralistes l'appliquassent à eux-mêmes ! Le PNB par habitant est plus
élevé aux USA qu'au Canada : comment justifient-ils l'indépendance du Canada
dans ces conditions ?
Toute cette argumentation n'est digne de notre intérêt qu'en tant que
révélatrice d'une seule chose, non pas des enjeux, mais bien la petitesse
des gens qui veulent effrayer un peuple devant l'exercice de sa liberté et
la réalisation de sa démocratie !
Va-t-il falloir boycotter la télé de la SRC ?

TRIBUNE LIBRE
SERVIR THE CANADA
Patrice Boileau
Directeur des communications au Conseil exécutif péquiste de la circonscription de Chambly
Propos personnel
TRIBUNE LIBRE 30 avril 2004
C’est le fond du baril. Après le vol du référendum de 1995, l’étranglement fiscal, le scandale des commandites et le milliard gaspillé en pure propagande fédéraliste pour diviser et affaiblir les Québécois, voilà que le gouvernement libéral de Paul Martin en remet : il distribue à ses candidats, en vue de la prochaine campagne électorale, un document préparatoire unilingue anglais qui ne comporte aucune stratégie politique pour le Québec. On n’en a que faire : il faut sauver d’abord les 301 sièges de l’Ontario qu’un scrutin tardif compromettrait. Voilà, pour Ottawa; le Canada.
Cette nième humiliation pour la députation québécoise du Parti libéral fédéral confirme inéluctablement qu’Ottawa n’en a que pour la majorité de ce pays. Comment les représentants québécois de l’équipe Martin peuvent-ils croire encore en un avenir pour les leurs dans le Canada? N’est-il pas clair maintenant qu’ils doivent imiter ces gens en formant leur propre majorité? Ce n’est pas sous la juridiction d’un autre peuple préoccupé légitimement par ses intérêts, privés de 60% de ses recettes fiscales, que les Québécois jouiront d’un développement optimal. Prétendre le contraire, à la lumière des preuves qui s’accumulent depuis 1995, relève de la calomnie. Les candidats libéraux qui se pavaneront bientôt au Québec pour l’affirmer doivent donc être considérés comme des menteurs ou comme des gens dangereusement naïfs et endoctrinés par le discours du Canada anglais. À moins que ce ne soient des gens convaincus que leur origine constitue une tare dont ils souhaitent libérer le peuple québécois au point de souscrire aux coups qu’il reçoit.
La prochaine campagne électorale canadienne doit être la dernière en territoire québécois. Le Québec ne fait que reculer dans le système fédéral canadien. Son ministre des Finances en est réduit à vendre des actifs à hauteur de 860 millions de dollars pour boucler son budget et aura à répéter ce terrible exercice l’année prochaine afin d’accumuler 1.3 milliards sous peine de générer un déficit et une décote des maisons de crédit américaines. Tout cela en pleine période de croissance économique! Les Québécois doivent, avec fierté, montrer la porte en juin prochain à ces charlatans qui oseront tenter de nous persuader, dans les prochaines semaines, de les joindre avec enthousiasme pour servir the Canada.

TRIBUNE LIBRE
Les leçons à tirer du mépris... de l’histoire
Maurice Cabana-Proulx
Gatineau
TRIBUNE LIBRE 30 avril 2004
N’en déplaise à M. Beauchemin (Le Devoir, 29 avril), il n’y a rien de
nouveau sous le soleil canadian. En nous proposant le mépris comme
disposition nouvelle du Canada à l’endroit du Québec il parle, c’est à
souhaiter, d’une forme précise de mépris, celle de ces politicailleurs
qui n’ont rien à offrir et rien à dire. Lorsqu’un régime devient
moribond il est rarement capable de faire preuve de créativité, les
astuces viennent à manquer, les masques tombent: le mépris, larvé,
séculaire, ne plus être dissimulé. Voilà cette “candeur” dont nous parle
M. Beauchemin.
L’idéal démocratique, canadian style, n’a pas attendu la grande peur de
1995, pour se laisser “bafouer”. Les centaines de prisonniers
politiques de la Crise d’octobre en savent quelque chose. Je ne ferai
pas de cours d’histoire au professeur de sociologie; je me permets
seulement de lui rappeler que faire l’histoire du Québec c’est dresser
le réquisitoire du Canada. Depuis maintenant des générations, seuls le
Québec-bashing et la francophobie distinguent les Canadians des
Américains (si les Américains deviennent francophobes suite à la guerre
en Iraq, c’est foutu).
Que des francophones de service, faisant à Ottawa carrière sur le dos du
Québec, nous témoignent du mépris n’a rien de nouveau, de surprenant ou
même de menaçant. Les commandites ont simplement répandu sur le Québec
cette propagande puérile de meneuses-de-claque brandissant des
unifoliés. Le mépris dont il faut se préoccuper, qui nous a toujours
fait du tort, c’est le mépris de l’évidence. M. Beauchemin nous a donné
une excellente description du dilemme de ces intellectuels
“nationalistes” qui n’ont jamais renoncé à défendre le Québec à
l’intérieur du Canada. Il croit que le mépris post-1995 pourra enfin
sonner le glas de cet entêtement tenace. Si je ne partage pas son
optimisme c’est sans doute à cause de ma disposition
pas-du-tout-nouvelle: le mépris.
Maurice Cabana-Proulx
Gatineau

TRIBUNE LIBRE
Aux baby boomer défusionnistes
Sylvain Boucher, Résident, arr. Longueuil
Citoyen du Québec pour toujours
TRIBUNE LIBRE 30 avril 2004
(Longueuil) - Je suis un baby boomer. Mais
j’ai honte. Où avons-nous mis nos rêves et nos réalisations de jeunes
adultes : solidarité, compassion, mobilisation, lutte de classe, sens
civique, manifestation, revendication, boycottage. Ces mots étaient de notre époque et nous avons tous
et toutes parcouru de près ce chemin du désir d’autonomie et de défi qui nous
habitait tout naturellement parce que le Québec était rendu là, début 1970.
Avons-nous oublié
les paroles d’Harmonium,de Beau
Dommage,d’Octobre, de Paul Piché, de
Richard Séguin, de Richard Desjardins, de Louise Forestier, de Marjo et des centaines d’autres artistes
de notre génération,en plus de nos
monuments : Félix Leclerc, Gilles Vigneault , Claude Gauthier.
Plus récemment (Star Académie), avons nous bien lu les
paroles de Jacques Michet :
UN
NOUVEAU JOUR VA SE LEVER
paroles et musique: Jacques Michel
Viens
Un nouveau jour va se lever
Et son soleil
Brillera pour la majorité qui s'éveille
Comme un enfant
Devenu grand
Avec le temps
Viens
Un nouveau jour va se lever
Et son regard
Se moquera de l'autorité de César
Car les enfants
Défient les grands
Quand vient le temps
Le temps de l'esclavage
Le temps du long dressage
Le temps de subir est passé
C'est assez
Le temps des sacrifices
Se vend à bénéfice
Le temps de prendre est arrivé
Le temps des révérences
Le temps du long silence
Le temps de se taire est passé
C'est assez
Le temps des muselières
Se meurt dans la fourrière
Le temps de mordre est arrivé
Jacques Michel avait composé cette chanson en 1970: il
était le haut-parleur de notre génération. Notre extraordinaire énergie brute était au
rendez-vous.
Aujourd’hui, nous avons des fils et des filles.
Allons écouté ce qu’ils entendent sur nous à travers les paroles des chanteurs et groupes musicaux
québecois: lisons les Cowboys Fringants, les Loco Locass, Les Colocs et des
centaines d’autres dont Daniel Boucher, Sylvain Cossette et Daniel Bélanger qui
lancent des cris pour nous transmettre un message tellement claire de réorienter
nos priorités. Ces hauts-parleurs porte-paroles de nos propres enfants nous
demandent de nous dégourdir et de revenir à des valeurs plus fondamentales,
sans pour autant condamner ce que nous sommes.
Alors, j’essaie de nous comprendre dans cette guerre de tranchées sur les défusions municipales et je n’y arrive pas.
Il est acquis que plus une ville possède une grande
population avec des disparités sociales importantes (revenus différents,
communautés ethniques, secteurs pauvres et riches plus évidents) les dépenses
de service de toutes sortes (sports, santé,
activités communautaire, génie civil, entretien, communication, sécurité, police, fonctionnaires, travailleurs, bibliothèques
etc) sont très lourdes et proportionnelles à la grandeur de la ville. C’est
évident.
Sur la Rive-Sud, la majorité des gens les plus
pauvres, les plus démunis et les plus inadaptés (voir les statistiques) sont à
Longueuil et St-Hubert. Ils ne sont pas à St-Bruno, St-Lambert, Greenfiels Park
et Boucherville. Si par malheur un des nos jeunes a besoin d’aide sérieuse, il
sera suivi probablement dans un centre communautaire à Longueuil et nous serons
les premiers à remercier le support qui sera donné par les intervenants.
Nous savons aussi que Ville Lemoyne, St-Hubert et
Longueuil représentent plus de 67% de la population du grand Longueuil et
qu’ils sont en accord avec les fusions.
Pourquoi maintenant ne pas laisser parler nos idéaux
que nousavons enfouis avec le temps ?
Pourquoi ne pas se solidariser ? Pourquoi risqué de créer des bulles et des gettos
en se disant que les problèmes de Longueuil et St-Hubert ne me concerne pas,
même si je demeure à quelques kilomètres.
Il y a tellement de perturbations autres que les
fusions qui vont irrémédiablement changer la face de nos villes : les
centres d’achats ou les marchés d’alimentation gigantesques qui condamnent la
vitalité d’une rue de quartier, les nouveaux développements insignifiants et
sans âme qui n’amènent aucune valeur ajoutée, des coupes d’arbres ou des
disparitions de boisée et de forêts. Nous en sommes déjà témoins depuis
plusieurs années.
Nous savons aussi pertinemment que l’argent est à Ottawa
et que le Québec et les autres provinces sont de plus en plus asphyxiées par
cette état de fait (déséquilibre fiscal). Même le Premier Ministre McGuinty de
l’Ontario, qui avait mis dans son programme électoral la possibilité de
défusionner Toronto, Ottawa et d’autres villes, vient officiellement d’annoncer
qu’il n’appliquera pas cette promesse surtout à cause des coûts de défusion et
de son déficit budgétaire.
Alors que le gouvernement de J Charest nous rabat les
oreilles du fait qu’il est dans une situation précaire financièrement, tous les
Québecois(les défusionnistes compris) en paie déjà le prix depuis 12 mois. Pourtant Charest va
dépenser des centaines de millions supplémentaires pour l’opération
« défusion ». C’est incompréhensible lorsque l’on pense au manque
d’argent dans les budgets de la santé, de l’éducation et pour d’autres missions
de l’état sous sa gouverne.
Mentionnons également que des centaines d’autres
mégavilles (Tokyo 33 millions d’habitants, Mexique 21M, New-york21 M, Séoul
20M, Sao-Polo 19M, Bombay 17M etc..) n’ont qu’un seul maire.
En fait, nous
sommes pratiquement le seul endroit au monde à faire ce genre d’exercice
inversé. C’est gênant.
Aux défusionnistes, je ne peux que vous demander de
prendre du recul et de bien peser les conséquences de vos gestes. La population
en générale en a souper de nos chicanes de baby boomer interminables et de nos priorités qui
sentent le nombrilisme à plein nez. La population veut de la solidarité, un sens civique pour que nous soit ouvert
les voies de l’entraide pour ceux qui n’ont pas eu la chance de s’en sortir. Le
population veut que nos idéaux d’hier de justice, d’équité et de partage
triomphent sur la mégalomanie, les roitelets et les sangsues.
Nos enfants maintenant adultes sont loin de ces
préoccupation et leur avenir ne s’articule pas autour de cette lutte
égocentrique. Ils essaient de bâtir à leur tour, à coté de nous mais avec une
réalité tout autre que la nôtre .
Je
vous implore de ne pas détruire cette difficile construction qui, à long terme,
sera gagnante pour nous, les baby boomer,
et surtout pour nos descendants.

TRIBUNE LIBRE
Un Québec miné de partout
Marcelin Gélinas
TRIBUNE LIBRE 30 avril 2004
« L'usurpateur » :
- Clairement et en peu de mots, M. Gouin, vous dites ce dont
tout citoyen québécois à l'esprit démocratique normalement constitué ne peut
faire l'économie.
Je crois également que le chef actuel de l'État du
Québec constitue de fait, et pour ainsi dire intrinsèquement sinon par
définition, un fossoyeur de la nation québécoise.
Or comme les forces
extérieures s'avèrent également très puissantes (lire en outre ce matin même,
dans LeDevoir, le texte lucide de M. Beauchemin:
http://ledevoir.com/2004/04/29/53288.html), on doit effectivement convenir que
le Québec tout entier est miné.
Miné de l'intérieur. Miné de
l'extérieur.
Et dire qu'Anthony Housefather
(www.ledevoir.com/2004/04/28/53191.html et
www.ledevoir.com/2004/04/28/53176.html) comparait dans les dernières heures la
communauté juive montréalaise à... Israël encerclée par «l'ennemi palestinien»!
(Pour M. Housefather, il y a donc le Nous, «Les bons», et puis les
Québécois («Les...?»). Mais consolons-nous. Il est quand même aimable et
«ouvert» le racisme net, «franc» et sans détour d'Anthony. Après tout,
magnanime, il accepte qu'il y ait des Québécois au Québec, le gentil monsieur.
De l'autre côté du mur réclamé, certes, Mais ça se tolère quand même: le nez
bouché...)
Décidément, les adversaires du Québec fourmillent de partout :
en haut, dedans, dehors...
Aussi, comment ne pas attester en toute
lucidité les propos que vous teniez ailleurs, il y a quelques mois
(www.lequebecois.org/CourrierLecteurs.aspx?id=125&page=0):
«
Nous sommes en guerre. Mais n¹en savons rien... »
Citoyens,
il est urgent de réagir. Car visiblement, bientôt nous n'aurons même plus de
«joue» à offrir.
Marcelin Gélinas
29-04-04
cc :
Vigile.net

TRIBUNE LIBRE
Si l'UNITÉ QUÉBÉCOISE ne peut se faire sur cette question fondamentale...
Pierre Daviau, Québec
TRIBUNE LIBRE 30 avril 2004
Chers internautes indépendantistes, si vous désirez connaître le virus politique virulent qui subjugue les Québécois depuis la Conquête, je vous recommande de lire la dernière chronique de Bruno Deshaies intitulée: O CANADA.
Quiconque qui, en 2004, est assez naïf pour croire que l'indépendance est une question de volonté seulement ou qui croit au fédéralisme renouvelé recevra une douche d'eau glacée. Il constatera que la réalité est toute autre et que les Québécois et Québécoises doivent se débarrasser de tous ces politiciens forts en beaux discours mais qui ne font rien de concret pour réaliser l'indépendance.
L'indépendance ne se réalisera pas par des débats sur les questions sociales ou sur un projet de société, questions qui perdurent et perdureront indéfiniment dans toute démocratie.
L'indépendance se réalisera seulement en mettant de l'avant LA QUESTION NATIONALE.
Si l'UNITÉ QUÉBÉCOISE ne peut se faire sur cette question fondamentale, alors l'avenir est bloqué définitivement.

TRIBUNE LIBRE
Ras-le-Bol de glace
Nicolas St-Gilles
TRIBUNE LIBRE 30 avril 2004
Réflexion sur la télévision québécoise, La Soirée du
hockey en particulier
Mise en jeu initiale : Jean
Dunois, Hockey Night in Canada...
http://ledevoir.com/dossiers/265/53175.html?265
Att. :
sportnm@radio-canada.ca, adrenaline@radio-canada.ca, auditoire@radio-canada.ca
et Hélène Chalifour-Scherrer, ministre de Patrimoine Canada et responsable de
Radio-Canada (scherh@parl.gc.ca).
***
Ces commentaires devaient être formulés.
Aussi je suis heureux de constater qu'il y a un concitoyen qui s'est donné la
peine de les exprimer. Car pour ma part, je signerais ce texte sur-le-champ. De
fait j'ai délaissé la «Soirée du hockey», il y a de nombreuses années,
essentiellement pour les mêmes raisons que l'auteur de cette tirade bien
envoyée. Reconnaissance à vous, donc, M. Dunois.
Ça devient en effet
imbuvable toute cette atmosphère: publicité à outrance, bilinguisme d'éternels
colonisés au Forum de Montréal, équipe médiocre (à laquelle au surplus il n'est
pas possible de s'identifier: on est, par accointance nationale et linguistique,
spontanément derrière Lecavalier et Saint-Louis, de l'équipe adverse...),
etc.
Si on veut bien me le permettre, j'ajouterai toutefois quelques
détails. Détails, parce que l'esssentiel a été bel et bien dit. Et fort
bien.
=> Un élément au départ assez anodin finit par
devenir carrément exaspérant: l'«éclair» (imitation de la foudre) qui
accompagne constamment l'emblème de l'émission (un bâton de hockey - hormis
qu'il s'agisse d'une canne...? - sur disque bleu).(1) Si cette «explosion» ne nous
est pas lancée à la figure au moins à cinquante reprises dans une joute, elle
n'est pas présentée une seule fois. Or à chaque occasion j'ai l'impression de
redevenir subitement un enfant de quatre ans qui - en principe («c'est fait
pour», comme dirait un vieil ami) - devrait s'émerveiller du bruit, de la fureur
et de la couleur qui me sont offerts en cadeau... Plus primaire que ça,
on se propose pour concevoir la pub des rasoirs et des lames Gillette. Ou
bien... on revêt le costume de ministre d'Alfonso Gagliano, celui de profiteur
de Claude Boulay («Everest Communication»), de chef de cabinet de Jean Pelletier
ou, sinon, celui de fonctionnaire de Charles Guité. Ainsi attifé on peut vendre
le Canada aux Québécois sans ennuis, à coups de centaines de milliers
d'unifoliés et à coût de centaines de millions de dollars (car, bien sûr, un
enfant de cet âge-là n'a rien à faire de l'intelligence, du dialogue, du respect
entre adultes consentants et de la démocratie).
=>
Aspect Publicité. Je profite d'entrée de jeu (ou de zone...) pour
renvoyer en complément à un court texte tout chaud sur le sujet, et publié aussi
dans les pages du site du Devoir:
www.ledevoir.com/dossiers/265/53006.html?265 . Ça devient tout simplement
odieux, cette pub de tous les instants. Insoutenable. Quoiqu'il faille
constater, en arrière-fond, que le phénomène n'est pas propre à ce rendez-vous
sportif (de fauteuil, mais enfin). En la matière, Radio-Canada ne se
distingue plus du tout désormais des chaînes (ou «chutes»?) à déchets de
vulgarités commerciales américaines que sont, par exemple, Quatre-Saisons
et TVA. D'ailleurs, la programmation elle-même de la SRC
s'apparente largement, maintenant, à ces machines à pub. Bref, toute cette
ambiance télévisuelle m'a quant à moi définitivement dégoûté de la télévision en
général. À vrai dire, il n'y a plus que Télé-Québec pour trouver grâce à
mes yeux (sauf que... y a-t-il quelqu'un dans la salle pour le faire comprendre
à notre grand «chef d'État» bien «provincial» et à sa ministresse du
Trésor...?).(2)
Un pareil Mépris de l'auditeur s'avère rien
moins qu'indigne d'une société civilisée. Mais ne tombons pas ici, pour l'heure,
dans l'aspect «moral» de la chose. Aussi me contenterai-je d'une illustration
expéditive. J'ai désiré regarder un film à la SRC un soir de cette
semaine (à 23 hres, le 27 je crois). C'est assez rare chez moi, mais
contrairement aux barils de sang déversés continûment dans la filmographie de
TVA-Québécor et TQS-Bell Canada, je dois confesser qu'il m'arrive
à l'occasion (moments de grand désoeuvrement sans doute) d'opter pour un film a
priori moins bestiasse de Radio-Canada. Cette fois-ci, c'est la
compatriote et toujours séduisante Geneviève Bujold qui me gagnait d'office. Or
de 22:59 à 23:18, l'honorable société publique nous avait déjà assommé de trois
blocs de publicités. Si! j'ai bien dit: Trois. Alors comme presque toujours j'ai
refermé l'appareil, et je me suis mis la tête dans le sable de mon bouquin
actuellement en chantier. Désolé, Geneviève: j'aurais vraiment aimé partager une
partie de la nuit avec vous... Mais Robert Rabinovitch, Sylvain Lafrance et
Hélène Chalifour-Scherrer en ont pris ombrage, manifestement. Et ils en
décidèrent autrement.
=> Un ultime «détail», en terminant. À
l'époque de ce qu'on a appelé la dynastie du Canadien (Cournoyer,
Lemaire, Robinson...), l'authentique fan que j'étais habitais Montréal.
Mais je ne suis allé au Forum qu'une seule fois. Ce bilinguisme intégral qui y
prévaut, c'est tout le contraire de la présumée «ouverture à l'autre» (que l'on
réclame des Québécois incidemment, for sure, mais qui n'existe d'aucune
manière en Canada hors-Québec). Qu'est-ce, sinon bêtement de
l'auto-colonialisme: du French Canadian à la Serge Savard,
il faut bien le dire, comme l'écrivait avec justesse M. Dunois. Payer le gros
prix pour me faire rappeler à toutes les trois minutes (que dis-je là??? À tous
les instants bien plus sûrement, et où que se posât mon regard) que je ne
suis pas Chez-Moi dans ma propre patrie, ce m'est décidément intolérable. Or
plus de vingt ans plus tard, rien n'a changé.(3)
Si ce n'est que
ma colère citoyenne s'est puissamment amplifiée depuis lors. Et bien entre nous
- M. Jean Charest, M. Paul Martin (mais n'ébruitez pas l'information afin de
contrer la conscription de ma personne par le MLNQ) -, je vous confie éprouver
de plus en plus de difficulté à la
contenir...
Salut.
Nicolas St-Gilles
Mercuriale@moncanoe.com
ce 29 avril 2004, 34 ans après le premier jour
du premier Bourassa (Robert, pas Henri, bîn
sûr)
(1) Les « fidèles » de la Sainte-Flanelle qui voient en celui-ci un
authentique pentacle pardonneront la trivialité de l'homme de peu de foi que je
demeure.
(2) En l'occurrence, c'est à ceci que je convierai le lecteur :
http://www.soreltracy.com/liter/2004/avril/24av.html
(3) Au Forum («Bell
Center», you know) comme partout ailleurs, d'ailleurs. Échantillon du
jour: dorénavant c'est en exclusivité (de «exclure» : because french one's on
request only) que des hôtels québécois - la chaîne Delta par
exemple - nous enfoncent des Toronto's Newspapers dans la gorge
(http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/4-28.html#tljld). Serge Savard et son fils
Marc (candidat du parti libéral du Canada aux prochaines élections
fédérales, d'évidence un fier Québécois amoureux de la démocratie) figurent sans
doute parmi les bons clients du Complexe. Assurément qu'il était ivre, celui qui
a dit Ça. Celui qui a dit quoi? Celui qui a dit que le Québec constituait une
fière nation, pardi!
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
30 avril 2004