Actualité





Voter Duceppe, c'est renoncer à gouverner

Pettigrew, Pierre S.
L'auteur est ministre fédéral de la Santé et des Affaires intergouvernementales.
La Presse vendredi 14 mai 2004

Le Québec du Bloc québécois s'arrête au boulevard Saint-Laurent et ne s'étend pas au nord de la rue Jean-Talon

Les troupes de Gilles Duceppe évacuent l'enjeu réel de toute élection: choisir les membres du gouvernement pour les quatre prochaines années. Les élus bloquistes se présentent simplement pour surveiller les libéraux de Paul Martin. Ils donnent aussi l'impression que les Québécois peuvent choisir à la fois le gouvernement Martin qu'ils préfèrent à l'Alliance conservatrice de Harper et une opposition qui aboye sur tout ce qui passe. Ils promettent donc le beurre et l'argent du beurre.

Pourtant nous, les Québécois, comme les autres Canadiens, n'avons qu'un seul droit de vote. Nous devons d'abord et avant tout choisir ceux et celles qui nous gouverneront au cours des prochaines années. Les gagnants gouvernent, font la promotion de leurs intérêts régionaux et de leur vision du pays. Ce sont les perdants qui vont dans l'opposition. En choisissant le côté des perdants, le Bloc a beau jeu de poser à la victime.

C'est le gouvernement qui décide si le pays va en guerre ou non. Et je suis à même de témoigner de l'influence déterminante du caucus libéral québécois sur notre décision de ne pas envoyer nos soldats en Irak. À la différence de l'Alliance conservatrice de Stephen Harper qui, elle, aurait participé à cette guerre. C'est encore le gouvernement qui décide si le pays ratifie ou non le protocole de Kyoto.

Indiscutablement, les Québécois ont plus que jamais intérêt à participer avec confiance au gouvernement, surtout dans un pays comme le Canada, ce projet politique particulier où l'on doit harmoniser des différences importantes, d'est en ouest et du sud au nord, entre les langues, les cultures, les religions, les classes sociales... Champion de la création de ponts entre les groupes, le Parti libéral est capable des arbitrages auxquels notre pays doit largement son originalité. Tendre la main, identifier ce que nous avons en commun, voilà la force de l'approche libérale. Cette démarche empreinte de confiance impliquera toujours une attitude plus rationnelle que la politique méfiante du Bloc qui cherche systématiquement à accentuer " notre différence ", c'est-à-dire ce qui divise et sépare.

Gilles Duceppe n'aspire pas à gouverner. Ses députés ont même renoncé à leur objectif initial de bâtir des liens avec le reste du pays en vue de faciliter les négociations liées à une éventuelle indépendance. Le rôle du Bloc se limite à celui d'une opposition systématique et stérile qui cherche non pas à améliorer le Canada, mais à le rendre insupportable aux Québécois. D'où la détermination des bloquistes à discréditer les libéraux, principalement ceux du Québec.

Le conflit d'intérêts des bloquistes

Une opposition authentiquement responsable voudrait un Canada " autre " et proposerait en conséquence de gouverner autrement. Les bloquistes ne veulent pas d'un Canada " autre ": ils veulent le rejet du Canada par les Québécois et se trouvent de ce fait en plein conflit d'intérêts. Comment peuvent-ils promouvoir les programmes fédéraux auprès de leurs électeurs et auprès des entreprises établies dans leurs comtés alors qu'ils veulent démontrer qu'Ottawa est inutile, voire nuisible?

Le Bloc n'a aucune ambition de gouverner ou d'améliorer les choses. Il préfère " aboyer ", comme l'admet candidement Suzanne Tremblay. Non seulement les bloquistes n'ont-ils aucune intention de pratiquer une politique de conciliation avec le reste du pays, mais ils ne manifestent aucun intérêt pour la diversité et pour le dialogue avec les autres communautés, même au Québec. Le Bloc invite son électorat à se complaire dans une homogénéité facile, à affirmer sa différence sans la transcender dans un effort pour dialoguer avec l'autre.

Le Québec de M. Duceppe s'arrête au boulevard Saint-Laurent et ne s'étend pas au nord de Jean-Talon. C'est tellement plus facile ainsi: aucun compromis, aucun arbitrage, on reste " entre nous ". C'est peut-être plus facile, mais ce n'est pas ça la politique! L'art de concilier, l'art du possible, l'art proprement politique, ce n'est pas pour Gilles Duceppe. Ce dernier présentera fièrement 75 candidats aux prochaines élections. Mais dans 25 comtés, ses candidats seront sacrifiés au manque de considération du Bloc à l'endroit de ces Québécois.

Un troisième référendum

Le Bloc évacuera bien sûr l'enjeu d'un autre référendum. Les bloquistes éviteront Jacques Parizeau autant que possible. Mais il n'en reste pas moins, comme l'écrivait récemment encore Pauline Marois, qu'un vote pour le Bloc représente la première étape vers un troisième référendum. L'histoire se répète: Duceppe et ses troupes veulent nous diviser une fois de plus, nous affaiblir encore.

Pour nous libéraux, la politique doit au contraire développer la confiance en bâtissant des ponts entre les groupes sur la base de ce qu'ils ont en commun. C'est de cette façon que les députés libéraux québécois ont promu leur point de vue sur l'Irak, Kyoto, le transfert de la main-d'oeuvre, la Prestation nationale pour enfants, le contrôle des armes à feu, le mariage gai, le soutien à l'industrie aérospatiale, les congés parentaux et les travailleurs saisonniers.

Pour participer à la prise de décision, il faut établir des coalitions et obtenir des appuis dans le reste du pays. Il y a fort à parier que le progrès en faveur des travailleurs saisonniers serait arrivé bien plus vite si nous avions eu 60 députés québécois dans la majorité libérale!

La composition de la majorité gouvernementale détermine l'orientation et les arbitrages ultimes du gouvernement. Si on veut un pays qui nous ressemble, c'est-à-dire qui reflète nos valeurs et nos intérêts, si on veut un impact québécois plus fort au sein des décisions canadiennes, nous devons participer à sa gouverne et non pas nous contenter de surveiller " les autres " prendre les décisions qui affectent notre avenir. Les absents ont toujours tort!

Aujourd'hui, notre pays est le seul du G7 à afficher des surplus budgétaires. On reconnaîtra ici la contribution d'un député québécois, qui fut aussi un grand ministre des Finances: Paul Martin. Les Québécois lui font confiance et souhaitent participer à son gouvernement.

Voter Duceppe, c'est renoncer à gouverner, et c'est aider l'Alliance conservatrice de Stephen Harper.



Pourquoi le Bloc?

Michel Vastel
L'Actualité, n° Vol: 29 No: 9 - 1 juin 2004

L'Entretien - Depuis 14 ans, on débat de la pertinence d'un parti autonomiste dans un Parlement fédéral. Le Bloc québécois a-t-il encore une raison d'être? Deux points de vue s'affrontent...

La campagne électorale fédérale tourne, une fois de plus, au duel entre les fédéralistes et les souverainistes, le pouvoir et l'opposition, le Canada et le Québec. Et les conservateurs ainsi que les sociaux-démocrates font de la figuration, à la poursuite de victoires morales.

Les sondages laissent présager un autre match nul: un Québec moitié rouge, moitié bleu. Le Bloc de Gilles Duceppe propose "la différence". Les libéraux de Paul Martin, un fédéralisme plus souple.

Quand il a fondé son parti, en juillet 1990, Lucien Bouchard le présentait comme "un nouveau parti pour l'étape décisive". Quatorze ans plus tard, l'étape décisive n'est toujours pas venue. À Québec, le gouvernement libéral et fédéraliste ne réclame pas la souveraineté. Et le Parti québécois, avec sa "saison des idées", est en pleine remise en question.

L'actualité a donc demandé à deux candidats qui ont évolué en sens inverse - l'un s'est récemment joint au Bloc, l'autre l'a quitté pour se rallier à Paul Martin - d'expliquer leur choix.

Serge Ménard a été député à l'Assemblée nationale de 1993 à 2003 et ministre de la Justice et de la Sécurité publique dans plusieurs gouvernements du Parti québécois. Après sa défaite aux élections du 14 avril 2003, il a repris la pratique du droit criminel, faisant même imprimer son papier à lettres! "Il fallait que je gagne ma vie, dit-il. Ma retraite de député ne vaut pas celle d'un col bleu de la Ville de Montréal!"

Le candidat bloquiste parle de la Chambre des communes avec l'enthousiasme de quelqu'un qui va déménager dans une maison plus vaste, avec un plus grand jardin... "Mais bien sûr que le Parlement fédéral est plus intéressant! lance-t-il sans s'excuser de son attrait pour Ottawa. C'est pour cela qu'on veut ramener tous ces débats à Québec." Il lui reste à se faire élire dans la nouvelle circonscription de Marc-Aurèle-Fortin, au nord de Laval. Le Bloc y avait obtenu 47,5% des suffrages exprimés en 2000, mais la combinaison de tous les votes fédéralistes y atteignait 48,4%. Le scrutin peut être serré et c'est la raison pour laquelle les militants du Bloc ont fait appel à lui...

Robert Lanctôt, lui, a quitté le Bloc québécois. Député de l'opposition de la circonscription de Châteauguay-Saint-Constant, sur la Rive-Sud, depuis 2000, il sera cette fois-ci candidat libéral! Élu aux Communes pour préparer l'accession du Québec à la souveraineté, il a pris acte de la défaite du Parti québécois, de la démobilisation des militants et, surtout, de l'avis de la Cour suprême sur la sécession d'une province. L'élection de Paul Martin à la tête des libéraux a créé les circonstances favorables à son passage au Parti libéral du Canada.

Membre du Comité permanent des opérations gouvernementales, Robert Lanctôt s'était fait remarquer par les libéraux comme un député sérieux et efficace. C'est son acharnement qui a entraîné le limogeage du commissaire à la protection de la vie privée George Radwanski, qui abusait des fonds publics. Et l'ironie du sort veut qu'il ait été l'un des premiers à réclamer une enquête publique sur le scandale des commandites!

"Rêver à la souveraineté, c'est bien beau, dit-il, mais à 40 ans, je me suis dit qu'il était temps de me réveiller!" Son élection ne sera pas facile: candidat bloquiste, il avait obtenu 3 000 voix de plus que son adversaire libérale.

L'actualité a rencontré les deux candidats séparément. Leurs réponses aux mêmes questions présagent bien les nombreux débats qui se tiendront dans les familles du Québec ce printemps...

Le Québec a-t-il encore besoin du Bloc québécois à Ottawa?

Serge Ménard: Plus que jamais! Le Québec en a besoin pour défendre ses intérêts, car il perd tellement de pouvoir quand il fait confiance au Parti libéral! Mais le Bloc a d'autres missions. Il faut qu'il y ait des gens qui acquièrent de l'expérience à Ottawa, dans les domaines de compétence fédérale, pour être prêts à les prendre en charge quand la souveraineté sera faite. Il faut de plus établir, dans la mesure du possible et malgré toutes les difficultés que cela peut représenter, de bons rapports avec l'intelligentsia canadienne-anglaise.

Robert Lanctôt: Le Bloc, qui fait élire des députés grâce au vote des souverainistes, dit qu'il travaille pour les intérêts du Québec, mais c'est tout le contraire. Il pose toujours les mêmes questions sur ce qui ne va pas et il peut ainsi prétendre qu'entre le Canada et le Québec ça ne marchera jamais! Mais la majeure partie de nos pouvoirs s'exercent à Ottawa, et si on n'est pas là, on rate le coche. Mon slogan est en quelque sorte: "Ce n'est pas le Bloc québécois , c'est bloque les Québécois !"

Peut-on croire à la souveraineté en 2004?

S.M.: Si je vais à Ottawa, c'est parce que j'espère que le Parti québécois gagnera les prochaines élections et qu'il organisera un référendum que nous remporterons. Si ça ne se produit pas... [Rire] Il faut accepter, en politique, de faire durer les choses jusqu'à ce que cela donne des résultats. J'y trouverai toujours un enrichissement intellectuel, mais ce n'est pas mon principal objectif!

R.L.: On dit toujours que 45% ou 47% des Québécois sont en faveur de la souveraineté, mais ils sont plutôt 30% à l'être. Ce chiffre de 47%, on l'atteint en proposant la même solution magique de la souveraineté-association ou du partenariat... Depuis le renvoi devant la Cour suprême [ce tribunal a conclu que toute question référendaire sur la sécession devrait être approuvée par la Chambre des communes et la majorité de Oui jugée satisfaisante], ce genre de question ne pourra plus jamais être posée. Il faut vivre avec l'État de droit actuel, dont on fait partie depuis l'Acte d'Union. On sait très bien quels problèmes surgiront en cas de référendum sur la sécession - dans la communauté internationale, sur le plan économique et même quant à l'intégrité du territoire.

Le départ de Jean Chrétien change-t-il la donne?

S.M.: Le Canada n'évolue pas dans le sens d'une fédération, mais dans celui d'un pays unitaire, parce que le Parti libéral n'est pas un parti fédéraliste. Il pense que ce qui est important doit être décidé à Ottawa et que ce qui est régional, et donc moins important, peut être laissé aux provinces. Voyez les trois priorités de Paul Martin: santé, éducation, municipalités - trois domaines de compétence provinciale. Je comprends que les gens des provinces de l'Atlantique, du Manitoba ou de la Saskatchewan aient le réflexe de s'en remettre au gouvernement le plus fort, donc au fédéral. Mais la fédération a été créée pour que les secteurs importants soient gérés par les provinces, et je suis convaincu que les Québécois pensent encore cela aujourd'hui. Le choix des Québécois n'est pas entre un Canada fédéral ou un Québec indépendant, mais entre un pays unitaire et un État souverain.

R.L.: Je me suis demandé quel parti représentait le mieux à la fois mes convictions et le peuple québécois. L'Alliance, avec un chef comme Stephen Harper, est un parti d'extrême droite. On ne peut pas fonder une société sur un programme comme le sien. Et le NPD se situe à l'autre extrême. Ce n'est pas le Parti libéral en tant que tel que j'ai choisi, mais Paul Martin, qui me représente bien: c'est un chef de centre droite, qui gère les choses correctement et réduit les dépenses s'il le faut. J'ai été celui qui, pendant plus d'un an, a réclamé une commission d'enquête publique sur le programme des commandites. Avant de me joindre au Parti libéral, j'ai écrit à Paul Martin et je lui ai dit que je continuerais d'exiger cette commission. Et il l'a créée. Ce que j'aime chez Paul Martin, c'est sa transparence. Il est temps que les Québécois le suivent...

Comment avez-vous pris votre décision?

S.M.: Quand j'ai été battu, je suis retourné à la pratique du droit et je ne pensais vraiment pas revenir en politique. Ce sont des raisons personnelles qui m'ont fait changer d'avis. J'ai 62 ans. J'en aurai 65 au moment des prochaines élections au Québec et 69 aux suivantes. Si l'indépendance ne se fait pas d'ici là, ce sera l'affaire de mes enfants!

R.L.: Ma réflexion a duré plus d'un an. Je me posais des questions parce que je voulais me sentir mieux dans mon rôle de député. Je ne suis pas quelqu'un de borné et je n'aime pas berner les autres. Si des souverainistes veulent continuer à rêver, c'est leur droit. Mais moi, à 40 ans, je pense qu'il faut faire un choix. Si des jeunes veulent continuer la bataille pour la souveraineté, très bien, mais c'est à Québec que cela va se passer. Moi, à Ottawa, je faisais partie d'un groupe qui nuit aux intérêts du Québec.

S.M.: Lucien Bouchard a été très utile au Québec alors qu'il était à Ottawa. Ce n'est pas contradictoire. Je pense aussi qu'il est important que les Québécois sachent que des souverainistes seront prêts à prendre en charge des compétences nationales. Il y en a parmi eux qui ont acquis l'expérience nécessaire, comme Yvan Loubier, par exemple: ses prédictions sur les surplus fédéraux se sont avérées plus justes que celles de Paul Martin!

Comment avez-vous été accueilli dans votre nouveau parti?

S.M.: Merveilleusement bien. Mais il faut dire qu'en politique, quand les gens ne vous aiment pas, ils parlent dans votre dos! Je pensais que la circonscription de Marc-Aurèle-Fortin était libre et ce n'était pas de l'opportunisme de ma part de la choisir, car à l'époque le parti n'était pas certain de l'emporter. Les militants pensaient qu'avec un bon candidat on aurait plus de chances. Il y a eu ce malheureux incident avec Madeleine Dalphond-Girard [la députée sortante, qui a contesté la candidature de Serge Ménard]. J'ai un très grand respect pour elle et je l'ai consultée parce que c'est une amie. Elle m'a encouragé à me présenter...

R.L.: Le Parti libéral m'a fait un plus bel accueil que le Bloc! En quelques mois, j'ai parlé plus souvent à Paul Martin qu'à Gilles Duceppe en trois ans. Je n'ai rien contre le Bloc, mais c'est un parti d'individualistes. Le Parti libéral, lui, forme une équipe, et cette équipe m'a accueilli à bras ouverts. Et pas seulement les députés du Québec. Les libéraux m'avaient apprécié au Comité des opérations gouvernementales lors de l'affaire Radwanski. Certains m'ont alors sollicité, car ils ont vu ce que je pouvais faire... Ce n'est pas pour rien que le caucus national a accepté à l'unanimité mon adhésion. Il y a même un ministre de l'Ouest qui m'a encouragé!

Qu'espérez-vous réaliser à Ottawa?

S.M.: Je ne pense pas à ce que je peux réaliser, mais à ce que je vais apprendre. En politique, on peut également agir en exposant avec clarté les enjeux québécois, comme je l'ai fait à Québec dans les ministères que j'ai dirigés. Sur la question des jeunes contrevenants, par exemple, je me souviens que, lors d'une conférence intergouvernementale, un fonctionnaire fédéral avait reconnu avec admiration que le taux de délinquance juvénile était deux fois moins élevé au Québec que dans le reste du Canada. Il m'avait trouvé convaincant dans ma défense du régime québécois...

R.L.: Pour ma région, je veux terminer l'autoroute 30, c'est le gros dossier! Il faut aussi parler de la santé. Avec l'ouverture dont Paul Martin fait preuve à l'égard des provinces, il est certain qu'on aura un nouveau plan et qu'on injectera de l'argent. Mais ça ne pourra pas être un puits sans fond: il faut arrêter de gaspiller et mettre l'argent au bon endroit, au bon moment. J'espère aussi qu'on se préoccupera d'assurer le développement économique dans le respect de l'environnement. En somme, je veux que notre Québec soit fort dans un caucus fort, avec des gens qui peuvent prendre le pouvoir et qui peuvent changer les choses...

Avez-vous des ambitions?

S.M.: Quand je connaîtrai davantage les dossiers, peut-être aurai-je l'ambition de devenir critique officiel pour certains ministères. Mais ce que je vise avant tout, c'est de faire avancer la souveraineté. Je suis souverainiste depuis 40 ans. J'ai été membre du Rassemblement pour l'indépendance nationale, mais j'ai ensuite opté pour le Mouvement souveraineté-association, parce que je ne déteste ni les Canadiens ni le Canada. Ce que je déteste, c'est la Constitution canadienne actuelle. Elle va finir par nous assimiler. Il suffit de voir ce qui s'est passé dans les autres provinces pour deviner ce qui nous arrivera quand nous ne représenterons plus que 15% de la population canadienne. Si on accède à la souveraineté, je suis convaincu qu'il y aura une association avec le reste du Canada...

R.L.: Quand j'ai fait campagne en novembre 2000, accéder à la souveraineté était une urgence. On parlait d'un référendum, on disait que ce serait peut-être la dernière tentative, et la bonne. Je me suis laissé tenter parce qu'on se croyait à un tournant de l'histoire. On sait ce qui s'est produit: il n'y a pas eu de référendum, les militants s'intéressent moins à l'indépendance et le Parti québécois a été défait. Alors mon ambition est maintenant de devenir ministre! C'est une autre façon d'augmenter mon pouvoir de changer les choses...



Les limites de l'unanimité

Alain Dubuc
La Presse vendredi 14 mai 2004

La semaine dernière, les trois partis politiques de l'Assemblée nationale ont adopté une motion unanime pour réclamer qu'Ottawa cède au Québec la TPS et les sept milliards qu'elle rapporte. Tout ça, bien sûr, pour résoudre la question du déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces.

Le problème est réel et sérieux. Mais veut-on vraiment le régler ou est-ce qu'on veut plutôt se servir du déséquilibre pour faire de la politique? Si on souhaite prendre les moyens pour que les provinces disposent des ressources dont elles ont besoin pour s'acquitter de leur mission, la motion unanime de l'Assemblée nationale, avec ses accents grandiloquents, risque plutôt de compliquer les choses. À moins que l'on croit que le gouvernement Charest aura plus de chances d'ébranler les convictions de Paul Martin en brandissant l'appui enthousiaste de Bernard Landry.

Cette inutile motion est en fait le résultat d'un de ces enfantillages parlementaires dont se délectent les politiciens et parfois les médias qui vivent en symbiose avec eux. Le ministre des Finances, Yves Séguin, toujours bavard, a eu le malheur de dire publiquement qu'il entendait demander à Ottawa le transfert de la TPS. Il n'en fallait pas plus pour que le PQ et l'ADQ, dès le lendemain, déposent une motion sur la chose et se chicanent même entre eux pour en réclamer la paternité. Forçant ainsi les libéraux, qui ne pouvaient pas renier leur ministre, à voter en faveur d'une motion de l'opposition. Et c'est ainsi que les gardiens de la démocratie occupent leur temps.

Un nouveau partage des ressources est nécessaire pour permettre aux provinces de faire face à l'explosion de leurs dépenses. Mais est-ce que le transfert de la TPS, comme le souhaite Yves Séguin, est la solution?

Il faut se souvenir que l'idée de transférer d'un coup ces sept milliards de revenus fédéraux pour financer à la fois le déséquilibre fiscal et les transferts au Québec est la grande conclusion de la commission que présidait Yves Séguin. Mais M. Séguin a changé de job. Il n'est plus le président d'une commission créée par le gouvernement Landry mais le ministre des Finances du gouvernement Charest.

Il est le premier à savoir que les calculs du montant exact du déséquilibre de sa commission peuvent être contestés. Il devrait aussi savoir que le parti dont il est maintenant membre privilégiait une autre formule, le transfert de points d'impôt. L'idée de la TPS, attrayante pour un président de commission, en raison de sa simplicité et de sa capacité de frapper l'imagination, l'est moins pour un ministre qui n'est pas là pour épater la galerie mais pour obtenir des résultats. Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs: en toute logique, il faut s'entendre d'abord sur l'existence de ce déséquilibre et sur son ampleur avant de penser aux modalités d'une éventuelle correction.

La première étape, c'est de comprendre, pour mieux la combattre, la résistance d'Ottawa et du premier ministre Paul Martin. D'où vient-elle? Une culture fédérale tendant à privilégier le rôle du gouvernement central, la difficulté de tout gouvernement à céder des ressources, la terreur qu'un déplacement des ressources permette à des provinces de baisser leurs impôts au lieu d'améliorer les services, comme le gouvernement Harris l'avait fait en Ontario, et aussi l'idée que les problèmes des provinces s'expliquent par leur mauvaise gestion.

La motion unanime était un très mauvais moyen d'engager ce débat. D'abord, parce que le Québec est en position fragile, car c'est la province la plus mal en point au plan fiscal: plus d'impôts, plus d'endettement, plus de dépenses. Ce sont des problèmes particuliers au Québec qui, par définition, ne peuvent pas s'expliquer par un déséquilibre qui frappe toutes les provinces de façon comparable. Une partie, substantielle, de la crise fiscale québécoise est purement québécoise.

Ensuite, parce que le transfert de la TPS, peut-être une solution pour le Québec, s'applique mal aux autres provinces: Yves Séguin, joyeusement appuyé par les deux partis d'opposition, s'est ainsi lancé dans un combat où le Québec ferait cavalier seul dans un dossier foncièrement pancanadien.

Il est encore temps de corriger le tir. Le Québec, ainsi que les autres provinces, disposeront d'un levier puissant face au gouvernement fédéral, et c'est la campagne électorale qui sera déclenchée dans quelques jours. Les provinces peuvent imposer ce débat en campagne et forcer les partis nationaux à définir leur position sur le partage fiscal. Les réponses du chef conservateur Stephen Harper, plus décentralisateur, pourraient entre autres peut-être forcer la main à Paul Martin.

Mais le succès ne peut reposer que sur un front commun solide des provinces. Et dans ce front commun, le Québec peut exercer un réel leadership. Mais pour jouer ce rôle, le Québec doit arrêter de se regarder le nombril.

adubuc@lapresse.ca



Les mégacadeaux de Québec

Pierre Fortin, professeur d'économie à l'Université du Québec à Montréal.
L'Actualité, n° Vol: 29 No: 9 - 1 juin 2004

Économie - L'ancien gouvernement du Québec s'était engagé à verser deux milliards de dollars à l'aluminerie Alcoa pour la création de 250 emplois. C'est trop cher payé!

Vous n'êtes qu'un quidam, mais le gouvernement du Québec vous aime tellement qu'il vous fait la proposition suivante: si vous vous engagez à investir un milliard de dollars au Québec, il vous accordera une subvention de deux milliards. Une proportion de deux pour un.

Cette proposition est évidemment impossible à refuser! De la subvention de deux milliards que vous empochez, vous placez le premier milliard au Québec, tel qu'entendu, et vous pouvez faire ce que vous voulez de l'autre. Une bonne maison de placement peut vous obtenir sans peine un rendement de 5% pour vos deux milliards. Cela vous procure un revenu annuel de 100 millions jusqu'à la fin des temps, à vous et à vos héritiers. Vous devrez payer des impôts, mais avec le reste vous serez capable de vivre, disons... convenablement.

Cette histoire a l'air farfelue et inventée, mais elle ne l'est pas du tout. C'est une histoire vraie. La "bien-aimée" qui encaisserait la subvention gouvernementale n'est pas un quidam, mais l'Aluminum Company of America (Alcoa), avec ses actionnaires. L'investissement d'un milliard au Québec, ce serait l'agrandissement présentement envisagé de l'usine d'aluminium d'Alcoa à Deschambault. Le revenu que procurerait ce placement à l'entreprise est le bénéfice annuel qu'elle espère tirer des activités de son usine agrandie. La subvention de deux milliards du gouvernement est la valeur totale des divers avantages financiers que le gouvernement Landry a accepté de consentir à Alcoa en mars 2003: un prêt sans intérêt sur 25 ans, un congé fiscal de 10 ans et une importante réduction du tarif à payer pour la quantité astronomique d'électricité dont Alcoa a besoin afin de produire des lingots d'aluminium.

Si l'ancien gouvernement aimait tant Alcoa, c'est qu'il espérait que l'agrandissement à Deschambault allait créer des emplois au Québec. Cet objectif est tout à fait légitime, mais de combien d'emplois s'agit-il? Alcoa a annoncé que son investissement d'un milliard créera 250 nouveaux emplois permanents dans Portneuf. C'est infime, car en moyenne, dans le secteur manufacturier canadien, chaque milliard de dollars d'investissement soutient 10 000 emplois permanents - 40 fois plus qu'à Deschambault. Alcoa elle-même n'y peut rien. La technologie de l'aluminium est ainsi faite qu'elle exige beaucoup d'équipement (et d'électricité!) et requiert très peu de personnel.

Le problème se trouve du côté gouvernemental. Au départ, une subvention totale de deux milliards pour un projet d'investissement d'un milliard, c'est déjà difficile à admettre. Mais consacrer ces deux milliards de fonds publics à la création de 250 emplois, alors qu'ils pourraient en soutenir 20 000 dans le reste du secteur manufacturier - 80 fois plus! -, cela dépasse vraiment l'entendement. Afin de compenser, Alcoa promet de créer 1 000 emplois en aval dans la transformation de l'aluminium au Québec. C'est bien, mais on est loin des 20 000 emplois. De toute façon, les autres investissements qui pourraient être faits au Québec avec les mêmes deux milliards auraient eux aussi des effets d'entraînement. La promesse de création d'emplois en aval lancée par Alcoa ne réussit donc pas à racheter la faiblesse intrinsèque de son projet.

Le Québec est aux prises avec une contradiction fondamentale. D'un côté, il doit économiser son électricité, parce que la capacité de production d'énergie d'Hydro-Québec est à la veille d'atteindre ses limites. Il doit en même temps faire le maximum avec le peu d'argent dont il dispose pour créer le plus d'emplois possible dans ses régions. De l'autre côté, le projet d'Alcoa est énergivore, créerait peu d'emplois et requerrait une mégasubvention de deux milliards. Suivant machinalement la politique des libéraux avant lui, le gouvernement Landry s'est engagé un peu vite à soutenir ce projet dans le brouhaha préélectoral de mars 2003. Face à cette contradiction, la seule solution raisonnable pour le gouvernement Charest est de négocier avec Alcoa une réduction substantielle de la subvention promise il y a un an.

Mais si Alcoa refuse de bouger, il vaudra mieux rejeter le projet en entier et utiliser les deux milliards pour créer beaucoup plus d'emplois ailleurs au Québec.



Réformes : Quand Raffarin copie le Québec

Christophe Labbé et Olivia Recasens
Le Point 13 mai 2004

La « Belle Province » est à la mode dans les ministères. Inventaire des idées empruntées à nos voisins.

Dans l'avion d'Air Canada qui le ramène du Québec, Christian Jacob, alors ministre délégué à la Famille, se frotte les mains. Cet ex-agriculteur, que Jacques Chirac apprécie pour son pragmatisme, rapporte dans ses bagages la bonne idée qui sera reprise par les médias lors du vote de la loi sur la réforme du divorce un an plus tard, en janvier 2004 : la « médiation familiale ». Désormais, les couples en instance de divorce seront d'abord aiguillés vers un médiateur judiciaire. Objectif : désengorger les tribunaux. Une procédure qui existe depuis 1997 au Québec.

En un an, onze ministres et secrétaires d'Etat ont pris tour à tour l'avion pour Montréal. Une mode lancée par Jean-Pierre Raffarin, qui, après s'être rendu là-bas en mai 2003, a fait du Québec la « boîte à idées » du gouvernement. Il faut dire qu'avec douze années consécutives de croissance, six excédents budgétaires d'affilée, un chômage qui plafonne à 7,5 % et un PIB par habitant qui le place au quatrième rang, juste derrière le Japon, le Québec fait rêver le Premier ministre. Au point d'avoir brigué en vain la présidence du groupe France-Québec alors qu'il était sénateur. Ou encore d'avoir fait baptiser « Québec » l'ancienne chapelle où siègent les élus du conseil régional de Poitou-Charentes, dont il a occupé le fauteuil de président pendant quatorze ans...

Une chose est sûre, la Belle Province a la cote chez les hommes politiques français. Philippe Séguin y enseigne les sciences politiques, à l'université de Montréal, Alain Juppé s'y rend en famille pour faire du traîneau à chiens, et Jacques Chirac a passé ses vacances en août dernier dans le village chic de North Halley. « Comparé à la France, qui peine à s'adapter aux contraintes de la mondialisation, le Québec intrigue, par son extraordinaire capacité à se réformer et à secouer ses institutions »,explique le sénateur Philippe Marini, président UMP du groupe d'amitié France-Québec. Ajoutez à cela que les Québécois ont réussi à préserver leur identité face à l'hyperpuissance américaine. « Notre relation avec le Québec est plus stratégique que jamais, confie un conseiller à Matignon. La France aussi est un îlot de francophonie dans un monde qui s'américanise. »

Pas étonnant, dès lors, que le chef de l'Etat ait mis les petits plats dans les grands pour recevoir, la semaine dernière, à Paris, son ami le Premier ministre de la province du Québec, Jean Charest. En quelques années, ceux que l'on considérait comme de « gentils cousins de province » sont devenus le modèle à suivre. Petit inventaire des idées importées du Québec.

L'e-gouvernance

Cette année, plus de 1 million de Français ont déclaré leurs impôts sur l'Internet. La télédéclaration est la mesure la plus spectaculaire de l'e-gouvernance. « L'idée est de rapprocher l'administration du citoyen grâce aux nouvelles technologies », explique Isabelle Gougenheim, qui travaille sur le dossier au ministère de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat. Ce qui suppose de dépoussiérer les formulaires administratifs pour les rendre accessibles sur l'Internet. C'est chose faite pour le Code général des impôts, qui s'est vu amputé de 250 articles. « Les Québécois ont quatre ans d'avance sur nous dans le domaine de l'administration électronique. Nous avons des contacts avec eux sur le sujet toutes les semaines. » Pour atteindre l'objectif de 100 % des formulaires administratifs sur le Net à la fin de l'année, des fonctionnaires des deux pays vont d'ailleurs faire l'aller et retour pour des missions de quinze jours.

Des crédits en fonction des résultats

C'est une minirévolution pour l'administration française. A partir de 2006, Bercy ne distribuera plus sa cagnotte par ministère, mais par programme. Il y en aura 149, avec pour chacun une obligation de résultat. Exemple : l'augmentation du nombre de bacheliers pour le programme Enseignement secondaire, ou encore la diminution du nombre de tués sur les routes pour la Sécurité routière. En fin d'année, le responsable de chaque programme viendra rendre des comptes devant les parlementaires. Avec le risque d'empocher moins d'argent l'année suivante, si l'objectif n'a pas été atteint. Les Québécois appellent cela la « gestion axée sur les résultats ». Le système existe chez eux depuis quatre ans déjà et il a fortement impressionné l'ancien ministre délégué au Budget Alain Lambert, qui a souhaité l'essayer en France.

La rémunération des fonctionnaires au mérite

Une idée rapportée du Québec en novembre 2002 par Francis Mer, alors ministre de l'Économie. Première étape : Bercy, où un millier de fonctionnaires vont bientôt goûter à la rémunération au mérite. 180 hauts gradés de l'administration centrale y jouent déjà les poissons pilotes. D'ici au 15 mai, on connaîtra la liste des autres ministères pressentis pour appliquer à leur tour le salaire au mérite...

Le service minimal

Il y a trois mois, Gilles de Robien, en tant que ministre des Transports, a constitué une dream team pour régler en douceur la question explosive du service minimal dans les trains, bus et métros. Parmi les neuf experts qui doivent remettre leur copie le 30 juin, on trouve une Québécoise, l'ex-présidente du Conseil des services essentiels. Avant de déclencher une grève dans des secteurs essentiels comme la fourniture d'eau potable, l'enlèvement des ordures ménagères ou les transports, les syndicats doivent négocier avec leur employeur un service minimal avalisé par le Conseil. Cette idée d'un gendarme indépendant pour garantir le service minimal dans les transports urbains a séduit Gilles de Robien. « Nous profitons de l'expérience du Québec, qui a vingt ans d'avance sur nous dans le domaine », confie-t-on dans l'entourage du ministre.

Le contrat d'intégration

C'est une idée de François Fillon quand il était ministre des Affaires sociales. Proposer aux 100 000 étrangers qui arrivent en France chaque année un contrat d'intégration. Avec à la clé des cours gratuits de français, jusqu'à 600 heures par an, une trentaine d'heures d'instruction civique ainsi qu'un coup de pouce pour trouver du travail. Un dispositif directement inspiré du Québec qui doit voir le jour en France à la fin de l'année.

Connaître l'identité de ses parents pour les personnes nées sous X

Désormais, l'administration aide les enfants abandonnés à la naissance à retrouver la trace de leurs géniteurs. En janvier 2002, la France s'est dotée du Conseil national pour l'accès aux origines personnelles (CNAOP). Un organisme qui ressemble à s'y méprendre au Conseil des retrouvailles créé au Québec il y a vingt ans. A la demande des « nés sous X », le CNAOP fouille dans les archives des mairies, des centres d'aide sociale à l'enfance et des oeuvres d'adoption privées, puis prend contact avec les parents biologiques. Mais cela ne fonctionne que dans un sens. Pas question, en effet, contrairement à ce qui se pratique au Québec, d'aider les mères qui voudraient retrouver leurs enfants, au motif que cela risquerait de déstabiliser les familles adoptives.

L'accréditation judiciaire

Les Québécois l'ont mise en place il y a sept ans pour prévenir les actes de maltraitance et les abus sexuels sur les enfants. Une innovation reprise par Christian Jacob lorsqu'il était ministre de la Famille. Tous ceux qui travaillent au contact des enfants, qu'ils soient animateurs de centres aérés ou de colonies de vacances, personnels de crèches ou de garderies, et même gardes à domicile, se voient désormais délivrer une habilitation judiciaire renouvelable tous les trois ans. Un document qui garantit qu'ils n'ont commis aucun crime ni délit grave.

Un Observatoire national des effets de la mondialisation

Le nouveau ministre de l'Écologie, Serge Lepeltier, n'en fait pas mystère : « L'expérience québécoise a très largement inspiré mon projet. » L'Observatoire national des effets de la mondialisation dont il a proposé l'idée à Jacques Chirac, quand il était encore sénateur, est le clone de l'Observatoire de la mondialisation inventé par Louise Beaudoin, l'ex-ministre des Relations internationales du Québec. « L'objectif de cette fondation, qui ouvrira ses portes d'ici à la fin de l'année, sera de regarder à la loupe le phénomène de la mondialisation afin de tenter d'en corriger les conséquences délétères, explique Serge Lepeltier, qui a demandé aux fonctionnaires de son ministère de travailler sur l'exemple québécois. Ils sont en pointe en matière d'écologie et de développement durable. Nous allons par exemple tirer parti de leur expérience pour développer en France des modes de transport alternatifs comme la voiture électrique. »

Une prime pour attirer les médecins dans les zones défavorisées

Le département de la Meuse compte 128 généralistes pour 100 000 habitants, soit trois fois moins qu'à Paris. Afin de remédier à la pénurie de médecins dans les campagnes et les quartiers défavorisés, Jean-François Mattei, l'ex-ministre de la Santé, était allé début mars, avec une brochette de parlementaires, étudier le dispositif en place au Québec. Là-bas, les blouses blanches qui acceptent de s'installer là où les autres ne veulent pas aller ont droit à une carotte financière. En fait, une majoration du tarif des consultations et des visites. En quittant son poste, Jean-François Mattei a laissé dans les cartons l'idée d'une aide annuelle de l'Etat de 10 000 euros pendant cinq ans, avec une exonération de la taxe professionnelle. Un projet en discussion à l'Assemblée nationale. Autre idée rapportée du Québec : les « maisons de médecine ». Pour rationaliser leurs hôpitaux, les Québécois ont procédé à des fermetures massives de lits, tout en développant ce qu'ils appellent la « médecine délocalisée ». Le principe est de regrouper dans un même lieu une équipe de choc constituée de médecins libéraux, d'infirmières, etc., pour garantir la permanence des soins dans un quartier difficile ou en zone rurale.



Le train à haute vitesse Montréal-New York jugé trop cher

Rudy Le Cours
La Presse vendredi 14 mai 2004

Pendant longtemps encore, la voie des airs restera le chemin le plus court entre Montréal et la Grande Pomme. Le vieux rêve d'un lien ferroviaire à haute vitesse (THV) jusqu'à New York ne se concrétisera pas de sitôt, tant exorbitant paraît son coût et considérables les obstacles environnementaux à surmonter.

L'étude de préfaisabilité commandée par Transport Québec (MTQ) et le New York State Department of Transportation (NYSDOT) conclut qu'il faudrait 4 milliards de dollars américains pour aménager le tronçon entre Rouses Point, au sud de la frontière, et Albany. À cette somme s'ajoutent les quelque 80 à 110 millions de dollars canadiens pour améliorer une des deux voies ferrées entre Montréal et la frontière new-yorkaise.

L'étude ne prend en outre pas compte les coûts liés à l'amélioration du tronçon entre Albany et New York, l'Empire Corridor, déjà exploitable par des THV.

" Le NYSDO et le MTQ ont donc convenu qu'ils ne viseraient pas la mise en service d'un THV à 240 km/h dans le corridor pour le moment et qu'ils étudieraient les améliorations graduelles à apporter aux tracés existants ainsi qu'aux passages aux frontières afin de réduire le temps de parcours ", peut-on lire en conclusion de la synthèse de l'étude rendue publique hier dans le cadre du Deuxième Sommet économique Québec-New York.

" J'y crois encore car il s'agit d'un projet exceptionnel ", a déclaré le premier ministre Jean Charest au cours de la conférence de presse à l'issue du Sommet qui réfute du coup le report aux calendes grecques du projet.

" Il faut avoir une vision à long terme ", a renchéri le gouverneur George E. Pataki, qui croit toujours qu'une telle avenue stimulerait le tourisme, réduirait le trafic sur les autoroutes 15 et 87 et soulagerait l'environnement d'une bonne dose de gaz carbonique.

Un THV aurait permis une liaison en moins de quatre heures entre les deux villes. Il faut en compter au moins sept et demie pour se rendre à Albany seulement à l'heure actuelle, dont au moins une pour s'acquitter des formalités douanières.

Voilà pourquoi Québec souhaite à court terme parvenir à convaincre les États-Unis par l'entremise d'Ottawa de concentrer les formalités de douanes à la Gare centrale comme cela se fait par exemple à Dorval.

Pour leur part, les New-Yorkais exercent des pressions sur Washington pour que le corridor I-87 soit considéré de haute priorité de manière à pouvoir profiter de subventions fédérales pour l'améliorer. Curieusement, le corridor Montréal-Boston, un lien ferroviaire mais non routier, a déjà ce statut.

Entre-temps, les deux gouvernements travaillent toujours à désengorger le poste frontière de Champlain-Lacolle par où transitent 70 % des échanges de marchandises entre le Québec et les États-Unis.

La procédure Fast-Exprès a commencé à être mise en place il y a près d'un mois, mais on ne pourra guère en goûter les mérites avant un an, quand seront accrédités non seulement camionneurs, mais aussi expéditeurs et acheteurs des marchandises qu'ils transportent.

" On nous traite comme des criminels, on est pire que du bétail ", s'est plaint Pierre Aubin, président d'Express du midi, une entreprise qui exploite un parc de 55 camions. Il a déploré l'arrogance de certains douaniers américains et prévenu les exportateurs parmi les 400 et quelque participants que de moins en moins de camionneurs étaient disposés à travailler nord-sud, tant ils se sentent maltraités.

Ce fut peut-être la seule note de discorde de ce sommet où ont progressé les travaux dans les secteurs du transport, de l'enseignement, de la science et de l'énergie.

Trois ententes ont été signées pour accroître les échanges: une entre l'Institut maritime du Québec, Innovation Maritime d'une part et le State University of New York (SUNY) Maritime College et le NeW York State Strategic Center for Port and Maritime Security favorisera les échanges technologiques et de recherche en matière de détection et de surveillance des conteneurs; une autre lie l'Université Laval au SUNY et porte à la fois sur des recherches dans des domaines tels les biotechnologies, la sécurité ou le bioterrorisme, et sur des échanges d'étudiants et de professeurs; une troisième sur le capital-risque et lie l'Upstate Venture Association of New York et l'Association de recherche industrielle du Québec, un lobby de quelque 300 entreprises, dans le but de favoriser les rencontres entre bailleurs de capitaux et jeunes pousses prometteuses dans les technologies industrielles, de l'information ou les biotechnologies.

Le deuxième sommet a satisfait Jean Charest et George E. Pataki au point où ils se sont engagés à se revoir pour un troisième dont la date n'a pas été précisée.

Entre-temps, ses plus grands promoteurs, la Fédération des chambres de commerce du Québec et le Plattsburgh North Country Chamber of Commerce, préparent déjà le sommet technologique prévu à la fin de septembre, à Plattsburgh, où il sera question d'énergie.

Comme le besoin de pérennité se fait sentir, ils se sont dotés d'un conseil des gouverneurs pour s'assurer que les préoccupations du secteur privé soit toujours prises en compte. Il sera coprésidé par Cynthia Carol, vice-présidente principale d'Alcan, et par Steve Kelso, directeur général de FedEx Trade Networks pour la frontière de l'est du Canada.



« LE FIASCO DES MOUS »

Pierre de Bellefeuille
Le Couac mai 2003

LE PARTI QUÉBÉCOIS a perdu les élections par sa faute. Plus exactement par la faute des souverainistes mous qui y sont aux commandes.

Depuis la fondation de ce parti, il a toujours été évident que la rupture avec le Canada, même suivie d'une association, d'un partenariat ou d'une confédération à l'européenne ou à toute autre sauce, serait difficile, compliquée, laborieuse et aussi, pour beaucoup de Québécois, douloureuse. Elle ne peut résulter que d'une déterminationtrès ferme.

Mais les mous ne se rendent pas à l'évidence. Ils font comme si la souveraineté pouvait tomber du ciel, sans qu'ils en fassent sérieusement la promotion, à tous les instants.

C'est ce que disait Jacques Parizeau. Pour sa part, René Lévesque était hésitant, mais il a eu le mérite historique d'identifier et de populariser l'enjeu essentiel de la politique québécoise.

Tous mous, les autres chefs du PQ, Pierre-Marc Johnson, Lucien Bouchard et Bernard Landry, ont laissé tomber le ballon. Le premier n'était rien de plus qu'un fédéraliste plus ou moins mécontent. Le deuxième comprenait fort bien la nécessité de la souveraineté, mais il s'en remettait à des invocations. Le cas du troisième est plus triste. Bernard Landry est un vrai souverainiste, mais il a laissé son entourage l'enfermer dans une stratégie archi-molle.

Au début de la campagne, Landry disait qu'il ne tiendrait un référendum sur la souveraineté que lorsqu'il aurait la certitude morale de le gagner. C'est discutable, mais c'est clair. En fin de campagne, il a remplacé la certitude morale par « la moindre chance ». Ce n'est pas du tout la même chose. Le sursaut de ferveur est venu trop tard.

La souveraineté cachée

Lorsque la stratégie prend le pas sur l'objectif, on prépare le désastre. C'est ce qui s'est produit durant le débat des chefs du 31 mars. Chacun disposait au départ d'une allocution de trois minutes. Dans celle de Landry, il n'y a pas eu un mot sur la souveraineté. Cette maladresse injustifiable a permis à Charest de prêter au chef péquiste un « agenda caché » (sic). Les mous, depuis des années, cherchent à justifier cette attitude fuyante en prétendant qu'elle rapporte des votes. Elle n'a rapporté des appuis qu'aux autres partis.

Songez-y un instant. Si les souverainistes ne font pas clairement et constamment la promotion de la souveraineté, celle-ci recule fatalement dans l'opinion. « En parler avant, pendant et après les élections », disait Parizeau. On ne l'a pas entendu. On a préféré lui faire un mauvais procès pour un mouvement d'humeur à propos du vote ethnique au référendum de 1995.

Rien d'autre que la « political correctness », ce conformisme maladif qui fait partie de notre américanisation, n'interdit de s'interroger sur le vote de tel ou tel groupe dans la société. Les maisons de sondage le font continuellement, et elles isolent le vote francophone.

Ainsi, Charest a fait de la basse politicaillerie en prétendant que Parizeau en avait remis en s'adressant à un auditoire d'étudiants. C'était faux. L'ancien premier ministre avait expliqué, en réponse à une question, ce qui s'était passé le soir du 30 octobre 1995, et avait ajouté que grâce à la loi 101, l'opinion des jeunes « ethniques » avait évolué.

Les petits bourgeois

Les mous de la souveraineté ne sont par ailleurs que très mollement sociaux-démocrates. Certains, tels Joseph Facal, François Legault et André Boisclair, sont petits bourgeois plutôt que sociaux-démocrates, puisqu'ils choisissent de s'apitoyer sur la classe moyenne et non pas sur les plus démunis. La classe moyenne est la classe la plus heureuse, étant donné que l'argent, pas plus que la misère, ne fait pas le bonheur.

Le débat des chefs a fait l'impasse sur la pauvreté. Motus sur l'environnement. Bouche cousue sur la culture. Silence sur la langue. Mention rapide des défusions, mais pas un mot contre cette bêtise du siècle que la chroniqueuse Chantal Hébert a définie ainsi « défaire une omelette et remettre les œufs dans leurs coquilles ». Beaucoup de clichés sur la santé. D'accord, c'est important et il faut s'en occuper, mais la population du Québec n'est quand même pas atteinte d'hypocondrie collective.

Prisonnier d'une préparation mal orientée, Landry était loin du sommet de sa forme. Il aurait dû mettre ses notes de côté et réagir spontanément.

La veulerie

Que dire des médias ? La palme de la veulerie revient assurément à l'éditorialiste de La Presse, André Pratte qui, dans deux des cinq colonnes de la page éditoriale du 12 avril, présente un bilan mi-chair mi-poisson qu'il conclut en appuyant le parti libéral. Chacun sait que ses patrons ne lui auraient pas permis de conclure autrement. Cela étant, un minimum de dignité et de respect de soi-même l'aurait poussé à dire à ses patrons signez-le vous-mêmes, cet éditorial.

Pratte, imperturbablement, rêve en couleurs. Il pense qu'un gouvernement libéral pourra « donner au Québec un rôle de leader dans la modernisation de la fédération canadienne ». Qu'il aille donc vendre cette salade à Toronto ou à Calgary, pour voir !

René Lévesque nous a quittés. Jacques Parizeau est knock-out. Rien n'indique que les mous vont lâcher prise. Tous les aspirants à la direction du parti québécois, déclarés ou visibles, sont plus ou moins mous. Aucun d'entre eux n'a jugé bon de faire systématiquement la promotion de la souveraineté. Les Québécois qui vont un jour se donner leur propre pays sont sans doute nés, mais ils n'en sont encore, vraisemblablement, qu'à l'enfance.



Our new war of images

Josee Legault
The Gazette Friday, May 14, 2004

The situation in Iraq has mutated into full-blown psychological warfare with the media as the weapon of choice. Pictures of tortured Iraqi prisoners have been joined by the unbearable broadcast of the minutes leading up to the barbaric beheading of Nick Berg in retaliation.

The pictures from Abu Ghraib prison have had a profound impact on Arab, American and Western public opinion. They've made many Westerners more resolved to demand the U.S. leave the quagmire it created by invading Iraq without the support of a strong international force, thus feeding the anti-American sentiment in that part of the world.

The images of Berg's beheading, including the sensationalistic broadcast of the awful sound of his screams by some of our own networks, such as TVA, have made the hawks more determined to root out what they see as those savages who cut people's throats or blow themselves up in suicide attacks.

Real people are dying in Iraq, but this is also a war of images. In the age of digital and Internet technology, it took but a few weeks to turn the invasion of Iraq into a psychological war based on the broadcast of horrific images. It took years in the case of Vietnam.

And like Vietnam, the impact of today's images will matter greatly. They will determine the fate of George W. Bush in the election, the fate of the Iraqi people and perhaps even of terrorism in the Mideast.

Since this is also an age where senseless violence permeates the Western world's visual environment, the acts and the pictures that depict them will become more powerful and gruesome than ever. Even images of the traditional burning of the American flag have been replaced by the burning of American civilians in effigy.

At the same time, we see pictures of Iraqi prisoners stripped, tortured, humiliated and sexually exploited by grinning and sadistic American soldiers, including a woman. Even more horrifying pictures, including of corpses, have been shown to U.S. senators.

In all this, it's impossible to escape the subtext of racism in the dehumanization of Arabs. Forcing people to strip in front of each other is a known way to destroy the prisoners' dignity.

On the other side of this war of images, Iraqis who resist Americans out of patriotism are being lumped in with foreign terrorist organizations such as Al-Qa'ida.

Al-Qa'ida is outdoing the Americans in the war of images. It carefully chooses civilians to be decapitated, hoping to mobilize Arabs and shock Americans into either withdrawal or a final showdown.

As for Bush, this amalgamation of Iraqi resistance and Muslim terrorism helps him brand his bungled invasion as a war on terrorism, the new, post-Communist evil. Bush now even tries to use the broadcast of the images from Abu Ghraib prison as proof of his country's superior democratic fibre. No dictator would show any of this, he says.

Anyway, war is hell, right? The problem with this cliche is when the army that tortures prisoners belongs to a superpower that claims moral superiority over what it calls the incarnation of evil. "War is ugly" no longer suffices to excuse what American soldiers did.

Posing as morally superior to the "enemies of freedom" demanded these acts never be perpetrated in the first place. The report from the Red Cross inspectors who visited Abu Ghraib last year and informed Washington in mid-January should have prompted immediate action.

But now we learn why nothing was done until those pictures were broadcast. The acts by soldiers are now reported as part of a concerted psychological strategy by U.S. intelligence to scare other Iraqi prisoners into submission.

As the debate in the U.S. turns to whether to release more pictures of atrocities, the war of images is sure to escalate. With the knowledge that what happened in those prisons was no freak accident, it's now up to Americans to demand a political solution from Bush, or throw him out.

The horror is, in the meantime, there will be more images of torture and even murder by American soldiers while we're bound to see more American civilians executed in Middle-Age fashion.

But war is hell, right?


TRIBUNE LIBRE





TRIBUNE LIBRE

FAIRE CONFIANCE À PAUL MARTIN

Patrice Boileau
Directeur des communications au Conseil exécutif péquiste de la circonscription de Chambly
TRIBUNE LIBRE 14 mai 2004

C’est ce qu’a déclaré le premier ministre du Québec Jean Charest, le mardi 11 mai dernier. À la veille du déclenchement de l’élection fédérale, le député de Sherbrooke demande donc aux Québécois d’appuyer Paul Martin et le Parti libéral du Canada.

Quelle inconscience cette déclaration! Quelques jours auparavant, le premier ministre du Canada affirmait, en présence de Jean Charest, qu’il ne reconnaissait pas l’existence d’un déséquilibre fiscal qui fait tant baver le ministre des Finances du Québec Yves Séguin. En épaulant Paul Martin, le premier ministre du Québec désavoue le précieux rapport de son député d’Outremont. On se demande combien de temps encore le ministre des Finances va demeurer au Parti libéral. Donner carte blanche à Paul Martin pour solutionner cette impasse représente un tour de force que seul le premier ministre du Québec semble capable d’accomplir actuellement au Québec.

L’invitation de monsieur Charest lancée à l’électorat québécois achèvera le peu de crédibilité qui lui reste. Peut-être est-ce le prix à payer pour espérer un retour sur la scène fédérale : son appui au Parti libéral du Canada exacerbera la grogne québécoise envers Ottawa et tout ce qui en émane. Jean Charest affaiblit donc les chances de Paul Martin de remporter plusieurs sièges au Québec et du même souffle, une majorité aux Communes. La collaboration qu’il offre à Paul Martin lui permet judicieusement de montrer aux poids lourds à Ottawa qu’il « est prêt » à retourner là-bas, advenant un résultat électoral décevant. Les difficultés du Québec ne sont donc pas prioritaires pour Jean Charest. Il agirait exactement comme Paul Martin dans le dossier du déséquilibre fiscal en envahissant les champs de compétence provinciale et en saupoudrant, à l’occasion, quelques subsides pour calmer Québec.

Faire confiance à Paul Martin constitue un acte de Foi fédéraliste. Le système fédéral est une religion : on doit y croire afin de rendre l’intenable endurable. Un compromis finira bien par survenir un jour, car il y aura miracle. Malgré les millions d’Ottawa pour écraser l’idée de la liberté au Québec et endoctriner les Québécois, Jean Charest reste coi et protège son avenir dans cette fédération. Rêvant toujours à Ottawa, le premier ministre a abandonné les Québécois lorsqu’il a délaissé son poste de premier défenseur des intérêts du Québec, en supportant Paul Martin et en invitant les gens à faire de même. Le Québec n’a plus de pilote : il souffre d’une direction acéphale. Qu’advient-il du mandat?



COMMUNIQUÉS




COMMUNIQUÉS

LES DÉCLARATIONS DE ROBERT LIBMAN RELÈVENT DE L’HOSTILITÉ MALADIVE A L’ENDROIT DE SES CONCITOYENS FRANCOPHONES

Parti Québécois de Montréal-Centre
14 mai 2004

Montréal, le vendredi 14 mai 2004 – Le président du Parti Québécois de Montréal-Centre, Christian Gagnon, condamne la mentalité d’assiégé du maire de l’arrondissement Côte-Saint- Luc-Hampstead-Montréal-Ouest, Robert Libman, dont les récentes déclarations telles que rapportées par le West Island Chronicle, et plus particulièrement sa façon de se réjouir de chaque recul du français à l’Hôtel-de-ville, relèvent carrément de l’hostilité à l’endroit de ses concitoyens francophones.

«Le regroupement des municipalités de l’île a été motivé par un souci d’équité fiscale. Toutes les anciennes villes qui détenaient un statut bilingue l’on conservé. Au moment du débat sur la loi 170, plusieurs municipalités anglophones de l'ouest se sont regroupées pour s'adresser aux tribunaux en alléguant la violation de leurs droits linguistiques. Elles ont été déboutées par tous les tribunaux. La Cour suprême, pourtant très sensible aux droits des minorités, n'a même pas voulu entendre leur cause, jugée sans substance. Les affirmations paranoïaques de M. Libman voulant que la création de la nouvelle ville ait eu pour objectif de «balayer» ce qu’il appelle «le dernier bastion de pouvoir non-francophone» sont tout à fait injurieuses», estime Christian Gagnon.

«Ce qui est particulièrement agaçant dans les calculs linguistiques de l’ancien chef du Parti Égalité, c’est cette prétention à l’effet que les anciennes banlieues de l’ouest viendraient tout juste d’inventer la présence d’élus non-francophones à l’Hôtel-de-ville de Montréal, comme s’il n’y avait jamais eu d’administration Doré-Fainstat ou Bourque-Eloyan», déplore Christian Gagnon.

Une telle attitude de méfiance maladive à l’endroit des francophones n’est pas surprenante de la part de M. Libman. En février 1990, prononçant devant des étudiants à l’Université McGill, une conférence contre la notion de société distincte québécoise contenue dans l’Accord du Lac Meech, M. Libman lançait, «Serait-il exagéré d’imaginer […] qu’un gouvernement ultranationaliste adopte une loi affirmant que l’interdiction de se faire avorter constitue une limite raisonnable à la liberté individuelle ?» Une telle mesure pourrait être imposée, selon Libman, «de façon à perpétuer la race [sic] en nombre suffisant, aux yeux des nationalistes, pour préserver et promouvoir l’identité distincte du Québec». Le chef du Parti Égalité ajouta également craindre qu’on se serve de la clause de société distincte pour limiter le nombre de livres anglais dans les librairies.


COMMUNIQUÉS

Le recul de l’école française au Québec

Forum francophone international – Québec
14 mai 2004

Forum francophone international – Québec ( FFI-Québec ) - À toutes les personnes qui s’intéressent à l’avenir du français au Québec

Conférencier invité
Jean Dorion, sociologue
et président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

Le titre de la conférence :
Le recul de l’école française au Québec


le samedi 29 mai 2004, 13h30,
au Collège Stanislas situé au 780, boul. Dollard
(coin Van Horne, métro Outremont)
entrée libre

L’assemblée générale annuelle du FFI-Québec
suivra la conférence,
vers 15 heures.