Actualité

Le gendre du prophète
Lysiane Gagnon
La Presse mardi 18 mai 2004
C'est à un petit jeu dangereux que se livre Jean Charest en sommant les partis fédéraux de se prononcer sur le déséquilibre fiscal. Il fait le bonheur de ses adversaires et nuit à ses alliés naturels, tout en semant un certain mécontentement parmi ses propres troupes du PLQ.
En effet, seuls le Parti conservateur, et évidemment le Bloc, ont reconnu l'existence de ce déséquilibre, alors que le PLC s'y refuse. M. Martin l'a encore répété la semaine dernière et n'est pas revenu sur sa position, hier, lors d'une allocution qui portait précisément sur la politique de son parti face au Québec.
Comme le PC de Harper est très faible au Québec, c'est tout naturellement le Bloc qui tirera les marrons du feu de cette sortie qui rompt avec la tradition d'entraide électorale des libéraux. Ces derniers seront divisés, alors que le Bloc bénéficiera, comme toujours, de l'appui moral et logistique du PQ.
Il faut dire que M. Charest a été en quelque sorte poussé dans la voie de la confrontation par son ministre des Finances.
Une fois de plus, Yves Séguin, ce grand bavard qui agit comme s'il ne faisait pas partie d'un gouvernement, a mis le premier ministre dans l'embarras en réclamant le transfert de la TPS au Québec. Et cela, au moment où M. Charest était en visite officielle à Paris, et au mépris du fait que la politique officielle du PLQ est de réclamer non pas la TPS mais le transfert de points d'impôt!
Le PQ a eu tôt fait de sauter sur l'aubaine et de faire voter une motion enfermant le gouvernement Charest dans une position qui n'avait pas été entérinée par le Conseil des ministres. À partir de là, M. Charest ne pouvait plus reculer sinon sur les moyens. Qu'importe qu'il s'agisse de la TPS, de points d'impôt ou d'une autre formule à discuter, il lui fallait durcir le ton sous peine de se faire accuser de ne pas " défendre les intérêts du Québec ".
M. Charest, qui croit en la concertation des provinces, se promet d'amener ses homologues à exercer les mêmes pressions sur le PLC durant la campagne électorale. Cette stratégie serait certainement la plus efficace, mais l'affaire est mal partie puisque M. Charest s'en est allé au front tout seul, sans prendre le temps d'aller chercher l'accord d'autres provinces.
Cette prise de position lui servira-t-elle au moins à améliorer son image au Québec? Ce n'est même pas sûr. L'opinion publique lui est si hostile que tout ce qu'il fait se retourne contre lui.
Le gouvernement ne baisse pas les impôts? Il trahit ses engagements électoraux! Il les aurait augmentés qu'on l'aurait accusé de privilégier les riches. Le gouvernement veut réduire la taille de l'État? Il dilapide le patrimoine sacré du Québec! Il ne l'aurait pas fait qu'on l'aurait accusé de trahir ses engagements électoraux.
Il ne manquait plus que le bizarre discours en forme de croc-en-jambe intellectuel du président du PLQ, Marc-André Blanchard.
À l'ouverture du conseil général du parti, ce dernier est venu au secours de son chef - accréditant du coup l'idée qu'il avait besoin d'aide, ce qui n'était pas politiquement génial - avec des arguments d'autorité qui respiraient la condescendance.
Tel l'imam Ali, fondateur du culte chiite et gendre de Mahomet, Me Blanchard se drape de l'auguste titre de " gendre de Claude Ryan " pour décréter que M. Charest est fidèle aux préceptes du prophète Ryan - un intellectuel de valeur mais un très mauvais politicien, que son décès a propulsé au panthéon des saints politiques de ce Québec décidément encore bien religieux.
M. Blanchard note leur " descendance " (sic) irlandaise commune, leur attachement aux " valeurs libérales " (comme si M. Charest devait se défendre d'être un autocrate!), etc. M. Blanchard va jusqu'à parler de leur goût commun pour les " débats d'idées ", alors que, contrairement à un Ryan incapable de transposer ses idées dans l'action, M. Charest est un politicien pragmatique, peu porté aux dissertations abstraites.
En fait, quoi qu'en dise l'imam Blanchard, gendre du prophète, MM. Ryan et Charest sont fort différents - heureusement pour le PLQ, lorsque l'on pense à tous les échecs dont a été jalonnée la carrière politique de M. Ryan.
Ce dernier s'est distingué lors de sa victoire comme chef libéral, en 1977, par une mesquinerie sans précédent envers son adversaire Raymond Garneau; il a mené la pire campagne référendaire imaginable en 1980; il a perdu les élections de 1981 pour ensuite démissionner avant d'être mis à la porte de son parti; enfin, comme ministre dans le gouvernement Bourassa, M. Ryan n'a laissé aucun héritage substantiel au sein des ministères où il est passé.
Comme " role model " politique, on peut trouver mieux!

Un peu down, le PM?
Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste (Trois-Rivières) mardi 18 mai 2004
La griffe à Beaudoin - Il est un peu plus grassouillet, un peu plus grisonnant, un peu plus familier, mais moins passionné, du moins en apparence, qu'il ne l'était il y a en an, en fin de campagne électorale. Lassitude du pouvoir, déjà?
Il faut dire que Jean Charest, le premier ministre du Québec, trouve peu de raisons de réjouissance depuis quelques mois. Les sondages l'ont plongé, lui et son gouvernement, dans des bas-fonds gênants. Même s'il a entrepris une trêve pour reprendre contact avec la population, le courant n'est pas revenu.
On le voit avec les forums régionaux auxquels il a convoqué la population pour "briller parmi les meilleurs". Ils sont boycottés par un peu tout le monde. Les participations sont faibles et la portée des conclusions d'ores et déjà hypothéquée.
Les chats
Le forum "Place aux citoyens" du Centre-du-Québec, qui avait lieu en fin de semaine à Victoriaville, n'a pas réuni cent cinquante personnes. Le président de la CRÉ, le maire Maurice Richard, a eu beau se féliciter qu'on ait réuni du "vrai monde", on n'a pas l'impression que l'affaire ait fait sauter la baraque. L'émotion n'est pas au rendez-vous. Il y avait plus de monde intéressé à sauver les chats de l'île Saint-Quentin que de gens qui cherchaient à "briller parmi les meilleurs".
Il y avait autant sinon plus de manifestants à l'extérieur du Delta venus crier des bêtises au chef du gouvernement en l'accusant d'antisyndicalisme, d'adversaire des travailleurs, de destructeur de la société québécoise que de vrais militants libéraux dans les ateliers et les plénières.
Encore que ces derniers avaient aussi décidé que ce Conseil général de Trois-Rivières était la belle occasion de rappeler avec fermeté au chef son engagement de réduire les impôts avec lequel le parti trouve qu'il a pris quelque liberté. Déjà que la veille, pour lui remonter le moral, on l'avait largement comparé à Claude Ryan dont on avait fait un éloge posthume. Se faire comparer à Claude Ryan, sur le plan intellectuel, ça peut être flatteur. Mais sur le plan du rendement politique... Dans l'état actuel des choses, c'était plutôt tourner le fer dans la plaie et lui rappeler qu'avec lui, le PLQ a réussi le rare exploit en un an de pouvoir de devenir moins populaire qu'il ne l'était sous Ryan.
Ressort cassé
C'était peut-être pour tout cela et c'était peut-être simplement parce qu'accorder une entrevue dans une suite d'hôtel, à 15 h de l'après-midi, un samedi, ça ne doit pas être plus trippant qu'il ne faut.
C'est un peu l'impression qu'a laissé l'homme à notre équipe, à l'issue de la rencontre. Jean Charest est gentil, il se fait le plus agréable possible, il salue même les gens par leur prénom, mais on croirait qu'il y a un ressort de cassé chez lui. Jamais, au cours de la rencontre d'une heure, on n'a vu poindre un véritable moment d'intensité ou de passion.
C'est peut-être aussi parce qu'il n'avait pas vraiment de choses à annoncer pour la région.
Le projet d'agrandissement d'Alcoa, à Deschambault, est sur les tablettes. Le projet d'une faculté de médecine à l'UQTR est dans les cartons. Le projet d'un Centre de foires à la Cité de l'Émerillon est à l'étude. Le CIPP est réalisé (alors que tout reste à faire). Les finissants en médecine promis pour la région ne sont pas venus. Les nouveaux empois qu'il coyrait que l'économie régionale avait créé, étaient en réalité des pertes... Sans compter que le projet d'une faculté de médecine est en concurrence avec celui de l'université de Sherbrooke, que le Centre de foires est aussi en concurrence avec un projet semblable à Sherbrooke...Il est député de Sherbrooke. On comprend que lorsqu'on lui a demandé ce qu'il ferait s'il était le "boss" de la Mauricie, il n'a pas vraiment eu le goût d'occuper le siège du chauffeur.
Bref, le PM devait plutôt avoir hâte qu'on en finisse avec une entrevue où il était condamné d'avance à ne pas pouvoir "briller parmi les meilleurs."

Les réserves de Paul Martin
Bernard Descôteaux
Le Devoir mardi 18 mai 2004
ÉDITORIAL - Paul Martin a toujours fait montre de bonnes dispositions envers le Québec. Aux côtés de Jean Chrétien, il apparaissait comme le «bon gars» qui, une fois devenu premier ministre, allait transformer les choses. Sur le plan des attitudes, cela s'est avéré jusqu'ici. En revanche, sur le plan philosophique, on cherche toujours ce qui différencie les deux hommes.
De Paul Martin, on a souvent dit ces dernières années qu'il serait aussi ouvert aux aspirations des Québécois qu'avait pu l'être Brian Mulroney à son époque. Mais, que l'on sache, jamais il n'a clairement exposé en quoi résulterait cette ouverture. Jamais il n'a pris d'engagements, comme l'ancien premier ministre conservateur l'avait fait en promettant de réintégrer le Québec dans l'honneur et l'enthousiasme au sein de la fédération canadienne. À croire qu'il n'a pas à ce sujet de vision précise, sinon que de vouloir faire les choses à sa manière.
Devant la Chambre de commerce de Laval, le premier ministre a bien expliqué hier en quoi consistait cette manière Martin, laquelle se résume à éviter la confrontation avec les provinces et à tenter de transformer les relations entre les gouvernements du pays. S'il y a dans ce propos de quoi se réjouir, il y a aussi de quoi se méfier.
Que le gouvernement fédéral veuille adoucir ses rapports avec les provinces est souhaitable. Un minimum de respect envers les compétences provinciales s'impose. On évitera bien des débats inutiles en reconnaissant aux provinces une capacité à intervenir sur le plan international dans leurs champs de compétences, comme M. Martin l'a évoqué hier. Non seulement celles-ci ont des choses à dire, mais surtout elles peuvent le dire parfois mieux que le gouvernement fédéral. Cela est vrai sur un sujet comme la diversité culturelle sur lequel le Québec pourrait intervenir à l'Unesco à l'avenir.
Par rapport au gouvernement Chrétien, on peut constater chez M. Martin un changement de ton et d'attitude qui a toutefois ses limites. Il y a des choses qui ne changeront pas. Même si le nouveau premier ministre veut faire des provinces ses partenaires, elles demeurent à ses yeux, comme ce l'était pour Jean Chrétien, un niveau de gouvernement inférieur.
Pas question pour cette raison d'admettre l'existence d'un déséquilibre fiscal, comme le lui demandait de nouveau dimanche le premier ministre Jean Charest. Silence total de M. Martin à ce sujet, car repartager équitablement la fiscalité entre les deux ordres de gouvernement donnerait aux provinces le moyen d'assumer pleinement leurs compétences. Ce à quoi n'a aucun intérêt le premier ministre qui en cela est fidèle à la philosophie du Parti libéral. Il est prêt à donner un peu plus d'argent aux provinces en santé et en éducation, mais à ses conditions. L'important est de pouvoir conserver sa capacité d'influencer la façon dont elles exercent leurs responsabilités.
Dans le discours prononcé hier à Laval par M. Martin, on ne trouve pas de rupture marquée avec le gouvernement précédent. Il se contente de petits coups de barre qui ne seront pas suffisants pour surmonter la méfiance des Québécois envers le Parti libéral qui s'est accentuée avec le scandale des commandites.
À son auditoire, le premier ministre rappelait hier être venu vivre au Québec il y a 38 ans, «touché, ému, et emballé par une société qui avait décidé de se prendre en main». Il devrait savoir que nombre de Québécois ont toujours cette même volonté et qu'ils se voient comme une société distincte. Ils seraient davantage prêts à lui faire confiance s'ils sentaient chez lui une véritable ouverture à leurs aspirations. Pour l'instant, celle-ci apparaît bien réservée.

Martin: «J'ai besoin du Québec»
Manon Cornellier
Le Devoir mardi 18 mai 2004
Un troisième passage au Québec en quatre jours illustre l'importance stratégique du vote québécois
Ce n'est pas une offre au Québec mais un appel aux Québécois que le premier ministre Paul Martin est venu lancer hier à Laval, à quelques jours du déclenchement des élections. Le chef libéral, qui avoue avoir «besoin» de leur soutien pour gouverner, a aussi demandé la collaboration du gouvernement du Québec pour la réalisation de ses priorités.
«Pour réaliser tout ce que je veux faire comme premier ministre, j'ai besoin du Québec. [...] Le Québec, c'est chez moi. C'est pour cela que j'ai besoin, plus que jamais, du Québec, des Québécois, pour m'accompagner dans cette démarche emballante de construire le Canada de demain», a-t-il déclaré hier aux quelque 500 convives de la Chambre de commerce de Laval.
Même s'il n'a jamais nommé le Bloc québécois et la menace sérieuse qu'il posait aux libéraux à la veille de la campagne, il avait ce parti dans sa mire. «Le Canada a besoin de ce Québec confiant en sa destinée unique sur le continent nord-américain. Ce Québec qui permet au Canada de se distinguer encore davantage sur la scène internationale et d'accroître sa sphère d'influence. C'est pour cela qu'au Parlement canadien on doit faire attention de ne pas s'isoler dans une opposition éternelle qui donne le pouvoir aux autres et prive le Québec de sa force politique réelle au sein de notre pays», a-t-il dit, après avoir évoqué sa fierté d'être Québécois et de vivre dans la «province la plus progressiste au niveau social».
Au Québec dans son ensemble, Paul Martin promet une nouvelle façon de faire, plus respectueuse de ses aspirations. Il s'est ainsi engagé à ce que le Québec ne soit pas seulement présent aux côtés du Canada à l'Unesco, mais qu'il puisse aussi y «prendre la parole» sur des dossiers comme la diversité culturelle.
«Le Québec, c'est le foyer principal de la langue et de la culture françaises en Amérique du Nord. C'est un des piliers du fait français dans le monde. Il doit pouvoir s'exprimer sur les grands sujets qui le touchent de près. La porte doit lui être toute grande ouverte, sans équivoque et, je vous le promets, elle le sera», a-t-il dit. Il veut d'ailleurs que les provinces soient présentes lorsque des questions internationales touchent leurs domaines de compétence.
Mais le premier ministre n'entend pas aborder l'absence de signature du Québec au bas de la Constitution. Il n'a soufflé mot de la reconnaissance constitutionnelle de la société distincte québécoise ni du droit de retrait avec pleine compensation financière que revendique le Québec.
«Je ne suis pas ici pour vous parler de changement constitutionnel. Je suis ici pour vous parler d'un changement d'attitude. Oui, il y a des juridictions fédérales. Oui, il y a des juridictions provinciales et des responsabilités municipales, et il faut les respecter. Mais ce sera impossible d'atteindre les objectifs de nos priorités respectives si on ne travaille pas ensemble, en partenariat, la main dans la main», a-t-il poursuivi. En fait, le partenariat entre Ottawa et les provinces est une «condition sine qua non» à la réalisation de ses priorités, a-t-il dit. «Être à l'écoute des provinces, c'est essentiel si on veut bien gouverner», a-t-il ajouté.
C'est pour cette raison qu'il dit être ouvert aux demandes du Québec pour des paiements de péréquation plus prévisibles et pour une résolution du dossier des congés parentaux. «Je vous le dis et je vous le promets, on va régler la question», a-t-il insisté.
M. Martin n'a toutefois pas répondu, dans son discours, à l'appel du premier ministre québécois Jean Charest sur le déséquilibre fiscal. À la clôture du conseil général de son parti, dimanche, M. Charest a invité les chefs fédéraux à dire comment ils entendaient le corriger.
Ce n'est que plus tard, en réponse à quelques journalistes qui l'attendaient à son arrivée à Mirabel pour une table ronde avec des représentants locaux, que M. Martin a répété qu'il voulait rehausser les transferts fédéraux pour la santé et l'éducation. «La question, c'est les transferts pour la santé, les transferts pour l'éducation. [...] Certainement, il faut que le gouvernement canadien augmente ses sommes pour la santé et l'éducation. Ça, c'est sûr et je me suis déjà engagé à le faire et je vais le faire.»
Lors de son discours, M. Martin a réitéré qu'il s'engageait officiellement à adopter, lors de la conférence des premiers ministres cet été, «un nouveau mécanisme de transfert afin de fournir aux provinces un financement accru et prévisible pour la santé». Il a aussi répété qu'il voulait, d'ici à la fin de l'année, conclure une entente avec les provinces pour permettre le transfert d'une partie de la taxe fédérale sur l'essence aux municipalités.
Ce troisième passage de Paul Martin au Québec en quatre jours illustre l'importance stratégique du vote québécois lors des élections qui devraient être déclenchées fort probablement dimanche. Les sondages pancanadiens montrent les libéraux suffisamment en avance pour croire à un gouvernement majoritaire, mais la situation au Québec accentue l'incertitude. Non seulement le Bloc est-il en avance, mais il domine largement chez les francophones. Si cette tendance se maintient, Paul Martin pourrait perdre des sièges et faire moins bien que Jean Chrétien en 2000. Ce dernier avait récolté plus de votes que le Bloc, mais avait obtenu deux sièges de moins.
M. Martin a insisté sur la nécessité pour les Québécois d'avoir des députés au sein de l'équipe gouvernementale pour participer à l'élaboration des politiques et à la prise de décision. «Ce dont nous avons besoin, c'est des Québécois pour éclairer par leur perspective tout à fait particulière, en tant que représentants de la francophonie d'Amérique, nos grands débats sur les enjeux de l'heure», a-t-il dit.
Le discours d'hier était attendu, car, au dire de l'entourage de M. Martin, il devait porter sur sa vision de la place du Québec dans la fédération, un sujet qu'il s'est toujours abstenu d'aborder quand il était ministre des Finances et même durant la course au leadership.
Le chef bloquiste Gilles Duceppe a jugé qu'on était loin du compte. À M. Martin qui disait avoir besoin de l'appui des Québécois, il a sèchement répliqué que «le Québec n'a pas besoin de Paul Martin». «Il a eu dix ans pour répondre aux demandes du Québec, et il ne l'a pas fait», a dit le chef bloquiste qui commençait sa tournée officielle hier. Selon lui, la réponse de Paul Martin au premier ministre Charest sur la question du déséquilibre fiscal n'est pas différente de celle offerte par Jean Chrétien à Bernard Landry, et ce, malgré le consensus de l'Assemblée nationale, des provinces et des partis d'opposition fédéraux.
Présent à Laval, le sénateur conservateur Pierre-Claude Nolin a parlé d'un plaidoyer «à genoux» à saveur strictement électoraliste. Il a déploré l'absence de réponse à M. Charest sur le déséquilibre fiscal et de référence directe au caractère distinct du Québec. «J'aurais aimé qu'il reconnaisse le caractère unique du Québec, pas sa destinée unique.»

L'art de banaliser la question québécoise
Michel Vastel
Le Droit mardi 18 mai 2004
Quand il était candidat à la direction de son parti, au printemps 1990, Paul Martin se collait à l'aile nationaliste du parti et appuyait la reconnaissance du caractère distinct de la société québécoise. "Lorsque Jean Chrétien dit : ' Si l'Accord du lac Meech ne passe pas, il n'y aura pas de problème ', disait-il à l'époque, Chrétien leurre le Canada anglais [...] Moi, je ne suis pas venu en politique pour leurrer le Canada."
En 2004, Paul Martin ne leurre pas le Canada. Il l'endort ! Après trois mois de turbulences extrêmes autour du Programme des commandites et de la Réserve pour l'unité nationale, à la veille d'une campagne électorale décisive où il dit avoir "besoin du Québec", Paul Martin aurait au moins pu s'excuser, ou exprimer un regret de ce qui est arrivé sous son prédécesseur.
Ce premier ministre veut-il marquer l'Histoire ? Alors, il n'est pas inutile de se souvenir des discours qu'ont prononcés, à l'adresse du Québec en particulier, trois de ses prédécesseurs qui, eux certainement, ont marqué l'histoire contemporaine...
Pierre Trudeau ne voulait pas, lui non plus, aborder la question constitutionnelle. Ministre de la Justice, il y fut contraint par son patron, Lester Pearson. C'est ainsi qu'en septembre 1967, devant l'Association du Barreau canadien, le futur premier ministre présente le plan qu'il mettra 14 ans à réaliser. Il propose l'adoption d'une Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : "Je songe à une Déclaration rédigée de façon à restreindre les compétences de tout gouvernement, tant fédéral que provincial." Il offre aussi de rapatrier l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique, et d'adopter une nouvelle formule d'amendement. Il promet enfin de renforcer la reconnaissance et la protection des langues officielles. Et dans les cinq élections qui ont suivi, le Québec l'a toujours plébiscité...
En septembre 1984, c'est le chef conservateur, Brian Mulroney qui, lui aussi, "a besoin du Québec". Il commence par s'excuser au nom de son prédécesseur : "Il y a au Québec des blessures à guérir, des inquiétudes à dissiper et des liens de confiance à rétablir..." Puis il fait une promesse, solennelle : "Si vous élisez des députés québécois et me donnez la majorité au Parlement d'Ottawa, nous redonnerons au Québec la place qui lui revient dans la Confédération. Nous modifierons la Constitution pour que le Québec puisse signer - avec dignité et fierté - le document qu'il a rejeté en 1982..." Et à deux reprises, les Québécois ont grandement contribué à sa majorité...
Jean Chrétien lui-même, le 16 janvier 1990, n'ose pas escamoter ce qu'il est convenu d'appeler "la question du Québec". Au lancement de sa campagne pour la direction du Parti libéral, devant les étudiants en Droit de l'université d'Ottawa, il y consacre plus de la moitié de son discours - dix pages sur dix-sept ! Tout en s'opposant à l'Accord du lac Meech, il reconnaît malgré tout "le caractère distinct du Québec qui s'est manifesté dans le cadre de notre régime fédéral." Il ajoute même que les cinq revendications constitutionnelles du Québec sont "raisonnables, modérées et capables de servir de fondement à des arrangements profitables à tous les Canadiens..."
En somme, les trois chefs de gouvernement que le Canada a connus depuis 1965 - j'ignore les Joe Clark, John Turner et Kim Campbell qui ont tous les trois adoptés des positions d'ouverture au Québec mais n'ont pas été assez longtemps au pouvoir pour les mettre à l'épreuve - se sont tous sentis obligés d'aborder, de façon approfondie, la question du Québec. Paul Martin, hier, a choisi de l'ignorer, ce qui est pas mal surprenant.
"Je ne suis pas ici pour vous parler de changement constitutionnel", a-t-il prévenu d'emblée, imitant ainsi le Jean Chrétien de 1990 qu'il réprouvait. Il promet de tout régler par la coopération et le partenariat. Et il a effectivement donné des signes d'ouverture à Jean Charest quant au rôle du Québec sur la scène internationale. Mais la question de l'heure - le fédéralisme fiscal - sans doute aussi importante que le rapatriement de la Constitution en 1967, ou la réparation du rapatriement unilatéral de 1982, il l'escamote complètement.
Il a sans doute raison de croire que les Québécois ne veulent plus entendre parler de Constitution. Mais, comme disait Brian Mulroney, "il y a des blessures à guérir..." Sinon, comment expliquer l'amertume suscitée par les interventions de l'État fédéral dans le débat référendaire de 1995 ?
Paul Martin peut parler du Québec avec son coeur. "Il y a 38 ans, je suis venu vivre au Québec, a-t-il rappelé. C'est ici que j'ai fait ma vie. C'est ici que j'ai élevé mes enfants [...] Le Québec, c'est chez moi."
Alors, comment se fait-il qu'il n'ait pas "senti" le besoin des Québécois de se faire dire qu'on les a compris, qu'ils veulent être reconnus comme "différents" - le thème sous-jacent de la campagne du Bloc ! -, et qu'ils attendent des solutions concrètes plutôt que d'autres promesses. La question des congés parentaux, par exemple : "On va la régler", promet Paul Martin. C'est bien le moins qu'il pouvait faire ! Jean Chrétien n'a-t-il pas réglé l'épineux dossier de la formation de la main d'oeuvre avec Lucien Bouchard ?
Ce qu'il y a de plus étonnant de ce discours sans émotion véritable, c'est qu'il ait été inspiré par des Québécois comme Pierre Pettigrew, Francis Fox, Dennis Dawson, Jean Lapierre, qui ont tous vécu les tragiques épisodes du rapatriement de la Constitution au temps de Pierre Elliott Trudeau et de René Lévesque, puis les espoirs déçus des négociations du lac Meech au temps de Brian Mulroney et de Robert Bourassa, puis les sueurs froides du Référendum de 1995 au temps de Jean Chrétien et de Jacques Parizeau.
Ces conseillers ne manquent pas d'histoire. Ils méritaient mieux qu'un "programme de gouvernement pragmatique, moderne, à la mesure des valeurs, des talents et des aspirations de nos concitoyens..." Allons, Monsieur Martin, vous étiez plus inspiré quand, en 1990, vous aviez vraiment besoin du Québec !
mvastel@ledroit.com

Voter libéral, c'est renoncer à la différence québécoise
Yvan Loubier
La Presse mardi 18 mai 2004
Les candidats du Bloc demeurent des souverainistes convaincus
En les invitant à appuyer majoritairement le Parti libéral (La Presse 14 mai) Pierre Pettigrew propose la quadrature du cercle aux Québécois. En effet il voudrait que les électeurs du Québec confient la promotion de leurs valeurs et de leurs intérêts à un parti qui véhicule des valeurs qui ne leurs ressemblent pas et qui a plutôt tendance à se préoccuper de ses intérêts et de ceux de ses amis.
Pierre Pettigrew devra expliquer pourquoi en 1982 alors qu'il y avait 74 députés libéraux au Québec Ottawa a imposé unilatéralement le rapatriement de la Constitution. Cela allait à l'encontre des intérêts fondamentaux du Québec et de l'avis quasi unanime de l'Assemblée nationale.
Il devra également expliquer pourquoi les députés libéraux refusent d'admettre l'existence du déséquilibre fiscal (qui mine les systèmes de santé et d'éducation au Québec) une évidence pour la très grande majorité des Québécois et pour l'ensemble de l'Assemblée nationale. Il doit expliquer pourquoi les députés libéraux ont cautionné le pillage de la caisse d'assurance-emploi alors que lui-même était chargé d'infliger des coupes qui ont jeté des milliers de personnes dans la rue. Pour reprendre les réflexions de certains analystes c'est l'effet " chien de garde " du Bloc québécois qui aura permis les minces progrès du programme d'assurance-emploi pour les travailleurs saisonniers.
Par ailleurs personne n'a jamais entendu un seul député libéral insister pour qu'Ottawa transfère l'argent des congés parentaux au Québec. Pourquoi ont-ils voté contre les projets de loi visant à interdire les briseurs de grèves. Qu'est-ce qui les en empêche?
Et surtout, il doit expliquer aux Québécois pourquoi les députés libéraux ont voté contre la reconnaissance de la nation québécoise. Après tout, il demande aux Québécois de voter pour des candidats qui refusent de les reconnaître pour ce qu'ils sont: une nation.
Renoncer à notre différence
Ce que les libéraux de Paul Martin offrent aux Québécois, c'est de renoncer à notre différence. La politique du renoncement tranquille. Pourtant, son gouvernement se targue de promouvoir la diversité culturelle. S'il était logique, il se féliciterait de la différence québécoise et en ferait un objet de fierté, comme nous le faisons au Bloc québécois. Nous ne sommes ni meilleurs, ni pires que les autres. On est différents, tout simplement.
Les libéraux nous accusent ensuite de nous cantonner à l'est du boulevard Saint-Laurent. Il y a dans ces accusations une volonté des libéraux de diviser les Québécois sur une base ethnique. C'est inacceptable et irresponsable, autant que les remarques détestables et désobligeantes de Pierre Pettigrew sur le Québec profond lors des dernières élections fédérales. De plus, il fait fausse route, car le Bloc est implanté dans toutes les parties du territoire québécois et regroupe des citoyens de diverses origines.
En fait, si les libéraux voulaient mieux servir les intérêts des Québécois issus de l'immigration, ils auraient pu utiliser l'argent du scandale des commandites afin d'aider le gouvernement du Québec à financer des mesures d'employabilité, d'insertion en emploi, de traitement des réfugiés, de lutte à l'exclusion sociale et à la discrimination ou encore de soutien au développement communautaire.
Monsieur Pettigrew passe un peu vite sur le fait que le Bloc continue inlassablement de travailler avec le Canada. En témoignent les nombreux fronts communs que nous avons initiés avec les autres formations de l'opposition sur les questions du déséquilibre fiscal, de l'assurance-emploi, de la construction navale et des paradis fiscaux (un sujet bien connu du chef du Parti libéral), pour ne donner que quelques exemples. Et cela, c'est sans compter les occasions où les députés du Bloc ont voté avec le Parti libéral. En fait, chaque fois que les intérêts du Québec y trouvaient leur compte, nous n'avons pas hésité à appuyer le gouvernement.
Autre référendum
Les libéraux nous accusent de vouloir évacuer l'enjeu d'un autre référendum. Que ce soit clair: les candidats du Bloc sont des souverainistes convaincus. Nous considérons que le Québec gagnerait à devenir un pays souverain. Nous allons le dire et le redire, et en passant, pourquoi la souveraineté du Canada serait-elle nécessaire mais pas celle du Québec? Que Pierre Pettigrew se rassure, nous ne renoncerons pas à la différence québécoise et nous ne renoncerons pas à réaliser le projet souverainiste québécois.
Mais nous ne laisserons sûrement pas les libéraux évacuer les autres enjeux de cette campagne. Ils doivent expliquer pourquoi, au lieu de tenter de répondre aux aspirations des Québécois, ils ont dépensé plus de 700 millions de notre argent dans un fonds secret pour l'unité canadienne et ainsi transgresser la Loi québécoise sur les consultations populaires. Pourquoi ils ont distribué 100 millions à leurs petits copains des agences de communication. Où sont passés les centaines de millions de dollars du scandale des ressources humaines alors que Pierre Pettigrew en était le ministre. Qui sont les responsables politiques du scandale des commandites dont parlait Paul Martin. Pourquoi les libéraux continuent à promouvoir l'usage des paradis fiscaux. Comment a-t-on bien pu dépenser près de deux milliards de dollars pour le contrôle des armes à feu alors que le programme ne devait coûter que deux millions de dollars au départ.
C'est d'ailleurs le même Pierre Pettigrew qui, il y a quelques jours, invitait les Québécois à " sortir de la niche pour aller rejoindre les maîtres dans la maison ". Voilà une déclaration digne d'un gouvernement libéral usé, arrogant et méprisant. Le fait que les Québécois aient accordé trois majorités de sièges consécutives au Bloc québécois n'en fait pas des chiens dans une niche. Quant à l'idée de " rejoindre les maîtres dans la maison ", les Québécois ne sont pas dupes. Ils veulent être maîtres de leur propre maison. D'ailleurs, avec " les poissons pourris qui traînent dans le frigo libéral ", pour reprendre l'expression de Jean Lapierre, il y a une odeur de corruption qui flotte dans la maison libérale qui suffit à repousser nettement son invitation.
En fait, l'argument des libéraux est toujours le même à chaque élection: ils incitent les Québécois à " voter du bon bord ". Le dernier ministre libéral à l'avoir fait, c'était l'organisateur en chef des libéraux pour le Québec au cours des élections de 2000: Alfonso Gagliano. Tout le monde connaît la suite... et vous, monsieur Pettigrew, quelle suite pourriez-vous imaginer?
L'auteur est député de Saint-Hyacinthe-Bagot et porte-parole du Bloc québécois en matière d'Affaires intergouvernementales.

Le Québec n'a pas besoin de Paul Martin, réplique Gilles Duceppe
PC
Le Soleil mardi 18 mai 2004
Montréal - Alors que Paul Martin dit aux Québécois que le Parti libéral a plus que jamais besoin d'eux, le chef bloquiste Gilles Duceppe lui réplique que le Québec n'a pas besoin de Paul Martin.
La campagne électorale fédérale n'est pas encore déclenchée officiellement que déjà, les chefs en sont aux attaques plus incisives, signe que la campagne sera serrée et féroce au Québec.
Le chef du Bloc québécois inaugurait ses locaux de candidat dans Laurier, hier après-midi, sur le Plateau Mont-Royal. Son assemblée d'investiture devait se tenir en soirée. C'est à cette occasion qu'il rencontrait la presse et répliquait à l'allocution que venait de prononcer le chef libéral et premier ministre Paul Martin, devant la Chambre de commerce et d'industrie de Laval. M. Martin a alors répété à plusieurs reprises qu'il avait plus que jamais besoin du Québec.
Quand on lui a rapporté en anglais ces propos de M. Martin, M. Duceppe a alors répliqué que "le Québec n'a pas besoin de lui, c'est ça le problème".
Les libéraux, dit-il, sont au pouvoir depuis 10 ans et ils ont amplement eu le temps de répondre aux demandes des Québécois, ce qu'ils n'ont pas fait, soutient M. Duceppe. Et M. Martin "a eu six mois comme premier ministre pour faire les choses différemment de Jean Chrétien", ce qu'il n'a pas fait non plus, martèle M. Duceppe. Le chef bloquiste s'est d'ailleurs dit déçu du manque d'ouverture de M. Martin face aux demandes pressantes du premier ministre québécois Jean Charest sur le déséquilibre fiscal et le financement de la santé.
Dimanche, le premier ministre du Québec Jean Charest a invité les chefs des principaux partis politiques sur la scène fédérale à dire comment ils régleraient la question du déséquilibre fiscal et de quelle façon ils assureraient un financement stable et à long terme du système de santé.
Après avoir entendu un résumé de l'allocution de M. Martin sur la place du Québec au sein du Canada, M. Duceppe s'est dit désappointé de l'absence de réponse à l'invitation de M. Charest. "Il ne répond d'aucune façon aux demandes de M. Charest, ni sur le déséquilibre fiscal - strictement rien de nouveau à apporter - ni sur la santé, sauf qu'il rencontrera les premiers ministres un moment donné cet été, dit-il. Rien sur la péréquation sauf qu'il dit que ça le préoccupe. Rien sur les congés parentaux, alors qu'il a pris 45 milliards $ dans la caisse de l'assurance-emploi. Strictement rien. Or, c'était sa première déclaration depuis 1995 sur la place du Québec. Et c'est loin de répondre aux besoins et aux demandes du premier ministre Charest", a déploré M. Duceppe.
Le Bloc québécois n'a pas attendu le déclenchement officiel de la campagne pour présenter à la presse son autobus de campagne et son programme électoral. Quand les journalistes sont passés, des bénévoles s'affairaient déjà dans le local de l'avenue Mont-Royal, tapissé d'affiches du candidat.

Les défusions vont saper les relations francophones-anglophones, selon le PQ
Martin Ouellet
La Presse mardi 18 mai 2004
PC Québec - Les défusions municipales vont anéantir des années d'efforts de rapprochement entre les communautés anglophone et francophone, a prédit hier la députée péquiste Diane Lemieux.
" Comment voulez-vous que l'on réagisse. Dans l'est de Montréal, ils vont dire: Coudonc dans l'Ouest, ils ne nous aiment pas? Qu'est-ce qu'ils nous trouvent? Pourquoi ne veulent-ils pas être avec nous?", a dit la députée de Bourget et porte-parole de l'opposition en matière municipale, au cours d'une interview accordée à la Presse Canadienne.
Avec la bénédiction du gouvernement de Jean Charest, " un bon nombre de villes majoritairement anglophones " risquent de quitter le bateau, a déploré Mme Lemieux, qui y voit un bien triste message à l'endroit de la majorité de langue française.
Les francophones, et les souverainistes en particulier, " rament comme des damnés " pour créer un environnement où les deux communautés linguistiques trouvent leur compte, a fait valoir la députée. Mais en dépit de ces efforts, il y en a qui vont dire: Ben nous, ça nous tente pas ", a-t-elle commenté.
Si les anglophones se sentent " victimisés " par la majorité, les francophones " ont aussi ce sentiment-là ", a poursuivi la bouillante députée. Elle reproche à Jean Charest et à son ministre des Affaires municipales Jean-Marc Fournier, de " vivre sur une autre planète " en prétendant que la question linguistique compte pour bien peu dans le débat sur les défusions.
Le gouvernement libéral devra porter l'odieux de la rupture entre les deux communautés, a-t-elle estimé. " C'est lourd à porter une rupture comme celle-là. "
Avec les référendums qui se tiendront le 20 juin à Senneville, Baie-d'Urfé, Montréal-Est, Westmount, Montréal-Ouest, Hampstead, Kirkland, Pointe-Claire et Sainte-Anne-de-Bellevue, la grande ville de Montréal, du moins le concept " Une île, une ville " n'existe que sur papier.
De fait, même si la barre fixée par le gouvernement pour reconnaître le résultat d'un référendum lui permet de conserver un mince espoir- au moins 35 % des électeurs inscrits sur la liste électorale devront voter Oui-, Mme Lemieux parle néanmoins de la grande ville de Montréal au passé.
" Si on lui avait donné du temps. Un peu de temps. Cela aurait été possible (de réussir la nouvelle ville) ", a-t-elle laisser tomber.
Que ce soit à Québec ou à Montréal, le gouvernement Charest n'a pas levé le petit doigt pour défendre la ville nouvelle, selon le PQ. " Un leadership nul ", a dit la députée de Bourget.
" Je les vois se cacher. Il y a juste Yves Séguin (ministre des Finances) qui a fait le geste que le gouvernement devait faire. "
M. Séguin s'est en effet prononcé en faveur du maintien de la ville de Montréal unifiée.
Au cours des dernières semaines, d'autres ministres ont cependant exprimé leur préjugé favorable aux fusions, notamment Benoît Pelletier, des Affaires intergouvernementales et Monique Gagnon-Tremblay, des Relations internationales.
Mais à l'opposé, plusieurs autres membres du cabinet, dont le ministre de la Santé Phillipe Couillard; la présidente du Conseil du Trésor Monique Jérôme-Forget; le ministre du Travail, Michel Després; et le ministre du Revenu, Lawrence Bergman, préfèrent demeurer loin du débat en refusant de se prononcer.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Au bout du rouleau compresseur
Nicolas St-Gilles
TRIBUNE LIBRE 18 mai 2004
Références (entre moult) :
http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/5-3.html#tllg,
http://www.ledevoir.com/dossiers/304/51308.html?304 et
http://www.soreltracy.com/liter/2004/avril/24av.html
Je n'en
peux plus, moi non plus, de ce CANADA PRÉDATEUR, d'une part, d'un gouvernement
du QUÉBEC À GENOUX et se contentant de voeux pieux, d'autre part.
Nous
sommes ici en présence d'un cocktail social dangereux.
Il y a des femmes
et des hommes en Québec qui n'accepteront plus encore très longtemps ces fauves
de Coderre, de Martin, de Lapierre, de Robillard, de Dion, de Pettigrew, et
combien d'autres, à la Chambre des Communes (ces bons «Québécois» au
service de sa Majesté, Queen of Canada and United Kingdom), d'un côté,
ces navrants Charest, Pelletier, Mulcair, Chagnon, Reid, Audet, Jérôme-Forget et
al. à l'Assemblée nationale qui, au surplus, ne sont investis d'aucun
sens authentique de l'État du Québec (ces gens-là administrent un quasi-pays
comme on gère une manufacture de chaussettes).
Cessons de nous compter
des blagues : L'État québécois est en péril. Les mots ne sont pas excessifs en
l'occurrence, ou boursouflés pour le plaisir de la galerie. De partout,
manifestement, et notamment du coeur même de la Nation, ces prédateurs sont fin
prêts à bondir pour lui appliquer le coup de grâce.
Ne fût-ce, pour un
certain nombre d'entre eux, par abstention sinon par lâcheté.
Ce qui
certes ne signifie pas forcément, il est vrai, la mort violente de tout un
peuple à l'intérieur de quelque agenda logistique. Il s'agit pour ces gens,
nombreux et puissants, de poursuivre inlassablement l'affaiblissement
systématique du Québec. De manière à ce que «l»'État français des Amériques ne
puisse plus jamais se relever.
Manitobaïsation plus ou moins lente, mais
définitive, irréversible.*
Or il y a des
moments dans la vie où l'on n'a plus le choix. Ou on s'écrase définitivement, ou
on se comporte en véritable être humain - en Homme de dignité. Et de
courage.
Nicolas St-Gilles, citoyen du Québec 18-V-04
* Il y a un siècle à peine, le Manitoba était
non seulement majoritairement, mais bien massivement français... Mais comme M.
Jean Charest, premier ministre du Québec, a déjà affirmé que la langue et la
culture françaises se sont maintenues en Amérique grâce à la générosité des
Britanniques et des Canadians, ce fait historique émane sûrement de
l'imaginaire d'un esprit trouble. Comme quoi, avec des «Chefs» comme ça, le
Québec n'a nul besoin d'ennemis.
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
''NON à l'Omerta libérale sur le scandale des commandites''
18 mai 2004
La Ligue québécoise contre la propagande
canadienne et la corruption politique
Bureau du porte-parole
Tél.: 514 271-3638
bienvenue62@hotmail.com
Le 18 mai 2004
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
''Nous ne croyons ni Paul Martin, ni le grotesque Denis Coderre, ni Lucienne
Robillard ni Pierre Pettigrew, lance Gilles Rhéaume, quand ils affirment ne
rien savoir du scandale des commandites.Ce sont des menteurs ! Les Libéraux
ont un comportement troublant dans ce dossier et leur attititude arrogante
confirme les pires scénarios de corruption politique et financière. Les
Québécois se souviennent et se souviendront le 28 juin prochain...''
''La campagne électorale sera l'occasion de rappeler chaque jour davantage
l'ampleur de ce scandale qui est aussi la pire magouille de toute l'histoire
du Canada qui en compte pourtant plusieurs, poursuit le porte-parole de la
Ligue.''
''Nous serons donc présents, jeudi soir, 18:30h., le 20 mai (24e
anniversaire du 1er référendum volé par le Canada), à Lasalle, au Buffet
Sorento, 1275, rue Dollard au coin de Jean Brillon avec nos sifflets, nos
crécelles et nos tambours pour exprimer notre ras-le-bol du PLC, parti de la
honte, du déshonneur et du complot anti-Québec.''
|