
Sondage Léger Marketing : Le Bloc continue de creuser l'écart
Claude Beauregard
Le Devoir jeudi 10 juin 2004
Au Canada, libéraux et conservateurs sont au coude à coude
PC - À quelques jours du débat des chefs, la lutte est toujours aussi serrée entre libéraux et conservateurs. Les deux partis sont toujours au coude à coude au pays, alors que l'écart continue de s'agrandir, au Québec, entre le Bloc et le PLC.
Un sondage Léger Marketing, réalisé du 2 au 7 juin dernier, montre que le Parti libéral, avec l'appui de 33 % des répondants (après répartition des indécis) détient toujours une faible avance sur le Parti conservateur, qui obtient 30 % du vote populaire dans l'ensemble du pays.
Au Québec, les résultats du sondage montrent peu de changement avec les coups de sonde des dernières semaines: le Bloc détient toujours une forte avance et va chercher 46 % du vote, suivi du Parti libéral (31 %), du Parti conservateur (13 %) et du Nouveau Parti démocratique (8 %).
En Ontario, la bataille s'annonce féroce. Au moment du sondage, le Parti conservateur obtenait l'appui de 36 % des répondants, contre 35 % pour les libéraux, en baisse de quatre points depuis un mois. C'est vers le NPD que se canalisent ces appuis; le parti de Jack Layton obtient maintenant 24 % de la faveur populaire dans cette province.
Pour Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing, les résultats de ce sondage montrent que les jeux sont loin d'être faits: «Un électeur sur deux dit pouvoir encore changer d'idée. Les gens ne savent pas encore pour qui voter, mais ils savent très bien pour qui ils ne voteront pas.»
«En fait, ajoute M. Léger, jusqu'à maintenant, la campagne électorale se résume en quelque sorte à une campagne référendaire sur Stephen Harper. La grande question des Canadiens est ''Can we trust that guy?'' La réponse déterminera la suite de la campagne».
Bonne et mauvaise nouvelle
Le sondage contient à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour Paul Martin. La bonne nouvelle, selon M. Léger, est que les libéraux ne peuvent pas tomber plus bas au Québec. «Avec 31 % du vote, le PLC a atteint son niveau plancher et ne peut que remonter».
D'après le sondeur, seulement 19 des 75 comtés peuvent encore basculer dans l'ensemble du Québec.
«Les libéraux sont assurés de la victoire dans 23 comtés, principalement dans la région de Montréal, alors que le Bloc peut compter sur 33 comtés. Le reste de la campagne portera sur les 19 comtés restants, où les enjeux ne sont pas encore définis».
La mauvaise nouvelle, toutefois, est que c'est Stephen Harper qui aurait le plus à gagner d'une bonne performance au débat des chefs. Ainsi, 26 % des électeurs au Canada qui affirment donner leur appui au Parti libéral répondent qu'une bonne performance de M. Harper pourrait les inciter à changer d'avis. L'appui à M. Harper semble plus solide: la situation inverse (une bonne performance de Paul Martin) n'ébranlerait que 16 % des supporters conservateurs.
Enfin, un peu plus de la moitié des Canadiens (56 %) affirme avoir l'intention de regarder les débats télévisés. Ce sont les partisans du Bloc Québécois qui se disent les moins intéressés par les débats; 51 % d'entre eux disent vouloir les regarder, alors que 49 % soutiennent le contraire.
Le sondage a été réalisé du 2 au 7 juin, auprès de 1500 répondants adultes. Le sondage comporte une marge d'erreur maximale de 2,5 %, 19 fois sur 20. Les résultats complets peuvent être consultés à l'adresse Internet suivante: http://www.legermarketing.com.

Quiz électoral
Michel David
Le Devoir jeudi 10 juin 2004
Les campagnes électorales se prêtent mal aux débats de fond, avait dit Kim Campbell, qui s'était fait lapider pour avoir énoncé cette vérité. Les discours des chefs de parti consistent la plupart du temps en une série d'attaques partisanes. Les débats télévisés donnent parfois de bons résultats sur le plan du spectacle mais sont généralement assez décevants en matière d'information.
La formule des questions à choix multiples a l'avantage d'exclure les digressions et la langue de bois qui sont trop souvent le lot des campagnes. En voici quelques-unes, adressées aux quatre chefs, qui permettront d'aller directement au fond des choses.
- M. Martin, quel programme créé au cours des dernières années illustre le mieux la qualité de la gestion libérale?
a) le programme des commandites;
b) le registre des armes à feu;
c) le programme de subventions aux Ressources humaines;
d) c'est une très bonne question.
- M. Duceppe, quel est le meilleur argument que vous puissiez faire valoir en faveur du Bloc?
a) le programme libéral;
b) le programme conservateur;
c) le programme néo-démocrate;
d) Jean Lapierre.
- M. Harper, quel élément de votre plate-forme illustre le mieux le recentrage auquel a donné lieu la fusion entre l'Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur?
a) le renforcement de la Loi sur les jeunes contrevenants;
b) l'abolition du registre des armes à feu;
c) l'augmentation des dépenses militaires;
d) l'augmentation des peines d'emprisonnement.
- M. Layton, vous avez eu des propos très durs sur les politiques de Paul Martin en matière de logement social. Diriez-vous que M. Martin est...
a) un criminel?
b) un meurtrier?
c) un assassin?
d) un monstre?
- M. Martin, laquelle de vos déclarations des derniers mois reflète le mieux votre position sur le scandale des commandites?
a) il y avait une direction politique;
b) je n'ai pas dit qu'il y avait une direction politique;
c) il n'y aura pas d'élections avant que la lumière n'ait été faite;
d) cela va prendre beaucoup de temps avant de connaître la vérité.
- M. Duceppe, en ce qui concerne la tenue d'un troisième référendum sur la souveraineté, diriez-vous que le scrutin du 28 juin constitue...
a) la première période;
b) le premier quart;
c) la première mi-temps;
d) Louis Plamondon est un #@&%!
- M. Harper, qu'est-ce qui fait l'objet du consensus le plus large au sein de votre parti?
a) la limitation du droit à l'avortement;
b) la révision de la Loi sur les langues officielles;
c) le rétablissement de la peine de mort;
d) l'interdiction du mariage entre conjoints de même sexe.
- M. Duceppe, qu'est-ce qui pourrait vous inciter à soutenir un gouvernement minoritaire dirigé par Stephen Harper?
a) son appui à la Loi sur la clarté;
b) son appui à la partition du Québec;
c) son appui à la guerre en Irak;
c) son opposition au protocole de Kyoto.
- M. Harper, à quelle personnalité de votre équipe les Québécois peuvent-ils s'identifier?
a) eh bien...
b) hmm...
c) euh...
d) j'espère que vous allez poser la même question à Layton.
- M. Layton, à quelle personnalité de votre équipe les Québécois peuvent-ils s'identifier?
a) eh bien...
b) hmm...
c) euh...
d) j'espère que vous allez poser la même question à Harper.
Voici maintenant une série de questions sur le déroulement de la campagne à proprement parler. En raison du quasi-monopole que leurs partis exercent au Québec, elles ne s'adressent qu'à MM. Martin et Duceppe.
- M. Martin, vos propres candidats estiment que la campagne libérale ne va nulle part. Quelle a été votre plus grande erreur?
a) avoir voulu être premier ministre;
b) avoir déclenché des élections;
c) avoir recruté Jean Lapierre;
d) ne pas avoir tassé Lapierre.
- Quel a été le meilleur moment de votre campagne à ce jour?
a) le voyage en Normandie;
b) le voyage en Géorgie;
c) la visite du vestiaire des Flames;
d) l'arrêt chez le coiffeur.
- Sur qui comptez-vous pour donner un nouveau souffle à votre campagne?
a) Stéphane Dion;
b) Sheila Copps;
c) Jean Chrétien;
d) Alfonso Gagliano.
- M. Duceppe, diriez-vous que le Bloc québécois mène une campagne...
a) monotone?
b) ennuyante?
c) soporifique?
d) quelle campagne?
Y a-t-il d'autres sujets que le Bloc entend aborder d'ici la fin de la campagne?
a) la pluie;
b) le beau temps;
c) la pluie et le beau temps;
d) Jean Lapierre.
mdavid@ledevoir.com

Un gouvernement minoritaire...
Bernard Descôteaux
Le Devoir jeudi 10 juin 2004
ÉDITORIAL - Aucun des grands partis politiques ne veut en ce moment préciser l'attitude qu'il adopterait si le scénario d'un gouvernement minoritaire devenait réalité. Néanmoins, ils n'ignorent pas que, le cas échéant, le jeu politique serait considérablement modifié. Sur plusieurs sujets, ils seraient appelés à nuancer, sinon à revoir leurs positions.
Si gouvernement minoritaire il y a au lendemain du 28 juin, la première préoccupation des partis sera d'atténuer le risque d'instabilité politique. Tous seront conscients de l'impact possible d'une telle situation sur la valeur du dollar et l'économie en général. Comme personne ne voudra que de nouvelles élections soient rapidement déclenchées, on accordera au gouvernement qui sera formé un délai suffisant pour faire ses preuves.
Très vite, ce gouvernement minoritaire, libéral ou conservateur, devra prendre des décisions importantes. Certaines seront cruciales, comme dans le cas de la participation canadienne au bouclier spatial américain. Dans ce dossier, on ne pourra attendre guère plus tard que le début de l'automne car Washington est déterminé à déployer les premiers missiles d'ici la fin de l'année.
Aujourd'hui, personne n'est en mesure de dire quelle décision prendrait le Canada en ce qui a trait à ce projet. Stephen Harper est favorable à une participation canadienne au bouclier. Paul Martin, pour sa part, tergiverse depuis plusieurs mois. Jack Layton et Gilles Duceppe, quant à eux, y sont franchement opposés. Le gouvernement américain ne cache pas qu'il s'inquiète de cette situation.
Le gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, sera alors dans une situation délicate en raison des enjeux que comporte ce dossier. Quelle qu'elle soit, la décision qui sera prise aura des effets importants sur la politique de défense du Canada. Dire non au bouclier spatial sera aussi dire non à une participation active à la défense du territoire nord-américain. Le commandement canado-américain du NORAD qui assure actuellement la défense continentale sera réduit à un rôle mineur.
Forcé de prendre une position, les partis devront peser les conséquences de leur choix. Si, dans une situation de gouvernement majoritaire, l'opposition peut jouer à s'opposer pour simplement s'opposer sans que cela entraîne de conséquences, ce n'est pas le cas dans une situation de gouvernement minoritaire, où toute décision a un impact réel sur l'évolution des choses. Des partis comme le NPD ou le Bloc québécois auront à analyser les situations comme s'ils étaient au gouvernement. Ce sera pour eux un changement d'attitude majeur.
Beaucoup d'importance est accordée depuis quelques jours au débat sur les valeurs morales. Mariage entre conjoints de même sexe, peine de mort, avortement et droits des minorités semblent être devenus les principaux enjeux de ce scrutin. Pourtant, les dérives qu'appréhendent certaines personnes sont quasi inexistantes. Aucun projet de loi, privé ou public, sur l'avortement ou la peine de mort soumis à un vote libre n'obtiendrait assurément d'appui majoritaire au Parlement. Quant à un projet niant le droit des homosexuels au mariage, il serait vite mis en pièces par les tribunaux.
Pendant qu'on débat de ces choses, il est par contre bien des sujets sur lesquels le prochain Parlement aura à se prononcer et qu'on n'a abordés qu'en surface jusqu'ici. C'est le cas du bouclier spatial, des relations avec les États-Unis, des mesures de sécurité contre le terrorisme, du protocole de Kyoto et bien d'autres sujets qui apparaîtront au sommet de l'ordre du jour. Ce sont toutes des questions où les partis ne pourront se réfugier derrière des votes libres. Il faut pouvoir en débattre maintenant.

Le PQ de nouveau accusé de copinage :
5,3 M $ à un groupe dirigé par Yves Duhaime
Simon Boivin
Le Soleil 10 juin 2004
Après la SGF et le métro de Laval, voilà que l'ancien gouvernement péquiste est critiqué de nouveau pour avoir engouffré 5,3 millions $ en fonds public dans Groupe Énergie inc. "pour appuyer des amis".
En 2002, lorsque le gouvernement du Québec a consenti une subvention à Groupe Énergie inc., l'organisme de Shawinigan s'engageait à tenter de créer 1200 emplois en trois ans. "Savez-vous combien ils en ont créés ? Vingt-huit", a déploré le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, hier, en Chambre. Il répondait au député de Saint-Maurice, Claude Pinard, qui s'inquiète des pertes d'emplois dans sa région.
"C'est pour ça que vous avez du chômage comme ça, a lancé le ministre Audet. Parce que vous avez signé des ententes comme ça, sans avoir des suivis appropriés, comme vous avez fait dans la SGF, comme vous avez fait dans ces projets-là, pour appuyer des amis."
Le Groupe Énergie inc. a été mis sur pied pour implanter, en Mauricie, un plan de diversification industrielle. Plus particulièrement, il devait favoriser le développement de la filière des technologies de l'énergie et travailler de concert avec les différents acteurs économiques locaux. À la tête du Conseil d'administration de Groupe Énergie inc., Yves Duhaime, un ancien ministre péquiste.
L'opposition officielle n'a pas tardé à s'indigner des insinuations de copinage faites par le ministre Audet, lui demandant de retirer ses paroles. "L'opposition devrait savoir et sait très bien que le chef de l'opposition (Bernard Landry) lui-même a qualifié M. Yves Duhaime de grand ami, a rétorqué le leader du gouvernement, Jacques Dupuis. (...) Le ministre n'a fait que citer un fait qui est connu par tout le monde. Qu'ils vivent avec leurs décisions."
Le Groupe Énergie est toujours en attente d'un montant de 300 000 $ que le présent gouvernement veut lui accorder pour qu'il revoit son mode de financement et qu'il présente un montage financier. "Ça fait beaucoup de structures, a indiqué, hier, le ministre Audet. Surtout que nous finançons aussi les CLD. Il faut évaluer tout ça."
Les appels du SOLEIL à Groupe Énergie et à Yves Duhaime n'ont pas été retournés.
Dans un quotidien trifluvien, la semaine dernière, M. Duhaime assurait que jamais l'objectif de créer 1200 emplois n'a fait partie de la mission de Groupe Énergie. Pourtant, la convention de subvention entre le gouvernement et l'organisme en fait clairement mention, un document signé de la main de M. Duhaime.
SBoivin@lesoleil.com

100 milliards de dollars d'actif pour Desjardins au Québec
René Vézina
Les Affaires samedi 12 juin 2004
Le Mouvement occupe maintenant la sixième place au Canada parmi les institutions financières
C'est maintenant officiel : l'actif du Mouvement Desjardins vient de passer le cap des 100 milliards de dollars (G$) au Québec.
Les derniers états financiers annuels, publiés au printemps, montraient que la barre avait déjà été franchie, en comptant les activités horsQuébec.
Desjardins s'appuie maintenant sur un actif total de l'ordre des 102 G$, ce qui lui confère la sixième place parmi les institutions financières au Canada, et la première au Québec.
"C'est plus qu'un seuil psychologique, c'est une belle réalisation et un objet de fierté, déclarait il y a quelques jours Alban D'Amours, président et chef de la direction de Desjardins, en entrevue avec LES AFFAIRES. Après un peu plus de 100 ans d'existence, atteindre ce niveau des 100 G $ est tout à fait remarquable."
Aux dires de M. D'Amours, l'ensemble des filiales du Mouvement ont contribué à cette croissance, mais c'est la performance des caisses qui se démarque le plus.
Le statut de numéro deux du président et chef de l'exploitation de la Fédération des caisses, Bertrand Lafferière, s'en trouve renforcé dans l'organigramme de Desjardins, qui vient d'être réaménagé une fois de plus.
Le rendement sur l'avoir de Desjardins se situe aujourd'hui à 15,8 %, en nette progression par rapport à l'an passé, alors qu'il n'était que de 12 %. Alban D'Amours s'en dit satisfait, mais il croit qu'il est essentiel de consolider cet élan.
Des excédents de 100 M$
C'est dans cet esprit qu'il a annoncé, il y a un mois, une nouvelle structure et un nouveau plan d'action pour aller chercher des profits ("excédents", selon le langage de la coopérative) additionnels de 100 M$.
Comment ? En utilisant mieux le capital disponible, en accord avec les normes internationales, en gérant plus efficacement les échanges de liquidités au sein du Mouvement et en intensifiant les efforts de mise en marché.
Ce dernier objectif explique en bonne partie la disparition comme entité de la filiale Desjardins société financière (responsable des assurances et des fonds de placement) et l'intégration de ses activités dans la Fédération des caisses.
Alban D'Amours entend d'ailleurs miser au maximum sur la capacité des caisses d'offrir de façon plus dynamique toute une gamme de produits d'épargne et de placement pour améliorer la rentabilité de Desjardins.
En même temps, il souligne que le Mouvement doit viser des clientèles non traditionnelles pour croître. Au Québec, on a fait en bonne partie le tour du jardin. De là les efforts pour percer au Canada anglais, à commencer par Toronto, et la main tendue aux allophones québécois. L'intérêt soutenu que l'on porte au marché des entreprises explique également le déploiement des centres financiers aux entreprises (CFE) aux quatre coins du Québec.
À qui le pouvoir ?
Tous ces efforts s'accompagnent d'un renforcement de la haute direction.
Alban D'Amours se défend cependant de rechercher plus de pouvoirs. "Desjardins demeure une institution coopérative détenue par ses membres, et ce sont eux qui détiennent le pouvoir, insistet-il. Nous renforçons simplement notre expertise et notre capacité d'anticipation."
Une plus grande taille ne met cependant pas à l'abri des maladresses ni des abus. LES AFFAIRES rapportaient récemment le cas d'une cliente du Saguenay-Lac Saint-Jean coincée par une clause de fidélité de sept ans pour un prêt hypothécaire d'un an !
Sans se prononcer sur ce dossier précis, M. D'Amours se borne à dire que "lorsque l'on commet des erreurs, on les corrige. Que voulez-vous, la moindre erreur est montée en épingle parce que tant de gens sont propriétaires. En même temps, c'est ce qui nous guide."
Desjardins compte cinq millions de membres et clients de même que 38 000 salariés, ce qui en fait le plus important employeur privé au Québec.
ACTIF COMPARÉ DES BANQUES CANADIENNES1
En milliards de dollars
RBC 411,7
TD 297,6
Scotia 282,9
CIBC 282,4
BMO 260,6
Banque Nationale 82,9
Banque Laurentienne 16,7
1 À partir des résultats financiers au premier trimestre 2004.
Source : Association des banquiers canadiens
rene.vezina@transcontinental.ca

Plutôt que le «déséquilibre», l'iniquité fiscale
Jean-Marc Léger, Journaliste
Le Devoir jeudi 10 juin 2004
Libre opinion: L'interminable campagne électorale (de cinq à six semaines, cette fois encore, comme au temps des diligences, alors que trois semaines suffiraient aisément aujourd'hui) aura heureusement fourni l'occasion au gouvernement et à l'Assemblée nationale du Québec de soulever une fois encore la grave et permanente question du «déséquilibre fiscal» et de presser les partis politiques fédéraux, avec un discutable bonheur, de prendre clairement position à ce sujet.
Autant le phénomène est évident et chaque année plus aigu, autant on peut contester la justesse de la formule. Elle fait image, certes, et peut faire choc par sa simplicité, mais elle ne rend pas véritablement compte de la nature et de la gravité d'un état de choses à la fois inacceptable et intolérable pour le Québec et incompatible avec les règles élémentaires d'un système fédéral. Si on peut à la rigueur parler de «déséquilibre», c'est qu'il y a fondamentalement une iniquité grave, ancienne et permanente en matière de fiscalité, iniquité qui souligne avec éloquence la constante dérive du fédéralisme canadien : son glissement vers la centralisation complète.
C'est depuis la Deuxième Guerre mondiale que le tournant a été pris avec l'acceptation par les provinces de céder à Ottawa leur pouvoir d'imposition directe pour «la durée des hostilités» et, après celles-ci, plus grave encore, de renoncer carrément à ce pouvoir en retour d'une contribution ou d'une compensation annuelle, révisée périodiquement, du gouvernement central.
L'action du Québec
Le gouvernement du Québec, lui seul, a entrepris à partir de 1945 de récupérer partiellement son pouvoir d'imposition directe. Le premier ministre Maurice Duplessis se heurta au refus catégorique de son vis-à-vis fédéral, Louis Saint-Laurent. Il prit néanmoins le risque d'instituer un nouvel «impôt provincial» de 10 % sur le revenu, appuyé par la majeure partie de l'opinion publique, consciente de l'importance de l'enjeu. Ottawa finit par s'incliner au bout de deux ans et autorisa les Québécois à déduire ces 10 % de l'impôt fédéral.
À compter du début des années 60, le gouvernement Lesage entreprit avec habileté et opiniâtreté d'élargir progressivement cette récupération de l'impôt direct, par la formule curieusement appelée «transfert de points d'impôt», tout comme il réussit plus tard à imposer un régime québécois propre de retraite, tournant majeur dans la lutte permanente pour l'affirmation de l'autonomie. Depuis lors cependant, soit bientôt 40 ans, aucune nouvelle avancée significative n'a été obtenue par le Québec.
Par ailleurs, au cours du dernier quart de siècle, la progression vertigineuse des dépenses publiques dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de la sécurité sociale, chez nous comme dans toutes les sociétés occidentales, a entraîné un déficit annuel croissant et l'explosion de la dette. C'est là le problème central, c'est l'origine de ce fameux «déséquilibre fiscal» ou, mieux, de la scandaleuse iniquité fiscale.
Il est parfaitement anormal, dans un système fédéral, que l'un des deux ordres de gouvernement doive en permanence faire appel à l'autre, quémander le concours financier de l'autre pour faire face à ses responsabilités constitutionnelles. La grave et permanente inadéquation des ressources propres des États fédérés face à leurs obligations, inadéquation grandissante, voilà le problème majeur. Et, pour des raisons évidentes tenant à son caractère distinct (avec les charges supplémentaires qui en découlent), le Québec est plus que les autres «provinces» victime de cette situation proprement intolérable.
L'expression «déséquilibre fiscal» ne rend vraiment compte ni de l'ampleur, ni de la gravité, ni de la nature même de la situation. Il s'agit fondamentalement d'une injustice grave, d'une véritable et scandaleuse iniquité. Des fédéralistes sincères devraient être les premiers à dénoncer pareil état de choses. Le régime est vicié à la base et condamné à la centralisation permanente, à moins d'une véritable révolution en matière de fiscalité, dans la répartition des ressources entre les deux ordres de gouvernement, répartition fondée sur l'importance sociale et sur le coût réel de leurs responsabilités respectives.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
GESCA : Les pieds dans les plats du Canada ?
Jean Dunois, Matane, Québec
TRIBUNE LIBRE 10 juin 2004
Objet :
http://www.cyberpresse.ca/reseau/monde/
Quelques destinataires :
Éric Clément, directeur de la rédaction à Cyberpresse et directeur de
l'information à La Presse (eric.clement@cyberpresse.ca),
lettres@cyberpresse.ca, forum@lapresse.ca, opinion@lesoleil.com,
andre.pratte@lapresse.ca, adubuc@lesoleil.com
Vous indiquez que
l'heure GMT (et d'ailleurs, pourquoi ne pas l'écrire en français: TMG: «Temps
moyen à Greenwich», ou TU: «Temps universel»?) est un temps avancé de cinq (5)
heures en rapport à notre heure locale, au Québec (hre dite de l'Est).
Or compte tenu que nous sommes ici à l'heure avancée (ou d'été), il y a
actuellement (depuis avril) quatre et non cinq heures de différence entre notre
heure et celle de ce TMG/TU, laquelle heure, on le sait, constitue la référence
internationale.
Je prends la peine de vous souligner cette «herreure»,
parce que le site Cyberpresse en fourmille constamment... de ces erreurs.
Parfois petites (voire peu perceptibles pour l'oeil rapide ou peu informé*),
parfois ridicules, parfois fort douteuses, parfois importantes jusqu'à la
désinformation...
Subsiste donc chez vous un manque de professionnalisme
qui étonne. Et forcément, c'est toute votre crédibilité qui en quelque sorte se
voit constamment remise en question par vos lecteurs.
Je m'étais rendu
compte depuis longtemps de cette crédibilité douteuse pour ce qui concerne, en
particulier, votre façon de traiter la question nationale québécoise (chez
Cyberpresse, mais aussi - surtout? - de manière générale au sein de
Gesca: LaPresse, LeSoleil et les cinq autres quotidiens au sein du
territoire). Mais il faut dire qu'un pareil laisser-aller sur des questions de
tous ordres, et à tout moment, me laisse vraiment pantois.
Car si je ne
vous fais pas ou plus confiance quant au traitement de l'information au sujet de
la politique québécoise (les éditoriaux d'Alain Dubuc, de Jean-Jacques Samson ou
d'André Pratte sont à mon sens, à cet égard, et le plus souvent, de petits
bijoux de «Propagande Canada» qui mériteraient analyse dans toute école de
Communication/Journalisme sérieuse), je conservais tout de même à ce jour un
préjugé favorable à votre endroit sur l'ensemble des autres
dossiers.
Bref je suis plutôt déçu - vous, du groupe Gesca - de votre
manque de professionnalisme de plus en plus insidieux. Comme quoi l'argent, même
à flots, ne remplacera jamais l'intelligence, le respect du «client» et la
pluralité des idées honnêtement présentées.
La Démocratie québécoise
aurait droit à une meilleure qualité de
l'information.
Salutations.
Jean
Dunois,
JeanDunois@sympatico.ca
Matane, Québec
10 juin
2004
* Illustration toute récente de ce type de
bourde (c'est presque insignifiant, certes. Mais ça démontre que le journal
n'est pas très «regardant», et qu'il estime que l'on peut y aller souvent à la
«va comme je te pousse»...):
http://www.ledevoir.com/2004/06/08/commentaires/0406090202537.html?248
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
26 mai 2004