Actualité

SONDAGE EKOS - LA PRESSE - TORONTO STAR
Les libéraux s'effondrent
Denis Lessard
La Presse vendredi 11 juin 2004
Les libéraux s'effondrent: Stephen Harper passe devant Paul Martin
C'est fait! Les conservateurs de Stephen Harper ont pris les devants sur les libéraux de Paul Martin. Tout chaud encore, un sondage Ekos annonce une victoire conservatrice qui pourrait même donner un gouvernement majoritaire, sans le Québec.
Dans son enquête, commencée lundi et terminée mercredi auprès de 2117 personnes, la firme d'Ottawa constate que " bien qu'un peu étonnante, la perspective d'un gouvernement conservateur majoritaire se précise ".
Le sondage, réalisé pour La Presse et le Toronto Star, va plus loin qu'une enquête Ipsos-Reid, qui, terminée mardi, donnait libéraux (32 %) et conservateurs (31 %) à égalité.
Avec l'enquête d'Ekos, dont la marge d'erreur est de 2,1 %, 19 fois sur 20, les conservateurs prennent clairement les devants à l'échelle nationale, passant à 33,8 %, quatre points de plus qu'au précédent sondage Ekos, fin mai.
C'est la catastrophe pour Paul Martin; son parti tombe à 30 %, huit points de moins qu'à la fin mai, 11 points de moins qu'en avril. Un sondage réalisé cette semaine pour le réseau CPAC indiquait aussi que les conservateurs avaient pris les devants sur les libéraux, avec 37 % d'appuis contre 33 %.
Dans l'ensemble du pays, les Néo-démocrates marquent le pas à 18,9 % contre 18,1 % en mai.
Parmi les gens sondés par Ekos, 13 % se sont décrits comme indécis.
Selon Frank Graves, le président d'Ekos, les opinions ne sont pas encore cristallisées toutefois. " Les appuis sont encore passablement superficiels et peuvent encore bouger énormément ", dit-il, un constat qui accroîtra la pression sur les chefs à la veille des débats de lundi et mardi prochain.
Mais, ajoute-t-il, chez les électeurs " à ce moment-ci le désir de signifier leur congédiement aux libéraux dépasse les autres considérations ".
L'appui aux conservateurs parait le plus solide; 69 % d'entre eux jugent peu probable un changement d'opinion contre 56 % pour les libéraux. Seuls les supporters du Bloc au Québec sont plus déterminés que les tories: 72 % ont définitivement choisi leur camp.
Le sondage constate un net clivage entre les intentions de vote selon le sexe: 33 % des femmes appuient les libéraux contre 30 % les conservateurs. Auparavant, le PLC avait cinq points d'avance chez les femmes, ce qui peut expliquer l'insistance de leurs stratèges sur des questions comme l'avortement. Chez les hommes, l'appui va davantage aux conservateurs, à 38 % contre 28 % aux libéraux.
De plus, constate Andrew Sullivan, vice-président d'Ekos, les sondeurs découvrent un " clivage générationel " entre les partis. À l'extérieur du Québec, les conservateurs font le plein d'électeurs " grincheux ", les boomers proches de la retraite, plus sceptiques et inquiets que les électeurs plus jeunes.
En revanche, chez ces mêmes électeurs aussi soucieux de justice sociale, la perspective d'une nette victoire conservatrice peut, une fois dans l'isoloir, augmenter les chances des libéraux et des néo-démocrates.
Désormais, seulement une mince majorité d'électeurs, 52 %, prévoient une victoire libérale- 15 points de moins qu'à la fin mai. Inversement, la proportion des gens qui pensent qu'il est possible que les conservateurs l'emportent a doublé, passant 15 à 31 %.
Soutien record pour le Bloc
Au Québec, le Bloc obtient un appui sans précédent. L'électorat québécois compte voter à 54 % pour ce parti contre 22 % pour les libéraux. À son apogée en 1993, le Bloc, alors dirigé par Lucien Bouchard, récoltait 50 % d'intentions de vote à la veille du scrutin qui lui avait permis de faire élire 54 députés et de former l'opposition officielle à Ottawa.
Il faut toutefois tenir compte de l'échantillon restreint du sondage Ekos, qui a interrogé 416 électeurs au Québec, pour une marge d'erreur de 4%.
L'Ontario vire au bleu
En Ontario, tout a basculé. Sur ce champ de bataille déterminant pour le 28 juin, l'avance des libéraux qui avait déjà fondu à cinq points, fin mai, s'est volatilisée. Les conservateurs ont pris les devants avec 38 % des intentions de vote contre 34 % aux libéraux.
Le parti de Stephen Harper aurait balayé le pays, à l'exception des provinces de l'Atlantique et du Québec, si les élections avaient eu lieu mercredi. Ce parti a une avance de 32 points sur les libéraux en Alberta, de 12 en Colombie-Britannique et de 4 dans les Prairies. Les Maritimes restent le seul bastion libéral avec 43 % d'appuis contre 28 % aux conservateurs.
La clé: la participation
La date choisie pour les élections force plus qu'à l'habitude les sondeurs à surveiller le taux de participation au scrutin. Or, Ekos constate que 68 % des Canadiens se disent " absolument certains " d'aller voter. Quelque 17% disent qu'ils se présenteront " très probablement " aux urnes, et 10 % estiment " assez probable " qu'ils aillent voter. Chez ceux qui sont sûrs de voter, les conservateurs sont favorisés; 74 % de leurs supporters sont convaincus d'être au rendez-vous du 28 juin, comme 67 % des libéraux et 64 % des bloquistes.
Le Bloc, qui compte beaucoup sur l'appui des jeunes, fait face à une autre incertitude; chez les moins de 25 ans, un citoyen sur deux seulement est absolument certain d'aller voter.
Avec la chute des libéraux, 69 % des gens prévoient un gouvernement minoritaire, 8 points de plus qu'à la fin mai. Aussi, 26 % des gens croient qu'un gouvernement libéral minoritaire serait dans le meilleur intérêt du Canada. Autant (25 %) penchent pour un gouvernement Harper majoritaire.
Un gouvernement Martin majoritaire serait l'idéal de 21 % des gens et 19 % pensent qu'un gouvernement tory minoritaire serait bénéfique au Canada.

Bloc floats around in a bubble
JOSEE LEGAULT
The Montréal Gazette 11.6.2004
This election might be exciting because of its unpredictable final results, but it's also one of the strangest, most surreal campaigns we've seen in a long time.
While moral issues like the right to abortion, the death penalty and same-sex marriage are debated in English Canada between sparring Liberals and Conservatives, Quebec is having its own, separate, quieter campaign debating, well, not much.
As Liberals are increasingly silent, trying to survive even in some of their safest ridings, the Bloc Quebecois campaign is like a day at the beach. It surfs the sponsorship scandal and bounces around inside its own bubble - that's what reporters named the Bloc bus.
Sovereignty hardly comes into play. Candidates repeat their mantra of defending Quebec's interests and difference in Ottawa. If the Bloc happens to hold the balance of power facing a right-wing Conservative minority government, the same mantra applies.
For all his statements on the virtues of opposition in a democracy, Duceppe can hardly hide his eagerness to hold that balance of power and go play with the big boys in the big house. He even says if the Bloc helps improve the governance of Canada, Quebec will be the better for it, and if Quebec is better, people will feel more secure, and if they feel more secure, they'll want to leave Canada.
Yesterday, on Radio-Canada, Duceppe compared it with a guy who "won't go for any big change in his life if he's unemployed and miserable, but if all goes well and the family's happy, he'll go for it." What? The family's happy, so I'll divorce you, honey! His advisers better rewrite that line.
Illogic aside, Duceppe is trying not to scare disgruntled federalist votes away. So he says the results of June 28 wouldn't trigger any move toward another referendum and we won't see the Bloc turning into the "spearhead" of the sovereignty movement, as Jacques Parizeau used to call it, pushing the PQ to promote its own option. But Bernard Landry seems to differ.
In a letter to PQ members asking for donations to the Bloc - a reverse-Robin-Hood move given the PQ's shabby finances and the Bloc's overflowing coffers - Landry predicts a strong showing by the Bloc would help the PQ position itself on the way to another referendum.
Still, the bubble continues to float. Perhaps the strangest aspect of the Bloc's campaign is while its central theme is Quebec's difference, Duceppe refuses to partake in the larger debates on moral and social issues in a way that would illustrate his own theme even more.
If abortion or gay rights are not being debated in Quebec - much to the dismay of Liberals who try to paint Stephen Harper as the next Jean-Marie Le Pen - it's mainly because these issues have been solved throughout Quebec society, not only within the Bloc. That's a powerful demonstration of how "different" Quebec is from Canada.
As for the parallel campaign going on in the ROC, one wonders how much longer Paul Martin can go on whistling past the graveyard. The leaders' debates to be held Monday and Tuesday will be his last chance.
They'll be of paramount importance for Martin. If he doesn't turn this campaign around right then and there, the last two weeks of the campaign might prove excruciatingly painful. In last year's Quebec election, Landry's poor performance at the leaders' debate reminded Quebecers why they wanted to change their government so badly before the war on Iraq had taken all their attention away.
Martin has only one card left, and it's a tiny one. He has to stop demonizing Stephen Harper on social issues. That's fuddle-duddle and voters know it. He has to attack him on his socio-economic and environmental positions.
That's where the real danger of a right-wing Conservative government lies and that's where Harper's Canadian Alliance slip shows a bit too much from under his new Conservative skirt. That's also where Martin has to make the positive case for the Liberal platform in contrast.
But it's starting to be pretty late in the game for anything to stop the spiral Liberals are in, to use the cruel words of David Herle, co-chairperson of the Liberal campaign.
As Robert Bourassa used to say - and it can never be repeated enough - once voters decide they've had enough of an outgoing government, anything it says or does, however brilliant, just becomes noise no one listens to anymore.
Still, Martin has no choice but to make as much noise as he can before June 28 while in the parallel campaign here in Quebec, Duceppe will try to make as little as he can. Different indeed.

6 juin 1944: commémoration ou mystification?
Nico Hirtt
L'aut'courriel n° 67, 12 juin 2004
Par leur accumulation et par leur caractère unilatéral, les commémorations du soixantième anniversaire du Débarquement sont en train d'installer, dans la conscience collective des jeunes générations, une vision mythique, mais largement inexacte, concernant le rôle des Etats-Unis dans la victoire sur l'Allemagne nazie. L'image véhiculée par les innombrables reportages, interviews d'anciens combattants américains, films et documentaires sur le 6 juin, est celle d'un tournant décisif de la guerre. Or, tous les historiens vous le diront : le Reich n'a pas été vaincu sur les plages de Normandie mais bien dans les plaines de Russie.
Rappelons les faits et, surtout, les chiffres.
Quand les Américains et les Britanniques débarquent sur le continent, ils se trouvent face à 56 divisions allemandes, disséminées en France, en Belgique et aux Pays Bas. Au même moment, les soviétiques affrontent 193 divisions, sur un front qui s'étend de la Baltique aux Balkans. La veille du 6 juin, un tiers des soldats survivants de la Wehrmacht ont déjà enduré une blessure au combat. 11% ont été blessés deux fois ou plus. Ces éclopés constituent, aux côtés des contingents de gamins et de soldats très âgés, l'essentiel des troupes cantonnées dans les bunkers du mur de l'Atlantique. Les troupes fraîches, équipées des meilleurs blindés, de l'artillerie lourde et des restes de la Luftwaffe, se battent en Ukraine et en Biélorussie. Au plus fort de l'offensive en France et au Benelux, les Américains aligneront 94 divisions, les Britanniques 31, les Français 14. Pendant ce temps, ce sont 491 divisions soviétiques qui sont engagées à l'Est.
Mais surtout, au moment du débarquement allié en Normandie, l'Allemagne est déjà virtuellement vaincue. Sur 3,25 millions de soldats allemands tués ou disparus durant la guerre, 2 millions sont tombés entre juin 1941 (invasion de l'URSS) et le débarquement de juin 1944. Moins de 100.000 étaient tombés avant juin 41. Et sur les 1,2 millions de pertes allemandes après le 6 juin 44, les deux tiers se font encore sur le front de l'Est. La seule bataille de Stalingrad a éliminé (destruction ou capture) deux fois plus de divisions allemandes que l'ensemble des opérations menées à l'Ouest entre le débarquement et la capitulation. Au total, 85% des pertes militaires allemandes de la deuxième guerre mondiale sont dues à l'Armée Rouge (il en va différemment des pertes civiles allemandes : celles-ci sont, d'abord, le fait des exterminations opérées par les nazis eux-mêmes et, ensuite, le résultat des bombardements massifs de cibles civiles par la RAF et l'USAF).
Le prix payé par les différentes nations est à l'avenant. Dans cette guerre, les Etats Unis ont perdu 400.000 soldats, marins et aviateurs et quelques 6.000 civils (essentiellement des hommes de la marine marchande). Les Soviétiques quant à eux ont subi, selon les sources, 9 à 12 millions de pertes militaires et entre 17 et 20 millions de pertes civiles. On a calculé que 80% des hommes russes nés en 1923 n'ont pas survécu à la Deuxième Guerre Mondiale. De même, les pertes chinoises dans la lutte contre le Japon - qui se chiffrent en millions -- sont infiniment plus élevées -- et infiniment moins connues -- que les pertes américaines.
Ces macabres statistiques n'enlèvent bien évidemment rien au mérite individuel de chacun des soldats américains qui se sont battus sur les plages de Omaha Beach, sur les ponts de Hollande ou dans les forêts des Ardennes. Chaque GI de la Deuxième guerre mondiale mérite autant notre estime et notre admiration que chaque soldat russe, britannique, français, belge, yougoslave ou chinois. Par contre, s'agissant non plus des individus mais des nations, la contribution des Etats Unis à la victoire sur le nazisme est largement inférieure à celle que voudrait faire croire la mythologie du Jour J. Ce mythe, inculqué aux générations précédentes par la formidable machine de propagande que constituait l'industrie cinématographique américaine, se trouve revitalisée aujourd'hui, avec la complicité des gouvernements et des médias européens. Au moment où l'US-Army s'embourbe dans le Vietnam irakien, on aura du mal à nous faire croire que ce serait le fait du hasard...
Alors, bien que désormais les cours d'histoire de nos élèves se réduisent à l'acquisition de «compétences transversales», il serait peut-être bon, pour une fois, de leur faire «bêtement» mémoriser ces quelques savoirs élémentaires concernant la deuxième guerre mondiale :
- C'est devant Moscou, durant l'hiver 41-42, que l'armée hitlérienne a été arrêtée pour la première fois.
- C'est à Stalingrad, durant l'hiver 42-43, qu'elle a subi sa plus lourde défaite historique.
- C'est à Koursk, en juillet 43, que le noyau dur de sa puissance de feu -- les divisions de Pantzers -- a été définitivement brisé (500.000 tués et 1000 chars détruits en dix jours de combat !).
- Pendant deux années, Staline a appelé les anglo-américains à ouvrir un deuxième front. En vain.
- Lorsqu'enfin l'Allemagne est vaincue, que les soviétiques foncent vers l'Oder, que la Résistance -- souvent communiste -- engage des révoltes insurrectionnelles un peu partout en Europe, la bannière étoilée débarque
soudain en Normandie...
Nico Hirtt Enseignant, écrivain (auteur de "L'école prostituée", ed Labor)
Source : www.globalresearch.ca Juin 2004

Entretien avec Zaki Laïdi
L'Essentiel des relations internationales, no 2, Mai/juin 2004
Spécialiste des relations internationales et observateur attentif de la mondialisation, Zaki Laïdi vient de publier « La grande perturbation » aux Éditions Flammarion. Dans son nouvel essai, il invite à penser la mondialisation comme une nouvelle expression du changement social.
Qu'est-ce que « La grande perturbation » ?
La mondialisation est vécue par les individus, les citoyens et les acteurs politiques et sociaux comme une perturbation de l'ordre social en raison des transformations, des remises en cause et de l'incertitude qu'elle suscite. C'est ce que j'appelle tout simplement la grande perturbation.
Première caractéristique de cette grande perturbation : la souveraineté des États se transforme. Selon vous, nous entrons dans l'ère de « la souveraineté opérationnelle ». De quoi s'agit-il exactement ?
La souveraineté a perdu son caractère absolu. La souveraineté opérationnelle consiste à dire que la souveraineté des États n'existe que par rapport aux objectifs que ceux-ci cherchent à s'assigner. Il y a moins une souveraineté absolue qu'une souveraineté qui s'applique à des domaines particuliers, c'est-à-dire la capacité à agir pour le compte d'une collectivité politique. Ce qui signifie aussi que les États, pour renforcer leur pouvoir et leur autorité, sont paradoxalement de plus en plus amenés à partager leur souveraineté avec d`autres entités. C'est un peu le schéma de l'Europe : pour renforcer le pouvoir des États, chaque État doit le partager avec d'autres, mutualiser ses forces avec d'autres pour récupérer collectivement cette souveraineté.
Deuxième caractéristique : la montée en puissance de la société civile internationale. Quel est, selon vous, son rôle aujourd'hui ?
La société civile internationale a trois fonctions essentielles. La première, c'est une fonction d'alerte des pouvoirs publics sur l'existence d'un certain nombre de problèmes et d'enjeux. La deuxième, c'est une fonction de dévoilement des préférences collectives. Par exemple, lorsqu'une ONG met en évidence les problèmes d'environnement, elle sensibilise les États et les oblige à prendre en compte ces questions. La troisième fonction, c'est la capacité d'influence. Selon moi, cette influence reste relativement limitée et très variable en fonction des domaines d'intervention : forte dans l'environnement, nul dans le domaine de la sécurité.
Selon vous, l'altermondialisme est un radicalisme sans perspectives, prisonnier de la logique idéologique et incapable de faire des contre-propositions. Pour quelles raisons ?
Il faut éviter l'altermondialisme en des termes trop généraux parce qu'il renvoie à une pluralité d'acteurs, à une diversité de stratégies et d'intérêts, y compris au sein d'un même mouvement. Par exemple, au sein d'Attac, il y a plusieurs lignes politiques. À l'évidence, la capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée. Pour revenir à Attac, cette organisation s'en tient au totem de la taxe Tobin, tout en sachant que celle-ci a peu de chances d'être mise en place, mais c'est précisément parce qu'elle a peu de chances d'être mise en place qu'Attac surenchérit sur cette taxe. Elle offre ainsi au mouvement une perspective d'action illimitée. Attac parle également de « protectionnisme coopératif » sans avoir jamais explicité le contenu de ce terme. La critique n'est pas erronée, loin de là, mais sa capacité à proposer des alternatives et un débouché politique reste extrêmement faible. Le discours finit par être très incantatoire, répétitif, et, au fond, extraordinairement idéologique à destination d'un public orphelin d'idéologies cohérentes et de prêts-à-penser politique. Attac mord dans des franges de la population au niveau culturel relativement élevé et qui sont les héritiers d'une pensée très classique, soit souverainiste-étatiste, soit socialisé par le programme communiste des années 70. Les principaux dirigeants d'Attac sont d'ailleurs issus très clairement du mouvement communiste. Si on parle de l'altermondialisme français, il faut le décomposer, car lui-même n'est pas homogène. On trouve dans Attac des souverainistes anti-européens et nationalistes, inspirés par le chevenemento-communisme, mais aussi des libertaires et des révolutionnaires trotskystes qui ont une autre perspective.
Quelles sont les limites de la mouvance altermondialiste Y a-t-il un risque d'essoufflement sur le long terme de ces mouvements ?
Ce risque existe effectivement, dans la mesure où ces mouvements sont dans l'incapacité de fournir une interprétation rassurante ou satisfaisante pour ces groupes et ces militants. L'altermondialisme français renvoie non pas à une coalition sociale mais à une condition existentielle. Il est assez paradoxal de constater que ce sont les groupes sociaux les moins exposés à la mondialisation qui sont les plus virulents dans l'altermondialisme. À l'inverse, les groupes les plus exposés à la compétition mondiale dans la société française sont les plus sous-représentés au sein d'un mouvement comme Attac.
Pourquoi la mondialisation est-elle une source d'inquiétude, un facteur anxiogène, comme vous le soulignez dans votre essai ?
La mondialisation crée des gagnants et des perdants. La question posée est celle de la prise en charge des perdants dans ce jeu social. C'est une première source d'anxiété, surtout pour les plus vulnérables. Seconde source d'angoisse : les coûts de la mondialisation sont très clairement et immédiatement identifiables, tandis que ses gains apparaissent beaucoup plus diffus dans l'espace et dans le temps. Troisième raison : les règles de fonctionnement du système de l'échange mondial ne correspondent pas du tout à l'idée intuitive que les individus et les citoyens s'en font. Les opinions restent dominées par le paradigme mercantiliste : elles considèrent que dans l'idéal, il faudrait exporter plus et importer moins. Or, économiquement, ce principe est contraire aux règles de fonctionnement du commerce mondial. La quatrième raison vient aussi du fait qu'il y a un arbitrage entre le court terme et le long terme. Les effets négatifs à court terme sont compensés par les effets positifs à long terme. Mais, bien évidemment, on voit davantage les effets à court terme. Par exemple, les délocalisations paraissent comme extrêmement négatives et comme une source d'appauvrissement, alors qu'en réalité elles sont une source d'enrichissement. L'erreur des altermondialistes est de considérer les délocalisations comme un mal. En réalité c'est un processus inexorable. Il est parfaitement normal que des activités à faible valeur ajoutée se déplacent vers les pays en voie de développement. L'ajustement et la transition peuvent être lus ou moins longs et difficiles, et là réside le c_ur du problème. C'est une logique inéluctable. Refuser ce raisonnement, c'est refuser aux populations du tiers-monde le droit de se développer. Le relèvement des qualifications est la clef de cet ajustement et de cette transition. Le seul moyen pour les pays riches de renforcer leurs ajouts, c'est d'être sur des créneaux à forte valeur ajoutée. Cet objectif ne règle pas le problème de travailleurs non qualifiés que l'on ne peut pas requalifier facilement. Les désordres et les perturbations découlent de ce fait. »
Quelle place peuvent avoir les perdants dans la mondialisation dans notre société ?
On assiste actuellement à une course de vitesse entre l'entrée de ces nouveaux venus dans le jeu social mondial et l'adaptation des travailleurs peu qualifiés à cette nouvelle donne. Il n'y a pas de situation sociale figée. Nous sommes dans une période de déséquilibre plus forte parce qu'il y a des remises en cause et de nouveaux rapports de force.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
NIER SA DIFFÉRENCE, POUR LE CANADA
Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 11 juin 2004
Quelle stupéfaction que d’entendre des gens pester contre la présence du Bloc québécois à Ottawa sous prétexte qu’elle nuit à l’efficacité du fédéralisme canadien. La formation indépendantiste de Gilles Duceppe empêcherait la constitution d’un gouvernement national, « d’un océan à l’autre ». L’absence de Québécois, par exemple, dans un cabinet conservateur, isolerait le Québec, l’affaiblirait et ternirait l’image d’unité que doit refléter le Canada. Parce qu’il y a polarisation des votes entre les souverainistes et les fédéralistes au Québec, la lutte que se livrent les partis canadiens qui veulent diriger le Canada en serait compliquée. Navrant.
Est-il possible d’informer ces gens qu’une majorité de Québécois ne voulaient pas vivre cette élection fédérale? Pas plus d’ailleurs que les deux précédentes. Si Ottawa n’avait pas violé la Loi sur les consultations populaires du Québec en 1995, les Canadiens seraient actuellement à se choisir des députés à l’image de leur société, sans devoir composer avec les valeurs d’une autre. Le débat sur l’avortement, celui sur le protocole de Kyoto et l’autre touchant l’établissement d’un bouclier anti-missiles, tous des sujets réglés au Québec, seraient disputés entre Canadiens.
Ce mensonge a assez duré
Les Québécois n’ont pas à renoncer à leur identité afin de conférer une image nationale aux partis politiques fédéraux et un sentiment d’unité au Canada. Ce mensonge a assez duré. Le développement du Québec dans la fédération canadienne est entravé par le déséquilibre fiscal imposé par Ottawa, et le Bloc québécois est présent là-bas pour le faire savoir. Il est triste que les activités fédérales en souffrent mais en même temps, cet handicap permet à Ottawa de goûter un peu à l’indigeste cul-de-sac politique qu’il dicte à Québec par ses agissements.
Tout comme le nôtre, le Parlement fédéral vit actuellement une certaine paralysie parce que la question nationale au Québec, qu’on a empêché de régler en 1995, demeure la clef de voûte recherchée prioritairement par les Québécois puisqu’elle seule autorise leur plein épanouissement. Cet objectif est légitime et ne doit pas céder le pas aux intérêts d’un autre peuple. Il est d’ailleurs cocasse de voir en ce moment les représentants des partis politiques du Canada anglais sillonner péniblement le territoire québécois. Personne ou presque ne s’intéresse aux enjeux canadiens qu’ils tentent de nous vendre. Qu’on ne vienne pas nous dire de fermer les yeux sur le bien-fondé de nos aspirations parce que ces candidats font pitiés à voir prêcher dans le désert québécois. L’élection d’un maximum de candidats bloquistes est nécessaire, maintenant que les bassesses des libéraux fédéraux ont été démasquées, bassesses que Stephen Harper compte reconduire.
L’absence de Québécois au sein d’un éventuelle cabinet conservateur dirigé par Stephen Harper n’a rien de catastrophique. Leur poids politique a toujours été subordonné aux directives de la députation ontarienne. Il est nettement préférable de compter sur des députés québécois libres de toutes muselières fédérales. Le scandale des commandites n’aurait jamais pu être démasqué sans l’investigation de ces élus aux coudés franches. Ceux-ci pourront être beaucoup plus influents face à un gouvernement conservateur minoritaire plutôt qu’à l’intérieur de celui-ci.
Les libéraux de Paul Martin mentent lorsqu’ils affirment que le Québec souffrira s’il devait ne pas avoir de représentants au gouvernement fédéral. Les Québécois le savent et comptent le démontrer de façon éclatante le 28 juin prochain. Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, ne doit pas tenter d’atténuer cette fierté québécoise en essayant de banaliser l’importance de la présente élection fédérale pour l’avenir du Québec. Sans tomber dans le triomphalisme et imaginer un échéancier souverainiste, le leader bloquiste doit féliciter la maturité politique des Québécois qui se rient des épouvantails agités par les adversaires fédéralistes. Vivement le 28!

TRIBUNE LIBRE
Le Fiel et le Fief : Preuve par l'absurde
Hélène Pisier
TRIBUNE LIBRE 11 juin 2004
Les aménités de M. David
Ouellette
« Il y a des gens qui ne
s'instruisent que pour ajouter à leurs préjugés » Albert Brie, ancien
collaborateur au journal Le Devoir
J'ai reçu l'édifiant courriel ci-contre d'un
certain David Ouellette (digitaldk@hotmail.com), consécutivement à la parution
chez Vigile de mon texte: « Saigner ou Soigner ? »
(http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/5-20.html#tlhp).
L'adage se voit
hélas ! à nouveau confirmé : Il n'y a pas plus aveugle que celui qui refuse de
voir. L'individu confirme lui-même sur-le-champ, en effet (et pour ainsi
dire par l'absurde), le propos que pourtant il dénonce avec
virulence.
Mais assurément, j'imagine, il fallait s'y attendre : Il y a
des gens qui estiment que l'on peut tenir tous les discours possibles sur
n'importe qui, mais qui reçoivent comme crime de lèse-majesté, et ce au quart de
tour, les vérités les plus élémentaires ou triviales (franches et respectueuses
au demeurant, quoique non complaisantes) sur leur propre compte.
Avec des
poutres comme celles-là dans l'oeil, on n'entre même plus dans une bouche de
métro...
Aussi je crois qu'il serait instructif et fort pédagogique, si
vous êtes d'accord, gens de Vigile, de rendre publiques «les bonnes
manières» de ce monsieur - qui, on en conviendra, a une bien étonnante façon de
valoriser la tolérance, l'ouverture d'esprit (et de coeur), l'amitié entre les
peuples et le respect entre les personnes.
Hélène Pisier 11 juin
'04
===========================================
"David Ouellette"
<digitaldk@hotmail.com> À:
QcIndependance@yahoo.fr Objet: Vos
vomissements Date: Tue, 08 Jun 2004 20:09:47
+0000
C'est à cause de petites andouilles
de votre espèce que les Juifs ne se rallieront jamais au camp indépendantiste.
Qui le voudrait se joindre à une bande de réacs qui bavent de haine devant tout
ce qui leur est étranger... Pauvre Québec, si tout ce qui reste de vos idéaux
d'émancipation c'est blâmer les juifs pour avoir failli à convaincre la majorité
de vos pure-laines semblables du bien-fondé de votre projet politique, on aura
tôt fait de consigner le mouvement souverainiste aux notes de bas de page de
l'Histoire.
Vive le Canada, vive Israël, vive la province du
Québec !
- David, un juif Canadien, résident de la belle province du
Québec
===========================================
En guise de complément possible, je vous informe avoir
déniché (informations entièrement publiques) ce qui suit sur cette personne.
Alors, au cas où ce pourrait être utile en quelque
manière:
DAVID
OUELLETTE
Référence : Lettre injurieuse du 8 juin
2004 de David Ouellette à Hélène Pisier Réf. initiale: «
Saigner ou Soigner ? »
(http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/5-20.html#tlhp)
David Ouellette : digitaldk@hotmail.com et/ou
journalistes@proche-orient.info et david.ouellette@umontreal.ca
David Ouellette est [ou serait, ou aurait été...?] chercheur associé de
l'ICRJ et membre du groupe de recherche Islam et identités nationales
européennes [Université de Montréal] (info tirée de :
http://www.amitiesquebec-israel.org/textes/isranet.htm)
VOIR
:
http://google.canoe.com/toile/index.asp?
Dont :
http://mesnouvelles.branchez-vous.com/communiques/cnw/PUB/2004/04/c8715.html
(http://www.amitiesquebec-israel.org/textes/voixest.htm),
http://www.proche-orient.info/xjournal_pol_int.php3?id_article=25406,
http://www.cceae.umontreal.ca/recherche/groupe_de_recherche_en_subventionne_islam.htm
[...]

TRIBUNE LIBRE
La Boîte de Pandore
Marcelin Gélinas
TRIBUNE LIBRE 11 juin 2004
Lettre
d'un citoyen au CRTC
Réf. : «Le CRTC
propose la publicité en prime pour encourager les dramatiques»
Devoir du 10 juin 2004 :
http://ledevoir.com/2004/06/10/56594.html ------------------- -------------------
------------ ------------------- ------------------- --> Conseil de la
radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) :
http://www.crtc.gc.ca/frn/welcome.htm //
info@crtc.gc.ca --> Mme Hélène Chalifour-Scherrer, actuelle ministre de
Patrimoine Canada (et en outre, responsable politique de Radio-Canada):
scherh@parl.gc.ca
Je me vois littéralement assommé par une intention
pareille du CRTC.
Alors voici. Bien que n'ayant pas encore atteint la
cinquantaine, j'ai beaucoup voyagé dans les trente dernières années - partout
dans les Amériques et en Europe, en particulier. Cette possibilité de
comparaison sur place m'a de tout temps fait apprécier, entre autres, la qualité
manifestement supérieure (à mon sens) de la production télévisuelle québécoise.
Et ce, aussi bien au plan de la qualité culturelle, de la dimension
«constructrice» de l'identité nationale en territoire français minoritaire sur
le Continent, du respect de l'intelligence de l'auditoire que du raffinement
esthétique enfin.
Or j'ai toutefois, dans les dix dernières années,
progressivement puis largement abandonné l'écoute de la télévision. Dans le même
mouvement de recul, j'ai également résilié mon abonnement au câble il y a de
cela plusieurs années. Motif principal: hypercommercialisation rebutante des
réseaux.
Aujourd'hui je ne regarde pratiquement plus la télévision,
hormis Télé-Québec lorsqu'il y est diffusé une solide émission ou un
excellent film (y a-t-il vraiment, nonobstant les facteurs plus ou moins
rébarbatifs accompagnant la diffusion, de bons films sur les autres
chaînes...?), parce que je sais d'office que je ne serai pas agressé dans mon
appréciation de l'«ouvrage» (un film de qualité, c'est une oeuvre: comme une
pièce de Tchekhov, un tableau de Delacroix ou... un scénario de Denys Arcand)
par de la pub à toutes les neuf ou dix minutes. En effet, Télé-Québec
concentre ses messages dits commerciaux en début et en fin de d'émission. À peu
de chose près et pour l'essentiel, on applique la même procédure (intelligente
et d'abord respectueuse de l'auditeur) pour l'ensemble de la programmation de
l'unique chaîne québécoise à propriété publique.
Résultat net,
concret et patent chez le soussigné : une intéressante production (y compris le
Téléjournal, saccagé par des commerciaux au bout déjà de quelques minutes à
peine) sur une autre antenne que TQC (exemple: le joli film Artemisia,
présenté mardi le 8 courant, en fin de soirée à la SRC) m'éloigne illico et
définitivement de l'écran en moins de vingt minutes (maximum!), alors qu'une émission - même de qualité moyenne - saura
souvent, lorsque épurée de toute publicité, retenir mon attention ou mon intérêt
jusqu'à la fin.
Au reste, si je m'en fie aux nombreuses critiques
accessibles dans le dossier «Télévision» du Devoir
(http://ledevoir.com/dossiers/265/articles.html) - ainsi que chez Vigile.net et
Imperatif-francais.org -, il semblerait que nous soyons plus que ...trois ou
quatre individus, au sein de notre famille de quelque sept millions de citoyens,
à partager ce puissant et bien inconfortable sentiment d'indignation, sinon de
répulsion.
Or c'est à l'aune de ce climat «culturel» que
:
1) notre gouvernement
- on ne peut plus justement hélas! nommer provincial - s'interroge plus
que jamais sur la pertinence de l'existence de Télé-Québec,
et
2) le CRTC songe à agresser plus encore l'auditeur par ces
publicités au sein d'une télévision (de la SRC abâtardie à nos délétères et
débilitantes TQS / TVA) dont la programmation s'apparente elle-même, d'ores et
déjà et de manière générale, à une vaste publicité unique, en continu, en
boucle, sans fin... Comme je le lisais récemment: c'est de la publicité
entrecoupée de publicités. Qu'est-ce donc ce phénomène, sinon la
réduction de la personne à une bouche immense, gargantuesque, où il est permis -
juste au-dessous du groin, et tel un caniveau de ruelle - de verser absolument
n'importe quoi. D'autant plus que la qualité même des commerciaux a aussi, en
concomitance, profondément dégringolé au fil des ans. Il s'agit de plus en plus,
en effet, de pubs étatsuniennes ou «canadian» dans lesquelles le «client»
québécois ne se reconnaît plus du tout (banale postsynchronisation de l'original
anglais, accompagnement musical anglo-saxon, etc.). Nous assistons ainsi - par
le menu et dans le contenu - à une forme insidieuse d'aliénation collective de
nous-mêmes qui se répercute jusque dans les valeurs véhiculées dans ces dits
«messages»: violence massive (de premier degré ou de caractère plus sournois ou
ondoyant), retour de nombreux stéréotypes (des rôles, des sexes, du pouvoir, de
l'argent, de l'apparence physique...), réification reconduite du corps (celui de
la femme au premier chef), etc.
Messieurs/dames du CRTC, vous avez réussi à
transformer mon téléviseur essentiellement en simple bibelot parmi les meubles
de mes appartements privés. Encore un pas de génie comme celui-là (contribution
lumineuse et perspicace à la désertion de l'auditoire), et c'est aux disciples
d'Emmaüs - telle une Boîte de Pandore - que je l'achemine. Non, bien sûr, sans
un soupçon de machiavélisme à l'égard des «pauvres gens» susceptibles d'en être
les prochaines victimes.
Quant à vous, Mme Monique Jérôme-Forget
(cabinet@sct.gouv.Qc.ca), M. Jean Charest (commentairespm@mce.gouv.Qc.ca), voire
Mme Line Beauchamp (line.beauchamp@mcc.gouv.Qc.ca), un séjour de trente ans dans
l'Opposition vous donnerait-il suffisamment de temps pour réfléchir au Sens
de l'État...?
Marcelin Gélinas Lévis, 11 juin
2004
Note
: Dans ce petit mot, le « je
» inclut à la fois le pluriel et le féminin (épouse + fille aînée): accord à
l'unanimité après rédaction de la main de l'époux/papa. Merci «les
filles»!
cc : Renaud Gilbert, ombudsman de Radio-Canada:
Ombudsman@radio-canada.ca; Robert Rabinovitch, PDG de Radio-Canada:
robert_rabinovitch@cbc.ca; TéléQuébec: info@TeleQuebec.Qc.ca; Michel J. Carter,
Président de TQS: tvpublic@tqs.ca; Pierre-Karl Péladeau, PDG de TVA:
relations.auditoire@TVA.ca
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
26 mai 2004
|