Actualité







Une belle contribution

Michel David
Le Devoir jeudi 14 octobre 2004

François Legault n'a peut-être pas beaucoup d'ancienneté au PQ, mais il connaît ses classiques. Sa lettre demandant au PQ de faire son mea-culpa rappelle à maints égards, notamment pour ce qui est du timing, celle que Jacques Parizeau avait fait paraître dans Le Devoir le 30 octobre 1996.

L'ancien premier ministre avait pris prétexte du premier anniversaire du référendum pour faire le procès du gouvernement Bouchard, auquel il reprochait autant son obsession du déficit zéro que sa grande discrétion dans la promotion de la souveraineté.

Le problème est que sa lettre avait été publiée au premier jour du sommet de Montréal. Au Centre Sheraton, il n'y avait qu'un sujet de conversation ce matin-là. M. Bouchard avait refusé de commenter, mais il n'en pensait pas moins. À ses yeux, l'opération avait toutes les allures d'un sabotage.

M. Legault, lui, voulait s'assurer que les militants péquistes lisent son texte avant le conseil national de la fin de semaine prochaine, à Sherbrooke. Le premier ministre Jean Charest ne lui en voudra certainement pas de la coïncidence avec l'ouverture du Forum des générations, mais l'accueil positif que Bernard Landry a réservé à cette «belle contribution» à la «saison des idées» ne doit pas faire illusion.

Au moment où le gouvernement Charest donnait au moins l'impression de se préoccuper des «vrais problèmes» que sont la démographie et les finances publiques, le PQ s'affairait encore une fois à gratter ses bobos.

Pauline Marois, visiblement exaspérée par cette nouvelle sortie de son rival, a dû penser que la vie est bien injuste. On a fait tout un plat de la création d'un simple groupe de réflexion destiné à alimenter sa réflexion. S'il avait fallu qu'elle publie un texte aussi critique, elle aurait encore été accusée de fomenter un putsch.

Quoi qu'il en dise, M. Landry sait très bien qu'il est personnellement visé par M. Legault, notamment quand celui-ci propose au PQ de «s'éloigner de ceux [qui sont] trop inspirés par la culture de rattrapage issue de la Révolution tranquille».

Le chef du PQ reconnaît maintenant que les nouvelles réalités économiques commandent de nouvelles approches, mais son gouvernement ne date pas de Mathusalem. Au sein de son cabinet, des gens comme François Legault et Pauline Marois plaidaient sans succès en faveur d'un interventionnisme moindre. Plusieurs se réjouissent discrètement de voir les libéraux faire le ménage dans les subventions aux entreprises ou encore dans les unités d'accréditation syndicale dans les hôpitaux.

***

Par tempérament, le chef du PQ n'est pas très porté sur les mea-culpa. On imagine sa réaction quand l'ancien président du comité des jeunes, Pascal Bérubé, très proche de M. Legault, a officiellement demandé à la direction du parti d'ouvrir un «chantier de l'humilité». M. Bérubé, qui n'a rien d'un naïf, ne pouvait pas sérieusement penser que sa suggestion serait acceptée. Il aurait voulu agiter un «chiffon rouge» qu'il n'aurait pas agi autrement!

Sur le fond, MM. Legault et Bérubé ont pourtant raison. Le PQ doit tirer les leçons de la pire défaite électorale qu'il a subie depuis 30 ans. Le sort qu'on a fait au rapport des «trois mousquetaires», dont M. Legault reprend les conclusions à son compte, atteste que le petit examen de conscience à huis clos, auquel le conseil national s'est livré au lendemain du désastre d'avril 2003, n'a donné aucun résultat.

Le problème n'est pas nouveau. Chaque fois que quelqu'un a tenté de ramener le PQ sur le terrain des vaches, il a été rapidement aiguillé sur une voie de service. Cela peut se faire poliment, comme dans le cas de Joseph Facal, ou plus brutalement, comme le politologue Jean-Herman Guay en a fait l'expérience l'an dernier.

Il ne s'agit pas simplement d'en finir avec les débats ésotériques sur les modalités d'accession à la souveraineté ou d'alléger les structures du parti, même si cela s'impose. C'est avant tout une question d'attitude. Le président Bush déplorait récemment que le reste de l'humanité ne comprenne pas les valeurs américaines. C'est un peu la même chose avec le PQ: les Québécois ne comprennent pas ses valeurs. L'idée que certains puissent très bien les comprendre mais ne les partagent pas ne semble effleurer personne. Cela ne signifie pas que le PQ doive renoncer à son projet mais qu'il cesse de donner l'impression que ceux qui n'y adhèrent pas sont des peureux, des demeurés ou des traîtres.

***

M. Landry a déclaré que la «belle contribution» de M. Legault venait un peu tard puisque la «proposition principale» issue des «chantiers» chargés de récrire le programme du PQ est sur le point d'être rendue publique.

En réalité, il semble déjà acquis que le PQ se dotera d'un «programme de pays», comme le souhaite M. Legault. Ce qu'il réclame surtout dans son texte, c'est un changement d'image, de ton, de style. Qu'il le veuille ou non, cela revient implicitement à remettre en question le leadership de M. Landry. Le chef du PQ est manifestement prêt à faire beaucoup de compromis sur le programme, mais il y a des limites à sa capacité de se transformer lui-même.

Ce n'est pas un hasard si M. Legault a choisi de faire son intervention au moment où les associations de comté s'apprêtent à choisir leurs délégués en prévision du congrès de juin 2005. Et voilà maintenant qu'il projette une grande tournée en région. Dans un parti politique, les idées s'incarnent dans des hommes et des femmes. Si le besoin de modernisation est si impérieux que M. Legault le prétend, la question du leadership deviendra vite incontournable.

Son clan affirme avoir l'appui du tiers des exécutifs de comté. Si c'est le cas, il a les moyens de faire tomber M. Landry, mais le vieux chef a encore un as dans sa manche. M. Legault préférerait-il servir sous Gilles Duceppe? S'il décide de faire le saut à Québec, le chef du Bloc risque d'être là pour un bon bout de temps.

mdavid@ledevoir





Parti Quebecois circles the wagons, shoots inward

Don MacPherson
The Montreal Gazette October 14, 2004 Thursday

If the Parti Quebecois were a rock star, it would be Courtney Love, so strong are its self-destructive tendencies.

Measured against all the usual standards of success in politics, the PQ should be satisfied.

It is leading in popularity in the polls. The Liberal government's satisfaction rating, the key political indicator between elections, has been improving but is still below 40 per cent.

The PQ's ally, the Bloc Quebecois, made a comeback to sweep French Quebec in last June's federal election. And the PQ itself won two recent by-elections, gaining a seat from the Liberals by capturing a predominantly nonfrancophone riding for the first time in its history.

All that's holding it back are its own internal feuds over leadership and what to the public is an irrelevant debate over how to get around the electorate's resistance to sovereignty.

So how is the PQ spending this week, culminating in a weekend meeting of its governing national council? Exactly.

At the council meeting, there will be a debate on whether the PQ should seek a mandate in the next election to prepare sovereignty even before holding a referendum, in which all the party's leaders, actual and potential, will be expected to stake out their positions.

And for those who just can't hear enough on this topic, there is to be a presentation on the need for a "Radio Souverainiste," whose format might consist of a blend of sov rock (Paul Piche records), and Jacques talk (for Parizeau fans).

Another topic that won't go away - the leadership challenge Bernard Landry insists has been "marginalized"- will again be raised openly on the floor of the meeting as well as privately outside.

The riding association of Pauline Marois, who is campaigning for a leadership election in which she would be a candidate, has seen to that. It has proposed a resolution blaming party officials for "manipulating" polls to show a lack of support for Marois's position after the last council meeting six weeks ago. This refers to the use of a computer program to inundate online polls with votes from nonexistent voters.

And Francois Legault started the week by launching, all at once, a manifesto, a slogan, a Web site and a tour of the province to meet party members before next June's convention - in short, all the trappings of a leadership campaign.

A relative newcomer to an aging party that venerates length of service to the sovereignist cause, Legault sought to turn a liability into an asset by presenting himself as the candidate most able to rejuvenate the PQ.

He targeted students and young parents by making education his issue. And he appealed to the francophone children of Bill 101, who have no personal experience of the linguistic slights that still motivate their sovereignist elders. He presented sovereignty not as an end in itself but as a way to give Quebec the financial means it currently lacks because of the "fiscal imbalance" in Canadian federalism. The word "peuple" does not appear once in his 27-page manifesto, and the word "nation" and its variations are used only to describe education as a "national" priority.

His models are left-of-centre pragmatists Tony Blair and Bill Clinton - and, though he does not mention his name, Robert Bourassa. It was Bourassa who in the 1970s led Quebec provincial federalists to appeal to pragmatism rather than emotion. Echoing Bourassa's slogan "profitable federalism," Legault proposes in his manifesto to present a hypothetical budget of a sovereign Quebec to show sovereignty is "not only viable, but profitable."

But the people to whom Legault is appealing are outside the party, and the people who are its members are suspicious of him. So he must disown his mentor, Lucien Bouchard, by describing as an "error" Bouchard's early retirement program creating a shortage of doctors and nurses. And he must profess he became a sovereignist when he was 16, even if no one else knew it until 25 years later, when Bouchard brought him into the PQ.

Legault's home page has a link for visitors to join the PQ, and for good reason. For if he's to change the party's leadership, he might first have to change its membership.





PQ policies harmed Montreal

Henry Aubin
The Montreal Gazette October 14, 2004 Thursday

Francois Legault, who wants to become leader of the Parti Quebecois, says his party should have the "courage" to critique its recent nine-year hold on power so that the PQ can "rethink its way of governing."

Let me contribute to this unusual exercise by reviewing what the party did for Montreal Island under premiers Jacques Parizeau (1994-95), Lucien Bouchard (1995-2001) and Bernard Landry (2001-03). I won't rehash the effect of the party's constitutional and language policies on the local economy but will focus instead on its urban initiatives. Thinking back on these is instructive: A pattern emerges that might surprise party members - and edify all parties.

Let's start with the relatively positive achievements.

Acting with broad public backing, the Bouchard government in 1998 reorganized school boards (they became French or English instead of Catholic or Protestant) and reduced them from eight to five. Today, most people see more pluses than minuses.

With support of the island's mayors, the Bouchard government also created the Communaute metropolitaine de Montreal in 2001. This body has the splendid potential of bringing together elected officials from across the Montreal region to set policies on land use, economic development and the environment. In practice, however, it has accomplished little.

One initiative that, from a Montreal Island perspective, does not fit neatly into either a "good" or "bad" category is the opening of three popular commuter-rail lines. They link downtown to Blainville, Mont Saint-Hilaire and Delson. Although the lines reduce the number of cars coming into the city, they also spur the off-island exodus by offering an easier commute.

Now, in no special order, let's look at how the PQ has clearly harmed the island.

After trumpeting in the 1994 provincial election that it would give financially starved Montreal new sources of tax revenue, the PQ did nothing of the kind. Instead of sharing the Quebec sales tax with the city, as Parizeau had hinted, it gave dollops of cash in return for extortionary grabs of city real estate. The biggest: the Hippodrome's 54-hectare expanse. Landry pledged in the 2003 "city contract" to open the purse strings in exchange for Ile Notre Dame. (The Charest government says the city can keep the island and still have the money.)

In 1997, the Bouchard government unveiled a policy against urban sprawl. It should have consolidated development on Montreal Island and the nearest off-island suburbs. Instead, the pious policy provided cover for more galloping sprawl that drains the island's tax base. (The Charest Liberals are perpetuating this.)

In 1998, Bouchard announced the Laval metro extension. Laval's gain is Montreal's loss. New riders will add to the overcrowding of the metro's most congested stretch. As well, islanders could wind up helping pay for the extra operating costs.

Quebec also underestimated the plan's cost by 41/2 times. Long past the point of no return, the scheme is over budget by $630 million, almost three times the annual sum the city would get if it had its coveted one percentage point of the sales tax.

Squandering cash came easy to the PQ. As Bouchard's finance minister, Landry gave more than a billion in subsidies to firms to settle at two office projects, Cite du multimedia and E-Commerce Place. The idea was to lure business to Montreal, but critics say it was mostly firms already here that moved to the projects, creating a glut of vacant office space elsewhere in the city. Result: No private office tower has been started here in years.

To promote reading, Bouchard launched the $98-million construction of the Grande bibliotheque nationale in downtown. The showcase project is hogging money that would far more effectively encourage reading if pumped into the city's languishing neighbourhood libraries.

Now for the four biggest mismanagement scandals.

First, Bouchard's zero-deficit campaign had the unintended effect of depleting local hospitals of doctors and nurses, maiming the health-care system.

Second, the PQ syndrome of revolving-door health ministers - there were six - had the effect of paralyzing the idea of hospital modernization. Not one explored affordable alternatives to superhospitals. Result: Montreal's medical leadership is taking a severe and needless blow.

Third, the PQ has further depleted the city's intellectual resources by freezing student tuition. This has crippled the quality of the city's four universities.

Finally, of course, there was Bouchard's forced municipal mergers, an epic adventure in back-of-the-envelope planning that has wasted more than $100 million and convulsed the island in a divisive, pointless five-year exercise.

From a Montreal perspective, Bouchard was the worst premier in memory.

As for the PQ, it has, indeed, many lessons to learn. It's been a caricature of improvisation, arrogance and incompetence.





Forum des générations

Charest dresse un bilan positif

Norman Delisle
La Presse jeudi 14 octobre 2004

Jean Charest a dit que le Forum des générations n'a pu aborder tous les enjeux, mais que les questions liées au vieillissement de la population et aux finances publiques ont été débattues.

Presse Canadienne Saint-Augustin-de-Desmaures - Le gouvernement crée une dizaine d'équipes de travail et promet une demi-douzaine de politiques majeures en 2005, a annoncé jeudi le premier ministre Jean Charest à l'issue du Forum des générations.

«On a voulu aller vers le moyen et le long terme», a commenté M. Charest en dressant le bilan du Forum.

Une seule mesure très concrète a été annoncée: dès septembre 2006, les élèves du niveau primaire auront deux heures d'éducation physique par semaine au lieu d'une seule, dans le cadre d'une promotion des saines habitudes de vie.

La mesure coûtera quelque 125 millions $ additionnels au ministère de l'Éducation et impliquera la création d'au moins 1000 professeurs d'éducation physique.

Parmi la liste des équipes de travail qui sont créées par le Forum, notons:

- une équipe pour analyser la prévention en santé pour les jeunes;
- une équipe pour analyser la pérennité du réseau de la santé;
- une équipe de travail sur l'école communautaire;
- une équipe pour assurer des services éducatifs de qualité;
- une équipe pour assurer le développement des régions;
- une équipe sur le renouvellement du personnel en santé;
- une équipe pour accroître la compétitivité des entreprises;
- une équipe pour la reconnaissance des diplômes des immigrants.

Par ailleurs, en 2005, le gouvernement Charest s'engage à se doter d'une politique de révision des règles de mise à la retraite, d'une pour l'assurance-parentale, une de formation professionnelle, d'un Plan vert en environnement et d'un plan d'action pour la jeunesse.

Il y a eu aussi signature de deux ententes avec les municipalités. La première confie à la Table Québec-municipalités le mandat d'identifier les responsabilités nouvelles à confier aux municipalités dans le cadre de la décentralisation. Un rapport préliminaire devra être fait en mars 2005.

Par ailleurs, la Table Québec-régions aura à déterminer un protocole d'entente avec les Conseils régionaux d'élus (CRÉ) pour la régionalisation. Un rapport est attendu pour septembre 2005.

Enfin, on a indiqué la tenue d'un nouveau forum en 2005. Il portera sur le développement socio-économique des nations autochtones.

La création de tant de comités est justifiée par le fait qu'on «est dans le moyen et le long terme, a expliqué M. Charest. On ne cherchait pas des solutions immédiates sur des enjeux». «On a donné le coup d'envoi d'un mouvement qui sera irréversible», a-t-il ajouté.

Réactions

Plusieurs intervenants ont néanmoins raillé les conclusions du forum qu'ils jugent très minces.

«Il y a beaucoup d'annonces qu'on recycle. On crée des groupes de travail qui feront rapport en juin 2005. Le slogan de Charest était: Nous sommes prêts. Mais ce n'est qu'en juin 2005 qu'on sera prêt», a réagi le chef de l'Action démocratique et député de Rivière-du-Loup, Mario Dumont.

En santé, M. Dumont a noté qu'on a créé un comité sur le financement de la santé présidé par les ministres Yves Séguin et Philippe Couillard. «Doit-on comprendre que ces deux ministres ne réfléchissaient pas au financement de la santé depuis un an et demi, et qu'il vont commencer à le faire aujourd'hui?», a ironisé le député Dumont.

Il a aussi déploré que le Forum ne se soit pas doté d'un plan de remboursement de la dette.

Pour sa part, Sylvain Simard, député péquiste de Richelieu, a décrit le Forum comme «une opération de relations publiques».

«On devait parler de l'urgence démocratique et de la situation des finances publiques. Or, aucun comité ne se penchera sur ces grands défis. C'est une grande déception autour de la table. Les gens n'attendaient rien et ils n'on rien eu», a soutenu le député Simard.

Le président du Conseil du patronat, Gilles Taillon, se réjouit de la création d'un comité de l'emploi qui traitera notamment de la mise progressive à la retraite.

«Il fallait un engagement gouvernemental qu'on s'occupe de la retraite progressive, car les syndicats et le patronat s'entendaient là-dessus», a dit M. Taillon.

Pour Henri Massé, président de la centrale syndicale FTQ, il y a un débat de société au Québec. On a le choix entre maintenir les impôts et les programmes sociaux, ou payer moins d'impôt et fixer des tarifs pour les services publics.

«La FTQ ne partage pas cette dernière façon de procéder. On verra jusqu'à quel point le gouvernement nous a écoutés», a dit M. Massé.

Le président de la CSD, François Vaudreuil, a souligné pour sa part que le dialogue social qui prend forme actuellement n'est pas satisfaisant, «mais le Forum a permis un pas dans la bonne direction».

Par ailleurs, quelque 200 manifestants, des étudiants et des anarchistes, ont manifesté bruyamment en dehors du collège où se tenait le Forum.

La conduite de certains d'entre eux a amené l'intervention des forces policières qui ont procédé à deux arrestations.





Forum des générations

Charest renonce aux baisses générales d'impôt

Robert Dutrisac et Tommy Chouinard
Le Devoir jeudi 14 octobre 2004

Saint-Augustin-de-Desmaures - Pressé par plusieurs participants au Forum des générations, le premier ministre Jean Charest a ouvert la porte à l'abandon de sa promesse électorale de consentir une baisse générale d'impôt de un milliard pour l'ensemble des contribuables québécois. Ce sont plutôt les familles qui devraient être ciblées par le prochain budget.

En fin de journée, avant d'entreprendre les discussions à huis clos avec les participants, Jean Charest s'est montré sensible aux critiques assénées contre ces baisses générales d'impôt, qui totalisent cinq milliards de dollars en cinq ans. «Ça ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd», a dit le premier ministre.

«Peut-être qu'une baisse généralisée est une chose et une aide à la famille est une autre chose. Il y a la classe moyenne qui est importante. Cette classe moyenne, c'est beaucoup de jeunes familles», a-t-il évoqué dans son allocution de clôture. «Ce n'est pas parce qu'on baisse les impôts qu'on remet en question ses programmes sociaux», a ajouté le premier ministre.

Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, avait tenu une conférence de presse pour annoncer que le gouvernement privilégiera les familles dans le prochain budget. «Ce qui compte, c'est de réduire les pressions financières sur les familles, peu importe la façon», a-t-il expliqué.

Aux yeux du ministre, le gouvernement Charest respecterait ainsi son engagement électoral de réduire de un milliard par année l'impôt de tous les Québécois. «Il y a beaucoup de discussions là-dessus sur comment on appelle ça. Moi, j'appelle ça mettre de l'argent dans les poches des familles québécoises, que ce soit une baisse d'impôt ou une diminution du fardeau fiscal», a dit M. Béchard.

De son côté, le ministre des Finances, Yves Séguin, n'a pas exclu que le gouvernement Charest procède à une baisse générale d'impôt même si plusieurs participants au forum sont venus demander au gouvernement de ne pas réduire les impôts compte tenu de la situation précaire des finances publiques. Il a toutefois confirmé que les familles seront ciblées dans le budget 2005-06.

«Au prochain budget, on travaille toujours sur notre engagement à continuer de baisser l'ensemble du fardeau fiscal des contribuables. On cible bien sûr plus les contribuables moyens, avec une attention particulière pour les familles. Je pense que c'est dans l'intérêt public que nous fassions porter notre effort financier vers ces groupes de contribuables», a-t-il dit. Au cours d'un entretien, M. Séguin a affirmé au Devoir qu'il est maintenant assuré de dégager une marge de manoeuvre de un milliard dans son prochain budget afin d'alléger le fardeau fiscal des contribuables.

M. Séguin préfère donc parler de diminution du fardeau fiscal plutôt que de baisse d'impôt. Dans le budget 2004-05, M. Séguin avait réservé 547 millions pour une mesure de soutien aux familles les moins bien nanties, mesure qu'il avait alors assimilée à la baisse d'impôt promise. En fait, sur une base annuelle, la véritable baisse d'impôt contenue dans ce budget s'était chiffrée à 219 millions.

Hier, plusieurs participants ont ardemment prié Jean Charest de renoncer à la baisse générale d'impôt. Le président du Mouvement Desjardins, Alban D'Amours, a demandé au premier ministre de surseoir à cette promesse. L'économiste Pierre Fortin a fait de même. «Je vous embrasserais si vous faisiez ça», a-t-il dit, soulevant l'hilarité. «Ça me ferait plaisir d'embrasser Pierre Fortin si vous renonciez à votre baisse d'impôt généralisée», a renchéri plus tard le président de la FTQ, Henri Massé.

Mais alors qu'il se montrait souple à la fin de la journée, il est demeuré sur ses positions durant les discussions publiques en après-midi. Le choix du gouvernement, «c'est de ramener la fiscalité à la moyenne canadienne», a réitéré Jean Charest. Et ce, même si la dette du Québec est la plus élevée parmi les provinces canadiennes, même si l'État québécois a choisi, contrairement aux autres provinces, de soutenir activement la culture, de financer le rayonnement du Québec à l'étranger et de percevoir ses propres impôts.

Ce n'est pas un «dogme» et ce n'est pas «le vent froid de la droite qui souffle sur le Québec», a ajouté le premier ministre. Il s'est dit préoccupé par l'exode des jeunes célibataires qui gagnent de bons salaires. «Déménager de l'autre côté de la frontière, ça se fait vite», a-t-il dit.

Le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau, a jeté un pavé dans la mare en réclamant une révision complète de la tarification des services publics. Il a dénoncé «la grande blague» que sont les frais de scolarité, qui sont beaucoup trop bas au Québec, selon lui, alors qu'«on ne fait pas la distinction entre la gratuité et l'accessibilité». Il a remis en question l'électricité «sous-tarifée», la gratuité de l'eau potable et celle des autoroutes. Cette sortie a fait bondir Henri Massé. La FTQ n'entrera pas dans «un débat de tarification tous azimuts», a dit le chef syndical.

Hier, les présidents des Conférences régionales des élus étaient en intenses pourparlers avec le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, afin de concevoir le protocole d'entente visant la décentralisation des pouvoirs. Jean Charest doit faire connaître aujourd'hui la teneur de ce protocole d'entente dont la signature doit constituer un des éléments forts de la journée.

Dans son allocution de clôture, Jean Charest a noté plusieurs points généraux de «convergence» entre les participants et le gouvernement, dont le fait que le Québec est dans le peloton de tête des sociétés qui ont réussi. Il a cité un nombre impressionnant de sujets qui seront abordés lors des discussions à huis clos, allant de l'éducation à l'occupation du territoire, de la prospérité économique à l'immigration.

Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, estime que Jean Charest n'a pas de vision précise à proposer aux participants. «On a l'impression que les idées restent un peu éparpillées parce que le premier ministre n'a pas vraiment une vision, a-t-il dit. Le seul gros point qui peut en sortir [du forum], c'est la décentralisation. Les gens des régions tiennent un peu le gouvernement à la gorge pour faire un succès de cet événement.»





Forum des générations

Les étudiants claquent la porte

Mario Cloutier
La Presse jeudi 14 octobre 2004

Saint-Augustin - Les étudiants ont fourni l'une des rares notes discordantes au Forum des générations. Déçus de la tournure des choses, les deux représentants des fédérations universitaire et collégiale ont claqué la porte en fin d'après-midi.

" C'est un forum qui sert à gérer des groupes sociaux, et nous, se faire gérer, on n'aime pas ça ", a déclaré Pier-André Bouchard-St. Amant, président de la FEUQ (Fédération étudiante universitaire) qui compte maintenant mobiliser ses 250 000 membres, avec ceux de la Fédération des cégeps, en vue d'une importante manifestation le 10 novembre prochain.

Les étudiants reprochent au gouvernement Charest son refus de revenir sur sa décision d'économiser une centaine de millions en endettant davantage les étudiants qui recevront dorénavant moins de bourses, mais davantage de prêts.

" C'est pas un forum des générations, mais des déceptions. Ce n'est clairement pas à l'avantage de la génération montante ", de conclure le porte-parole de la FEUQ.

Sa collègue de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Julie Bouchard, a ajouté que les ponts étaient également rompus avec le ministre de l'Éducation, Pierre Reid, au sujet des prêts et bourses.

" Le ministre est déjà sorti dans les journaux pour dire qu'il n'y avait pas de négociation possible sur les prêts et bourses. On ne peut pas continuer de s'asseoir avec lui. C'est un non-sens ", dit-elle.

Jean Charest

L'annonce de ce départ n'a pas ébranlé outre mesure le premier ministre Jean Charest qui a souligné que " les portes vont toujours rester ouvertes " pour discuter avec les fédération étudiantes.

" C'est important que nous puissions légitimement attendre que ceux qui participent au Forum amènent des solutions ", a-t-il tout de même glissé à l'intention des étudiants.

Plus tôt hier, il avait rappelé que les étudiants québécois bénéficient, selon lui, du " régime de prêts et bourses le plus avantageux en Amérique du Nord ". M. Charest a expliqué qu'un étudiant québécois payait en moyenne 1800 $ par année pour les frais d'éducation, tandis qu'un Ontarien fait face à une facture de 5000 $.

Ajoutant son grain de sel, le président de la Caisse de dépôt et de placement, Henri-Paul Rousseau, a dit regretter qu'on confonde trop souvent accessibilité et gratuité aux études supérieures au Québec.

" On se compte des blagues sur les frais de scolarité ", a-t-il déclaré.

À l'extérieur du complexe où se tient le Forum, le président de la FTQ, Henri Massé, a salué les représentants étudiants, mais questionné à leur sujet, il a indiqué qu'il croyait que leur départ avait été décidé avant le début du sommet.





Les ingénieurs québécois regardent le PPP du coin de l'oeil

Pierre Picard
Les Affaires samedi 16 octobre 2004

Les Ingénieurs - Le partenariat public-privé suscite quelques inquiétudes

À quelques jours du début des auditions de la Commission des finances publiques sur le projet de loi 61 visant à créer l'Agence des partenariats public-privé du Québec, il est clair que le principe même de partenariat public-privé (PPP) est loin de faire l'unanimité au sein des associations d'ingénieurs québécois.

Alors que certaines d'entre elles refusent carrément de se prononcer, d'autres s'avancent avec prudence sur ce terrain. Gaétan Lefebvre, président de l'Ordre des ingénieurs québécois, admet que l'OIQ n'a pas de position officielle sur le sujet.

"Le PPP est avant tout une question de relation d'affaires entre les ingénieurs et les clients. Nous surveillerons ce dossier de près et interviendrons, le cas échéant, si nos observations nous poussent à croire que la protection du public est menacée ou que l'autonomie de l'ingénieur est remise en cause", se contente-t-il de dire.

La vigilance de l'AICQ

De son côté, Johanne Desrochers, présidente-directrice générale de l'Association des ingénieurs-conseil du Québec (AICQ), estime qu'il faut donner sa chance au coureur.

"L'AICQ est d'avis que, si le mode de financement en PPP peut permettre de réaliser des projets qui, autrement, ne verraient pas le jour, c'est une bonne chose d'examiner cette avenue. La volonté de considérer d'autres façons de faire est très saine et positive. Cela engendre un questionnement des plus utiles", dit-elle.

Mme Desrochers émet toutefois une nuance : "Tout le monde n'est pas d'accord pour mener des projets de partenariat public-privé partout et pour tout. Le PPP n'est pas le remède à tous les maux. Il est clair que cela va entraîner des changements dans plusieurs domaines, comme celui des infrastructures routières, du bâtiment et de la gestion de l'eau. Nous sommes à cet égard dans une phase exploratoire."

Outre SNC-Lavalin, il existe au Québec très peu de sociétés d'ingénieurs-conseil capables de devenir des promoteurs dans des projets de partenariat public-privé, selon Mme Desrochers. "Cette situation pourrait favoriser la venue d'entreprises étrangères qui chercheraient à dénicher des partenaires québécois dans le secteur du génie-conseil. À la limite, cela pourrait même engendrer des fusions ou des acquisitions dans une industrie où la consolidation est déjà élevée depuis quelques années. Certains de nos membres sont inquiets et se demandent comment ils se positionneront dans cette vague de changements", ajoute-t-elle.

Mme Desrochers lance également aux membres de l'AICQ un appel à la prudence. "Les cabinets d'ingénieurs-conseil pourraient être sollicités pour investir dans des projets de PPP et ainsi se mettre à risque. Il leur faudra être très prudents", prévient-elle.

Les réserves de l'APIGQ

L'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) émet plusieurs réserves face au PPP. "Nous ne sommes pas contre le partenariat public-privé, mais nous ne sommes pas non plus très enthousiastes à l'idée elle-même", lance Michel Gagnon, président de cet organisme qui regroupe 1 150 ingénieurs oeuvrant dans la fonction publique québécoise, dont plus de la moitié au ministère des Transports (MTQ).

Plus précisément, l'APIGQ s'interroge sur la valeur économique des PPP en ce qui concerne le domaine des infrastructures. M. Gagnon fournit comme exemple le pont de la Confédération, dont la construction a été achevée en 1997. Le gouvernement canadien avait confié à l'entreprise Strait Crossing Development le mandat de concevoir, financer, construire et exploiter ce pont à péage de 13 km reliant le Nouveau-Brunswick à l'Île-du-Prince-Édouard.

"L'entreprise privée a emprunté 161 M$ pour réaliser ce projet. Or, un rapport du vérificateur général adjoint du Canada a conclu que les coûts de financement auraient pu être inférieurs d'environ 45 M$, si le gouvernement s'était procuré l'argent nécessaire en ayant recours à son propre programme d'emprunt. Ça commence mal, quand on veut réaliser des économies avec un PPP", dit-il.

M. Gagnon craint par ailleurs que le PPP n'engendre une perte d'expertise du génie-conseil québécois. "Si une entreprise étrangère est choisie pour un projet de PPP, elle ne sera pas obligée de travailler avec des ingénieurs-conseil québécois. Il y a donc un risque de perdre de l'expertise dans des secteurs de pointe."

Aussi, l'APIGQ demande au gouvernement québécois de mettre sur pied une commission consultative sur les contrats de partenariat public-privé, laquelle aura comme mandat principal d'évaluer l'à-propos de réaliser un projet ou un autre en PPP.

dossiers@transcontinental.ca





Commission Gomery

Le bureau de Gagliano avait un système secret de classement des commandites

Isabelle Rodrigue
Le Devoir jeudi 14 octobre 2004

pc Ottawa - L'ex-ministre des Travaux publics Alfonso Gagliano était largement impliqué dans les décisions entourant les commandites et son bureau avait même mis sur pied un système de classement secret, a expliqué Isabelle Roy, une fonctionnaire qui occupait le poste d'adjointe spéciale au cabinet du ministre, à la commission Gomery.

Témoignant devant la commission d'enquête sur ce programme controversé, Mme Roy a décrit les relations entre le bureau du ministre et la direction responsable des commandites.

La fonctionnaire est bien placée pour expliquer cet aspect puisqu'elle a vu les deux côtés de la médaille: de février 1996 à avril 1999, elle occupait le poste d'adjointe spéciale du ministre Gagliano. En mai 1999, elle a obtenu un poste au sein de l'équipe de gestion des commandites, alors dirigée depuis peu par Pierre Tremblay, et est devenue responsable de la coordination avec le cabinet du ministre.

Interrogée par le procureur de la commission, Guy Cournoyer, à savoir si les recommandations du ministre Gagliano étaient en fait des décisions, la fonctionnaire a répondu par l'affirmative.

«Oui, lorsque j'ai quitté le cabinet du ministre, il y a eu d'autres adjoints qui m'ont remplacée dans mes fonctions, a expliqué Mme Roy. Lorsque j'étais [au programme de commandites], je faisais la liaison avec le cabinet du ministre, et ces gens qui m'ont remplacée ont quand même continué à communiquer avec moi en me faisant des suggestions de montants par rapport à des événements. Mais à la fin, normalement, ces projets-là devaient être acceptés.»

«Si le ministre disait que, cette année, on ne commanditait pas cet événement, eh bien, on ne le commanditait pas», a poursuivi la fonctionnaire, qui doit poursuivre son témoignage aujourd'hui.

Il y sera notamment question d'un système secret de classement mis sur pied par Mme Roy, qui révèle des détails sur le cheminement des commandites dans le processus décisionnel. Cette base de données, appelée «MP log» (qui pourrait se traduire par «journal de bord des députés»), déposée devant la commission, comporte de nombreux exemples de députés et ministres recommandant des événements et intervenant en leur faveur.

Selon le témoin, ce fichier permettait d'accélérer le traitement des commandites sans passer par le processus traditionnel. Pressée de questions par le procureur, Mme Roy a reconnu qu'il y avait aussi des raisons relevant de la discrétion puisque le système avait l'avantage de ne laisser aucune trace des demandes adressées directement au ministre.

Elle s'est d'ailleurs dite surprise de voir que la commission Gomery avait copie du document qu'elle croyait détruit depuis le départ de M. Gagliano de la politique, en janvier 2002.

L'ex-ministre Gagliano a toujours nié avoir joué un rôle déterminant dans le processus décisionnel entourant les commandites, laissant à M. Guité le soin de gérer le programme. Tout au plus rencontrait-il M. Guité de trois à quatre fois par année, avait-il déclaré devant le comité parlementaire qui s'était penché sur le scandale.

À la lumière des témoignages devant la commission et des documents rendus publics, il semble cependant que M. Gagliano était l'un des principaux acteurs de toute l'affaire.

Ce rôle aurait placé le programme de commandites dans une classe à part, du moins aux yeux des fonctionnaires oeuvrant au sein de l'équipe de gestion des commandites.

Les pratiques entourant la gestion des commandites étaient si particulières que les employés de l'équipe de Charles Guité avaient d'ailleurs compris qu'il valait mieux ne pas poser de questions, a expliqué Huguette Tremblay, une fonctionnaire de la direction des commandites, qui terminait son témoignage hier.

«Il faut comprendre que quand on a un patron qui est au niveau d'un sous-ministre adjoint [Charles Guité], qu'on se rapporte directement à lui et que lui fait affaire régulièrement avec le bureau du ministre et le bureau du premier ministre, à un moment donné, on comprend qu'on ne travaille pas dans un environnement [...] normal», a lâché Mme Tremblay.

La veille, pendant toute la journée, cette fonctionnaire de carrière avait raconté au juge John Gomery comment le programme était géré, donnant des exemples précis des pratiques et du processus décisionnel.

«On s'habitue à ces choses-là, a-t-elle poursuivi. Appelez ça de la naïveté, appelez ça de la loyauté mal placée, appelez-ça de la stupidité si vous voulez, mais on s'habitue, et puis, à un moment donné, ça devient partie de ton quotidien et tu fais ce que tu as à faire. À un moment donné, on ne pose plus de questions parce qu'on n'a pas de réponses de toute façon.»

Mme Tremblay se rappelle avoir demandé des pièces justificatives pour une facture plutôt élevée présentée par Groupaction. M. Guité lui aurait alors dit de payer la facture et de cesser de poser des questions.

«Disons que je n'ai plus vraiment posé de questions après ça», a résumé Mme Tremblay.





Commission Gomery

Un programme géré secrètement

Nathaëlle Morissette
La Presse jeudi 14 octobre 2004

Afin d'en préserver toute la confidentialité, le cabinet du ministre des Travaux publics traitait de façon particulière la correspondance en lien avec le programme de commandites. Un registre spécial avait été créé pour faire le suivi des dossiers le plus discrètement possible.

C'est du moins ce qu'a affirmé hier Isabelle Roy, ancienne adjointe spéciale au cabinet de l'ex-ministre des Travaux publics Alfonso Gagliano, lors de son témoignage devant la commission Gomery.

Mme Roy s'est occupée du programme de commandites au bureau de M. Gagliano de la fin de 1998 jusqu'à mai 1999. Lors de cette période, le cabinet du ministre ne souhaitait pas faire connaître l'existence de ce programme qui disposait d'un budget discrétionnaire de 40 millions.

«On voulait limiter le nombre de personnes qui géraient les demandes, a soutenu la fonctionnaire (...) C'était pour des raisons politiques, on ne voulait pas nécessairement que ça soit publicisé.»

Mme Roy avait donc comme directive «de ne pas gérer la correspondance» de façon habituelle. C'est pourquoi elle devait faire en sorte que les dossiers des commandites n'apparaissent pas dans le système informatique du ministère en créant un «système de classement secret». Ainsi, les demandes étaient acheminées directement par messager ou par télécopieur à Chuck Guité, le fonctionnaire responsable du programme.

«Il n'y avait donc pas d'accusé de réception ?» a alors demandé le juge John Gomery. Mme Roy a effectivement confirmé qu'en procédant de cette façon, le ministère effaçait toute trace de correspondance dans le système informatique.

Mme Roy faisait une copie de chaque demande et ouvrait un dossier qu'elle compilait dans la base de données «mp log». Croyant que ces documents n'existaient plus, elle a semblé extrêmement surprise de constater hier qu'ils avaient été retrouvés dans le système et que d'autres employés y avaient ajouté de nouvelles informations. Elle était convaincue que ces données avaient été détruites lorsque M. Gagliano a quitté la vie politique en 2002.

Implication de Jean Pelletier

Un peu plus tôt dans la journée, lors du témoignage de Huguette Tremblay, adjointe de Chuck Guité, le nom de Jean Pelletier, ancien chef de cabinet de Jean Chrétien, est revenu sur le tapis. Alors que son avocat a tenté de prouver qu'il n'avait été aucunement impliqué dans la gestion du programme, un courriel écrit le 23 septembre 1999 par Mme Tremblay laisse entendre le contraire. Dans ce message adressé entre autres à Evelyn Marcoux alors directrice des communications au ministère des Travaux publics, la fonctionnaire mentionne que M. Pelletier a parlé à des représentants de l'agence Lafleur Communication, concernant le programme de commandites. Mme Tremblay ne se rappelle toutefois pas qui l'a avisée de cette conversation.

Aux Communes, hier, le premier ministre Paul Martin a subi les foudres de l'opposition. Des documents déposés lors des audiences de la commission Gomery mardi dévoilent que des collaborateurs de M. Martin, alors qu'il était ministre des Finances, auraient fait des pressions pour que les Internationaux du sport de Montréal obtiennent une commandite. Or, le premier ministre Martin a toujours nié être intervenu pour faire renverser une décision liée au programme.





Commission Gomery

Paul Martin malmené par l'opposition

Le Soleil jeudi 14 octobre 2004

PC Ottawa - De nouvelles preuves dévoilées à la commission d'enquête Gomery sur le scandale des commandites démontrent que Paul Martin était au courant de ce qui se tramait à l'époque, a clamé l'opposition aux Communes, hier.

Ces tentatives d'associer le premier ministre au scandale sont venues alors que, la veille, il a été dit devant la commission que des collaborateurs de M. Martin, alors qu'il était ministre des Finances, avaient aidé une organisation sportive à obtenir 600 000 $ dans le cadre du Programme des commandites.

"Le premier ministre a maintes fois répété qu'il ne savait rien du Programme des commandites, a affirmé le député conservateur James Moore. Il a dit qu'il était en dehors de cela, mais des documents démontrent qu'il était clairement dedans pour aider ses amis...

"À quel moment le premier ministre va-t-il dire la vérité - la vérité à propos de son rôle dans le scandale des commandites ?"

M. Martin a refusé de commenter les travaux de la commission d'enquête présidée par le juge John Gomery. Il a répété depuis Moscou où il se trouvait hier qu'il commentera uniquement lorsque l'enquête sera terminée.

Mais le ministre des Travaux publics, Scott Brison, a défendu son patron, disant que tous les députés - dont M. Martin - connaissaient l'existence du Programme des commandites - et que plusieurs l'ont utilisé pour que des événements locaux à travers le pays reçoivent du financement.

M. Brison a toutefois précisé que Paul Martin n'était pas au courant des irrégularités mises au jour par la vérificatrice générale Sheila Fraser.

Selon elle, jusqu'à 100 millions $ du programme de 250 millions $ sont allés à des agences de publicité proches des libéraux.

"Le premier ministre a répété qu'il connaissait l'existence du Programme des commandites, a dit M. Brison. Tous les membres du Parlement connaissaient l'existence du Programme des commandites. Il s'agissait d'un programme national du gouvernement du Canada."





Un forum permanent unira le Québec et la Nouvelle-Angleterre

François Normand
Les Affaires samedi 16 octobre 2004

Pour tisser des liens économiques et culturels plus étroits de part et d'autre de la frontière, un regroupement de gens d'affaires et du monde de l'éducation viennent de créer le Forum transfrontalier Québec-Nouvelle-Angleterre, un organisme privé sans but lucratif.

L'organisme sera lancé le 25 octobre à Stanstead, une ville frontalière de l'Estrie, qui abrite une institution de renommée, le Stanstead College. Le Forum, associé à l'Université de Sherbrooke, sera installé en permanence à Stanstead. Il tiendra ses activités dans un bâtiment à cheval sur la frontière, la bibliothèque et la salle d'opéra Haskell.

Parmi les partenaires de l'organisme, on retrouve des entreprises comme Hydro-Québec, le cabinet d'avocats Heenan Blaikie et la société d'ingénierie Teknika. Du côté américain, il y a notamment IBM, Vermont Gas et Community National Bank. Chaque partenaire déboursera 5 000 $ pour financer le Forum, qui ne bénéficie d'aucune subvention.

Le nouvel organisme permettra de discuter de dossiers d'intérêt commun avec les diverses parties, comme les retards pour le transport de marchandises à la frontière. Ce sera le rôle du conseil consultatif, formé de 20 membres, dont 10 du Québec, telle la Fédération des chambres du commerce du Québec, et de 10 autres de la Nouvelle-Angleterre, dont le ministère américain du Commerce. Au besoin, le Forum fera pression sur les gouvernements pour régler certains dossiers.

C'est François Lebrun, un ancien délégué du Québec à Boston, qui a eu l'idée de créer cette institution. "Après avoir passé près de quatre ans à Boston, de 2000 à 2004, j'ai réalisé à quel point nous étions liés les uns aux autres", dit M. Lebrun, aujourd'hui avocat au Groupe Hébert, une firme de recrutement de dirigeants d'entreprises.

Développer à long terme

Malgré un recul des échanges commerciaux entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre depuis 2000, en raison du ralentissement aux États-Unis, M. Lebrun affirme que l'intégration économique et culturelle entre les deux régions est une tendance forte qu'il faut développer, surtout pour le Québec. "Notre avenir est au sud !" lance-t-il.

Selon Duane Marsh, président de la Vermont Chamber of Commerce, le nouvel organisme est capital pour son État. "Le Québec est un important partenaire économique pour nous, et vice-versa." Par exemple, l'usine d'IBM à Essex, au Vermont, fonctionne en mode juste-à-temps avec celle de Bromont, en Montérégie.

Le Forum vise aussi à sensibiliser les gens d'affaires et les étudiants intéressés aux relations internationales à l'interdépendance entre ces deux régions. Il organisera diverses activités, notamment des conférences et des débats sur divers sujets (transport, énergie, sécurité, etc.). M. Lebrun aimerait bien qu'il y ait des échanges entre des établissements scolaires du Québec, en particulier l'Université de Sherbrooke et le Stanstead College, et des institutions de la Nouvelle-Angleterre.

"On sème pour le long terme", dit-il. Selon lui, en échangeant de plus en plus sur des questions politiques, économiques et culturelles, les habitants du Québec et de la Nouvelle-Angleterre apprendront à mieux se connaître.

Non seulement pourront-ils régler plus facilement des litiges et des crises, mais ils pourront peut-être les prévenir, dit-il.

Le Forum sera dirigé par un conseil de 10 membres, dont quatre de la région de Sherbrooke (deux représentants du monde des affaires et deux du milieu universitaire). Le conseil devra nommer un directeur. M. Lebrun est pressenti pour occuper ce poste.

francois.normand@transcontinental.ca





17e Entretiens Jacques Cartier

La région Rhône-Alpes veut intensifier sa présence au Québec

René Vézina
Les Affaires samedi 16 octobre 2004

Les similitudes sont une bonne base pour l'accroissement des échanges bilatéraux

De toutes les parties de la France, la région RhôneAlpes est la plus présente au Québec. Et le président de la région, Jean-Jack Queyranne, a bien l'intention de voir à ce que cet engagement aille en augmentant au cours des prochaines années.

M. Queyranne était de passage au Québec, la semaine dernière, dans le cadre des 17e Entretiens Jacques Cartier, un forum annuel qui réunit des interlocuteurs français et québécois et qui se déroule alternativement à Lyon et au Québec.

M. Queyranne connaît bien le Québec, qu'il a commencé à découvrir dès 1971 alors qu'il était au nombre des stagiaires français parrainés par l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Il est aujourd'hui président de cette région, une des plus dynamiques d'Europe, qui gravite autour de villes comme Annecy, Grenoble, Valence, et, bien sûr, Lyon. La région compte 5,8 M d'habitants.

"Notre région et le Québec ont beaucoup de points en commun, souligne-t-il : des économies actives et en évolution, avec des milieux traditionnels en reconversion et la montée des nouvelles technologies, en biotechnologies, technologies de l'information et autres pôles de croissance."

Le lancement, en février 2004, de l'Espace Rhône-Alpes, un bureau d'affaires situé Place Jacques-Cartier, à Montréal, a marqué un pas de plus vers le resserrement des relations entre les deux communautés. C'était, pour la région, la première incursion officielle du genre hors de l'Europe.

Le nouveau bureau peut servir de plateforme aux entreprises qui veulent préparer leur entrée, tout en facilitant les choses aux sociétés québécoises qui s'intéressent à la France.

Pour l'instant, une trentaine d'entreprises de la région font affaire au Québec. Du nombre, on note, par exemple Poralu, qui fabrique des quais flottants et des pontons pour les marinas, ou Horticolor, spécialisée en imagerie pour l'horticulture.

En plus de Cascades, qui possède une cartonnerie à La Rochette, plusieurs Québécoises sont présentes dans cette région française, comme Bombardier, qui achève, pour Lyon, son premier contrat en transport ferroviaire avec une trentaine de rames de train régionaux.

Dans les faits. M. Queyranne entend doubler, voire tripler le nombre de bourses offertes aux étudiants de la région qui veulent séjourner au Québec. On en compte déjà 450 et le président souhaite porter ce nombre à un millier d'ici 2010. Et il veut aussi raffermir les liens économiques.

"Nos stratégies peuvent se recouper. Le Québec s'affiche comme une porte d'entrée stratégique pour les entreprises françaises désireuses de s'implanter en Europe, et nous pensons que la région Rhône-Alpes peut faire de même pour les entreprises québécoises qui penchent vers la France et l'Europe", dit-il, en espérant que les bonnes relations actuelles aillent en s'intensifiant.

Plusieurs entreprises rhônalpines sont à la recherche de partenaires canadiens. Ces occasions d'affaires sont proposées sur le site www.erai.ca ou au bureau de l'Espace Rhône-Alpes, à Montréal.

Rene.vezina@transcontinental.ca





D'autres voix s'élèvent contre le bouclier antimissile

Alec Castonguay
Le Devoir jeudi 14 octobre 2004

Des experts se prononcent conjointement - D'autres voix s'élèvent contre le bouclier antimissile

Ottawa - La pression sera un peu plus forte dès aujourd'hui sur les épaules du premier ministre Paul Martin, qui doit prendre une décision d'ici quelques jours, voire quelques semaines, sur la participation du Canada au controversé bouclier antimissile américain. Une lettre signée par plus de 25 scientifiques, politologues et experts en défense sera remise aux députés à Ottawa ce matin, enjoignant au gouvernement fédéral de ne pas suivre les États-Unis dans ce système de défense.

La lettre, dont Le Devoir a obtenu copie, est adressée au ministre de la Défense, Bill Graham, et au ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew. Elle est signée par plusieurs grands noms qui oeuvrent dans les domaines de la sécurité, de la défense et des affaires internationales. C'est l'une des rares fois qu'une prise de position en bloc est mise en avant au Canada dans ce dossier.

On peut entre autres y voir le nom de Lloyd Axworthy, ancien ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Jean Chrétien, en nomination en 1997 pour le prix Nobel de la paix. M. Axworthy est aujourd'hui président de l'université de Winnipeg. John Polanyi, Prix Nobel de chimie en 1986, est également du nombre, tout comme Michael Byers, directeur du Liu Institute for Global Issues, Douglas Ross, directeur du Canadian-American Strategic Review de l'université Simon Fraser, et Peggy Mason, présidente de The Group of 78 Former Canadian Ambassadors for Disarmament. Se joignent à eux des professeurs et des experts des quatre coins du pays.

«Nous, scientifiques, universitaires, chercheurs et spécialistes des études internationales, des politiques de sécurité et de défense, signataires de cette lettre, croyons que le gouvernement canadien devrait respectueusement refuser une participation au système de défense antimissile américain», peut-on lire dans le préambule.

Les experts soulignent dix raisons pour ne pas engager le pays aux côtés des Américains, dont le fait que «le Canada a traditionnellement recherché les solutions pacifiques aux conflits et, en l'absence de menace crédible d'une attaque de missiles balistiques, n'a aucune raison d'adhérer au projet».

Pour eux, «les coûts, les buts et l'efficacité» demeurent inconnus et le bouclier risque de déboucher «sur une arsenalisation de l'espace». De plus, «contrairement à la pensée populaire, une participation canadienne au bouclier n'aidera pas la résolution des présents différends sur les échanges canado-américains, comme le bois d'oeuvre et les exportations de boeufs», expliquent les auteurs. «Il pourrait polluer l'environnement, répandre des débris dans l'espace, contribuer à une course aux armements, réduire la sécurité globale et engouffrer des quantités énormes de ressources monétaires et humaines», poursuivent-ils.

Cette lettre est l'idée de trois étudiants: Mathieu St-Laurent et Jean-François Rancourt, étudiants à la maîtrise en relations internationales à l'UQAM, et Ross Neil, candidat à la maîtrise en études géographiques à l'université Carleton, à Ottawa. Par cette action, ils souhaitent inciter le gouvernement à tenir un vote sur le sujet à la Chambre des communes et influencer les députés pour qu'ils se prononcent contre la participation du Canada.

Le NPD et le Bloc sont farouchement opposés au projet américain, alors que les conservateurs n'ont toujours pas pris position, même s'ils réclament eux aussi un vote au Parlement. C'est toutefois loin d'être acquis puisque, selon la Constitution canadienne, les traités internationaux sont la responsabilité du cabinet seulement.

Dans les rangs libéraux, l'inconfort est bien visible. Plusieurs députés sont contre la participation du Canada, mais si Paul Martin décidait de suivre les États-Unis, la grande majorité des libéraux rallierait la position du premier ministre, même advenant un vote. C'est ce que croit la députée libérale ontarienne Carolyn Parrish, depuis longtemps opposée au projet.

«Ce que nous aurions, c'est une solidarité avec Paul Martin de la part des 39 membres du conseil des ministres, des 30 secrétaires d'État, des 15 présidents de comité et des 30 nouveaux députés qui veulent plaire au premier ministre. Ça fait 114 députés [sur 134]. Il n'en reste pas beaucoup pour s'opposer», a-t-elle déclaré, visiblement contrariée, à la sortie du caucus libéral hier.

Selon elle, un vote passerait donc chez les libéraux, «mais ça ne refléterait pas ce que les personnes pensent au sein du parti», dit-elle. Pour remédier à la situation, Carolyn Parrish veut plutôt que Paul Martin prenne sa décision sans recourir au vote. «Je ne veux pas de vote, je veux qu'il prenne ses responsabilités et qu'il dise non.»

Le ministre des Infrastructures et des Collectivités, John Godfrey, a confirmé les dires de Carolyn Parrish en affirmant qu'il suivra la décision du cabinet même s'il est contre le projet. «C'était ma position comme simple député, a-t-il dit hier. Les règles du jeu m'obligent maintenant à accepter le principe de solidarité du cabinet. C'est ma tâche de faire en sorte qu'il y ait de bonnes discussions au cabinet, et ensuite on verra les conséquences.»



TRIBUNE LIBRE






TRIBUNE LIBRE

Lettre ouverte à MM. Fred Ryan et Richard Henderson

Pierre Denault, Pontiac
TRIBUNE LIBRE 14 octobre 2004

Lettre ouverte à M. Fred Ryan
Éditeur du Journal du Pontiac Journal,

Richard Henderson
Association régionale des West Quebecers,

Cette lettre est une réplique à l'article intitulé: This is your chance, de M. Fred Ryan, dans lequel la communauté anglophone du Pontiac est invitée à venir se prononcer à une réunion du "The Quebec Community Group" organisée par le RAWQ.

Dans cet article, M. Ryan dit que les anglo-Québécois sont souvent comparés aux francophones vivant à l'extérieur du Québec et que cette comparaison est décourageante parce que ces derniers reçoivent beaucoup plus d'aide gouvernementale. Il dit aussi que les anglophones du Pontiac sentent qu'ils sont confondus avec la grande majorité anglophone canadienne.

La raison évidente, M. Ryan, pour laquelle les communautés francophones du "ROC" reçoivent plus d'aide gouvernementale est qu'elles sont des espèces menacées. Les francophones de notre région exhibent aussi les symptômes d'une société isolée, invisible et oubliée. C'est la raison pour laquelle, je crois, qu'il est si important de dénoncer les efforts de rapetissement du Québec francophone de l'ARWQ.

Avec l'aide de vos petits amis (les autres médias anglophones,) vous avez réussi à faire croire aux Canadiens que les anglos Québécois sont abusés mais nous savons, très bien que les anglo-québécois forment la minorité la plus gâtée des Amériques et, dans le cas du Pontiac, nous devons dire gâtée-pourrie parce que vous dominez tellement, qu'après des générations de vécu parmi les francophones, près de 90% d'entre vous êtes encore unilingue.

Cela devient immoral, de constamment vous plaindre et quémander de l'argent des gouvernements mais, vous vous complaisez tellement dans ce rôle de martyrs que je doute que vous, "Canada's poor cousins" arrêtiez. J'aimerais donc être la mouche sur le mur du centre RA de Shawville, le 21 octobre, soir de cette réunion, pour entendre les contes que vous vous raconterez… Malheureux que vous n'ayez pas choisi le 31 octobre pour tenir cette réunion… L'Halloween étant le soir approprié pour les histoires d'épouvante.

Loi101, BOU, HOU!,
Loi sur l'affichage, BOU, HOU, HOU!
Politique québécoise, BOU, HOU, HOU!

Chacune des piastres que nos gouvernements versent à l'Association Régionale des West Quebecers est contre productive; elle est une insulte aux francophones et une injustice aux contribuables.