
Autopsie d'un échec
Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir mercredi 20 octobre 2004
À peine quelques jours après qu'un comité d'experts eut remis un rapport expliquant tant bien que mal l'explosion des coûts de construction du prolongement du métro vers Laval, voilà que s'ouvre, à Percé, l'enquête du juge Robert Lepage sur un autre désastre financier, celui de la faillite du projet de modernisation de l'usine Gaspésia. Peut-on seulement souhaiter qu'on saura tirer des leçons de ces deux expériences ?
Si l'on se fie aux prévisions du comité d'experts créé l'été dernier pour expliquer le dépassement des coûts de construction du métro de Laval, le projet coûtera 803 millions de dollars au lieu des 378 millions fixés par Québec au début des travaux. Commentant le rapport, vendredi dernier, deux anciens ministres des Transports du gouvernement Bouchard, Guy Chevrette et Serge Ménard, ont rejeté toute responsabilité. Ulcéré, M. Ménard s'est d'ailleurs empressé d'affirmer que cette explosion des coûts était le fait des libéraux qui, en novembre 2003, ont décidé de remplacer la présidente de l'Agence métropolitaine de transport, Florence Junca-Adenot, par un ami du parti. Pourtant, M. Ménard sait bien que les coûts ont monté en flèche dès le début des travaux, en 2001, et que, au moment du départ de Mme Adenot, la prévision atteignait déjà 600 millions!
En fait, dès février 2002, l'AMT avait décidé d'aller de l'avant avec la phase 2 en sachant que le projet coûterait au bas mot 553 millions. De son côté, Québec a donné le feu vert à cette seconde phase en mai suivant, non sans exprimer son inquiétude devant les nouvelles prévisions produites par le consortium qui gérait le projet. Ce n'est donc pas d'hier qu'on savait, à Québec, que le projet coûterait beaucoup plus que les 378 millions autorisés une année auparavant. Pourtant, rien n'a été fait pour ramener le projet à des proportions acceptables.
Aujourd'hui encore, malgré les prévisions du comité d'experts, il y a fort à parier que le coût final du métro de Laval frisera le milliard à la fin des travaux, prévue en 2007. Même d'ardents défenseurs d'un prolongement du métro, dont Le Devoir, n'auraient pas hésité à soutenir une autre proposition, celle d'un train léger, par exemple, s'ils avaient été mieux informés.
Dans le cas de la Gaspésia, il s'agissait aussi d'un choix politique précipité fait dans l'ignorance ou le déni des coûts réels du projet. Cette fois, c'est au gouvernement de Bernard Landry qu'il faut attribuer la décision d'aller de l'avant malgré une évaluation officielle inférieure à la réalité.
Ainsi, de 465 millions prévus lors de l'annonce du projet, l'investissement requis des actionnaires - le Fonds de solidarité, Tembec et la SGF - était passé à 693 millions en seulement deux ans, rendant impossible toute rentabilité. Les actionnaires ont donc lancé l'éponge et choisi d'enregistrer une perte importante, au désespoir des actionnaires du Fonds de solidarité, des fournisseurs du chantier et des ouvriers de l'usine qui ne retrouveront jamais leur travail.
Étant donné l'importance de cet échec attribué aux péquistes, une enquête a été ordonnée par le gouvernement Charest pour faire la lumière sur les allégations de toutes sortes impliquant tantôt les politiciens, tantôt les travailleurs du chantier et tantôt les actionnaires.
Le métro de Laval et la Gaspésia sont des exemples de décisions politiques précipitées qui ont tourné au cauchemar et terni la réputation du secteur public en tant qu'auteur de grands projets. C'est pourquoi il est si important que l'enquête entreprise par la commission Lepage débouche non seulement sur une explication des causes de l'échec de la Gaspésia, mais surtout sur des recommandations qui serviront à ramener un climat d'efficacité et de productivité sur les grands chantiers du Québec.
j-rsansfacon@ledevoir.ca

La moitié des dividendes d'Hydro pour payer la dette
Claude Turcotte
Le Devoir mercredi 20 octobre 2004
Alban D'Amours insiste sur l'importance de trouver des solutions pour assainir les finances publiques
Alban D'Amours, président du Mouvement Desjardins, propose qu'environ la moitié des sommes versées par Hydro-Québec en dividendes au gouvernement pour payer l'épicerie soit plutôt utilisée pour le remboursement de la dette. Cette suggestion devrait être appliquée une fois que la question du déséquilibre fiscal aura été résolue, précise M. D'Amours, qui invite néanmoins le gouvernement Charest à réfléchir sur ce point dans le cours de son présent mandat.
Le président de Desjardins a profité de sa présence hier midi à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour réaffirmer devant la communauté d'affaires cette suggestion qu'il a présentée la semaine dernière au Forum des générations et qui n'a pas suscité de réactions. Pour l'heure, M. D'Amours est satisfait que l'un des constats de ce forum soit que l'idée de renoncer à une baisse généralisée des impôts semble faire son chemin.
Néanmoins, le défi des finances publiques demeure, à ses yeux, majeur. «Nous devons stopper l'endettement de l'État. Pour que le poids des obligations financières ne devienne insoutenable pour les générations montantes, il ne suffira pas de nous contenter de la réduction du ratio de la dette par rapport au PIB qui découlera du seul fait de la croissance économique. Il faudra prendre des mesures actives pour accélérer cette réduction», a fait valoir le conférencier.
Pour lui, il y a au Québec «un potentiel énergétique considérable qui peut être développé encore et qui, d'une certaine façon, appartient au patrimoine des générations». M. D'Amours a précisé en conférence de presse qu'il parlait des ressources hydrauliques et éoliennes, qui sont à ses yeux les deux plus importantes ressources énergétiques du Québec. Et la question environnementale? «Il faudra faire des choix, mais on parle ici d'une énergie propre», a-t-il noté.
Comme exemple de gouvernement qui a appliqué une méthode semblable pour faire disparaître complètement sa dette, M. D'Amours a mentionné l'Alberta. À l'inverse, il y a celui de l'Ontario qui, après avoir baissé les impôts, s'est retrouvé avec un déficit important, ce qui l'a obligé à augmenter les taxes. M. D'Amours situe toutefois son intervention dans une perspective à plus long terme.
Il remarque que le Québec a la plus forte dette parmi les provinces canadiennes, soit 114 milliards ou 44 % de son PIB. Or, malgré l'atteinte officielle du déficit zéro depuis six ans, la dette québécoise a continué d'augmenter de plus de 15 milliards par le fait que certains grands projets d'immobilisation sont désormais amortis sur les années à venir.
Contexte démographique
«Dans le contexte démographique qui nous attend, il est absolument impensable de laisser les choses se détériorer encore», prévient M. D'Amours. En outre, il faut profiter du fait que l'économie va bien et que les taux d'intérêt sont encore bas pour amorcer ce virage. Le service de la dette du Québec est quand même de sept milliards présentement.
L'arrivée à la retraite de la génération du baby-boom, jumelée à la forte baisse de la natalité depuis les années 1960, entraînera une baisse de la population en âge de travailler dès le tournant de la prochaine décennie. La tranche de population âgée de 65 ans et plus, qui avoisine 12 % maintenant, aura doublé dans moins de 30 ans. Il y a présentement cinq travailleurs pour un retraité; il restera à peine un peu plus de deux travailleurs pour un retraité. Non seulement il y aura moins de travailleurs pour payer des impôts, mais les retraités vivront plus longtemps. Les économistes Pierre Fortin et Marc Van Audenrode prévoient que d'ici 20 ans le manque à gagner sera de 10 milliards par année. Comment pourra-t-on payer les importantes charges fiscales additionnelles?
En commençant le plus tôt possible à utiliser une partie significative des rentes provenant des ressources énergétiques pour faire baisser la dette. Il faut prendre plusieurs autres mesures, mentionne M. D'Amours, comme faire un appel plus important à l'immigration, favoriser la natalité par des politiques de souplesse dans les méthodes de travail et des programmes d'aide à la petite enfance, adapter les régimes de retraite pour inciter les travailleurs à demeurer plus longtemps sur le marché du travail, avoir des baisses d'impôt sélectives et non pas générales, etc.
Quant à l'élimination du déséquilibre fiscal, qui serait une condition préalable pour mettre la suggestion de M. D'Amours en marche, on n'en sait pour l'instant rien, même si hier le premier ministre Paul Martin a appelé le président du Mouvement Desjardins pour lui dire que l'incident de l'émission de Pétro-Canada ne se reproduira pas. Valeurs Mobilières Desjardins a été complètement oublié au moment de former le syndicat de courtiers choisis pour la mise en vente des actions du gouvernement fédéral dans Pétro-Canada.

C'était au temps où Harper bruxellait
Manon Cornellier
Le Devoir mercredi 20 octobre 2004
Lors de son passage à Québec la semaine dernière, le chef conservateur Stephen Harper pensait ne lancer que des pistes de réflexion sur le futur de la fédération. Son discours est d'abord passé inaperçu au Canada anglais, mais voilà que le National Post s'y est intéressé hier et en a fait tout un plat dans deux textes teintés d'une pointe d'inquiétude.
Les rapports avec le Québec suscitent des réactions épidermiques au Canada anglais ces temps-ci. La susceptibilité est à la hausse. Bien des choses font tiquer: l'accord asymétrique avec le Québec sur la santé, la mission commerciale du premier ministre Jean Charest au Mexique au côté du premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, la collaboration entre le Parti conservateur et le «très séparatiste» Bloc québécois.
Les partis fédéraux ne se sont pas insurgés contre le traitement réservé au Québec. Médias et défenseurs libéraux de l'orthodoxie trudeauiste s'en sont donc chargés. On pense au Globe and Mail, qui a accusé Stephen Harper de pactiser avec le diable en appuyant le sous-amendement du Bloc. Ou encore à l'ancien ministre libéral John Manley et au sénateur Serge Joyal, qui ont, comme de nombreux médias, critiqué l'entente asymétrique conclue avec le Québec.
Les cogitations de M. Harper ont donc réveillé quelques vieux démons, en particulier son évocation du modèle fédéral belge et d'une possible dévolution de pouvoirs, non pas vers les provinces, mais vers de nouvelles institutions représentant les deux grandes communautés linguistiques. Le Post a vu dans cette idée et dans la coopération avec le Bloc un rappel désagréable de l'alliance formée sous Brian Mulroney entre les nationalistes québécois et les conservateurs de l'Ouest.
M. Harper joue gros car, si cette image s'impose, cela pourrait lui coûter des appuis dans sa base traditionnelle. Cela démontre aussi qu'il peut être périlleux pour un chef politique canadien de s'aventurer dans un débat sur le fédéralisme sans pouvoir mettre de la chair autour des os, ce qui était le cas du chef conservateur hier et lundi.
À sa décharge, il n'a jamais dit à Québec qu'il fallait adopter le modèle fédéral belge, mais plutôt l'examiner pour en tirer des enseignements peut-être intéressants. Tout comme il a invité les conservateurs du Québec à examiner ce qu'ont mis en avant Jean Charest, Mario Dumont et les jeunes souverainistes.
Le problème pour M. Harper est que son projet de «fédéralisme d'ouverture», destiné à adapter la fédération à la réalité, arrive après des années de durcissement des positions autour de deux visions très différentes du pays, un durcissement particulièrement accentué depuis le référendum de 1995.
Au Canada anglais, c'est surtout la vision trudeauiste, centrée sur l'individu, allergique aux droits collectifs, qui domine. Elle définit le pays comme multiculturel et bilingue, mais pas multinational.
En vertu de cette vision, le Canada se projette dans des programmes «nationaux» et non «fédéraux», qui servent à promouvoir des valeurs communes. Des programmes ou des lois qui deviennent des symboles intouchables de l'identité canadienne, comme la Loi sur la santé.
Pour beaucoup, cette vision est aussi synonyme d'un gouvernement central fort, défenseur des intérêts du tout canadien. Les composantes de la fédération se doivent d'être égales entre elles, ce qui ferme la porte à tout statut distinct qui signifierait la création de deux classes de provinces.
Au Québec, il importe peu que les autres provinces aient plus de pouvoirs, ce qu'on veut, c'est que ses propres pouvoirs soient respectés et renforcés afin d'assurer l'épanouissement du peuple québécois. De façon sommaire, cette approche conçoit la fédération comme un contrat entre deux peuples fondateurs, dont l'un a une forte base territoriale provinciale. La demande de reconnaissance du caractère distinct du Québec équivaut donc à une demande de reconnaissance de l'égalité des deux peuples.
Comment réconcilier ces deux concepts d'égalité? M. Harper semble vouloir les ménager tous les deux, en conservant l'égalité des provinces dont il préconise le respect des pouvoirs constitutionnels et en créant des institutions sur une base linguistique. Mais cette dernière solution ne fait que reconnaître l'égalité entre communautés linguistiques sans pour autant reconnaître celle entre les peuples.
La proposition de M. Harper a au moins le mérite de relancer la réflexion sur la fédération. Ou, serait-il juste de dire, de venir alimenter celle déclenchée par la décision de Paul Martin d'accepter l'asymétrie. Il y a des risques pour les deux hommes de rouvrir ce débat. Leurs partis sont traversés par des courants puissants qui pourraient mal réagir à des initiatives pour séduire le Québec, peu importe que celles-ci soient nécessaires pour y percer. Le vrai test est à venir, et ce, pour les deux chefs. Il surviendra lorsque le premier ministre discutera garderies et villes avec les provinces et réunira son parti en congrès en début d'année. Même chose pour M. Harper, qui rencontrera ses troupes lors de leur premier congrès en mars.
Post-scriptum
Saviez-vous que la chaîne anglaise de Radio-Canada demande depuis des semaines que le public identifie les plus grands Canadiens et permette ainsi de choisir le plus grand? Évidemment, la CBC ne s'adresse qu'aux anglophones puisque la chaîne française n'a pas fait appel au public francophone. Comme on pouvait s'y attendre, l'exercice s'est conclu par un résultat tordu.
Les résultats parlent d'eux-mêmes. Un seul Québécois figure parmi les 10 finalistes. Il s'agit de Pierre Elliott Trudeau. Sur la même liste, on retrouve nul autre que Don Cherry, un homme qui n'a pas hésité à afficher son mépris à l'endroit des francophones. Ce dernier choix suffit à montrer la superficialité de l'exercice de la CBC. Et cette institution publique prétend élire le plus grand Canadien...
mcornellier@ledevoir.com

Fédéralisme communautaire
L'approche belge de Harper attaquée de toutes parts
Sylvain Larocque, PC
Le Devoir mercredi 20 octobre 2004
Ottawa - Adversaires politiques et experts critiquent ouvertement l'idée qu'a lancée le chef conservateur, Stephen Harper, de confier à des communautés francophone et anglophone distinctes des pouvoirs en matière de culture et de télécommunications.
Dans un discours prononcé vendredi à Québec, M. Harper a dit vouloir explorer le modèle fédéral belge, qui octroie de nombreux champs de compétence aux deux principales communautés linguistiques du pays. Le chef de l'opposition officielle a évoqué plus particulièrement les pouvoirs liés au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), à Radio-Canada/CBC, à la Francophonie, au Commonwealth et à l'Unesco.
Le chef conservateur n'a pas précisé s'il préconisait la mise sur pied de nouvelles institutions au pays. Le parti veut mener des consultations sur le sujet et espère produire un document de travail en vue du congrès de son aile québécoise, à la fin novembre. Par cette démarche, Stephen Harper cherche à accroître ses appuis au Québec, dans l'espoir de faire élire, ultérieurement, des députés dans la province, passage obligé vers un gouvernement majoritaire.
«L'idée est intéressante, j'avoue, c'est vrai», commente en entrevue téléphonique Jacques Leclerc, sociolinguiste et spécialiste des modèles d'aménagement linguistique dans le monde.
La création de communautés linguistiques serait particulièrement séduisante pour les francophones hors Québec, explique-t-il, avant de mettre en garde contre les nombreuses difficultés pratiques du concept.
«Ça impliquerait des conflits de compétence avec les provinces, à moins qu'on en fasse simplement une structure administrative. Ça, je dirais que c'est praticable, mais ce n'est pas du tout la notion belge. Ça n'a rien à voir.»
Henri Brun, professeur de droit constitutionnel à l'Université Laval, précise que seul un amendement à la Constitution canadienne permettrait d'assurer la stabilité à long terme d'un système communautaire.
«Ce serait extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, surtout pour quelque chose d'aussi important que cela», souligne-t-il, en faisant allusion à l'échec des négociations constitutionnelles, il y a une dizaine d'années.
«Honnêtement, je ne crois pas que de telles négociations puissent arriver à bon port là-dessus. C'est dommage, parce que ça nous amène à être un peu éteignoir, alors que l'idée n'est peut-être pas sans mérite.»
M. Harper assure qu'il n'a pas l'intention de replonger le pays dans des pourparlers constitutionnels, même s'il confirme avoir parlé de ses idées au grand instigateur des rondes constitutionnelles, Brian Mulroney. Mais il ne compte pas répéter l'histoire.
«Bien que je reconnaisse la contribution de M. Mulroney et d'autres, je veux proposer quelque chose qui, tout en visant les mêmes besoins, va dans une autre direction», affirme Stephen Harper, en se défendant de vouloir plaire uniquement au Québec. Son projet, encore embryonnaire, reconnaît-il, n'a qu'une portée administrative.
Sans modification constitutionnelle, la nouvelle structure ne pourrait être, en fin de compte, qu'imputable au fédéral, estime Jacques Leclerc, puisque les compétences de chaque gouvernement sont inscrites dans la Constitution.
Et il faudrait probablement ajouter aux communautés francophone et anglophone une entité autochtone, voire plusieurs, note-t-il.
Quoi qu'il en soit, il faudrait peut-être se contenter du système actuel, prévient M. Leclerc.
«On pourrait dire que le Canada a mieux réussi sa politique linguistique que la Belgique, dans la mesure où il y a une certaine paix au Canada, contrairement à ce qui se passe en Belgique», fait-il remarquer.
Le premier ministre, Paul Martin, n'a d'ailleurs pas manqué de ridiculiser la proposition de M. Harper.
«Je crois que le rôle du premier ministre du Canada n'est pas de construire une meilleure Belgique, mais un meilleur Canada», a-t-il lancé hier. Le chef conservateur a rétorqué qu'il s'agissait là d'une attaque creuse qui trahissait le manque d'idées des libéraux pour renouveler la fédération.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pour sa part dit craindre que l'idée de Stephen Harper ne soit la concrétisation d'une forme de «nationalisme ethnique».

Martin slams Belgium plan: Harper's model solution: Euro nation not a standard for Canada, says Prime Minister
Anne Dawson, CanWest News Service
National Post October 20, 2004 Wednesday
OTTAWA - Prime Minister Paul Martin yesterday scoffed at Conservative Leader Stephen Harper's national unity plan to make Canada more like Belgium, while Conservative MPs revealed they were not consulted on the controversial scheme before their leader unveiled it in Quebec City last Friday.
While Mr.Harper's top aides downplayed his proposal telling CanWest News that it is an "embryonic stage" and it is the "genesis of something that may not even go anywhere", Mr. Harper went into full-speed-ahead mode booking an interview with CBC to promote his idea.
"I think the role of the prime minister of Canada is not to build a better Belgium, it's to build a stronger Canada," Mr. Martin told reporters after a meeting with world-renowned chimpanzee researcher Jane Goodall in his office yesterday.
He later joked about Mr. Harper's new found preoccupation with Belgium during Question Period after answering the Conservative leader's question about the sponsorship scandal.
"I spent a lot of this morning studying the Belgian constitution. I thought that is what the honorable member might have asked me about," he said smiling.
Many Conservative MPs were caught unaware by Mr. Harper's speech conceding they knew nothing about it, although they said they had total faith in his understanding of constitutional issues. Mr. Harper, who did not win a seat in Quebec during the June election, did not mention his Belgium plan during the 36-day campaign.
"I actually haven't read the whole speech yet so I shouldn't comment," said B.C. MP James Moore, who added that he is not part of a group apparently advising Harper on the matter.
"But I have full confidence in Stephen Harper, his understanding of Quebec and his understanding of Canada and I don't think there's any danger in having federal political leaders talking about different agendas for both our party and for Canada's relationship with Quebec."
Ontario MP Belinda Stronach and Alberta MP Jim Prentice also said they were not consulted.
"I have not yet had the opportunity to review the plan or consult with the leader on the plan," said Ms. Stronach.
"I'm not involved in development of a plan," said Mr. Prentice.
Manitoba MP Brian Pallister said Canadians are more concerned about how their health care and education services can be delivered more effectively than they are in constitutional reform. But he is open to discussing new ideas for making Canada work better.
"I would need to be convinced that Canadians are not still tired of a constitutional debate the magnitude of which we saw with previous discussions on other proposals. I would think that non-constitutional change and discussion is probably where most Canadians are at," said Mr. Pallister.
Tory Senator John Lynch-Staunton, who is Mr. Harper's leader of the opposition in the Senate, said the first he heard about this plan was in the National Post.
Mr. Harper's press secretary, Carolyn Stewart-Olson, lowballed the proposal as still in the idea stage.
"It is his idea that he just floated out there. It isn't even a policy yet," said Ms. Olson. "It's the genesis of something that may not even go anywhere."
Mr. Harper declined to say specifically who he is consulting with about this new unity strategy although he reminded reporters that he is a constitutional expert who was closely involved in the last couple rounds of failed unity talks with Quebec.
"I'm fairly well informed on the evolution of federalism around the world and obviously have been consulting some of our own people, some of our people in Quebec and we've had some discussions with some members of provincial parties in Quebec," he said. "I'm waiting to get some of their reaction and some of their input. These ideas will take more shape over the next few months."
Mr. Harper later told CBC that he is not interested in reopening the constitution to achieve a new national unity plan for Canada, suggesting instead that new legislation would be the best approach.
"We're not necessarily proposing a constitutional discussion here. There's been a lot of discussion lately about devolving powers to the provinces -- to Quebec specifically. What I'm suggesting is there may be a more systematic institutional way of doing that that I think would bind Quebec more to the rest of the country and not just be about Quebec alone."
Mr. Harper's original speech on this subject balleyhooed the Belgium model where federal authority has been divided not just with geographically based regions, but linguistic communities as well. He said rather than just giving away more powers to the provinces, the federal government should consider working with the provinces, particularly Quebec, to establish Francophone and Anglophone Community institutions for jurisdictions in areas like the CRTC, the CBC, the Francophonie, the Commonwealth, and UNESCO.
He said yesterday that there could be an institution that might deal specifically with French CRTC matters.
"What I see happening .. is a gradual one way devolution of authorities ... to one province, which is Quebec and I think that's, in a way, the worst of all worlds in terms of national unity," Harper told CBC.
"I'm a decentralist and a devolutionist and always have been a believer in the autonomy of the provinces. But I do think in terms of devolution of federalism, we want to look at more than just the demands of the provinces and more than just the demands of the province of Quebec."
Mr. Harper has also endorsed parts of Action Democratique du Quebec leader Mario Dumont's plan for Quebec adding that he wants to further discuss the Belgium model with him.
Mr. Dumont's plan includes allowing the province to change its name to "the autonomous state of Quebec' and have its own constitution.
Meanwhile, Liberal leadership contender Maurizio Bevilacqua waded in on the matter yesterday firing off a letter to Mr. Harper reminding him that as an MP, he swore an oath to Canada. He accused him of now putting forward a scheme that is "dangerous" to national unity.
"As Parliament opened the nation witnessed you making a deal with the Bloc.
"This week Canadians watch as you embrace elements of the ADQ's plan to rename Quebec and Parti Quebecois leader Bernard Landry's referendum strategy to unilaterally declare Quebec's independence and then attempt to negotiate terms with Ottawa," wrote Mr. Bevilacqua.
"Canadians are left wondering why you, who have spent the past decade fueling the fires of western alienation, are handing separatists all they desire?"

The Belgian waffle: Constitutional positions should not be made on the fly by a leader who casually drops them in a Friday night speech
L. Ian Macdonald
The Montréal Gazette October 20, 2004 Wednesday
Stephen Harper came dangerously close yesterday to being a Belgian joke, the European equivalent of the old Newfie joke. What's Blue and floats in the Ottawa River? Leaders who suggest modelling Canadian federalism on the Belgian experience.
Whose really dumb idea was that? And who persuaded Harper there would be no problem in going along with Mario Dumont's suggestion of styling this province as the autonomous state of Quebec? It would have no more effect, Harper shrugged, than a U.S. state calling itself the Commonwealth of Massachusetts. Technically and intellectually, he's quite right. Politically, he's dead and dangerously wrong.
As Harper himself put it so well last Friday in roasting Heritage Minister Liza Frulla for her stupid comments that Quebec could represent Canada at UNESCO meetings: "You would think that even Ms. Frulla could figure out that such talk only discredits the idea of asymmetric federalism in the other provinces."
Precisely. Since the health accord, with its side deal exempting Quebec from reporting requirements, allowing other provinces to avail themselves of the same provision, the strong central government lobby has been out in force saying this is checkerboard federalism.
Of course, asymmetric federalism is as old as confederation itself. See Section 133 of the Constitution Act of 1867 on French and English as recognized languages of the courts and legislature in Quebec. See the opting out under the Canada-Quebec Pension Plan of 1964. See the Cullen-Couture agreement on immigration between Ottawa and Quebec in 1978.
But it doesn't take much to let the genie of special status out of the bottle. First, there were Dumont's and Frulla's musings. Then, the announcement Premier Jean Charest would travel to Mexico with French Prime Minister Jean-Pierre Rafferin on a joint France-Quebec trade mission. Oh, great!
Then, Harper, in the same Quebec City speech in which he scorched Frulla, did some thinking out loud about the Belgian model under which "federal authority has been divided not just with geographically based regions, but also with linguistic models as well. I want my party to consider how this model might be adapted to Canada."
It was only a few short sentences, with careful covering language about the need to "develop our own model, adapted to our situation as a bilingual and multicultural federation."
Just a few thoughts tossed off at a Friday night speech, which would normally have sunk like a stone. But there was a little wire story in last Saturday's papers. By yesterday, there were no qualifiers in the torqued-up headline in the National Post "Harper's Canada: Belgium."
Welcome to a bad day at the office.
Harper had a prime spot on Canada A.M. yesterday, that went along nicely for about three minutes but then turned into a drive-by shooting on Belgium.
Fortunately, there is a place Harper can send this idea - to the Conservative Party's policy convention next March, where it would be overwhelmingly defeated in the unlikely event it ever made it to the floor.
But that's the point. Leaders don't make up policy on the fly on a Friday night, least of all policy involving amendments to the constitution and the functioning of the federation. They discuss it with their caucus, they submit it to their rank and file. Then if it's adopted, everyone accepts it.
Everyone understands that Harper is trying to build a constituency in Quebec that claims a viable middle ground between the dynastic pretensions of the Liberals and the dead end of the Bloc Quebecois. But he doesn't need to curry favour with Mario Dumont to achieve it.
It's one thing to acknowledge Quebec's legitimate aspirations within confederation, it's quite another to move to the ground of special status. Every such attempt at winning votes in Quebec has failed miserably and resulted in a backlash in English-speaking Canada. From Robert Stanfield and Two Nations in the 1968 election to Jack Layton's promise to repeal the Clarity Act in the 2004 campaign, the results have all been the same.
Harper, if he insists on playing this game, will invite the same kind of ridicule that greeted him in the Commons yesterday, where the prime minister deflected one question by saying he had spent the morning reading the Belgian constitution, and the public works minister accused him of being a Belgian waffle.
Fortunately for Harper, he got quite the better of these sharp exchanges on who in Martin's office made a call to Alfonso Gagliano's office about a sponsorship grant to Serge Savard's Montreal International sports group. Martin, pathetically, refused to say, deepening questions about his own possible involvement.
Harper got the upper hand, because he made it about them, not about him. But he could have done without the Belgian jokes.

La reconnaissance des clubs politiques par le Parti Québécois interpelle la gauche québécoise
Monique Richard pour le SPQ Libre
L'aut'courriel n° 90, 19 octobre 2004
Donnant suite aux propositions du club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec Libre (SPQ Libre), le Conseil exécutif national du Parti Québécois recommande que le Congrès de juin 2005 adopte d’importantes modifications aux statuts du parti dont la reconnaissance des clubs politiques.
De tels changements ont le potentiel de régénérer la vie politique, chambouler le paysage politique et fournir aux souverainistes la forme tant recherchée de la grande coalition capable de mener le Québec à l’indépendance nationale.
Selon les nouveaux statuts, «À un club politique est un groupe de militants pour la souveraineté qui veulent mettre en évidence et promouvoir l’expression politique d’une perspective spécifique qu’elles et ils jugent importante. » Les clubs «fonctionnent selon les règles qu’ils se donnent » et leur financement est «constitué des contributions de ses membres. »
Les clubs politiques «sont reconnus par la Conférence nationale, sur recommandation du Conseil exécutif national. » Pour être reconnu, un club politique doit remplir trois conditions : «a) adhérer à la déclaration de principe du Parti Québécois; b) produire une déclaration exposant sa mission; c) regrouper un minimum de deux cents membres en règle du Parti Québécois, dont au moins dix membres en règle dans quatre régions différentes. »
La proposition a l’avantage de combiner le respect de l’autonomie des clubs politiques et les conditions de leur participation à la vie du Parti Québécois. Les clubs adoptent leur propre Déclaration de principes, en fonction de la spécificité de leur mission, leurs propres statuts et règlements, mène leur propre campagne de financement.
Il n’est pas obligatoire que tous les membres du club politique adhèrent au Parti Québécois. Il suffit que deux cents d’entre eux le soient pour satisfaire aux exigences de la reconnaissance du club par les instances du Parti Québécois. Bien entendu, comme le club veut faire adopter ses positions par le parti, il aura intérêt à ce que le maximum de ses membres y soient actifs.
La création de clubs politiques aura un effet bénéfique sur la vie démocratique du parti. Ceux et celles qui veulent défendre un point de vue particulier, une orientation, une conception du monde pourront et devront le faire visière levée. Il leur suffira de trouver un minimum de deux cents personnes partageant leurs vues.
On peut imaginer la création d’un club politique d’altermondialistes, d’un club politique féministe, d’un autre faisant la promotion d’une présence accrue des membres des communautés culturelles dans le parti et dans la société. De tels projets sont d’ailleurs en gestation.
Les clubs politiques pourront faire valoir leur point de vue aux différentes instances du parti : conférence nationale, conférence des présidents, commission politique, congrès national. Il est facile d’imaginer que ces clubs politiques nouent des alliances entre eux . Par exemple, en échange d’un appui à notre proposition, nous appuyons la vôtre; vous votez pour notre candidat, nous votons pour le vôtre.
La reconnaissance des clubs politiques interpelle également la gauche indépendantiste à l’extérieur du Parti Québécois. Désormais, son choix est le suivant : se faire broyer par le mode de scrutin lors du prochain rendez-vous électoral ou rejoindre la coalition souverainiste avec la possibilité, par les clubs politiques, de conserver leur autonomie politique et organisationnelle.
La gauche à la croisée des chemins
Quand, au mois de mai 1997, dans la foulée du Sommet du Déficit zéro du gouvernement de Lucien Bouchard, Paul Cliche a lancé, dans les pages de l’aut’journal, son appel à la création du Rassemblement pour une alternative politique (RAP) - qui deviendra l’Union des forces progressistes (UFP) après avoir fusionné avec d’autres partis - il avait précisé qu’il était impératif d’obtenir une réforme du mode de scrutin, ce qu’il développa par la suite dans son livre Pour réduire le déficit démocratique Le scrutin proportionnel. (Éditions de l’aut’journal, 1999).
Dans l’introduction de ce livre, Paul Cliche écrivait : «L’instauration de la représentation proportionnelle constitue une condition sine qua non pour que les forces progressistes indépendantistes puissent enfin occuper l’espace qui leur revient sur l’échiquier politique québécois en se voyant attribuer une juste part de la représentation parlementaire. »
Il faut saluer la perspicacité de Paul Cliche et le combat qu’il a mené par la suite pour mobiliser la société québécoise en vue d’une réforme du mode de scrutin. Nous devons lui donner le crédit d’avoir, par son dynamisme et sa ténacité, obtenu la mise sur pied d’États généraux sur la réforme des institutions démocratiques pour étudier la question. Malheureusement, le gouvernement du Parti Québécois n’a pas procédé aux réformes.
On ne peut réécrire l’Histoire et il est aujourd’hui admis que le prochain scrutin se déroulera selon les mêmes règles que les précédents. Les modestes succès de l’UFP lors des dernières partielles ne doivent pas faire illusion. Lors de l’élection générale, les tiers-partis seront réduits à la marginalité, surtout s’il y a polarisation sur la question nationale. Telle est la loi d’airain de notre mode de scrutin.
Mais, avec la reconnaissance des clubs politiques au sein du Parti Québécois, il existe désormais une alternative pour la gauche indépendantiste : investir le Parti Québécois, s’inscrire dans la grande coalition souverainiste, tout en conservant son autonomie politique et organisationnelle.
Bien entendu, cela signifie devoir faire des alliances pour faire triompher ses politiques, accepter que certaines de ses positions soient battues dans les instances, mais n’est-ce pas là l’essence même de la politique ? Nous invitons donc nos camarades de l’UFP et d’Option citoyenne à examiner attentivement la portée et l’ampleur de l’ouverture que représente la reconnaissance des clubs politiques au sein du Parti Québécois. Pourquoi pas un club politique UFP ? Pourquoi pas un club politique Option citoyenne ?
Pour recréer la grande (coalition) souverainiste
La reconnaissance des clubs politiques est l’assise sur laquelle peut s’édifier la grande coalition souverainiste nécessaire pour que le Québec accède à l’indépendance nationale. Cette coalition a connu plusieurs formes depuis la création du Parti Québécois en 1968. Au départ, s’y côtoyaient différentes tendances politiques, des créditistes de Gilles Grégoire aux progressistes et syndicalistes comme Robert Burns, Guy Bisaillon, Denis Lazure, Gilbert Paquette, Lise Payette, Louise Harel, etc.
Puis, suite à l’échec référendaire de 1980 et, surtout, aux négociations du Front commun qui ont suivi, la coalition s’est effritée. Les syndicalistes et nombre de progressistes ont alors quitté le parti.
Lors du référendum de 1995, la coalition s’est reformée, cette fois à l’extérieur du parti, dans Partenaires pour la souveraineté qui comprenait, outre le Parti Québécois, le Bloc Québécois, les grandes centrales syndicales et différentes organisations communautaires. Partenaires pour la souveraineté était en quelque sorte le prolongement de la coalition souverainiste qui a vu le jour au sein de la Commission Bélanger-Campeau, au lendemain de l’échec de l’accord du Lac Meech.
Aujourd’hui, rien de tel n’existe et la renaissance d’une coalition sous cette forme est fort improbable. Il n’y a aucune dynamique similaire à ce que fut la Commission Bélanger-Campeau. Au contraire, les grandes centrales syndicales, pour ne prendre que cet exemple, n’ont plus le mandat de participer à de telles coalitions. Leurs membres n’ont pas encore digéré les compressions budgétaires du Déficit zéro et certaines politiques des deux mandats péquistes.
La voie à privilégier pour reconstituer la coalition des forces souverainistes est le Parti Québécois. Premièrement, parce que la prochaine bataille électorale sera titanesque. Les forces fédéralistes, sachant maintenant qu’elles peuvent perdre un référendum sur la souveraineté, mettrons tout en Suvre pour empêcher l’élection d’un gouvernement à la recherche d’un tel mandat. Les souverainistes auront donc besoin d’un parti politique aguerri, militant et enraciné dans tous les milieux pour espérer triompher.
Deuxièmement, il est important, essentiel et primordial de restaurer le rôle des partis politiques dans notre vie démocratique en accordant aux différents courants politiques la possibilité de défendre leurs idées à visage découvert et à visière levée. Les vrais débats, les véritables arbitrages doivent avoir lieu au sein des partis politiques.
Pour y arriver, il faut, d’une part, mettre fin, au sein du Parti Québécois, à la «culture du consensus» qui a sclérosé sa vie interne. Les courants minoritaires doivent y être reconnus et respectés. C’est d’ailleurs ce que le préambule des nouveaux statuts affirme en présentant les clubs politiques comme «l’expression politique d’une perspective spécifique jugée importante par un groupe, constituant parfois une opposition ou une contestation, à l’intérieur même du cadre statutaire, sans pour autant rompre le lien partisan. »
D’autre part, les tenants de la gauche doivent accepter que certaines de leurs positions puissent être défaites sans se sentir obligé de déchirer leurs cartes de membre sur la place publique.
Notre société a beaucoup évolué au cours des quarante dernières années et il est aujourd’hui impensable pour certains souverainistes de rallier le Parti Québécois en mettant de côté leurs sensibilités politiques et les causes sociales pour lesquelles elles et ils militent. Côté social, ces souverainistes peuvent se trouver plus d’affinités avec l’UFP ou Option citoyenne, mais feront face à cul-de-sac électoral.
La reconnaissance des clubs politiques au sein du Parti Québécois permet de concilier les facettes sociale et nationale de notre combat. À défaut de la proportionnelle, c’est la meilleure perspective que nous puissions imaginer.

Sur le chemin de l'exil
Bertrand Poirot-Delpech
LE MONDE | 19.10.04 |
On aimerait ne pas y revenir si souvent, aux dangers que court la langue française, dans le monde, à nos portes, sur les bancs de l'école. C'est l'actualité qui nous condamne aux redites, par ses constats répétés de recul, d'abandons, d'impéritie, de déclin inexorable et comme accompagné. Que dira l'Histoire, qu'aura-t-on fait là contre, quand la bataille sera perdue, si ce n'est déjà le cas ?
Un "Manifeste" publié le 13 octobre lance l'alarme : qu'au moins le français soit adopté par l'Europe comme langue de référence, faisant foi pour les accords officiels de l'Union. L'initiative revient à Maurice Druon, rejoint par des autorités telles qu'Otto de Habsbourg, Mario Soares, Bronislaw Geremek, Simeon de Saxe-Cobourg, Federico Mayor, Ismaïl Kadare, Abdou Diouf...
Voilà pour les dispositions institutionnelles, laissées en blanc par la Commission, à bout de compromis.
Hélas ! le peu d'effet de la loi Toubon contre les dérives langagières dans l'industrie, le commerce et la publicité, grande ouverte aux à-peu-près anglicisants, a rendu sceptique quant aux préventions et remèdes imposés d'en haut. Ce n'était pas une raison pour prendre du même coup des mesures aggravant le phénomène. Confier au seul ministère de la culture tous les organismes concernés, jusque-là rattachés au premier ministre, équivaut à douter que l'action souhaitable relève de tout le gouvernement.
Un seul département ministériel n'a aucune chance, c'est connu, de s'imposer aux autres. Dans le même temps, un rapport de la Rue de Grenelle enregistre sans émoi que le savoir-lire-écrire-compter assuré naguère par la petite école n'est plus maîtrisé à la sortie des... collèges. Ce qui ne l'empêche pas d'y ajouter comme basique l'"anglais de communication" – le sabir des aéroports, que le nouveau locataire du Quai d'Orsay, principal concerné, avoue ne pas pratiquer ; comme si le français était congédié en douce des échanges internationaux, pour ce manque de compétitivité économique dont le salariat a failli être rendu coupable.
Dans Une autre langue(Flammarion), paru ces jours-ci, François Taillandier décrit l'état d'étrangers à leur propre dialecte natal où glissent invinciblement les francophones. Au nom d'une "modernité" d'autant plus tyrannique qu'évasive, définie par on ne sait qui en vue d'on ne sait quoi, résurgence du fatum antique devant lequel seule convenait une prosternation hébétée – Messire le Marché, probablement.
"Parce que le monde bouge", profèrent sans précision certaines campagnes de réclame, toute réplique étant taxée à l'avance d'archaïque. Et que dire des Texto et SMS informatiques qu'on nous donne pour de nouvelles chances de l'écrit, comme si ce dernier devait se survivre phonétiquement !
Signe de ces temps de débâcle auprès desquels l'effondrement de juin 1940 fait figure de péripétie : l'orthographe que Jules Ferry voulait entendre rabâcher par le plus modeste fils de paysan au rythme de ses sabots en route vers l'école n'est plus qu'une occasion de compétition télévisée. De la connaissance partagée, on est passé au championnat pour têtes de classe. Après l'effacement des frontières, vient celui de la patrie intérieure des mots.
D'instrument de curiosité, de possession de soi et d'ouverture à l'universel, le français tel qu'il est apparu durant cinq siècles risque de devenir sous nos yeux, avec la complicité de notre inertie, un patois d'expatriés comme il s'en chuchote par petits groupes au sortir des sanctuaires désaffectés, l'encens des cérémonies abolies, l'ultime consolation de l'exil.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 20.10.04

TRIBUNE LIBRE
Le temps de tergiverser est fini
René Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 20 octobre 2004
Le temps de tergiverser est fini. Les temps de grandes émotions sont passés et l'heure des décisions stratégiques majeures approche. Finis les peurs, les scrupules et les faux-fuyants.
Les choses vont mal pour nous, donc, c'est le temps de jouer le tout pour le tout et risquer de tout perdre ou de tout gagner. Nous ne sommes plus des enfants. Dans de telles circonstances, le temps est venu de prendre une décision hardie et de passer aux actes.
Le Parti Québécois doit se radicaliser et doit clairement informer tous les électeurs sans oublier personne qu'en votant pour le Parti Québécois, vous avez déjà décidé ce qui suit et il n'y a pas à y revenir:
1. Vous reconnaissez le Québec comme votre foyer national.
2. Vous reconnaissez le Québec comme l'assise de votre État naturel et optimal et vous n'en reconnaissez aucun d'autre. Vous avez décidé qu'il n'y a au Québec qu'un seul État, le vôtre et aucun autre.
3. Vous accordez votre loyauté et appui à l'État du Québec seulement, en reconnaissant que cet État ne peut venir au monde sans l'appui que vous lui accordez déjà avec votre vote pour le Parti Québécois.
4. Vous reconnaissez le Canada comme un continent et non comme un pays, ce qu'il est effectivement.
5. Vous ne reconnaissez pas l'État centralisateur, unitaire et arbitraire d'Ottawa et vous avez décidé de ne plus lui accorder ni appui ni loyauté.
6. Vous appuyez le Parti Québécois et le prochain gouvernement du Québec constitué par le Parti Québécois et vous l'autorisez à disposer et jeter hors Québec toutes les institutions, organismes et offices du gouvernement fédéral d'Ottawa.
7. Vous êtes disposé à reconnaître les autres provinces comme des États légitimes, au moment où elles se débarasseront des offices, institutions et organismes du gouvernement fédéral d'Ottawa, dont personne n'a besoin.
8. Vous êtes déterminé à en finir avec Ottawa par tous les moyens, mais en commençant par des moyens politiques que vous appuyez sans réserve.
9. Cette décision radicale et définitive de votre part signifie que Québec n'a plus à solliciter quoi que ce soit d'Ottawa, sauf pour lui indiquer le chemin qui mène vers l'élimination pure et simple.
10.Comme premier acte, vous autorisez le gouvernement du Parti Québécois à saisir en partant les deux pouvoirs essentiels détenus par Ottawa:
a. la fiscalité, et
b. les communications.
Toute personne qui vote pour le Parti Québécois à la prochaine élection générale doit être avertie en partant des motifs réels de son vote, afin que personne ne puisse dire qu'on a voté pour un bon gouvernement de province ou tout autre motif mou du genre. Cette perspective appartient au passé.
Le référendum suivra cette première décision et aura pour objet d'y donner suite. Mais les éléments de base de cette décision sont déjà compris en partant au moment même de voter pour le Parti Québécois.
Il n'y a pas à y revenir.

TRIBUNE LIBRE
BERNARD LANDRY, FINI LES FOLIES !
Hugo Saint-Hilaire, La Ligue pour l’indépendance du Québec
TRIBUNE LIBRE 20 octobre 2004
Assez c’est assez, la Ligue pour l’indépendance du Québec en a assez de voir le projet d’indépendance, de souveraineté (puisque c’est devenu aujourd’hui le mot consacré), ridiculisé sur la place publique par une élite politique absolument incapable d’assumer ses responsabilités nationales et de porter fièrement le projet auprès de la population. Nous vivons non pas avec des souverainistes, mais avec des « souveraineux », des « hésitants purs et durs », des intellectuels qui passent leur temps à tergiverser!
Fini les folies ! La Ligue pour l’indépendance du Québec souhaite la formation d’un autre parti politique indépendantiste, et au plus vite. Toutes les forces vives du PQ, du Bloc et des autres organisations souverainistes doivent absolument se regrouper pour donner à la nation un élan constructif et sain.
La Ligue pour l’indépendance du Québec est persuadée que les prochaines élections seront gagnées par l’ADQ. Comme si de rien n’était, l’ADQ a finalement officialisé sa position politique en des éléments très concrets. L’ADQ est, se dit fédéraliste et l’assume; ce que le PQ est incapable de faire avec son option depuis que Lucien Bouchard a abandonné le navire avant qu’il ne chavire. « L’État autonome » de l’ADQ ridiculisé par les bien-pensants est mille fois plus générateur d’énergie que tout ce que le PQ et le Bloc essaient de faire. Qu’essait donc de faire le PQ (Parti Québécois) de la PQ (Province de Québec) au juste? Personne ne le sait vraiment, et encore moins la population qui, avec raison, regarde les politiciens péquistes comme s’ils étaient des guignols, ces mêmes politiciens qui devraient pourtant incarner la noblesse d’un idéal fondamental pour un peuple.
Le PQ est devenu la risée du Québec! Il faut y mettre un terme. Il est faux de prétendre que le PQ est le seul véhicule à prendre pour arrimer l’État du Québec à sa destinée. Si une telle idée était vraie, jamais René Lévesque aurait fondé un nouveau parti politique puisque, à l’époque de la fondation du PQ, les libéraux provinciaux portaient toute l’énergie du Québec sur leurs épaules. Prétendre le contraire n’est que discours de pleutre et enfermement. La vraie stratégie est dans la fondation d’un nouveau parti politique souverainiste dont l’idée de souveraineté sera claire et limpide pour la population et qui lui inspirera spontanément confiance dans ses buts et objectifs.
En conséquence, la Ligue pour l’indépendance du Québec s’offre pour devenir l’intermédiaire qui regroupera toutes les forces de bonne volonté afin de s’arrimer à un autre navire. Le capitaine, nous le trouverons. Il s’agit de faire un premier pas! Si rien ne se fait, nous n’aurons qu’à récolter ce que nous aurons semé, c’est-à-dire le laisser-aller et l’indifférence! L’invitation est donc lancée aux individus comme aux parties politiques et aux groupes. Vous pouvez communiquer avec nous à cette adresse courriel liq@videotron.ca ou par le biais du site web de la LIQ www.independance-quebec.org

TRIBUNE LIBRE
Faites le pas ou ne le faites pas mais branchez-vous !
Gino (Gab) Boucher, Amqui
TRIBUNE LIBRE 20 octobre 2004
J’en suis à lire Le Référendum Confisqué de Claude-V. Marsolais qui fut publié chez VLB éditeur en 1992 et je constate qu’il n’y a pas eu une seule once d’évolution notable au Parti Québécois depuis le référendum de 1980. Même si je suis un souverainiste convaincu et actif dans ma communauté, je dois reconnaître que le PQ me déçoit coup par dessus coup par les temps qui courent…
Selon Radio-Canada, qui ont peut-être une fois de plus trafiquer l’information de manière a faire passer le PQ et son chef Bernard Landry pour des chokers, il semblerait que la radicalisation du Parti annoncé par Bernard Landry au congrès de la fin de semaine dernière, n’a pas fait long feu. Il semble qu’il remet déjà en question son récent discours qui faisait état d’un prochain référendum à la mi-temps d’un prochain mandat comme gouvernement du Québec. Ça ne me surprends pas ! J’aurais plutôt été surpris du contraire ! Le PQ finira par signer son arrêt de mort à jouer ce jeu là ! D’ailleurs, je leur reproche avec un certain dégoût d’avoir trop souvent laisser à eux-mêmes les plus fidèles et plus virulents défenseurs de leur cause. Comme ils l’ont si maladroitement fait à Yves Michaud ! Le parti qui se dit souvent celui de le jeunesse a commis l’erreur de se mettre à dos une grande partie de l’électorat de la génération X avec entre autre, les clauses orphelins. Sans compter qu’ils ont toujours eu le don de faire la sourde-oreille aux propositions, souvent très novatrice, de ceux qui font la promotion des idéaux du Parti. Comme récemment avec la proposition Laplante - Parizeau. Et pourtant, ils perdent un temps fou à tenter de rectifier ce qui dérange les opposants au projet. Comme s’il était plus important de plaire au opposants qu’aux militantes et militants de la première heure du PQ.
C’est clair que le PQ ne peux plus se permettre de perdre la face encore plus longtemps ! La comédie a assez durée ! Si Pauline Marois n’est pas prête et qu’elle fait dans son froque à chaque fois qu’elle entend le mot référendum, qu’elle aille se coucher dans sa boîte ! Même chose pour Landry s’il est incapable de se tenir debout et d’honorer ses propres allégations ! Avant tout, le Parti Québécois se doit d’être le parti de ceux qui souhaite la souveraineté et cesser ipso facto de vouloir être le parti de tout le monde ! La condition gagnante, elle est là et nulle part ailleurs ! N’en déplaise au peureux et à tous ceux et celles qui ne seront jamais prêt à faire le pas ! Faites le pas ou ne le faites pas mais, branchez-vous ciboire !

TRIBUNE LIBRE
Les Russes gagnés à Bush
Sylvio Le Blanc Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 20 octobre 2004
Un sondage révèle que les Russes donnent majoritairement leur appui au président Bush dans sa lutte contre Kerry. Comment s’étonner après que leur petit dictateur en puissance, le président Poutine, soit si populaire.
Il appert que les Israéliens sont aussi pro-Bush en majorité. Et on sait que les Russes de confession juive qui émigrent en Israël, déjà très nombreux là-bas, sont parmi les plus conservateurs de ce pays.
Décidément, le communisme à la soviétique aura fait bien du tort, et continue d’en faire.

TRIBUNE LIBRE
Vichy et Québec
Jacques Bergeron
TRIBUNE LIBRE 20 octobre 2004
Il est très intéressant de savoir que nos Québécois
vivent souvent un sentiment de culpabilité qui leur
fait épouser la pensée de l'autre. Ils sont trop .....
pour comprendre qu'un écrit venant de la plume ( ou de
l'ordinateur) d'un ennemi ne vaut que pour celui qui
veut ignorer ou feindre d'ignorer que les Anglais du
Canada et des USA en compagnie d'un certain dictateur
cubain nommé Batista, ont refusé d'accueillir un
bateau comprenant près de 1500 juifs envoyés par Hiler
vers l'Amérique en 1939. S'il y a des collaborateurs,
il faut bien comprendre qu'ils étaient surtout du côté
des Anglais du Canada et des USA.
Il est notoire que
le premier ministre du Canada de cette époque,
Mckensie King, pour ne pas le nommer, était ( en 1939)
un admirateur du dénommé Hitler. Tout comme les
États-Unis, alors dirigés par Roosevelt, le Canada et
l'Angleterre ont collaboré très étroitement avec Vichy
et le Maréchal jusqu'à tout le moins en 1942.
Pierre
Dupuy était alors l'Ambassadeur du Canada auprès de
Pétain alors que les USA avaient un dénommé Dulles
jouant le même rôle. Que certains Canadiens-français,
de même que plusieurs centaines (sinon des millions) de
milliers de Canadiens-anglais et d'Étatsuniens aient
été des admirateurs de cet individu, je ne crois pas
qu'on puisse le nier. Mais de là à prétendre que
l'Abbé Lionel Groulx fut un de ceux-là pour un certain
temps, peut-être jusqu'en 1940, cela se comprend même
si on ne l'accepte pas, personne n'ayant encore connu
le dictateur/raciste/antisémite qu'il était à cette
époque.
Par ailleurs, il faudrait que ceux qui
reprennent le flambeau de Galganov (un Russe émigré
chez nous il y quelques années, anti-Canadien-français
et ennemi juré de notre idéal, qui avec d'autres
anglophones, (toutes ethnies confondues) a traité nos
Politiques ( Lucien Bouchard et Jacques Parizeau) de
Nazis et d'admirateurs d'Hitler lors du référendum de
1995) relisent l'histoire afin de la comprendre, ce
qui leur permettrait de découvrir qu'ils jouent le jeu
de nos ennemis en assumant un sentiment de culpabilité
que ces derniers sont trop heureux de leur voir
jouer.
Si on veut connaître l'histoire de Lionel
Groulx, il y a un «Docteur en histoire ayant écrit son
mémoire de doctorat sur «Lionel Groulx» qui est membre
de notre section. Alors je demande à notre ami Yves
Saint-Denis, qui a écrit sept ( 7 ) volumes (mémoire
de) sur ce grand homme, de venir mettre son grain de
sel dans cette affaire sur Lionel-Groulx. Il saura
nous apporter ses lumières, beaucoup plus que les
personnes qui se sont exprimées sur ce sujet, celles-là
même qui ont accepté de vivre un sentiment de
culpabilité indiqne de la part de quelqu'un qui veut
se libérer de l'occupation Anglaise et Anglophone pour
se donner un pays.
Salutations «patriotiques»
J'invite tous ces individus à lire l'histoire de la
Commission scolaire de Montréal, écrite par Robert
Gagnon, cela leur permettra de bien saisir le sens du
comportement du dénommé Galganov. Relire aussi les
textes de cet ennemi ferait comprendre à nos amis,
qu'ils sont les jouets dans les mains de Galganov.
Qu'en épousant ses propos, ils ne font que son jeu.
Gilles Rhéaume pourrait certainement nous éclairer sur
ce bonhomme et sa démarche insidieuse. Si je me
souviens bien, il avait porter plainte contre ce
supposé journaliste devant la commission des droits de
la personne du Québec.
Les Québécois vivent tellement ce sentiment de
culpabilité inhérent à leur incapacité de se donner un
pays, que même le président actuel de la SSJB de
Montréal est incapable de défendre Lionel Groulx. Il
faut dire qu'un certain Gérard Bouchard, frère de
l'autre, a très bien oeuvré pour salir la réputation
de notre «Grand Historien national», culpabilisant
ainsi ses concitoyens, j'allais dire ses frères, mais
il ne mérite pas autant de considération! Je refuse de
considérer cet individu comme un frère.

TRIBUNE LIBRE
Galganov n'a aucune crédibilité
Luc Potvin
TRIBUNE LIBRE 20 octobre 2004
Galganov n'a aucune crédibilité. Et, du côté canadien-français, si on
regarde le dossier publié sur Vigile.net en ce 20 octobre 2004, dans
l'ensemble, les commentateurs font bien les distinctions qui s'imposent. Le
Québec n'a jamais, jamais, jamais été pro-nazi. Nous étions tout simplement
contre la conscription au service de l'Angleterre, chose des plus
compréhensibles de la part d'un peuple sous joug colonial. Or, pendant ce
temps, dans les provinces anglaises, il y avait bel et bien de virulents
courants pro-nazis. Et, comme le rappelle M. Bergeron, que dire de MacKenzie
King lui-même, dont Normand Lester a su dévoiler la grande ferveur
hitlérienne ! Que n'entend-on pas de voix réclamant qu'on enlève sa face des
billets de banque ! Non, les Anglos ne s'en prennent qu'à Lionel Groulx qui,
pourtant, ne fut jamais pro-nazi. La paille et la poutre, quoi !
Tout cela, en conclusion, pour dire ceci : tant que, du côté
canadien-français, personne ne cautionnera les élucubrations diffamatoires
d'un Galganov, il convient de ne pas y accorder plus d'importance qu'il ne
faut. Vichy, c'est loin, très loin, et ça n'a aucun, aucun, aucun rapport
avec notre lutte pour l'indépendance du Québec... si ce n'est qu'à mon avis,
la plupart de nos politiciens fédéralistes et anti-indépendantistes ont
toujours été et demeurent ce qu'il y a de plus vomissable, c'est-à-dire des
Pierre Laval. D'accord, ils n'ont peut-être jamais pris des décisions aussi
infâmes que celles prises par ce traître, mais on reconnaît en eux la même
joie perverse à servir l'occupant avec empressement et zèle.

TRIBUNE LIBRE
LE GALA 7ième anniversaire du journal LE COUAC
TRIBUNE LIBRE 20 octobre 2004
Le journal Le Couac vous invite au Gala annuel de remise de ses Palmes d’Or de la bêtise humaine. Cet événement incontournable se tiendra le samedi 23 octobre prochain à 20h. à l’amphithéâtre de la Bibliothèque nationale, 1 700 rue St-Denis.
Cette année, des Palmes seront remises pour la sortie de scène de l'année, l'humoriste de l'année, la déclaration de l'année ainsi que la commandite de l'année. Sans oublier notre traditionnelle matraque d'or pour honorer dans toute sa plénitude les manifestations abusives du bras policier du pouvoir étatique.
À la fin de la remise des palmes, l'humoriste Christopher Hall viendra nous donner un exemple de son esprit cynique. La seconde partie de la soirée se déroulera en musique en compagnie de Tomàs Jensen et les Faux Monnayeurs. Fort d'un tout nouvel album, le groupe amorcera une tournée québécoise en 2005. La soirée du Couac sera donc la seule occasion d'entendre Tomàs et ses Faux Monnayeurs à Montréal en 2004. Au programme : rythmes endiablés, improvisations bizarres et textes engagés !
Rumeur de dernière minute : sollicité avec acharnement par l’équipe du Couac, notre souverain Jean Patapouf 1er se serait fait tirer la patte mais, sensible à la flatterie comme il l'est, il aurait finalement consenti à honorer de son auguste personne notre petite sauterie !...
Voilà donc une soirée qui s'annonce forte en contenu politique satirique, un élément essentiel à la santé humaine trop souvent intoxiquée par le lisier de l'humour commercial et la gélatine de la rectitude politique !
C'est donc un rendez-vous le 23 octobre !
Les billets au coût de 20$ peuvent être réservés par téléphone au 514-596-1017, par courriel à info@lecouac.org ou à l'un des points de vente suivant :
Librairie Écume des jours, 125, rue St-Viateur Ouest, métro Laurier
Club vidéo Le 7e, 2005, rue de Chambly, métro Joliette
Café de la Petite Gaule, 2525, rue Centre, métro Charlevoix
Librairie-Disquaire Les Anges vagabonds, 1899, rue Mont-Royal Est, métro Mont-Royal
