Actualité







L'ACCENT MIS À NOUVEAU SUR LES FAMILLES :
Charest renoncerait aux baisses d'impôts promises

Denis Lessard
La Presse vendredi 8 octobre 2004

Québec - Le gouvernement Charest prépare le terrain pour se dédouaner, pour la deuxième année, de son engagement de baisser de 1 milliard les impôts des Québécois.

Le forum national sur les finances publiques et la démographie, qui durera trois jours la semaine prochaine, tendra au premier ministre Charest la perche dont il a besoin pour prendre ses distances de sa coûteuse promesse électorale.

Mis en place pour préparer le terrain, le " groupe consultatif " formé de gens d'affaires et de syndicalistes tient sa dernière réunion aujourd'hui à Montréal, selon les informations obtenues par La Presse. Il était acquis que les partisans de la baisse d'impôts seraient mis en minorité par les tenants du maintien des services à leur niveau actuel.

Au sein du gouvernement du Québec, on prépare aussi le terrain. On confie déjà dans les coulisses que, comme l'an dernier, les baisses d'impôts promises se transformeront en améliorations fiscales pour les familles.

En dépit de la rentrée inattendue d'environ 1 milliard de transferts fédéraux pour 2004 et les années suivantes, il n'est pas question d'accorder une baisse générale du fardeau fiscal. Quelques jours après le budget Séguin, le printemps dernier, le premier ministre Charest avait admis que le milliard de mesures fiscales annoncées ne comportait, en fait, que 220 millions de baisses d'impôts.

Des comités

La semaine prochaine, le forum national coprésidé par la ministre Line Beauchamp et Pierre Shedleur, vice-président chez Bell Canada, proposera la mise en place de quatre ou cinq groupes de travail qui, au printemps 2005, auront le mandat de faire des recommandations concrètes sur le financement des services en santé, la conciliation travail-famille, l'avenir de l'éducation, notamment. " Les thématiques principales des forums se retrouveront entre les mains de comités qui auront à proposer des solutions tangibles ", confie-t-on.

En entrevue à La Presse hier, Mme Beauchamp restait bien vague sur les orientations à venir. " Les Québécois nous demandent qu'on agisse ensemble pour préserver les acquis, mais que cela ne se fasse pas au prix du sacrifice d'une génération ", observe-t-elle.

Sur la mise en place de nouveaux comités, elle convient qu'" il y a des actions qui sont plus de l'ordre de la stratégie pour arriver, dans quelques mois, à des choix définitifs. Il y a des débats à poursuivre à un peu plus long terme. "

Dans les coulisses, on indique que le comité sur le financement de la santé scrutera des avenues comme la mise en place d'une caisse distincte pour la santé, un projet qui se trouve dans les cartons depuis deux ans à Québec. En éducation, on doit réfléchir sur le financement par habitant des établissements, et l'utilisation optimale, par l'ensemble des communautés, des bâtiments scolaires sous-occupés.

Et la promesse d'une baisse d'impôts de 1 milliard n'est pas un dogme pour Line Beauchamp. " Il faut mettre tout sur la table, les gens veulent qu'on préserve les services en santé et en éducation, et qu'on réduise la pression financière sur les familles ", dit-elle.

Le " groupe consultatif ", formé à la fin du mois d'août pour rebrasser la masse d'informations accumulées dans les forums nationaux, s'est réuni pendant cinq jours au total. Ce petit groupe autour de Pierre Shedleur réunit des gens de tous les horizons, allant des syndicalistes comme Henri Massé aux ténors patronaux, Gilles Taillon et Richard Fahey.

On y trouve aussi des ténors économiques, Henri-Paul Rousseau (CDP), Alban D'Amours (Desjardins) et l'économiste Pierre Fortin.

Une baisse pour les baby-boomers

Après avoir envisagé de soumettre des propositions, le groupe s'est rendu compte qu'il ne pourrait accoucher de propositions concrètes. On se bornera donc la semaine prochaine à faire des constats sur l'importance du problème de la démographie et des finances publiques.

Surtout, les ténors syndicaux et sociaux ont vite pris le haut du pavé pour marteler que les baisses d'impôts étaient secondaires, que cet engagement ne pourrait mettre en péril le maintien des services publics à leur niveau actuel.

L'obsession des baisses d'impôts est venue de l'Ontario. Or, il appert que même sous Mike Harris, les Ontariens payaient plus d'impôts que les Québécois par habitant. Le nouveau premier ministre Dalton McGuinty a été forcé d'augmenter les impôts cette année. Réduire les impôts à court terme serait une aubaine pour les baby-boomers, mais aggraverait la facture pour les générations suivantes.

Au gouvernement, on comprend que le ministre des Finances, Yves Séguin, aimerait bien aussi que la baisse d'impôts promise soit reportée d'un an. Il veut avant tout éviter le scénario qui semble acceptable à certains de ses collègues: la baisse d'impôts et le maintien du financement des programmes, quitte à retourner dans les déficits budgétaires.

En dépit de recettes supplémentaires d'environ 1 milliard par année en transferts fédéraux supplémentaires, la promesse de baisser les impôts d'un milliard dans le prochain budget donne bien des maux de tête au ministère des Finances. Aussi, on insiste que partout dans les forums régionaux tenus depuis le printemps dernier, " les gens veulent maintenir les services et non baisser les impôts ", retient-on au gouvernement de la synthèse des interventions entendues en régions.





Béchard veut offrir des crédits d'impôt aux entreprises pro-familles

Jocelyne Richer, PC
Le Devoir vendredi 8 octobre 2004

Québec - Les entreprises québécoises peuvent s'attendre à avoir droit à d'importants crédits d'impôt si elles consentent à implanter des mesures concrètes facilitant la vie familiale de leurs employés.

À ce chapitre, le Québec prendra pour modèle la France, où les entreprises qui adoptent des mesures familiales - ouverture d'une garderie, installation d'un parc, banque de congés, etc - peuvent faire payer par le gouvernement jusqu'à 60 % des sommes investies.

Si les incitatifs fiscaux aux employeurs risquent de constituer les éléments les plus tangibles de la future politique de conciliation travail-famille, les autres volets reposeront davantage sur la bonne volonté des employeurs, qui seront libres d'y adhérer ou non.

Telles sont les principales orientations privilégiées par le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, dans sa politique qui devrait être déposée d'ici la fin de l'année.

Par la suite, le printemps prochain, le budget du ministre des Finances, Yves Séguin, devrait inclure une série d'incitatifs fiscaux destinés aux entreprises jugées pro-familles, suite logique de la politique de conciliation travail-famille, qui énumérera plusieurs dizaines de mesures destinées aux employeurs sensibles aux obligations familiales de leurs employés.

«On va y aller selon nos moyens», a déclaré hier le ministre Béchard, lors d'un entretien à la Presse canadienne, ne voulant pas trop élaborer sur les coûts associés à sa future politique.

Le ministre revient d'une mission en Italie et en France, où il a pu constater que le Québec avait enregistré un certain retard à ce chapitre par rapport à l'Europe.

«Sur toutes les questions de travail atypique et hors horaire, ils sont plus avancés que nous», a constaté le ministre.

Dans les mesures prévues, il faut s'attendre à voir le gouvernement chercher à implanter les changements suivants:

- les employeurs seront invités à garder un lien étroit avec leurs employées en congé de maternité, à les informer sur ce qui se passe dans l'entreprise en leur absence et à leur offrir une formation avant leur retour au travail;

- les municipalités seront invitées à se doter d'un «Bureau de négociation du temps», chargé d'ajuster les horaires de travail des entreprises et des services publics aux besoins des familles. Par exemple, dans un parc industriel, on pourrait demander aux entreprises de modifier les horaires de travail pour permettre une plus grande fluidité du transport aux heures de pointe;

- on demandera aux employeurs d'offrir une «banque de temps» à leur personnel. Il pourrait s'agir d'une banque annuelle de congés, avec ou sans solde, d'une quarantaine d'heures. On leur proposera de doubler les heures supplémentaires effectuées par les employés, qui se feraient rembourser en temps;

- Québec offrira un «label qualité Québec» aux entreprises reconnues pour avoir démontré une réelle adaptation aux attentes de leurs employés, par l'adoption de plusieurs mesures concrètes;

- Québec s'engage à ce que les mesures soient autant accessibles aux PME qu'aux grandes entreprises;

- on entend lever tous les «petits irritants» à la vie familiale présents dans les services gouvernementaux;

- un répondant «famille» sera nommé dans chacun des ministères du gouvernement;

- des mesures seront destinées spécialement aux adultes qui doivent s'occuper de leurs vieux parents.

M. Béchard se dit convaincu du succès de sa politique, même si celle-ci adoptera une approche incitative et non coercitive.

«Tout le monde a bien peur d'une grande mesure universelle et obligatoire pour tout le monde, et cela, c'est hors de question. Il n'y en aura pas», a-t-il tranché.

En cette période de pénurie de main-d'oeuvre, il se dit convaincu que les employeurs y adhéreront avec empressement pour retenir et attirer du personnel de qualité.

Une commission parlementaire permettra aux organismes intéressés de se prononcer cet automne sur le projet gouvernemental.

Le gouvernement n'a par ailleurs pas l'intention d'adopter des mesures natalistes, de nature à favoriser une hausse du taux de fécondité.





Des PPP pour pallier la négligence de l'État

Kathleen Lévesque
Le Devoir vendredi 8 octobre 2004

Le gouvernement a prouvé depuis 40 ans qu'il est incapable d'entretenir adéquatement son patrimoine immobilier, dit Monique Jérôme-Forget

Le gouvernement du Québec emprunte la voie des partenariats public-privé pour s'obliger à entretenir convenablement ses principales infrastructures. Cette approche impose de la discipline, et c'est là son principal atout, a soutenu hier la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.

En entrevue au Devoir, la ministre a donné l'exemple de l'éventuelle construction à Montréal des deux mégahôpitaux universitaires, qui pourrait faire l'objet d'un partenariat public-privé (PPP). Une fois lié à une entreprise, le gouvernement versera un loyer qui assurera l'entretien des édifices. «Ce que je vais léguer à mes enfants va être en bon état parce que le contrat l'exigera. [...] Le plus gros avantage d'un PPP, c'est qu'un gouvernement prend aujourd'hui l'engagement qu'il va entretenir son patrimoine d'édifices parce qu'il paie un loyer pour les 30 prochaines années. L'effet le plus pervers de la formule actuelle, c'est qu'une fois qu'on l'a construit, on a tendance à délaisser l'entretien de l'équipement, que ce soit un hôpital, une école, un cégep ou quoi que ce soit d'autre», a expliqué Mme Jérôme-Forget.

Selon elle, le gouvernement est souvent mal placé pour faire l'entretien de façon soutenue. «Ça fait 40 ans qu'on ne s'en occupe pas. Je ne vois pas pourquoi on aurait un changement de culture dans nos ministères du jour au lendemain», a dit la présidente du Conseil du trésor, qui poursuit toutefois son projet de modernisation de l'État, celui-ci comportant justement un changement des façons de faire.

La formule des PPP permettra de faire en sorte que les toits ne coulent pas et que la plomberie ainsi que les systèmes d'électricité et de ventilation tiennent le coup plus de trois décennies après la construction. Et si l'entreprise retenue ne tenait pas ses engagements, des pénalités seraient imposées, pouvant aller jusqu'à la reprise de possession avant la fin du contrat, a précisé Mme Jérôme-Forget.

Aussi, la ministre rappelle que les PPP permettent d'éviter les dépassements de coûts, de l'ordre de 30 à 70 % à l'heure actuelle. Mais y aura-t-il pour autant des économies pour les citoyens? «Si on construit le CHUM de façon conventionnelle et qu'on ne s'en occupe pas pendant 35 ans, c'est clair que ça va coûter plus cher», a-t-elle affirmé.

À trois semaines de la tenue de la commission parlementaire qui étudiera la mise sur pied de la nouvelle agence des partenariats public-privé, Mme Jérôme-Forget a tenté de dissiper «les inquiétudes» et «la mauvaise compréhension» à propos des PPP. Elle a parlé de la nécessité d'agir avec prudence, soulignant que le gouvernement n'a que sept ou huit projets (dont le prolongement des autoroutes 25 et 30, la réfection de quelque 5000 places dans les centres de soins de longue durée, la construction des mégahôpitaux et le projet Balmoral avec une salle pour l'Orchestre symphonique de Montréal) et qu'il n'entrevoit rien d'autre dans l'immédiat.

Selon la ministre, c'est une erreur de croire que tout sera fait en PPP. Les coûts de transaction (avocats, consultants ou notaires, par exemple) sont si élevés que cela oblige le gouvernement à limiter les PPP aux projets de grande envergure.

«Les gens vont se rendre compte que ce n'est pas une question pour faire du "cheap labour", ce n'est pas une approche pour se départir de l'expertise gouvernementale. Ça n'a rien à voir», a répété Mme Jérôme-Forget lors d'un entretien qui avait tout de l'exercice de relations publiques pour contrer notamment le matraquage syndical sur la question.

La récente décision de la Société de transport de Montréal (STM) de s'engager dans les PPP en contournant les règles habituelles d'appels d'offres publics semble également avoir motivé la sortie publique de la ministre. Le manque de transparence de la STM a-t-il nui au projet de PPP du gouvernement? «D'où la nécessité de clarifier qu'est-ce que c'est, un PPP», a tranché Mme Jérôme-Forget. «Quand on fait un PPP, on va en appel d'offres public. Tout le temps. De gré à gré, vous ne savez pas si vous avec le meilleur prix», a-t-elle ajouté.

Qu'il s'agisse de l'érection du futur CHUM ou de la construction de l'autoroute 30, la présidente du Conseil du trésor a donné l'assurance que les PPP se feront en toute transparence, ce qui est «la clé fondamentale» de la nouvelle approche. Le partenaire privé qui sera ainsi choisi sera dans les faits un consortium, prévoit-on. Et il pourrait bien être français ou britannique.

«L'entreprise qui fait la construction a généralement un consortium de financiers. Au Québec, ce serait les caisses de retraite, la Caisse de dépôt, la caisse des Teachers, des OMERS. Il n'y a pas une entreprise ou presque qui va assumer elle-même tous les risques. [...] Le financier est un chien de garde parce qu'il ne voudra pas que le partenaire qui construit assume une partie exagérée des risques. Tout le monde se surveille dans cette démarche», a souligné Mme Jérôme-Forget.

Elle souhaite développer une nouvelle expertise au Québec, un peu à la manière des grands chantiers hydroélectriques qui ont mené à la création des firmes d'ingénierie.





La paix armée

Jean-Marc Salvet
Le Soleil vendredi 8 octobre 2004

Éditorial - Ce n'est ni le bon sens ni la raison qui ont fini par triompher à la Chambre des communes, hier. C'est la peur de plonger dans une campagne électorale dont personne ne veut ! Ce n'est qu'une fois au bord du précipice que les partis politiques ont négocié la paix armée que l'on sait. Maintenant que les rapports de force ont été établis, que tout le monde a bien joué à se faire peur, les citoyens pourraient-ils compter sur les parlementaires pour avoir un Parlement qui fonctionne - même si c'est avec un gouvernement minoritaire ?

En trois jours, on a vu une spirale infernale se mettre en place. Tout a commencé au discours du Trône. Alors que Paul Martin aurait dû tendre une main bien visible en direction des Québécois soucieux d'un fédéralisme moins centralisateur, il s'est contenté des habituelles promesses de collaboration avec les provinces.

Pour apaiser une certaine grogne dans ses rangs, le chef libéral a maladroitement passé sous silence la fameuse "asymétrie" dans l'entente sur la santé. Ce faisant, il a laissé entendre que l'esprit ayant ouvert la voie à cet accord n'existait plus. Voilà la faute originelle.

L'amendement déposé le lendemain par les conservateurs et le sous-amendement présenté le même jour par les bloquistes étaient risqués, mais justes.

La création d'une commission autonome de l'assurance-emploi est un objectif qui mérite d'être appuyé. C'est aussi le cas de la demande de soumettre à un vote de la Chambre des communes le projet de bouclier antimissiles, de celle de créer un organisme chargé de fournir des avis sur les prévisions financières du gouvernement, de la proposition visant à réduire les impôts des familles à faible revenu, ainsi que de l'appel à une réforme du système électoral.

Il convient par ailleurs de noter que Jean Charest lui-même craint les empiétements d'Ottawa dans les compétences des provinces et réclame également "que les pressions financières qu'elles subissent en raison du déséquilibre fiscal soient allégées".

Dans l'état actuel des choses, et sachant à quel point l'idée du déséquilibre fiscal horripile le PLC, il était cependant évident que le Bloc faisait monter très sérieusement les enchères avec son sous-amendement. Il y avait là une forme de pari.

Dos au mur, coincé, le premier ministre Martin a fait le premier pas pour en arriver à un compromis. Tant mieux. Mais ce ne sera pas toujours possible.

Personne ne doit abdiquer ses responsabilités. Mais pour que ce Parlement puisse avoir une durée de vie raisonnable, le gouvernement libéral devra mieux prendre le pouls des partis d'opposition avant de mettre des balles en jeu et les parlementaires des deux côtés de la Chambre devront éviter de se peinturer dans un coin à coups de déclarations intempestives.

La situation de gouvernement minoritaire exige l'apprentissage d'une nouvelle culture politique. Espérons que les derniers jours auront servi de leçon.

JMSalvet@lesoleil.com





Le monstre à quatre têtes

Alain Dubuc
La Presse vendredi 8 octobre 2004

Ceux qui en doutaient encore auront eu leur réponse. L'élection d'un gouvernement minoritaire a engendré un monstre, d'autant plus affreux qu'il a quatre têtes. Le cirque qui a entouré la lecture du discours du Trône, les menaces qui pèsent sur la survie du gouvernement, montrent bien ce qui nous attend: de l'instabilité, du théâtre, des calculs politiques, des décisions à court terme.

Il est difficile de voir comment ce climat d'incertitude pourrait permettre au Canada d'accéder à un stade supérieur de gouvernance. La crise de cette semaine montre plutôt que ce genre de situation ne sert pas bien la démocratie et ne permet pas aux citoyens d'être bien dirigés.

C'est d'autant plus vrai que nos traditions ne sont pas conçues pour favoriser des gouvernements minoritaires fonctionnels, comme il en existe dans d'autres pays. Le simple fait qu'un document creux et inoffensif comme un discours du Trône doive faire l'objet d'un vote de confiance capable de renverser un gouvernement le montre bien.

Les réactions au discours du Trône indiquent aussi que nos réflexes politiques se sont mal ajustés à la réalité d'un gouvernement minoritaire. On a par exemple reproché au premier ministre Martin de s'en être tenu à ses promesses électorales dans le discours du Trône, de ne pas avoir cherché un consensus avec les partis d'opposition, de n'avoir pas respecté la volonté des électeurs qui ont élu un gouvernement minoritaire. Comment pouvait-il en être autrement?

Pour s'en convaincre, il faut revenir à la case départ: ce qu'ont voulu les électeurs. La grande majorité des Canadiens n'a pas voulu un gouvernement minoritaire. Ceux qui ont appuyé les libéraux souhaitaient une victoire libérale majoritaire et ceux qui ont voté pour le PC souhaitaient un gouvernement conservateur majoritaire, tandis que les partisans traditionnels du Bloc auraient appuyé ce parti peu importe l'issue. Les seuls à souhaiter un gouvernement minoritaire ont sans doute été les néo-démocrates qui, trop loin de la victoire, espéraient la balance du pouvoir, ainsi que les nouveaux partisans du Bloc qui voulaient punir les libéraux.

L'élection d'un gouvernement minoritaire ne constitue donc pas, en soi, un projet politique. C'est plutôt la conséquence d'un contexte particulier où aucun des deux partis susceptibles de former le gouvernement inspirait confiance à suffisamment d'électeurs. Mais il s'agit, par définition, d'un résultat imparfait et insatisfaisant pour une forte majorité de citoyens.

Voilà pourquoi il est un peu absurde d'exiger du parti qui forme le gouvernement d'incarner un esprit de gouvernement minoritaire qui résulterait d'une quelconque volonté populaire. Voilà aussi pourquoi il est un peu folichon de rêver d'un quelconque consensus. Les divisions au sein du Parlement reflètent des points de vue irréconciliables entre les quatre partis qui se partagent les sièges. Des politiques consensuelles ne mèneraient à rien d'autre qu'à un résultat hybride et informe. Si le gouvernement Martin réussit à composer avec ce Parlement divisé, ce sera à la pièce, avec différents partis selon le dossier: ce ne sera pas de la nage synchronisée, mais plutôt du slalom géant.

Le vrai message des élections, c'était que les libéraux et les conservateurs doivent faire leurs devoirs pour réussir à convaincre plus d'électeurs la prochaine fois. Et ils ont six mois, un an, ou deux, selon la durée de vie du gouvernement, pour y parvenir.

Paul Martin doit démontrer qu'un gouvernement libéral dirigé par lui est ce dont le Canada a besoin. Et pour y arriver, il doit diriger le pays comme un libéral, et non pas comme un premier ministre composite. Il était donc nécessaire que le discours du Trône reflète ses valeurs et ses engagements. On lui reproche de vouloir tenir ses promesses? Imaginez une seconde ce qu'on aurait dit s'il ne les avait pas tenues!

Quant à Stephen Harper, son rôle, c'est d'assumer pleinement sa fonction de chef de l'opposition. Et il l'a fait de façon très articulée en proposant des amendements au discours du Trône, acceptables pour les libéraux, où il ne se substitue pas au gouvernement mais où il tente plutôt d'élargir l'espace démocratique, ce qui est le rôle d'une opposition. C'est le sens des amendements pour permettre un vote sur le bouclier antimissile, pour resserrer la mission de l'assurance-chômage, pour amorcer une réflexion sur la proportionnelle. Le Bloc québécois manifeste la même prudence avec ses sous-amendements sur les problèmes financiers des provinces et sur le respect de leurs compétences. Ce sont là des propositions que le gouvernement Martin ne doit pas rejeter du revers le la main.

Le premier ministre Martin a bien agi en présentant un discours du Trône qui reflétait bien ses engagements électoraux. Et l'opposition a bien agi en choisissant soigneusement des amendements qui reflètent bien le rôle qui doit être le leur. Dans cette période de chaos, voilà au moins une lueur d'espoir.

Adubuc@lapresse.ca





Paul Martin échappe au vote de confiance
Imaginez une session...

Vincent Marissal
La Presse vendredi 8 octobre 2004

Le gouvernement a failli être renversé.

L'opposition a poussé Paul Martin dans ses derniers retranchements et les libéraux ont dû mettre un genou à terre. Seulement quatre jours. Imaginez une session.

Pour la grande majorité des électeurs - on ne peut les blâmer - la grande joute parlementaire des derniers jours n'est qu'un cirque bruyant et désordonné. Mais pour Paul Martin, c'est un très sérieux avertissement.

Le chef libéral a intérêt à être prêt à de nouvelles élections en tout temps et à ne pas laisser trop de temps aux partis de l'opposition pour se préparer à la prochaine bataille électorale, parce que ceux-ci lui ont clairement démontré cette semaine qu'ils le tiennent en joue et qu'ils peuvent très bien le faire tomber à leur gré.

En plus, Stephen Harper et Gilles Duceppe (le chef du NPD Jack Layton n'a eu qu'un rôle mineur cette semaine) l'ont fait avec classe, avec des principes et avec un niveau de préparation et de profondeur qui contrastaient fortement avec la fadeur du discours du Trône du gouvernement libéral. Ces deux-là prennent visiblement leur boulot au sérieux et ils ont prévenu Paul Martin de faire de même.

Bien sûr, M. Martin a fait un compromis important au Bloc québécois pour accepter d'inclure le respect des compétences provinciales et la notion de déséquilibre fiscal dans son discours du Trône. Mais il aura fallu qu'il se retrouve à une heure d'être renversé en chambre pour finalement céder. Avec un minimum de doigté dans la première version du discours du Trône, il aurait pu s'éviter bien des cheveux blancs. Pas besoin de consulter les chefs de l'opposition, comme ils l'ont exigé à cor et à cri. Leurs demandes étaient largement connues, il suffisait d'en inclure une ou deux en signe de bonne volonté.

Gilles Duceppe remporte donc la première manche, mais on ne peut s'empêcher de relever une amusante contradiction comme seule la politique canadienne peut nous en offrir: le Bloc québécois, parti souverainiste, a non seulement permis à un premier ministre libéral de sauver son gouvernement, mais il aura aussi contribué à rendre le fédéralisme plus acceptable au Québec en incluant le respect des compétences des provinces et le déséquilibre fiscal dans le discours du Trône.

M. Duceppe pourra dire, avec raison, qu'il a vaillamment défendu les intérêts du Québec, mais Paul Martin et ses ministres ne se priveront pas de répliquer que l'entente de dernière minute avec le Bloc est la preuve de la grande flexibilité du fédéralisme. C'est de bonne guerre. Mais quel psychodrame tout de même pour en arriver là.

Vaut mieux s'y faire: ce Parlement, pour le temps que ce gouvernement vivra, n'a pas fini de nous étonner. Il fallait voir cette semaine à Ottawa les députés des quatre partis et les journalistes discuter dans tous les coins de la Chambre des communes des derniers développements ou élaborer des scénarios sur la suite des choses pour comprendre que la politique fédérale vient d'entrer dans une ère de grande instabilité. Et vaguement surréaliste par moment, quand on y pense bien.

À commencer par l'attitude du premier ministre, qui a inauguré cette nouvelle session comme s'il était toujours à la tête d'un gouvernement majoritaire, comme s'il ne s'était rien passé le 28 juin dernier. Pour s'en sortir, Paul Martin a accepté de reconnaître ce que " certains appellent le déséquilibre fiscal ". Que d'acrobaties.

Toujours au rayon du surréalisme, cette réapparition, hier après-midi, de Stéphane Dion (M. Plan B sous Jean Chrétien) dans son habit de gardien des valeurs fédérales, en train d'expliquer en quoi les demandes du Bloc étaient inacceptables. Le même Stéphane Dion, que Paul Martin avait évincé de son premier cabinet en décembre parce qu'il représentait la politique de confrontation avec les provinces.

Autre grand moment cette semaine: les Lucienne Robillard, Pierre Pettigrew, Liza Frulla et Jean Lapierre, tous identifiés à l'aile " nationaliste " du Parti libéral du Canada et à la politique de la main tendue de Paul Martin, se relayant devant les caméras de télévision pour ridiculiser le Bloc, qui défendait pourtant un consensus de l'Assemblée nationale du Québec. À leur décharge, il faut dire que l'on venait d'assister à une autre scène inusitée: Gilles Duceppe citant... Jean Charest. Cela a dû les déstabiliser.

Toujours dans la série " N'ajustez pas votre appareil ": l'alliance Bloc québécois-Parti conservateur. Un concept dont on a beaucoup parlé durant la dernière campagne électorale, mais toujours en termes théoriques. Tout est devenu beaucoup plus clair cette semaine. Gilles Duceppe et Stephen Harper, qui sont aux antipodes sur les questions fiscales et sociales, sont devenus les meilleurs amis du monde. En fait, ils ont probablement passé plus de temps à discuter ensemble qu'avec leur femme. Jack Layton les a même accusés de comploter pour renverser Paul Martin et asseoir Stephen Harper sur le trône.

Parlant de trône, sa représentante au Canada, Adrienne Clarkson, est au coeur du plus surréaliste scénario de cette rentrée parlementaire. C'est que si le gouvernement libéral devait être renversé rapidement, la gouverneure générale pourrait demander à Stephen Harper de prendre le relais et de former le gouvernement, plutôt que d'accepter de dissoudre le Parlement et déclencher des élections.

À supposer que nous devions en arriver là, cela pose deux problèmes. D'abord, la GG (comme on dit familièrement à Ottawa), dont la fonction est purement décorative depuis plus d'un demi-siècle, nommerait, seule, le nouveau gouvernement au lieu de laisser les Canadiens voter.

Autre problème: si Paul Martin, avec ses 134 députés éparpillés à travers le pays, est renversé après quelques mois seulement, comment le chef conservateur, avec ses 98 députés (dont aucun au Québec) pourrait-il être gage de plus de stabilité? En forgeant une alliance avec un parti souverainiste? Ça aussi, c'est quelque peu surréaliste.

Tout ça semble bien incertain, mais une chose est sûre: on ne s'ennuiera pas à Ottawa au cours des prochains mois.

Vincent.marissal@lapresse.ca





Compromis de la onzième heure :
Martin et l'opposition s'entendent sur les amendements proposés par le Bloc

Cornellier, Manon; Castonguay, Alec
Le Devoir vendredi 8 octobre 2004

Ottawa - À moins d'une heure d'un vote de confiance qui aurait pu se révéler fatidique pour son gouvernement, le premier ministre Paul Martin a réussi hier à s'entendre à la dernière minute avec les chefs des partis d'opposition autour de la modification au discours du Trône proposée par le Bloc québécois.

L'unanimité faite, le vote s'est transformé en formalité, mettant un terme à une journée marquée par une hausse constante de la tension et la crainte de plus en plus palpable d'une défaite du gouvernement. Le vote d'hier devait constituer le premier vrai test du gouvernement minoritaire de Paul Martin. Même avec l'appui des 19 néo-démocrates, les libéraux n'ont pas la majorité aux Communes, puisqu'ils ont le même nombre de votes, si on exclut le président de la Chambre, que les bloquistes et les conservateurs réunis.

M. Martin affirmait en soirée qu'il était «confiant» de l'emporter, mais son parti a tout de même cru bon de faire revenir à Ottawa un député hospitalisé, sachant que les conservateurs, eux, ne pouvaient en faire autant avec un de leurs députés gravement malade. Restait à savoir ce que ferait le seul député indépendant, Chuck Cadman. Tout le monde l'ignorait.

Le vote a pu être évité parce qu'un compromis, mis au point par M. Martin et les chefs bloquiste et conservateur, Gilles Duceppe et Stephen Harper, a permis de changer le texte de la motion du Bloc pour rendre celle-ci plus acceptable aux libéraux sans pour autant en changer le sens aux yeux du Bloc.

Tous les partis sont maintenant d'accord pour demander que «les compétences des provinces soient intégralement respectées» dans toutes les mesures prises pour mettre en oeuvre le discours du Trône. Ils demandent aussi que «les pressions financières que certains appellent le déséquilibre fiscal soient allégées».

La motion originelle demandait plutôt «que les pressions financières que [les provinces] subissent en raison du déséquilibre fiscal soient allégées, tel que réclamé par le premier ministre du Québec». Le gouvernement tenait à ce que le déséquilibre fiscal, qu'il nie, ne soit pas présenté comme un fait accompli mais, surtout, qu'il n'y ait aucune référence au gouvernement du Québec.

Cette référence équivalait à demander aux députés, a affirmé le premier ministre aux Communes, «de voter en faveur de l'abdication totale du Parlement de ses responsabilités quant aux finances publiques». Il y croyait tellement qu'il a appelé des premiers ministres provinciaux, dont le Québécois Jean Charest et le Néo-Brunswickois Bernard Lord, pour les alerter.

MM. Duceppe et Harper ont passé la journée à dénoncer cette interprétation des libéraux, prenant le soin eux aussi de parler aux premiers ministres provinciaux concernés. «Quand on disait "tel que réclamé par le Québec", c'était pour démontrer que les fédéralistes appuyaient aussi notre amendement. Le discours tout à fait farfelu de Jean Lapierre et d'autres d'aller dire que ça donnait tous les pouvoirs financiers au Québec... franchement», a répété M. Duceppe hier soir.

Ce n'est qu'après avoir appris par son leader parlementaire que les conservateurs comptaient être en force aux Communes que Paul Martin a cru bon de contacter les autres chefs de parti pour leur faire comprendre son point de vue. Stephen Harper a parlé à son tour à Gilles Duceppe, qui se disait disposé à corriger le libellé du texte. Informé de cette ouverture, Paul Martin a invité les deux hommes à le rejoindre à son bureau où ils en sont venus à un accord après une rencontre d'une vingtaine de minutes.

M. Martin y a vu une démonstration de la volonté de chacun de vouloir faire fonctionner le Parlement. «J'ai été très clair que je voulais que ce Parlement fonctionne et ça peut vouloir dire travailler avec l'opposition sur des amendements», a-t-il dit, visiblement soulagé. Le chef conservateur s'est montré bon prince à son tour. «Ce n'est pas une victoire ou une défaite. C'est un compromis que j'appuie, voilà tout.»

Gilles Duceppe a nié avoir reculé. «Regardez le texte. On voulait que le concept du déséquilibre fiscal soit inscrit dans le discours du Trône, il l'est.» Pour lui, cela représente donc «une victoire pour le Bloc, c'est sûr. Et pour le Québec».

Tenu à l'écart des discussions, le chef néo-démocrate, Jack Layton, a dit espérer qu'il n'y ait pas «chaque jour ce genre d'arrangement de dernière minute et ce genre de joute politique». Il ne cachait pas cependant qu'il était heureux de ne pas se retrouver en campagne référendaire ou encore avec Stephen Harper à la tête du gouvernement.

Le texte adopté hier n'est qu'un sous-amendement à un amendement conservateur qui sera soumis au vote le 18 octobre au plus tôt. Il s'agira encore d'un vote de confiance. On ignore ce que le gouvernement pense de cet amendement, mais M. Martin s'est dit prêt hier à en discuter avec M. Harper et à chercher un compromis si cela se révèle nécessaire. M. Harper a affiché la même ouverture.

Les députés ont goûté hier à la réalité et aux dangers d'un Parlement minoritaire. La pression a monté d'un coup en matinée quand le gouvernement a annoncé qu'il s'opposait au sous-amendement originel du Bloc et qu'il traiterait le vote comme un vote de confiance. «Si jamais le gouvernement tombait là-dessus, on y va, en élections», a lancé le premier ministre à sa sortie du cabinet.

Toute la journée, les ministres ont répété que le sous-amendement original du Bloc s'attaquait «aux prérogatives du Parlement de contrôler les finances publiques». Les chefs de parti d'opposition ont tous dénoncé ce choix du gouvernement. Plusieurs experts estiment que rien n'obligeait le gouvernement à faire de ce vote un vote de confiance. Même accepté, le sous-amendement n'aurait fait que modifier l'amendement conservateur. Il n'y a que l'adoption de ce dernier qui entraînerait des changements au discours du Trône. Les débats se sont donc envenimés, le ministre des Transports, Jean Lapierre, accusant le Bloc de se livrer à une «astuce», le député bloquiste Yvan Loubier affirmant que la position libérale sentait «la mauvaise foi à plein nez».

Le leader parlementaire libéral Tony Valeri a pour sa part soutenu, à sa sortie du cabinet, que tous les partis fédéralistes se devaient de voter contre le sous-amendement du parti souverainiste. Ce à quoi le chef conservateur a répliqué en disant que cela n'avait rien à voir avec le débat national. «Cet amendement concerne aussi Jean Charest, qui est un libéral [...]. On parle du déséquilibre fiscal, un enjeu qui concerne le Bloc, mais aussi mon parti, tous les partis d'opposition, les gouvernements de toutes les provinces, et dire que c'est une tactique des souverainistes est de la démagogie. C'est faux et ridicule.»





Is the Bloc becoming federalist?

Josée Legault
The Montréal Gazette October 8, 2004 Friday

The opening of the 38th Parliament in Ottawa was one of the most theatrical we've seen in decades. With the ink on the Throne Speech still fresh, the survival of the Liberal minority government was already hanging in the balance.

Behind the show biz and posturing we're seeing from all parties, the danger that we'll be rushing back into another election is real, but relative. Even the two party leaders who huff and puff the most about bringing down Paul Martin's government have no interest in pushing it that far.

Stephen Harper's New Conservatives have five months to go before they even hold their first party convention. As for Gilles Duceppe's Bloc Quebecois, it has obviously peaked and can only lose some of its 54 MPs should it send us back to the polls. But they best beware: They could get get what they wish for if they push Martin too far.

In his column yesterday, my colleague Don Macpherson also noted how MPs might want to stay so as to not endanger their eligibility for pensions and severance pay. In fact, at an annual salary of $141,000, being an MP is not a bad gig to want to keep as long as possible.

Although the government survived last night, there will be more such votes and if the Liberals lose one there are still options other than a general election.

Governor-General Adrienne Clarkson could ask Harper to form a minority government and try to get the confidence of the House. This possibility is why NDP leader Jack Layton was so livid on Wednesday.

Layton let a strange cat out of the bag when he said: "Mr. Duceppe told me if the amendments are adopted and there's a show of nonconfidence in the government, we can have another party leader as prime minister. This could allow Stephen Harper to take power with the tacit support of the Bloc."

Conservative House leader John Reynolds reacted crudely by calling the NDP leader a "flake." Yet, conspiracy theories notwithstanding, could Layton be on to something?

There does seem to be a real political game being played between the Bloc and the Tories. For some months now, both parties have been cozying up quite a bit. Although Duceppe denied them, last spring there were persistent rumours of both leaders privately discussing the possibility of the Bloc propping up a minority Conservative government.

One thing that has facilitated this rapprochement is the slow but certain shift we've been witnessing in the Bloc's discourse and political philosophy over the past year.

For some time, the Bloc has been singing the Parti Quebecois refrain on fiscal imbalance - although it is a federal-provincial issue of interest mostly to federalists. But the Bloc has taken to openly defend the classic nationalist position in Quebec, one that's perfectly aligned with Harper's talk of protecting "provincial jurisdictions" and condemning federal centralization and encroachments.

This week, Duceppe's troops went as far as to defend asymmetrical federalism, foregoing any mention of the S-word. This prompted Intergovernmental Affairs Minister Lucienne Robillard to note the irony: "The Bloc has become federalist. Long live asymmetrical federalism!"

It's one thing to "defend Quebec's interests," as Duceppe likes to say. But it's another to espouse so completely the provincialist discourse of Harper and Jean Charest. Just a while ago, it seems, Bloc MPs were rising in the House to defend sovereignty, not asymmetrical federalism.

This change in the Bloc's positions surely has helped to warm up relations with Harper. With such an odd couple, some see this as nothing more than a marriage of convenience. Commentators say it's bound to dissolve soon, given perceptions in English Canada that the Bloc is a separatist demon out to destroy Canada.

Although the changes in the Bloc's discourse haven't hit western provinces quite yet, they're still very real. That's why Layton could be on to something, not only in the short term, but for a few years to come.

As it continues to embrace the provincialist approach, the Bloc is bound to become more and more integrated into the federal dynamic and federal-provincial matters. As the years pass, Bloc MPs are settling down and getting quite comfortable playing the federal game.

With a trouble-ridden PQ moving farther away each day from a return to power next election, the Bloc's integration into the federal dynamic could deepen. As someone asked this week on an open-line radio program: "How can we expect the Bloc to promote sovereignty if it keeps defending federalism, asymmetrical or any other kind?"

Interesting question, indeed.





Finances publiques et démographie : Patrons et syndicats devront faire leur part

Tommy Chouinard
Le Devoir vendredi 8 octobre 2004

Line Beauchamp met la table en prévision du Forum des générations

Québec - Le gouvernement ne peut répondre seul au choc démographique et à la précarité des finances publiques. Syndicats, entreprises et autres partenaires doivent maintenant prendre leurs responsabilités et consentir à déployer davantage d'efforts.

C'est le message clair qu'envoie la ministre Line Beauchamp à quelques jours seulement de la tenue du Forum des générations, qui aura lieu la semaine prochaine. La coprésidente de l'événement plaide en effet pour une «responsabilité partagée», thème qu'elle a martelé tout au long d'une entrevue avec Le Devoir hier. La centaine de leaders socioéconomiques qui participeront au forum devront ainsi s'engager à «poser des gestes» afin d'atténuer la pression sur les finances publiques.

«Il y a des gestes qui n'appartiennent pas qu'au gouvernement. Nous, on prend nos responsabilités, on tente de les prendre depuis notre arrivée au pouvoir pour amener le Québec vers le changement. Mais il y a aussi des responsabilités qui appartiennent, par exemple, au milieu de l'entreprise et au milieu syndical», a affirmé Line Beauchamp.

Le Forum des générations doit selon elle servir «à ce que chacun soit plus conscientisé au sujet des défis du Québec de demain, plus conscientisé au sujet des gestes que lui-même peut poser. Les partenaires autour de la table identifieront les gestes qu'ils doivent aussi, en toute responsabilité, poser pour préparer ce Québec de demain».

Les syndicats, qui réclament des hausses salariales au moins deux fois trop élevées au goût du gouvernement Charest, sont clairement visés par les propos de la ministre. Leurs demandes menacent les finances publiques du Québec, a déjà prévenu la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget. Si Line Beauchamp n'a pas abordé la question des négociations dans les secteurs public et parapublic au cours de l'entrevue, elle a cependant indiqué que les syndicats doivent agir, par exemple, pour répondre à la baisse du nombre de travailleurs au cours des années à venir. Or la CSN et la CSQ, comme quelques groupes sociaux, boycottent le forum; seule la FTQ y prend part parmi les grandes centrales. «Ils sont toujours invités. Je suis convaincue qu'ils sont intéressés à parler de la préservation des acquis du Québec, mais il faut aussi qu'ils acceptent que ce ne doit pas être au prix du maintien du statu quo», a dit Mme Beauchamp.

Les entreprises ne sont pas en reste. Elles devront jouer leur rôle pour assurer une meilleure conciliation famille-travail, a noté la ministre. Lors des 19 forums régionaux qui se sont déroulés au cours des derniers mois, Line Beauchamp souligne que les citoyens «nous ont interpellés sur des principes qu'on a trop peu nommés au Québec, la coresponsabilité ou la responsabilité partagée. [...] Ils nous parlent de responsabilisation des partenaires, de souplesse dans les façons de faire».

La ministre a refusé de s'avancer sur ce que pourrait concrètement proposer le gouvernement au moment du forum alors que plusieurs spécialistes suggèrent une mise au rancart de son engagement à réduire les impôts de cinq milliards de dollars. «Ce n'est pas un sommet. Le principe d'un forum, c'est un lieu de débats et d'échanges. Nous ne sommes pas ici dans un processus budgétaire. On est plus à identifier les gestes qu'on doit poser ensemble pour faire les choses autrement. [...] Il faut se le dire: les changements seront importants», a-t-elle dit. Le Forum des générations - ce nom vise à souligner qu'une équité doit être préservée entre toutes les couches de la population - aura lieu à Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec, du 12 au 14 octobre.

Par ailleurs, le Forum populaire alternatif pour un Québec solidaire, qui doit faire contrepoids au forum officiel, s'est conclu hier par un appel à la «guérilla politique contre le gouvernement Charest». Plusieurs propositions ont fait consensus, parmi lesquelles une opposition aux partenariats public-privé, le maintien d'un réseau collégial public, l'annulation des baisses d'impôt prévues, le retrait du projet de loi sur l'aide sociale et le refus de toute privatisation ou tarification des services publics. Quelque 60 groupes et 550 personnes ont pris part à cette rencontre de deux jours.

Avec la Presse canadienne





Appel à la guérilla politique contre Charest

Le Soleil vendredi 8 octobre 2004

Le Forum "alternatif" précise sa riposte au Forum des générations du gouvernement québécois

PC Montréal - C'est par un appel à la "guérilla politique contre le gouvernement Charest" que s'est conclu, hier à Montréal, le "Forum populaire alternatif pour un Québec solidaire".

Ce forum est celui qui doit faire contrepoids au Forum des générations organisé par le gouvernement Charest, du 12 au 14 octobre. Des groupes sociaux et syndicaux boycotteront le forum gouvernemental, alors que d'autres ont choisi de se rendre aux deux forums.

Quelque 60 groupes et 550 participants de toutes les régions du Québec ont participé à cette rencontre de deux jours, où ils ont proposé une autre façon de voir le développement social et économique du Québec, le partage de la richesse.

"La résistance du Québec, elle est ici. Tout le monde est là", s'est exclamé Denis Turcotte, du Syndicat de la fonction publique du Québec et de la Coalition J'ai jamais voté pour ça.

Opposés au PPP

Sans voter, ils ont toutefois salué par leurs applaudissements nourris les propositions qui ont fait consensus à ce forum, parmi lesquelles une opposition majeure aux partenariats public-privé ; le maintien d'un réseau collégial public ; l'annulation des baisses d'impôt prévues et une véritable réforme de la fiscalité ; le retrait du projet de loi sur l'aide sociale et l'application véritable de la Loi sur la pauvreté et l'exclusion ; le refus de toute privatisation ou tarification des services publics.

Louise Girard, coordonnatrice à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, a carrément lancé un appel à "la guérilla politique contre le gouvernement Charest", pour protester contre "une charge en règle contre la société civile comme on n'a pas vue depuis longtemps".

"J'ai entendu beaucoup de monde parler contre Jean Charest. Moi, je pense qu'on devrait lui rendre hommage. C'est grâce à lui qu'on s'est réveillé au Québec", s'est exclamé M. Turcotte, du SFPQ.

Un million dans la rue

"J'ai encore un rêve qu'une grève sociale est possible, qu'on va être capable d'être 1 000 000 dans les rues et qu'on va fermer le Québec", a ajouté le militant syndical.

Cette question de la grève sociale de 24 heures a été de nouveau soulevée, lors d'une conférence de presse après la fin du forum.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, n'a pu que confirmer que le projet était sur la glace, du moins pour l'instant, mais pourrait être réanimé si les circonstances s'y prêtaient.

"Le mandat qu'on a sollicité il y a trois mois, on ne l'exercera pas. Mais on veut, du même souffle, être mandaté par le conseil confédéral pour entreprendre une nouvelle consultation si les conditions d'une grève sociale apparaissaient pouvoir être réunies."

Remobilisés grâce à ce forum, les groupes associés au Réseau de vigilance projettent deux manifestations : l'une, le 12 octobre, au Forum des générations du gouvernement Charest, et l'autre devant le congrès du Parti libéral du Québec, vers la mi-novembre.





Kirpan à l'école: la Cour suprême devra trancher

SRC vendredi 8 octobre 2004

Le port du kirpan est une obligation pour les Sikhs orthodoxes.

La Cour suprême a finalement accepté d'entendre, au printemps prochain, une affaire opposant le gouvernement québécois au père d'un jeune Sikh, qui plaide pour que son enfant puisse porter son kirpan, un poignard symbolique, à l'école.

Selon Balvir Singh Multani, il en va de la liberté fondamentale de son fils Gurbaj, 14 ans, à pratiquer sa religion.

L'affaire de kirpan remonte à 2002, alors que Gurbaj se voyait expulsé de son école pour avoir refusé de se conformer au règlement qui interdit le port d'arme dans les écoles de la commission scolaire Marguerite-Bourgeois.

La Cour supérieure a autorisé, la même année, l'élève à porter son poignard à l'école, dans la mesure où il est scellé et dissimulé sous ses vêtements.

Cette décision a toutefois été renversée par la Cour d'appel du Québec, la juge Lemelin estimant que, si l'interdiction de porter le kirpan à l'école « porte atteinte au plein exercice de liberté de religion et de conscience », cette interdiction n'en demeure pas moins raisonnable puisqu'elle vise à protéger « l'intégrité physique de l'ensemble de la communauté scolaire, menacée par la présence d'objets dangereux à l'école ».

L'avocat chargé de défendre la famille Multani, Julius Grey, soutient, quant à lui, que le kirpan n'est pas plus dangereux que plusieurs objets scolaires couramment utilisés par les élèves.

Des jugements rendus en Ontario, en Alberta, en Ohio et en Californie autorisent le port du kirpan dans les écoles, mais le gouvernement québécois entend défendre à la lettre la politique de tolérance zéro pour les armes dans les écoles de la province.





Youppi !

Raymond Savard
Le Devoir vendredi 8 octobre 2004

Gatineau, le 1er octobre 2004 - Michel Garneau, dit Garnotte, votre génial caricaturiste, se pose une question lourde de sens et quasi métaphysique: qu'adviendra-t-il de Youppi? En effet, dans votre édition du 30 septembre, on peut voir le pauvre fétiche abandonné, assis sur un trottoir et attaché au moyen d'une espèce de laisse à un réverbère. En arrière-plan, Garnotte a dessiné le camion de déménagement, qui constitue en quelque sorte le corps du délit.[...]

Pour ma part, [...] je verrais d'un bon oeil que le sympathique animal symbolique serve de mascotte au Canada tout entier. Ce pays pourrait le récupérer, lui qui récupère tant de choses et tant de bons apôtres... Ah ! me dira-t-on, le Canada possède déjà plusieurs mascottes qu'on oublie trop : un poète officiel et les cygnes de la reine, ce qui n'est pas peu, vous en conviendrez. Le pauvre Youppi, qui est sûrement plus bilingue que le premier ministre Martin, conviendrait parfaitement à ce pays ennuyant, si cruellement privé de symboles unificateurs. On pourrait même changer son nom, qui ne fait pas très sérieux, en celui de Yahoo, qui manque peut-être d'originalité et ne fait pas très bilingue, mais cela importe peu puisque Youppi possède toutes les autres qualités requises pour accompagner Pierre S. Pettigrew et Liza Frulla dans leurs voyages à l'étranger. Il représenterait fort bien la culture dite canadienne puisqu'il est une création du cru.

Bref, je vous soumets très modestement ma proposition afin que la pauvre bête trouve une nouvelle mission avant que Brigitte Bardot n'apprenne son triste sort et ne dénonce le Canada youppicide et sa complice, la Ville de Montréal !



TRIBUNE LIBRE






TRIBUNE LIBRE

Radio-Canada : Une catin au service du Canadian Federal Government.

Marie-Anne Vincent, Québec
TRIBUNE LIBRE 8 octobre 2004

Retour sur les Paralympiques


Les Paralympiques sont terminées depuis déjà quelques jours.

Or pendant ces Jeux, j'ai consulté de temps à autre le site des nouvelles de Radio-Canada / RDI en http://radio-canada.ca/nouvelles/

Aussi quelle ne fut pas à nouveau non tant ma surprise (je ne suis pas née de la dernière averse) que ma déception reconduite de constater combien cette chaîne d'État - dont le personnel dans son immense majorité (dont Daniel Gourd et Sylvain Lafrance eux-mêmes, qui en sont les responsables attitrés) est pourtant québécois - persiste à occulter, à banaliser, voire à éradiquer sinon à nier franchement la personnalité québécoise au sein du pays des Stéphane Dion, des Jean Lapierre et des Alfonso Gagliano.

Pour ces «Québécois» de Radio-Canada, des Québécoises et des Québécois, eh bien «visiblement» ça n'existe pas: ce sont, semble-t-il, des entités fictives et de pure imagination. Le Québécois comme lubie, quoi.

Voici donc, en guise de démonstration (et à titre de pièces à conviction, si je puis dire), quelques illustrations de ce phénomène (hélas!) «politique» par le biais de textes lus à l'occasion (lesquels furent glanés au hasard et de manières nullement systématique ou continue: liste nullement exhaustive par voie de conséquence) sur ledit site de la SRC (c'est moi qui souligne en gras italisé):


« Le Canadien Jean Quévillon... » http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/cyclismepara/nouvelles/200409/18/001-quevillon.asp (article non signé, 18 sept. 04)

« La Canadienne Chantal Petitclerc fracasse le record... » http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/athletismepara/nouvelles/200409/20/001-petitclerc-lundi.asp(20 sept. 04)

« La Canadienne Hélène Simard subit l'élimination... » http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/tennisfauteuil/nouvelles/200409/20/001-simard-lundi.asp (20 sept. 04)

« Victoire au 100 m et autre record du monde pour la Canadienne Chantal Petitclerc ! // Les Canadiens André Beaudoin et Dean Bergeron ont remporté leur vague respective en demi-finales du 400 m (T52) mardi.» http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/athletismepara/nouvelles/200409/21/001-petitclerc.asp (21 sept. 04)

« Les Canadiennes Chantal Petitclerc et Diane Roy accèdent à la finale du 1500 m [...] la Canadienne Chantal Petitclerc pourrait monter de nouveau sur le podium [...] À l'image de sa compatriote, la Canadienne Diane Roy a également dominé sa vague respective...» http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/athletismepara/nouvelles/200409/23/001-petitclerc-roy-1500.asp (23 sept. 04)

« La Canadienne Danielle Campo remporte le bronze au 400 m libre S7 » http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/natationpara/nouvelles/200409/23/001-finales-jeudi.asp
(dans ce communiqué d'à peine quelques lignes, la SRC nous offre du «Canada» et dérivés à quatre reprises!!!)

« Le Canadien Benoît Huot remporte sa troisième médaille d'or »
http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/natationpara/nouvelles/200409/23/001-finales-jeudi.asp (23 sept. 04) (Dans cette dépêche, cinq fois les termes Canada / Canadien...)

« Les Canadiennes Chantal Petitclerc et Lisa Franks battent le record paralympique du 400 m »
http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/athletismepara/nouvelles/200409/23/001-petitclerc-roy-1500.asp (23 sept. 04)

« La Canadienne Chantal Petitclerc décroche au 200 m sa cinquième médaille d'or! »
http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/athletismepara/nouvelles/200409/27/001-finales-lundi.asp (27 sept. 04)


Bref à Radio-Canada, rien à faire, on se sent vraiment chez PC/CP (Canadian Press, I mean). Par exemple, dans ce long article - http://ledevoir.com/2004/09/28/64867.html (repris par LeDevoir?!) - on saura que «nos» Canadiens et Canadiennes habitent Montréal, Québec, Alma, Roberval, Ste-Adèle ou que sais-je encore... Mais on ne saura jamais - ô vocable tabou voué aux gémonies des figurines vaudoux! - que ce sont des Québécois...

Serait-ce donc cela, le fédéralisme asymétrique de Paul Martin et de Jean Lapierre ???



Étonnante (?) mauvaise foi de Radio-Canada


Radio-Canada aime bien prétendre - par le truchement de ses journalistes et autres employé(e)s désignés à cette fin (thuriféraires, hommes et femmes liges???), qu'elle envoie «au front» auprès des lecteurs/auditeurs qui dénoncent ces manières - qu'il est naturel et conséquent de désigner par cette dénomination de Canadiens les athlètes du pays sur la scène internationale.

Or c'est là oublier, et ô combien volontairement, qu'il n'en est pas de même sur les autres réseaux (à TVA, par exemple), et que par ailleurs il n'en fut pas toujours ainsi, loin s'en faut, sur les antennes de la SRC elle-même (incidemment, à une époque pas si lointaine où la québécité n'était pas considérée comme une tare par les Robert Rabinovitch, les Sylvain Lafrance et les Daniel Gourd du moment). Au reste, le site de Radio-Canada étant consulté essentiellement par des francophones canadiens, et donc massivement par les Québécois, l'argument souvent présenté de la mondialité d'internet - et selon lequel le lecteur étranger n'est pas forcément au fait de ces «nuances nationales internes» - ne tient pas la route un instant.

Cela dit, lorsqu'il est question d'équipes (par distinction des individus), je puis très certainement comprendre le qualificatif emprunté. Il ne s'agit pas en ces occurrences, j'en conviens fort bien, d'équipes proprement québécoises. C'est la raison pour laquelle je ne critique pas, par exemple, des textes comme les suivants:


Les Canadiens devront se battre pour le bronze (http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/tennisfauteuil/nouvelles/200409/23/001-DemiFinales.asp)
Les Canadiens toujours en lice (http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/rugbyfauteuil/nouvelles/200409/23/001-Quarts.asp)
Les Canadiens toujours invaincus après une victoire de 63-45 sur les Britanniques (http://radio-canada.ca/url.asp?/athenes/basketballfauteuil/nouvelles/200409/24/001-TourPrelim.asp)


Pour Radio-Canada, un(e) Québécois(e) constitue une entité abstraite. Au Québec, il y a des Canadiens et des Canadiennes, un point c'est tout. Si les Espagnoles du Knokke-le-Zoute de Jacques Brel ne savaient toujours pas en 1977 que Franco est tout à fait mort, Robert Rabinovitch et son équipe de journalistes (plus ou moins courtisans: les Normand Lester, on les met à la porte) ne savent toujours pas pour leur part, vraisemblablement, que Jean Chrétien a quitté la tête de Méduse de cette bête prédatrice (des différences intérieures) nommée Canada.

Radio-Canada, sur la question politique québéco-canadienne vous avez désormais autant de crédibilité - d'Alain Dubuc à Jean-Jacques Samson, de Pierre Jury et Lysiane Gagnon à André Pratte et autres plumitifs de province - que le conglomérat de presse Gesca.

Vous étiez une antenne de qualité, que j'appréciais beaucoup. Or vous êtes devenue dans la dernière décennie, et singulièrement depuis les lendemains du référendum du 30 octobre 1995, rien moins qu'une catin au service du Canadian Federal Government.

Ces Paralympiques en tout cas, il est certain, auront été moins limbiques (centre cérébral du plaisir, entre autres caractéristiques) que ceux des «paras» de l'armée canadienne de la propagande.

Aussi mon espoir citoyen réside dorénavant dans la volonté ferme de l'État québécois à rapatrier les budgets actuellement alloués à la SRC, de manière à donner enfin - et ce dans un miroir fidèle et représentatif du peuple québécois - des ailes ainsi qu'un avenir solide à la Société Télé-Québec.


Marie-Anne Vincent
Québec, Québec
8 octobre 2004


Note : Compte tenu de cette ambiance extrêmement petit-politique qui prévaut à Radio-Canada, on comprendra l'indignation exprimée régulièrement dans les journaux et dans la Toile cybernéenne. Par exemple, tout récemment nous pouvions lire ce qui suit: http://www.ledevoir.com/dossiers/255/63781.html?255, http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/4-14.html#tlhp ou http://www.lequebecois.org/CourrierLecteurs.aspx?id=180&page=0, etc. Il n'en tient qu'au lecteur de la présente de porter à son tour l'épaule à la roue, à son échelle personnelle, si tant est qu'il considérât cette Cause comme utile et pertinente. À cet égard, et le cas échéant, voici quelques destinataires officiels et imputables susceptibles de recueillir vos réflexions: Line.beauchamp@mcc.Gouv.Qc.ca, Frulla.l@parl.gc.ca, robert_rabinovitch@cbc.ca, Ombudsman@radio-canada.ca, info@CRTC.gc.ca, nouvelles-internet@radio-canada.ca, auditoire@radio-canada.ca, nouvellesweb@radio-canada.ca, commho@cbc.ca, telejournal@radio-canada.ca, CBVT@radio-canada.ca, CBV@radio-canada.ca, RDI_developpement@radio-canada.ca, scrc@scrc.qc.ca, sportnm@radio-canada.ca, adrenaline@radio-canada.ca, info@TeleQuebec.Qc.ca, direction@Conseildepresse.Qc.ca