Actualité







le Québec sur les tribunes internationales

La place du Québec

André Pratte
La Presse mercredi 17 novembre 2004

À la suite du décès de Yasser Arafat, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a fait parvenir une lettre au président intérimaire de l'Autorité palestinienne: " C'est avec tristesse que les Québécoises et les Québécois ont appris... " On imagine l'émotion de Rawhi Fattouh lorsqu'il a pris connaissance de ce message...

Pourquoi le premier ministre du Québec sentait-il le besoin d'ajouter à la déclaration presque identique publiée le même jour par le premier ministre du Canada, Paul Martin? S'agissait-il d'un élément de plus dans la stratégie de son gouvernement, qui veut être " omniprésent dans le monde " (selon une résolution qui sera étudiée au prochain congrès libéral)?

La lettre de condoléances de M. Charest n'était pas un précédent, loin de là. N'empêche, il est étonnant de voir un premier ministre fédéraliste jouer ainsi au pseudo-chef d'État. Étonnant aussi de voir l'importance qu'accorde le gouvernement Charest au rehaussement de la participation du gouvernement du Québec dans les instances internationales.

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, voudrait conclure avec le fédéral une entente accordant au Québec un rôle accru dans les négociations internationales menées par le Canada, de même qu'un droit de parole autonome à certaines tribunes internationales. En plus d'avoir un statut particulier dans les institutions de la francophonie, le gouvernement du Québec rêve de pouvoir parler " en son nom propre " partout où des questions relevant de sa compétence sont abordées.

En cette matière, les libéraux sont fidèles à leur héritage: il y a presque 40 ans, le ministre de l'Éducation, Paul Gérin-Lajoie, formulait la doctrine qui allait porter son nom, selon laquelle le Québec était en droit de conclure des ententes avec d'autres États dans les matières relevant de ses compétences. Depuis, le Québec a beaucoup accru son activité à l'international. Les libéraux prétendent que " le mouvement doit s'intensifier ". Cela n'est pas évident du tout. C'est même illogique, quand on considère que les mêmes libéraux ne cessent de réclamer qu'Ottawa respecte ses champs de compétence.

Les relations internationales sont de juridiction fédérale. Compte tenu de sa culture distincte, il était souhaitable que le Québec puisse tisser des liens étroits avec la France, et jouer un rôle de premier plan au sein de la francophonie. Des ententes ont été conclues à cet égard aussi tôt que 1965. Faut-il maintenant que le gouvernement québécois parle de sa propre voix à l'UNESCO, au Bureau international du travail, à l'Organisation mondiale de la santé, à l'UNICEF... bref partout où on aborde des sujets qui sont en tout ou en partie de juridiction provinciale? Non.

Les Québécois n'ont aucune raison de se plaindre de la manière dont le gouvernement canadien défend leurs intérêts dans le monde. Par exemple, dans un dossier qui tient particulièrement à coeur au gouvernement du Québec, celui de la diversité culturelle, le Canada a défendu avec conviction et efficacité un point de vue en tout point semblable à celui de Québec. S'il n'y a pas de problème, pourquoi vouloir le régler?

Plus Québec insiste pour avoir une présence distincte dans les instances internationales, plus il diffuse dans le monde un message d'insatisfaction à l'égard du fédéralisme canadien. Une telle stratégie coule de source pour un souverainiste. D'un point de vue fédéraliste, c'est une politique carrément néfaste. De plus, on court le risque d'étioler l'influence réelle dont jouissent les Québécois sur la politique étrangère du Canada au profit d'une visibilité autonome... mais sans effet.

MM. Charest et Pelletier feraient mieux de s'inspirer du " livre beige " de Claude Ryan que de la doctrine Gérin-Lajoie. Dans cette proposition de réforme constitutionnelle publiée en 1980, le Parti libéral affirmait sans ambages la compétence exclusive du gouvernement du Canada en matière de politique étrangère: " Pour des raisons d'efficacité et de sécurité, cette compétence ne saurait être partagée. " L'influence des provinces devait se faire sentir au sein des délégations canadiennes, et non à l'extérieur d'elles. Voilà une position qui, à notre avis, est plus conforme à l'esprit du fédéralisme canadien que celle du gouvernement Charest.





diversité culturelle

Un combat d'avant-garde

Daniel Turp
La Presse mercredi 17 novembre 2004

Pour contribuer en son propre nom au combat pour la diversité culturelle, le Québec doit devenir membre associé de l'UNESCO

Je tiens à formuler une revendication qui me semble essentielle dans le contexte du débat sur la diversité culturelle et qui est d'autant plus pertinente que le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, paraît avoir reçu du premier ministre Jean Charest le mandat de négocier un accord bilatéral spécial avec Ottawa afin que le Québec puisse avoir un siège à l'UNESCO et y parler en son nom propre.

Je demande au gouvernement du Québec de réclamer, aux fins de véritablement participer aux efforts de promotion et de préservation de la diversité culturelle, un statut de membre associé de l'UNESCO. L'UNESCO admet en son sein non seulement des États membres, mais également des membres associés. Ainsi, le paragraphe II alinéa 3 de l'Acte constitutif de l'UNESCO prévoit que les " territoires ou groupes de territoires qui n'assument pas eux-mêmes la responsabilité de la conduite de leurs relations extérieures peuvent être admis comme membres associés par la Conférence générale à la majorité des deux tiers des membres présents et votants, si cette admission a été demandée, pour le compte de chacun de ces territoires ou groupes de territoires, par l'État membre ou l'autorité, quelle qu'elle soit, qui assume la responsabilité de la conduite de ses relations extérieures ".

Cette disposition peut être interprétée comme permettant au " territoire " du Québec d'être admis, avec l'autorisation du Canada, en qualité de membre associé de l'UNESCO. Le Québec pourrait être ainsi considéré comme un " territoire " au sens de ces articles, comme pourrait l'être également la Catalogne dont les dirigeants partagent d'ailleurs une telle interprétation et envisagent de revendiquer également pour la Catalogne le statut de membre associé de l'UNESCO.

Si le Québec devrait acquérir le statut de membre associé, il pourrait ainsi avoir un véritable droit de participation aux travaux de l'UNESCO, et y détenir autant un droit de parole qu'un droit de vote. S'agissant de la diversité culturelle, la rédaction actuelle de l'avant-projet de Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques ne permettrait toutefois pas au Québec, en sa nouvelle qualité de membre associé, de devenir partie à la future Convention, de participer aux travaux de l'Assemblée générale et du Comité intergouvernemental en cette qualité et de présenter de même la candidature d'un expert québécois au Groupe consultatif. Le Québec doit donc chercher à faire apporter une modification au paragraphe 25 alinéa 1 de l'avant-projet pour que celui-ci permette à la fois aux " États membres " et aux " membres associés " de l'UNESCO de ratifier, d'accepter ou d'approuver la Convention ou d'y adhérer.

Pour exercer, comme il l'a fait dans le passé, et comme il doit continuer de le faire, un véritable leadership en la matière, le Québec doit donc revendiquer et obtenir un statut de membre associé à l'UNESCO. Le gouvernement du Québec pourrait d'ailleurs rappeler au premier ministre du Canada, Paul Martin, qu'il a affirmé que, dans les négociations sur la diversité culturelle, il accepterait qu'un ministre du Québec soit à la table et que " ce serait un atout. " (L'Actualité, 15 avril 2004). Le Canada devrait donc accepter qu'un ministre soit également autour de la table de l'Assemblée générale des États parties et du Comité intergouvernemental de la future Convention sur la protection de la diversité des expressions culturelles.

Le Québec doit pouvoir participer de façon directe aux travaux de la future convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. Alors que les ministres fédéraux se querellent sur la question de savoir si le Québec peut parler au nom du Canada ou non, le gouvernement du Québec doit aujourd'hui revendiquer le droit de parler de sa propre voix à l'UNESCO et obtenir, à cette fin, le statut de Membre associé de cette institution spécialisée des Nations unies.

Bien que le Parti québécois demeure convaincu que seule l'indépendance nationale garantira au Québec le droit de participer de façon pleine et entière au débat sur la diversité culturelle et à l'ensemble des autres grands débats internationaux, il est disposé à soutenir le gouvernement du Québec dans ses efforts pour obtenir un statut de Membre associé à l'UNESCO et élargir ainsi, comme le proposait la Déclaration concernant la participation du Québec aux forums internationaux traitant d'éducation, de langue, culture et d'identité du 24 mars 1999, " la coalition des peuples, gouvernements et États qui appuient ce combat ".

Le Québec doit ainsi demeurer à l'avant-garde d'un combat qui vise à consacrer la diversité culturelle comme patrimoine commun de l'Humanité. Car il veut enrichir, à sa façon et par la culture québécoise, ce patrimoine commun de l'Humanité.

L'auteur est député péquiste de Mercier à l'Assemblée nationale et porte-parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales et d'affaires canadiennes.





Faux départ

Jean-Marc Salvet
Le Soleil mercredi 17 novembre 2004

Éditorial - La première vraie sortie d'Option citoyenne a connu de sérieux ratés. Difficile d'estimer, à l'instar de Françoise David, que ce coup d'envoi puisse être assimilé à un succès sous prétexte que les deux tiers des délégués seraient repartis chez eux de "bonne humeur". Qu'un gros tiers soit déçu ou de mauvaise humeur dès le premier congrès d'orientation en dit long sur les écueils qui attendent ce nouveau parti politique.

Pour la gauche québécoise, la question de la souveraineté a toujours été intimement liée à un projet social-démocrate. Mais il y a toujours eu des Québécois soucieux d'une meilleure redistribution de la richesse qui ont été et demeurent attachés à l'ensemble canadien.

Parce qu'ils n'ont pas su camper leur position de façon claire et précise sur cette question, les dirigeants d'Option citoyenne en sont quittes aujourd'hui pour une navigation à vue qui durera au moins une année. Aussi bien dire une éternité.

Quoi qu'il en soit, on sent bien que le débat auquel nous aurons droit au cours des prochains mois en sera plus un de stratégie que de réflexion. Les intéressés continueront à se demander s'il vaut mieux investir le PQ pour l'amener plus à gauche ou s'il convient de lui faire une concurrence en bonne et due forme jusque dans les urnes - quitte à favoriser la réélection d'un gouvernement libéral. Complètement obnubilés par Jean Charest, peu d'entre eux voient, de toute façon, que c'est au profit de l'ADQ que le PQ perd des plumes depuis quelque temps.

Pour l'heure, ces questions de stratégie et de positionnement éclipsent malheureusement un débat essentiel : quelle gauche pour un monde si interdépendant ?

Certains militants d'Option citoyenne ont certainement raison de dire que le statut de province limite les possibilités d'actions à gauche, du moins sur un plan théorique. Mais ils s'illusionnent carrément en croyant encore qu'un État souverain est libre d'emprunter la route qu'il veut. C'est oublier que les capitaux franchissent les frontières à la vitesse de l'éclair.

Ce n'est pas pour rien que les François Mitterrand, Lionel Jospin, Gerhard Schroeder et autres ont dû faire la part des choses entre les ambitions qu'ils avaient et les politiques qu'ils ont mises en place. Ce n'est pas sans raisons que la gauche pratiquée par le PQ n'a d'ailleurs jamais été foncièrement différente de la leur.

Il y a certainement là matière à réflexion pour une certaine gauche québécoise. Il ne s'agit pas d'inviter les membres d'Option citoyenne à baisser les bras ou à abandonner tout projet de changement. Mais ce n'est pas en faisant abstraction de la réalité qu'ils parviendront à faire partager leur point de vue par un plus grand nombre de citoyens.

JMSalvet@lesoleil.com





Festivals de cinéma : priorité au français

Claude Racine
Directeur de la revue 24 images de 1987 à 2004
Le Devoir mercredi 17 novembre 2004

Libre opinion: En 1987, le nombre de plus en plus restreint de films en français ou sous-titrés en français au Festival des films du monde et dans les autres festivals de films à Montréal avait mené l'Association québécoise des critiques de cinéma à faire pression sur les organismes publics et les ministères subventionnaires afin qu'ils imposent aux différents festivals des critères pour respecter la langue de la majorité au Québec.

Nous fûmes plusieurs à intervenir sur la question dans différents journaux ou revues, depuis Odile Tremblay dans Le Devoir jusqu'à Luc Perrault dans La Presse. Pour ma part, je signai un éditorial à l'automne 1987 dans 24 images sous le titre «FFM : un trou dans la loi 101».

Au cours des années qui suivirent, on fit un tout petit pas en accordant des fonds pour le sous-titrage numérique des films de la compétition officielle du Festival des films du monde. Puis, probablement de guerre lasse devant la politique officielle de bilinguisme à la pont-bridge du FFM, où les films ont toujours été systématiquement présentés à la bonjour-welcome, un film de... a film by... , de l'Italie-from Italy, etc., la situation se détériora toujours un peu plus d'année en année dans les autres sections du festival (par chance, il restait les films tournés en langue française !). L'intervention des médias devint de plus en plus épisodique et ténue : nous avions presque jeté l'éponge.

Aujourd'hui, alors que les institutions qui financent le cinéma s'apprêtent à sélectionner, le 1er décembre, l'organisation qu'ils auront jugée la plus apte à organiser un festival international de films majeur à Montréal, la situation du français est en bonne voie de devenir précaire dans nos différents festivals de cinéma.

Du côté du Festival des films du monde, à l'exception de la compétition officielle, des films des pays francophones et des quelques films autres qui sortiront en salle au cours des prochains mois, la quasi-totalité des projections en d'autres langues que l'anglais sont sous-titrés en anglais (les films en anglais, n'étant évidemment pas sous-titrés !). De toute façon, face à la politique de bilinguisme intégral du FFM, il était inévitable que nous en arrivions là.

Même le Festival du nouveau cinéma...

La situation du français n'est guère plus reluisante au Festival du nouveau cinéma. De toute évidence, le festival parrainé par Daniel Langlois a tous les atouts pour devenir la manifestation cinématographique internationale de l'avenir à Montréal avec, en particulier, son avancée dans le champ du numérique ainsi que la qualité de sa programmation. Mais, là aussi, le côté sous-titrage en français laisse beaucoup à désirer : c'en est même plutôt gênant.

Cette année, à peine 50 % des programmes de longs métrages étaient sous-titrés en français (soit environ 140 programmes) alors que plus de 70 % des programmes (plus de 200) étaient soit en anglais, soit sous-titrés en anglais. La plupart des films français étaient sous-titrés en anglais et les films en anglais (qu'ils soient britanniques, indépendants américains ou canadiens-anglais) étaient, à quelques exceptions près, sans sous-titres français.

Un éminent journaliste français, de passage au festival, me faisait la remarque suivante : «Les films français sont sous-titrés en anglais et les films en anglais ne le sont pas. À quoi bon venir ici pour y voir des longs métrages indépendants américains qui ne sont pas sous-titrés alors que nous pourrons tous les voir à Paris sous-titrés en français au cours des prochains mois ?»

Même le dernier film de la cinéaste française Agnès Varda, Ydessa, les ours et etc. (pièce majeure de la séance Cinévardaphoto), qui était annoncé au programme sous-titré en anglais, ne l'était pas : il était carrément en anglais sans sous-titres français (en transit soit du Festival de Toronto, soit du festival de New York).

À vrai dire, sur cette question majeure, il y a du sable dans l'engrenage des programmateurs du FNC. Le 10 octobre dernier paraissait dans Le Devoir un texte cosigné par Daniel Langlois et la directrice générale du Festival du nouveau cinéma, Sheila de la Varende, ayant pour titre «Un festival international au service du public et de l'industrie», où les auteurs faisaient valoir l'importance du service au public cinéphile. Dans cette optique, il est à souhaiter que les institutions s'efforcent de privilégier tout particulièrement ce volet «service au public», public qui, au Québec, est très majoritairement francophone.

À cet égard, rappelons que tous les films présentés au Festival de Toronto qui ne sont pas en anglais sont sous-titrés en anglais, la même règle s'appliquant d'ailleurs dans tous les grands festivals internationaux, soit l'italien à Venise, l'espagnol à San Sebastian et le français à Cannes.

Au moment où se redessine la carte des festivals de cinéma à Montréal et au Québec, il est urgent que les instances dirigeantes réagissent contre cet état de fait et fassent en sorte que le français récupère la place qui lui revient.





Le Suroît définitivement liquidé avant la commission parlementaire

Denis Lessard
La Presse mercredi 17 novembre 2004

Québec - Pour que sa commission parlementaire ne serve pas à faire à nouveau le procès du Suroît, le gouvernement Charest a décidé de tirer dès aujourd'hui un trait définitif sur le projet controversé d'Hydro-Québec à Beauharnois.

Selon les informations obtenues par La Presse, la décision a été prise en début de semaine au cabinet du premier ministre Charest, un développement qui a fait tourner depuis les turbines... au ministère des Ressources naturelles.

À l'entrée de la réunion du Conseil des ministres hier, le responsable, Sam Hamad, affichait un sourire entendu face aux questions de La Presse. C'est lui qui, aujourd'hui, sonnera le glas du Suroît.

Les ministres devaient être saisis hier de cette proposition associée à la tenue de la commission parlementaire qui aura à analyser le bilan énergétique du Québec des prochaines années. Pendant deux jours, les 1er et 2 décembre, on entendra des " experts " puis une consultation " générale " se tiendra en janvier prochain où on attend 130 groupes.

Stérile procès

D'autres sources expliquent que la décision de " sortir " le Suroît du paysage vient de la conviction que la commission parlementaire restera un stérile procès du Suroît, si le projet de centrale au gaz est encore dans le décor. " On veut éviter que le Suroît contamine tout le débat. Les informations obtenues d'Hydro au cours des derniers mois prouvent qu'on est dans une zone confortable du point de vue de la disponibilité d'énergie ", dit une source informée des détails de la décision.

Stratégiquement, on veut aussi profiter de l'absence de Jean Charest qui se rend aujourd'hui en mission officielle au Mexique, afin d'éviter que le premier ministre soit à nouveau associé à ce projet très controversé. La mise au rancart du projet permettra de dégager l'atmosphère au congrès du PLQ à Montréal en fin de semaine prochaine.

M. Charest sera de retour pour lancer un débat plus positif sur l'avenir de la filière énergétique québécoise, explique-t-on.

La Presse avait annoncé fin septembre que, compte tenu des fortes pluies de l'été dans le nord du Québec, le niveau des barrages était tel que le Suroît n'était plus nécessaire pour traverser la période 2005-2009. Les nombreux retards imposés au projet faisaient d'ailleurs qu'il ne pouvait être mis en production à temps pour faire face à la période critique. Les surplus d'eau- 24 TWh- équivalent à l'énergie de quatre Suroît.

En outre, la demande prévisible est en baisse, l'aluminerie ABI de Bécancour qui consomme 5 TWh par année étant en grève depuis l'été. En outre, Alcoa a mis en veilleuse des projets de développements énergivores. Depuis, Hydro-Québec a dit qu'elle maintenait active la filière gazière, sans préciser toutefois l'avenir du Suroît. En revanche, la société d'État a ouvert largement les vannes à la production d'énergie tirée des éoliennes, réduisant davantage encore la pression pour une centrale thermique qui rejetterait dans l'atmosphère autant de gaz à effet de serre que 600 000 automobiles. Hydro-Québec était prête depuis plusieurs mois à passer par-dessus bord ce projet invendable politiquement.

General Electric, qui devait fabriquer la turbine, est depuis un bon moment convaincue que le projet québécois ne verra jamais le jour.

Mais le premier ministre Charest avait insisté jusqu'ici pour qu'officiellement aucune décision, qui aurait eu l'air de présumer des conclusions de la commission parlementaire, ne soit annoncée.

Or, celle-ci est retardée, et la portion qui sera tenue cette année est minuscule par rapport au plan initial. Les délais ont été causés essentiellement par le retour à l'expéditeur du document de consultation sur l'énergie produit par le ministère de M. Hamad. Le cabinet de Jean Charest jugeait qu'on n'y traitait pas suffisamment de la filière gazière.

Hamad sur le gril

Hier, le ministre Hamad s'est retrouvé sur le gril à l'Assemblée nationale, quant la critique péquiste à l'Énergie, Rita Dionne-Marsolais, a rappelé que le chef de cabinet de M. Charest, Stéphane Bertrand, était, avant de travailler pour le premier ministre, vice-président de Gaz Métropolitain.

" Quels sont les intérêts que M. Bertrand sert, ceux de Gaz Métro ou ceux de l'ensemble du Québec? " a-t-elle lancé.

Par la suite, Mme Dionne-Marsolais, elle-même ancienne cadre de la société d'État, a relevé la longue liste des nominations partisanes au conseil d'administration de la société: Yves Lamontagne, Louis Lagacé, Normand Hébert et Michel Plessis-Bélair, des " fidèles donateurs " au Parti libéral du Québec.

On y retrouve aussi Marie-France Poulin, gouverneur du Conseil de l'unité canadienne, et les anciens ministres libéraux Gaston Blackburn et André Bourbeau.





Goodale prévoit des surplus records, mais prêche la prudence

ISABELLE RODRIGUE
PC mercredi 17 novembre 2004

OTTAWA (PC) - Propulsé par une économie toujours en croissance, le gouvernement fédéral devrait enregistrer un surplus de plus de 8,9 milliards $ pour l'année financière en cours, a indiqué le ministre des Finances, Ralph Goodale, mardi.

Mais comme s'il voulait amoindrir la bonne nouvelle que bien des pays envient au Canada, le ministre s'est évertué à expliquer qu'il valait mieux ne pas trop se réjouir et ne pas se laisser porter par un excès d'optimisme.

Malgré l'excédent budgétaire prévu en 2004-2005, qui deviendra le huitième consécutif s'il se concrétise, le ministre Goodale a conservé son approche prudente qui lui fait répéter que les sommes anticipées ne doivent pas faire oublier la fragilité de l'économie, toujours à la merci des dépenses imprévues et des soubresauts de la scène internationale.

Entre la hausse du dollar Canadien, les cours du pétrole aussi en hausse et les situations explosives dans certains coins de la planète, Ottawa doit garder la tête froide malgré son succès financier, a soutenu M. Goodale.

Il se réjouit néanmoins de la croissance anticipée de l'économie Canadienne de trois pour cent, du taux de chômage à la baisse, des revenus de 2,6 milliards $ réalisé par la vente des actions de Pétro-Canada, et des frais de la dette moins élevés en raison de taux d'intérêt plus bas.

"Il importe toutefois de reconnaître que les fruits (...) de notre réussite économique ne sont pas garantis", a-t-il déclaré lors de sa mise à jour économique et financière devant le comité parlementaire des Finances, un exercice qui permet de faire le point sur les finances publiques après les six premiers mois de l'année.

"Nous devons (...) vivre selon nos moyens, planifier avec prudence, et éviter systématiquement de retomber dans une situation de déficit."

Des 8,9 milliards $ anticipés, 3 milliards $ seront mis dans la réserve pour éventualités qu'Ottawa met toujours de côté pour faire face aux imprévus. La somme qui reste, environ 5,9 milliards $, pourra servir à financer des priorités bien que, la plupart du temps, les libéraux ont eu la tendance à appliquer les excédents à la réduction de la dette.

M. Goodale a d'ailleurs passé un bon moment à expliquer pourquoi, à cause du vieillissement de la population, les libéraux sont convaincus de l'importance de diminuer le fardeau de la dette. Le gouvernement de Paul Martin s'est donné pour objectif de ramener la dette à 25 pour cent du produit intérieur brut (PIB).

Mais toutes les mises en garde et les invitations à la prudence du ministre ne convainquent en rien les partis d'opposition, qui accusent le gouvernement de sous-estimer les surplus et ainsi soustraire d'importantes sommes d'argent du débat public.

Même les provinces, qui réclament qu'Ottawa reconnaisse et mette un terme au déséquilibre fiscal, regardent d'un oeil suspect les prévisions fédérales.

"Si M. Goodale annonce 8 milliards $ aujourd'hui (mardi), les probabilités sont très fortes que le montant soit supérieur" d'ici la fin de l'année financière, commentait le premier ministre du Québec, Jean Charest, lors d'un point de presse à Montréal.

L'an dernier, pour 2003-2004, Ottawa a encaissé un excédent de 9,1 milliards $, une somme supérieure à quatre fois ses prévisions inscrites dans le budget de mars 2003.

En mars 2004, M. Goodale disait prévoir un excédent de 4 milliards $, il en prévoit maintenant plus du double. Cette différence entre les prévisions et les résultats exaspère les partis d'opposition, qui exigent plus de transparence.

"Je vois aussi que vous avez omis un tas de choses encore une fois, délibérément j'en suis persuadé, a souligné Yvan Loubier, critique du Bloc québécois en matière de finances. Ca fait sept ans que la mascarade dure.".

Le député s'est moqué de la tendance forte du gouvernement à créer des réserves pour éventualités et pour prudence.

"Bientôt il y aura une réserve pour l'angoisse ministérielle", a-t-il lâché, avançant qu'au cours des deux prochaines années, les sommes prévues pour ces réserves dépasseront les surplus anticipés pour la planification.

"Les contribuables ont droit à la vérité, a lancé pour sa part le critique conservateur, Monte Solberg. C'est une situation qui se répète depuis sept ans, alors que le gouvernement a engrangé des 10 de milliards $ sans que les Canadiens ne puissent se prononcer sur l'affectation de ces fonds."

Les commentaires acerbes des critiques de ces partis d'opposition ont fait sortir le placide ministre de ses gonds, générant des échanges houleux.

"Je n'accepte pas qu'on dise que j'ai pu mentir", s'est exclamé le ministre Goodale.

Pour le Bloc québécois, il est urgent qu'Ottawa cesse ses "cachotteries" et investisse dans les secteurs névralgiques, l'assurance-emploi par exemple. Le NPD fait aussi valoir qu'il est nécessaire de réinvestir massivement dans les programmes sociaux plutôt que de réduire la dette.

De l'autre côté du spectre, les conservateurs estiment qu'il est plus que temps de réduire le fardeau fiscal des familles à revenus modestes ou moyens.

Le premier ministre Paul Martin a rapidement fermé la porte à ce scénario pour l'instant, rappelant que les baisses d'impôt ne sont pas dans les priorités des libéraux et n'ont pas fait l'objet de promesses électorales.

"On a mis devant les Canadiens un programme très étoffé", a déclaré M. Martin à la sortie de la réunion de son cabinet, mardi matin, citant les questions de la santé, de la péréquation, des garderies, des premières nations et de l'entente avec les villes.

"Voilà nos priorités. Une fois qu'on a atteint, qu'on a réglé nos priorités, alors certainement qu'on peut regarder d'autres options."





Ottawa réalisera un surplus de 8,9 milliards au bas mot

Alec Castonguay
Le Devoir mercredi 17 novembre 2004

Ottawa - Le gouvernement fédéral continue de nager dans les surplus budgétaires. Malgré une forte hausse de ses dépenses dans les domaines de la santé et de la péréquation en faveur des provinces, Ottawa prévoit enregistrer un excédent de 8,9 milliards de dollars pour l'année financière en cours, qui se termine en mars prochain. Dans cinq ans, soit pour l'exercice financier 2009-10, la marge de manoeuvre fédérale devrait atteindre au bas mot 18,5 milliards, selon les prévisions dévoilées hier par le ministre des Finances, Ralph Goodale.

À ces chiffres astronomiques, qui pourraient bien s'avérer encore plus élevés en fin de compte, comme le gouvernement en a pris l'habitude, il faut ajouter l'exercice de réduction des dépenses que pilote le ministre du Revenu, John McCallum, et qui sera prêt pour le prochain budget en mars. Ce sont donc 2,4 milliards par année qu'il faut ajouter à la cagnotte, pour un total de 12 milliards sur cinq ans.

Si on additionne ce montant aux surplus estimés par le gouvernement pour les six prochaines années - y compris cette année -, le fédéral aura bénéficié d'une marge de manoeuvre de 73 milliards quand l'année 2009-10 s'achèvera.

Ces chiffres ronflants ont fait bondir les partis d'opposition à la Chambre des communes, le Parti conservateur, le Bloc québécois et le NPD accusant le gouvernement de «mentir aux Canadiens» en sous-évaluant de façon chronique ses surplus. Ralph Goodale, venu défendre ses prévisions économiques devant le comité des Finances, a été soumis à un véritable barrage de questions, le tout sur fond de scepticisme et d'irritation bien évidents chez les députés de l'opposition.

«Est-ce que ce sont les bons chiffres?», «Comment peut-on vous croire aujourd'hui?», «Où ira l'argent?», «Et le déséquilibre fiscal?», «Et le bureau indépendant de prévisions budgétaires?», ont demandé en choeur les députés de l'opposition qui siègent au comité des Finances.

«Vous avez systématiquement sous-estimé vos surplus, pourquoi faudrait-il croire ceux-là?, a lancé le député conservateur Monte, visiblement irrité. Vous devez être franc avec les gens.» Selon lui, la grande marge de manoeuvre du gouvernement exige qu'il retourne une partie des surplus dans les poches des citoyens via des baisses d'impôt.

Le plus tranchant a été le député bloquiste Yvan Loubier, qui s'est même permis d'aller porter une calculatrice au ministre des Finances «pour l'aider». «Je suis tout à fait exaspéré de votre attitude, a-t-il déclaré. Allez-vous cesser de rire des gens de cette façon? L'an dernier, les surplus sont passés de 1,9 à 9,1 milliards. Cette année, s'il n'y avait pas eu les dépenses imprévues en santé et en péréquation, on serait passé de 4 à 12 milliards de surplus. Ce n'est pas un problème de transparence que vous avez, c'est un problème de crédibilité!»

Le Bloc québécois, le Parti conservateur et le NPD déplorent que ces milliards qui apparaissent soudainement sur l'écran radar soient soustraits au débat public, puisque chaque année ces excédents sont consacrés au remboursement de la dette.

Le ministre des Finances s'est défendu de mentir aux Canadiens. «Je suis en désaccord avec vos conclusions, je ne sous-estime pas les surplus, a dit Ralph Goodale. Ces chiffres reposent sur les conseils des meilleurs économistes du secteur privé. J'ai l'intention de fournir les meilleures informations possibles. Je n'ai pas menti à quiconque.»

Ralph Goodale s'est dit prêt à examiner des voies de rechange pour prévoir le plus efficacement possible l'état des finances publiques. Il a toutefois souligné qu'il ne voulait pas d'une loi ou d'une structure trop rigide. Le ministre des Finances a reconnu qu'il existait «quelques disparités» fiscales entre les provinces et Ottawa, «mais je ne suis pas d'accord avec l'affirmation qu'il y a un déséquilibre fiscal au Canada», a-t-il aussitôt enchaîné.

Beaucoup de réserves

À chaque intervention de l'opposition, M. Goodale avançait que les chiffres n'étaient pas les mêmes de son côté de la table, démontrant sans équivoque la présence de deux visions qui s'affrontent.

Ces deux visions, c'est d'un côté la prudence financière du gouvernement, que l'opposition juge «excessive et manipulatrice» et qui «empêche un débat public sur ce qu'on pourrait faire avec ces milliards plutôt que de tout mettre dans la dette», selon les mots de Judy Wasylycia-Leis, députée du NPD, alors que du côté du gouvernement on estime au contraire que cette méthode permet de rembourser efficacement la dette et d'absorber les chocs économiques imprévus.

Le Bloc estime d'ailleurs que le surplus de cette année pourrait dépasser 8,9 milliards, puisque le gouvernement a manqué sa cible chaque année depuis sept ans. Et ce sera encore pire dans les années à venir, soutient Yvan Loubier, puisque les prévisions sont extrêmement basses.

Ainsi, l'an prochain (2005-06), le gouvernement estime qu'il aura un surplus d'à peine 500 millions, à quoi il faut ajouter une «réserve pour éventualités» de quatre milliards. Donc, un surplus de seulement 4,5 milliards. Pour l'année 2006-07, Ottawa prévoit un surplus de 900 millions, sans compter la réserve de cinq milliards (5,9 milliards en tout).

En 2007-08, la cagnotte atteindrait 9,2 milliards, soit 3,2 milliards en prévisions plus une réserve de six milliards. Et ainsi de suite pour 2008-09 (14 milliards en tout) et 2009-10 (18,5 milliards). Chaque année, la réserve pour éventualités est plus imposante que celle de l'année précédente. Rappelons que cette réserve, si elle n'est pas utilisée, est entièrement consacrée à la réduction de la dette.

Le ministre des Finances attribue la hausse du surplus cette année à une croissance économique plus forte au pays, malgré un dollar vigoureux et un prix du baril de pétrole à son zénith. M. Goodale a d'ailleurs revu la prévision de croissance du PIB pour 2004, la faisant passer de 2,7 % à 3 %. Pour l'an prochain, la cible de 3,2 % n'a pas changé.

Fait à noter, pour la première fois depuis plus d'une décennie, le déficit accumulé - ce que le gouvernement fédéral nomme sa dette - est passé sous la barre des 500 milliards, s'arrêtant à 493,6 milliards en date du 30 septembre dernier.





«Pauvre» M. Goodale

Manon Cornellier
Le Devoir mercredi 17 novembre 2004

En se présentant devant le comité des Finances hier, le ministre Ralph Goodale savait qu'il serait sur la sellette, que l'exactitude des chiffres contenus dans sa mise à jour économique et financière serait contestée. Elle l'a été, peu importe que son ministère et lui aient prévu le coup.

D'entrée de jeu, tous les députés de l'opposition lui ont demandé pourquoi ils devraient le croire, lui qui a sous-évalué ses surplus de façon grossière en mars dernier et dont le ministère fait de même depuis sept ans.

La crédibilité des prévisions budgétaires d'Ottawa ne tient plus la route depuis plusieurs années. Le ministre des Finances dit en être conscient et sa décision de procéder à un examen de ses méthodes, sous la direction d'un économiste extérieur et du Fonds monétaire international, en est un indice.

À le voir s'échiner hier, on ne pouvait douter de sa volonté de dissiper le cynisme qui entoure ses prévisions. Il est arrivé armé d'un document détaillant la façon de les calculer. Son ministère et lui n'ont pas révélé la totalité de leurs données, mais le niveau de transparence était nettement supérieur à tout ce qu'on avait vu par le passé.

Mais il en faudra bien davantage pour faire taire les sceptiques, surtout après les années de cachotteries du maître illusionniste qu'était Paul Martin, ministre des Finances. C'est d'ailleurs lui qui a le plus miné la crédibilité des prévisions fédérales en prétendant année après année que le budget ne serait qu'équilibré, y compris l'année où il a engrangé un surplus de 17 milliards.

M. Goodale n'a guère fait mieux dans son budget préélectoral de mars dernier. Il prédisait terminer l'année financière 2003-04 avec un maigre surplus de 1,9 milliard. Il s'est retrouvé avec un excédent de 9,1 milliards. Il annonçait un surplus de quatre milliards pour l'année en cours, l'équivalent de sa réserve pour éventualités. Six mois plus tard, il prévoit un surplus de 8,9 milliards. Ce dernier serait encore plus haut (12,8 milliards) n'eût été les accords sur la santé et la péréquation conclus cet automne.

Le bloquiste Yvan Loubier n'a pas manqué de souligner l'importance de ce dernier écart, demandant aussitôt si le même scénario ne se répéterait pas l'an prochain. La question se pose, car M. Goodale a beau parler de l'incertitude posée par le prix du pétrole, la valeur du dollar et le déficit américain, Ottawa a vu pire en 2003 et a quasiment quintuplé son surplus anticipé.

Si M. Goodale espère sérieusement refaire sa virginité, il a intérêt à viser juste pendant plusieurs années. Sa prestation d'hier représentait une première tentative mais elle relevait davantage de l'opération de relations publiques inspirée par le statut minoritaire de son gouvernement et le désir de stopper les partis d'opposition qui rêvent de créer un bureau indépendant des prévisions budgétaires. Mais contrairement à Paul Martin, il n'a pas fait semblant de ne pas avoir de surplus en vue. Il a d'ailleurs eu l'habileté de demander à l'opposition de lui dire comment faire l'arbitrage entre des demandes contradictoires, une recette parfaite pour diviser les trois partis.

Les vrais chiffres

Mais encore faudrait-il que les partis aient les vrais chiffres à leur disposition, ce dont tout le monde doute encore. Avant la conclusion des accords sur la santé et la péréquation, Ottawa affichait déjà un surplus de 7,9 milliards pour les six premiers mois de l'année financière. Ce qu'il s'est bien gardé de dire aux provinces. Il lui suffit maintenant de dégager quatre milliards au cours des six prochains mois pour atteindre la cible de 8,9 milliards tout en payant pour la santé et la péréquation. Difficile de croire qu'il s'en tiendra à cela.

Les données pour les années à venir, surtout les deux prochaines, soulèvent des interrogations similaires. Comment croire que les surplus de ces deux années puissent se limiter à 500 et 900 millions, une fois retranchées les réserves pour éventualités de quatre et cinq milliards ?

M. Goodale a toutefois le mérite de défendre visière levée sa politique de réduction de la dette fédérale, évoquant avec insistance les défis que posera le vieillissement de la population pour les finances et les services publics. Paul Martin n'en a jamais fait autant, préférant agir furtivement et éviter du coup tout débat sur l'utilisation des surplus.

Le ministre des Finances a une longue côte à remonter et il est entravé par le bilan de ses prédécesseurs. S'il veut montrer qu'il s'en distingue, Ralph Goodale doit ouvrir ses livres davantage et dévoiler non seulement comment il en est arrivé à ses propres prévisions, mais aussi comment ces prédécesseurs ont établi les leurs. Rendre publics, en somme, les mêmes détails qu'il a fournis hier sur les calculs effectués pour l'année en cours et celles à venir. On ne verra qu'ainsi s'il a changé de recette.

Le budget de mars sera un nouveau test pour Ralph Goodale, car il devra mettre ses chiffres à jour, mais le plus dur viendra à la fin de l'année financière, quand les données finales seront connues. D'ici là, il reste un ministre des Finances sous surveillance, non seulement de l'opposition, mais aussi des provinces.

Il ne pourra pas nier éternellement l'existence d'un déséquilibre fiscal. Le surplus accumulé affiché hier -- et qui est peut-être sous-évalué -- atteint 61 milliards sur six ans, si on inclut les plantureuses réserves pour éventualités. Et on arrive à ce chiffre après avoir soustrait les sommes promises pour la santé et la péréquation. Bref, il s'agit de ce qui reste dans la cagnotte fédérale une fois atténuées, au dire d'Ottawa, les pressions financières subies par les provinces. Il est clair que l'argent est à Ottawa et les besoins dans les provinces. Et le pire est qu'on n'est même pas sûr d'avoir un portrait juste de la situation.

mcornellier@ledevoir.com





Saupoudrage électoral

Bernard Descôteaux
Le Devoir mercredi 17 novembre 2004

Au point de départ, l'idée était bonne. Elle consistait à partager avec les grandes villes la taxe fédérale sur l'essence pour les aider à surmonter les problèmes de financement des infrastructures auxquels elles font face. Paul Martin le leur avait promis lorsqu'il faisait campagne pour accéder à la direction du Parti libéral. Devenu premier ministre, il a vite été rejoint par la réalité électorale. S'apercevant qu'il y avait aussi des électeurs en dehors des grandes villes, il a changé son fusil d'épaule pour promettre que tout le monde aurait sa part.

Saupoudrer cet argent sur l'ensemble des villes et collectivités canadiennes sera sans nul doute électoralement rentable. Lors de la prochaine campagne électorale, les libéraux pourront évoquer les projets d'infrastructure qui seront en train d'émerger ici et là. Le seul problème, ce sera qu'aucun de ces projets ne pourra avoir d'incidence significative. On aura bouché quelques trous, sans plus !

Le problème du renouvellement des infrastructures est partout criant. Toutes les municipalités ont dans leurs cartons des projets urgents qui attendent. Mais, parce que les besoins sont plus grands que les moyens dont disposent les corps publics, la nécessité d'établir des priorités devrait justement s'imposer. Pour l'instant, Ottawa emprunte la voie contraire en proposant de distribuer son argent tout simplement au prorata de la population de chaque province.

Paul Martin peut croire qu'il se comporte ainsi en bon père de famille qui traite également tous ses enfants. Ce qu'il oublie, toutefois, c'est que tous ne sont pas confrontées aux mêmes difficultés. Dans les grandes villes, où se concentre 65 % de la population canadienne, les besoins sont plus grands. Les problèmes y sont plus gros et les solutions plus coûteuses. Sans renier sa promesse faite aux petites municipalités, son gouvernement doit reconnaître cette réalité au moyen d'une formule de partage des produits de la taxe sur l'essence qui soit plus appropriée.

Un compromis intéressant a été mis de l'avant par le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et appuyé par ses collègues des autres grandes villes. Selon ce compromis, 75 % de l'argent de la taxe sur l'essence serait partagé au prorata de la population de chaque province et 25 % en fonction du nombre d'usagers des transports en commun. Ainsi, on donnerait un statut prioritaire au renouvellement des infrastructures des transports en commun, qui est un problème partagée par toutes les grandes agglomérations.

Comme il se devait, la proposition a suscité des réactions négatives dans les petites municipalités. Une petite guerre de clocher s'est même déclarée, Montréal et Longueuil claquant la porte de l'Union des municipalités du Québec, dont les membres sont en majorité des villes de petite taille. Une guerre dont le seul gagnant sera le gouvernement Martin, qui sera d'autant plus aise de n'en faire qu'à sa tête. Une fois de plus.





Mission au Mexique

MISSION AU Mexique:
Le président Fox veut relancer les projets de trains québécois

Mario Cloutier
La Presse mercredi 17 novembre 2004

PC Mexico - Le Mexique veut relancer de nombreux projets d'infrastructures comprenant une participation québécoise et pouvant représenter des investissements de plus de 1 milliard.

De retour d'Ottawa il y a deux semaines, le président Vicente Fox a confié à la presse locale qu'il avait discuté avec la firme Bombardier de sa participation dans un projet de train transurbain dans l'État de Guanajuato, où il a été gouverneur pendant cinq ans, et d'un autre empruntant un trajet de 20 km entre la capitale mexicaine et la ville de Huehuetoca, au nord.

" Nous revenons avec un bon paquet d'investissements possibles qui généreront beaucoup d'emplois ", avait déclaré le président Fox à l'issue de sa visite à Ottawa, où il a signé une entente de partenariat avec le Canada en plus de discuter en tête à tête avec Laurent Beaudoin, de Bombardier.

En entrevue hier avec les médias québécois, le président mexicain a réitéré sa volonté de " travailler avec le premier ministre Charest pour faire de plus en plus de commerce entre nos deux pays ". M. Fox rencontrera M. Charest demain soir à Mexico pour lui rappeler que " le marché mexicain est le plus ouvert au monde ".

En juin dernier, le président mexicain avait déjà affirmé à des représentants québécois qu'il cherchait à relancer le projet de 600 millions de dollars de Guanajuato. Ce projet et quelques autres dans le domaine du transport, qui semblent lui tenir à coeur à moins de deux ans de la fin de son mandat, représentent des investissements de plus de 1 milliard.

Toujours vivants

" Ces projets sont toujours vivants, mais nous ne sommes qu'un participant comme constructeur de trains ", résume le porte-parole mexicain de Bombardier Concarril, Alejandro Gutierrez.

Comme l'ALENA, la compagnie canadienne célèbre le 10e anniversaire de son arrivée au Mexique. Elle a une unité de production d'équipement ferroviaire importante dans l'État d'Hidalgo, et elle vient d'entreprendre un contrat important pour fournir des voitures pour le métro de la ville de Mexico.

Bombardier est également en discussion avec le gouvernement de M. Fox pour ouvrir une usine d'assemblage aéronautique au Mexique. La multinationale analyse toutefois aussi les avantages que pourrait offrir le Brésil pour accueillir ce nouvel établissement.

Pour ce qui est du projet de train dans Guanajuato, il remonte à une dizaine d'années et le nom de Bombardier circulait à l'époque. En 1999, le premier ministre Lucien Bouchard avait déclaré, après une rencontre avec Vicente Fox, que la Caisse de dépôt et de placement était aussi sur les rangs pour ce qui est du financement à hauteur de 25 millions.

Gros sous

Le lancement de tels projets d'infrastructures au Mexique reste une affaire de gros sous, souligne pour sa part l'ambassadeur canadien à Mexico, Gaëtan Lavertu. " On suit de près ces projets et les discussions qui les entourent. Très souvent c'est une question de financement ", explique-t-il. M. Lavertu admet être en contact constant avec les grandes entreprises canadiennes sur leurs projets mexicains. " Nous connaissons leurs plans d'expansion, notamment ceux de Bombardier, et nous tentons d'identifier les occasions et les moyens de les réaliser, notamment avec le secteur bancaire et le financement des exportations. "

Le président Fox est du même avis. " Il faut leur faciliter les choses ", croit-il. À ce sujet, le Mexique aimerait bien voir se concrétiser l'idée d'un Fonds d'investissement nord-américain, par exemple. Mais l'apport du secteur public et des gouvernements canadien et américain comme partenaires de l'ALENA devrait être limité, estime l'ambassadeur Gaëtan Lavertu. " L'objectif est louable, mais les contribuables canadiens accepteraient difficilement qu'une partie de leurs impôts serve à ce genre de projets ", soutient-il.

Le maillage d'entreprises tel que prôné par la présente rencontre d'affaires France-Québec-Mexique, qui se termine vendredi, reste une avenue plus prometteuse, selon le diplomate canadien. " C'est le genre de dialogue qu'il faut avoir. Le Canada et le Québec doivent être davantage présents au Mexique et il n'en tient qu'à nous de saisir les occasions. "





Mission au Mexique

Entrevue au Soleil
Les échanges Québec-Mexique ne sont pas si inégaux, estime Vicente Fox

Mylène Moisan
Le Soleil mercredi 17 novembre 2004

Mexico - À 24 heures de l'arrivée de Jean Charest dans la capitale mexicaine, le président, Vicente Fox, est plus que jamais déterminé à attirer les investisseurs dans son pays, notamment en multipliant les maquiladoras. Cela au risque d'augmenter le déficit commercial de la Belle Province, qui dépense huit dollars au Mexique pour chaque dollar qu'elle en reçoit.

En entrevue hier au SOLEIL à sa résidence officielle, M. Fox s'est défendu de tirer profit, de façon systématique, des échanges commerciaux entre le Mexique et la Belle Province. Fier de diriger le "pays le plus ouvert du monde" avec ses 42 ententes commerciales partout sur la planète, le président n'entend pas s'excuser de courtiser les investisseurs, d'où qu'ils viennent. Les gouvernements disposent de plusieurs outils pour stimuler les investissements, il revient à eux de décider de s'en servir ou non.

Depuis l'Accord sur le libre-échange nord-américain (ALÉNA), il y a 10 ans, le Québec importe, bon an mal an, 8 à 10 fois plus qu'il exporte au sud. Lorsque Lucien Bouchard a organisé la première grande mission commerciale au Mexique en 1999, il comptait "inverser" cette balance commerciale. Cinq ans plus tard, rien n'a changé. En 2003, sur presque 2,5 milliards $ d'échanges de biens, le Québec a importé pour plus de 2,1 milliards $.

"Je ne crois pas que ce soit si inégal, tempère M. Fox. Il y a beaucoup de commerce que nous faisons avec la province de Québec, mais une grande partie de ce commerce se fait à travers une troisième compagnie, la plupart du temps américaine. Ces échanges ne sont toutefois pas enregistrés comme des opérations de commerce entre le Mexique et le Canada."

Jusqu'à samedi, une centaine d'entrepreneurs québécois sont à Mexico pour tenter une fois encore de percer le marché mexicain, où n'opèrent qu'une dizaine d'entreprises québécoises jusqu'à maintenant. M. Fox a cité en exemple Desjardins, qui a aidé à "bâtir un réseau de banques sociales" qui permet aux Mexicains désireux de se lancer en affaires d'avoir un accès plus facile au crédit. Jeudi, le premier ministre Jean Charest rencontrera M. Fox pour discuter "affaires et échanges commerciaux".

Et, si le Québec peine à faire sa place dans le marché mexicain, peut-être ses entrepreneurs ne sont-ils tout simplement pas intéressés à le faire, suggère Fox. "Ce que le gouvernement peut faire, c'est d'avoir un accord de libre-échange pour faciliter le commerce, aider à donner une visibilité et une priorité aux produits, diminuer les irritants, mettre sur pied des programmes de financement pour aider ces entrepreneurs. Le reste, ça dépend d'eux. Ça dépend de l'intérêt des compagnies et du fait que les investisseurs veuillent profiter ou non des avantages de ces ententes."

Avec la Chine qui grignote une part toujours plus grande du commerce mondial, M. Fox a d'autres chats à fouetter. Le Mexique, avec ses 100 millions d'habitants, et l'Empire du milieu, qui en compte 13 fois plus, se disputent le même type d'investissements. Le président mexicain sait que la partie s'annonce très féroce. S'il voit la Chine davantage comme un "défi" que comme une "menace", il se dit extrêmement préoccupé par la compétitivité du Mexique. "Nous ferons tout ce qui est en notre possible pour demeurer attrayant pour les investisseurs", a déclaré M. Fox, qui a bien l'intention de multiplier les zones franches, ces maquiladoras qui permettent aux compagnies de ne payer aucune taxe sur leurs importations ni sur leurs exportations, tout en bénéficiant d'une main-d'oeuvre très bon marché.

"C'est un mécanisme qui a très bien fonctionné, qui est en croissance constante et forte, mais qui se limite à l'heure actuelle à la région près de la frontière américaine. Nous allons étendre à d'autres zones, au centre et au sud du pays, où les investisseurs, peu importe d'où ils viennent, pourront y faire des affaires et créer des emplois dont nous avons tant besoin. Cette idée des zones franches est un des moyens de garder notre compétitivité devant la Chine", a-t-il souligné.

Mission France-Québec

Par ailleurs, le président s'est dit enchanté d'accueillir la première mission commerciale conjointe France-Québec, une formule qu'il a qualifiée de "créative et différente. Tout ce qui peut améliorer ou maintenir des relations commerciales est une bonne chose. Nous sommes prêts à travailler pour que les relations soient plus nombreuses", a insisté l'homme, vendu depuis longtemps aux vertus du libre-échange.

Jusqu'à vendredi, une centaine de PME québécoises, quelque 75 PME françaises et 250 mexicaines se courtiseront par l'entremise d'une douzaine de rencontres de 30 minutes sollicitées à partir d'un catalogue des participants. Le premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, et son homologue québécois auront plusieurs occasions de discuter des façons d'approfondir leur relation, déjà très féconde. Si la mission conjointe au Mexique se traduit par un succès, il est déjà prévu de reprendre la formule l'an prochain, en Europe de l'Est.

MMoisan@lesoleil.com



TRIBUNE LIBRE






TRIBUNE LIBRE

«Patriote de l’année»

Jacques Bergeron
TRIBUNE LIBRE 17 novembre 2004

Quelques souvenirs historiques - Pour la plupart des Québécois, la nomination du «Patriote de l’année» est une action qui existe depuis toujours. Il semble même pour plusieurs, que cette fête fait partie de nos traditions depuis toujours.

Et pourtant cette tradition visant à honorer une personne s’étant dévouée à la défense et à la promotion de notre langue, de notre culture et de ses concitoyens, n’existe que depuis 1975!

En effet, c’est en 1975 que le conseil de la section Montréal-Nord-Rivière-des-Prairies créait cette activité voulant reconnaître les mérites d’un patriote contemporain, suite à une proposition de son président.

Dans son préambule, celui-ci indiquait que nous avions tendance à oublier les hommes et les femmes qui avaient sacrifié leur vie professionnelle et familiale afin de défendre et promouvoir les intérêts du Québec et de ses concitoyens et concitoyennes, par la promotion de l’indépendance du Québec de langue française depuis le réveil de notre nation sous leur impulsion au milieu des années 1950.

Afin d’illustrer son préambule, celui-ci identifiait plusieurs personnes oubliées ou dont on ne parlait plus, qu’elle devait nommer «Patriotes de l’année» tout au long des 11 années pendant lesquelles cette section dirigea cette grande manifestation. Bien sûr, cette liste ne pouvait être exhaustive, puisque d’autres personnes pouvaient s’illustrer au cours des années subséquentes.

Le conseil de cette section composé de Jacques Bergeron à la présidence, de Georges Thuot à la vice-présidence, de M. Paul-Henri Gosselin à la trésorerie, de Mme …………….secrétaire (dont le nom m’échappe présentement) de Mme Olive Grégoire, de Mme Blanche Céré , de M. Gaston Céré et de M. Lucien Bédard, décidèrent à l’unanimité d’accepter la proposition soumise par le président et d’aller de l’avant avec ce projet.

Il fut donc décidé de tenir cette fête dans un«lieu correspondant à la hauteur» de la reconnaissance que l’on devait au Patriote à honorer.

Cette fête devant se tenir le samedi le plus près de la date (23 novembre) de la victoire de Saint-Denis, prit le nom de banquet des Patriotes en l’honneur de ceux qui avaient remporté la victoire de Saint-Denis.

C’est ainsi que toutes (une seule exception) les fêtes organisées par la section Montréal-Nord-Rivière-des-Prairies, furent tenues dans de grands hôtels de Montréal.

Afin de bien indiquer toute l’admiration que l’on avait pour le patriote honoré, il fut décidé de lui offrir un parchemin sur lequel seraient indiqués son nom et les motifs de sa nomination et d’accompagner ce geste par la remise d’un cadeau à son épouse ou à son époux.

Cette première manifestation fut tenue à l’Auberge Richelieu, rue Sherbrooke « est» et visait à honorer Mme Madeleine Dompière/Chaput et M. Marcel Chaput, les premiers «Patriotes de l’année» qui doit maintenant en compter plusieurs dizaines.

Plus de 200 personnes assistèrent à ce premier banquet (alors que la salle ne devait recevoir que 180 personnes) qui se tint sous le signe de l’affection et de l’admiration que l’on avait pour ces deux «Patriotes.

Pendant toutes ces années (1975 à 1986) où cette section organisa cette grande fête de reconnaissance, d’autres personnages illustres vinrent compléter le tableau des Patriotes de l’année.

Ce fut d’abord M. François-Albert Angers, (1976) puis M. Camille Laurin, (1977, année de la loi 101) Mme Andrée Ferretti,(1978) M. Raymond Barbeau, (1979) M. Raymond Lévesque, (1980) M. Jean Duceppe (1981) M. Jacques Parizeau ( 1985) et M. Gaston Cholette (1986).

Des Historiens pourront identifier s’il y lieu, les autres noms qui m’échappent, en cherchant dans les procès-verbaux de la section qui furent remis à la SSJB de Montréal tout au cours de ces années, procès-verbaux que l’on devrait découvrir dans ses archives.

Noms à retenir :

Je m’en voudrais d’oublier toutes ces personnes, présidents de la section et organisateurs, qui ont œuvré tout au cours de ces 11 années à l’organisation et aux succès de cette «Grande fête de reconnaissance» en l’honneur des Patriotes de l’année.

C’est donc avec le plus grand plaisir et la plus grande admiration pour ces personnes que l’on me permettra de les identifier. MM. Bernard Longpré, André Beaulieu et Benoît Bergeron présidèrent cette section pendant au moins une année, tout au long de ces onze années.

Mmes Maude Céré et Brigitte Boileau, de même que M. Albert Chartier (une occasion) créèrent les parchemins remis aux Patriotes nommés tout au cours de ces années.

Mmes Olive Grégoire, Maude Céré, Brigitte Boileau, Chantal Proulx, Blanche Céré, de même que MM. Stéphane Boileau, Gilles Caron, (précieux aide à l’organisation du premier Banquet des patriotes) M. Beaulieu, Président de la section LaSall, et plusieurs autres personnes dont je ne peux me souvenir et auprès desquelles je m’excuse, ont travaillé aux succès de ces nombreux «Banquets des Patriotes».

Question :

Se serait-on souvenues de toutes ces personnes, si la section Montréal-Nord-Rivière-des-Pariries (abolie par un conseil général présidé par M. JeanDorion) n’avait pas créé et mis sur pied cette fête annuelle visant à honorer des personnes s’étant dévouées pour leur peuple, souvent au prix d’énormes sacrifices? On a qu’à penser à M. Marcel Chaput qui fut tenu de démissionner de son poste de la fonction publique fédérale.

On pourrait continuer ainsi pour la plupart des «Patriotes» nommés tout au long des onze années par la section Montréal-Nord-Rivière-des-Prairies, avec la collaboration de la SSJB de Montréal.

Notes

M. Jean-Marie Cossette présidait le SSJB de Montréal lors du premier Banquet des patriotes visant à honorer Mme Dompièr/Chaput et M. Marcel Chaput.

Cette fête fut remise à la SSJB de Montréal au lendemain du banquet de 1986, alors que Mme Nicole Boudreau présidait le conseil général.

Près de 600 personnes assistèrent à la fête en l’honneur de M. Camille Laurin à l’hôtel Windsor, alors que toues les chaînes de télévision des Etats-Unis et du Canada étaient présentes.

Plus de 375 personnes assistèrent à la fête en l’honneur de M. Jacques Parizeau à l’hôtel Méridien. On pourrait continuer ainsi pour tous les Banquets des patriotes organisés par la section Montréal-Nord-Rivière-des-Prairies.

Afin de bien soutenir cette courte histoire de la nomination du «Patriote de l’année», nous avons conservés plusieurs documents qui attestent de la véracité des faits indiqués ici.

Tous les autres furent remis au conseil général de la SSJB de Montréal, à l’attention de M. Pierre Beaucage (ou Bocage) directeur général, alors qu’elle était dirigée par M. Guy Bouthillier.

Jacques Bergeron,
Président de la section Ludger-Duvernay, ancien président de la section Montréal-Nord-rivière-des-Prairies, lorsqu’elle a mis sur pied cet événement, en 1975.




TRIBUNE LIBRE

Fonction publique et bien commun

Patricia Latour, Montréal
TRIBUNE LIBRE 17 novembre 2004

Les employés de la fonction publique du Québec négocient actuellement leurs contrats de travail. On y discute entre autres choses des PPP. La population est partagée à ce sujet. Elle devrait pourtant prendre parti pour la sauvegarde de l'appareil d'État.

Il y a un travail énorme à faire pour renverser les préjugés sur la fonction publique. Il faudrait peut-être faire comme pour certains métiers en France et changer l'appellation des travailleurs de l'État. Pour bien de gens, " Fonctionnaires " = paresseux, profiteurs, incompétents... En anglais, on dit "public servants" et c'est ce dont il s'agit, des hommes et des femmes au service des citoyens et non des "machines à poduire" au service des profits d'une entreprise. Des hommes et des femmes au service du bien commun.

Je propose que les syndicats représentant les travailleurs des différents paliers de gouvernements (municipaux, provincial, fédéral, parapublic...) s'unissent pour entreprendre ou accélérer un véritable travail de valorisation du rôle des travailleurs de l'État. Bien des gens ne réfléchissent pas sur ce qu'est le bien commun, sur le rôle essentiel des services offerts au public, et sur leurs implications dans une multitude d'aspects de la vie de tous, présente et avenir.

L'État lui-même devrait être impliqué dans ce travail éducatif. Nous savons qu'une certaine mondialisation commande une réduction de la taille des appareils gouvernementaux. Nous savons aussi que des multinationales souhaitent devenir gestionnaires et même propriétaires des routes, écoles, hôpitaux, prisons, bibliothèques, services de police, etc. Et nous savons aussi que cela voudrait dire une perte de contrôle par la population, une augmentation des coûts et une diminution des services... Sans oublier le danger pour l'éthique dans la gestion de ces services.

Je suggère qu'une campagne d'éducation soit entreprise et que des pressions soient faites sur le gouvernement pour qu'il s'implique et investisse dans cette campagne...




TRIBUNE LIBRE

Lettre ouverte à Madame David

Laurent Migneault
TRIBUNE LIBRE 17 novembre 2004

México, le 15 novembre 2004

Madame David,

J’ai été tres décu de voir qu’un parti qui se dit aussi ambitieux que le votre n’a pas eu le courage de se prononcer sur la question nationale. ‘’On ne veut pas perdre de vue le débat gauche-droite...’’ Ben justement, comme le disait Amir Kadhir de l’UFP, il aurait été préférable de vous prononcer immédiatement (quitte a ce que ca déplaise a certains sur le coup) que de vous déchirer sur la question jusqu’en automne 2005 et ainsi, perdre de vue, le principal objectif de votre parti, c’est a dire une société de gauche. Meme Francois Saillant, le nouveau porte-parole masculin de votre mouvement dit que la question nationale drainera énormément d’énergies au cours des prochains mois... Alors pourquoi ne pas l’avoir réglée tout de suite?

Pour un parti qui se dit progressiste et qui supposément n'a pas peur de ses idées et de proposer une autre vision, de nouveaux projets, on peut franchement se demander si vous avez le courage de vos convictions. Vous avez peur de régler la question de la souveraineté au sein de votre propre parti, comment auriez vous le courage de la régler au point de vue national si vous formiez le gouvernement? Vous nous proposeriez une solution ambigue a la Dumont? Pour reprendre le slogan du camp adverse... Non merci! Si vous avez peur d'affronter une minorité de vos membres sur une question aussi essentielle -peu importe ce que certains en disent- que la souveraineté, qui nous dit que vous aurez le courage d'affronter le patronat pour defender votre projet de gauche si jamais vous accédez au pouvoir?

Et si la question nationale n'est pas le centre de votre débat, pourquoi avoir peur de vous prononcer? Si vous recherchez d'abord et avant tout des militants qui fassent passer la question gauche-droite devant tout le reste (y compris la question nationale qui n’est qu’un outil potentiel pour parvenir a vos fins), de quoi avez vous peur? Les déserteurs qui claqueraient la porte advenant la décision de votre parti de se ranger dans un camp ou dans l'autre (suite a un vote démocratique) prouveraient hors de tout doute, que malgré leurs prétentions, le fameux débat gauche-droite n’est pas aussi important qu'ils voudraient bien le faire croire. Si pour eux, ce qui compte d’abord est votre projet de société et vos idées écologistes et féministes, ils resteront! S’il doit y avoir rupture au sein de votre parti sur cette question, aussi bien la faire tout de suite. Je n’ai pas besoin de vous dire madame David que votre projet est des plus ambitieux et vous n’avez certainement pas besoin de querelles internes dans votre parti comme c’est le cas du PQ. Commencez donc sur des bases claires et gardez au sein de votre parti, les militants qui croient réellement en votre cause et qui ont réellement les memes priorités que vous!

Si la question nationale n’a de sens pour vous que si elle nous permet d’arriver a une fin, dans votre cas, un projet de société de gauche (alors que je suis d’avis qu’elle est une fin en soit), pourquoi ne pas lui donner une double utilité? En plus de vérifier si elle est nécessaire a la mise en place de la société de gauche que vous désirez, servez-vous en donc pour voir le véritable engagement de vos membres face a ce projet. Ainsi, vous verrez si les membres décus par la décision du parti sauront pratiquer ce qu’ils ont preché, c’est a dire faire du débat gauche-droite leur priorité et poursuivre leur lutte au sein de votre parti malgré leur mécontentement face a son positionnement sur la question nationale.

Que la question nationale soit secondaire pour vous et vos membres et qu’elle soit subordonnée a un projet de société de gauche, je n’ai aucun probleme avec ca, mais ce n’est pas une raison pour la laisser moisir dans un coin. A ceux qui diraient qu’ils ne veulent pas gaspiller leurs précieuses énergies sur cette question, je leur répéterai qu’ils en gaspilleront beaucoup plus en ne la reglant pas immédiatement. Elle reviendra vous hanter constamment. Vous dites qu’il faut régler la question gauche-droite d’abord. Soit, mais il me semble que votre positionnement général est déja clair a ce niveau. Pour ce qui est du concret, cette question ne sera jamais réglée puisque le choix de la sociale-démocratie est sans cesse a refaire. La question gauche-droite revient tous les jours, dans tous les dossiers et est constamment sujette a arbitrage. Elle ne sera donc jamais entierement réglée et il est utopique de dire que ce débat doit etre clot avant d’en entreprendre d’autre. La question nationale en revanche se pose une fois: ''OUI ou NON'', final baton! Bien sur, un parti peut se réaligner sur la question avec les années ou suite a des évenements historiques importants (échec de Meech, échec référendaire), mais a moins de faire un ADQ 2, les grandes lignes de la position nationale d’un parti sérieux ne se revoient pas au jour le jour selon les sondages et la popularité de l’option souverainites VS l’option fédéraliste a-plat-ventriste.

Et pourquoi une telle crainte sur la question nationale en particulier? Option Citoyenne n’a pas eu peur de se déclarer ouvertement féministe sous prétexte qu’elle aurait pu froisser et perdre les votes des beaufs, des machos, des nostalgiques de Duplessis et des femmes soumises du Québec! Un parti sérieux doit se prononcer sur toutes les questions d'intérets et qu'on le veuille ou non, la question nationale en est une!

La ‘’question ethnique’’...

On peut lire ceci dans l’article de Pierre-André Normandin paru aujourd’hui, le 15 novembre dans le journal Le Soleil: Mais voilà, la question nationale inquiète grandement les Néo-Québécois, estiment certains membres d'Option citoyenne. «Quand je parle du mouvement à ceux qui m'entourent, la première question qu'ils me posent, c'est pour savoir si c'est un parti souverainiste», a affirmé Ruba Ghazal, une militante d'origine palestinienne.

Encore une fois, si une certaine clientèle, peu importe son origine, se préocupe d’abord du débat national que du débat gauche-droite, c’est qu’elle n’est pas pour vous! Je sais que de vouloir plaire a tout le monde est tentant quand on regarde les récents succes de Mario Dumont, mais l’ADQ est gérée comme une entreprise privée: A court terme! Ses contradictions finiront bien par le rattraper un jour. Cependant, M. Dumont pourra toujours se rattraper puisqu’il est un vendeur de promesses vides et qu’il s’adresse au plus bas dénominateur commun. De son coté, Option Citoyenne vise plus haut dans l’électrorat et se fait vendeuse de principes et de valeurs. La stratégie de vouloir plaire a tout le monde marche pour lui, mais elle n’est pas viable pour vous, d’ou l’importance d’afficher vos couleurs des maintenant, quitte a déplaire a certains!

Et cet argument voulant que les minorités ethniques aient peur des idées souverainistes... Vos militant vivent-ils toujours dans les années 60-70? J'ai fait du porte a porte avec Thierry St-Cyr, candidat bloquiste aux dernieres élections dans Jeanne-LeBer ayant mené une brillante campagne contre Lysa Frulla -l'emmenant meme en recomptage judicaire alors qu'on le donnait perdant par des milliers de voix- et je peux vous assurer (a ma grande surprise, je dois bien l'admettre) que les minorités ethniques étaient bien loin d'etre aussi hostiles ou d'avoir aussi peur de notre projet.

Bien sur, on parlait de faire élire des députés souverainistes pour représenter les Québécois a Ottawa et non pas de souveraineté pure et simple comme le disait si bien M. Duceppe. Mais entre vous et moi... Un accueil aussi réceptif de leur part aurait été impensable il y a 20, 15 ou meme 10 ans, mais aujourd’hui, les choses ont bien changées. Et ceci s'est fait grace au travail du PQ et du Bloc qui ont su (malgré les déclarations malheureuses de Parizeau dont nos adversaires font leurs choux gras depuis pres de dix ans... si seulement on mettait autant d'énergies a répertorier leurs déclarations...) créer des liens avec les minorités ethniques partout au Québec. Je suis triste de constater qu'un tout nouveau parti qui dit avoir des idées modernes et progressistes ne puisse voir cette réalité...

Et avec l’élection de Maka Kotto donnant suite a plusieurs autres élections de députés Bloquistes d’origines divers (dont le député Osvaldo Nuñez d’origine chilienne qui avait été invité a retourner dans son pays par le ministre fédéral Libéral Don Young... on attend encore les excuses!) a fait comprendre a bon nombre d’immigrants que le projet d’indépendance du Québec est bien loin d’etre un projet ethnocentriques de pures laines et qu’eux aussi peuvent participer a ce grand projet. Les statistiques plutot encourageantes récemment parues sur les enfants de la loi 101 démontrent que le message a passé. Mais bon, vous n'etes pas obligée de me croire... Parlez-en plutot a notre patriote de l'année, M. Luck Merville...

Mon humble avis...

Jusqu’ici, bien que vous ayez pu deviner mes couleurs, je vous ai incité a prendre position, peu importe laquelle (avec une subtilité plus que discutable, je l’admet). Bien que l’opinion de la grande majorité de vos membres ne vous ait pas permis de trancher, je me permet de vous donner mon humble avis sur la question.

Tant qu'elle ne sera pas réglée, la question de la souveraineté du Québec prendra toujours (et ce, que vous le vouliez ou non) le centre de l'attention et releguera la question gauche-droite et le fameux ''projet de société'' au segond plan! Et pour la régler, il n'existe qu'une seule solution: l'indépendance! Les échecs répétés du fédéralisme Canadien du rappartiement unilatéral de la constitution en passant par l'échec de Meech et de Charletown et par l'intransigeance et l'arrogance post-référendaire du gouvernement fédéral et du ROC en général a notre égard (malgré toutes les belles promesses et tous les ''Canada Love's You’’ pré-référendaires) nous ont prouvés qu'il n'existait qu'une seule solution pour régler cette question: s'affranchir collectivement. Et enfin, comme toute société normale, nous pourrons nous occuper pleinement de la fameuse question ''gauche-droite'' et reléguer le débat ‘’rouge-bleu’’ aux oubliettes (et qui sait, peut-etre pourrons-nous un jour en rire tous ensemble).

Enfin nous aurons tous les outils pour développer nous-meme la société de gauche dont nous revons. Ces outils, nous ne les aurons jamais dans le cadre de ce fédéralisme canadien étouffant. Votre porte-parole masculin Francois Saillant affirmait d’ailleurs que le Québec ne possédait pas ces outils dans le contexte actuel et je doute fort qu’avec les échecs constitutionnels répétés et l’attitude qu’a adopté le Canada a notre égard depuis le traumatisme d’octobre 95, on en arrive a un concensus susceptible a la fois de satisfaire une majorité de Québécois (si Charletown était deja trop pour nos amis Canadians de l’époque, imaginez aujourd’hui...) et de vous offrir tous les outils dont vous revez pour mettre sur pied votre projet de société. Et on sait bien depuis belle lurette que meme en obtenant des compétences accrues du federal, rien ne garantit qu’elles seront respectées (tout ce qu’on peut garantir, c’est l’inverse, que nos compétences seront honteusement violées).

Votre projet, je le répete, est tres ambitieux et je suis convaincu que vous sauriez vous passer de l’ingérence d'un gouvernement fédéral qui ne partage pas les memes valeurs que nous et qui coupe arbitrairement dans nos programmes sociaux depuis dix ans pour s'assurer de gros surplus budgétaires ou encore pour financer des ‘’campagnes de distribution de drapeaux’’ honteuses a 600 millions de $ (en prenant bien soin de graisser les ‘’chums’’ au passage en leur garochant une couple de gros nananes!)... Et tout ca, alors que certains de nos concitoyens n'ont pas de quoi se nourrir ou se loger et que nos systemes d'éducation et de santé sont déficients faute de financement. Ô Canada!

Pour aller au bout de vos ambitions dans le cadre federal actuel, il faudra faire avaler votre projet de social-démocratie au reste du Canada afin qu’ils élisent enfin un gouvernement de gauche. Et ce, sans l’appui du Québec, qui, que vous le vouliez ou non, restera toujours déchiré sur la question nationale et donc, déchiré entre le Bloc et les Libéraux. La-dessus Madame David, je vous souhaite la meilleure des chances! Faites donc comme M.Duceppe et allez faire une tournée pan-canadienne pour répandre vos idées. Il est fort probable que les Albertains soient moins hostiles a l'idée de voir le Québec ''sacrer son camp'' qu’a celle de vivre sous votre ''projet de société'' aussi valable soit-il a mes yeux.

Donc, voila, si vous voulez monter votre projet de société sur les quelques pouvoirs qu'a bien voulu nous laisser Trudeau en 82 -et que les Libéraux gourmands et centralisateurs d’aujourd’hui font tout en leur pouvoir pour reprendre- allez-y madame David... mais sans moi... et sans nous!

Je vous souhaite la meilleure des chances avec votre parti avec lequel je partage de nombreuses valeurs et idées. Le Québec a grand besoin d’un parti capable d’offrir de nouvelles idées et une autre alternative au monde actuel... Mais le Québec a aussi besoin d’un parti capable de s’affirmer et d’afficher clairement et fierement ce en quoi il croit!

Tres cordialement,

Laurent Migneault

P.S. Ne m’en voulez pas pour les accents, ce n’est pas que je prenne plaisir a massacrer notre belle langue francaise, c’est plutot que je travaille au Mexique et que j’ai encore un peu de mal avec leurs claviers...

Bonjour,

Je ne sais pas pourquoi vous parlez de "peur". Il n'est pas question de cela. Option citoyenne prendra position sur la question nationale d'ici quelques mois, et ce, sans peur et sans reproche!

Nos membres ont décidé de prendre plus de temps pour réfléchir, c'est bien leur droit! Je suis personnellement souverainiste...mais je suis aussi capable d'entendre les arguments des gens qui hésitent. Mieux vaut terminer un débat avec 75% des membres d'accord sur une option que d'obtenir une faible majorité, tout simplement parce que nous n'avons pas approfondi suffisamment le sujet.

J'ai justement rencontré Luck Mervil hier, longuement! Nous sommes d'accord avec la plus grande ouverture des personnes des communautés culturelles vs. la souveraineté. Mais nous sommes d'accord aussi pour donner un contenu à la souveraineté, pour qu'elle soit porteuse d'un projet collectif et social.

Ne perdez pas espoir, Option citoyenne prendra position!

Françoise David, 25.11.2004