TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Les traducteurs... du bilinguisme
Marie-Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 22 novembre 2004
Rapidement ce matin.
J'ai souvent observé ces dernières années, que certaines nouvelles ou des nouvelles importantes qui « nous » concernent particulièrement nous étaient souvent livrées par The Gazette ou encore par le National Post. Je n'avais pas relevé cette affaire en me disant que je devais exagérer ou qu'on m'accuserait de paranoïa peut-être, parce que ce genre de chose est si ténu qu'on peut se tromper. Que certains, même parmi les nôtres, me diraient afin de se soumettre au politiquement correct de Toronto : « Prouvez-le, citez vos sources ».
Ce matin, et ce n'est pas moi qui l'ai dit, le journaliste Laurendeau, à la première chaîne radio de la SRC disait ceci à peu près dans ces termes : « The Gazette est le seul journal qui explique ce qu'est le sommet de Ouagadougou au Burkina ». Il ne faut pas oublier que ce sommet concerne la francophonie à laquelle nous appartenons si je me souviens bien. Même le chef du Bloc québécois était absent hier à la journée des Patriotes à Saint-Denis-sur-Richelieu pour cette raison.
Ce propos de monsieur Laurendeau confirme mes appréhensions. En effet, comment se fait-il que les journalistes québécois, et surtout ceux du Devoir, dans ce cas-ci et dans bien d'autres souvent, ne font pas l'effort d'informer leurs lecteurs d'un sujet aussi important pour la survivance de la francophonie mondiale tenant compte de la marée montante globalisante. Se pourrait-il que la paresse, leur médiocrité, les obligations qu'ils ont envers leurs patrons nous privent de leurs analyses?
Il est vrai que nous sommes les meilleurs au monde. Il est vrai que nous discutons sur le social, la citoyenneté, etc. Il est vrai que nous sommes ouverts sur le monde. Il est vrai que nous sommes différents. Il est vrai que nous faisons confiance à nos politiciens qui nous imposeront, à titre de spécialistes, leur opinion une fois de retour de Ouagadougou. Il est vrai que nous sommes forts, puissants. Il est vrai que nous avons un esprit critique aigü. Navrant!
L'enjeu de ce sommet est important pour nous et nos journalistes ne s'y intéressent peu ou pas. Seraient-ils devenus des traducteurs serviles des journaux anglais? C'est ce que je pense. Voilà où nous conduit le bilinguisme traducteur qui nous envahi de plus en plus. Nous n'aurons bientôt dans les grands dossiers que des idéologies traduites de l'anglais venant de Toronto et du ROC.
Nos journalistes manquent totalement d'envergure, d'audace; ils me semblent de plus en plus médiocres. Il faut relire la tribune libre de Gaston Laurion au sujet des frais de scolarité où le fratricide David du Devoir fait la démonstration de ce que j'avance.
Et vive les traducteurs québécois journalistes!
PS Mon père, que Dieu ait son âme!, nous disait souvent que les métiers de traducteurs, d' interprètes étaient des métiers de subalternes. Nous serons bientôt des porteurs d'eau post-modernes, progressistes, instruits et bilingues.

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Le Parti Québécois doit se radicaliser
Jean-Claude Michaud
Citoyen de Deux-Montagnes
TRIBUNE LIBRE 22 novembre 2004
Le Parti Québécois doit se radicaliser et dire aux citoyens qu'il sollicite le mandat de faire la souveraineté advenant qu'il obtienne 50% + 1 des votes et la majorité des sièges à l'Assemblée nationale.
Il est alors élu et rédige une constitution provisoire et proclame l'indépendance. Un référendum sera ensuite tenu pour adopter la constitution définitive d'un Québec souverain après avoir consulté la population et ses différentes composantes.
Si le PQ n'obtient pas 50% + 1 mais la majorité des sièges il refuse le pouvoir en disant qu'un gouvernement souverainiste ne peut gouverner une province et laisser le Parti Libéral constituer un gouvernement minoritaire qu'il pourra renverser à tout moment ou au moins bloquer les décisions nuisant au Peuple Québécois.
De cette façon la population saura que le PQ ne cherche pas le pouvoir mais la réalisation de l'Indépendance.
Le PQ doit aussi rédiger actuellement son programme de pays et y inclure : sa politique écologique, de développement durable, de promotion de la paix dans le monde, sa politique face à la mondialisation, etc.
Le Bloc Québecois devrait se dissoudre pour la prochaine élection provinciale et ses membres et députés joindre le PQ à Québec. Leurs bagages dans les domaines de juridictions fédérales servira dans un Québec souverain. Le Bloc risque, s'il continue d'exister, de constituer une police d'assurance pour les nationalistes mous.
Il faut qu'il montre son sérieux dans son engagement envers la souveraineté et se retire du parlement du pays voisin le Canada Anglais.
Le PQ doit dire que le Québec n'est plus gouvernable comme province qu'il ne peut plus gérer la nation québécoise avec les moyens d'une province.

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LE CAUCHEMAR DE JEAN CHAREST
Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 22 novembre 2004
Alors que le second versant de son mandat approche, le gouvernement de Jean Charest se prépare à affronter une mer agitée. Il semble dorénavant acquis que le Parti libéral au pouvoir ne pourra démontrer que le fédéralisme canadien ne peut se renouveler de manière à assurer au Québec un développement optimal.
Il y a d’abord cette promesse de baisser les impôts, reportée en 2005, qui ne sera probablement pas respectée. Jumelé aux nombreuses hausses tarifaires, ce manquement empoisonnera la gouverne libérale. Le ministre des Finances Yves Séguin ne pourra supporter davantage de devoir gérer la décroissance provenant du déséquilibre fiscal : il devrait ne pas compléter le mandat libéral.
De son côté, Jean Charest aura sorti troublé de son expérience mexicaine. Reçu en chef d’État par les gens là-bas, le premier ministre du Québec a eu du mal à cacher son enthousiasme face à cet accueil. Pas facile de dire ensuite à tout le monde que le Québec est limité par ses compétences constitutionnelles. Il est déchirant effectivement de devoir ébranler la confiance des hôtes en avouant que le peuple québécois ne dispose pas de toutes les qualités pour s’occuper seul de ses affaires. Jean Charest lui-même ne sait sûrement plus quoi penser dans son for intérieur: le Québec serait-il capable finalement de se débrouiller sans la tutelle fédérale?
Une chose est certaine; la porte est belle et bien fermée à Ottawa à tous assouplissements du fédéralisme, même en présence d’un gouvernement minoritaire. L’État canadien ne reconnaît pas le déséquilibre fiscal et est à dépenser nos plantureux surplus aux yeux et au su de tous : partage de la taxe sur l’essence avec les municipalités, création d’un réseau national de garderie, injection de crédits dans le système de soin de santé, remboursement de la dette et, ultimement sans doute, annonce de baisses d’impôt.
Le ministre des Affaires intergouvernementales québécois Benoît Pelletier peut aller se rhabiller lorsqu’il affirme voir une « conjoncture favorable à une redéfinition de ce que doit être un vaste ensemble politique qui respecte la cohésion et l’unité de l’ensemble, d’une part, et les particularités et les aspirations légitimes de ses composantes, d’autre part » : l’asymétrie à laquelle il réfère suscite la grogne au Canada anglais et sera cosmétique. Le ministre des Finances Yves Séguin est aux prises avec le même type d’hallucination : irrité par l’évidente saignée budgétaire que subit son gouvernement par un État canadien qu’il qualifie de « mur », le député d’Outremont ose quand même prétendre y déceler des signes d’ouverture…
Sauf qu’ils sont de plus en plus nombreux à ne plus suivre la route dans laquelle le gouvernement de Jean Charest s’est engagé ! Les Québécois ont apprécié de voir le respect que s’attire leur État lorsqu’il est représenté à l’étranger. Rappeler son statut de province au Mexique fut une gênante maladresse. Évoquer ce handicap politique a tellement sonné faux face au concert d’éloges: tous se sont questionnés à savoir ce qui pouvait bien motiver le premier ministre à briser l’unanimité. Où est la fierté de s’accrocher à cette camisole de force qui complique les actions du Québec sur la scène internationale, tout comme dans son propre pays? D’ailleurs ce dernier mot n’était-il pas doux à entendre de la bouche des interlocuteurs mexicains et français, devant un Jean Charest médusé? Même le chef libéral en est revenu galvanisé puisqu’il a par la suite déclaré, lors d’un discours énergique devant son parti, espérer voir le Québec prendre sa place dans le monde, à l’image des autres États.
Le premier ministre libéral a intérêt à y penser à deux fois avant de se lancer dans cette conquête : il ne fera que multiplier les situations où les hôtes des nations visitées lui souligneront que le Québec est un pays avec lequel il est stimulant de s’associer. Cette réalité ne fera que décupler le désir des Québécois d’en redemander, et de vouloir davantage la souveraineté, surtout lorsque des occasions auront été ratées à cause de la tare provinciale. Jean Charest pourra difficilement banaliser ces échecs, cautionnant ainsi le point de vue de ses adversaires. Devra-t-il alors ajouter sa voix à ces derniers et condamner le carcan fédéral? Quelle marge de manœuvre s’offrira alors à lui? Le cauchemar!
