Actualité







Un sondage d'un organe fédéral place
l'appui à la souveraineté à 49%

Sylvain Larocque
Cyberpresse jeudi 04 novembre 2004

Presse Canadienne Ottawa - L'appui à la souveraineté du Québec avec partenariat atteint 49%, un sommet depuis 2001, révèle un sondage dévoilé jeudi.

L'étude, commandée par le Centre de recherche et d'information sur le Canada (CRIC), un organe du Conseil pour l'unité canadienne, a été réalisée par les firmes CROP et Environics du 15 septembre au 4 octobre.

Après le creux de 40% enregistré en 2001, l'appui à la souveraineté-partenariat est progressivement passé à 41% en 2002, à 44% en 2003, à 47% au début de l'année et à 49% cet automne, après répartition des indécis, selon CROP.

La ferveur souverainiste demeure plus forte chez les répondants âgés de 18 à 34 ans (53%) et de 35-54 ans (50%) que chez ceux de 55 ans et plus (38%).

Afin d'obtenir une idée plus précise de l'opinion des Québécois, les sondeurs ont posé la question nationale en cinq variantes. Ainsi, on apprend que 54% des répondants (avant répartition des indécis) se disent «en faveur de la souveraineté-partenariat» et que 46% voteraient OUI lors à une question référendaire qui utiliserait ces mots.

De façon plus vague, 44% des répondants affirment être «favorables à ce que le Québec devienne un pays indépendant», alors que cette proportion tombe à 33% en ajoutant l'expression «vraiment indépendant», qui sous-entendrait la conclusion d'un partenariat avec le Canada. Enfin, tout juste 31% des personnes sondées se sont déclarées prêtes à voter NON à la question: «Voulez-vous que le Québec demeure une province du Canada?».

Invité à expliquer les résultats du sondage, Maurice Pinard, associé de recherche au CRIC et professeur émérite à l'Université McGill, a avancé une théorie selon laquelle l'appui à la souveraineté est plus fort lorsque le Parti québécois n'est pas au pouvoir. Il a estimé que le scandale des commandites, qui a coûté au moins 100 millions $ aux contribuables, n'avait pas influencé les convictions des Québécois.

Fait intéressant, l'étude révèle que la plupart des répondants refusent toute étiquette. En effet, 22% d'entre eux se considèrent d'abord fédéralistes, alors que 20% se disent surtout souverainistes. Mais 55% répondent qu'ils sont soit «entre les deux», soit «ni l'un, ni l'autre».

Quand on leur a demandé s'ils étaient d'accord avec un énoncé voulant que les Canadiens anglais «ont souvent tendance à considérer les Canadiens français comme inférieurs à eux», pas moins de sept Québécois francophones sur 10 ont acquiescé. Les résultats à cette question ont fluctué entre 50 et 70% depuis 1980.

Reste du Canada

À l'extérieur du Québec, il semble que les citoyens soient ambivalents quant à leur opinion envers la province majoritairement francophone. Quelque 66% des Canadiens anglais affirment que leur position n'a pas changé au cours des dernières années, tandis que 7% disent être devenus plus sympathiques à la cause québécoise. Quelque 25% des répondants soutiennent avoir durci leur attitude, mais l'importance de ce groupe a fondu de moitié depuis 1998, d'après le CRIC.

Il reste que seulement 7% des Canadiens anglais sont prêts à accorder plus de reconnaissance au Québec dans le but de renforcer l'unité du pays. En revanche, 20% des répondants hors-Québec sont disposés à donner «plus de poids» aux provinces de l'Ouest et de l'Atlantique, de même qu'aux territoires nordiques. Mais 39% des Canadiens anglais prônent simplement le statu quo. Cela n'empêche pas les répondants, dans leur ensemble, d'être majoritairement favorables à la conclusion d'accords fédéraux-provinciaux différents selon les provinces, comme l'ont fait Québec et Ottawa dans le domaine de la santé, en septembre.

De façon générale, les Québécois se distinguent des autres Canadiens en étant plus sceptiques à l'égard des dirigeants des grandes entreprises, des chefs religieux et des leaders politiques, indique le sondage. Ils défendent aussi avec plus d'insistance les compétences des provinces, notamment en matière d'éducation, de santé et d'énergie. Les Québécois sont également ceux qui favorisent le plus la privatisation des soins de santé, même si cet appui est passé de 53% en 2003 à 44% en 2004, une baisse de neuf points.

D'autre part, la thèse du «déséquilibre fiscal» semble perdre du terrain: 36% des répondants estiment que les provinces n'ont pas assez de revenus pour leurs besoins, une baisse de sept points par rapport à 2003.

Finalement, la proportion des Canadiens qui souhaitent que leurs gouvernements entretiennent des relations plus étroites avec les États-Unis a chuté de 10% en un an, pour s'établir à 34% en 2004.

Réalisé auprès de 3202 personnes, dont 1000 au Québec, le sondage comporte une marge d'erreur de plus ou moins 1,7%, 19 fois sur 20.





La souveraineté, mais avec partenariat

Le Devoir vendredi 5 novembre 2004

Ottawa -- La souveraineté assortie d'une offre de partenariat obtiendrait l'appui de 49 % des Québécois, révèle un sondage CROP réalisé pour le compte du Centre de recherche et d'information sur le Canada (CRIC).

L'enquête menée auprès de 1000 Québécois entre le 16 septembre et le 3 octobre dernier montre que les Québécois seraient un peu moins ouverts à un projet de «pays indépendant» (44 % de oui) et encore plus réfractaires à celui de «pays complètement indépendant» (34 %). «Les gens perçoivent une différence. La présence du mot "complètement" implique pour eux qu'il n'y a pas de partenariat», a noté le chercheur Maurice Pinard, qui présentait les résultats du CRIC, un organisme lié au Conseil pour l'unité canadienne. Une moyenne des sondages CROP des huit dernières années montre que l'appui à la souveraineté a touché le fond en 2001 pour ensuite remonter au point actuel. L'enquête pancanadienne, réalisée auprès de 3202 personnes au total, montre que seulement 1 à 2 % des Canadiens sont prêts à accorder une plus grande reconnaissance au Québec et que 57 % pensent que rien ne peut satisfaire cette province. Le fait que le sondage ait été fait après la conclusion de l'entente sur la santé et l'accord asymétrique avec le Québec pourrait expliquer ce résultat, pense M. Pinard.





Autoportrait

Michel David
Le Devoir samedi 6 novembre 2004

Après la nouvelle rebuffade d'Ottawa dans le dossier des garderies, le député péquiste de Joliette, Jonathan Valois, a demandé combien d'échecs le Québec devra encore subir avant que le gouvernement Charest ne change de stratégie pour imposer le principe de l'asymétrie dans la pratique du fédéralisme canadien.

Le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, aurait pu répliquer en lui demandant combien de référendums le Parti québécois devra encore perdre avant de modifier sa propre stratégie pour réaliser la souveraineté.

D'un gouvernement à l'autre, le problème demeure toujours le même : si les Québécois n'ont pas la force d'imposer au reste du pays le fédéralisme qui leur conviendrait, ils n'ont pas davantage l'audace de claquer la porte. Ils ne disent l'envisager sérieusement que lorsqu'ils sont bien certains qu'elle est verrouillée à double tour.

Le récent sondage commandé aux maisons CROP et Environics par le Conseil de l'unité canadienne (CRIC) dans le cadre de ses Portraits du Canada a même quelque chose d'un peu sadique. Par un phénomène qui commence à être bien connu, l'option souverainiste atteint un sommet de popularité (49 %) au moment où le PQ semble s'éloigner de plus en plus du pouvoir.

Qui plus est, ces résultats encourageants supposent que la question référendaire serait la même qu'en 1995 alors que la «souveraineté-partenariat» a pratiquement disparu du paysage politique. Plus personne au PQ ne parle d'un partenariat de nature politique nécessitant la création d'institutions communes, ce qui était partie intégrante de la proposition soumise aux Québécois à l'époque.

Le projet de programme qui sera soumis à l'approbation des militants péquistes lors du congrès de juin 2005 prévoit plutôt «faire porter le référendum directement sur l'accession du Québec au statut de pays et privilégier une question courte et simple». Dans son discours au dernier conseil national du PQ, à Sherbrooke, M. Landry a ajouté un troisième qualificatif : «claire».

***

Le sondage du CRIC comporte pourtant certains éléments encourageants pour le camp souverainiste dans la mesure où ses appuis semblent se solidifier. Il est assez étonnant que 44 % des personnes interrogées se disent «favorables à ce que le Québec devienne un pays indépendant», même si l'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest y est sans doute pour quelque chose.

Bien entendu, il est toujours possible de faire baisser ce chiffre en durcissant encore la question. Ainsi, seulement 33 % voteraient OUI à un référendum dont l'enjeu consisterait à faire du Québec «un pays complètement indépendant du Canada». En ajoutant qu'il serait coupé de tout contact avec lui, je parie même qu'on pourrait faire passer le OUI sous la barre des 25 %.

Le professeur Maurice Pinard, le grand expert en interprétation des sondages au CRIC, conclut de ces résultats qu'il serait possible de remporter un référendum sur la souveraineté uniquement si les électeurs québécois étaient convaincus que celle-ci s'accompagnerait d'une quelconque union économique. C'est précisément la raison pour laquelle tous les porte-parole du Canada anglais répéteront ad nauseam qu'il n'y en aura pas.

À Sherbrooke, M. Landry s'est engagé à présenter une proposition d'accord économique avec le Canada, mais faudrait-il l'inclure dans la question référendaire, ce qui déclencherait à coup sûr une immense polémique avec Ottawa, qui la déclarerait irrecevable en vertu des dispositions de la Loi sur la clarté ?

Dans l'esprit de M. Landry, il va de soi que la conclusion d'un tel accord ne constitue d'aucune façon une condition d'accession à la souveraineté, mais à partir du moment où il y est fait référence dans la question, il deviendra très difficile d'effacer ce «trait d'union» de la tête des électeurs. Ce serait également inviter le Canada anglais à participer à la campagne référendaire.

***

Dans l'immédiat, l'aspect le plus intéressant de l'enquête du CRIC est cependant d'illustrer les limites que l'opinion publique hors Québec risque d'imposer très rapidement à l'asymétrie sur laquelle misent les fédéralistes québécois.

À première vue, le pays semble assez également partagé entre ceux qui estiment que les accords signés avec Ottawa devraient être identiques pour toutes les provinces et ceux qui acceptent le principe d'accords différents, même si l'asymétrie a plus de partisans au Québec (59 %) qu'en Ontario (48 %).

Là où les choses se gâtent, c'est dans l'hypothèse où seul le Québec pourrait bénéficier d'ententes particulières avec le gouvernement fédéral. Au Canada anglais, 79 % des personnes interrogées s'y opposent.

Dans le cas de la santé, toutes les provinces auraient pu se prévaloir de l'exemption de rendre des comptes qui a été accordée au Québec. Le problème, c'est qu'aucune autre ne l'a fait. Dans l'esprit de la population, cela a eu le même effet que si le Québec avait bénéficié d'un privilège refusé aux autres provinces.

Or le Canada anglais n'est pas disposé à lui accorder de traitement particulier. Dans le cadre de l'enquête du CRIC, on a demandé si, au nom de l'unité du pays, il serait opportun d'accorder une plus grande reconnaissance au Québec au sein de la fédération. À l'extérieur du Québec, seulement 1 % des personnes y sont favorables.

Dans ces conditions, chaque geste d'ouverture risque d'être accueilli avec une hostilité grandissante. Après la déconfiture de la délégation québécoise à la conférence sur la péréquation, qui a fait dire à Yves Séguin que le gouvernement Martin avait profité de ce ressentiment pour «saigner» le Québec, le résultat de la rencontre des ministres responsables des services de garde n'a rien de très encourageant, mais quelqu'un est-il vraiment surpris ?

mdavid@ledevoir.com





Agence des PPP

Monique Jérôme-Forget recule devant les villes

Le Soleil vendredi 5 novembre 2004

PC - Les municipalités ont tellement dénoncé comme une attaque contre leur autonomie l'obligation qui leur serait faite de recourir aux services de l'Agence des partenariats public-privé pour leurs projets d'infrastructures que la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, recule.

"On s'interroge sur l'impact d'avoir inclus les organismes municipaux. Je dois dire qu'on devra apporter des aménagements à ce projet de loi", a affirmé hier Mme Jérôme-Forget à la sortie de la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 61 sur l'Agence des partenariats public-privé. Selon l'amendement envisagé par la ministre, les municipalités pourraient faire appel à l'Agence de façon volontaire, à moins que le gouvernement québécois n'investisse des "sommes très importantes" dans un projet d'infrastructures municipales.

Depuis le début des consultations publiques, la semaine dernière, l'Union des municipalités du Québec et la Fédération québécoise des municipalités ont demandé d'exclure les organismes municipaux de la responsabilité de l'Agence des PPP. Hier, c'était au tour du maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, de critiquer vertement le projet de loi 61 devant les parlementaires. "On nous impose une forme supplémentaire de tutelle de la part d'un nouvel organisme dans des champs de responsabilité où, jusqu'à présent, les gestionnaires municipaux, pleinement redevables de leurs actions auprès de leurs commettants, ont exercé leur jugement en toute autonomie et avec compétence", a-t-il lancé.

Selon le maire L'Allier, le projet de loi 61 "restreint l'exercice des responsabilités des municipalités qui ont été traditionnellement et juridiquement reconnues". L'Agence détient trop de pouvoirs aux yeux des villes puisqu'elle pourra, en vertu de l'article 8, participer "aux études de faisabilité d'un projet de PPP, au choix du partenaire, à la négociation et à la conclusion des contrats". "À la limite, on pourra choisir à notre place, voire nous imposer des partenaires avec lesquels nous pourrions avoir peu d'affinités. Notre autonomie politique en sortira diminuée, tout comme notre imputabilité envers nos citoyens", a-t-il dit.

Le maire L'Allier a suggéré que les municipalités soient libres de faire appel ou non à l'expertise de l'Agence. L'Institut des partenariats public-privé a formulé la même demande hier. Monique Jérôme-Forget s'est dite très sensible aux préoccupations du maire L'Allier et entend y répondre.

Nommer la capitale

"Est-ce si difficile pour le gouvernement de mentionner le nom de sa capitale ?" Déjà très critique quant au projet de créer une Agence des partenariats public-privé, le maire de Québec a manifesté par cette petite phrase son irritation de voir le gouvernement jouer d'ambiguïté quant à la localisation exacte du nouvel organisme.

Jean-Paul L'Allier a fait remarquer qu'il est prévu que le siège de l'organisme "peut être déplacé ailleurs avec l'autorisation du gouvernement". Autre objet de mécontentement, "l'Agence peut tenir ses séances à tout endroit au Québec". "Pourquoi ce pouvoir donné à l'exécutif de déménager le siège social où il veut ?" s'indigne-t-il.





Le nécessaire coup de barre du navire de la santé

François-Pierre Gladu : Médecin de famille
Le Devoir vendredi 5 novembre 2004

IDÉES - Le système de santé a besoin d'un financement adéquat avec, en priorité, la première ligne de soins

J'ai lu la lettre de Jean-Pierre Girard publiée dans Le Devoir du 8 octobre dernier et je me sens soulagé de voir que certains citoyens sont conscients des dangers de la commercialisation de la médecine. Je dois par contre souligner que ce courant de fond a été institué puis insidieusement encouragé par les gouvernements depuis près de 20 ans, allant à l'encontre des discours rassurants de nos politiciens sur l'importance d'un système de santé public, accessible et de qualité.

Un système de santé peut se conceptualiser comme une maison à trois niveaux. Il repose sur des fondations qui comprennent une répartition de la richesse et des conditions sociosanitaires optimales. La médecine de première ligne (bureau, CLSC, urgence) s'apparente au rez-de-chaussée. L'hospitalisation et la médecine spécialisée se trouvent à l'étage.

On sait que les systèmes de santé qui peuvent compter sur une première ligne solide se traduisent pas des indices de santé plus élevés et des coûts moindres en proportion du PIB. La Suède et les Pays-Bas sont l'exemple à suivre. À l'inverse, il est facile de comprendre que si un étage repose sur de la glaise, la maison ne tiendra pas debout longtemps et les coûts iront croissant. C'est ce qui nous arrive au Québec. Malgré tout ce que les groupes de pression ultraconservateurs peuvent vous faire croire, il ne faut certainement pas imiter l'organisation des soins de santé aux États-Unis, avec leurs 40 millions de citoyens sans couverture médicale, leur première ligne de soins déficiente et la facture la plus salée en soins de santé au niveau mondial.

Or, alors que le Québec compte autant de médecins de famille (toutes proportions gardées) que le reste du Canada, deux fois plus de Québécois cherchent et ne trouvent pas un médecin de famille que nos concitoyens canadiens. Plus de quatre cliniques médicales montréalaises sur dix ont fermé leurs portes depuis 1996. Les urgences débordent de patients qui n'auraient jamais dû s'y présenter mais qui sont orphelins d'un médecin de famille. Les coûts de santé montent en flèche, particulièrement au chapitre de la consommation des médicaments et des hospitalisations. Dans ce contexte, l'impression voulant que la santé est un gouffre financier sans fin est certainement justifiée. Cependant, pourquoi le Québec s'en tire-t-il moins bien d'affaire qu'ailleurs au Canada?

Courte vue

C'est d'abord et avant tout une question de mauvaise gouverne. Nos citoyens ont donné carte blanche à des politiciens qui n'avaient aucune idée des conséquences désastreuses de leurs politiques sans vision globale. Je ne parlerai pas ici des mises à la retraite et des coupes dans les admissions en médecine car elles ont été une erreur pancanadienne. Par contre, on doit se rappeler que notre belle province est la seule à avoir imposé l'obligation d'activités médicales prioritaires (AMP) à tous les finissants en médecine familiale. Contrairement à ce que M. Girard avance, les finissants n'aspirent pas moins que leurs prédécesseurs à remplir leur mission première et à ouvrir une clinique dédiée au suivi de la clientèle, mais la loi les y empêche en pratique: ils doivent se consacrer aux soins d'urgence et d'hospitalisation pendant 20 ans. Depuis plus d'une décennie, ces restrictions ont provoqué l'absence de relève dans les bureaux de médecins de famille, puis, petit à petit, leur disparition.

De plus, la rémunération des médecins de famille a périclité pour devenir la moins élevée au Canada. Au cours des ans, les juges, les députés et les pharmaciens ont vu leurs honoraires dépasser et parfois doubler ceux des médecins de famille. Si l'intransigeance gouvernementale face à ces médecins lui a valu un avantage politique à court terme, force est de reconnaître que l'impact à moyen terme a été désastreux pour la santé des Québécois. Y a-t-il un seul citoyen qui s'interroge sur les raisons pour lesquelles les médecins ont été réduits à l'état de mendiants des locaux des pharmaciens?

En effet, les lois restrictives et l'insuffisance des honoraires face à l'augmentation des dépenses fixes (inflation, taxes, salaires) depuis 20 ans ont rendu impossible la survie des cliniques médicales non subventionnées. Aujourd'hui, seules les cliniques subventionnées par les pharmaciens, les compagnies d'assurances ou l'argent des patients (les paiements forfaitaires annuels) sont en bonne santé financière. Mais à quel prix? Je fais allusion aux conflits d'intérêts sérieux (qui a vu un médecin ou un pharmacien être condamné dans les histoires de pots-de-vin révélées par Radio-Canada en 2003?), à la perte de l'indépendance du médecin dans les soins qu'il prodigue à ses patients et à l'iniquité incontournable en matière d'accessibilité des soins selon que l'on est nanti ou non. Il faut condamner, comme M. Girard le fait, cette approche de marché appliquée à la médecine.

Comme le Québec est depuis plusieurs années déjà la province qui investit le moins en santé au Canada en proportion du budget provincial, il est clair qu'il faut réinvestir et aller au delà des beaux discours. Et si le ministère de la Santé favorise le financement des soins surspécialisés au détriment de la première ligne, une bonne partie des problèmes de santé sérieux que les spécialistes verront chez leurs clients auraient pu être évités ou contrôlés, au préalable et à bien moindre coût, par une bonne prise en charge par le médecin de famille. Mais où doit-on investir pour raffermir la première ligne de soins?

Des avenues alternatives

Certainement pas dans les urgences, en tout cas: voilà un gouffre dont on ne verra pas le fond tant que nous n'agirons pas en amont. En fait, il y a trois avenues alternatives. Les groupes de médecins de famille (GMF) proposés par le gouvernement dédoublent les responsabilités des CLSC (dont il aurait suffi d'étendre les heures d'ouverture) et transforment à coups de subventions de millions de dollars des cliniques médicales financièrement efficaces en quasi-CLSC où la paperasse domine la médecine. Les coopératives de santé sont une bonne option en région, mais n'oublions pas qu'elles nécessitent un financement privé fourni par les citoyens.

À mon sens, la troisième avenue alternative demeure la plus prometteuse à long terme pour la santé des Québécois, soit investir dans le suivi de la clientèle dans les cliniques médicales qui font partie du réseau public: d'abord, permettre aux finissants en médecine familiale d'ouvrir leur clinique médicale en répartissant les AMP sur l'ensemble des médecins sans égard à l'âge; ensuite, augmenter les honoraires des médecins de famille au rang de ceux des médecins de famille d'une province de richesse comparable (par exemple, la Saskatchewan, la Colombie-Britannique, l'Ontario ou la moyenne canadienne). Cela demande de la vision et du courage politique, mais la compétence des médecins de famille assurera que l'investissement sera rentable à tous les chapitres pour la population québécoise.

Il est grand temps de donner un coup de barre au navire de la santé et de financer adéquatement et en priorité la première ligne de soins. Ce n'est pas aussi vendeur que d'acheter un nouveau gadget pour l'hôpital, mais ce sera plus payant à moyen terme. Étant moi-même rentré en médecine pour améliorer la santé de mes concitoyens en m'appuyant sur une science, je peux vous dire que j'ai hâte de ne plus avoir besoin d'écrire sur l'organisation des soins de santé.





Communauté anglophone du Québec

Un portrait est brossé

Lia Lévesque
Le Devoir vendredi 5 novembre 2004

Presse Canadienne - Bien que le bilinguisme soit en progression chez les anglophones québécois, il y a encore des segments de la communauté qui ne connaissent pas le français.

C'est le cas d'environ le quart des anglophones de 30 à 59 ans, selon le recensement de 2001.

Cette donnée émane d'un rapport dévoilé vendredi à Montréal par la commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, en compagnie de son auteur Jack Jedwab.

La majorité des Québécois anglophones connaissent le français, mais reste qu'environ le quart des anglophones de 30 à 59 ans rapportent ne pas connaître le français. Le rapport avance une hypothèse pour expliquer ce fait: «Certains de ces anglophones unilingues ont suivi des cours de français mais ont tout oublié après l'âge de 30 ans».

Autre fait intéressant, «une majorité importante des anglophones estiment pouvoir vivre en anglais». Plus précisément, 82 pour cent estiment pouvoir vivre en anglais à moins d'une heure de la maison.

Pour ce qui est de la langue de travail, un cinquième des Québécois anglophones parlent le français la plupart du temps dans leur lieu de travail.

À Montréal, «les trois quarts des anglophones parlent surtout l'anglais au travail» et 10 pour cent parlent les deux langues également.

À l'extérieur de Montréal, 30 pour cent des anglophones travaillent surtout en français.

Ce portrait de la communauté anglophone du Québec laisse aussi voir une communauté qui s'est diversifiée, au fil des ans, à cause de nombreux facteurs: apport de l'immigration, mariages mixtes, diversification des religions, déclin du nombre d'enfants dans les écoles, etc.

Au départ, les constatations sur la communauté anglophone sont fort différentes selon la définition que l'on donne à ce qu'est un anglophone.

Ainsi, le nombre d'anglophones au Québec varie de plus de 325 000 selon qu'on les définisse par la langue maternelle — 591 379 personnes — la langue parlée à la maison — 746 898 — ou la première langue officielle parlée — 918 955.

Ainsi, entre 1971 et 2001, le nombre d'anglophones de langue maternelle a baissé de 25 pour cent, alors qu'il n'a baissé que de 15 pour cent si on se sert du critère de la langue parlée à la maison. Et si l'on utilise le critère de la première langue officielle parlée, le nombre d'anglophones a même augmenté entre 1991 et 2001.

À Montréal, 34 pour cent des anglophones sont mariés à une personne d'un autre groupe linguistique contre 47 pour cent des anglophones ailleurs en province.

Les Anglo-Québécois d'aujourd'hui rapportent aussi plusieurs religions: 244 000 catholiques, 175 000 protestants 50 000 juifs et 60 000 ne rapportant aucune appartenance religieuse.

Les écoles anglaises vivent aussi le déclin démographique. Le nombre d'anglophones de langue maternelle a légèrement diminué, de 2,5 pour cent depuis le début des années 1990, alors que le nombre de francophones de langue maternelle y a presque doublé, mais presque entièrement à l'extérieur de Montréal.

Pour M. Jedwab, cela «met en évidence la nécessité de protéger et de raffermir constamment la vitalité des écoles anglaises du Québec».

De son étude, il retient également l'importance de l'accès aux soins de santé pour les anglophones, «la question qui préoccupe le plus leur communauté».

Mme Adam, de son côté, souligne que «la réalité des communautés d'expression anglaise en milieu rural, en région éloignée, est très différente de celle de Montréal», où ces communautés bénéficient de plus de services. Lorsque «vous êtes petit en taille et dans un bassin plus francophone, c'est certain que cette communauté-là va sentir davantage son statut minoritaire», note-t-elle.





Unity cowboy shoots wildly

Josée Legault
The Montréal Gazette November 5, 2004 Friday

Paul Martin made a big mistake by creating the Gomery commission and ensuring that the sponsorship scandal just won't go away

Paul Martin made a mistake. A big mistake. He thought the creation of the Gomery commission would free him of the stench of corruption that flowed from the sponsorship scandal by painting the Chretien clan as its sole culprit.

Instead, the commission has become one huge no-man's-land where landmines blow up daily. Some even explode dangerously close to the office of Martin himself back when he was finance minister. As in a classic Western, the commission is turning into a final showdown where Chretienites seem intent on taking the Martinites with them.

As far as cowboys go, Chuck Guite might prove hard to beat, although he's mostly of the lonesome type. While he aims mostly at Martinites, he doesn't seem to mind getting some Chretienites caught in the crossfire, if that's what it takes to salvage what's left of his reputation.

As he continues his five-day testimony at the commission, the former senior civil servant and sponsorship-program chief who worked under the public works minister, Alfonso Gagliano, keeps making startling revelations.

Guite alleges when Martin was finance minister, his office had its hand way, way down in the sponsorship cookie jar. He says Martin's office intervened in the contract-tendering process to make sure the communications firm Earnscliffe was awarded lucrative contracts for the finance department, even though it wasn't the lowest bidder. Then he changed his mind.

Earnscliffe, of course, is the influential firm that helped forge Martin's takeover of the Liberal Party and from which he picked a number of his advisers.

On Wednesday, Guite also aimed at Chretienites. In contrast to what Gagliano said, Guite stated he often met with the minister to discuss sponsorship contracts, sometimes over dinner. Pointing the finger directly at Jean Chretien's office, Guite said he also met regularly with the PMO's chief-of-staff, Jean Pelletier, and operations director, Jean Carle.

The sponsorship troika of Guite, Pelletier and Carle then decided which events would be sponsored, amounts they'd receive, and which agency would get the contract. Then he changed his mind. Guite also admitted he ignored government rules in the tendering process. This allowed him to hand most contracts to a very short list of Liberal-friendly ad agencies such as Groupaction and Groupe Everest.

Yesterday, Guite backpedalled a bit and said the choice of agencies was merely "suggested," not "decided" by Chretien's senior staff. Such subtle nuances aside, or changing versions aside, most testimony at the commission so far, point to the direct political involvement of Chretien's office.

In fact, how could there not have been direct political involvement from the PMO when the sponsorship program was a purely political initiative to begin with?

After Chretien almost lost the 1995 referendum, hundreds of millions of tax dollars went to try to reduce support for sovereignty by strengthening the Canadian identity of Quebecers. The weapon of choice was the sponsorship-based propaganda campaign to increasing the visibility of Canadian symbols and federal services in Quebec.

In a game where the stakes are this high, the Guites of this world, believers in Canadian unity at all costs, were mere mercenaries hired to do directly the kind of dirty work their political bosses couldn't sully their hands with directly.

Adding to the sheer indecency of it all, Guite also outlined how they went about getting the use of sponsorship money approved throughout the deficit-cutting period that started in 1995. To persuade the Treasury Board and various ministries to approve the programs, some of the heftier submissions were allegedly marked by the so-called bloc, or mechanical signature of Chretien.

Adding insult to injury, this was done at the same time Martin, as finance minister, was cutting transfer payments to provinces with Quebec being hit especially hard. Martin must have known that he was rendering Quebec more financially dependent on Ottawa through transfer payment cuts while he kept racking up surpluses - surpluses he now uses to invade provincial jurisdictions even farther.

In so doing, Martin might have created a powerful financial weapon to try to foster national unity by keeping Quebec dependent on Ottawa.

And yet, even in this continued state of financial dependence, even after hundreds of millions of sponsorship dollars were spent trying to increase the visibility in Quebec of the federal government and of Canadian symbols galore, support for sovereignty remains solid.

According to a La Presse-CROP poll published two weeks ago, 47 per cent of Quebecers still support sovereignty. Few Canadians outside Quebec seem to realize such support is still strong almost 10 years after the last referendum.

What is fascinating is this support also holds regardless of the continued leadership crisis at the Parti Quebecois or of its crushing defeat at the last election.

I wonder what self-confessed national-unity warrior Chuck Guite would say to that?





BOUCLIER ANTIMISSILE

Martin peut s'attirer les foudres du Québec

Joël-Denis Bellavance
La Presse vendredi 05 novembre 2004

Les libéraux de Paul Martin risquent de signer leur arrêt de mort au Québec s'ils acceptent la demande des États-Unis de participer au bouclier antimissile préconisé par l'administration de George W. Bush, révèle un sondage d'envergure réalisé pour le compte du Conseil de l'unité canadienne.

Ce coup de sonde démontre qu'une faible majorité de Canadiens (52%) s'oppose à toute participation du Canada à ce projet militaire américain qui pourrait être très coûteux. Mais au Québec, l'opposition à cette aventure militaire est nettement plus vive qu'ailleurs au pays.

En effet, 65% des Québécois interrogés dans le cadre de ce sondage ont dit s'opposer au bouclier antimissile américain alors que seulement 32% y sont favorables. Dans la plupart des régions du pays, les Canadiens sont plutôt divisés quant à une participation canadienne au projet américain. Ainsi, l'opposition au projet est de 50% en Colombie-Britannique, 49% en Nouvelle-Écosse, 48% en Ontario et 45% dans les Prairies.

Terre-Neuve est la seule autre province à part le Québec qui se démarque au pays, mais pour des raisons opposées: 66% des personnes interrogées appuient le projet et 33% y sont défavorables.

«Ce sera très problématique pour le premier ministre de vendre ce projet. Il dirige un gouvernement minoritaire, deux partis de l'opposition s'y opposent farouchement et son propre parti est divisé. Ce dossier est l'un des plus grands défis pour le gouvernement au cours des prochains mois», a déclaré hier Donna Dasko, vice-présidente de la firme de sondage Environics. Elle a d'ailleurs souligné que les opposants au projet sont plus «passionnés et font entendre leur voix plus bruyamment» que ceux qui l'appuient.

En tout, 3202 personnes ont été interrogées dans le cadre de ce sondage, dont 1000 personnes au Québec (la marge d'erreur est de 1,7 point de pourcentage, 19 fois sur 20). La firme CROP s'est chargée de sonder les Québécois entre le 16 septembre et le 3 octobre, tandis que la firme Environics a interrogé les Canadiens des autres provinces entre le 15 septembre et le 4 octobre. Les firmes de sondage ont également pris le pouls de la population sur d'autres dossiers, dont l'unité nationale, les liens entre le Canada et les États-Unis et les priorités des Canadiens.

Les jeunes libérauxLes résultats de ce sondage donneront des munitions à la section québécoise des jeunes libéraux du Canada, qui presse le premier ministre Paul Martin de rejeter toute participation à ce projet. Brigitte Legault, présidente de la section québécoise des jeunes libéraux, a rappelé que l'appui aux libéraux a monté en flèche dans la Belle Province lorsque l'ancien premier ministre Jean Chrétien a refusé de suivre George W. Bush dans sa guerre contre l'Irak.

Depuis quelques jours, les jeunes militants libéraux multiplient les stratégies pour rallier le plus de monde à leur cause. Ils ont lancé une campagne publicitaire dans les régions de Montréal, Québec, Trois-Rivières et Gatineau.

Le gouvernement Martin doit annoncer ses intentions dans ce dossier d'ici la fin de l'année. Aux Communes, le Parti conservateur et le Bloc québécois ont récemment forcé le gouvernement à accepter de tenir un vote sur cette question. Mais les libéraux affirment qu'il reviendra au cabinet de prendre cette décision puisqu'il s'agit d'un traité international.

Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a soutenu que les Québécois puniront les libéraux de Paul Martin s'ils ignorent leur volonté à ce chapitre. Le chef du NPD, Jack Layton, a tenu des propos semblables.

Le premier ministre Martin s'est montré prudent lorsqu'il a été appelé à commenter les résultats de ce sondage. «Nous sommes contre la militarisation de l'espace. Nous sommes prêts à discuter de toute cette question avec les États-Unis. Mais cela reste à voir si nous sommes en mesure de conclure une entente qui serait satisfaisante pour le Canada, qui assurerait la souveraineté du Canada ainsi que notre sécurité. Nous verrons comment les discussions vont évoluer», a-t-il déclaré.

Le ministre de la Défense, Bill Graham, qui a déjà déclaré que le Canada regrettera toute décision de ne pas participer au projet militaire des États-Unis, a affirmé qu'il faut «expliquer à la population les tenants et aboutissants de ce projet. (...) Il n'y a pas de pression de la part des États-Unis pour participer à ce projet. Nous allons continuer à négocier à un rythme qui nous convient».





La grande noirceur?

Alain Dubuc
La Presse vendredi 5 novembre 2004

Il s'est passé quelque chose, mardi, aux États-Unis. Non seulement George W. Bush a-t-il remporté les élections de façon convaincante, mais la majorité des Américains qui l'a appuyé l'a fait en toute connaissance de cause. M. Bush a clairement été reporté au pouvoir pour ses idées et pour son programme, pour une conception unilatérale du rôle des États-Unis dans le monde, pour une vision simpliste de la sécurité, pour la défense des valeurs morales de la droite religieuse.

En ce sens, ces élections peuvent marquer un virage et avoir une portée historique, plutôt que de n'être qu'un mauvais moment à passer, comme bien des gens le pensent au Canada. Ce virage n'aura pas d'effets spectaculaires sur les relations canado-américaines, qui continueront à fonctionner correctement, quoique sans chaleur, comme elles l'on fait pendant les quatre ans du premier mandat de M. Bush.

Mais ce mouvement peut être plus profond, en renforçant une tendance déjà existante qui pousse les États-Unis, par leur discours, leurs politiques, leurs valeurs morales et sociales, dans une direction qui les éloigne de la plupart des démocraties occidentales. Il est évident que le pays le plus touché par cette dérive, c'est le Canada, à cause de sa proximité, de ses interrelations, de ses affinités avec les États-Unis.

On peut avoir tendance à minimiser le phénomène en se disant que quatre ans, c'est vite passé. Mais il est aussi possible que le processus auquel on assiste, et qui a sans doute commencé avec la présidence de Ronald Reagan, soit au contraire en train de se renforcer et que ses effets dépassent largement la durée du mandat de M. Bush.

C'est d'abord à craindre parce que le président, dans les dossiers de nature morale qui lui sont chers, notamment sur le mariage gai ou sur l'avortement, pourra imprimer sa vision en façonnant la Cour suprême et en profitant des remplacements prévus pour y intégrer des magistrats conservateurs. Ces effets peuvent marquer une génération.

C'est aussi à craindre parce que la victoire de M. Bush marque un renversement des rapports de forces politiques au profit du Sud, qui impose manifestement ses candidats à la Maison-Blanche et qui a aussi réussi à imposer ses idées. Les valeurs plus conservatrices, plus patriotiques, plus religieuses qui ont triomphé cette semaine ont toujours existé et ont toujours été largement répandues. Mais elles ont longtemps été marginalisées, quand elles n'étaient pas ridiculisées par un Nord plus libéral et plus sophistiqué.

Ce à quoi on assiste, c'est au fait que ces idées non seulement s'expriment le temps d'une élection, mais qu'elles soient maintenant " mainstream " et qu'elles constituent le fondement d'un consensus. Cela influencera les médias, le discours public, la capacité des politiciens de s'écarter du droit chemin. Ce sont des tendances culturelles et politiques difficiles à renverser.

Il existe bien sûr une autre Amérique, celle des 48 % de citoyens qui n'ont pas voté Bush. C'est l'Amérique que l'on connaît, celle de nos voisins, de nos clients, de nos destinations de voyage. Il suffit de regarder une carte électorale pour voir que les États proches du Canada, à l'exception du fond des Prairies, ou ceux avec lesquels nous sommes le plus en interaction, soit les États des deux côtes et ceux des Grands Lacs, sont tous démocrates ou divisés presque moitié-moitié. Cette Amérique continuera évidemment à s'exprimer.

Mais c'est l'autre Amérique qui domine, que nous ne connaissons pas, que nous ne comprenons pas, et dont les idées nous agressent. L'état de guerre que vit l'Amérique et la quête de sécurité a bien sûr joué un grand rôle dans leur appui à M. Bush. Mais ils ont aussi rejeté les valeurs libérales du Nord, et à plus forte raison les valeurs encore plus libérales qui sont au coeur de l'identité canadienne. Cela aura certainement des effets sur la qualité de rapports entre nos deux pays, qui doivent reposer sur les affinités et la confiance.

Sans dramatiser, on peut se demander si les États-Unis n'entrent pas dans une phase obscurantiste, une ère de grande noirceur, comme ce pays en a déjà connue. Les pulsions guerrières et les convictions religieuses qui sont au coeur du discours de M. Bush constituent, à cet égard, un mélange explosif.

Tout dépend de la façon dont le président entreprendra son second mandat. Prendra-t-il acte de la profonde division de son pays? C'est ce qu'il a laissé entendre dans son discours de mercredi. Mais n'oublions pas que M. Bush n'a pas hésité à imposer aux États-Unis des virages majeurs malgré l'extrême fragilité de son premier mandat. Jusqu'où cet homme peu porté aux nuances et aux doutes, convaincu de détenir la vérité et d'être le porteur d'une cause, pourra-t-il se muer en rassembleur? Le risque est grand qu'il profite de son triomphe contre ceux qui le conspuaient pour aller jusqu'au bout de ses réformes.

Adubuc@lapresse.ca





Hommage à Alphonse Desjardins

Un grand prophète du mieux-être populaire

Claude Béland
Le Devoir vendredi 5 novembre 2004

Il y a 150 ans, le 5 novembre 1854, naissait Alphonse Desjardins. Qualifié de prophète du mieux-être populaire, M. Desjardins a eu une influence considérable sur le développement du modèle coopératif, non seulement au Québec mais aussi dans le reste du Canada et même aux États-Unis. On le considère même comme le père du mouvement coopératif en Amérique du Nord. Dans le texte suivant, Claude Béland, qui, pendant 13 ans, a présidé aux destinées du Mouvement des caisses Desjardins, souligne à quel point la pensée d'Alphonse Desjardins est toujours aussi d'actualité aujourd'hui.

Au début du siècle dernier, Alphonse Desjardins propose à ses compatriotes de confier leurs épargnes à une coopérative gérée localement par eux-mêmes. À une époque où les Canadiens français ne sont pas très ouverts aux affaires de la finance et alors que le bas de laine est encore pour certains le lieu le plus sécuritaire pour leur pécule, cette proposition est certes aventureuse. L'audace est telle que des voix s'élèvent afin de mettre en garde la population contre les risques d'une telle initiative. Alphonse Desjardins en vient lui-même à douter de son projet et à demander à son Dieu «de chasser de mon esprit ce projet s'il devait nuire à quiconque».

Rassuré, Alphonse Desjardins persiste. Et malgré ces oppositions, son projet ne cesse de fleurir en un vaste réseau de coopératives financières dont le succès est reconnu. Cette force économique, construite par la pratique d'une éthique de partage, d'égalité et de solidarité, Alphonse Desjardins la veut au service d'une société meilleure et plus équitable. Non pas pour lui-même mais d'abord pour ses compatriotes de Lévis, tout en souhaitant que l'idée se propage et soit prise en charge en diverses localités, non seulement ici au Québec mais au delà de ses frontières. Il se veut le semeur d'une idée puissante et généreuse. Pas étonnant qu'en 1909, alors que le mouvement coopératif québécois en est à ses premiers balbutiements, il n'hésite guère à passer trois mois à Boston, où il est invité à expliquer le projet des caisses populaires québécoises. Il contribue alors à l'adoption d'une loi des syndicats coopératifs dans l'État du Massachusetts et à la création d'une caisse populaire !

Un projet contagieux

Il n'en faut guère davantage pour éveiller l'attention du président des États-Unis, William Taft, qui convoque alors une conférence des gouverneurs des différents États de ce pays afin d'assurer la contagion de ce projet sur le territoire américain. Aujourd'hui, la présence de nombreuses credit unions aux États-Unis est indéniable. On ne s'étonne guère davantage de retrouver Alphonse Desjardins en Ontario à l'automne 1913, où il contribue à la naissance d'une douzaine de coopératives d'épargne et de crédit. Son action est remarquée : Le Globe de Toronto souligne le passage de ce porteur d'une bonne nouvelle. Là encore, le réseau de coopératives financières est toujours présent dans cette province canadienne, comme dans plusieurs autres d'ailleurs. La réussite du projet d'Alphonse Desjardins et de toute évidence reconnue.

Toutefois, comment expliquer qu'une telle idée, à l'origine fragile et d'apparence utopique, puisse s'ancrer aussi profondément chez les peuples et s'incarner dans un réseau d'envergure d'institutions durables, socialement et économiquement bien vivantes dans leur milieu ? Les composantes essentielles de cette réussite ne sont certes pas le fruit du hasard. Elles méritent, il me semble, d'être décortiquées et identifiées afin de s'en inspirer face aux défis actuels. Voyons-en quelques-unes.

Globalement, ce projet, à l'origine, est noble et généreux et inspire confiance. La morale se définissant principalement par l'action désintéressée, il s'agit de toute évidence d'un projet dont la source première est l'éthique du bien commun. La droiture et les profondes convictions chrétiennes du fondateur ne laissent guère de place à des éthiques sectorielles, rejetant cette idée d'une éthique pour les affaires financières et économiques, une autre pour les affaires publiques et finalement une dernière pour «le vivre socialement ensemble».

D'ailleurs, il en témoigne dans sa conduite. Il fait appel à des bénévoles, à des bâtisseurs, qui ne recherchent pas leur intérêt personnel. Alphonse Desjardins est lui-même un bénévole et le sera pendant les 20 ans de son engagement dans la caisse populaire de Lévis. Il n'a même pas songé à créer un mouvement qui porterait son nom. Il a plutôt proposé de créer des caisses populaires. Ce sont ses héritiers, plusieurs décennies plus tard, qui ont donné le nom du fondateur à leurs caisses en reconnaissance de l'oeuvre de ce génie de la coopération et de la finance populaire.

Le pouvoir à partager

Alphonse Desjardins ne recherche guère le pouvoir. Au contraire, il propose de le partager et se fait le propagandiste de la voie citoyenne. Il sait que la coopération, c'est être intelligent à plusieurs. Il fait confiance aux citoyens, il croit en leur capacité de prendre leurs affaires en main et de créer, à son exemple, des caisses dans leur milieu. En d'autres termes, il croit à la décentralisation. Il sait que les grands projets socioéconomiques se construisent «par le bas» et ne s'imposent pas d'«en haut». Il écrit : «Il faut enseigner à s'aider soi-même, c'est-à-dire faire comprendre au public que rien de fécond ni de durable ne peut être créé s'il ne repose pas sur l'initiative première de ce même public.» Il fait donc en sorte que son projet ne soit pas «provincial» mais local et même paroissial, misant sur le dynamisme du plus grand nombre. Ce qui ne limite guère l'espoir et n'empêche pas de rêver à la contagion éventuelle du projet dans les localités voisines et même d'y contribuer si demande est faite. Le rêve est global et grand, et son incarnation est ainsi palpable localement.

M. Desjardins sait aussi que les moyens sont limités et que s'impose la vision du long terme, voire, afin d'utiliser des mots à la mode, une vision du développement durable, selon la sage théorie du «petit pas». C'est une idée qui peut paraître farfelue dans un monde de court terme, de «prêt-à-porter» et surtout de «prêt-à-jeter». Mais c'est une sage idée, partagée par les usagers des caisses de l'époque. Ceux-ci savent alors se satisfaire de locaux modestes, d'heures d'ouverture limitées et d'une gamme de services inspirés des véritables besoins des membres de façon à venir en aide au plus grand nombre. Mais la finalité est si généreuse qu'elle est source de courage et de patience de la part des premiers adhérents à ce projet.

Dans le monde actuel, où nombreux sont les gens qui souhaitent remettre l'économie à sa place et en faire la servante de la société, dans nos sociétés bouleversées par l'évolution rapide des technologies de communication et de production et face à ce «basculement du monde» si puissant que les changements vont plus vite que les idées, l'humanité est entraînée dans un engrenage de mutations auxquelles elle doit, malgré elle, s'adapter, au nom de la survie. Aujourd'hui, sous la force d'une pensée unique qui fait du capital la source du pouvoir au détriment d'un partage équitable de la richesse et au détriment d'une planète qui demande grâce, il me semble qu'il convient de revenir à des idées qui ont fait leur chemin et qui résistent aux effets pervers d'un libéralisme débridé. À bien y penser, toutes ces composantes -- projet noble, éthique du bien commun, confiance, voie citoyenne, décentralisation, mobilisation par le «bas», vision de long terme -- ne sont pas démodées et méritent certes qu'on s'y arrête. Elles demeurent présentes même si la force des courants actuels les met en veilleuse.

Il convient, il me semble, de s'inspirer de l'histoire contemporaine et de constater que la voie citoyenne est une voix à privilégier comme nous l'a non seulement enseigné mais démontré le fondateur du Mouvement des caisses Desjardins. Il faut du temps pour que les peuples rejoignent leurs prophètes, écrivait A. Walche. Il est temps, je pense, en ce 150e anniversaire de naissance d'Alphonse Desjardins, que nos idées, ici au pays, rejoignent celles de ce grand prophète du mieux-être populaire.



TRIBUNE LIBRE






TRIBUNE LIBRE

LE MYTHE DE LA FUITE

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 5 novembre 2004

Finissons-en de cette fabulation qui prétend que les Québécois délaisseront le PQ s’il leurs propose la souveraineté à la prochaine élection générale. Il est tout de même ahurissant d’entendre des analystes politiques et même des souverainistes jurer qu’ils seront légion au Québec à être intimidés et préfèreront donc confiner le Parti québécois dans l’opposition. En quoi ces gens seraient-ils davantage apeurés par la voie élective que par la démarche référendaire? L’enjeu n’est-il pas le même? La nécessité d’obtenir au préalable 50% plus une voix ne s’avère-t-elle pas tout autant impérative? Mais, surtout, l’abandon du mécanisme référendaire n’est-il pas légitimement une réponse au guet-apens fédéral plutôt que le fruit d’une chimérique quête d’un raccourci politique?

Certes, une certaine surprise sera palpable dans la société civile durant les jours qui suivront l’annonce de rendre le prochain scrutin décisionnel. Avouons toutefois que ce sont surtout les médias grassement financés par le camp fédéraliste qui feront tout pour susciter l’indignation des Québécois. Reste que la poussière finira bien par tomber : n’y a-t-il pas encore environ trois ans qui nous séparent du prochain appel aux urnes? Il est donc impossible pour les adversaires fédéralistes de souffler sur le feu pendant tout ce temps de manière à le maintenir ardent. La supposée crainte des Québécois cèdera progressivement la place à une lucide évaluation de la situation politique du Québec dans le système fédéral canadien. Tous finiront par apprécier la limpidité des choix du scrutin.

La pression sera alors énorme sur le gouvernement de Jean Charest. Il devra effectivement prouver que la fédération canadienne évolue en faveur des intérêts des Québécois. Les difficultés qui affligent le Québec, particulièrement depuis 1995, rendront la tâche des fédéralistes très ardue. Pas facile en effet d’être persuasif alors que l’État canadien, même dirigé par un gouvernement minoritaire, poursuit inlassablement son travail de sape qui mine l’efficacité de l’Assemblée nationale.

Ce n’est donc pas sur les souverainistes que les projecteurs braqueront leur faisceau. Les Québécois voudront plutôt savoir ce que le gouvernement de Jean Charest peut proposer pour solutionner l’impasse qui le paralyse et l’empêche d’honorer ses promesses d’offrir à la population une qualité de vie améliorée par de meilleurs services et une fiscalité équitable. Les fédéralistes à Québec devront convaincre que la différence québécoise sera reconnue par Ottawa sans soulever l’ire du Canada anglais, tout le contraire donc de la grogne observée suite à « l’entente asymétrique » sur le financement des soins de santé. Jean Charest aura aussi à démontrer que « son » Conseil de la fédération parviendra à rallier les provinces anglophones sur la question du déséquilibre fiscal, alors que la division règne à ce sujet. Il ne fait pas de doute que l’option fédéraliste a du plomb dans l’aile et ne saura relever tous ces défis avec crédibilité. Les Québécois, minoritaires, seront-ils intéressés à subir encore de longues et pénibles séances de négociation avec le Canada anglais qui n’aboutissent qu’à d’autres pourparlers stériles? De toute évidence, cette réalité favorisera l’idée de former une majorité aux coudées franches.

Avec trois années à écouler d’ici la prochaine joute électorale, les souverainistes disposent d’un avantage inéluctable sur des adversaires incapables de camoufler les effets néfastes du fédéralisme canadien sur le développement du Québec. S’ils s’emparent toutefois d’un pouvoir provincial, ils seront aussi embêtés par un appareil étatique menotté par Ottawa et perdront partiellement cet atout stratégique. Le coup de grâce pourrait lui être fatalement porté advenant l’annonce d’un troisième référendum au résultat rendu dramatique par le coup de force de 1995. À l’inverse, le déclenchement judicieux d’une nouvelle élection décisionnelle éviterait ce traquenard fédéral et permettrait surtout au peuple de mieux jauger les bienfaits de la souveraineté. N’est-ce pas à lui, de toute façon, que revient la décision de choisir le moment de ranimer le consensus confisqué par Ottawa il y a près de dix ans?




TRIBUNE LIBRE

Rouler des têtes et perdre son âme
La propagande judéophile aux limites de la déraison

Jean-Luc Gouin
TRIBUNE LIBRE 5 novembre 2004



Lettre ouverte à « Amitiés Québec-Israël »
(http://www.amitiesquebec-israel.org/)



« Section » plus spécifique (avertissement : ce sont des images terribles) => http://www.amitiesquebec-israel.org/photos/horreur.htm


Je n'ai pas de position, disons, catégorique, ni même d'assises intellectuellement imparables à mes propres yeux, concernant le problème Palestino-Juif.

Il s'agit d'une tragédie humaine qui n'en finit pas, et qui est extrêmement complexe à tous égards (plans historique, culturel, social, économique, racial, religieux, militaire... et j'en passe sûrement). Et au surplus, comme je ne suis pas fils de cette culture moyen-orientale, ni de près ni de loin, j'ai conscience de ne pas maîtriser tous les codes d'accès à la compréhension (ou sinon très superficiellement) de ce phénomène quasi innommable, ni, et moins encore, de posséder les clés d'une interprétation sage ou grosse d'un avenir viable pour les peuples et les personnes concernées par ce drame sans cesse rejoué au regard de l'Histoire.

Ce que je sais, en retour, c'est que la vie n'est jamais ou parfaitement azur, ou totalement argile. En aucun temps, et de quelque angle que nous abordions le monde-là, ne surnage une perspective absolue, souveraine, radicalement vraie, face à laquelle s'opposerait: le mal, l'erreur, la bêtise, la violence, ainsi que leurs corollaires attitrés nommés propagande, démagogie et désinformation. Et si personne n'est entièrement innocent de tout, nul n'est répugnant de son fond à ses combles.

Or, une fois de plus, non seulement c'est encore ce que je vois et je lis dans vos aires cybernéennes - où le monde est divisé tout simplement, si simplement, entre le bien (votre point de vue) et le mal (l'«autre» point de vue) -, mais vous repoussez désormais l'horreur de la manipulation idéologique d'un cran en présentant sans retenue et sans ménagement - sans scrupule peut-être surtout - des «pièces» de cadavres israéliens déchiquetés par effet des actes (terroristes il est vrai, nul n'en disconvient) du Hamas ou de quelque autre mouvement radical associé directement ou non à l'OLP. Des têtes, des membres, des troncs d'hommes...

C'est insoutenable. Même pour un coeur de bronze ou un esprit de plomb. Insoutenable.

Or pourquoi étaler jusqu'à l'abomination ces chairs complètement déshumanisées? Nous ne sommes pas long à le saisir: pour tenter de gagner la guerre médiatique...

Comme si.

Comme si le peuple palestinien ne pouvait pas opportunément exhiber de même manière ses «bouts» de cadavres sanguinolents et méconnaissables - quoique les onéreux missiles étatsuniens d'Israël laissassent, il est vrai, moins de «pièces détachables» identifiables derrière eux que la bombe vivante intifadienne type - pour mieux convaincre à son tour l'audience internationale de la «sainteté» de sa Cause...

Non, en définitive, je ne suis pas pourvu d'une intelligence raffinée et méticuleuse de l'infernal contentieux arabo-juif. En revanche, je sais reconnaître le fanatisme qui se présente sous les couleurs du verbe et de la raison. Aussi votre conduite - utiliser les amas de chair sanglants de vos propres compatriotes à des fins de propagande - dégoûte toute personne raisonnable jusqu'au tréfonds de l'âme. Toute païenne qu'elle fût.

En outre, comment désormais accorder la moindre attention bienveillante aux mercenaires de votre organisation (ou d'autres analogues, tantôt moins sectaires, tantôt plus hystériques, c'est selon), lesquels se montrent toujours prêts à grimper dans les rideaux de fer à la lecture d'un entrefilet de trois lignes dans une obscure gazette qui oserait - ô sacrilège - ne pas conforter votre interprétation préétablie, indiscutable et manichéenne du monde.

Vous vous employez ici à sensibiliser les gens à la Cause israélienne, voire sioniste. En soi c'est recevable au plan des idées, et nullement répréhensible. Et je comprends tout à fait la pertinence, pour vous et les vôtres, d'un pareil travail d'information et de persuasion vis-à-vis de votre interlocuteur - réel ou présumé, individu ou collectivité. Sauf que dans les faits, à la faveur de ces méthodes singulières d'embrigadement des consciences, vous jetez plutôt vos lecteurs - du moins, ceux qui parmi eux n'ont point d'ores et déjà, à votre exemple, «Tran|Ché» le monde entre le camp du bien et le camp du mal - dans les bras de la Cause palestinienne...

Pourquoi ? Parce que vous avez totalement perdu le sens de la mesure. Et votre crédibilité par la même occasion. Par-delà un certain seuil, on ne convainc plus qui que ce soit: on sature. Avant que de rebuter, puis révolter enfin. Jusqu'à l'écoeurement même, au sens le plus brut ou élémentaire du terme.

Qu'en conclure ? Ceci : vous êtes incapables de démontrer cette bonne foi sans laquelle tout dialogue, toute compréhension, et tout règlement de conflit par voie de conséquence, se révèlent rigoureusement impossibles.

Dites, pensez-vous vraiment remporter la guerre des médias à coups de crânes déboulés sur la chaussée???

Et bientôt - guerre de l'opinion publique oblige - verrons-nous des sites cybernéens arabo-palestiniens tout aussi frénétiques et exaltés que le(s) vôtre(s)?
* Et qui «démontreront» à leur tour par a+b (et non moins ostensiblement que vous, on peut le présumer), que leurs têtes décapitées à eux s'avèrent moins tolérables encore que les vôtres, au vu et au su de l'humanité civilisée, sous motif qu'elles auront été, celles-là, d'allégeance musulmane...?

En ce qui vous regarde, messieurs/dames spécialisés dans la guérilla des mots et des images, vous avez toujours vos têtes sur les épaules (enfin, façon de parler). Et bien vous fasse, je vous rassure. Mais pour ma part, à l'intérieur de celles-ci je ne vois plus que haine, fanatisme et ostracisme de l'autre. Autant de modalités d'être qui se nourrissent un peu plus chaque jour du sang de vos propres enfants, ainsi récupéré à la pipette comme vulgaire monnaie d'échange sur le comptoir vénal du commerce des idéologies.

Il est vrai, en effet, que le Québécois aux neuves racines que je suis ne saisit pas dans le détail ce qui se passe dans ces contrées millénaires et pétries de sens nommées Jérusalem, Cisjordanie ou bande de Gaza. Il comprend fort bien toutefois que vous ne comprenez pas plus que lui.


Jean-Luc Gouin
LePeregrin@yahoo.ca
Québec, 5 novembre 2004

* « La Diffamation érigée en système » (http://www.vigile.net/ds-actu/docs4a/11-1.html#tljlg).






TRIBUNE LIBRE

Pas si vite le pacifisme !
Petit mot à Christian Rioux

Jean-Luc Gouin
TRIBUNE LIBRE 5 novembre 2004


À propos de « La cause d'un échec », Devoir du 4 novembre 2004 (http://ledevoir.com/2004/11/04/67754.html?356)

Je comprends donc que le pacifisme - vocable qui n'est pourtant pas synonyme de mollesse, de naïveté, de boulette stratégique ou de nigauderie politique - est devenu pour M. Rioux une maladie honteuse, une tare à détourner impérativement du regard de l'intelligence suprême du politique: l'électeur.

Le petit et le Grand confondus.

Alors, Alea Jacta Est.
Et Vive Doublevéebouche !

Avec dieu en personne baignant dans son hypothalamus - et outre, accessoirement, le plein des quatre millions de partisans supplémentaires en regard au scrutin de novembre 2000, ainsi qu'un Congrès et une Chambre des représentants gagnés à sa cause - tout devient permis, ou possible, pour M. Doublevictoire.

L'erreur devenant de facto absolument étrangère au pas et à la conscience de Mister the President, puisque dieu est parfait (who doesn't know that?), toutes les licences à la Maison blanche seront désormais d'inspiration divine. Et s'il donne l'impression de commettre parfois quelques maladresses, le bon dieu (pardonnez la coquette redondance), c'est tout bonnement que nous sommes trop bêtes pour saisir les décrets de la Providence (syntagme ésotérique signifiant également: «secrets de la preuve par évidence», ainsi que me l'ont confirmé les sources évangélistes secrètes du devoirien Jean Dion dans les rouges du défunt Forum).

Ne nous reste plus qu'à espérer - à l'instar de l'homme fossile de la chanson de Pierre Tisserand (que le beau Serge nous a fait connaître avant de nous fausser compagnie sans demander son reste) - que les retombées ne se feront pas trop attendre. Ensuite.

Monsieur Rioux, est-ce parce que vous égrenez de plus en plus des idées falconesques que votre physionomie s'apparente de plus en plus, avec l'âge, à celle de Marc Lalonde - ou bien est-ce l'inverse...?

En tout état de cause, et faute sans doute d'avoir trouvé un Pierre Elliott à qui offrir vos services, il semblerait que vous vous soyez entiché d'un George qui désespérait depuis longtemps de repérer un porte-voix de confiance dans cette belle contrée françoyse de son Amérique. Peut-être l'a-t-il enfin déniché.

Qui sait, dans la même foulée, si M. Christian ne nous mijote pas pour bientôt une éloge bien sentie de John James. Après tout, on ne revient pas d'un long séjour du pays des Juppé, des Le Pen, des Tapie et des Chirac sans avoir développé par-devers soi un sens élevé de la cohérence intellectuelle.

D'ailleurs, si ça se trouve c'est La Presse de Dupont-Pratte et Dupond-Dubuc qui constituera la prochaine étape dans le plan de carrière de l'ex jeune homme.

Jean-Luc Gouin
LePeregrin@yahoo.ca
5 nov. '04






TRIBUNE LIBRE

L’appui à l'indépendance : de 40,9 % en 2000 à 44 % en 2004

William Metcalfe
TRIBUNE LIBRE 5 novembre 2004

L’indépendance est passée de 40,9 % en 2000 à 44 % en 2004

1) Observez : dans le Journal de Montréal de ce vendredi 5 novembre 2004, à la page 26, sortant de la Presse Canadienne, d’Ottawa, du Centre de recherche et d’information sur le Canada (CRIC) – un organe du Conseil pour l’unité canadienne, une étude réalisée par CROP et Environnics du 15 septembre au 4 octobre : on associe la concept de souveraineté-partenariat à l’appui à la souveraineté, à la clarté, et, cela ne vous étonne-t-il pas, on affirme que

" de façon plus vague, 44 pour cent des répondants affirment être " favorable à ce que le Québec devienne un pays indépendant " ;

que voilà ! on associe vouloir que le Québec devienne un pays indépendant à vague, c’est-à-dire, flou, imprécis, indéfini, indéterminé. Faut le faire : l’appui à la souveraineté-partenariat serait synonyme d'appui à la souveraineté, à la clarté, et l'appui à l'indépendance serait quelque chose de plus vague, et ne serait pas véritablement un appui à la souveraineté.

Que la propagande, que notre refus d’analyser et de rejeter la souveraineté-partenariat peut nous conduire à de telles confusions, ne vous semble-t-il pas le but (un des buts) de l’exercice ? Du moins il y a là matière à réflexion, pour qui souhaite et veut que le Québec devienne un pays indépendant.

2) Nous serions, ou, nous sommes passés de 40,9 % en octobre 2000 à 44 % en octobre 2004, cela ne vaut-il pas la peine de s'y attarder ?

Octobre 2000 : "Personnellement, voteriez-vous OUI ou NON à un référendum proposant que le Québec devienne un pays indépendant? Réponses OUI 40,9, NON 59,1 "

Octobre 2004 : " 44 pour cent des répondants affirment être " favorable à ce que le Québec devienne un pays indépendant ".

3) Peut-être ne percevons-nous le Québec que par cette "immense majorité de médias fédéralistes" qui emplissent notre paysage. On nous a dit "À la lumière du sondage de la maison CROP publié dans La Presse du jeudi 28 octobre 2004, — qui met la souveraineté à 47% — Puis aujourd'hui, le vendredi 5 novembre, qui met la souveraineté à 49 %.

On peut légitiment douter d'une telle affirmation, 47 % - 49 %, notamment en ce qu’elle se base sur un sondage CROP, publié dans La Presse, qui reprend la question référendaire de 1995 comme référence.

Ainsi, le directeur du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM), Jean-François Lisée, au Conseil national d’octobre 2004 disait que pour atteindre 49 % des voix, en 1995, le gouvernement Parizeau a dû, et je cite, " additionner tous ceux qui voulaient l’indépendance, la souveraineté, la souveraineté-association et le changement ". Faut-il nous le rappeler ?

Les sondages. Les sondages ne font pas l'opinion, mais ils la reflètent à un moment précis. Il leur arrive de ne refléter que des caprices passagers mais aussi, il leur arrive qu'ils reflètent des opinions véhiculées, par les élites politiques, les élites souverainistes y compris, qui se maintiennent alors de consultation en consultation, et finissent par agir sur l'esprit des gens.

Un grand nombre de Québécois pensaient que, avec la question de 1995, une fois le Québec souverain, ils continueraient d'envoyer des députés au Parlement du Canada (rien de fondamental n'aurait changé).

D'après un sondage Léger et Léger en 1996,
58,4 % des répondants - chiffre remarquable - estimaient que " quelle que soit l'entente entre le Québec et le Canada, le Québec devrait faire partie du Canada.

À la veille du vote d'octobre 1995,
46 % , seulement, des électeurs comprenaient qu'en cas de OUI, le Québec deviendrait un pays indépendant même en cas d'échec des négociations avec le Canada anglais,
17 % étaient convaincus que l'indépendance ne surviendrait qu'en cas de réussite.

À la veille du vote,
63 % disaient que le Québec devrait demeurer une province du Canada
(21 % du OUI),
comme si la souveraineté recherchée est celle d'un État-membre d'une fédération.

Ces Québécois croient donc que la souveraineté-partenariat n'était, et n’est, qu'un changement mineur, alors que, en fait, tout aurait changé. En un sens, dans l'esprit de beaucoup d'électeurs québécois, le fédéralisme renouvelé, la réforme (qui suppose la reconnaissance du Québec comme nation ou comme société distincte nantie de pouvoirs spéciaux) et la souveraineté-partenariat sont des solutions qui ont beaucoup en commun.

Voilà qui confirme l’affirmation de J.-F. Lisée que pour atteindre 49 % des voix, en 1995, le gouvernement Parizeau a dû, et je cite, " additionner tous ceux qui voulaient l’indépendance, la souveraineté, la souveraineté-association et le changement ". Faut-il nous le rappeler ?

Ces réponses traduisent une confusion, qui traduit (n’est-ce pas ?) le résultat de notre pédagogie et de nos stratégies: beaucoup de Québécois ne sont donc que des souverainistes partiels et réticents.

Avant aujourd’hui, à ma connaissance, un seul sondage publié depuis 1995 a osé demander directement la question de l’appui à l’indépendance. À ce sujet, je vous cite ce sondage qui a été effectué par Sondagem entre le 15 et le 26 octobre 2000. Le nombre de répondants était 1008, soit un taux de 60.5%. La marge d'erreur de 3.1%, 19 fois sur 20.

Dans ce sondage, la SNQC a fait poser une vingtaine de questions afin de cerner le support à l'indépendance et d'évaluer s'il était, entre le 15 et le 26 octobre 2000, à la hausse ou à la baisse chez les Québécois et Québécoises de toutes origines. Ce sondage a été réalisé sous la supervision de Pierre Drouilly et Pierre-Alain Cotnoir.

Parmi ces questions, deux portaient sur l'appui à la " souveraineté partenariat " et à l'indépendance. Les réponses confirment la thèse selon laquelle plus ou moins 7% des supporters de la " souveraineté partenariat " refusent la souveraineté liée à cette option. Voilà qui va dans le même sens que les paragraphes plus haut.

Quant à l’appui à l’indépendance, les réponses à ces questions révèlent, en octobre 2000, que plus de 40% des répondants et répondantes voteraient en faveur de l'indépendance : " Personnellement, voteriez-vous OUI ou NON à un référendum proposant que le Québec devienne un pays indépendant? Réponses OUI 40,9, NON 59,1 "

Si on avait l'honnêteté de demander aux Québécois(es), dans les sondages, les vraies questions, quelles seraient les réponses ? De ne pas avoir eu ce courage démontre malheureusement des signes de faiblesse. Voulons-nous que le Québec devienne un pays indépendant ?

Soyons plus réalistes. Ne sous-estimons pas le camp adverse. Nous sommes toujours entourés d'adversaires puissants qui n'hésiteront pas à tout mettre en oeuvre pour bloquer le projet souverainiste. Cela ne nous empêchera pas d'avancer si, et seulement si, nous avons toujours été très clairs et avons été clairement compris. Alors, si nous avons été clair et si restons fermes dans notre décision, rien ne pourra nous arrêter.

Mais nous devons prendre conscience dès maintenant qu'on nous opposera une force considérable et que nous devrons être prêts à y faire face. Nous devons surtout nous y préparer intellectuellement, psychologiquement plutôt que de nous complaire dans le rose bonbon de nos conversations de salon, entretenant l'illusion de la souveraineté politique facile.

Voulons-nous que le Québec devienne un pays indépendant ? Je nous recommande notamment, après déjà 9 ans depuis 1995, de cesser de tourner autour du pot en souhaitant que la pensée magique de la souveraineté-partenariat-politique de 1995 nous plonge tous, un jour, dans un pays souverain. Et de ne pas faire le jeu de la politique de l’électronique qui domine le paysage avec cette question de sondage basée sur la souveraineté-partenariat-politique de 1995 qui ne nous dit rien de vrai sur l’état réel de notre force, et enfin d’éviter de faire comme les autres partis, en mettant l’accent sur le style et l’image plutôt que sur le contenu, la souveraineté, l’indépendance.

Nous ne sommes pas là pour pleurer le passé, mais pour préparer l'avenir. Il n’y aura ni magie, ni soudaineté, ni facilité, que du travail à partir du courage de la lucidité et de la vérité.

Donc : avec l’indépendance, nous serions, ou, nous sommes passés de 40,9 % en octobre 2000 à 44 % en octobre 2004, cela ne vaut-il pas la peine de s'y attarder ?

Octobre 2000 : "Personnellement, voteriez-vous OUI ou NON à un référendum proposant que le Québec devienne un pays indépendant? Réponses OUI 40,9, NON 59,1 "

Octobre 2004 : " 44 pour cent des répondants affirment être " favorable à ce que le Québec devienne un pays indépendant ".

Ce sont là, à mon sens, les chiffres à retenir, en plus de ne pas se laisser embarquer par les étranges illusions de la souveraineté partenariat-politique.

Vous pouvez avoir accès aux résultats de ce sondage de Sondagem d'octobre 2000 à l'adresse électronique suivante:

http://www.snqc.qc.ca/snqc/06_grandsdossiers/
04_sondage_par_sondagem/sondage_par_sondagem.html





TRIBUNE LIBRE

Malheur aux vaincus

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 5 novembre 2004

Réplique au souveraineux Daniel Gomez, pseudo pur et dur, feignant être un indépendantiste - apostrophant l'autonomiste Michel David, en citant le néolibéral Christian Rioux. Ces deux derniers écrivant au Devoir-de-toutes-les-réserves dans ses oppositions à une quelconque indépendance du Québec.

À force de penser tout croche nos intellectuels pour la souveraineté (IPSO) dont Gomez est membre, en sont venus à croire leurs propres balivernes. Alors que le peuple québécois devenu l'ombre de lui-même, agonise pendant que nos zélites s'interpellent entre elles, placote pour placoter, et font carrière.

Gomez donne le ton en semant la PEUR, citant le journaliste Christian Rioux - le David Frum québécois. Rioux, dans "Êtes vous réac ?" (Le Devoir le 6 décembre 2002), se moque de "tout ce beau monde (lire social-démocrate) "d'humeur chagrine face à la modernité". Ou encore, dans "La politique du ruban blanc" (Le Devoir des 6 et 7 septembre 2003), où Rioux affirme "Que cela fasse plaisir ou pas, une présence militaire américaine sera essentielle au Moyen-Orient pour longtemps encore" … Pour (SIC !) "faire avancer la démocratie dans cette région." Dixit Rioux, "Créer une nation c'est …"parfois violent." À bon indépendantiste-souverainisant, et pur et dur, salut !

Imprégné par la PEUR qu'il a à peine semé, Gomez déconne en déplorant que Elliott P. Trudeau n'ait pas été indépendantiste ! Quel raisonnement stupide ! Et attention, de renchérir Gomez "la cécité politique" d'un Landry radicalisant son discours (même si pour seulement 48 heures - un record mondial d'àplatventrisme laundry-lavette), "se traduisant en un référendum gagné à 51 ou 52 % ne suffirait pas à garantir "une souveraineté tranquille". D'avertir alors le souveraineux pur et dur Gomez -- question de bien disséminer la PEUR -- il va y avoir de la casse, si les indépendantistes véritables osent.

Mine de rien et complètement hébété, Gomez met alors l'emphase sur la conclusion sournoise de David, à savoir "à quoi sert le pouvoir pour un parti souverainiste s'il ne peut réaliser" qu'une "gouverne provinciale" ? De répondre Gomez - "Il vaudrait mieux s'attarder sur leurs motivations (sordides) "et leur calculs politiques". - (de bas niveau).

Mais Gomez arrive au but réel de sa missive, à savoir, blâmer le bon peuple pour toutes les inerties, tergiversations et capitulations de nos zélites, tout en s'assurant que le débat se fige dans L'INACTION. "Il faut maintenant allez plus loin, ne plus permettre aux Québécois d'avoir "le beurre et l'argent du beurre".". Le "beurre" étant une gouverne pro-vinciale pseudo souverainiste, et "l'argent du beurre" une gouverne pro-vaincus, pseudo indépendantiste.

LA SOLUTION GOMEZ - lequel venait à peine de déplorer dans son troisième paragraphe, "la stratégie 'étapiste' chère à Claude Morin" et "l'obsession référendaire de Landry", qui, "lors des dernières élections demandait au fédéraliste de voter pour lui" - serait (tenez vous bien) -- "UN AUTRE RÉFÉRENDUM. Après tout de dire Gomez, "il n'est pas évident qu'une défaite à un troisième référendum ait des conséquences politiques si graves que ça" !!!

Côté raisonnement, même pour le souveraineux Gomez - il faut invoquer ici le nanisme intellectuel prévalant chez nos zélites !! Et Gomez en remet. "Pas plus grave en tout cas que la défaite électorale d'un parti indépendantiste" (alias souverainiste - Gomez alterne l'usage de ces deux mots, pour mieux confondre). C'est pas grave si en 2008 le bon peuple subissait un autre 4 ans de gouverne fédéraste -- ça lui apprendrait à ne plus bouder ses zélites péquissses - auxquelles il n'y aurait de toute façon, pas d'alternative.

Après tout de raisonner Gomez, si "après 40 ans de militantisme, le OUI est très minoritaire le débat sera déchirant et se fera "(sic - dorénavant) "à l'intérieur du mouvement souverainiste". SEULEMENT !!!

Et que le tout dernier souveraineux se déguisant en indépendantiste (pur et dur, en plus !) éteigne la dernière lumière d'espoir d'épanouissement d'un peuple pourtant si vaillant - vendu au plus cherrant, par ses zélites, collabos depuis le Québec Act en 1774. L'acte étant la charte des droits et privilèges de toutes nos zélites maudites. Si tous les peuples sont victimes de leurs zélites, le nôtre a particulièrement souffert de la richesse du territoire national qu'il a bonifié et fait fructifier. Vae victis ! Malheur aux vaincus.