
Landry rejette le plan Parizeau
Pas question d'une élection référendaire
Tommy Chouinard
Le Devoir mardi 17 août 2004
Québec -- Le plan d'accession à la souveraineté proposé par Jacques Parizeau reçoit un accueil glacial chez les ténors du mouvement indépendantiste. Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, balaie du revers de la main la «mixture divisive» et «inutilement risquée» de l'ancien premier ministre du Québec.
«Je n'y adhère pas», a tranché Bernard Landry, hier, en entrevue téléphonique au Devoir. Le Bloc québécois n'est pas plus en faveur du plan de Jacques Parizeau.
Dans une lettre publiée hier dans La Presse, Jacques Parizeau fait une croix sur l'étapisme adopté par le PQ il y a trente ans et sur la tenue d'un troisième référendum sur l'indépendance. Il propose plutôt que le Parti québécois se présente aux prochaines élections générales en sollicitant le mandat de réaliser l'indépendance.
S'il est élu, le gouvernement péquiste entreprendrait une démarche d'accession à la souveraineté, en créant une constitution provisoire et en mettant en place l'appareil législatif et administratif nécessaire. Un référendum serait ensuite tenu, non pas sur le choix d'un pays, mais bien sur un projet de constitution permanente. «La stratégie proposée a l'immense avantage de sortir le Québec du corridor où Ottawa voulait le parquer. La Loi sur la clarté devient sans objet. C'est l'élection qui accorde le mandat», écrit Jacques Parizeau.
Bernard Landry préconise au contraire la tenue d'un référendum sur l'indépendance pure et simple. «Je veux la souveraineté dans un contexte démocratique exemplaire. Je veux que le Québec accède à la souveraineté dans la dignité et la légitimité. Quand les peuples modernes ont des décisions importantes à prendre, ils le font par référendum portant sur cette question. Aujourd'hui, on n'est pas en 1867 où on était une colonie britannique», a-t-il affirmé.
Le chef péquiste a en outre rappelé que la France avait rejoint l'Union européenne par la voie référendaire et que le premier ministre Tony Blair souhaitait que la Grande-Bretagne se prononce sur l'adoption de l'euro par référendum. «Je ne veux pas que le Québec s'isole des tendances modernes de la communauté des nations», a-t-il dit.
Selon Bernard Landry, tenir un référendum sur un projet de constitution, «c'est prendre un risque inutile avec la souveraineté parce que c'est divisif. Il y en a qui vont dire : oui, je suis souverainiste, mais je ne voterai jamais pour cette constitution qui est trop à gauche ou je ne voterai jamais pour cette constitution qui est trop à droite. Le Conseil du patronat ou la Fédération des travailleurs du Québec pourrait dire qu'il y en a trop ou pas assez pour les travailleurs, etc. C'est divisif inutilement», a-t-il affirmé.
Le chef péquiste donne l'exemple du président français Jacques Chirac qui souhaite faire entériner la Constitution européenne par la population. Or la gauche française -- en particulier le Parti socialiste --, qui est pourtant largement pro-européenne, demeure divisée sur le contenu de cette Constitution. «Je ne veux pas que ça nous arrive. Je trouve que c'est imprudent de proposer une pareille mixture. Un grand geste comme l'accession à la souveraineté doit se faire avec la tranquillité requise pour aller au fond des choses. Et le fond des choses, c'est : est-ce que le Québec devient un pays ou n'en devient pas un», a-t-il indiqué.
Bernard Landry rejoint toutefois l'avis de Jacques Parizeau lorsque celui-ci dénonce les manoeuvres du camp du Non lors du référendum de 1995. Pour s'assurer que les deux camps se battent à armes égales lors d'un prochain référendum, il propose de faire appel à des observateurs des Nations unies.
Bernard Landry refuse de croire qu'en rejetant le plan de Jacques Parizeau, il étouffe le débat sur le processus d'accession à la souveraineté qui doit connaître son point culminant au congrès du PQ de juin 2005. «Je n'ai pas envie d'arrêter le débat. J'ai envie d'aller au fond des choses», a-t-il dit.
Le Bloc est contre aussi
Le Bloc québécois n'adhère pas plus à la position de Jacques Parizeau. «C'est intéressant d'avoir une autre perspective que celle sur laquelle on a travaillé au cours des 25 dernières années. Cela dit, jusqu'à preuve du contraire, pour ce qui est du Bloc québécois, on est des tenants d'un référendum sur la souveraineté. On pense toujours que le référendum tel qu'on l'a connu en 1995 et en 1980 demeure la meilleure voie pour qu'on sache que la majorité des gens sont en faveur. Et c'est clair que, sur le plan de la reconnaissance internationale, ça faciliterait les choses. Mais on est prêt à écouter les arguments des uns et des autres», a affirmé M. Paquette, qui a réagi hier au nom de son parti.
Le député bloquiste reconnaît que le mouvement souverainiste doit «faire quelque chose de plus, mais, pour ça, il faut faire un bilan sérieux des bons et mauvais coups faits dans le passé, parce que tout n'a pas été mauvais. Pour arriver à 49 % et des poussières en 1995, il a fallu qu'on fasse des bonnes choses. Tout n'est pas à mettre de côté».
D'après M. Paquette, justifier un changement de stratégie par la volonté de contourner la Loi sur la clarté n'est pas un «argument pertinent parce que ce n'est pas à partir d'une loi fédérale qu'on doit enligner notre stratégie».
Pierre Paquette considère que Jacques Parizeau a surtout cherché à s'assurer que le débat sur le processus d'accession à la souveraineté reprenne de la vigueur. «Je pense qu'en arrière de ce débat ce qui se profile beaucoup, c'est davantage un débat sur comment renouveler la pratique politique des souverainistes, du Parti québécois, du Bloc québécois et de l'ensemble des mouvements souverainistes», a-t-il dit.
La députée de Taillon, Pauline Marois, juge «intéressante» la position de Jacques Parizeau, notamment quant à la rédaction d'une constitution provisoire. Or elle estime que la question référendaire doit plutôt porter sur l'indépendance pure et simple du Québec plutôt que sur une constitution. «Rien n'est inconciliable, a-t-elle lancé. Il faut faire le débat et que toutes les voix s'expriment.»
Comme Jacques Parizeau, Pauline Marois a fait connaître sa position dans une lettre ouverte, publiée en avril dernier. Elle propose que, dès les premiers jours du prochain mandat du PQ, le gouvernement péquiste crée une assemblée constituante qui rédigera un projet de constitution d'un Québec souverain. Dès la formation du nouveau gouvernement, un ministère de l'Accession à la souveraineté serait créé. Il y aurait ensuite un référendum sur l'indépendance, alors que le gouvernement présenterait son projet de constitution et un plan gouvernemental de transition vers la souveraineté mis au point par le ministère de l'Accession à la souveraineté.
Le député de Rousseau, François Legault, a aussi présenté au cours des derniers mois un projet d'accession à la souveraineté, qui est différent de celui de Jacques Parizeau. Son projet mise sur l'élaboration d'un budget de l'an I du Québec souverain et d'un programme électoral de pays au lieu d'un programme de gouvernement provincial. Le député de Rousseau est favorable à la tenue d'un référendum sur la souveraineté dans les mois qui suivent le retour au pouvoir du PQ.
Le député de Mercier et critique péquiste en matière d'affaires intergouvernementales, Daniel Turp, estime que la contribution de Jacques Parizeau est «utile au débat». «Les idées de Parizeau sont intéressantes, mais je ne partage pas toutes ses idées», a-t-il dit. M. Turp fera connaître sa position à la fin août. «La question de la constitution provisoire m'intéresse. Mais la question de l'objet de la consultation, c'est quelque chose sur laquelle je réfléchis toujours : est-ce que ça doit porter sur la souveraineté ou sur la constitution. C'est un objet de grande réflexion et de grand débat au Parti québécois.»
Gérald Larose, président du Conseil de la souveraineté du Québec, accueille avec enthousiasme le changement de stratégie proposé par Jacques Parizeau. «C'est une nécessité», a-t-il affirmé. Selon lui, la position de M. Parizeau «rejoint beaucoup» la base militante souverainiste.
Une démarche illégitime, dit le PLQ
Le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, récuse le plan de Jacques Parizeau. «L'idée qu'une élection puisse donner une légitimé suffisante pour donner le coup d'envoi à un processus sécessionniste, je trouve que ça ne tient pas la route. La légitimité dont il se revendiquerait pour enclencher le processus ne serait pas au rendez-vous», a-t-il dit.
Benoît Pelletier fait valoir que les élections portent sur plus d'un enjeu, pas seulement sur l'avenir du Québec, et que les électeurs votent pour un parti tantôt pour montrer la porte au gouvernement sortant, tantôt pour appuyer une proposition. «Donc dire que quelqu'un qui voterait pour le PQ a appuyé le déclenchement d'un processus sécessionniste et dire que le PQ aurait la légitimité pour faire ça, c'est partir d'une mauvaise prémisse», a-t-il affirmé.

Un quitte ou double
Bernard Descôteaux
Le Devoir mardi 17 août 2004
L'étapisme comme stratégie d'accession du Québec à l'indépendance est-il dépassé? L'ancien premier ministre Jacques Parizeau est maintenant ouvertement de cet avis et donne son appui aux militants souverainistes qui proposent que la prochaine élection soit référendaire.
Jacques Parizeau est celui qui, parmi les leaders historiques du mouvement souverainiste, a gardé la plus forte autorité auprès des militants. Ses opinions ont toujours un poids considérable dans les débats internes au Parti québécois. Ce que ne manqueront pas d'ailleurs d'avoir celles contenues au texte publié hier dans La Presse sous sa signature où on retrouve, à peine en sous-texte, une critique des positions adoptées par les Bernard Landry, Pauline Marois et François Legault qui ont toujours récusé l'idée d'une élection référendaire.
L'étapisme n'a jamais fait l'unanimité au sein du Parti québécois. Adoptée en 1974 au cours d'un congrès déchirant, cette stratégie ne fut jamais remise en cause, car elle semblait bien fonctionner. Après le référendum «presque gagné» de 1995, il semblait que la prochaine fois serait la bonne. Depuis la défaite électorale du 14 avril 2003, une telle perspective a commencé à apparaître de moins en moins certaine.
Les «conditions gagnantes», constate Jacques Parizeau, ne sont pas près d'être réunies. En fait, la partie lui apparaît de moins en moins jouable, car, comme l'a démontré le scandale des commandites, Ottawa n'a jamais respecté les règles du jeu référendaire établies par l'Assemblée nationale. Le gouvernement fédéral n'a eu aucune retenue en 1980 et en 1995, et on imagine que la prochaine fois il n'en aura pas plus. Conscients de la chose, de plus en plus de militants ont un malaise à l'égard de l'étapisme qui, craignent-ils, les conduit tout droit dans une impasse.
La lettre de M. Parizeau a le mérite d'exposer clairement ce malaise qui a plusieurs origines, notamment la passivité des gouvernements Bouchard et Landry lorsqu'il s'agissait de promouvoir la souveraineté. Nombreux sont les militants qui, par le passé, leur ont reproché leur manque d'enthousiasme et qui, pour cette raison, sont séduits par l'idée d'une élection référendaire. La souveraineté serait alors l'enjeu principal du prochain scrutin. Le cas échéant, l'indépendance serait enfin à portée de main.
Une telle idée mérite d'être débattue dans la mesure où il s'agit de ramener le Parti québécois à son objectif premier et de faire en sorte qu'il renoue avec le militantisme de ses belles années. Revenu à l'opposition, ce parti ne peut faire l'économie d'une réflexion approfondie sur la façon d'arriver à l'indépendance. À cet égard, il ne doit mettre de côté ni principes démocratiques ni réalisme politique. Malheureusement, l'idée d'une élection référendaire, telle qu'exprimée aujourd'hui, apparaît être un quitte ou double inspiré par l'impatience.
Sur le plan démocratique, une élection référendaire qui donnerait le mandat d'enclencher le processus d'indépendance et de promulguer une constitution provisoire est contestable. Dans le contexte actuel, un gouvernement élu avec un tel mandat n'aurait de légitimité que s'il recueillait une majorité de voix à l'élection, ce qui, tous le savent bien, est impossible. Le fait de s'engager à tenir par la suite un référendum pour approuver la constitution permanente rendrait-il pour autant le processus démocratique ? Il n'y aurait qu'apparence de démocratie.
Sur le plan politique, la conjoncture actuelle peut laisser croire que l'élection référendaire est jouable. Mais attention ! Si l'impopularité actuelle du gouvernement Charest et le scandale des commandites peuvent être vus comme des facteurs positifs pour les souverainistes, par contre, une élection référendaire ne manquerait pas de recréer la même polarisation qu'à un référendum. Cela ravirait sûrement les libéraux dont tous les mauvais coups des quatre années précédentes seraient occultés par le débat sur la souveraineté. Le risque serait grand alors de tout perdre, à la fois l'élection et le référendum.
Il y a toujours eu chez Jacques Parizeau une impatience qui, il faut le reconnaître, a failli se révéler gagnante en 1995. Elle se ressent dans ce texte dont le principal mérite est de poser la question que bien des souverainistes se posent : que faire pour réaliser l'indépendance ? La réponse est qu'il n'y a jamais eu de raccourcis sur la voie de la souveraineté.

Les grenouilles coassent
J.-Jacques Samson
Le Soleil mardi 17 août 2004
Éditorial - Bernard Landry a déjà trop étiré le suspense sur son avenir politique. Les "révolutionnaires en pantoufles de phentex", pour reprendre une expression colorée de René Lévesque, qui depuis la fondation du Parti québécois ont miné le leadership des René Lévesque, Pierre Marc Johnson, Lucien Bouchard, s'agitent à nouveau avec Jacques Parizeau pour chef d'orchestre.
M. Parizeau est ressorti de sa semi-retraite en publiant une lettre dans La Presse pour relancer la stratégie d'une simple élection à caractère référendaire afin de déclencher l'accession du Québec à la souveraineté. Cette position a été retirée du programme du PQ en 1974, après de déchirants débats. L'ancien ministre Claude Morin avait réussi à convaincre une majorité de militants que le Parti québécois devait ajouter l'étape d'un référendum en bonne et due forme, distinct des élections générales, pour dédramatiser les campagnes électorales et penser accéder au pouvoir. Un OUI lors d'un référendum aurait en plus un poids indéniable pour obtenir une reconnaissance internationale d'un Québec souverain, et aussi pour forcer des négociations avec le reste du Canada sur le partage de l'actif et des dettes et sur une association (ou partenariat) pour la suite des choses. Claude Morin a hérité depuis, un peu par dérision, du sobriquet de "père de l'étapisme".
Jacques Parizeau s'était rallié du bout des lèvres. Ce dernier a toujours favorisé la théorie de l'horloge arrêtée qui a toujours raison deux fois par jour. Il suffit d'inscrire dans le programme qu'un vote pour le PQ est un vote pour la souveraineté et la population donnera son aval à la séparation sans même s'en rendre trop compte - du moins pour une fraction de celle-ci - en voulant se débarrasser coûte que coûte d'un gouvernement dont elle est insatisfaite. C'est une variante de la "cage aux homards" dans laquelle le même Parizeau voulait attirer les Québécois.
La chute précipitée de popularité des libéraux de Jean Charest depuis avril 2003 a évidemment fait saliver M. Parizeau et ses fidèles.
Une élection référendaire pose pourtant de graves problèmes sur les plans de la vie démocratique et de l'éthique politique. Une fraction de l'électorat se privera de punir un gouvernement parce qu'elle ne veut pas verser du même coup dans une démarche vers la souveraineté. Elle devient captive du principal parti fédéraliste. Du côté du gouvernement en place avec le PQ pour opposition officielle, cette épée de Damoclès a un effet paralysant. De peur de s'aliéner des électeurs et de précipiter le Québec vers la souveraineté, il se gardera de mener des réformes qui auraient été bénéfiques, comme une importante réingénierie de l'État québécois.
M. Parizeau ne fait par ailleurs aucun cas de l'avis de la Cour suprême sur les modalités de l'accession à la souveraineté, pour qu'Ottawa soit tenu de reconnaître une volonté en ce sens d'une majorité de Québécois et qu'il y donne suite. Fidèle encore là à lui-même, Jacques Parizeau suit plutôt ainsi la voie de l'indépendance "pure et dure", sans association avec le Canada, ni institutions communes, comme promises aux Québécois en 1980 et 1995. Or lui-même a déjà exercé le pouvoir et il a préparé le référendum de 1995. Il a alors dû conclure une entente avec l'ADQ de Mario Dumont, céder le volant à mi-course à Lucien Bouchard, beaucoup plus rassurant pour la population, et accepter la conclusion d'un partenariat avec le Canada. Lui-même s'est donc cogné sur l'implacable réalité politique québécoise. Sa sortie dans La Presse en faveur d'un radicalisme riniste (RIN) à la Pierre Bourgault a des relents des débats au PQ des années 1960 et 1970, en plus d'être pernicieuse vis-à-vis de Bernard Landry.
La ferveur souverainiste de Bernard Landry est indiscutable. Il a fait de cette cause celle de toute sa vie. M. Landry a aussi été un bon chef pour le Parti québécois, avant comme depuis les élections de 2003. Il est encore actuellement celui qui possède le plus large bagage d'expérience et de connaissances pour diriger ce parti, plusieurs crans au-dessus des aspirants potentiels connus, les Pauline Marois, François Legault et peut-être Gilles Duceppe. Il a exceptionnellement bien récupéré de sa défaite électorale, contrairement à de nombreux chefs politiques. Il jouit de la plus forte notoriété dans la population et il a toujours bien rallié les diverses tendances au sein du Parti québécois. Sa démarche vers la souveraineté s'harmonise sur le cheminement de ses concitoyens. Ces derniers mois, il avait enfin de toute évidence le goût de continuer et il est en bonne forme physique. Alors, où est le problème ?
Il suffit à M. Landry de dire sans plus attendre qu'il demande aux membres de son parti de lui manifester leur confiance. Les grenouilleurs incorrigibles coasseront ensuite en cercles fermés.
JJSamson@lesoleil.com

PQ divided over push for one-step sovereignty
Tu Thanh Ha
The Globe and Mail Tuesday, August 17, 2004
Parizeau says declaration could be issued without a referendum Landry rejects idea
Montreal PQ - Rather than wait for a referendum, the Parti Québécois should run Quebec as if it is independent after it wins a provincial election, says former leader Jacques Parizeau, giving tacit support to a growing core of members who want to change the PQ's modus operandi of the past three decades.
"Many sovereigntists have concluded that the game isn't playable under the current conditions and that we need to find another way. . . . Quebec entered the Canadian confederation by a vote of lawmakers, despite calls for a referendum. It can leave in the same fashion," Mr. Parizeau wrote in an essay published in the newspaper La Presse.
Mr. Parizeau's views were aired at a time when the unpopularity of Premier Jean Charest has revived the hopes of PQ Leader Bernard Landry that his party could return to power.
At the same time, the PQ is in the midst of an intense debate over Mr. Landry's future and the perception that he is reluctant to commit to holding another referendum.
Mr. Landry immediately made clear his opposition to the idea yesterday, even as he thanked Mr. Parizeau for his contribution.
"The birth of a country cannot take place without the support of a majority of the men and women of Quebec. That's a matter of dignity," he said during one of several broadcast appearances.
Analysts said the idea might be well received by the "impatient" wing of the party but is unlikely to find support in the population at large, which has elected PQ governments but said no to secession.
The proposal sets the stage for a heated debate at a PQ national council at the end of this month and at the party convention next June, where Mr. Landry's leadership and the party's key ideas will be reviewed.
In his essay, Mr. Parizeau sounded bitter as he argued that a "referendum election" would circumvent any move to boost federalist support.
In a provincial election, the Liberal voters remain concentrated in some ridings while the PQ would win the Quebec heartland.
"Speeding up the naturalization of immigrants? Mobilizing Ontarians with relatives in Montreal? Having non-resident students vote? Organizing subsidized demonstrations of love at Canada Place? It might increase Liberal majorities in 15 ridings but wouldn't change much in Matapédia or Abitibi-East," Mr. Parizeau wrote.
Having been in government for 18 of the past 28 years, the PQ no longer needs to prove it can govern and shouldn't fear seeking an electoral mandate to carry out sovereignty, he said.
"The proposed strategy has the immense advantage of taking Quebec out of the box Ottawa wants to confine it in. The Clarity Act becomes baseless. It's the election that would give us the mandate," he wrote, alluding to the federal law that sets ground rules for future referendums.
Mr. Landry said yesterday Quebec cannot depart from the modern trend in which referendums decide major issues.
His clear opposition suggests there is a substantial resistance to the idea within the PQ, said University of Montreal political scientist Louis Massicotte.
The idea won't get the support of the majority of the Quebec population but would consolidate the PQ's militant base, said pollster Jean-Marc Léger of Leger Marketing.
"When you're three years away from an election, you're concerned about consolidating," he said. "Among PQ activists, the debate on holding a referendum election will be well received. In the population at large, that's another story."
The PQ is soul-searching, busily assessing its leadership, its platform and its philosophy, Mr. Léger said. "It's a party looking for its second wind."
Mr. Parizeau is deceiving himself if he thinks a referendum election would circumvent the Clarity Act, Prof. Massicotte said.
In fact, the Supreme Court of Canada's decision on which the Clarity Act is based, says that the rest of Canada has an obligation to negotiate with a seceding Quebec, but only if there has been a clear majority on a clear question. A referendum-style election wouldn't qualify, Prof. Massicotte said.
"There's a certain cynicism there but I wonder if there's some naiveté too," Prof. Massicotte said of the idea. "Call it whistling in the dark."
In his essay, Mr. Parizeau mocked his successors for failing to hold another referendum.
Of Lucien Bouchard, who said he was waiting for the winning conditions, Mr. Parizeau said it was a "political lottery." And he described as "numerical divination" Mr. Landry's 2002 pledge that Quebec would be sovereign within 1,000 days.
"Waiting for a consensus to emerge is waiting for Godot," Mr. Parizeau wrote.
The idea could be a gift to the provincial Liberals in the next election campaign, giving them something to attack rather than just having to defend their record.
"The sole idea of a referendum election is not plausible. It's not something that makes sense," Quebec Intergovernmental Affairs Minister Benoît Pelletier said yesterday. "The legitimacy required to begin a process toward sovereignty would be missing."
Mr. Parizeau's text gives a stamp of approval to ideas suggested last year by PQ regional vice-president Sasha Gauthier and magazine editor Robert Laplante.
"I'm very happy to see someone of his stature give his opinion," Mr. Gauthier said.
They propose that right after winning an election the PQ should have a provisional constitution and create a Quebec citizenship.
Separating an electoral win from an accession to independence became PQ policy in 1974. The idea, known as l'étapisme, was the brain child of party strategist Claude Morin, who later admitted to having been an RCMP informant.
At the time, Mr. Parizeau wasn't keen, saying that under the parliamentary system lawmakers had the mandate.
Mr. Parizeau eventually rallied around and even held a referendum in 1995.
But the idea keeps resurfacing.
A spokeswoman for federal Intergovernmental Affairs Minister Lucienne Robillard said the minister had no comments because it is an internal PQ matter.

Lettre de Jacques Parizeau :
L'élection référendaire raviverait la flamme au PQ, selon un politologue
Nathaëlle Morissette
La Presse mardi 17 août 2004
Un de ses collègue estime toutefois qu'elle sèmerait la confusion chez une partie de la population
Les idées mises de l'avant par l'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, pourraient mettre fin à la " castration politique " dont souffrent les souverainistes lorsqu'ils se retrouvent au pouvoir.
C'est du moins ce qu'affirme Christian Dufour, politologue et chercheur à l'École nationale d'administration publique (ENAP). En se présentant comme un parti dont l'objectif principal est de faire la souveraineté du Québec, le PQ n'aura plus les mains liées car il recevra un mandat clair de la population.
" C'est une suggestion qui mérite d'être étudiée car elle permettrait aux souverainistes de pousser les Québécois qui ont encore du mal à se positionner par rapport à la question nationale, souligne-t-il. Ce qu'il y a de nouveau dans cette proposition, c'est que les péquistes diraient clairement à la population que, s'ils sont portés au pouvoir, ils ont bien l'intention d'entreprendre des démarches pour promouvoir l'option souverainiste. "
Ainsi, le projet d'indépendance deviendrait peut-être moins ambigu pour la population. Selon M. Dufour, ce débat est essentiel pour le PQ car les idées des souverainistes se perdent trop souvent dans des dissertations intellectuelles un peu abstraites. " Je trouve que ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu de proposition aussi importante que celle avancée par M. Parizeau. C'est loin d'être un débat futile. "
Divergence d'opinion
Jean-Herman Guay, politologue à l'Université de Sherbrooke, croit pour sa part que le projet de M. Parizeau est irréalisable. Questionné il y a quelques semaines à propos de la tenue d'un référendum sur la constitution du Québec, lorsque Robert Laplante, un militant péquiste, avait lancé l'idée, M. Guay s'était montré sceptique. Selon lui, ce genre de projet risque de donner de l'urticaire aux Québécois qui en ont assez des débats constitutionnels. " Au Québec, le mot constitution ça donne des boutons. "
" Même si les péquistes ont perdu les deux derniers référendums portant sur la souveraineté, ils ne peuvent pas changer les règles du jeu parce que ça n'a pas fonctionné pour eux ", a-t-il ajouté hier après avoir pris connaissance du texte de Jacques Parizeau.
M. Guay estime toutefois que plusieurs militants adhéreront aux idées avancées par l'ancien premier ministre. " Il y a beaucoup de souverainistes qui sont déçus par l'étapisme. Gagner avec une majorité de 50 % plus 1, c'est difficile. "
En effet, selon lui, Jacques Parizeau avoue dans sa lettre que l'accession à la souveraineté, en vertu des règles qui sont présentement en place, est un but qui sera difficile à atteindre. Il fait notamment référence à un passage du texte où M. Parizeau écrit: " Est-on bien certain qu'il faille s'engager dans un troisième référendum sur la souveraineté? En tout cas, vouloir recommencer demande que l'on réponde clairement à la question suivante: en vertu des règles du jeu que l'on connaît maintenant, la partie est-elle encore jouable? "
M. Guay ajoute également que l'idée d'élection référendaire risque de semer la confusion dans la tête des gens qui ne sauront plus sur quoi se baser pour voter.

Charest: «Parizeau n'est jamais parti»
PC
Le Devoir mardi 17 août 2004
En relançant le débat sur la tenue d'une élection référendaire, Jacques Parizeau a démontré que le Parti québécois était encore une fois enlisé dans de vieux débats et qu'il n'était pas prêt à relever les véritables défis qui attendent le Québec, a estimé hier le premier ministre Jean Charest lors d'une soirée à Montréal.
«La chanson n'a pas changé au PQ. L'enjeu ce n'est pas de déterminer quelle est leur première priorité. La discussion, c'est comment y arriver, comment y arriver plus rapidement. C'est de la stratégie», a-t-il déclaré.
Le premier ministre dit avoir eu le sentiment de retourner en arrière en ouvrant son journal. «Jacques Parizeau est de retour. Il n'est jamais parti», a-t-il rigolé en anglais avant de rappeler que son gouvernement s'était plutôt donné comme mission de relever les véritables défis du Québec, dont ceux auxquels est confronté le système de santé.
Jean Charest croit qu'une élection référendaire ne serait pas démocratique parce qu'elle piégerait les électeurs en ne leur présentant pas une question claire. Il n'est en outre pas certain que la tenue d'un tel scrutin respecte les lois en vigueur.
«Une élection générale fait appel à plusieurs enjeux et [...] sur une question comme celle-là, il me semble qu'il est entendu qu'on doit donner l'occasion à la population de se prononcer de façon très précise», a-t-il dit.
Le premier ministre participait avec plusieurs membres de son gouvernement à la soirée en marge de l'assemblée d'investiture de sa candidate dans la circonscription montréalaise de Laurier-Dorion, Voula Neofotistos. Cette avocate de 39 ans, née au Québec de parents grecs, tentera le 20 septembre prochain de prendre la relève de Christos Sirros, qui était député depuis 1981 de ce comté multiethnique regroupant les quartiers de Parc-Extension et de Villeray. M. Sirros a mis fin à sa carrière politique à la fin de la session parlementaire, en juin. Il a ensuite été nommé délégué du Québec à Bruxelles.

Élection référendaire :
Une démarche sans «base légale ou morale», selon Dion
Manon Cornellier
Le Devoir mardi 17 août 2004
L'actuelle ministre des Affaires intergouvernementales préfère ne pas s'immiscer dans le débat
Réaliser la souveraineté du Québec sans tenir un référendum sur une question limpide et sans obtenir un résultat clair serait une démarche dépourvue de «base morale ou légale», soutient Stéphane Dion, l'actuel ministre fédéral de l'Environnement mais aussi ancien responsable des Affaires intergouvernementales.
M. Dion réagissait ainsi à un scénario évoqué par l'ancien premier ministre québécois Jacques Parizeau dans un long texte publié hier dans La Presse. M. Parizeau y fait écho à une position défendue par plusieurs souverainistes qui voudraient que le Parti québécois aborde la prochaine élection en sollicitant le mandat de réaliser la souveraineté. Le processus enclenché ne donnerait pas lieu à un référendum sur le choix d'un pays mais sur un projet de constitution provisoire pour un Québec souverain.
«La stratégie proposée a l'immense avantage, notait M. Parizeau, de sortir le Québec du corridor où Ottawa voulait le parquer. La Loi sur la clarté devient sans objet.»
Si M. Dion juge la réflexion de M. Parizeau «légitime», il trouve le résultat «navrant». «Il n'y a pas de base morale ou légale pour contourner l'obligation de s'assurer que les Québécois veulent renoncer au Canada avant d'essayer de leur enlever. C'est un incontournable», a-t-il confié au Devoir en entrevue. La nouvelle ministre fédérale des Affaires intergouvernementales, Lucienne Robillard, préférait elle ne pas commenter, estimant qu'il s'agissait d'un «débat interne au sein du Parti québécois», a fait savoir sa secrétaire de presse, Isabelle Mignault.
Le père de la Loi sur la clarté, lui, s'est de toute évidence senti interpellé. Il avoue que, s'il croyait lui-même à l'indépendance du Québec, il se pencherait certainement sur les moyens d'y parvenir. Il trouve donc légitime la réflexion entreprise par les souverainistes québécois. Il s'interroge toutefois sur sa nature et ses résultats.
«Ils arrivent avec des résultats très compliqués, alors que c'est un problème assez simple. Leur problème n'est pas de trouver la façon dont il faut faire la séparation. Leur problème est de convaincre les Québécois que c'est la chose à faire pour leur bien-être et l'avenir de leurs enfants. C'est ça leur problème parce qu'on sait comment il faut faire une sécession. Il faut que les gens soient convaincus qu'il faille la faire, qu'on en est venu à la conviction qu'il y a un consensus populaire pour une telle chose et, sur cette base, la procédure suivra», commente-t-il.
Pour Stéphane Dion, il est inconcevable de croire que la souveraineté puisse se faire sans que les Québécois aient pu s'exprimer explicitement sur le sujet par voie référendaire. Il le répète: il faut «une question claire sur la sécession et un résultat qui va au-delà de tous les doutes que [M. Parizeau] lui-même émet tout au long de son texte». Il faut ensuite des négociations menées «à l'intérieur de la Constitution canadienne pour s'assurer que les droits de chacun aient été respectés».
M. Dion s'en tient donc à l'approche inscrite dans la Loi sur la clarté. Selon cette loi, il faut une question et un résultat que le Parlement fédéral, et non seulement l'Assemblée nationale, trouve clairs pour qu'aient ensuite lieu des négociations en vue d'un accord de séparation.
Autrement, même s'il y avait déclaration d'indépendance, «les citoyens seraient en droit de continuer à se considérer Canadiens, à jouir des protections du Canada et le Canada aurait pour responsabilité constitutionnelle de rester sur le territoire québécois, pacifiquement. Ce serait à M. Parizeau de voir ce qu'il ferait. Est-ce qu'il investirait les bureaux de poste? Je ne sais pas. Dans un État de droit, on ne peut pas faire de telles choses», de poursuivre M. Dion.
L'approche évoquée dans le texte de M. Parizeau, soutient le ministre, équivaudrait à faire fi des droits des Québécois en plus de n'offrir au nouvel État «aucune chance» d'être reconnu internationalement. Il est persuadé, au bout du compte, que les Québécois eux-mêmes rejetteraient cette méthode.

Monsieur Landry, passons aux actes
Jean-Louis Bourque, Politologue
Le Devoir mardi 17 août 2004
Libre opinion: Après le brassage des idées au Parti québécois et la généreuse main tendue aux militants des forces de gauche, il est plus que temps, me semble-t-il, de passer de la parole aux actes et d'ouvrir, dès maintenant, et sans attendre le lendemain de la prochaine élection, la voie de l'accession du Québec à l'indépendance.
Pour ce faire, le Parti québécois, spécialiste de la procrastination depuis le départ de Jacques Parizeau, doit cesser d'attendre d'hypothétiques conditions gagnantes ou une «3e période» déterminante (comme aime à le suggérer Pauline Marois) dont nous ne contrôlons ni les tenants et les aboutissants. Il n'y a rien à attendre non plus d'un hypothétique renouvellement asymétrique du fédéralisme canadien, miroir aux alouettes auquel restent encore attachés Benoît Pelletier et Françoise David. La preuve a été faite 10 fois plutôt qu'une : les voix du renouvellement du fédéralisme canadien prônent une voie sans issue, victimes inconscientes d'un défaitisme tenace qui teinte souvent les propos du politologue Jean-Herman Guay et de l'avocat Christian Dufour.
La discussion est utile, mais ne doit pas être une fin en soi. Elle risque de servir d'excuse au laisser-aller, à une mollesse, un attentisme qui frisent le manque de courage. La souveraineté n'est pas un rêve. C'est une solution dont le Québec a besoin. On a essayé toutes les autres, et ça ne marche jamais. C'est la seule voie qui reste et qui peut mobiliser le peuple québécois et lui permettre de se gouverner à sa manière, en tant que République libre et démocratique.
Mettons-nous à l'ouvrage dès cet automne pour donner un visage au pays du Québec : nous avons trois ou quatre ans pour le faire, sans nécessairement tout reprendre à zéro. Les travaux de la Commission Bélanger-Campeau, les études préparatoire au 2e référendum sont là. Le projet du pays du Québec, souverain, a beaucoup mûri et évolué depuis une quarantaine d'années.... le mettre à jour, le peaufiner et le compléter, voilà ce qu'il faut faire pour que les québécois connaissent ce à quoi ils diront OUI. Ce n'est pas en 2007 qu'il faudra se remettre à rediscuter de la question nationale, et à préparer un hypothétique référendum en 2008 ou en 2010. C'est dès maintenant qu'il faut bâtir pour offrir un projet clair lors de la défaite du gouvernement Charest. Le parti québécois pourra alors gouverner sans ambiguïté.
Comme le propose l'excellent rapport intitulé Revoir le cadre stratégique présenté par le sociologue Robert Laplante, directeur de l'Action nationale, le Parti québécois, en collaboration avec les membres et organismes de la société civile, doit mettre sur pied dans les plus brefs délais :
- une Assemblée constituante itinérante et pluraliste pour élaborer une Constitution québécoise. Le gros de ce travail a été déjà fait, notamment par Jacques-Yvan Morin (cf. Pour une nouvelle constitution du Québec, 1985);
- une commission spéciale chargée de préciser le projet de société réalistement social-démocrate, pluraliste et altermondialiste;
- une commission des affaires économiques, financières et commerciales chargée d'élaborer le budget de l'An 1 du Québec;
- une commission chargée de préciser les lignes directrices d'une politique internationale;
- des comités chargés de faire constamment la critique de la réingénierie du gouvernement de Jean Charest et du fédéralisme de Paul Martin, centralisateur et insensible aux besoins des provinces;
- parallèlement, ne jamais cesser de conscientiser tous les Québécois sur la raison même du projet de pays : le besoin d'un espace géographique et politique pour l'identité linguistique, culturelle et démographique du Québec, libre et présente dans la nouvelle donne politique de la mondialisation. Le temps est venu de faire du Québec un pays francophone à part entière, libre, complet et reconnu.
Une fois ce projet éducatif bien préparé, bien étoffé et bien expliqué à la population, il restera à le faire entériner en toute connaissance de cause lors de la prochaine et dernière «élection provinciale». Le Québec pourra alors procéder en toute légitimité et en toute honnêteté à la proclamation de son indépendance et à l'instauration de la nouvelle République du Québec.
Voilà le projet raisonnable qu'une multitude de Québécois attendent au fond de leur être : un véritable plan d'action qui s'adresse à leur intelligence. On ne «gagne» pas son indépendance à la loterie des sondages et des slogans publicitaires. On la construit avec audace et lucidité, l'audace d'un projet jeune, la lucidité d'un projet mûri, vivant, sans cesse actualisé qui éveillera l'intérêt des immigrants néo-québécois autant que de nos voisins canadiens-anglais et américains.
Le gage de la modernité ne réside-t-il pas dans l'adaptation au changement ? Un changement pour ce que l'on veut n'est-il pas préférable à un changement subi ou sans objectifs ?
Notre société ne cesse de vivre des transitions. La transition vers un état souverain n'est plus l'inconnu d'il y a 30 ans ! Les temps ont changé, mais les valeurs de liberté et de responsabilité sont plus nécessaires que jamais...

The beginning of the end for Bernard Landry?
DON MACPHERSON
The Montréal Gazette August 17, 2004 Tuesday
Like a blanket whose flimsiness suddenly becomes apparent when a single loose thread is tugged, Bernard Landry's leadership of the Parti Quebecois might have started to unravel.
The tug came on the weekend, with the disclosure a PQ riding association has adopted a resolution calling on Landry to step down as leader.
So far, among the 125 riding associations, only the one that adopted the resolution, from the west-end Montreal riding of Notre Dame de Grace, formally supports it.
It's reported to have the support of at least 10 other associations, but one of the resolution's authors, Marc Briere, said yesterday the N.D.G. association acted on its own, and he doesn't know any others that support it.
While the resolution has been proposed for consideration at the next meeting of the PQ's governing national council in two weeks, it might not make it that far. A party spokesperson said yesterday the council's steering committee has yet to decide whether the resolution is "receivable" - that is meets the requirements laid out in the party's rules.
And even if the resolution does come to a vote at the meeting, which would be held by a show of hands, it would probably be rejected overwhelmingly.
Still, that resolution adopted by a single riding association is significant, because the question of Landry's leadership has been raised formally and publicly within the party.
Now other party members will have to address it, and it will be a topic of discussion in the corridors of the council meeting, if not on the floor itself. And it will probably continue to be discussed in the party after that, leading up to the PQ convention to be held next year, at which Landry will face a confidence vote by secret ballot.
The cat has been belled. When the members of a party begin to discuss the leadership openly, it's usually the beginning of the end for the present leader.
Since shortly after last year's election defeat of the former PQ government, some party members have said it would be impossible for Landry to lead the party into the next election.
As long as it looked as though Landry might decide on his own not to stick around, the party was prepared to wait patiently for him to announce his decision, probably at the national council meeting in two weeks.
But when Landry hinted at the end of the spring sitting of the National Assembly he wanted one more crack at Premier Jean Charest and felt he had the support of his party to continue, some people decided it was time to show him otherwise.
The resolution calling for his resignation says a leadership election would increase membership and renew the party. Landry is 67, and will be 70 when the next election is due.
The disclosure of the resolution Saturday coincided with the publication of an open letter signed by four party members calling for Landry's resignation. One of them was Briere, a founding member of the PQ.
It said the PQ had suffered a "humiliating" defeat in last year's election, that Landry's first year as opposition leader had been judged "mediocre" and that he lacked legitimacy because he was an unelected leader who had lost the election.
The same day, in a column in another newspaper, Lise Payette, a cabinet colleague of Landry in the PQ government in the 1970s, also called on him to step down, again in the name of renewal.
And with impeccable timing, as if to exploit Landry's vulnerability two weeks before the party council meeting, Jacques Parizeau published an article of his own. In it, he mocked Landry for repeatedly resetting his countdown to sovereignty and called for the PQ to fight the next election on a single-plank platform of secession.
Landry is already on record as opposing the holding of a "referendum-election," although in Parizeau's plan, Quebec would not become sovereign until after a referendum to adopt a temporary constitution for the new independent country.
But even if he considers fighting an election on sovereignty to be suicidal, an embattled Landry might come to the conclusion he has no choice but to appease the Parizeau cult in the party in order to preserve his leadership from unravelling.

Appel à Bernard Landry
Marc Brière; Claudette Chalifour; Claude-G. Charron; Jeannine Valois
Le Devoir samedi 14 août 2004
À 67 ans, Bernard Landry a une quarantaine d'années de service public derrière lui: en 1962, il était élu président des étudiants de l'Université de Montréal; c'est en 1976 qu'il fut élu pour la première fois à l'Assemblée nationale et qu'il devint ministre d'État au développement économique dans le premier gouvernement de René Lévesque. En 1985, il devint ministre des Finances dans le cabinet de Pierre Marc Johnson, puis vice-premier ministre dans le cabinet de Jacques Parizeau, en 1994, et dans celui de Lucien Bouchard en 1996. Avec la démission de celui-ci, en janvier 2001, Landry devint chef du Parti québécois, par acclamation, sans qu'un scrutin soit tenu auprès des membres. Il sera premier ministre jusqu'à la défaite du PQ, en avril 2003.
C'est là une brillante carrière publique, du moins jusqu'à cette humiliante défaite de 2003 alors que le PQ ne recueillait que 33 % des voix, son score le plus bas depuis 1973. Comme chef de l'opposition, il connut une année que des analystes ont jugée médiocre, malgré la chute vertigineuse de popularité du premier ministre libéral.
Bernard Landry, qui a beaucoup mérité de la patrie et dont les nombreux talents sont appréciés par un grand nombre des membres de notre parti, s'apprêterait à annoncer, lors du prochain conseil national du PQ, les 27, 28 et 29 août prochains, qu'il entend rester chef du parti et prendre sa revanche aux élections de 2007 ou 2008.
Le problème est que cette perspective souffre d'un déficit de légitimité. Landry n'a jamais été élu à la présidence du PQ et sa défaite électorale comme premier ministre a miné sa crédibilité, aussi bien auprès des membres du parti que dans l'électorat québécois. Depuis la défaite du premier ministre Antonio Barrette (Union nationale) en 1960, tous les premiers ministres québécois battus dans lors d'élections générales ont démissionné de leur poste de chef de leur parti: Jean Lesage (libéral), Jean-Jacques Bertrand (Union nationale), Robert Bourassa (libéral, en 1976), Pierre Marc Johnson (Parti québécois, en 1985), Daniel Johnson (libéral, en 1994). Nous croyons que Bernard Landry devrait suivre cette tradition et ouvrir la voie à la tenue d'un scrutin à la présidence du Parti québécois, qui pourrait avoir lieu à l'automne 2005 ou au printemps de 2006, soit après le congrès de juin prochain au cours duquel les membres seront appelés à renouveler le programme, les règlements et les stratégies du PQ.
Si Bernard Landry croit qu'il est toujours l'homme de la situation - ce dont plusieurs doutent, malgré l'estime qu'ils ont pour lui -, il pourrait se porter candidat, comme devraient évidemment le faire tous ceux qui aspirent à la direction du parti.
Selon les règlements du PQ, cette élection à la présidence doit se faire au suffrage de tous ses membres, ce qui devrait favoriser un élargissement de la base par des campagnes de recrutement de membres. Après un cheminement démocratique aussi exemplaire, le Parti québécois sera fin prêt pour solliciter à nouveau la confiance des Québécois.
Marc Brière : PQ Notre-Dame-de-Grâce
Claudette Chalifour : PQ Outremont
Claude-G. Charron : PQ Marquette
Jeannine Valois : PQ Marquette

Des dissidents montrent la porte à Landry
Tommy Chouinard
Le Devoir samedi 14 août 2004
Des militants péquistes exigent le déclenchement d'une course au leadership
Québec - Une faction dissidente au sein du Parti québécois émerge au grand jour et montre la porte au chef Bernard Landry. Une association de circonscription et des militants actifs veulent forcer la tenue d'une élection à la présidence du parti même si Bernard Landry décide de rester en poste, a appris Le Devoir.
L'association péquiste de la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, a adopté à l'unanimité, le 27 juillet dernier, une résolution exigeant le déclenchement d'une course au leadership. La résolution, déposée au comité directeur du Parti québécois, sera inscrite à l'ordre du jour du conseil national qui aura lieu les 27, 28 et 29 août prochains à Québec. Qui plus est, dans une lettre publiée aujourd'hui par Le Devoir en page Idées, quatre militants actifs brisent le silence que s'imposent plusieurs péquistes et réclament un renouvellement à la présidence du PQ.
La résolution de l'association péquiste de Notre-Dame-de-Grâce remet même en question la légitimité de Bernard Landry à titre de chef. «Il est proposé que, afin de légitimer la présidence du parti, son chef actuel incite le conseil national à organiser une élection à la présidence du parti, au suffrage universel de ses membres, au plus tard au printemps 2006», peut-on lire dans ce document dont Le Devoir a obtenu copie. Cette résolution, qui sera soumise à l'approbation des militants au conseil national, serait appuyée par «des membres de l'exécutif d'au moins une dizaine d'associations de circonscription», a précisé une source digne de confiance.
Dans le préambule de la résolution, l'association péquiste de Notre-Dame-de-Grâce précise qu'«il est souhaitable que le Parti québécois renouvelle son discours». Elle demande également au conseil national de «lancer, dans les meilleurs délais, une campagne de recrutement de membres» en vue du congrès du parti, qui aura lieu en juin 2005.
Cette dissidence, fort éloquente, met un sérieux bémol à l'assurance exprimée par Bernard Landry depuis plusieurs mois. Plus tôt cette semaine, il prétendait que «le vent est bon» pour son maintien à la tête des troupes péquistes à l'aube de sa tournée du Québec.
«L'existence d'une résolution comme celle-là, ça montre qu'il y a un problème au sujet du leadership», a reconnu une source péquiste crédible qui n'est pas à l'origine de cette résolution.
Pour les camps de Pauline Marois et de François Legault - éventuels candidats à la succession de Bernard Landry -, cette grogne ne surprend guère, même si l'adoption d'une telle résolution par une association de circonscription est considérée comme un acte révélateur de l'état d'esprit de plusieurs militants.
La perspective - chaque jour plus probable - de voir Bernard Landry présider le PQ lors des prochaines élections générales a également incité des péquistes à écrire une lettre au Devoir. Dans cette missive, intitulée Appel à Bernard Landry et publiée aujourd'hui en page Idées, quatre militants actifs réclament un scrutin à la présidence du parti. Les signataires sont Claudette Chalifour (Outremont), Marc Brière (Notre-Dame-de-Grâce), Claude-G. Charron et Jeannine Valois (Marquette).
«Bernard Landry, qui a beaucoup mérité de la patrie et dont les nombreux talents sont appréciés par un grand nombre des membres de notre parti, s'apprêterait à annoncer [...] qu'il entend rester chef du parti et prendre sa revanche aux élections de 2007 ou 2008. Le problème est que cette perspective souffre d'un déficit de légitimité. Landry n'a jamais été élu à la présidence du PQ [NDLR: il n'y avait aucun autre candidat pour succéder à Lucien Bouchard] et sa défaite électorale comme premier ministre a miné sa crédibilité, aussi bien auprès des membres du parti que dans l'électorat québécois», écrivent les quatre militants.
Depuis la défaite du premier ministre Antonio Barrette (Union nationale) en 1960, font-ils valoir, tous les premiers ministres québécois qui ont été battus à l'occasion d'élections générales ont démissionné de leur poste de chef, qu'il s'agisse de Jean Lesage (Parti libéral), de Jean-Jacques Bertrand (Union nationale), de Robert Bourassa (Parti libéral, en 1976), de Pierre Marc Johnson (Parti québécois) ou de Daniel Johnson (Parti libéral).
«Nous croyons que Bernard Landry devrait suivre cette tradition et ouvrir la voie à la tenue d'un scrutin à la présidence du Parti québécois, qui pourrait avoir lieu à l'automne 2005 ou au printemps de 2006, soit après le congrès de juin prochain, au cours duquel les membres seront appelés à renouveler le programme, les règlements et les stratégies du PQ», estiment les signataires de la lettre.
Selon eux, rien n'empêcherait Bernard Landry de prendre part à la course au leadership. «Si Bernard Landry croit qu'il est toujours l'homme de la situation - ce dont plusieurs doutent, malgré l'estime qu'ils ont pour lui -, il pourrait se porter candidat, comme devraient évidemment le faire tous ceux qui aspirent à la direction du parti.»
Si les signataires précisent que Bernard Landry a connu une «brillante carrière publique», ils lui reprochent «l'humiliante défaite de 2003 alors que le PQ ne recueillait que 33 % des voix, son plus bas score depuis 1973». Ils critiquent également son travail de chef de l'opposition. «Il a connu une année que des analystes ont jugée médiocre, malgré la chute vertigineuse de popularité du premier ministre libéral», affirment-ils.
Cette dissidence est significative puisque personne n'a osé contester publiquement le leadership de Bernard Landry jusqu'ici, et en particulier les députés, qui disent le plus souvent respecter la réflexion de leur chef.
Bernard Landry fera connaître ses intentions soit au conseil national du mois d'août, soit à celui prévu en octobre. Pour le moment, s'il décide de présider le PQ lors des prochaines élections - ce qui peut être considéré comme acquis -, il devra faire face à un vote de confiance dans le cadre du congrès de juin 2005. Selon les statuts du PQ, le chef doit obtenir la majorité des voix exprimées pour demeurer en poste. Or, dans les faits, le seuil officieux pour demeurer à la tête du PQ a été fixé au congrès de novembre 1996 alors que Lucien Bouchard s'était senti humilié lorsque 76,7 % des délégués lui avaient exprimé leur confiance, le score le plus faible atteint par un chef péquiste.
Si le chef échoue le test du vote de confiance, le parti doit procéder à une élection à la présidence. À moins de la démission du chef, il s'agit de la seule procédure pour renouveler la présidence. Il n'est plus possible, au Parti québécois, de faire comme André Larocque au congrès de 1971: se présenter contre le chef - René Lévesque à l'époque - et contester ouvertement son leadership. Les statuts ont été amendés depuis.

Professeur Landry parle de "l'obsession du moi"
Mylène Moisan
Le Soleil samedi 14 août 2004
Hier à l'Université Laval, Bernard Landry est revenu à ses anciennes amours. Pantalon cargo kaki et veston noir, mains dans les poches, le chef du Parti québécois s'est fait professeur, l'espace d'un vendredi soir. Au programme, l'indépendance du Québec et son pire ennemi : "l'obsession du moi".
Accompagné de son épouse Chantale Renaud, de la vice-présidente du PQ, Marie Malavoy, et du député Daniel Turp, le chef de l'opposition officielle s'est adressé hier soir à quelque 160 jeunes délégués élus des différentes instances réunis à Québec jusqu'à demain pour un camp d'orientation.
Il venait leur parler de l'importance de s'engager pour faire l'indépendance, il a disserté sur la mondialisation, de "la chance unique qu'ils ont de pouvoir se donner un pays". Relatant des anecdotes de ses années de fonctionnaire, ses premières élections en 1970 pour le Parti québécois, M. Landry a fait valoir combien les jeunes souverainistes, contrairement à lui à l'époque, étaient aujourd'hui près du but.
Conscient de la difficulté de mobiliser les jeunes, le chef péquiste a insisté sur la nécessité de l'engagement. Mais, a-t-il tempéré, le "repli vers l'individualisme" reste le pire ennemi. Pourquoi ce repli ? Ironiquement "parce que les générations antérieures ont généralement bien réussi à régler les problèmes et que l'engagement ne va plus de soi".
Pour raviver l'urgence de l'engagement, M. Landry compte beaucoup sur Jean Charest. "Jamais un gouvernement ne s'est aliéné aussi rapidement. Le premier ministre est en train de réussir deux exploits : unir contre lui des groupes qui s'opposaient et peut-être devenir le premier gouvernement depuis 50 ans à ne pas être élu une deuxième fois."
En entrevue, le président du comité national des jeunes du PQ, Sébastien Cloutier, a souhaité que M. Landry mène les troupes souverainistes aux prochaines élections et le Québec à l'indépendance. "Je serais content que Bernard Landry reste, a-t-il indiqué. On veut des objectifs clairs pour les prochaines élections et M. Landry est capable de nous donner ça."
Un chef de 70 ans saura-t-il séduire les jeunes, une clientèle déjà peu encline à aller voter ? "Il y a des gens qui sont plus jeunes mais qui sont plus vieux d'esprit. M. Landry est très intéressé aux préoccupations qui touchent les jeunes, toute la question de la mondialisation, par exemple", explique M. Cloutier, qui "ne veut pas mettre de pression" sur son chef. "C'est une décision très difficile à prendre."
D'ici dimanche, le président de l'aile jeunesse accompagnera les délégués réunis pour "se donner une vision" et préparer un plan d'action national. "On a une grosse année, souligne Sébastien Cloutier. On a 17 rassemblements jeunesse partout dans la province et un grand rassemblement en mars. Et on veut arriver en force au congrès national", prévu à la fin du printemps 2005.
MMoisan@lesoleil.com

État des Finances publiques : "Le Québec est devenu ingouvernable", selon Legault
Mylène Moisan
Le Soleil mardi 17 août 2004
Même si le Parti québécois avait été élu le 14 avril 2003, il n'aurait pas fait mieux que Jean Charest avec les finances de la province. C'est François Legault qui le dit.
"Si on était à la place des libéraux, on serait sûrement aussi bas que les libéraux dans les sondages, parce que, avec l'état de ses finances, le Québec est devenu ingouvernable, disait M. Legault hier en entrevue téléphonique. C'est sûr qu'on n'aurait pas fait les choses de la même façon, avec les syndicats entre autres, mais le résultat serait le même".
Le député péquiste de Rousseau soutient que "les libéraux sont en train de démontrer ce qu'on dit depuis toujours, que le Québec n'est pas gouvernable dans l'état actuel des choses. Si nous étions au pouvoir, on serait dans le même pétrin pour financer la santé, les services sociaux. C'est un problème structurel. L'argent est à Ottawa". Il en veut pour preuve un article de La Presse d'hier, qui fait état d'un nouveau manque à gagner de 500 millions $ en plus de l'impasse de 1,6 milliard $ annoncée par le ministre des Finances, Yves Séguin, lors du dépôt de son budget en mars.
Pour cette raison, M. Legault affirme que le Parti québécois ne peut plus se permettre de se présenter aux prochaines élections avec "un programme de province". S'il n'est pas partisan de l'élection référendaire, telle que réclamée hier par Jacques Parizeau, il croit néanmoins qu'"on doit être clair, qu'un vote pour le Parti québécois, c'est un vote pour la souveraineté".
Lui qui planche sur un "budget des premières années" d'un Québec souverain veut que son parti se présente au prochain rendez-vous électoral, au plus tard en avril 2008, avec "un programme de pays. Il faut mettre le programme de province à la poubelle, parce qu'on ne peut pas se permettre d'avoir un programme de province pour une province qui n'est plus gouvernable".
Sans les nommer, M. Legault a fait remarquer qu' "il y a encore des gens au parti qui veulent un programme de province, mais je crois qu'on est allé au maximum de ça. Si on continue sur cette voie, ça va nuire à notre projet", croit-il. Le chef du PQ, Bernard Landry, fait partie de ceux qui croient à la nécessité de montrer que son parti est capable de former un gouvernement responsable pour le Québec, tant qu'il demeure dans l'ensemble canadien.
En fait, ce que reproche M. Legault à certains porteurs du projet souverainiste, c'est "de vouloir vendre une maison sans maquette, sans savoir à quoi elle va ressembler, combien il va y avoir de chambres. Il faut définir concrètement ce qu'on fera de différent quand le Québec sera un pays".
Quant à savoir si le parti aurait besoin d'une course à la direction, M. Legault a préféré s'abstenir de commenter, arguant que "tant que M. Landry reste, je l'appuie. Par contre, s'il annonce qu'il quitte, ça pourrait m'intéresser de le remplacer. Mais, c'est clair que je ne veux pas le pousser vers la porte". On saura au plus tard en octobre si le chef péquiste mènera ses troupes aux prochaines élections. Récemment, il disait être encore en pleine réflexion, tout en reconnaissant que le vent était "bon".
MMoisan@lesoleil.com

Option citoyenne
- Un projet de société mobilisateur et rassembleur
Lina Trudel
Sociologue à l'UQAM, membre d'Option citoyenne et souverainiste convaincue
Le Devoir mardi 17 août 2004
Le nouveau mouvement politique pour créer un nouvel espace politique de débats au Québec suscite beaucoup d'espoir
Françoise David et quelques centaines d'hommes et de femmes provenant d'origines sociales et culturelles différentes ont décidé de fonder un mouvement politique (qui deviendra éventuellement un parti) pour créer un nouvel espace politique de débats, de réflexion et de propositions sur les orientations et les solutions à mettre de l'avant afin que le Québec devienne une société plus solidaire et plus égalitaire. Ce projet suscite beaucoup d'espoir. Il semble aussi inquiéter certaines personnes pour qui tous changements majeurs nécessitent d'abord de passer par l'indépendance du Québec.
Le texte de Françoise David, Bien commun recherché, se veut le coup d'envoi de ce mouvement politique. Il reflète très bien le sens actuel de la démarche du mouvement. Il recense le plus clairement et simplement possible ce qui ne va pas dans notre société et indique dans quelles perspectives et en fonction de quels objectifs et valeurs les choix politiques devraient s'opérer. Il ne donne aucune solution toute faite, et n'impose aucun modèle, pas plus sur la question nationale que sur le reste. Il convie, au contraire, tous les citoyens et citoyennes de toutes les régions et de toutes origines à réfléchir ensemble et à trouver ensemble des solutions aux problèmes actuels. Beaucoup de personnes se sentent interpellées et concernées par cette ouverture et cet appel.
Nous pensons qu'un autre Québec est possible et qu'il y a une autre façon de faire de la politique. Nous pensons aussi que la question nationale doit être repensée dans le cadre d'un projet plus global de société.
Un projet large et inclusif
Le Québec a réalisé des progrès considérables depuis la révolution tranquille. Il s'est doté, au fil des ans, d'outils collectifs pour être en mesure de prendre en main son destin et son développement. Outils collectifs que le gouvernement Charest est, par ailleurs, en train de démanteler. Ces avancées nous les devons, non pas au gouvernement fédéral (il a bien tenté, notamment, d'empêcher la création de la Caisse de dépôts et de placements) mais aux mouvements sociaux, aux mouvements d'affirmation nationale, et disons le tout net, au Parti québécois.
Malgré des acquis importants, le Québec demeure marqué par de profondes inégalités et fractures sociales : des gagnants, mais de plus en plus de laissés-pour-compte; des réussites économiques, mais des régions qui s'appauvrissent; une génération qui a porté et profité du progrès et les nouvelles générations pour qui l'avenir est incertain. La démocratie au Québec ne se porte pas non plus très bien. Le pouvoir politique est concentré entre les mains du pouvoir exécutif et du premier ministre, et les politiciens ne sont plus les mandataires des citoyens mais des professionnels pour qui le pouvoir est devenu l'enjeu central. Pas étonnant, dans ces conditions que les gens se désintéressent de la politique. Ces problèmes ne sont pas particuliers au Québec, tant s'en faut.
S'attaquer aussi à la dépendance économique
Dans le contexte actuel de la mondialisation et de la domination des forces du marché, la capacité des gouvernements de faire des choix en fonction du bien commun est de plus en plus limitée. Nous avons fait reposer le progrès de nos sociétés (le PQ compris) sur un seul pilier : le développement économique et nous sommes de plus en plus dépendants de ce pouvoir qui, désormais, fait la loi et fixe les priorités. Que le Québec soit indépendant ou pas cela ne changera pas grand-chose, si nous acceptons les règles du jeu actuel.
C'est pourquoi il devient essentiel de revoir la question nationale dans le contexte actuel de la mondialisation et dans le cadre d'un projet plus large de société. Ce projet de société qui, pour nous, doit s'incarner dans la société québécoise, doit aussi être pensé et rediscuté avec toutes les composantes de la nation québécoise. Il faut sortir de l'impasse actuelle : la nation québécoise étant plurielle, la souveraineté du Québec ne peut pas être le projet de la seule nation francophone bien que majoritaire. Nous n'y arriverons jamais en imposant cette solution et en demandant à ceux et celles qui, en raison notamment de l'âge ou de leur origine culturelle, ne partagent pas cette histoire commune, de faire le même choix et d'adhérer à un projet qui est à prendre ou à laisser. Nous voulons inclure le plus de personnes possible, soucieuses de l'avenir de leur société, qu'elles soient issues de l'immigration, jeunes ou anglophones dans l'élaboration d'un projet collectif où elles seront partie prenante et où elles seront aussi appelées à faire l'effort de comprendre que la question nationale a des origines historiques et qu'il est tout à fait légitime que des membres d'une communauté, qui ont un passé commun, une langue et une culture commune, veuillent décider ensemble de leur sort.
Actuellement le Québec n'a pas les moyens de ses choix. Depuis Trudeau et après Meech, la nation québécoise a été niée et effacée du contexte canadien. La reconnaissance des deux peuples fondateurs (la nation autochtone quant à elle n'a jamais été reconnue comme telle) qui faisait partie de la dynamique canadienne a cédé la place au bilinguisme officiel et au multiculturalisme. Le Québec est considéré comme une province au même titre que les autres et le fédéral poursuit toujours son processus de centralisation.
Quant aux citoyens et citoyennes, ils n'auraient plus à s'en faire, car la Charte canadienne reconnaît à tous et toutes des droits égaux. La stratégie est implacable et d'une efficacité redoutable. On ne peut pas en dire autant de la stratégie des conditions gagnantes : apparentée, à tort ou à raison, à de la manipulation politique, elle semble produire un effet contraire à celui recherché. Selon les derniers sondages, 40 % des francophones seraient favorables à la souveraineté du Québec et près de 90 % des allophones et des anglophones seraient contre. La question nationale est donc loin d'être réglée et ce n'est pas non plus une question secondaire. Il faut donc poursuivre et élargir le débat, c'est ce que nous avons décidé de faire à Option citoyenne.
La question nationale a cependant trop monopolisé le débat politique au Québec et a laissé dans l'ombre des questions fondamentales qui compromettent tout autant l'avenir de notre société et le bien-être de tous les citoyens et citoyennes : l'exclusion, le déficit démocratique et la menace que représente la dictature économique actuelle. Option citoyenne mettra donc la priorité sur les questions sociales sans par ailleurs occulter la question nationale.

444 millions $ de subventions fédérales avant les élections
PC
Le Soleil dimanche 15 août 2004
Ottawa - Les agences de développement régional du Canada ont distribué un total de 444 millions $ de subventions au nom du gouvernement libéral dans les trois mois qui ont précédé le déclenchement des dernières élections, a indiqué le National Post dans son édition d'hier.
Des subsides fédéraux ont été attribués à divers projets, notamment 116 000 $ pour l'élargissement d'une piste de motoneige à Terre-Neuve, 6 millions $ pour la promotion des jeunes entrepreneurs au Québec, 83 000 $ pour aider les producteurs de lait de chèvre du nord de l'Ontario, ainsi que 180 000 $ pour que les écoles de la Colombie-Britannique soient mieux préparées dans l'éventualité d'un tremblement de terre.
Des représentants fédéraux ont soutenu que la multiplication des subventions au printemps dernier n'était pas destinée à permettre au gouvernement libéral d'acheter des votes. L'augmentation du nombre d'annonces serait plutôt attribuable à un retard accumulé durant la transition qui s'est produite quand le premier ministre Paul Martin a remplacé Jean Chrétien, en décembre.
" Nous avons été lents à démarrer en décembre, janvier et février, a indiqué Steve Heckbert, porte-parole du député libéral Joe McGuire, qui a été nommé ministre responsable de l'Agence de promotion économique du Canada Atlantique (APECA) lors du remaniement ministériel de décembre dernier.
S'exprimant au nom du ministre de la Diversification de l'économie de l'Ouest (DEO), Renée Gillen, a déclaré que la transition Chrétien-Martin et les demandes relatives à la saison de la construction, au printemps, expliquent la hausse du nombre de subventions accordées dans l'Ouest du Canada.
" Les élections n'ont pas d'effet sur le processus d'approbation des projets ", a-t-elle dit.
Mais certains ont exprimé des doutes quant à l'opportunité du moment choisi. " Ce sont des cadeaux distribués pour acheter des votes, a dit John Williamson, de la Fédération canadienne des contribuables. Tout cela démontre bien que les décisions des agences fédérales ne sont pas dénuées d'intérêt politique. Les agences servent à assurer au parti au pouvoir qu'il recevra le plus de votes possibles, même si cela doit se faire en utilisant des fonds publics. "
Selon le député conservateur James Moore, un tel constat ne démontre pas nécessairement que les agences ont aidé les politiciens à acheter des votes, bien que le moment choisi fut " un peu douteux ". Il soutient que ce genre de situation prouve la nécessité d'élection à dates fixes. Les représentants de l'opposition pourraient ainsi plus facilement critiquer l'opportunité de certaines annonces du gouvernement.
En 2003, l'APECA, qui disposait d'un budget de 413 millions $, a publié en moyenne 33 communiqués de presse chaque mois afin d'annoncer tout au long de l'année l'équivalent d'environ une subvention tous les jours. Puis les activités se sont intensifiées. Durant les premières semaines de mai, 32 millions $ ont été attribués à 65 projets. Les élections ont eu lieu le 28 juin.

Les Acadiens se réapproprient leur 400e anniversaire
Antoine Robitaille
Le Devoir samedi 14 août 2004
Commémoration de 1604, premier établissement français permanent en Amérique du Nord
Les commémorations sont toujours l'occasion pour différentes visions de l'histoire de s'entrechoquer. «Les fêtes commémoratives m'intéressent, a déjà écrit l'historien Ronald Rudin, de l'université Concordia, parce qu'elles offrent l'occasion de choisir l'histoire à raconter.» Il n'en est pas autrement pour la commémoration de 1604, premier établissement français permanent en Amérique du Nord, dont le point culminant est le 15 août, fête des Acadiens.
Lorsque le gouvernement fédéral a commencé à parler de l'idée d'un 400e, rappelle Joseph-Yvon Thériault, sociologue à l'Université d'Ottawa, plusieurs ont vite compris ce qu'il voulait faire: montrer que «l'Amérique française avait été fondée en 1604», dit Thériault. La fête, à laquelle les États-Unis et la France devaient participer, visait au fond à «faire comprendre que l'aventure française en Amérique, ce n'est pas le Québec», mais le Canada, dit-il.
Mais ce scénario, duquel nombre d'Acadiens «se sentaient relativement exclus», ne s'est pas produit, fait remarquer Thériault. Ce qui ressemblait à une instrumentalisation des Acadiens, il s'en inquiétait d'ailleurs dans nos pages, en janvier dernier, lors d'un débat avec Donald Savoie, à propos de la reconnaissance des torts causés aux Acadiens lors de la déportation.
Quant aux fêtes du 400e, une conjonction de facteurs, parmi lesquels «le départ de Sheila Copps, les élections et les changements qui se sont produits par la suite», a empêché le fédéral de s'occuper plus étroitement de la fête. «Reste que les budgets étaient là et l'Acadie en a profité pour se réapproprier le sens de cette commémoration», dit Thériault. Une anecdote a semblé révélatrice au sociologue: «Le soir du 1er juillet, il y a eu un concert acadien en l'honneur du 400e à Ottawa. Or pas une fois le mot Canada n'a été prononcé par les artistes.» Cette réappropriation est très légitime, selon Thériault, qui considère que l'Acadie «se faisait un peu avoir dans le scénario initial».
Par ailleurs, ce n'est pas la première fois que «1604» pose problème. Le débat de cette année n'est pas sans résonances avec une querelle du début du XXe siècle qui avait opposé le clergé et le gouverneur général du Canada à propos des fêtes de 1904: était-ce une fondation laïque avec Champlain ou une fondation catholique avec Laval? «Les deux parties ne s'étaient pas entendues et finalement, comme Ronald Rudin l'a expliqué, les évêques québécois ont décidé de changer la date de la fête du Christ-Roi, de la placer le 22 juin, alors que le gouverneur a choisi de commémorer quelques jours plus tard», raconte Thériault.
Quelle Acadie?
Mais où est l'Acadie, exactement? Dans les dernières années, dans la foulée du Congrès mondial acadien, la définition de l'Acadie avait été considérablement élargie.
«L'Acadie est un formidable succès de branding!», dit Thériault en plaisantant. Succès, «tant dans le rapport avec la France qu'avec les États-Unis, mais aussi le Canada». Ce succès «ébranle toutefois les militants sur place, note Thériault, lesquels se disent: "Nous, ce qui nous intéresse, c'est de construire des institutions culturelles à Moncton et ailleurs, d'avoir des maisons d'édition, par exemple." Or, dans les dernières années, on leur a répondu: "Mais non, l'Acadie c'est partout, c'est virtuel, puisqu'il y a des Acadiens partout: du Poitou à Lowell, en passant par le Québec."»
Thériault se réjouit qu'on commence à revenir de cette définition très large de l'Acadie. Entre autres grâce aux interventions de l'historien Maurice Basque, qui s'exprimait ainsi la semaine dernière: «Je dis: l'Acadie, elle est ici, dans les quatre provinces de l'Atlantique.» L'historien concède qu'aux îles de la Madeleine il y a beaucoup d'Acadiens, de même qu'à Miquelon, et un peu en Gaspésie et même dans le nord du Maine. Reste que, historiquement, «la réalité acadienne, celle qu'on vit tous les jours, c'est celle que quelque 300 000 personnes vivent tous les jours en français dans les quatre provinces de l'Atlantique, c'est ça l'Acadie.»
Comment va l'Acadie ?
Et comment va l'Acadie en ce 400e anniversaire? Maurice Basque et Joseph-Yvon Thériault se réjouissent tous deux de voir un «phénomène assez incroyable» se passer en Acadie du Nouveau-Brunswick. L'identité acadienne, qui était très présente dans le nord et dans le nord-est, semble avoir gagné le sud du Nouveau-Brunswick. «Les gens de la région de Moncton, maintenant, sont très partie prenante de cette conception-là, dit Thériault, même les milieux populaires.» Le sociologue ajoute que cela a des effets sur l'assimilation, qui s'en trouve grandement freinée. «Même le démographe Charles Castonguay», qui n'hésite jamais à révéler les nombreux périls menaçant la francophonie au Canada, l'affirme dans des textes récents: «Dans la région de Moncton, il reste un peu d'assimilation, mais ce n'est pas quelque chose de catastrophique», résume Thériault.
Il souligne aussi que «les taux de reproduction linguistique au Nouveau-Brunswick français sont presque les mêmes que ceux du Québec français». Toutefois, en dehors du Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve, etc., les tendances sont exactement les mêmes que dans le reste du Canada, «ce sont des taux se tenant entre 40 et 60 %». À l'Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse, l'éparpillement favorise des taux d'assimilation très forts. Le fait que le Congrès mondial acadien ait eu lieu en Nouvelle-Écosse aura peut-être pour effet de raviver l'ardeur culturelle acadienne auprès des francophones de la Nouvelle-Écosse. Au reste, le Nouveau-Brunswick est aux prises avec un enjeu de taille, que plusieurs oublient selon Thériault: les difficultés économiques en région, «comparables à celles de la Gaspésie». «Les régions acadiennes, notamment dans le Nord-Est, sont en train de se vider pour la première fois de leur histoire.»
Bref, malgré les 400 ans et le dynamisme, ce ne sont pas les défis qui manquent.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Le Prévaricateur
Jean-Luc Gouin
TRIBUNE LIBRE 17 août 2004
Le Prévaricateur *
André Ouellet, icône de
l'administration du Parti libéral du Canada
Lettre ouverte à M.
Paul Martin
Premier ministre du
Canada
=> Quelques références « fraîches »
concernant ce dossier : http://ledevoir.com/2004/08/07/60854.html?333,
http://ledevoir.com/2004/08/13/61324.html?333,
http://ledevoir.com/2004/08/14/61445.html?333,
http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=3119,
http://ledevoir.com/2004/08/16/61460.html ainsi que le plus récent éditorial de
M. Bernard Descôteaux (cité ci-contre), en
http://ledevoir.com/2004/08/16/61468.html
« Malgré ses engagements, M. Martin n'a pas réussi
à débarrasser
le Parti libéral de tous ses vieux démons.»
B.
Descôteaux
Véritable étendard du
déshonneur, M. André Ouellet a trahi la confiance de tous et fit son beurre au
détriment du Trésor public. À l'image du chasseur salivant déjà à la vue de sa
proie, saisie au flanc, sur toutes les «opportunités» de honte cet anti-Icare a
fait mouche.
Une démission en douce de l'«intimé» (ou démission Ponce
Pilate) constitue un nouvel affront à la morale publique au sein du gouvernement
Martin, et est donc à exclure formellement. Aussi à titre de citoyen, dont en
outre une tranche de mes propres impôts a été détournée totalement contre ma
volonté vers les goussets de cet individu, je réclame une enquête exhaustive sur
les «méthodes de gestion» (autorisez-moi l'euphémisme) de ce désormais
ex-ministre libéral et ex-PDG de la Société canadienne des Postes.
Et
qu'il soit enfin, le cas échéant de la pleine et franche démonstration de sa
culpabilité civile, sinon criminelle, vigoureusement sanctionné pour
l'intégralité de ses malversations. Car ce triste personnage incarne ou
symbolise en lui-même - à l'instar notamment des Alfonso Gagliano, des Michel
Vennat, des Denis Coderre, des Charles Guité et des Jean Pelletier du régime
libéral de la dernière décennie - la putrescence inhérente au politique
canadien de notre époque, et qui plus est (conséquence aux effets tout à fait
imprévisibles par ailleurs) à l'origine du cynisme et du désintéressement de
plus en plus marqué de la population à l'égard des Affaires publiques.
Le
Canada, monsieur le premier ministre, est-il désormais autre chose qu'une
partouse perpétuelle pour quelques «élu(e)s» - ou nommé(e)s - qui vivent tout à
la fois, et somptueusement, au-dessus des lois et aux dépens des
contribuables...?
Cela dit, incidemment et en dernière analyse, n'y
a-t-il pas en tout ceci une formidable leçon de Chose pour l'ensemble des
citoyens de la nation québécoise? À savoir, la nécessité de sortir
collectivement et au plus vite d'un univers délétère pareil, et ce avant de nous
voir inoculer irréversiblement le virus cramoisi de
la corruption comme seconde nature.
Mes salutations, monsieur le premier
ministre,
(quant au respect, eh bien on verra au mérite)
Jean-Luc
Gouin
LePeregrin@yahoo.ca
Capitale nationale, ce 15 août 2004 (l'immortel
Napoléon aurait eu 235 ans aujourd'hui...)
* Du latin
Praevaricator (XIVe s.) : « qui traist celui qui se fie en lui »
(qui trahit qui lui accorde sa confiance). Plus généralement, celui qui manque
aux devoirs de sa charge.

TRIBUNE LIBRE
Oui, il y avait des pancartes en anglais...
Martin Labrecque
TRIBUNE LIBRE 17 août 2004
Bonjour,
J'aimerais simplement faire part d'une version plus éclairée des propos de M. René Marcel Sauvé (13 août 2004) dans la tribune libre. Pour la manifestation à Ottawa, oui, il y avait des pancartes en anglais. Mais elles n'étaient là que pour une meilleure compréhension du message pour les ministres fédéraux anglophones.
Je n'ai pas vu la photo publiée dans Le Devoir, mais le terme "exclusivement" n'est pas approprié. J'ai en ma possession, ainsi que beaucoup de sites Internet, de journaux et de bulletins télévisés, des dizaines et des dizaines d'images montrant des pancartes en français. D'ailleurs, je crois que le terme "exclusivement" ne peut être utilisé pour ces pancartes car il y avait plus de pancartes en français qu'en anglais.
Il serait donc important de publier ce message dans la tribune libre afin que M. Sauvé puisse prendre conscience que la langue française reste une priorité pour les gens de Québec, mais qu'un Québec Libre sans connaissance de l'anglais amènerait un Québec pauvre et sans avenir. Son message porte à la désinformation et ridiculise le québécois en chacun de nous. Si lui il est colonisé, moi je ne lui suis pas!
L'économie mondiale est en langue anglaise. Il faut garder notre langue française ainsi que notre identité, mais il ne faut pas s'isoler du reste du monde.
M. Sauvé a raison de défendre notre langue. Mais un anglophone unilingue ne comprendra pas les pancartes en français. Montrons tout de même que les québécois sont intelligents et sont capables de se faire comprendre de tous!
