
Un jour, la souveraineté!
Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir mercredi 18 août 2004
ÉDITORIAL - Pour plusieurs raisons, dont le risque élevé de confusion et le déficit démocratique certain, la proposition de l'ex-premier ministre Jacques Parizeau de substituer une élection référendaire à la formule du référendum classique, a peu de chances de passer la rampe lors du congrès du Parti québécois, en juin prochain. Cela dit, on lui reconnaîtra certainement l'intérêt de fouetter l'ardeur des troupes qui en ont bien besoin.
Depuis la publication de la lettre de M. Parizeau dans le quotidien montréalais le plus farouchement opposé à la souveraineté - une autre «astuce» de l'homme -, le Québec politique entier réagit. M. Parizeau ne laisse personne indifférent, c'est même à lui que l'on doit la seconde vie du projet d'indépendance, quelques années après le premier échec référendaire. Cette fois encore, l'ex-premier ministre vient sonner le réveil des troupes.
Chez les ténors fédéralistes, on aime bien parler du projet de souveraineté au passé. Voilà qui tient du rêve destiné à endormir la galerie. Car tant et aussi longtemps que le Canada refusera de reconnaître un statut national tout à fait distinct pour le Québec, l'option souverainiste restera l'alternative souhaitable pour près de la moitié des Québécois.
Il se sera écoulé 13 ou 14 années entre la défaite crève-coeur de 1995 et un prochain rendez-vous référendaire qui suivrait l'élection d'un gouvernement du Parti québécois. M. Parizeau a raison, le moment est maintenant revenu pour les souverainistes de reprendre le flambeau.
Le PQ doit s'ouvrir plus que jamais aux Néo-Québécois, notamment ceux de la loi 101, rassurer tous et chacun quant à la viabilité économique d'un pays souverain, garantir la protection des acquis culturels, financiers et sociaux de toutes les classes de citoyens et des entreprises, définir le contenu d'une éventuelle constitution précisant les pouvoirs du Parlement, ceux du système judiciaire, de la presse et de la société civile.
Lors du référendum de 1995, la question des passeports et le partage de la dette fédérale avaient pesé lourd dans les débats. D'ici quatre ans, on ne parlera plus de la dette, mais plusieurs seront toujours aussi sensibles à ces instruments pratiques qui font aussi figures de symboles, tels le passeport et la monnaie. Comme pour le régime parlementaire ou la protection des droits, il ne faut pas attendre le déclenchement de la prochaine campagne référendaire pour en débattre au grand jour à partir de documents dignes d'attention.
Un État souverain pourra être dirigé par un gouvernement de droite ou de gauche, selon le choix des électeurs. On aurait tort d'attendre des souverainistes qu'ils s'inspirent de Lénine pour imposer leur vision idéologique des éléments constitutifs du futur État du Québec. À chacun des partis sa plate-forme électorale!
Cela dit, le Parti québécois peut et doit définir dès maintenant son propre projet de gouvernement d'un Québec souverain, ce qui lui fournirait un avantage supplémentaire face à des adversaires qui ne peuvent rien promettre d'autre que le statu quo.
Autre sujet de préoccupation urgente, celui du leadership. Le PQ n'a pas connu de course à la chefferie digne de nom depuis vingt ans. Militant de la première heure et politicien de grande expérience, l'actuel chef, Bernard Landry, est devenu un personnage très puissant au sein du parti. Mais c'est aussi un politicien de la «vieille école» comme on dit «vieux parti», défait par Jean Charest aux dernières élections. Si René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, tous vainqueurs lors de campagnes électorales, ont échoué au moment d'un référendum, qui pourra le mieux conduire les Québécois à la souveraineté d'ici 2008?
jrsansfacon@ledevoir.ca

La fuite en arrière
Claude Morin
L'auteur était ministre des Affaires intergouvernementales du Québec dans le gouvernement Lévesque. Avec René Lévesque il fut un des principaux artisans de l'adoption de la stratégie dite de l'étapisme lors du congrès du PQ de 1974.
La Presse mercredi 18 août 2004
La proposition de Jacques Parizeau ferait réapparaître les arguments négatifs qui avaient cours au début des années 70
Des militants du Parti québécois proposent ces temps-ci que l'accession du Québec à la souveraineté se fasse par un simple vote de la majorité péquiste élue après une élection " référendaire " dont la souveraineté aurait été l'enjeu et où le parti aurait obtenu 50 % + 1 du vote populaire. Ces deux conditions réunies, on présumerait que le public s'est prononcé en faveur de l'option fondamentale du PQ, d'où l'inutilité d'un référendum.
Mais il est en pratique impossible de centrer une campagne électorale de quatre ou cinq semaines sur un seul thème, et la présence dans les rangs de plusieurs partis rend improbable l'élection d'un gouvernement avec la majorité absolue des suffrages. C'est pourquoi d'autres militants souhaiteraient ressusciter l'approche abandonnée en 1974 à cause de son déficit démocratique: même si le PQ était élu sans la majorité des voix, le vote de ses députés suffirait pour l'adoption d'une loi instituant la souveraineté, sans besoin, là non plus, d'un référendum.
La difficulté est que ces propositions ont la double caractéristique d'être périlleuses pour le Québec et suicidaires pour le parti.
La nécessité d'un appui explicite
Le parlementarisme britannique autorise bien sûr les députés à légiférer, mais une déclaration de souveraineté n'est quand même pas une loi ordinaire. Elle ne vise pas à modifier un organisme administratif ou à instaurer un nouveau programme social. Son but est de faire naître un pays. À cause de sa portée et par égard pour le sens commun, un tel acte doit respecter un précepte élémentaire: pour que le processus nécessaire à sa concrétisation puisse se dérouler avec une chance raisonnable de succès, il est indispensable que la souveraineté ait au préalable reçu, en tant qu'objectif nettement identifié, l'appui majoritaire incontestable des premiers intéressés, les Québécois.
Essayer de transformer le Québec en État souverain, sans d'abord s'assurer que ses citoyens le désirent vraiment, serait se lancer dans une aventure vouée à la faillite. Immédiatement jugée irrecevable par le reste du Canada avec qui, qu'on le veuille ou non, il faudra discuter et négocier, et aussi par bien des Québécois, l'opération serait en outre mal perçue par les pays étrangers: avant de reconnaître la souveraineté du Québec, État démocratique, ils demanderont sûrement la preuve qu'elle correspondrait bien à la volonté de ses propres citoyens, sans compter que tout doute sur la détermination des Québécois " justifierait " les tenants du statu quo, où et qui ils soient, " à défendre la démocratie " en entravant l'accession du Québec à la souveraineté par les moyens qu'ils estimeraient appropriés. On imagine le genre.
Pour être incontestable, l'appui qui s'impose ne peut venir que d'un référendum. Une victoire électorale du PQ n'offrira jamais une preuve aussi solide de l'adhésion du public à la souveraineté, comme objectif, qu'y réussirait un référendum positif dont celle-ci aurait été le seul objet. Au-delà du thème que les partis prétendent dominant, le déroulement d'une élection dépend aussi de considérations sectorielles, régionales ou locales qui, sans rapport avec l'avenir national du Québec, affectent néanmoins les choix. Ainsi, à chaque arrivée au pouvoir du PQ des interprétations opposées ont surgi sur le lien entre son succès électoral et la véritable intensité de la volonté populaire en faveur d'un changement de statut pour le Québec.
Une autre idée a récemment été mise de l'avant. On conserverait le référendum, sauf qu'il ne porterait plus sur la souveraineté, mais sur la constitution d'un Québec souverain élaborée au cours d'une vaste consultation populaire. Un Oui majoritaire au projet de constitution serait alors l'acte de naissance d'un Québec souverain. Cette approche comporte toutefois des failles sérieuses. Comme pour l'élection " référendaire ", elle suppose que, même élu sans majorité des voix, un gouvernement péquiste pourrait enclencher le processus d'accession à la souveraineté. Le cas échéant, au moment du référendum sur la constitution d'un Québec souverain, n'y aurait-il pas alors grand risque que le public réagisse contre la politique du fait accompli en rejetant la constitution proposée? Est-il d'ailleurs acquis qu'un débat sur cette hypothétique constitution mobiliserait la population à qui on aurait refusé de la consulter sur son préalable, la souveraineté elle-même?
Chose sûre, cependant, un tel débat attirerait les groupes de pression et les lobbies de toutes natures. En contradiction cacophonique fréquente entre eux, mais soucieux chacun de s'assurer que la future constitution garantirait à leurs membres des droits nouveaux ou accroîtrait l'étendue de ceux dont ils jouissent déjà, ils interviendraient pour obtenir gain de cause; à défaut de quoi, annonceraient-ils, ils répondront Non au référendum...
S'il importe, dans tout cela, de distinguer entre la légalité issue des décisions de l'Assemblée nationale et la légitimité fondée sur un référendum, il faut aussi se rappeler la différence de nature qui existe entre une élection et un référendum. L'une et l'autre ont leur logique propre, leurs règles particulières et leurs buts spécifiques. Il est donc aussi absurde de parler d'une élection " référendaire " que d'un référendum électoral.
Le sort du Parti québécois
Les difficultés décrites ici n'auront sans doute pas l'occasion de se poser. Car, qu'arriverait-il au PQ s'il annonçait qu'élu il ne consultera pas la population sur la souveraineté, cette décision capitale relevant de ses seuls députés? Il perdrait ses élections, comme cela aurait été le cas en 1976 s'il n'avait pas alors promis la tenue d'un référendum. On verrait réapparaître les arguments négatifs qui avaient cours au début des années 1970. Les adversaires du PQ auraient beau jeu pour l'accuser de vouloir " séparer le Québec " sans approbation préalable de la population.
Ils auraient le champ libre pour évoquer les catastrophes qu'entraînerait, selon eux, la prise du pouvoir par des " séparatistes " idéologiquement pressés, une fois en place, de brusquer les choses (la cage à homards!). Le PQ lui-même aurait à expliquer pourquoi le référendum, défendu par René Lévesque et vu comme une nécessité démocratique pendant trente ans, serait désormais devenu contre-indiqué. Et comment la population comprendrait-elle qu'on a recouru à des dizaines de référendums pour défusionner des villes, mais qu'on n'en aurait pas besoin pour " défusionner " le Québec du Canada?
Pour rendre infaillible cette recette d'une défaite programmée, il ne resterait plus qu'à y ajouter un autre ingrédient: relativiser les partenariats possibles avec le Canada, en laissant entendre que le PQ n'y tient pas outre mesure et qu'un Québec souverain pourrait fort bien s'en passer. Si bien que, muni de toutes ces utiles précisions, le public finira par conclure que le Parti québécois, si jamais il était réélu, ferait la souveraineté sans son accord et ensuite n'hésiterait pas à isoler le Québec du reste de l'Amérique du Nord. Ainsi averti d'avance, chaque électeur en vaudra plusieurs...
Le vrai problème
Certes, les tricheries d'Ottawa en 1995 et les contraintes imposées par le Clarity Bill font partie des motifs sous-jacents aux propositions cherchant à éliminer le référendum prévu dans le programme actuel du PQ. Mais ce faisant, on comblerait d'aise les fédéraux et leurs alliés provinciaux qui, depuis toujours, ne demandent pas mieux que de voir le PQ radicaliser sa démarche.
Or, à mon humble avis, le vrai problème actuel du parti ne réside pas dans la confirmation ou le rejet de la voie référendaire, mais bien dans certaines perceptions inquiétantes qui me semblent répandues dans le public. Ainsi, à cause par exemple des progrès réalisés en matière de langue et de contrôle de notre propre économie, les raisons qui, au début du mouvement indépendantiste, justifiaient le mieux la recherche de la souveraineté paraissent maintenant, pour bien des gens, avoir disparu ou être devenues beaucoup moins pressantes.
Il n'est plus possible, comme dans les années 1970, de mobiliser une majorité de Québécois en faveur de la souveraineté en leur exposant leur déplorable situation car ils ont acquis le sentiment que leur sort, si insatisfaisant reste-t-il à maints égards, s'est sensiblement amélioré et, en tout cas, qu'il n'est pas si intolérable qu'il exige la souveraineté comme remède indispensable. Et, en notre époque de mondialisation et d'interdépendance, l'acquisition du supplément de marge de manoeuvre réelle que la souveraineté vaudrait au Québec paraît, aux yeux de plusieurs, exiger un effort disproportionné.
Je ne partage pas ces perceptions, mais j'en crains l'influence, et j'espère que la " Saison des idées " présentement en cours au sein du PQ aura permis de développer l'argumentaire requis pour les corriger.

Le génie malfaisant
Alain Dubuc
La Presse mercredi 18 août 2004
Chaque famille politique doit vivre avec des fantômes. Les fédéralistes ont été hantés pendant des années par Pierre Trudeau et ses sorties parfois dévastatrices. Les souverainistes ont leur génie malfaisant en la personne de Jacques Parizeau.
Les interventions publiques de Monsieur, comme l'appelaient ses proches, sont souvent assassines pour ses successeurs et anciens collègues. Le nouveau pavé qu'il lance dans la mare péquiste ne fait pas exception.
Cette fois-ci, M. Parizeau suggère aux souverainistes d'abandonner une stratégie référendaire qui les emprisonne et prône plutôt l'idée d'une élection référendaire. Cela signifie que, dès le lendemain d'une victoire aux élections générales, le gouvernement péquiste amorcerait immédiatement le processus d'accession à la souveraineté en promulguant une Constitution provisoire.
En principe, je devrais m'indigner. Mais l'idée de M. Parizeau est si grossière qu'elle ne mérite pas qu'on y consacre beaucoup d'encre ou de salive. Son texte est intellectuellement pauvre, mesquin pour ses successeurs, farci de réminiscences radoteuses sur l'épisode référendaire, plein de raccourcis. Ce qu'il appelle pompeusement un nouveau cadre stratégique n'est en fait rien d'autre qu'une petite astuce tactique.
Car ce que nous dit Monsieur, quand on enlève tout le fla-fla, c'est que la meilleure approche, pour les souverainistes, c'est d'établir de nouvelles règles du jeu qui permettraient au PQ de faire la souveraineté avec un appui de 40 % de la population. Quelle trouvaille!
Sur le plan démocratique, la proposition est monstrueuse et dénote un profond mépris pour la population du Québec. Sur le plan pratique, c'est dangereux, puisqu'on voit mal comment une telle mascarade susciterait une quelconque légitimité, notamment sur la scène internationale. Sur le plan politique, c'est sans doute suicidaire parce que c'est la meilleure façon de priver le PQ d'une victoire. Sur le plan des idéaux, c'est la pire façon de bâtir un nouveau pays, sans l'appui et l'adhésion enthousiaste de ses citoyens.
D'ailleurs, Bernard Landry, en démocrate qu'il est, a rejeté rapidement et clairement cette approche. Et il serait hautement improbable que le Parti québécois adhère à une telle stratégie.
Il faut cependant essayer de comprendre comment M. Parizeau a pu en arriver là, parce que Monsieur inspire du respect, surtout chez les souverainistes les plus militants. Sa proposition, inspirée d'un texte du directeur de l'Action nationale, reflète une idée populaire dans les cercles les plus radicaux du mouvement souverainiste qui ont toujours une grande influence dans les débats internes du PQ. Assez pour qu'un ténor du parti, comme François Legault, n'ait pas dénoncé cette idée.
Le point de départ de cette réflexion, ce sont évidemment les deux échecs référendaires et l'échec prévisible d'un troisième. Pour M. Parizeau, paranoïaque, le référendum de 1995 a été volé par le Canada à coups de manoeuvres électorales. Parce qu'il s'attend à de nouveaux coups fourrés dans un autre référendum, il estime que, " dans les conditions actuelles, la partie n'est pas jouable ". D'où l'idée de changer de jeu.
Dans cette thèse bien commode, M. Parizeau oublie bien sûr ses propres manoeuvres électorales, mais surtout, il oublie les citoyens québécois. La vraie cause de son échec référendaire, c'est qu'il n'y a jamais eu le genre de majorité nécessaire pour amorcer un véritable processus d'accession à la souveraineté. Il y a bien sûr eu des sursauts de popularité de l'option, mais ce furent des sursauts très brefs, fragiles et confus. L'appui à la souveraineté se situe presque invariablement aux alentours de 40 % et rien ne permet de croire à un renversement de cette tendance qui donnerait aux souverainistes la majorité confortable et stable dont ils auraient besoin pour se lancer dans un projet aussi majeur.
Après 40 ans d'efforts infructueux, ces échecs à répétition auraient dû, depuis longtemps, susciter une réflexion de fond au PQ. Pourquoi l'appui à la création d'un pays est-il insuffisant? Est-il possible de convaincre une majorité de Québécois en modifiant le discours? Faut-il repenser le projet? Ou faut-il se résoudre à accepter que la nation québécoise s'affirme par un autre chemin que la souveraineté?
Le PQ, à l'automne dernier, a certes amorcé une réflexion sur la modernisation de son programme, avec " La Saison des idées ", mais l'exercice, trop timide, s'est transformé en séance de motivation. Plutôt que de se lancer dans une véritable remise en cause, on rêve encore à un événement extérieur qui puisse susciter un appui accru à l'option, comme l'impopularité du gouvernement Charest ou les succès électoraux du Bloc québécois après le scandale des commandites. L'avenir du Québec devient ainsi un jeu de hasard. Cette voie, c'est celle de la pensée magique, démocratique mais illusoire.
Si Bernard Landry incarne cette pensée magique, la voie proposée par Jacques Parizeau, c'est celle de la magie noire. M. Parizeau est en quelque sorte devenu le Voldemort du mouvement souverainiste. Une majorité de Québécois ne veut pas de la souveraineté? C'est pas grave, on la leur imposera.

Infighting Arises Among Quebec Separatists
CLIFFORD KRAUSS
The New York Times August 18, 2004 Wednesday
After a surprisingly strong showing in the recent federal parliamentary election, Quebec separatists have suddenly begun fighting among themselves over strategies to win independence for the province.
The new struggle over tactics to form a Quebec state -- after defeats in two independence referendums since 1980 and the electoral loss of the separatist provincial government last year -- is emerging as the crucial issue for the Parti Quebecois as it opens a potentially bitter process to choose a new leader.
Jacques Parizeau, the former Quebec premier, began the first public challenge to current party strategy this week by calling on the party to run in the next provincial parliamentary election pledging to form a new government that would prepare for speedy independence without first holding a referendum.
In an essay published Monday in the Montreal daily La Presse, Mr. Parizeau argued that the Parti Quebecois should try to write a provisional constitution and create a separate Quebec citizenship as soon as it retook the provincial government. Only then would a referendum be held to ratify the national constitution.
''Many sovereigntists have concluded that the game is not playable under the current conditions and that we need to find another way,'' wrote Mr. Parizeau, whose forces were narrowly defeated in the last separatist referendum in 1995 but who remains an influential party force.
The next provincial election is expected to be held in three years, and the separatists believe that they have a strong chance of defeating Jean Charest, the Liberal premier, who is unpopular because of his inability to fulfill promises to improve health care and cut taxes on the middle class.
The separatist cause seemed to be strengthened during the federal parliamentary election in June when the Bloc Quebecois , a close ally of the Parti Quebecois, won 49 percent of the Quebec vote and 54 of 75 seats that the province holds in the House of Commons.
Bernard Landry, a former Quebec premier who is struggling to hold on to Parti Quebecois leadership after his landslide defeat last year, immediately announced his opposition to the Parizeau plan. He said a retreat from a referendum would deny a Quebec state the ''legitimacy and dignity'' it would need.
Mr. Landry and some other Parti Quebecois leaders have soft-pedaled the separatist issue in recent elections in an effort to win moderate swing voters to retain power or at least win as many seats as possible in the provincial parliament.
But some powerful leaders who are trying to push Mr. Landry out of the leadership during the next year welcomed Mr. Parizeau's proposal. Francois Legault, a member of the Quebec legislature who is considered a likely challenger to Mr. Landry, said he thought the plan was worth consideration.
In his essay, Mr. Parizeau suggested that the odds were stacked against the separatists in any future referendum because the federal government and local Liberals could always open the floodgates to new immigrants, who generally vote against Quebec independence, and allow students not originally from Quebec to vote.
The Parti Quebecois has an advantage in parliamentary elections over referendums because Liberal and anti-separatist votes tend to be concentrated in and around Montreal.
Mr. Charest strongly opposed Mr. Parizeau's plan, but seemed happy that the Parti Quebecois was raising the separatist issue so openly again. ''Quebecers do not want to go back in time,'' he told a partisan Liberal crowd on Monday night.
The Parizeau proposal is also intended to get around the Clarity Act, a federal law enacted after the 1995 referendum that was devised to make separation more difficult. The act states that Canada would be obligated to negotiate a secession with Quebec, but only after a referendum that was clearly worded in favor of independence was won.
But critics say the federal government would strongly oppose separation no matter how it was declared.
URL: http://www.nytimes.com

Parizeau lets a cat loose in the coop
John Ibbitson
The Globe and Mail Wednesday, August 18, 2004
Jacques Parizeau loves to stir things up, and his latest bit of mischief is a doozy.
The Parti Québécois, its former leader says, should campaign in the next election on a platform promising immediate sovereignty. If the party forms a majority government, even though it might not win a majority of the popular vote, then Quebec should immediately proceed toward independence, without holding a referendum.
Only a minority (though a sizable one) of the members in his own party support Mr. Parizeau's position. And to English Canadians and Québécois federalists, the idea sounds preposterous. What possible legitimacy would attend a declaration of independence from a government that did not first consult its own population, and that had not even been elected with majority support?
The truth, however, is that Mr. Parizeau has ¾ of a case.
Before 1989, international law appeared to dismiss the legitimacy of any declaration of independence by a component part of a state, unless it was a colony.
But those rules changed with the end of the Cold War. Canada, for example, recognized the right of Ukraine to secede from the Soviet Union. And the international community accepted the right of Croatia, Slovenia and, ultimately, Bosnia, to secede from Yugoslavia.
Even violent secession can earn international legitimacy. Years of bloody civil war eventually led, in 1993, to international recognition of Eritrea as a sovereign state, vindicating its civil war with Ethiopia.
So there is precedent for a territory unilaterally and successfully seceding from a state, if the world community accepts that such is the will of its people. But how is that will expressed?
In Canada, the answer is purportedly the Clarity Act, which was intended to ensure that no province could leave Confederation without first obtaining the support of a meaningful majority of citizens in a referendum with a clear question. The act rendered explicit an implicit constitutional convention: A province can secede, but only if has the emphatic support of the population.
An electoral result alone, however, can provide sufficient legal justification for secession. Canada recognized as much when it extended diplomatic recognition to the Czech Republic and Slovakia. The political leadership of the former Czechoslovakia dissolved the union without a referendum, when it became clear that no form of federal government could satisfy both republics.
There is no clause in the Canadian Constitution requiring a referendum on any issue. Quite the opposite: The parliamentary form of democracy confers on any party that forms a majority in the relevant assembly full competence to legislate in the sphere of within its jurisdiction.
But that, of course, is also the root of the weakness in Mr. Parizeau's argument. There is also nothing in the Constitution that gives a province the right to unilaterally secede. Independence is not the same as health care.
Nonetheless, if the PQ won an election on a platform that contained only one plank -- separation -- and the party received the support of a majority of the electorate, then it would have a strong legal mandate to secede. The spirit of the Clarity Act and the constitutional convention underpinning it would effectively have been fulfilled. An election is the most important, and most legitimate, referendum of them all.
But without majority support in that election, a PQ unilateral declaration of independence would be meaningless, since it would have no grounds either in international or Canadian law, both of which require that separation be clearly demonstrated as the expressed will of the majority.
The political reality is that Mr. Parizeau's proposed shortcut is no shortcut at all, and would be even more difficult to realize than a referendum victory. A majority of the people are unlikely to ever vote for a political party that contains the promise of a unilateral declaration of independence in its platform.
But Mr. Parizeau probably knows that. He just likes finding new cats to set among us pigeons.
jibbitson@globeandmail.ca

Jacques Parizeau's long shot
Andrew Coyne
National Post August 18, 2004 Wednesday
Perhaps one day we will discover that, like his old comrade-in-arms Claude Morin, Jacques Parizeau was secretly working for the feds all along. It fits, certainly: Every time the separatist movement seems to be catching its breath, along comes monsieur to put the boot in again.
The last time was during the most recent provincial election, when the former premier resurfaced to say "it's true, we were defeated by the ethnic vote, the ones with money in particular" (or words to that effect), catching Bernard Landry off guard and making Jean Charest look, of all things, decisive. But that was nothing compared to the mischief he has created with his latest gambit. Good show, old chap! By Jove, yes!
We should discount, before we begin, the puffs of outrage his recent pronouncements have occasioned in the salons of respectable opinion: Yes, it's illegitimate to proclaim the independence of Quebec merely on the strength of having won a general election -- but no more so than would be the case after a referendum. The whole project is illegitimate from the word allez, premised as it is on the fantastic notion that a group of people can help themselves to the sovereign territory of Canada simply by holding a vote amongst themselves.
A referendum is no more legitimate an instrument in this regard than an election: It just looks that way, an optical illusion that has beguiled and bedazzled the rest of Canada for more than 40 years, even persuading the Supreme Court that it contained a hitherto undiscovered constitutional obligation on the part of the rest of Canada to negotiate (though to negotiate what the court did not say).
So Mr. Parizeau's intervention has the virtue of, shall we say, clarity. In the unlikely event that the Parti Quebecois adopts his proposal, it will have made itself permanently unelectable, forever deprived of the soft-soap that its fitness to govern could be considered apart from its separatist "option."
But even if it does not, it wins itself nothing but internal turmoil, as the party's hardliners, emboldened by their hero, frustrated by the present leadership's timidity, and staring at the death of a dream, rise in revolt. And, in a sense, they would be right to do so. "Risky" (Mr. Landry's word) Mr. Parizeau's suggestion may be, but it's better than doing nothing. And nothing is about all the party has to offer its followers these days.
Still, it's nervy, isn't it? The primary rationale offered in Mr. Parizeau's non-famous La Presse essay for abandoning the party's long-time objective of obtaining a "mandate to negotiate" via a referendum was, well, they can't win a referendum.
That's swell -- but why stop there? If it is no longer necessary for more voters to support separation than oppose it, why should it be any more a prerequisite that more voters support the PQ than the Liberals? Why not just declare sovereignty now?
Indeed, as long as elections and referendums are to be considered interchangeable, why not seize power while you're at it? The 49% the Yes side obtained in the last referendum would be more than enough to win most elections.
Mr. Parizeau's other supporting rationale, that Quebec entered Confederation by a vote of the legislature and could leave by the same route, is no better. Quebec, as such, did not "enter" Confederation at all: It was created by Confederation. The unification of British North America was the brainchild of the political leaders of what was then the united province of Canada; it was part of the deal to divide this province in two.
But even were that not the case, Mr. Parizeau's bit of historical revisionism conceals a logical sleight of hand, and a highly revealing one at that. For while it appears to argue for parliamentary, as opposed to plebiscitory democracy, in reality it is an appeal for a return to unilateralism: the unilateral declaration of independence (UDI) that was always his objective, versus the chimera of a negotiated separation.
Referendums aren't the issue that concerns him. It isn't the necessity of winning one that poses the real obstacle to separation. That would be the case only if these were intended as serious opportunities to consult the people of Quebec on their future -- as opposed, say, to an infinite series of votes on questions of ever-increasing ambiguity, to be held until, whether out of confusion or exhaustion, a bare majority of Quebecers can be assembled in support of the desired answer. No, it's not the winnability or otherwise of a referendum that prompted him to speak up: It's what goes with it.
Ever since the Supreme Court reference -- endorsed by Lucien Bouchard himself! -- it has been accepted in Quebec that secession could be achieved only by means of negotiations with the rest of Canada. But of course, it can't be achieved by negotiation: Anyone who spends five minutes considering the matter will realize negotiations could only lead nowhere. Among sovereigntists, Mr. Parizeau has always been the most clear-eyed about this. Indeed, as we learned shortly after the 1995 experience, his plan depended on pushing the whole thing through in a matter of days, if not hours. It wouldn't have worked even then -- his government would have collapsed first -- but if it was ever going to work, a UDI was the only way.
The problem is that the idea of a referendum has become inextricably tied in the public mind with the idea of negotiations. The federal government having laid down, via the Clarity Act, its conditions for negotiating -- a "clear" majority on a "clear" question, conditions which are generally regarded as legitimate in Quebec -- no Pequiste government would dare to hold a referendum on any other basis. But a clear referendum could not be won, and if it could would only lead straight into the bog of negotiations.
The only way out, from Mr. Parizeau's perspective, is to blow up the very idea of negotiations, and the conditions that go with them. It is to abandon the referendum route altogether, to delegitimize it -- indeed, to delegitimize legitimacy itself. Sovereignty, it has been said, is what you can get away with. Now it would be avowedly so. Stop us if you can.
It's desperate. It's deranged. It's despicable. But it's their only chance.

Le leadership de Bernard Landry - Des débats d'idées plutôt qu'un appel improductif
Philippe Boucher
Président du comité régional des jeunes du Parti québécois de Montréal-Ville-Marie*
Le Devoir mercredi 18 août 2004
Dans l'édition du journal Le Devoir du 14 août dernier, Marc Brière, Claudette Chalifour, Claude-G. Charron et Jeannine Valois, militants du Parti québécois (PQ) de la région de Montréal-Ville-Marie, demandaient au chef du parti, Bernard Landry, de quitter ses fonctions dans l'espoir, disaient-ils, de «renouveler le programme, les règlements et les stratégies du PQ». De telles déclarations incendiaires tendent à démontrer la difficulté pour certains militants de mettre en perspective un élément fondamental qui caractérise notre parti: le PQ est un parti d'idées. Si leur but était d'encourager les débats d'idées, ils ont complètement raté leur cible.
Au cours des derniers mois, Bernard Landry a demandé aux militants du PQ de participer à l'une des plus vastes consultations de son histoire avec la «saison des idées». Les rapports de ces chantiers seront rendus publics à la fin du mois d'août et les résultats, si on se fie aux grandes discussions qui ont entouré l'exercice, seront très concluants. Devant ce «brassage d'idées» historique et la venue du prochain congrès, est-il justifiable que quelques personnes tentent de faire dévier le débat sur les individus plutôt que sur les idées ? À notre avis, la priorité du Parti québécois devrait être de se pencher sur des enjeux fondamentaux déterminants pour l'avenir de notre nation.
Nous avons toujours été un parti sérieux et crédible. La «saison des idées» a permis à plus de 5000 personnes de s'exprimer et elle marquera un chapitre important de l'histoire de notre parti. Or pourquoi faut-il que certains s'attardent dans des débats qui ne pourront qu'être improductifs alors que nous sommes en train de redéfinir les bases de notre mouvement ?
Les jeunes veulent des propositions et des débats constructifs sur les grands enjeux actuels, et de telles sorties publiques ne permettra sûrement pas à notre parti de se renouveler et d'être prêt pour les prochaines élections.
Un chef élu démocratiquement
Où étaient ces militants lors du congrès de mars 2001, lorsque M. Landry a été élu président du Parti québécois ? La légitimité de M. Landry est établie par le fait que tous les membres du PQ ont fait le constat que c'était l'homme de la situation. Après quatre années à la tête du PQ et une défaite électorale, les membres ont le droit de se poser des questions sur ce que propose M. Landry. Le congrès de 2005 sera l'endroit par excellence pour permettre aux militants d'évaluer le plan d'avenir de M. Landry.
Notre chef procède actuellement à une réflexion sur son avenir politique et nous l'invitons à inclure dans sa réflexion les idées qu'il aura à proposer pour le Québec de demain. Nous attendons avec impatience, comme tous les militants du parti, la conclusion de sa réflexion. M. Landry a beaucoup fait pour le Québec au cours de sa vie publique et, aujourd'hui, devant les grands mouvements qui secouent le PQ, la mobilisation doit s'organiser autour de positions politiques et non pas sur le culte du «messianisme» de certains militants.

Le leadership de Bernard Landry - En plein âgisme
Claude G. Charron,
Montréal
Le Devoir mercredi 18 août 2004
Ainsi donc, aux quatre péquistes qui ont publiquement invité leur président à passer honorablement le flambeau à quelqu'un d'autre («Appel à Bernard Landry», Le Devoir, les 14 et 15 juin 2004), Bernard Landry répond: «Ce sont des gens plus vieux que moi qui veulent que je m'en aille, et des gens beaucoup plus jeunes veulent que je reste. J'imagine qu'il y en a qui croient à l'alliance intergénérationnelle.» C'est parce que je suis un des «vieux» que Bernard Landry a ainsi interpellés et que je crois justement que les liens entre militants de générations différentes sont actuellement défaillants au PQ que je me permets d'intervenir personnellement dans le débat.
Tout d'abord, M. Landry aurait eu intérêt à mieux consulter la liste des membres. Il aurait constaté que les deux signataires féminines de l'appel sont de quelques années plus jeunes que lui. Je me refuse à croire qu'il n'ait pas tenu compte de ce fait uniquement parce qu'il attacherait moins d'importance à l'opinion des femmes. De toute façon, ce qui est grave ici, c'est l'écart qui, au PQ, sépare de plus en plus jeunes et vieux militants. Et d'après ce que j'ai eu l'occasion de vivre en tant que militant dans le comté de Marquette, je constate que Bernard Landry est en grande partie responsable de cet écart.
Anecdote révélatrice
En février 2003, moi et Jeannine Valois, également signataire de l'appel, étions parmi les «vieux militants» qui ont accepté de faire partie de l'exécutif du PQ de Marquette. Nous étions six «vieux» avec du temps à donner à l'occasion des élections qui s'en venaient à grands pas. Le nouveau président de l'exécutif a manifesté son intention de se présenter à l'investiture du comté. Lors de cette assemblée annuelle, il était déjà évident que les officiels du parti qui étaient présents n'étaient pas favorables à cette candidature.
Le «très jeune» vice-président nous a vite mis au courant du fait que le cénacle présenterait son candidat et que nous devrions partager un local électoral avec le comté voisin, dans le comté voisin, sans consultation avec nous. Nous, les «vieux», pensions au contraire que, pour la visibilité du parti dans Marquette, il était primordial qu'il y ait une course à l'investiture et que le local électoral soit situé dans le comté.
Peine perdue : le «national» avait tout arrangé avec notre «jeune» vice-président. Pas d'assemblée d'investiture. Pas de local électoral dans le comté. Et les «vieux» n'avaient plus un mot à dire : le comité électoral, dont le directeur de campagne était notre «très jeune» vice-président, nous avait remplacés. Le comité exécutif rendu impuissant, les vieux ont alors écrit deux fois à Bernard Landry pour protester contre cette façon peu démocratique d'agir. Ils n'ont jamais reçu d'accusé de réception de leurs missives. Devant un tel intérêt pour les «vieux», ceux-ci ont décidé de laisser faire le «jeune» pendant la campagne.
À l'assemblée annuelle qui a suivi, je pensais bien me faire le porte-parole des «vieux» qui se sont sentis floués. Nenni. Les gens du parti veillaient au grain. Après que le «jeune» vice-président et ex-directeur de campagne eut fait son rapport lénifiant, un ancien président ayant enfin obtenu son job dans le parti est intervenu pour me faire taire. Cette objection a été acceptée par la «jeune» présidente d'assemblée. Vive la liberté d'expression !
Bernard Landry n'aura pas de difficultés avec le nouvel exécutif de Marquette. Deux «très jeunes» militants résidant hors du comté se sont joints au «jeune» vice-président devenu président. Celui-ci et les deux nouvelles recrues ont par la suite manifesté leur fidélité au chef en cosignant un texte où ils reprenaient très précisément ses orientations stratégiques en ce qui concerne la marche à suivre pour accéder à l'indépendance.

Beaucoup de mots
Membres du Cercle Godin-Miron
Le Devoir mercredi 18 août 2004
Lettres: Intitulé «Le tabou», le texte logorrhéique de Pierre Beaudet, dans Le Devoir du 10 août, propose «une réinvention de l'histoire», ce qui permet d'oublier les 40 dernières années. Réinventons. Les rapports Laurendeau-Dunton et Pépin-Robarts n'ont pas été tablettés. La Conférence de Victoria n'a pas échoué. Trudeau n'a pas joué au plus fin avec sa promesse de faire «du changement». La Cour suprême d'Ottawa n'a pas annulé des aspects importants de la Charte de la langue française. L'accord du Lac-Meech n'a pas été rejeté par le Canada. Le Canada, comme le Québec, n'a pas rejeté l'entente de Charlottetown. Le gouvernement central n'a pas envahi fréquemment les champs de compétence des provinces. On fait table rase, et, dans cet espace vide, on a pleine liberté d'inventer toutes les confédérations imaginables.
Soyons sérieux. Il est clair que le Canada, un État national de plus en plus centralisateur, est incapable d'accepter que le Québec ne soit pas une province comme les autres. Les Québécois ont donc à choisir entre l'indépendance et un provincialisme dont les prérogatives sont une peau de chagrin. C'est mentir que de leur faire croire à d'autres issues.
Par ailleurs, M. Beaudet a raison d'évoquer les convoitises que nos richesses naturelles suscitent chez les États-Uniens. Mais peut-on compter sur le Canada pour défendre ces richesses ? Ne serait-il pas plus prudent de compter sur l'alliance de deux États nationaux, le Canada et le Québec ?
Chez certains, le débat sur l'indépendance inspire de la lassitude. L'esprit de contradiction se manifeste. On cherche autre chose. Mais les propositions de M. Beaudet ainsi que la position constitutionnelle ambiguë de Françoise David, qu'il appuie, nous laissent sur notre faim.

Quand le juge-en-chef s’impose comme rédacteur-en-chef
Pierre Dubuc
L'aut'courriel n° 78, 18 août 2004
Après le «gouvernement par les juges», faut-il maintenant parler de «l’information par les juges», a déclaré Anne-Marie Dussault, la présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPQJ) en commentant la décision de la Cour suprême dans l’affaire Néron. Au-delà de l’amende de 673 153 $ que la Société Radio-Canada a été condamnée à payer au relationniste Gilles Néron, ce qui est en cause c’est d’abord et avant tout l’immixtion de la Cour dans le travail même des journalistes en faisant appel à «des facteurs éminemment subjectifs comme le contexte, la méthodologie, la teneur du reportage, le ton, l’allure et l’intention pour juger de leur travail», soulignait Mme Dussault.
Qui plus est, étant basé sur le Code civil en vigueur au Québec, le jugement a pour conséquence d’imposer un «code de déontologie» plus sévère au Québec que dans les autres provinces du Canada et d’y restreindre d’autant la liberté de presse. Selon les magistrats, le Code civil du Québec n'exclut pas qu'un reportage dont les faits sont exacts puisse constituer de la diffamation. En cela, selon l’interprétation de la Cour fédérale, la justice québécoise diffère de la common law du Canada anglais, qui assimile rarement à de la diffamation des propos conformes à la réalité, à la condition qu'ils soient d'intérêt public.
Ce jugement du plus haut tribunal du pays s’ajoute à d’autres décisions dites «administratives» ou «d’affaires» qui, additionnées les unes aux autres, ont pour effet de réduire considérablement l’espace médiatique québécois, déjà étranglé par une concentration et une convergence sans nulle autre pareille dans le monde occidental.
Pensons à la décision du CRTC de fermer la station CHOI à Québec. Ou encore à la prise de contrôle appréhendée, avec la bénédiction du CRTC, par l’entreprise canadienne-anglaise Corus - déjà propriétaire de 50 stations de radio au pays - du réseau Radiomédia qui comprend la plus vieille station de radio francophone d’Amérique du Nord, CKAC de Montréal, et les stations CHRC (Québec), CJRC (Gatineau), CKRS (Saguenay), CHLT (Sherbrooke), CHLN (Trois-Rivières) et le réémetteur CKTS (Sherbrooke).
Corus a annoncé son intention de modifier la vocation de CKAC. De radio d'information généraliste, elle deviendrait une radio spécialisée en sport et en santé. De plus, sa programmation serait largement reprise par les stations régionales et ces dernières ne produiraient plus qu’une vingtaines d’heures d’émissions locales par semaine.
Au nombre des décisions «administratives» restreignant la liberté de presse au Québec, il faut également inclure celle de Patrimoine Canada privant la revue Recto-Verso de 30 000 $ par année et l’acculant à la faillite.
Dans le cas de CHOI, nous ne discutons pas ici de la pertinence ou non de clore le bec à des animateurs qui émettent des propos racistes, sexistes et haineux, mais du fait que cette décision ait été prise par un organisme fédéral, ce qui constitue un dangereux précédent. Dans le contexte d’une situation politique corsée - par exemple, par suite d’une victoire du Oui lors d’un référendum - qu’est-ce qui empêcherait un organisme fédéral comme le CRTC de trouver « haineux » des propos lancés sur les ondes radiophoniques pour appeler la population québécoise à se mobiliser contre, par exemple, la tenue d’un nouveau love-in à Montréal ?
Le Québec a toujours réclamé pleine juridiction sur le contrôle des ondes de radio et de télévision. En fait, le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau fut le premier au Canada à légiférer dans ce secteur en adoptant dès 1929 une Loi sur la radio. Mais, en 1931, la Cour suprême du Canada, puis le Comité judiciaire du Conseil privé de Londres, ont invalidé cette loi en déclarant que la radiodiffusion était de compétence exclusivement fédérale.
Quand Maurice Duplessis crée Radio-Québec en 1945, Ottawa lui signifie clairement qu’il lui refusera tout permis d’exploitation. Ce n’est qu’en 1970 que Radio-Québec deviendra opérationnel, mais uniquement comme télévision éducative, après que le gouvernement du Québec eût obtenu en 1968, dans le cadre de pourparlers constitutionnels, le droit de légiférer en matière de télévision éducative. Aujourd’hui, Télé-Québec ne peut toujours pas produire son propre bulletin de nouvelles.
Au cours des années 1970, dans le cadre de l’objectif de la «souveraineté culturelle» du gouvernement Bourassa, le ministre Jean-Paul L’Allier réclamera l’ensemble des pouvoirs en matière de communication. Il demandera que la câblo-distribution - nouvelle technologie non couverte par la décision de la Cour suprême de 1931 - relève de sa compétence. Encore une fois, la Cour suprême confirmera la compétence du fédéral.
Au début des années 1990, le Québec revendiquera pleine compétence en matière de télécommunications, jugeant celles-ci essentielles à son épanouissement culturel. Une nouvelle fois, en 1994, la Cour suprême rabrouera les prétentions québécoises et réaffirmera la compétence exclusive du fédéral.
C’est donc en vertu de jugements de la Cour suprême que le mandat de Radio-Québec est circonscrit au domaine éducatif et que le CRTC peut fermer des postes de radio au Québec ou en attribuer la propriété à des intérêts étrangers.
Les jugements de la Cour suprême ont remplacé, dans les faits, le droit de désaveu qui permettait, dans la constitution canadienne, au gouvernement fédéral d’invalider des lois provinciales, avec le désavantage politique évident d’instaurer une hiérarchie entre les niveaux de gouvernement au profit, bien entendu, du gouvernement fédéral. Avec la Cour suprême, l’illusion est parfaite d’une autorité supra-gouvernementale, indépendante voire au-dessus des pouvoirs politiques et économiques.
Malgré le fait que le rapatriement de la Constitution et l’adoption de la Charte des droits par le gouvernement Trudeau, lors du coup de force constitutionnel de 1981, aient été concoctés spécifiquement pour réduire les droits du Québec - particulièrement dans le domaine linguistique - plusieurs au Québec ont célébré la Charte comme une grande avancée démocratique. Même l’adoption de la Loi sur la clarté - qui nie le droit à l’autodétermination du Québec - n’a pas substantiellement modifié leur appréciation de l’appareil judiciaire canadien.
La critique du « gouvernement par les juges » est venue surtout du Canada anglais, principalement de la droite, mais également de quelques intellectuels de gauche comme Michael Mandel dont l’importante contribution (La Charte des droits et libertés et la judiciarisation du politique au Canada, Boréal, 1996) a été boudée par l’intelligentsia québécoise.
Peut-être fallait-il qu’une décision de la Cour suprême affecte directement le travail des journalistes pour que le lien soit établi entre le «journalisme par les juges» et le «gouvernement par les juges», comme l’a fait Anne-Marie Dussault. Mais il reste à élargir la critique de façon à y inclure la défense de la souveraineté culturelle du Québec et dénoncer ce «gouvernement par des juges ÉTRANGERS».
L’éditorialiste de La Presse, André Pratte, réagit au jugement de la Cour suprême en s’inquiétant de son impact sur la liberté de presse, tout en soutenant que la FPQJ en exagère les conséquences. Il trouve même quelques vertus au jugement et, plutôt que de le contester, se demande si, plutôt que de laisser «les juges définir ce que sont les normes professionnelles du journaliste raisonnable’», la profession journalistique «n'aurait pas avantage à le faire elle-même, notamment en convenant d'un code d'éthique s'adressant à tous ceux qui pratiquent ce métier» (La Presse, 8 août 2004).
Une position qui n’étonne pas venant de l’éditorialiste de La Presse. Mais nous trouvons tout à fait inapproprié et faisant diversion que Michel Venne du journal Le Devoir (9 août 2004) suive la même voie et profite de ce débat pour ramener sur le tapis la proposition de la direction de la FPQJ de faire adopter une «loi sur le titre de journaliste professionnel», une proposition qui a été rejetée par une large majorité de journalistes lors d’un congrès de leur fédération.
Michel Venne croit que les journalistes devraient eux-mêmes «encadrer leur profession», plutôt que de «laisser aux juges le soin de le faire à leur place». La loi qu’il propose aurait conduit à la création «ce qui aurait ressemblé à un ordre professionnel» et «aurait aussi renforcé les pouvoirs du Conseil de presse».
À quel besoin cela répond-il? La presse québécoise est tellement concentrée dans les mains de quelques baronnies qui, au cours des ans, ont perfectionné les moyens subtils d’encadrer, contrôler et domestiquer leurs journalistes qu’on se demande bien quel est l’intérêt d’une telle proposition. Rappelons que le Devoir pour lequel écrit Michel Venne ne rejoint que 2,5% des lecteurs de la presse quotidienne. Les autres 97,5% forment le lectorat captif des empires des familles Péladeau et Desmarais.
Il faudrait plutôt, au contraire, briser le carcan, favoriser le développement d’une presse indépendante et créer de nouvelles tribunes pour de libres-penseurs. Cette question comporte plusieurs aspects - extrêmement complexes - sur lesquels nous reviendrons, mais nous devrions dès maintenant profiter du débat en cours sur le rôle du CRTC et de la Cour suprême pour réclamer la pleine juridiction du Québec sur la radiodiffusion et les télécommunications.
Il faut, par exemple, dès maintenant entreprendre une campagne pour qu’un prochain gouvernement du Parti Québécois - car il y a peu de chance qu’un gouvernement libéral soit ouvert à un tel projet - donne, dès son accession au pouvoir, mandat à Télé-Québec de mettre en place une chaîne de télévision continue, quitte à défier le CRTC et la Cour suprême.
Dans la perspective du combat titanesque qui s’annonce autour d’un éventuel référendum sur la souveraineté, nous ne pouvons nous permettre d’être à la merci des chaînes de télévision du gouvernement fédéral et des journaux fédéralistes. Nous avons vu au Venezuela le rôle des médias dans la tentative de coup d’État contre le président Hugo Chavez.
À ceux qui croient que de telles choses ne peuvent se produire au Québec, soulignons que le principal artisan de cette tentative de coup d’État, le baron de la presse vénézuelien Gustavo Cisternos a déjà siégé sur le conseil d’administration de Power Corporation et qu’il a recruté au sein de son empire nul autre que Brian Mulroney, qui siège également sur le conseil d’administration de Quebecor ! Le monde est petit ! Surtout, quand il s’agit des classes dirigeantes.
La bataille pour le contrôle des médias doit s’amorcer dès maintenant et le jugement de la Cour suprême, de même que les décisions du CRTC, représentent une occasion en or pour lancer le débat et commencer à mobiliser l’opinion publique pour exiger le rapatriement au Québec de l’exclusivité des pouvoirs en matière de radiodiffusion et télécommunications, avec comme objectif la mise sur pied d’une chaîne radiophonique nationale - Radio-Québec - et la mise sur pied par Télé-Québec d’une chaîne de télévision continue.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Oui, mais on a une belle vue...
Jean-Luc Gouin
TRIBUNE LIBRE 18 août 2004
J'incline assez dans le sens de M. Parizeau quant à ses propositions élaborées et proposées dans La Presse de lundi, et dont je synthétiserais en quelque sorte l'esprit par le biais de la formule de Jean-Louis Bourque: «On ne «gagne» pas son indépendance à la loterie des sondages et des slogans publicitaires. On la construit avec audace et lucidité».
A contrario, j'ai trouvé l'éditorial de Bernard Descôteaux, paru le lendemain dans les pages du Devoir, particulièrement sage sans être... vraiment mou. Car hélas! de manière générale, concernant cet enthousiasmant Projet de libération nationale, l'atonie du Devoir s'apparente fort à l'apathie du PQ / Bloc Québécois.
Or pendant ce temps les forces canadian - puissantes, fortunées, nombreuses, «état-majorées», diversifiées et «logistiquées» - s'étaaaaaalent. Et «propagandent» à souhait. Les Alain Dubuc, les André Ouellet, les Jean Pelletier, les Pierre Stewart Pettigrew, les Lucienne Robillard, les Denis Coderre, les André Pratte et les Stéphane Dion (d'hier ou du jour, ainsi que tous les clones d'iceux reproductibles à volonté) s'affairent avec diligence et occupent tout le terrain - l'espace mental québécois au premier chef.*
À telle enseigne qu'une question précise se pose. Vitale. Déterminante.
Désirons-nous demeurer à perpétuité des valets à bonne conscience - notre éternel petit sac de vertus sous le bras - à contempler «la belle vue» soixante-et-unarde des Rogations de Félix...?
* Le premier de cette courte liste, par exemple - de Gatineau à Sherbrooke, Saguenay et Granby, par Québec et Montréal, sans oublier les Trois-Rivières du regretté Gérald Godin -, «répand» sa sève éditoriale (ou, disons, chroniquante) dans tous les quotidiens de Gesca au Québec. Trois fois/semaine... Fiou. Or, cela dit entre nous, je ne suis pas certain que la défunte Pravda parvenait naguère à inoculer son venin de «Vérité» avec plus d'aisance. Aussi ai-je déjà nommé ce régime d'endoctrinement: «supplice de la goutte d'encre». Quant au dernier de la même énumération onomastique, eh bien c'est dans ses bottes fédérales de ministre de l'Environnement qu'il tenta dans les dernières heures de rabrouer l'ex-Premier ministre Parizeau. Par conséquent, si nous savions tous que le fils de M. Léon était un «bon soldat» de la C(l)ause Canada, rien en revanche n'interdit aujourd'hui de feindre d'apprendre que le vaillant guerrier - redoutable adversaire s'il en fut - ne craignait pas non plus le ridicule. Tout sparadrap, on s'en doutait un peu, finit bien par trouver son Haddock.
Note : Dans l'ordre d'« apparition », les trois textes concernés par ce billet : http://www.vigile.net/ds-actu/docs4a/8-16.html#jp (ou http://www.JacquesParizeau.com/), http://www.ledevoir.com/2004/08/17/61543.html?304 et http://ledevoir.com/2004/08/17/61545.html

TRIBUNE LIBRE
Jacques Parizeau est un incontournable pour le Québec
Robert Bertrand
TRIBUNE LIBRE 18 août 2004
Les Premiers ministres du Québec depuis les années 60 ont fait appel à ses services, pour sa compétence, pour son savoir faire, pour sa créativité.
Nous avons élu Jacques Parizeau comme Premier ministre du Québec pour sa détermination, pour les objectifs qu'il défendait.
Jacques Parizeau est un incontournable pour le Québec, pour le vouloir vivre Québécois, pour la concrétisation du Pays du Québec.
Les adversaires de Jacques Parizeau sont venus de toutes parts parce que Jacques Parizeau incarne le Québec et son vouloir en regard du Pays du Québec.
On le jalouse pour ses connaissances, pour son dynamisme intérieur, pour l'objectif déterminé qu'il incarne. Qui d'autre a le Québec au coeur et en tête autant et plus que Jacques Parizeau ?
Ses relations personnelles ne sont pas complices avec tout ce qui bouge, grouille et gribouille autour de lui. Il subit les affronts et cela ne le détourne pas de son objectif de rendre "de jure" le Pays du Québec.
Le Québec existe et il sait très bien que les voleurs de Pays ne lui feront pas de cadeau. Ces voleurs du Pays du Québec contrôlent les médias d'information, contrôlent un grand nombre de journalistes, de courriéristes, d'éditorialistes, de palabreurs de tout acabit ! Jacques Parizeau le sait depuis bien longtemps.
Nous tous, les Québécois, nous l'avons surtout appris -- depuis quelques mois -- grâce à la Commission parlementaire qui a fait suite au rapport de la Vérificatrice générale de leur Canada. Nous avons appris que ce Canada en qui nous avons cru de bonne foi alors que ses représentants officiels : Trudeau, Marchand, Lalonde, Pelletier, Chrétien, Petitgrew, Coderre, Cauchon, Dion, Lapierre, Robillard, Martin et les autres nous faisaient accroire qu'ils travaillaient pour les Québécois pour que le message des Québécois se fassent entendre auprès des concitoyens et concitoyennes du Pays qui n'est pas le nôtre, pour leur faire comprendre les spécificités du Québec. Cette Commission parlementaire d'Ottawa nous a fait comprendre que toutes ces bonnes gens ci-haut mentionnées étaient "en guerre" contre la volonté démocratique des Québécois qui se sont exprimés tant par les référendums que par les élections générales, qui marquaient une différence avec le Pays qui nous est étranger.
Il nous a fallu, à nous tous, Québécois et Québécoises, toutes ces longues années pour se rendre compte de la véracité des paroles de Jacques Parizeau. L'argent nous avait coûté "notre" Pays du Québec. Un minimum de deux milliards de dollars que ce Canada a dépensé pour essayer de nous acheter, pour essayer de nous vendre un Pays qui n'est pas le nôtre et plus de prendre nos sommes d'argent pour engraisser les autres par des subventions de toutes sortes. C'est la Commission parlementaire par la voix d'un monsieur Guitté, l'homme de bras et de main des Chrétien, des Dion et de tous les Ministres du Gouvernement d'Ottawa par la solidarité ministérielle, qui nous a confirmé ce que Jacques Parizeau nous a déclaré le soir du référendum. "L'argent nous a fait perdre !" 40 millions de dollars contre 5 millions.
En conséquence, nous avons "gagné le référendum". On le sait maintenant. Les "voleurs" étaient à l'oeuvre et les Québécois Libéraux d'Ottawa ont acheté les votes, ont acheté les gens qui ont voté sans en avoir le droit le plus strict. La façon de faire du Canada : l'argent, les manipulations, les votes leur aurait permis de gagner le soir du référendum. Maintenant, on le sait, c'est OTTAWA et sa clique qui nous a "volé" notre Pays du Québec le soir du référendum.
Les journalistes-courriéristes-éditorialistes nous en parlent-ils de ces tricheurs, de ces manipulateurs, de ces voleurs de Pays du Québec ? Même les caricaturistes font leurs choux gras d'une "consommation alcoolique" qu'ils savourent dans tous les écoeurements qu'il est possible de démontrer sans s'attaquer aux vrais "voleurs", aux vrais "tricheurs", aux vrais "manipulateurs", aux vrais "responsables". Les complices ne sont-ils pas aussi coupables que les "vrais" coupables ?
Ces journalistes-courriéristes-éditorialistes-caricaturistes poubelles, profiteurs des commandites-propagande par centaines de milliers de dollars devront, un moment donné, se faire découvrir parce que des contrats de publicités, des contrats de propagandes les ont fait vivre des expériences du pouvoir LIBÉRAL-COMMANDITE-PROPAGANDE.
Plus facile d'attaquer une proie que de s'attaquer aux fournisseurs d'argent qui les font s'ouvrir la bouche, qui les font écrire, qui les font nous parler, qui les font nous manipuler. Les collaborateurs des fraudeurs ne sont-ils pas également fraudeurs ? Les collaborateurs des manipulations ne sont-ils pas également manipulateurs ? les collaborateurs des "voleurs" ne sont-ils pas également des "voleurs"?
Jacques Parizeau, lorsqu'il parle aux jeunes Québécois et Québécoises, il a l'oreille et le coeur des jeunes et des moins jeunes.
Faisons-le parler. Il a des choses à nous dire, il a des choses à nous enseigner, il a des choses à nous faire connaître.
Quand on voit les attaques sournoises et les réactions à son discours, à ses discours, à ses écrits, bien des gens le jalousent pour la puissance verbale qu'il possède, pour le charisme qui est le sien, pour la ferveur qu'il incarne.
Que font les journalistes des "voleurs", des "tricheurs" des manipulateurs, de tous ceux qui ont été "en guerre" contre le Québec et les Québécois ?
Ils reçoivent encore des sommes des commandites-propagande. Vont-ils détruire la manne qui les nourrit ?
Quels journalistes, éditorialistes, courriéristes auraient interviewé l'auteur de tous leurs écrits et paroles de manipulateurs qu'ils sont ?
Très rares ceux qui font le poids devant Jacques Parizeau.
Interviewé le. C'est votre devoir, c'est le sens propre de votre métier de journaliste, d'éditorialiste, de courriériste, de caricaturiste.
Le Québec et les Québécois ne s'en porteront que mieux.
Jacques Parizeau n'est que plus grand lorsqu'on l'attaque de toutes parts. C'est qu'il dit vrai. C'est qu'il incarne le Québec.
C'est qu'il est "le" Québécois.
Robert Bertrand. rédacteur,
Québec un Pays
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/

TRIBUNE LIBRE
Je voulais donc attirer l'attention de monsieur Labrecque sur ces quelques nuances
René Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 18 août 2004
Je viens de lire la réplique de M Martin Labrecque au sujet des pancartes en anglais qui n'étaient pas visibles sur la photo publiée dans Le Devoir au sujet de la manifestation
"monstre" à Ottawa contre le CRTC et en faveur de CHOI-FM.
Monsieur Labrecque écrit qu'un "Québec libre sans connaissance de l'anglais amènerait un Québec pauvre et sans avenir".
Où est-ce que j'ai écrit ou suggéré de ne pas apprendre l'anglais ni d'autre langue. J'en parle et j'en écris au moins trois: français, anglais et allemand, ayant de plus appris le latin et pouvant lire les textes en italien, notamment ceux de Machivavel, que je préfère lire dans la langue originale.
La question qu'escamote monsieur Labrecque: est-ce que CHOI-FM peut être considéré comme une contribution à la langue française? à moins qu'il n'ait pour objet de décourager l'usage du français pour l'anglais, puisque, comme l'écrit monsieur Labrecque, "l'économie mondiale est en langue anglaise". Sans nuance aucune.
Donc, un petit peu de françâ et vite à l'anglâ parce que l'économie mondiale est en anglais. Et il est dommage qu'il soit nécessaire de me le dire évidemment, surtout à un gros méchant séparatisse comme je suis. Monsieur Labrecque ne réalise pas que beaucoup de "séparatisses" parlent autrement mieux anglais que les bons fédéralistes, dont Jean Chrétien, qui est "bilingue", en ce sens qu'il parle deux langues secondes, comme un vrai fédéraliste doit le faire.
Monsieur Labrecque traduit ici une tendance qui a cours depuis très longtemps dans les organismes fédéraux et dont j'ai fait l'expérience pendant les 28 années au cours desquelles j'ai été officier dans les Forces Armées Canadiennes, devrais-je dire: Canadian Armed Forces.
Entre autres, voici une expérience vécue:
Juillet 1971, j'étais officier en service sur l'état-major de la Force Mobile à Saint Hubert, le Mobile Command Headquarters, la force de frappe du Canada, le quartier général conjoint de la marine, l'armée et l'aviation de guerre.
Responsable de l'organisation des conseils d'enquêtes, des représentations de griefs et de l'organisation et la conduite des tribunaux militaires, je devais rédiger chaque jour une trentaine de documents officiels, tous en anglais formel, comprenant des lettres, instructions, comptes rendus, mémoires, exposés, ordres, toutes choses qui concernaient les accidents, incidents et autres problèmes du service.
Entre autres, j'ai fait changer quatre articles de la loi militaire parce que leur formulation portait à confusion et avait été cause de plusieurs injustices. Tout le monde, depuis le ministre de la défense à Ottawa, jusqu'au simple soldat qui était aux prises avec des accusations et au sergent qui présentait un grief, en passant par le colonel qui avait commis une faute grave, était satisfait. Je connais mon boulot.
Juillet 1971,donc, mon supérieur me demande à son bureau et m'apprend qu'une plainte avait été déposée contre moi. Le sujet de la plainte: j'avais envoyé une lettre en français.
UNE seule lettre en français, sur des centaines et des centaines de textes de toutes sortes, y compris des instructions officielles pour publication au ministère et distribution dans toutes les unités.
Et d'où venait cette plainte pensez-vous? D'Ottawa? De Toronto? De Winnipeg? Vous n'y êtes pas. Cette plainte venait de Montréal, du Quartier Général de Montréal, situé alors à 3530 rue Atwater, dans la Ferme sous les Noyers, qui est maintenant devenu un développement de maisons cossues.
Or, je suis né sur la rue Sherbrooke, à proximité. La plainte venait de mon propre patelin et faisait de moi un aliéné chez moi. UNE SEULE LETTRE.
Dans la mentalité de monsieur Labrecque, j'avais manqué de "réalisme et de largeur d'esprit" pour avoir écrit cette lettre alors que j'en avais plus que le droit, puisque la Loi des Langues officielles avait été promulguée deux ans auparavant.
J'ai alors compris que si la Loi des Langues Officielles reconnaissait la langue française de jure, le français par contre ne devait pas être reconnu de facto.
Cette loi n'était donc qu'une mesure d'apaisement parmi tant d'autres.
Pourtant, la langue française est une langue d'État, une langue formelle, encore plus formelle que l'anglais, langue ambigüe, ambivalente, qui manque de précision et est bien faite pour le commerce et les affaires rapides sans réflextion en profondeur, ce qui n'est pas le cas du français, beaucoup plus exigeant. Aux États Unis et en Australie, j'ai appris que la langue française demeure la langue idéale pour la diplomatie, à cause de son exceptionnelle clarté et la précision de son propos.
Ce n'est pas évidemment en écoutant CHOI-FM qu'on va l'apprendre.
Combien de fois je me suis arraché les cheveux à essayer de comprendre ce que voulait dire telle ou telle expression en anglais, pour cause d'ambiguïté. J'ai pourtant appris l'anglais à l'université et dans les écoles de formation administratives de l'armée britannique en Europe, de même que dans les institutions du Canada anglais où j'ai vécu et étudié longtemps.
Dans l'armée, ayant été longtemps instructeur et prof, j'ai donné de multiples cours en anglais formel et encyclopédique, à des jeunes anglophones, à qui j'ai corrigé les devoirs et enseigné à écrire leur propre langue sans faire de faute.
De plus, j'ai servi d'interprète en Allemagne, français-allemand et anglais-allemand. Ce n'était donc pas assez. Il fallait encore que jamais, je n'écrive la moindre lettre en français, sans risquer de me faire sanctionner, me faire traiter d'étroitesse d'esprit, de nombriliste, et autres épithètes du genre.
Alors j'ai réagi. Puisque la Loi des Langues Officielles ne devait exister que de jure, sur papier, sans se traduire dans les faits, j'ai commencé à rédiger des lettres, des rapports, et des documents en français et les militaires de langue anglaise ont été obligés bien malgré eux d'apprendre le français, ce qui ne leur a fait aucun tort, je vous assure monsieur Labrecque.
J'ai fait pire. Ayant accès aux documents secrets, lorsque j'ai constaté que des officiers britanniques venus d'Irlande du Nord préparaient une intervention armée majeure contre le Québec, en 1971, j'ai remis ces documents secrets à monsieur Jacques Parizeau, afin de tuer l'expédition dans l'oeuf. Je risquais la cour martiale et 40ans de prison suivant le National Security Act.
Une guerre, on lui met le frein en partant, monsieur
Labrecque. On ne lui permet pas même de décoller, comme ce fut le cas au Rwanda avec Radio Mille Collines que personne ne pouvait freiner et qui a provoqué des haines irréparables. L'expédition militaire envoyée sur place n'avait aucune possibilité de réussir et le général Dallaire, qui était un jeune collègue pour moi, y a sacrifié sa réputation et sa santé.
Et que m'est-il arrivé par la suite après avoir piqué une colère froide qui s'est traduite par des actes? J'ai été envoyé en cour martiale, pensez-vous?
Absolument pas.
Des collègues francophones, aplaventristes et "larges d'esprit", sont venus me critiquer pour mon "manque de largeur d'esprit et de loyauté". Avoir le culot d'imposer l'usage du français dans l'adminstration officielle. Je dois dire qu'ils ne connaissaient ni bien le français et pas davantage l'anglais. Donc, ils ne voulaient pas de "problèmes".
Par contre, surprise, des collègues anglophones sont venus me remercier d'avoir tué l'expédition dans l'oeuf, de sorte que, n'ayant pas été impliqués dans une action militaire immorale et criminelle, ils ont pu quitter l'armée et prendre leur retraite la tête haute.
Après avoir été mis à la retraite à mon tour, j'ai repris mon métier de géographe et un emploi m'a été offert, non pas au Québec, mais à Toronto, avec tous les avantages, à des classes d'étudiants en immersion.
On m'a demandé d'enseigner géographie et géopolitique en français formel et encyclopédique, avec permission et encouragement d'organiser des voyages partout dans le monde avec les étudiants. Effectivement, nous sommes allés chaque année dans beaucoup de pays et les étudiants ont constaté eux-mêmes que l'anglais n'est pas la langue de l'économie mondiale. Elle est la langue d'une économie qui veut s'imposer dans le monde et ce n'est pas la même chose.
Je voulais donc attirer l'attention de monsieur Labrecque sur ces quelques nuances.

TRIBUNE LIBRE
« La saison de mes idées »
Guy LeSieur
TRIBUNE LIBRE 18 août 2004
C’est ce qu’aurait dû s’intituler le brassage d’idées au sein de ce parti. Il semble que pour M. Landry le seul brassage d’idées qu’il est permis de faire est celui qui a son approbation. Malheureusement, il y a déjà longtemps que je considère M. Landry comme un « provincialiste », un confédéraliste et un « référendiste », mais non un indépendantiste. Il y a tout aussi longtemps que je considère le parti dont il est le chef comme n’ayant pas le courage de la mission qu’il s’était proposée soit l’indépendance du Québec.
En tant qu’indépendantiste québécois, ce parti et son gouvernement m’ont déçu sinon carrément trahi. 20 ans au pouvoir sans faire l’indépendance. Le gouvernement de ce parti a à toute fin utile rendu le service offert par le gouvernement effectivement bilingue, et permis, que dis-je, opéré la ségrégation des systèmes d’éducation et de santé. Le français comme langue commune a régressé au Québec, et dangereusement à Montréal depuis les 12 dernières dont 9 de celles-ci avec un gouvernement d’un parti « souverainiste » au pouvoir. Faut l’faire !
Lorsque l’on veut quelque chose, on prend les moyens. Le référendum a été un moyen que ce parti a utilisé sans succès. Ce moyen n’a pas réussi parce que les dés étaient pipés en faveur du gouvernement d’Ottawa qui ne se sentait pas lié par les lois de l’une de ses succursales. Il serait complètement suicidaire de penser qu’il en sera différemment lors de la tenue d’un troisième. « Trompe-moi une fois et c’est toi le coupable. Trompe-moi une deuxième fois et c’est moi ». Qu’allons-nous dire de la troisième fois ? De plus, le « Bill 20 » rend caduque une telle démarche. En fait, ce « Bill 20 », officialise à nouveau notre statut de colonie et de territoire occupé. Ce parti a aussi tenté de faire l’indépendance en passant par la porte d’à côté : la souveraineté-association. Et c’est, à mon humble avis, ce qui rend la population nerveuse et inquiète face à l’indépendance du Québec : le manque de transparence et de courage de ses convictions. L’indépendance est une révolution ! Et je crois que c’est une illusion que de penser la faire comme on va acheter du pain au marché ¾ sans se battre et sans déranger.
L’élection référendaire nous est imposée par le pouvoir d’Ottawa. Et ne me parlez pas de légitimité. Si c’est le cas, la Confédération canadienne est illégitime tout comme la Constitution canadienne d’ailleurs. De plus, une élection référendaire devra tenir compte de tous les votes accordés à un parti ouvertement indépendantiste (UFP, Option citoyenne, etc.). L’élection d’un parti indépendantiste, quel qu’il soit, entraîne automatiquement l’enclenchement du processus de sécession en commençant par la récupération de tous les pouvoirs, de tout le territoire, de tout l’argent, de toutes les communications, etc. Comme le dirait M. JRM Sauvé, je crois : agissons unilatéralement avec audace et courage, justifions-nous après.
Vive la République française du Québec,

TRIBUNE LIBRE
Que M. Landry laisse les membres du
PQ analyser une proposition
Jacques Bergeron, Montréal
TRIBUNE LIBRE 18 août 2004
En démocratie, lorsque les dirigeants d'une
association ou d'une compagnie (encore davantage un
parti politique)sont mis en minorité par leur
assemblée générale, ces dirigeants dis-je, doivent en
tirer les conséquenses. Dans ce sens, si notre ami
Bernard Landry se prépare à aller à l'encontre de
l'assemblée générale de son parti, il doit se préparer
à poser le geste que plusieurs souhaitent, si on
observe ce qui se passe actuellement dans les
coulisses du Parti Québécois, soit démissionner.
S'il
devait aller à l'encontre d'une proposition adoptée
par ses membres lorsque ces derniers auront décidé
qu'une prochaine élection sera référendaire et que son
résultat positif ( élection majoritaire de députés du
PQ à l'Assemblée nationale) obligera le prochain
gouvernement à tenir compte de cette réalité
nouvelle, il n'aura qu'à laisser la place à quelqu'un
d'autre, à moins qu'il n'ait pris la décision de
laisser le poste de Président de notre parti à
quelqu'un d'autre avant la prochaine réunion de son
conseil national en 2005.
Un Politique , fut-il
président de son parti, n'est pas plus important que
l'ensemble des membres de ce parti. En attendant, il
serait souhaitable que M. Landry laisse les membres du
PQ analyser une proposition ( élection référendaire) que
semblent adopter de plus en plus de Québécois depuis
le vol du pays par les fédéralistes lors du référendum
de 1995.
Il ne faudrait pas que l'on retrouve sur une
même tribune, Bernard Landry et Stéphane Dion
défendant les mérites d'un xème référendum. Cela
ferait rire les ennemis de notre peuple et les
quelques députés canadiens-français, comme Lucienne
Robillard, Denis Coderre, Jean Lapierre , Pierre
Pettigrew et quelques autres, qui n'ont pas hésité à
se vêtir des oripeaux de leurs maîtres pour mieux
s'assujettir et les servir.
On dit que les Rois-nègre n'agissaient pas autrement.

TRIBUNE LIBRE
QU’IL REVIENNE!!
Nicolas Forget
TRIBUNE LIBRE 18 août 2004
Va-t-on laisser Landry à la tête des souverainistes... par défaut? Va-t-on choisir le moins pire des candidats? Marois n'intéresse personne. Boisclair est parti étudier. Legault a ses mérites mais c'est un bon deuxième. Malgré toute sa bonne volonté, Bernard Landry n'arrive pas à créer le momentum nécessaire pour en finir une fois pour toutes avec l'immobilisme. Le parti se sclérose. Les jeunes cherchent leur place.
Soyons honnête, Monsieur est encore notre leader. Il n'a qu'à publier une lettre ouverte, qu'à donner un coup de pied dans la cage à homard pour faire mouiller les militants. Trois mots et il ébranle l'establishment péquiste, trois jours et les tribunes téléphoniques de radio-canada sont mobilisées ; donnez-lui trois mois et le Canada anglais ressortira l'artillerie lourde. C'est notre Grand Manitou.
Souvenez-vous, c'est lui qui a remis sur ses pieds le PQ après la défaite de 80, lui qui a failli nous mener à la victoire. Il aura appris de ses erreurs et nous réparerons les nôtres en cessant de jouer le jeu fédéraliste de la culpabilité et des vieux démons. Il est imprévisible pour ses ennemis, digne d'une confiance aveugle pour ses alliés. C'est notre seul chef d'état.
Qu'il revienne! Que Parizeau revienne et qu'il nous mène à l'indépendance!
