
Une élection référendaire au Québec: est-ce le vrai débat?
LOUIS O'NEILL
Le Devoir mercredi 25 août 2004
AGORA - Il y aurait sans doute lieu de s'interroger au préalable sur la volonté véritable de réaliser la souveraineté dans un avenir prévisible
Dans le cadre de la «saison des idées» du Parti québécois, des têtes d'affiche de cette formation politique ont amorcé un débat sur la stratégie qu'il faudrait adopter afin d'assurer le triomphe de la cause souverainiste. On a par exemple prôné l'utilité d'inventer un nouvel étapisme ou, à l'inverse, insisté sur l'avantage qu'il y aurait d'aller de l'avant plus carrément en tablant sur l'aspiration à l'indépendance qui couve dans le coeur d'un nombre croissant de citoyens enclins à se définir comme Québécois et non comme Canadiens.
On débat de stratégies, donc de moyens, comme s'il n'y avait pas lieu de s'interroger au préalable sur la nature spécifique de l'objectif et sur la volonté véritable de le réaliser dans un avenir prévisible. En effet, nombreux sont les indépendantistes qui se posent des questions au sujet de l'existence de cette présumée détermination chez plusieurs ténors péquistes. De là un certain scepticisme qui expliquerait en partie le taux élevé d'abstention qu'on a pu constater lors des élections du 14 avril 2003. On peut juger une telle abstention regrettable, mais il convient d'essayer d'en comprendre les motifs.
Un gouvernement provincialisé
L'exercice du pouvoir a été profitable à la cause de l'indépendance au temps où Jacques Parizeau était premier ministre. Mais de janvier 1996 au 14 avril 2003, le gouvernement péquiste s'est «provincialisé». On avait à l'occasion droit à des bribes de discours où il était question de souveraineté, de nation québécoise et du «pays qu'on veut se donner». Ce vocabulaire devenait particulièrement à la mode au cours des campagnes de financement.
C'étaient de belles déclarations plaisantes, comme de beaux habits du dimanche. Pour le reste du temps, on retournait au style provincialiste en attendant l'émergence de conditions gagnantes qui surgiraient un jour, comme le printemps succède à l'hiver. Le souci de bien gérer l'a emporté sur la promotion de la souveraineté, comme si on ne pouvait pas poursuivre les deux objectifs en même temps.
Il est sans doute indéniable qu'à partir du moment où une formation politique occupe le pouvoir, elle a le devoir de gérer le quotidien, de légiférer sur des dossiers importants, de répondre aux urgences. D'autant plus que pour un gouvernement qui a en principe opté pour la cause de la souveraineté nationale, plusieurs questions relevant de la gestion quotidienne revêtent une importance cruciale, par exemple la promotion de la langue française, l'éducation, le financement des soins de santé, le déséquilibre fiscal; ce sont des questions où la recherche de solutions se heurte inévitablement à des obstacles provenant de l'idéologie et des structures qui sous-tendent le fédéralisme actuel.
Mais si on aborde ces questions dans une optique étroitement provincialiste en omettant la dimension structurelle pancanadienne, on en est réduit à se contenter de solutions bancales. Le projet de souveraineté fait donc aussi partie de la bonne gouverne. Il représente beaucoup plus que la cerise sur le gâteau.
Virage sur feu rouge et autres questions secondaires
La bonne gestion du quotidien requiert qu'on s'occupe sans tarder de questions pressantes. Le temps se prête peu aux discours sur l'indépendance quand le verglas frappe le tiers de la population ou lorsque l'accès aux soins de santé est devenu problématique. Encore que, dans ce dernier cas, on ne puisse ignorer la dimension structurelle liée au fonctionnement du fédéralisme.
La thèse de la bonne gestion et de ses contraintes devient plus difficilement défendable quand des porte-parole souverainistes s'égarent sur des chemins qui ne mènent nulle part. On comprend mal par exemple qu'on ait pu consacrer tant de temps et d'énergie à des questions pour le moins secondaires. Tel ministre passera à l'histoire parce qu'il a multiplié les efforts afin qu'on légifère sur le virage à droite sur feu rouge; tel autre s'est illustré en faisant adopter un projet de loi qui autorise la livraison de la bière en même temps que celle de la pizza; tel autre a mené une chaude lutte pour faire supprimer du Code civil la définition du mariage.
Je ne vois pas en quoi des initiatives de ce genre pouvaient prétendre répondre à une urgence au point d'y investir massivement des énergies qu'on aurait pu consacrer à la promotion de la souveraineté.
Même le combat en faveur des fusions municipales pose question. L'objectif était légitime, mais y avait-il péril en la demeure au point qu'il fallait dès maintenant régler ce dossier alors que le contexte politique s'avérait défavorable? Étant donné ses dimensions sociales, culturelles et ethniques, le projet aurait pu suivre un cheminement moins laborieux si on l'avait mis en avant au lendemain d'une souveraineté enfin concrétisée.
Profiter des tribunes
Un ministre ou un député du PQ ne peut pas ne parler que de souveraineté, mais on est en droit de s'attendre à ce qu'il aborde ce thème de temps en temps avec un tant soit peu de profondeur, et pas seulement du bout des lèvres. Surtout un ministre, qui se fait offrir en maintes occasions des tribunes où il peut dialoguer avec des gens moins attentifs à la question nationale et qui ont besoin qu'on leur en explique les dimensions à la fois historiques, culturelles, sociales et économiques.
Au cours des récentes années d'exercice du pouvoir, les ministres péquistes ont joui de ces occasions favorables. En ont-ils profité? S'ils l'ont fait, ce fut avec une discrétion hors du commun, car leurs interventions semblent avoir très souvent échappé à l'attention des médias et des citoyens ordinaires.
J'ai pour ma part colligé bien peu de coupures de journaux où l'on rapportait des discours substantiels, des analyses éclairantes, des «points de mire» à la manière de René Lévesque, où des porte-parole péquistes s'employaient à développer le goût du Québec et à faire progresser la réflexion sur le projet d'indépendance nationale.
Il y eut des exceptions, tels Jacques Parizeau et Bernard Landry. Au fait, dans l'histoire du mouvement souverainiste, c'est Jacques Parizeau qui incarne le modèle le plus attractif et le plus percutant du discours limpide, de la pédagogie propre à éveiller et à stimuler l'intelligence, du langage dynamique qui suscite la confiance et l'adhésion éclairée. Ce qui ne signifie pas qu'on doive accueillir sans examen les propos qu'il tient sur les stratégies référendaires.
Au cours des dernières années de pouvoir, la plupart des têtes d'affiche du PQ ont privilégié la discrétion face au projet de souveraineté. Cette discrétion s'imposait, paraît-il, puisqu'un gouvernement qui représente tous les citoyens ne doit pas avoir l'air de favoriser une option particulière, même s'il a été élu sous cette bannière.
Mais alors, pourquoi conquérir le pouvoir au nom d'une option particulière si c'est pour ensuite mettre celle-ci en veilleuse et pratiquer un souverainisme du dimanche? Quand les citoyens élisent un député souverainiste, ils doivent bien s'attendre un peu à ce que celui-ci fasse la promotion de son option.
Beaucoup d'élus péquistes ont opté pour une sorte de pureté politique en cette matière. Pendant ce temps-là, une ténébreuse machine fédéraliste utilisait des fonds secrets et pratiquait le détournement de fonds publics afin de livrer une guerre sans merci aux «ennemis séparatistes». Là-bas, les scrupules de conscience n'empêchaient personne de dormir.
Entre ce grabuge honteux dans lequel ont pataugé des fédéralistes zélés et la pureté péquiste qui avoisine l'impuissance, il doit bien exister quelque part un juste milieu. [...]
Pour un discours libérateur
La bonne stratégie, c'est de parler d'indépendance partout où on le peut, chaque fois que l'occasion s'y prête. Il faut dire et redire que l'indépendance politique n'est pas une maladie, qu'elle incarne une saine et légitime aspiration à la liberté et agrandit l'espace propice à l'exercice de la responsabilité, tant personnelle que collective. Elle est apte à rendre les citoyens plus conscients de leur dignité; elle les convie à se prendre en charge et à actualiser leur capacité de créer, de produire, de faire avancer la société. Elle dynamise les structures sur lesquelles s'appuie une nation qui assume son propre destin. Elle permet à celle-ci d'accéder à la communauté mondiale et de pratiquer la solidarité avec les autres nations.
Le projet d'indépendance du Québec, c'est donc tout autre chose qu'un repliement sur soi provoqué par les tribulations d'une entité canadienne boiteuse. C'est, pour la société distincte que nous formons, la voie d'accès à la normalité, celle qui s'incarne dans un État souverain, forme achevée de la nation telle que façonnée par l'histoire, la culture et le vouloir-vivre collectif.
Face au projet de souveraineté, les débats sur les stratégies sont secondaires. Il faut d'abord bien formuler, répéter et interpréter la question préalable, celle qui concerne la marche historique d'un peuple en quête d'une prise en charge de son avenir. Chez les individus et chez les peuples, un tel projet dissipe la morosité, combat la désespérance et ouvre sur des perspectives emballantes.
Cela s'est vérifié par le passé: l'histoire illustre comment des peuples qui semblaient voués à la sujétion et à une croissance boiteuse ont pu, une fois souverains, se donner les moyens d'un développement culturel, social et économique étonnant. Cela se vérifie aussi de nos jours, par exemple au sein de la nouvelle Europe communautaire. Authentique souveraineté et pratique de la solidarité: c'est la voie d'avenir pour beaucoup de petits peuples. [...]
LOUIS O'NEILL : Professeur émérite à l'Université Laval et ancien ministre dans le gouvernement de René Lévesque

Bernard Landry, défenseur d'une approche déphasée
Claude Bariteau
Le Devoir mercredi 25 août 2004
AGORA - Le 16 août 2004, Jacques Parizeau a qualifié l'étapisme d'errance et souligné l'écueil qu'est devenu un référendum sur une question depuis l'adoption de la loi C-20 et la révélation des scandales des commandites. Il a aussi fait écho, en vue de susciter un débat, à la proposition de Robert Laplante publiée dans L'Action nationale mais d'abord exposée à une assemblée citoyenne du Rassemblement pour l'indépendance.
Pour l'essentiel, cette proposition se veut une voie alternative à l'étapisme et un contournement de la loi C-20. Avec elle, un parti, en l'occurrence le Parti québécois, élu avec une plateforme électorale indépendantiste, aurait le mandat d'enclencher un processus conduisant à l'adoption d'une constitution provisoire et de lois instituant une citoyenneté québécoise et une Cour suprême. Un référendum sur un projet de constitution rendrait le tout permanent car ses résultats témoigneraient de la volonté des Québécois de se doter d'un État indépendant.
Le jour même, Bernard Landry s'en est dissocié. Pour lui, pas question d'élection référendaire. Rejet même de la validité d'un résultat électoral donnant 50 % plus une voix des suffrages exprimés à un parti proposant d'enclencher le processus menant à l'indépendance car, les enjeux étant multiples, la question ne serait pas tranchée.
Toujours de son avis, le PQ, parti progressiste et souverainiste, n'atteindrait pas cet objectif dans un système à trois ou quatre partis, avis que partage Jacques Parizeau. Toutefois, pour le chef du PQ, seul un référendum, qui serait la norme dans le monde contemporain, permettra de clarifier la volonté des Québécois, ce que le PQ entend promouvoir, tradition et convictions à l'appui, après avoir sensibilisé le peuple québécois aux avantages d'avoir son pays.
Voyons ces arguments.
1- Le référendum comme norme
Dans The Dynamic of Secession (1999), Viva Ona Bartkus signale, aux pages 229 et 230, qu'à la suite d'une décision de faire sécession appuyée, lors d'un référendum ou d'une élection, par une majorité de Québécois, il est difficile d'imaginer que le Canada, sans nier les principes sur lesquels furent créées ses propres institutions, puisse empêcher qu'il y ait sécession.
Autres points:
- le recours au référendum est un outil contemporain utilisé surtout par des États souverains d'Europe en vue de s'associer à d'autres pays au sein d'ensembles politiques supranationaux, ce qui n'a rien à voir avec une sécession;
- la sécession des pays baltes d'Estonie, de Lituanie et de Lettonie s'est conclue après l'élection de partis qui en faisaient la promotion sans tenir de référendum qui, exigé par la Russie selon ses règles, fut décliné à la faveur d'un sondage lors d'élections générales.
2- 50 % plus une voix
S'il est peu probable que le PQ obtienne ce pourcentage en s'affichant comme indépendantiste, il faut à mon avis comprendre pourquoi et se demander comment y arriver plutôt que de clore ex cathedra la discussion. Il le faut simplement parce que le pourcentage des indépendantistes, toutes origines confondues, est plus près de ce chiffre que le soutien obtenu par le PQ. Plusieurs sondages l'ont mis en relief et révélé qu'il y a de nombreux indépendantistes qui appuient l'Action démocratique du Québec et que d'autres soutiennent le Parti libéral du Québec ou l'Union des forces progressistes.
La réponse au pourquoi devient alors facile. Le PQ, qui se définit comme étant le bateau amiral de l'indépendance mais refuse de dissocier le projet de pays de son projet de société, sait qu'il ne peut pas espérer rallier les indépendantistes autrement que par référendum. C'est ce qui le conduit à voir dans le 50 % + 1 un objectif inaccessible lors d'un scrutin mais imaginable par référendum.
La réponse au comment n'est pas plus compliquée. Plusieurs politiciens voient, à tort je pense, l'indépendance du Québec comme un moyen de réaliser leurs visées sociales et économiques. Or vouloir faire un pays est avant tout un objectif politique que seule fonde une volonté de vivre ensemble et de se doter d'institutions respectueuses de nos différences.
En somme, faire un pays, c'est d'abord témoigner une maturité et des aptitudes à s'assumer politiquement. Dans plusieurs cas d'accession à l'indépendance, ce témoignage s'est exprimé par une coalition entre des partis. Ces derniers font de l'indépendance leur priorité, ont en commun un argumentaire sur l'urgence de procéder et sur les dossiers sensibles (monnaie, passeports, douane, armée, etc.), partagent les principes de base fondant le vivre ensemble et le régime parlementaire, s'entendent sur les mesures immédiates et établissent un plan d'accès au statut d'État souverain. Les pays baltes ont procédé de la sorte.
3- La tradition référendaire péquiste
L'idée d'un référendum sur un projet de constitution fut intégrée au programme du PQ en février 1973. Elle fut écartée à la faveur de l'étapisme en 1974, plusieurs leaders, désireux de prendre le pouvoir, voulant procéder par à-coups pour s'approcher du but recherché et tenir un référendum sur une question pour trancher. De là les défaites de 1980 et de 1995, cette dernière ayant suscité l'adoption en 2000 de la loi C-20 qui harnache la prochaine tentative.
Depuis, on a découvert que la province est devenue ingouvernable et que le Canada a débordé la loi référendaire du Québec, s'adonnant même à des pratiques frauduleuses. Alors, pourquoi s'accrocher à cette tradition?
Les Québécois sont conscients de tout cela, tout autant que le furent les Baltes des contraintes référendaires de l'ex-URSS. Aussi s'opposent-ils à la tenue de référendums et affirment-ils qu'ils veulent procéder en toute légitimité. Les écouter conduit à chercher une façon de procéder qui les rejoint plutôt que de s'accrocher à une tradition devenue un cauchemar.
L'idée d'une coalition des forces indépendantistes est une méthode reconnue. Elle a fait ses preuves et est légitime. Au Québec, elle a vu le jour en 1995 avec l'entente entre le PQ, l'ADQ et le Bloc québécois. Le soutien de 44 % des voix au PQ en 1994 a frôlé les 50 % lors d'un référendum où les forces du NON ont contourné impunément les règles québécoises. Pourquoi ne pas en réactiver une autre, cette fois-ci lors d'une élection?
4- Le caractère décisif d'un référendum
Si un référendum peut témoigner de la volonté d'un peuple, sa portée, par définition, est moindre qu'une élection au cours de laquelle une majorité appuie des plateformes indépendantistes. En matière de sécession, il y a cependant d'autres exigences. La reconnaissance de l'État-souche en est une.
Le Canada est devenu pays en 1867, a acquis son statut de pays souverain en 1931 et a rapatrié sa Constitution en 1982 après avoir obtenu l'accord du Parlement britannique et de l'autorité royale. La Norvège est devenue pays avec l'accord de la Suède et les pays baltes l'ont fait après avoir obtenu celui de la Russie. L'importance de cette reconnaissance découle du fait que la non-ingérence dans les affaires des États souverains est la pierre d'assise du droit international. Seuls des gestes graves peuvent conduire certains États à s'y soustraire.
La loi C-20 n'a rien de tel, et le Canada ne donne pas de signes de cet ordre. Aussi importe-t-il de cesser d'imaginer que des États tiers nous reconnaîtront parce que nous avons tenu et gagné un référendum. La reconnaissance du Canada sera déterminante. Facilitera alors les choses notre capacité de faire valoir:
- que nous sommes un peuple qui éprouve des problèmes pour assurer son développement politique, économique, social et culturel;
- que nous respecterons les obligations associées au statut d'État souverain, dont le respect des droits des minorités;
- que nous maintiendrons l'ordre sur notre territoire. Dans cette optique, une coalition des forces indépendantistes, parce qu'elle témoigne de notre volonté de vivre ensemble et la consolide, est plus garante du futur qu'un vote lors d'un référendum.
5- La sensibilisation
Pour les dirigeants péquistes, leur chef en tête, les Québécois ne seraient pas encore persuadés de la nécessité de faire pays. Il n'en est rien. Ce sont plutôt des hommes et des femmes en politique qui pensent de la sorte et se confortent à l'idée qu'il leur revient de convaincre le peuple du bien-fondé de leur propos. Imbus d'un esprit messianique, ils ont de la difficulté à composer avec les porteurs de l'indépendance et leurs visions sociales différentes. Et encore plus, dirais-je, à comprendre que ces porteurs ne veulent pas un référendum mais plutôt une autre façon de faire, ce qui n'a rien à voir avec des discours de sensibilisation.
Les arguments du président du PQ montrent qu'il n'est plus l'homme de la situation. Qu'il veuille s'accrocher au pouvoir en témoigne. Avec lui, le PQ fera encore de la gouverne provinciale un objectif premier avec une plateforme avançant qu'il fera tout pour réaliser l'indépendance nationale s'il est élu. Au pouvoir, il créera un office de sensibilisation et, un jour, tiendra un référendum pour vérifier si le rêve entretenu deviendra réalité.
Or rien dans cette démarche ne permet de penser que ce sera le cas. Les embûches sont trop grandes. Prétendre le contraire serait prédire que le passé peut devenir autre chose qu'un cauchemar par la magie d'une remise à jour d'une démarche déphasée.
Dans sa missive, Jacques Parizeau affirme ne pas imaginer un soutien majoritaire accordé à un PQ dont la plateforme électorale serait la réalisation de l'indépendance. En serait-il autant dans le cas d'une coalition? Personnellement, je pense que non. Ce soutien serait à notre portée, comme ce fut le cas ailleurs.
Voilà qui ramène à l'essentiel: le choix de la meilleure approche. L'étapisme repoussé, faut-il nécessairement revenir au procédé de 1973 et faire fi d'exigences désormais mieux cernées, notamment les règles internationales de reconnaissance des États sécessionnistes? Faut-il opter pour un procédé qui s'appuie sur des lois provisoires, ce qui, habituellement, découle d'une entente préalable, comme ce fut le cas lors des indépendances des ex-colonies?
Une coalition recevant un appui majoritaire m'apparaît de loin comme étant une avenue plus solide. De toute façon, elle devra apparaître un jour avec les deux autres approches. Pourquoi ne pas chercher immédiatement à regrouper de cette façon les indépendantistes? Nous avons deux ans devant nous. Qui peut dire aujourd'hui que le PQ, l'UFP et l'ADQ ne partageront jamais cette approche? Et si elle prend forme et donne les résultats attendus, qui peut avancer que des députés du PLQ, devant un appui majoritaire à la coalition, ne se prononceront pas en faveur de l'indépendance du Québec?
Alors pourquoi, au PQ comme ailleurs, ne chercherait-on pas à l'approfondir, et pourquoi le PQ, l'ADQ et l'UFP ne s'entendraient pas rapidement sur la nomination de personnes qui travailleraient à son arrimage?
Claude Bariteau : Anthropologue à l'Université Laval

Une formule séduisante mais ambiguë
Jean-Marc Léger
Le Devoir mercredi 25 août 2004
Lettres: Montréal, le 21 août 2004
Séduisante sous plusieurs rapports, ne serait-ce que dans le renouvellement apparent du discours et de la démarche, la formule dite de l'élection référendaire est par ailleurs ambiguë dans son mélange des genres et se révèle par ailleurs fort exigeante sous l'angle de sa qualité démocratique, en l'occurrence essentielle. Plus que toute autre formation, le Parti québécois doit en avoir le souci au plus haut point, surtout si la victoire électorale doit autoriser la mise en route du processus conduisant à l'indépendance.
Le verdict populaire doit être, dans pareille hypothèse, parfaitement clair au regard de l'opinion québécoise aussi bien qu'étrangère, la canadienne notamment. Cela suppose que soient réunies trois conditions de base : un taux de participation élevé, un deuxième tour de scrutin et un programme de campagne résumé dans le cas du PQ à un seul article : l'indépendance.
Le taux de participation devrait, dans pareil cas, être au moins équivalent à la moyenne enregistrée lors des élections québécoises depuis 25 à 30 ans, soit de 70 à 72 %, et préférablement plus élevé. Par ailleurs, étant donné le but de cette consultation particulière, il faudrait prévoir et annoncer, avant le début de la campagne, l'institution d'un deuxième tour, indispensable sauf dans le cas improbable où le PQ obtiendrait dès le premier tour la majorité absolue. Celui-ci ne saurait en effet engager le processus conduisant éventuellement à l'indépendance sur la base de 42 à 44 % ou même de 46 à 48 % des suffrages. Avec un deuxième tour (où ne restent en lice que les deux candidats arrivés en tête au premier tour, sauf bien sûr les circonscriptions où il y a eu un élu avec plus de 50 % des voix dès le premier tour), il est probable qu'un fort pourcentage des électeurs ayant voté au premier tour pour l'ADQ, le NPD, les verts et même le PLQ se reporteraient au deuxième tour sur le PQ, alors assurés de remporter au moins les fameux 50 % (plus une voix !).

La démocratie exige un meilleur accès à l'information, selon Anne Kothawala
Presse Canadienne Le 26 mai 2004
La Loi canadienne d'accès à l'information doit être améliorée d'urgence, estime la présidente de l'Association canadienne des journaux, Anne Kothawala. Selon elle, la prospérité du pays dépend de la transparence gouvernementale.
"La réputation internationale du Canada, celle d'un pays où les pratiques corrompues ne sont pas tolérées dans les milieux d'affaires ou au gouvernement, n'est plus ce qu'elle était", a soutenu mercredi Mme Kothawala devant l'Economic Club de Toronto. Il s'agit, selon elle, d'une menace à notre position concurrentielle en tant que nation.
Les 100 millions $ de dépenses douteuses identifiées par la vérificatrice générale dans la foulée du scandale des commandites ne sont "qu'une goutte d'eau dans l'océan lorsque vous considérez que l'équivalent de 80 milliards $ d'actifs publics sont gérés par des sociétés publiques à l'abri de tout examen de la part de leurs véritables actionnaires _ les citoyens du Canada".
Ces sociétés d'Etat, agences et fondations diverses, dont Via Rail, Postes Canada, Radio-Canada et Nav Canada, sont exemptées de la Loi d'accès à l'information, adoptée il y a 22 ans, a souligné Mme Kothawala. Pour elle, l'argument à l'effet que cette protection leur est nécessaire pour pouvoir rester concurrentielles sonne faux.
Plus largement, "le premier ministre s'est engagé à éliminer le déficit démocratique, mais jusqu'à présent, les résultats sont un peu décevants", a-t-elle dit.
"La loi visant à assurer la protection des dénonciateurs que le gouvernement de Paul Martin a promis de faire adopter au Parlement devrait en réalité être appelée une loi contre les dénonciateurs. Telle qu'elle est conçue, elle décourage encore davantage les fonctionnaires qui voudraient dénoncer des irrégularités ou de la corruption."
Mme Kothawala, une ancienne lobbyiste qui dirige l'Association des journaux depuis 1999, réclame aussi une révision de la Loi sur la sécurité de l'information, adoptée dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 et en vertu de laquelle il devient criminel de détenir de l'information que le gouvernement considère comme secrète.
"Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond quand des journalistes canadiens se retrouvent à la fine pointe de la lutte contre le terrorisme, et que des agents de la GRC fouillent dans leurs tiroirs à la recherche de documents secrets et de sources", a-t-elle déploré.
A son avis, la leçon à tirer de la débâcle des commandites, c'est de s'assurer que le prochain gouvernement ait des comptes à rendre aux électeurs, et pour cela, ni le gouvernement ni aucune de ses agences ne devraient échapper à la surveillance des médias.
Le droit à la protection de la vie privée devrait-il toujours éclipser le droit d'accès à l'information? Il faudrait avoir une bonne discussion là-dessus, propose Mme Kothawala.
Ces questions ne concernent pas que les médias, ajoutait-elle. Elle a rappelé que les demandes d'accès à l'information provenant d'entreprises sont quatre fois plus nombreuses que les demandes faites par les médias.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Merci Parizeau et Laplante
Gilles Rhéaume
TRIBUNE LIBRE 25 août 2004
Faut pas attendre après les médias subventionnés par Ottawa pour nous dire
les bonnes nouvelles. Ce n'est pas dans La Presse de Montréal, gavée par
millions par Ottawa, que nous pouvons trouver la vérité de ce que se passe au
pays du Québec.
Depuis quelques semaines, et pour encore longtemps, la souveraineté reprend
ses droits. Il est temps que le projet de société qui rassemble 47% du
peuple québécois occupe sa place dans l'information.
À part les indépendantistes, il ne semble avoir quelque chose qui bouge au
Québec. Les rouges ont gagné, le Canada se réveille avec un Québec plus vif
que jamais.
André Pratte, Lili Gagnon, Alain Dubuc, l'éternel tabletté de Power, ont
beau se forcer à trouver des arguments, le jello canadien ne prend plus ici.
Pratte a veilli de 100 ans, Gagnon radote et Dubuc se délaye.
Radio-Canada, avec les Olympiques, dénature le fait québécois. Ce qui est
rassurant c'est que plus personne ne l'écoute...
Moi, je reprends ma carte du PQ. C'est là qu'il va se passer quelque chose,
tout le reste est babillage.
Redonnons à ce parti le souffle dont il a besoin.
Merci Parizeau et Laplante, vous avez réveillé bien du monde et ce, partout
au QUébec, dans toutes les régions, dans nos villes et dans nos villages,des
jeunes et des plus âgés se sont mis à penser qu'il était temps qu'on en
parle de l'indépendance.

TRIBUNE LIBRE
Le 30 octobre 1995, nous nous sommes fait voler un pays !
Gilles Rhéaume
TRIBUNE LIBRE 25 août 2004
Dans le cadre du 2e cycle de conférences sur l'histoire des idées au Québec,
Gilles RHÉAUME, prononcera une causerie, mardi le 21 septembre, de 19 à
21h., au 82 Sherbrooke ouest à Montréal (H2X 1X3).
Thème :
«Comment le Canada a volé un pays aux Québécois le 30 octobre 1995»
Cette causerie s'appuiera sur le mémoire «Violations par le Canada des
droits politiques des Québécois» que les Cahiers de l'Institut viennent de
publier. En plus de ce document écrit en 2000, tout ce que le scandale des
commandites a révélé sur les exactions d'Ottawa servira à la construction de
l'argumentaire...
Si vous désirez assister à cette conférence, prière de réserver votre place,
car les places sont limitées.
Participation suggérée : 8$
RSVP: via courriel au bienvenue62@hotmail.com ou encore en téléphonant au
514 843-8851 poste 270 (24/24h.)
P.S.: Il est aussi possible de se procurer sur demande une copie de ce
mémoire déposé à l'ONU pour la somme de 5$. Sur cette réception de cette
somme à mon attention à l'adresse indiquée, vous recevrez par le courrier
votre exemplaire, dans un délai maximum de 10 jours. Le document sera aussi
disponible au moment de la causerie.
N'hésitez pas à nous contacter pour tout renseignement et nous vous prions
de bien vouloir diffuser le présent message.
Le 30 octobre 1995, nous nous sommes fait voler un pays !

TRIBUNE LIBRE
DES CAHIERS PRODUITS AU QUÉBEC POUR LA RENTRÉE SCOLAIRE
SSJB
TRIBUNE LIBRE 25 août 2004
SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL
Maison Ludger-Duvernay
82, rue Sherbooke Ouest
Montréal, Québec
H2X 1X3
Tél. (514) 843-8851
Télécopieur: (514) 843-6369
DES CAHIERS PRODUITS AU QUÉBEC POUR LA RENTRÉE SCOLAIRE
Montréal, le 19 août 2004 - Il y a quelques années, des jeunes avaient imaginé et produit un cahier à leur goût et à leur image : le cahier d'exercices QUÉBEC.
Aux couleurs bleu et blanc du Québec, ces cahiers sont à nouveau offerts sur le marché pour le plus grand plaisir de nos jeunes. Trente-deux (32) pages lignées sur un papier de qualité supérieure, notre cahier est présenté en langue française seulement. En prime, les jeunes trouveront au dos un résumé des dates marquantes de l'histoire du Québec, résumé qui pourrait aussi leur servir d'aide-mémoire. Une fiche technique ainsi qu'une carte géographique du Québec sont un complément d'information fort utile.
Tout en joignant l'utile à l'agréable, voici une belle occasion de mieux faire connaître le Québec auprès de nos jeunes et d'encourager l'achat d'un produit de chez-nous. Imprimés en quantité limitée, ces cahiers QUÉBEC sont en vente au prix de 1,00 $ l'unité à notre boutique de la Maison Ludger-Duvernay.
Pour renseignements supplémentaires, veuillez communiquer par téléphone au (514) 843-8851 ou vous présenter, du lundi au jeudi entre 9h00 et 17h00, à la Maison Ludger-Duvernay au 82 de la rue Sherbrooke Ouest à l'angle de la rue Saint-Urbain de Montréal (station de métro Place-des-Arts ou Saint-Laurent).

TRIBUNE LIBRE
Radio-Canada m'est devenue imbuvable
Marcelin Gélinas
TRIBUNE LIBRE 25 août 2004
Plongeon
Le Canadien
Alexandre Despatie décroche l'argent au tremplin de 3 mètres
(Tiré de :
http://radio-canada.ca/nouvelles/)
Une
illustration parmi cent autres...
Le Canadien, la Canadienne, le
Montréalais...
Dire : «Le Québécois», ça vous brûlerait sans doute
la langue et le gros orteil.
Voilà précisément l'une des principales
raisons pour lesquelles Radio-Canada m'est devenue imbuvable.
Les
Olympiques sont l'occasion en Canada de procéder à la reconduction des méthodes
des Jean Pelletier, des Charles Guité, des Jean Chrétien, des Alfonso Gagliano
et des André Ouellet, avec l'objectif - constant - de banaliser,
d'«insignifier», voire d'annihiler la personnalité du Québec.
Et c'est
comme ça d'une fois à l'autre. Aux deux ans. Immanquablement. Tout le
temps...
Gesca et Radio-Canada, vous faites vraiment la
paire quand il s'agit d'éradiquer la québéCité de l'espace mental des...
Québécois.
Imbuvable, vous dis-je.
Marcelin Gélinas
Québec,
Québec
cc :
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