Actualité





L'indépendance du Québec à l'ère de la mondialisation

Danic Parenteau
Chargé de cours au Collège militaire royal du Canada
Le devoir jeudi 5 août 2004

L'élection récente d'une forte députation bloquiste a remis de l'avant le projet de l'indépendance du Québec. Une question s'impose: pourquoi, en 2004, faire du Québec un pays? Un bref rappel du contexte historique dans lequel est né le mouvement indépendantiste québécois, afin de le mettre en contraste avec le présent contexte marqué par la mondialisation, devrait permettre d'apprécier l'intérêt toujours aussi actuel de ce projet politique.

C'est dans un contexte général de décolonisation, contexte qui s'est étendu à l'ensemble des continents dans les années 1960, que s'inscrit la naissance du mouvement indépendantiste au Québec. L'indépendance du Québec repose alors sur un principe universellement reconnu, celui de l'«autodétermination des peuples». Aspirer à l'indépendance consiste à cette époque pour la nation canadienne-française, à se libérer du «colonisateur» qu'incarnait celui que l'on nommait à l'époque l'«Anglais». Aussi ce mouvement indépendantiste s'articule-t-il alors sous la forme d'une confrontation unidirectionnelle : complètement aliéné par sa condition de colonisé -- qui se manifeste à la fois comme une domination concrète et comme une aliénation de l'esprit --, de sorte à ne plus être ni maître de lui-même ni maître du rapport qu'il entretient avec autrui, le Canadien français est alors totalement tourné vers le colonisateur «anglais» dont il cherche à se libérer.

Or, si c'est au sein d'un tel horizon délimité que prend naissance le mouvement indépendantiste au Québec, ce n'est qu'en s'ouvrant au monde qu'il pourra aujourd'hui triompher. Une double motivation est à la base de cette ouverture. D'une part, force est de constater que la situation économique et politique des Québécois face aux Canadiens a nettement progressé depuis les années 1960. Des motifs internes justifient une redéfinition du mouvement indépendantiste québécois. D'autre part, qu'il soit nécessaire pour le Québec de s'ouvrir au monde repose également sur des motifs externes : l'environnement global dans lequel évoluent aujourd'hui aussi bien le Québec que le Canada s'est lui aussi transformé. La mondialisation oblige en effet à une redéfinition du projet indépendantiste québécois.

La mondialisation -- qu'il faut distinguer de la «globalisation» qui se définit comme un processus essentiellement économique d'ouverture des marchés qui profite de la mondialisation -- se caractérise comme un accroissement des échanges de part et d'autre de la planète, et s'articule comme une ouverture du monde sur les diverses cultures (j'entends «culture» dans un sens étendu qui désigne toutes les formes d'expression d'une nation, que ce soit sa langue, ses valeurs, sa religion, ses productions artistiques, etc.), et comme une ouverture des nations sur le monde. Cette ouverture, gage d'une meilleure compréhension des peuples entre eux, porte sans conteste en elle l'espoir d'un monde meilleur. Or, ce processus n'est pourtant pas sans représenter un certain risque pour les «petites» nations telles que la nation québécoise. En effet, l'on ne saurait nier l'existence, au sein de cet espace d'échanges, d'un rapport de force qui est favorable aux «grandes» cultures. Au coeur de la mondialisation réside bien le danger de l'hégémonisme de certaines cultures, au premier plan celui de la culture étasunienne. Accentué par la globalisation, qui amplifie ce rapport de force entre les nations en soumettant toute relation au credo de la compétitivité et de la concurrence, le danger qui est inhérent à la mondialisation apparaît nettement.

Aussi, la mondialisation appelle le respect d'un nouveau principe par lequel l'indépendance du Québec trouve une nouvelle justification : au principe de l'autodétermination succède celui de la diversité culturelle. Le principe de la diversité culturelle peut être défini comme une valorisation et une reconnaissance de l'existence d'une diversité de cultures, par suite de nations, diversité qui est jugée préférable, d'une part, à l'existence d'une culture hégémonique mondialement dominante et, d'autre part, à l'existence de cultures vivant en autarcie. En cela, le principe de la diversité culturelle n'est pas opposé à la mondialisation, puisqu'il promeut lui aussi un accroissement des échanges entre les nations; mais il prend néanmoins acte du danger inhérent à ce nouveau contexte, celui du rapport de force qui préside à cet accroissement rapide des échanges. Au nom de la valorisation et de la préservation de la diversité culturelle, ce principe légitime la mise en place, pour les petites nations, de mesures visant à protéger leurs cultures. L'ouverture au monde qui caractérise la mondialisation ne doit pas entraîner la disparition de certaines cultures, elle doit au contraire permettre la valorisation de la diversité culturelle.

Dans ce contexte, pourquoi faire du Québec un pays ? Ne pourrions-nous pas voir dans la récente déclaration sur l'importance de la diversité culturelle faite par la nouvelle ministre du Patrimoine, Liza Frulla, une preuve claire de l'adhésion du Canada à ce principe ? Pourquoi le Québec devrait-il quitter ce pays qui se fait le promoteur du principe de la diversité culturelle ?

Le principe de la diversité culturelle mis de l'avant par Ottawa ne représente rien de moins qu'une perversion de ce principe. Avec ce principe, le gouvernement canadien poursuit un double objectif. Promouvoir la diversité culturelle sert d'abord d'outil de choix dans le processus de nation-building, processus de création identitaire enclenché il y a une quinzaine d'années. Cela permet au Canada de revendiquer sa propre identité par rapport à son encombrant voisin du Sud et cela, au moyen de la mise en place de mesures concrètes participant à la protection, mais surtout, à la construction de cette identité nationale. Mais ce faisant -- et c'est là l'objectif complémentaire qui est poursuivi --, ce principe s'avère une arme toute choisie pour contrer le mouvement indépendantiste québécois : construire l'identité canadienne pour ainsi mieux nier et noyer la culture nationale québécoise. Il s'agit pour Ottawa de promouvoir l'identité canadienne au détriment de celle du Québec ! Il apparaît clairement que le principe de la diversité culturelle se veut le pendant, sur la scène étrangère, de cette politique intérieure mise en place à la fin des années 1970, celle du multiculturalisme. Par ces deux politiques, il s'agit pour Ottawa de faire preuve d'ouverture, de se montrer ouvert à l'autre, à la multitude ou à la diversité, pour ainsi mieux noyer dans la différence indifférenciée la spécificité québécoise. La promotion de la diversité culturelle par Ottawa, processus qui participe de la construction identitaire nationale canadienne, n'est rien de moins -- d'un point de vue québécois --, qu'un effort visant à contrer les aspirations nationales québécoises. Si le Canada était mû par une sincère ouverture à la différence ou à l'autre, ainsi qu'il le prétend, pourquoi alors refuse-t-il de reconnaître la nation québécoise et sa culture nationale spécifique ?




Défense ou aveu

François Beaulé
Le devoir jeudi 5 août 2004

Lettres : Montréal, le 31 juillet 2004

Curieux texte que celui d'Henri Lamoureux dans Le Devoir du 30 juillet. L'auteur, en essayant de refuser la dimension dogmatique de l'indépendantisme, avoue au contraire sa subjectivité et vient prouver que la perception des leaders d'Option citoyenne est juste.

M. Lamoureux écrit : «L'indépendance n'est pas un dogme mais une nécessité politique [et] la condition essentielle à l'existence même du peuple québécois au titre de société distincte». La réalité du Québec contemporain donne tort à Henri Lamoureux. Le Québec existe déjà et les Québécois forment une société distincte (en partie distincte et en partie semblable). Il est erroné de croire que l'indépendance en serait une condition essentielle. Il s'agit bel et bien d'un dogme auquel M. Lamoureux et d'autres indépendantistes adhèrent émotivement.

Dans Le Devoir du même jour, Pierre Dubuc fait ressortir un travers du dogmatisme indépendantiste. Il écrit : «L'indépendance nationale est l'aspiration démocratique la plus profonde du peuple québécois». Voilà une assertion improuvable et que la réalité dément. Par deux fois, les Québécois ont dit non à des gouvernements élus et donc respectables, lors des référendums de 1980 et 1995. Et ils ont dit non à des questions floues qui évitaient d'énoncer une rupture nette avec le Canada. Un Canada auquel la majorité des Québécois, dont moi, est attachée.



Jean Charest en entrevue à La Presse

La Presse jeudi 5 août 2004

Le premier ministre Jean Charest a repris le collier en prévision de la rentrée automnale. Il accordait hier une entrevue exclusive à notre journaliste Denis Lessard, chef de bureau de La Presse à Québec.

Plusieurs sujets d'actualité ont été abordés; en voici les éléments principaux.

Suroît: plutôt pour...

La Régie de l'énergie a dit que le projet du Suroît est " souhaitable mais non indispensable ", rappelle-t-il ironique. " Dans le fond, c'est peut-être la vraie chose, les décisions politiques retombent sur les élus. Qu'il l'aient écrit comme cela me paraît correct. " La Régie insiste sur l'éolien et l'efficacité énergétique. Suroît était prévu pour une croissance de la demande en 2006-2008. Le projet " arrivera sur la queue de cette demande et malgré cela, la Régie conclut que le projet est souhaitable ", retient M. Charest.

Remaniement: niet... nada...

" Il n'y a pas de plan de remaniement ministériel pour les prochains mois. Quand je déciderai de faire des changements, je procéderai, mais je n'ai rien sur la planche à dessin ", a répété hier Jean Charest, tout comme il l'avait fait à la fin de la session parlementaire en juin.

" J'aime l'idée d'avoir une certaine stabilité, cela me plaît. Dans la santé, on relève souvent le besoin de stabilité ", ajoute-t-il.

Sur les mandarins du gouvernement, " il n'y a pas de grand plan " de jeu de chaises musicales. " On y va au fur et à mesure. Il y a des moments dans leur carrière où les gens veulent faire des changements. Des changements se font, selon ce qu'on veut. On veut mettre les bons joueurs à la bonne place. "

No-fault: plutôt contre

Le gouvernement déposera à l'automne son document de réflexion sur l'assurance automobile, réclamé par l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare. Pour Jean Charest, " le principe de cette action est de ne pas récompenser les criminels de la route. Notre système est défectueux, on est l'un des seuls endroits où on compense les criminels de la route ".

Tout l'aspect des poursuites permises aux victimes " n'est pas éliminé, mais on ne veut pas créer un environnement propice à l'augmentation des primes ".

Travail: la fin des réformes

Après la réforme controversée de l'article 45 du Code du travail, Québec n'envisage pas d'autres interventions dans ce secteur, dit Jean Charest.

Pas question d'aller de l'avant avec la demande des jeunes libéraux pour modifier la formule Rand. " Ce n'est pas la première fois que cette demande est faite, mais il n'y a pas de projet dans ce sens. "

La nouvelle du vote favorable au syndicat chez les employés de Wal-Mart est bien accueillie. " C'est le choix des travailleurs, ce n'est pas le genre de chose où je me sens de parti pris. Je veux que les travailleurs s'organisent de façon à être bien représentés, qu'ils se sentent à l'aise dans l'organisation de leur entreprise. Le mouvement syndical au Québec n'est pas anti-entreprise ", commente-t-il. Il refuse de dire s'il s'agit d'une " bonne ou mauvaise nouvelle ".

Secteur public: on verra!

" On n'a pas de marge de manoeuvre ", dit-il, interrogé sur les prochaines négociations du secteur public. Les fonctionnaires promettent des grèves rotatives, mais on commence à peine les négociations. Le gouvernement n'offre pas le gel salarial pour les deux premières années, mais tout devra être discuté en même temps que le règlement de l'équité salariale, résume-t-il.

Exportation d'eau: attention!

Pas question pour le Québec de permettre l'exportation de son eau en vrac. En dépit des déclarations du ministre Thomas Mulcair, réticent à une approche dogmatique, Jean Charest croit que les Québécois ont encore trop souvent " l'impression que l'eau est une ressource inépuisable, qui ne coûte rien ". La vente d'eau en vrac, " je ne suis pas très favorable à cela ", dit-il. Un débat aura lieu à l'automne " pour qu'on puisse juger de la vraie valeur " de cette ressource " qui doit rester à la disposition des générations futures ".

Prêts et bourses: assez généreux

Les étudiants du Québec ne sont pas mal pris, selon M. Charest. Le Québec a " l'un des programme de prêts et bourses les plus généreux en Amérique du Nord ". Dans bien des endroits, les gouvernements n'offrent plus que des prêts, les bourses ont disparu.

En outre, le gouvernement s'est engagé à ne pas hausser les droits de scolarité au cours du mandat actuel. Le programme d'achat de micro-ordinateurs est maintenu et surtout, on prévoit que les étudiants qui ont des difficultés financières remboursent leurs emprunts en fonction de leur revenu. " Il y a une soupape de sécurité ", insiste-t-il.



Monsieur Claude Laverdure, Ambassadeur du Canada en France: le Canada « un pays pluriel »

Propos recueillis par Flore Limantour
Le Télégramme (Bretagne), jeudi 5 août 2004

De passage hier à Lorient, l'ambassadeur du Canada en France, Claude Laverdure, a participé à plusieurs cérémonies organisées en l'honneur de l'Acadie. Cette nation, qui fête les 400 ans de la présence française dans les Provinces maritimes (1) du Canada, est l'invitée du Festival interceltique.

Quelle définition donnez-vous de l'Acadie qui n'est pas un pays au sens strict du terme ?

Le Canada est un pays pluriel. Les premiers à s'y être installés après les autochtones (2) sont les Acadiens. Les Québécois ne sont arrivés qu'après. Ce qui réunit nos amis Acadiens ce n'est effectivement pas la géographie, même s'ils représentent 30 % de la population au Nouveau-Brunswick. Ce qui les rassemble, c'est une histoire commune qu'ils ont redécouverte récemment : leur installation en 1604 dans les Provinces maritimes et leur retour après le « grand dérangement » de 1755 (3). Ils sont fiers d'être Acadiens et de parler le français. C'est aussi ce qui les rend forts.

Quelles sont les relations entre Acadiens et Québécois ? Si les seconds demandent leur indépendance qu'adviendra-t-il des premiers qui sont minoritaires au Canada ?

Les indépendantistes ne se sont pas toujours préoccupés de leurs voisins acadiens. Mais je suis persuadé que le Québec ne se séparera jamais du Canada. C'est du passé. Aujourd'hui, les Québécois se soucient vraiment de leurs compatriotes de langue française. Il faut arrêter de se regarder le nombril continuellement.

Quel est l'avenir de la langue française au Canada ?

Votées en 1969, les lois Trudeau sur la reconnaissance du français au Canada ont permis d'officialiser les choses, de les développer et d'encourager nos compatriotes. Ceux qui étaient sceptiques apprennent aujourd'hui une deuxième langue.

Les anglophones inscrivent leurs enfants dans les écoles d'immersion en français pour qu'ils deviennent parfaitement bilingues. Parler deux langues, c'est mieux. Le Canada a deux mères patries, la France et la Grande-Bretagne : c'est normal qu'il ait deux langues. Toutes les administrations fédérales s'expriment aussi bien en anglais qu'en français. Les administrations provinciales en font de même au Nouveau-Brunswick.

Qu'attendez-vous de la participation de l'Acadie au Festival interceltique de Lorient ?

J'espère qu'à l'avenir on pourra mieux situer l'Acadie. Je pense qu'en passant dix jours au festival, les Acadiens auront réussi à se faire connaître sur le plan culturel. Avec les cérémonies du 400 e anniversaire, les touristes français affluent en Acadie cette année. Des vols spéciaux comme Moncton-Paris ont été mis en place pendant la période estivale. Ce n'est pas fini : jusqu'en 2008, nous allons évoquer la découverte du Canada par Champlain. Nous finirons par le Québec. Je pense que le Canada fait toujours rêver les Français.

Justement, quelle est votre politique dans le domaine de l'immigration?

Nous augmentons notre population de 1 % par an. Nous poursuivons notre politique d'immigration avec vigueur. Notre programme est très dynamique et nous coûte des millions de dollars. Nous avons trois catégories de migrants. Pour 60 %, il s'agit de personnes que nous recherchons en fonction de leur métier. Si on veut être un peu brutal, nous ne souhaitons pas importer des chômeurs. Nous établissons donc des statistiques pour évaluer nos besoins dans les domaines médicaux, de la haute-technologie, etc. 30 % des immigrants arrivent dans le cadre de la réunification des familles. 10 % sont des réfugiés que nous ne choisissons pas.

(1) Les provinces maritimes regroupent le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et Labrador, la Nouvelle Ecosse et l'Ile du Prince Edouard.
(2) Au Canada, ce sont les Amérindiens que l'on appelle les autochtones.
(3) La France a cédé ses territoires acadiens aux Britanniques qui, en 1755, ont décidé de déporter vers la France, la Louisiane, l'Amérique du Sud, etc., des milliers de francophones



Will Landry stay, or will he go?

DON MACPHERSON
The Montréal Gazette 5.8.2004

Usually, the best job in Quebec politics is that of premier.

Even with all the demands and pressures of leading the government of this most difficult province to govern, the occupant of that office usually clings to it until electoral defeat, actual or imminent, or his own health forces him out.

(Jacques Parizeau, who had no interest in governing a mere province after losing a sovereignty referendum, and Lucien Bouchard, who quit in a tantrum under family pressure, were notable exceptions.)

But right now, the position of leader of the opposition might be more attractive, since whoever holds it appears to have a brighter future than the current premier. Elections are usually referendums on the incumbent, and with its satisfaction rating currently at 30 per cent, the Charest government has a good chance of becoming the first in nearly 40 years to be denied a second term. Whoever is leader of the opposition going into the next election would be in the right place at the right time to become premier by default.

It's possible Bernard Landry is in his final few weeks as effective leader of the official opposition Parti Quebecois. He is expected to announce on Aug. 27, in his opening speech to a PQ national council meeting, whether or not he will lead the PQ into the next election. The mere fact he has promised to make such an announcement shows his intentions are up in the air.

A week after the defeat of his PQ government in April 2003, Landry said he would not lead his party into another election. A grandfather who was then 66, Landry appeared to be merely confirming the obvious. He also expressed a preference for delaying the choice of his successor until this year at the earliest, to allow time for the party to renew itself through a debate of ideas.

Soon, however, he began to hedge. After saying he puts "country before party and party before self," he began to say he might lead the party into the next election after all, if he were convinced he was the best available candidate for the job.

This didn't stop leadership contenders Pauline Marois and Francois Legault from campaigning more or less openly, touring the province to meet rank-and-file members at party events and publishing position papers. Marois even launched a Web site.

With neither Marois nor Legault setting the countryside ablaze with excitement, Gilles Duceppe has emerged recently as another possible contender after his successful federal election campaign as leader of the Bloc Quebecois. And with 54 of Quebec's 75 seats in the new Parliament, there seems to be nowhere for the Bloc to go from here but down.

Although Landry insisted he felt no pressure from the party to leave, some Pequistes said privately there was no way he could stay on as leader until the next election.

Perhaps Landry's increasingly strong hints about staying on were merely intended to maintain party unity and discipline long enough for the debate of ideas he wanted to take place. In fact, that debate has been completed, and, coincidentally or not, the report on it is to be presented at the same PQ council meeting at which Landry will announce his decision.

But as the Liberals' popularity plunged to unprecedented depths for a new government, it became apparent to National Assembly watchers that Landry was contemptuous of Jean Charest as premier.

It was as though Landry wondered how the electorate could have preferred Charest to him, and itched for a return bout in which it could correct that error. He talked about holding another sovereignty referendum after the PQ's return to power in the next election and making Quebec a country by 2009, as though imagining himself at 72 not just restored to his rightful place as premier of the province again, but as president of the republic.

But if the prospect of becoming premier (and president) in a few years makes it more appealing for Landry to keep his job, it also makes it more interesting for his potential successors to take it from him. If Landry thwarts their ambitions later this month, it might be hard for them to resist the temptation to mount a challenge to him in the secret-ballot leadership confidence vote among delegates to the PQ convention next year.

dmacpher@thegazette.canwest.com



Le Lucien Bouchard de Paul Martin

Chantal Hébert
Le devoir jeudi 5 août 2004

Les médias anglophones ont tendance à voir en Jean Lapierre le Lucien Bouchard de Paul Martin. C'est une erreur qui ne fait que démontrer le trop fort penchant de la presse parlementaire à ne pas chercher de signes de ce que l'histoire a tendance à se répéter plus loin que le bout de son nez. Le dossier de la santé est au gouvernement libéral ce que la réconciliation nationale était à Brian Mulroney. Et s'il y a un ministre qui est à M. Martin ce que Lucien Bouchard a été à l'ancien premier ministre conservateur, c'est plutôt Ujjal Dosanjh.

Avec le Torontois Ken Dryden, l'ex-premier ministre de la Colombie-Britannique est la principale recrue de Paul Martin, pour qui il a tourné le dos à son ancienne famille néo-démocrate. Mais ce n'est pas parce qu'il est un défroqué du NPD qu'il a renié l'orthodoxie de son ancien parti.

À l'époque où M. Dosanjh était lui-même premier ministre, même ses collègues néo-démocrates avaient tendance à trouver qu'il était plus catholique que le pape dans sa défense du caractère sacro-saint du système public de santé canadien. Au sommet sur la santé de septembre 2000, il s'était battu plus fort que Jean Chrétien pour tenter d'ajouter des conditions fédérales au projet d'entente avec les provinces. Depuis qu'il est devenu ministre de la santé, Ujjal Dosanjh a démontré à plusieurs reprises qu'il n'a rien perdu de sa ferveur à cet égard. Jusqu'à présent, il l'a fait avec toute la délicatesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine.

***

Sitôt assermenté, M. Dosanjh a fait sursauter plusieurs premiers ministres provinciaux en déclarant la guerre à la place grandissante du système privé dans les services de santé. On attend toujours ses propositions de solutions de rechange. Dans des entrevues, il a laissé entendre que la compétence provinciale sur la santé ne devrait pas peser particulièrement lourd dans la balance de l'intérêt fédéral pour le sujet. Pris au pied de la lettre par les premiers ministres provinciaux lors de leur rencontre de la semaine dernière à Niagara-on-the-Lake, il n'en finit plus depuis de s'enfarger dans les fleurs du tapis.

Dans son zèle, le ministre a apparemment oublié de lire le programme de son nouveau parti. Confronté à une suggestion unanime des provinces voulant que le gouvernement Martin joigne le geste à la parole en mettant, lui-même et à ses frais, sur pied un régime national d'assurance-médicaments, M. Dosanjh a d'abord suggéré qu'un tel projet ne faisait pas vraiment partie des plans fédéraux, lesquels prévoiraient tout au plus, selon lui, des mesures pour tempérer l'impact des coûts les plus astronomiques d'un traitement basé sur des médicaments.

C'est faux. Il y a déjà quelques livres rouges que les libéraux ont commencé à promettre un régime national d'assurance-médicaments. La plus récente version du programme électoral libéral parlait bel et bien d'«une approche nationale qui fournira une couverture de base à tous les Canadiens et les Canadiennes, incluant une protection en cas de catastrophe».

Plus tôt cette semaine, le ministre fédéral a ajusté son tir, mais non sans tirer dans le pied de son gouvernement au passage. Il affirme qu'à moins d'encaisser des milliards de revenus supplémentaires par année, Ottawa n'aura jamais les moyens de donner suite à la suggestion des provinces. En clair, le gouvernement libéral n'a pas les moyens de ses propres promesses électorales.

Les auteurs des futurs programmes libéraux auraient peut-être intérêt à se le tenir pour dit. Ou à demander à leurs collègues conservateurs comment ils s'y seraient pris pour financer une proposition identique à la suggestion provinciale.

***

Depuis trois semaines, M. Dosanjh a tracé suffisamment de lignes dans le sable pour que le sommet sur la santé qu'a convoqué Paul Martin pour la mi-septembre tourne en collision frontale avec une ou des provinces. On voit mal comment le Québec pourra réconcilier ses principes constitutionnels à la pratique du cadre que tente d'esquisser le nouveau ministre fédéral ou pourquoi l'Alberta voudrait s'y conformer.

En faisant de la santé la priorité absolue de son gouvernement minoritaire, M. Martin a déjà fait monter les enchères fédérales-provinciales à des niveaux jamais vus depuis les psychodrames constitutionnels de Meech et de Charlottetown. En confiant le dossier à Ujjal Dosanjh, il a implicitement épousé la vision des choses de son ministre néophyte. S'il arrive qu'un premier ministre envoie un de ses ministres au front pour ensuite lui tirer le tapis de sous les pieds, ce type d'événement est rarissime parce que excessivement risqué quand le personnage en cause est une des principales vedettes du gouvernement.

S'il devait y avoir cassure entre le ministre Dosanjh et le premier ministre Martin sur l'orientation du dossier de la santé, les conséquences d'une telle fracture pour la crédibilité du Parti libéral auprès de l'électorat, plus particulièrement à l'extérieur du Québec, pourraient être dévastatrices.

Mais si le prix à payer pour sauver la face de M. Dosanjh est un affrontement en règle avec le gouvernement fédéraliste du Québec et une consolidation des positions du Bloc québécois, le moins qu'on puisse dire, c'est que le jeu pour Paul Martin n'en aurait pas valu la chandelle.

On imagine, bien sûr, que le premier ministre Martin a réfléchi au danger de compter dans ses propres buts avant de confier son précieux ballon de la santé à Ujjal Dosanjh.

N.D.L.R. La chronique de Chantal Hébert fera relâche jusqu'au 30 août.



Québec devrait percevoir l'impôt fédéral

François Beaulne
Ancien député de Marguerite d'Youville et vice-président de l'Assemblée nationale
Le devoir jeudi 5 août 2004

Il y a quelques semaines, le ministre des Finances du Québec, M. Yves Séguin, proposait que Revenu Québec collecte l'impôt fédéral sur le territoire québécois. Même s'il reconnaît avoir peu de chances de convaincre le gouvernement fédéral, M. Séguin mérite d'être soutenu dans ses efforts.

Beaucoup de contribuables québécois se demandent pourquoi nous devons remplir deux déclarations d'impôt à chaque printemps, alors que les Canadiens des autres juridictions n'en remplissent qu'un seul, au fédéral qui, lui, redistribue par la suite aux provinces leur quote-part.

Constitutionnellement, historiquement et pragmatiquement, c'est le Québec qui a raison : l'impôt direct est une attribution provinciale. Ce n'est qu'à la faveur du contexte particulier des deux guerres mondiales du siècle dernier que le fédéral a envahi ce champ de compétence provinciale pour ne plus jamais s'en retirer.

Les raisons qui militent en faveur de l'initiative du ministre des Finances sont nombreuses, entre autres :

- La simplification de la fiscalité pour les contribuables.

- La réduction significative des coûts de la perception d'impôt : Revenu Québec collecterait l'impôt provincial en même temps que l'impôt fédéral, éliminant ainsi une duplication que les experts évaluent à quelque 500 millions par an.

- La production d'un seul rapport d'impôt serait avantageuse non seulement pour les contribuables québécois mais aussi pour les mandataires qui perçoivent des retenues à la source.

- Des précédents existent déjà et fonctionnent bien : Québec perçoit déjà avec succès la TPS pour le compte du fédéral.

- Le gouvernement du Québec bénéficierait des revenus d'intérêt résultant du délai requis entre la perception de l'impôt et sa remise au fédéral.

Il serait plus facile d'éliminer les chevauchements et les empiétements de responsabilités entre les deux paliers de gouvernement : prenant avantage de sa perception de l'impôt des particuliers, le fédéral, depuis 1945, a augmenté sa part de taxation pour offrir des services similaires à ceux offerts déjà par le gouvernement du Québec.

Toute louable qu'elle soit, la proposition de M. Séguin risque de se heurter à une fin de non-recevoir de la part du gouvernement fédéral. Il l'avoue d'ailleurs lui-même candidement. Ce n'est pas une raison pour ne pas tenter la démarche.

Non seulement s'inscrit-elle dans un véritable esprit «confédéral», mais son rejet par les autorités fédérales contribuera à démontrer une fois de plus aux Québécois qu'ils paient un impôt de trop.



Vérification à Postes Canada
- André Ouellet s'explique dans une lettre au ministre McCallum

Le devoir jeudi 5 août 2004

PC Ottawa -- Le ministre du Revenu, John McCallum, a reçu, mardi soir, une lettre du président suspendu de la Société canadienne des postes, André Ouellet, dans laquelle ce dernier tente de justifier les conclusions «troublantes» d'un rapport de vérification dévoilé la semaine dernière.

Le document concluait que M. Ouellet a dérogé aux pratiques d'embauche de la société d'État à au moins 80 reprises, qu'il est intervenu dans l'attribution de contrats totalisant 35 millions de dollars et qu'il a omis de fournir les pièces justificatives pour ses dépenses de voyages et d'hébergement, lesquelles ont oscillé entre 127 000 $ et 327 000 $ par année.

Le porte-parole du ministre McCallum, Shane Diaczuk, a refusé de préciser hier si les explications de la missive permettraient au président-directeur général de conserver son poste. M. Ouellet est suspendu, avec salaire, depuis le 24 février, soit quelques jours après le dépôt du rapport de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, sur le scandale des commandites, auquel a été mêlé Postes Canada.

John McCallum a poursuivi hier ses consultations avec les membres du conseil d'administration de Postes Canada avant de trancher quant à l'avenir professionnel d'André Ouellet. Il devrait prendre sa décision d'ici quelques jours, après en avoir discuté avec le premier ministre Paul Martin et les responsables du Conseil du trésor.

M. Diaczuk a précisé que M. McCallum était prêt à rencontrer M. Ouellet, mais que ce dernier ne lui avait pas encore formulé pareille demande.



Record d'assistance pour le cinéma québécois

SRC mercredi 4 août 2004

Les dernières données de l'Observatoire de la culture et des communications du Québec indiquent que le cinéma québécois a établi un nouveau record d'assistance en 2003, soit 3,7 millions d'entrées ou 13 % de l'assistance totale.

La grande séduction a obtenu 1,1 million d'entrées et Les invasions barbares 808 403.

À eux seuls, ils ont compilé 52 % de toute l'assistance aux films québécois.

Les films américains attirent toujours la très grande majorité des spectateurs mais l'assistance aux films québécois dépasse celle des films de tous les autres pays réunis.

Au niveau de l'offre, c'est le cinéma américain qui domine d'une façon écrasante avec 78,6 % des projections. Les films produits au Québec ont constitué 10,6 % des projections en 2003, comparativement à 7,8 % en 2002.






Bouclier antimissile
Ottawa fait un pas de plus vers une participation

Cyberpresse jeudi 05 août 2004

Presse Canadienne Ottawa - Le gouvernement de Paul Martin a fait un pas de plus, jeudi, vers une participation au projet américain de bouclier antimissile.

Le Canada a accepté d'amender l'accord sur le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD) avec les États-Unis, ce qui pave la voie à la mise en oeuvre du controversé projet, devant débuter cet automne.

Concrètement, cet amendement à l'accord sur le NORAD permettra au commandement américano-canadien de conserver sa fonction d'alerte antimissile à la suite du déploiement du bouclier.

En d'autres mots, le gouvernement canadien continuera d'avoir son mot à dire en matière de défense antimissile continentale, même s'il décidait de ne pas participer au projet de l'administration Bush. Mais plus fondamentalement, cet amendement est l'indication la plus claire à ce jour de l'intention d'Ottawa de participer au projet de bouclier.

«Si on voulait embarquer dans le système (américain) de défense antimissile, il faudrait passer par cette étape-là de toute façon», a reconnu Isabelle Savard, porte-parole du ministre de la Défense, Bill Graham. «Mais cette étape-là ne nous engage pas à participer au projet.»

Le ministre Graham doit s'adresser à la presse en début d'après-midi, jeudi, pour expliquer la décision canadienne.

En coulisses, on fait remarquer qu'en n'acceptant pas de procéder à cet amendement de l'accord sur le NORAD, Ottawa courait le risque que Washington ne soumette pas son bouclier antimissile à l'autorité du commandement américano-canadien.

Les deux ministres ont précisé que le gouvernement ne prendrait sa décision finale quant à une participation au bouclier qu'après avoir consulté les parlementaires, à l'automne.

Créé en 1958, le NORAD est l'organisation binationale responsable de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord. Le NORAD détecte les attaques d'aéronefs ou de missiles ennemis et prévient les deux gouvernements.


TRIBUNE LIBRE





TRIBUNE LIBRE

Appel aux députés du Bloc et du PQ
Vous vous ferez un devoir d'assurer son financement

Jacques Bergeron
TRIBUNE LIBRE 5 août 2004

Monsieur le «Chef» de l'opposition, Mmes et MM les député-e-s,

Permettez-moi de prendre quelques minutes de votre temps, afin de vous sensibiliser aux problèmes «Vigile Hebdo» et la promotion de notre idéal.

Je faisais parvenir il y a quelque temps à quelques-un-e-s d'entre vous, un message/courriel dans lequel je soulignais l'importance de ce site internet pour la promotion de l'indépendance du Québec, son besoin de financement et l'excellent outil de Vigile hebdo pour le Bloc, le PQ de cet outil de communication.

Ce matin, en voulant consulter «Vigile Hebdo», je constate qu'on a dû mettre fin à ses activités à cause d'un manque de fonds, d'où l'intérêt que revêt tout à coup le message que vous avez reçu. Si, comme moi, vous croyez qu'il y va de l'intérêt de notre idéal de soutenir financièrement ce journal internet, vous vous ferez un devoir d'assurer son financement afin qu'il puisse continuer à véhiculer notre idéal et en faire la promotion. En cette période d'effervescence politique, plus que jamais nous (et nos partis politiques) avons besoin de Vigile Hebdo. Ensemble nous nous devons d'assurer sa survie et son développement. Avec le Bloc, le Parti Québécois doit agir en fonction de cet objectif. Demain il sera trop tard.

(...) Salutations distinguées

Jacques Bergeron, 22.7.2004

Je souhaite, M. le Chef de l'opposition, que ces messages soient transmis par vous à M. Duceppe et à ses députés. Comme nous, ils ont besoin de Vigile Hebdo.



TRIBUNE LIBRE

LE DARFOUR DE DARRYL GRAY

Christian Gagnon
Montréal
TRIBUNE LIBRE 5 août 2004

Il y a de ces lectures d’été qui sont nettement moins relaxantes que d’autres. Prenez par exemple «The Suburban», cet hebdo de l’Ouest-de-l’île de Montréal où certains leaders anglophones laissent aller leur franc-parler. C’est dans ce journal qu’en avril 2003, le maire de Dorval, Peter Yeomans, avait commenté le résultat des élections québécoises en déclarant, «Nous sommes débarrassés d’un gouvernement raciste et très oppresseur et la démocratie pourra enfin s’exprimer». Dans son édition du 14 juillet dernier, «The Suburban» cite le nouveau président d’Alliance-Québec, le révérend Darryl Gray, critiquant la mollesse du gouvernement canadien dans le dossier du Darfour. «Aujourd’hui, c’est le Soudan. Demain, ce pourrait être ici», lance-t-il. Vraiment?

M. Gray, qui est membre de la communauté noire et président du principal groupe de pression anglophone, compare-t-il le génocide des Noirs animistes du sud du Soudan avec la situation de la communauté noire du Québec ou de la communauté anglophone de Montréal? Voit-il une ressemblance entre nos profondes traditions démocratiques et la guerre civile au Soudan? Entre l’application zélée de nos deux chartes des droits et libertés et les meurtres, viols, déplacements dans des camps de réfugiés subis par plus d’un million de personnes du Darfour, sans compter la famine?

Décidément, si Darryl Gray veut rebâtir la crédibilité d’Alliance-Québec, c’est mal parti.