
Pauline Marois prend de court ses adversaires
Sylvain Gaudreault
Le Quotidien jeudi 2 septembre 2004
L'humeur du temps - La politique est un monde étrange. Elle agit comme un miroir qui reflète nos propres contradictions. Prenez l'exemple de Pauline Marois, qui a réclamé une course au leadership au Parti québécois, ajoutant du même souffle qu'elle s'y porterait candidate.
Bon nombre de commentateurs n'ont pas tardé avant de rendre leur verdict, sans appel: erreur stratégique, déclaration suicidaire, manque de flair politique, etc.
En quelques heures, certains observateurs patentés, influençant du coup l'opinion publique, avaient réglé le sort de Mme Marois. Malgré des états de service fort louables, celle-ci n'était soudainement bonne que pour la retraite.
Pourtant, quand on connaît un peu le monde politique, on sait que faire une telle déclaration exige une bonne dose de courage. Voilà qu'apparaît le paradoxe: pendant qu'on demande aux politiciens de mettre fin à la langue de bois, à l'hypocrisie et aux magouilles, on condamne sommairement les rares qui osent dire la vérité.
Peut-être que Pauline Marois représente une nouvelle manière de faire la politique...
Course larvée
Tout péquiste le moindrement impliqué sait très bien qu'il se déroule une course au leadership larvée depuis le 15 avril 2003, lendemain de la défaite du PQ aux mains de Jean Charest.
Ils me font rire ces députés et autres stratèges qui crient publiquement leur fidélité à Bernard Landry! Une fois les projecteurs des caméras éteints, ils préparent subrepticement la "course", vendent des cartes au nom de leur poulain, l'invite à s'adresser aux militants et peaufinent les soi-disantes "nouvelles idées". Si on convient que cela alimente le cynisme des citoyens, de grâce, un peu de cohérence!
Ne qualifions pas de perdante celle qui choisit de jouer visière levée. Au contraire, ne faut-il pas un certain leadership pour affirmer pareille opinion?
Apparence et réalité
C'est la même chose avec l'apparente quasi-unanimité manifestée par les militants, lors de la tenue du récent Conseil national du PQ. Dans ces grand-messes préfabriquées, les quelques 300 délégués jouent plus souvent qu'autrement le rôle de figurants. Ils veulent montrer aux médias un parti uni derrière son chef. Il suffit qu'un orateur prononce les mots "René Lévesque", "Loi 101" ou "souveraineté" au micro pour soulever une ovation.
Je ne dis pas que les Péquistes sont une bande de moutons. Ce sont des gens articulés qui aiment les débats d'idées. Ils participent cependant de plein gré à une stratégie visant à fournir de belles images à la télé. En revanche, cela ne change en rien l'insatisfaction de fond ressentie par le militant dans son comté.
"Nouvelles idées"
En affichant ses couleurs dès maintenant, Pauline Marois prend de court ses adversaires putatifs. De cette manière, elle se place à l'avant-scène, attire l'attention sur elle et relègue François Legault au rang de candidat marginal. Celui-ci conditionne son appui au chef actuel à la capacité de ce dernier de produire de "nouvelles idées", d'ici mai 2005...
Il y a quelque chose d'absurde dans cette attitude. Quelqu'un peut-il me dire qui sera juge - outre Legault lui-même - du taux d'originalité des idées de Bernard Landry? Il me semble qu'il s'agit-là d'une belle façon de gagner du temps pour accroître un faible 5 % d'appui chez les Péquistes selon le dernier sondage CROP.
Gilles Duceppe est un autre qui a intérêt à gagner du temps, d'où son "appui indéfectible" à Bernard Landry. Il ne peut décemment quitter le navire bloquiste quelques semaines seulement après sa campagne sans tache et son éclatante victoire du 28 juin. Pendant ce temps, Mme Marois a toute latitude voulue pour bâtir son organisation, convaincre les militants, et ce, sans être obligée de cacher son jeu.
Qui a parlé d'erreur stratégique? Je pense plutôt qu'elle vient de changer l'ordre du jour, se hissant au rang de candidate incontournable.
Cela ne la dispense pas de l'obligation de proposer autre chose pour gouverner le Québec, à la fois comme province et comme pays. Pauline Marois pousse Bernard Landry dans ses derniers retranchements en plaidant qu'elle ferait mieux que lui. Fort bien. Elle vient de mettre la barre haute. Si, pour elle, la politique est autre chose qu'un jeu de coulisse, saura-t-elle continuer à nous surprendre dans la vision qu'elle doit maintenant livrer pour "re-mobiliser" les troupes?

Marois cachait une autre surprise à Landry
Kathleen Lévesque
Le Devoir jeudi 2 septembre 2004
Le Groupe Réflexion Québec travaillera à faire mousser la candidature de la députée de Taillon dans la course officieuse au leadership
Pauline Marois vient de se doter d'une structure, appelée Groupe Réflexion Québec, visant à faire mousser sa candidature dans la course au leadership officieuse au Parti québécois. Comme l'a appris Le Devoir, cet organisme sans but lucratif fonctionne grâce à l'aide financière de «partenaires privés» qui restent dans l'ombre.
Trois proches collaborateurs de Mme Marois, Danielle Rioux, Pierre Langlois et Esther Gaudreault, sont les administrateurs provisoires du Groupe Réflexion Québec. Selon les lettres patentes déposées au Registre des entreprises le 8 mars 2004, cet organisme «a pour objet de créer des documents de recherche sur l'évolution politique et économique du Québec». Dans le registre informatique, on souligne que l'«association personnifiée» fait de la recherche en sociologie ainsi que des communications.
Dans l'entourage de Pauline Marois, on explique que «Réflexion Québec travaille au soutien de la candidature de Mme Marois». La principale intéressée s'en défend. «Ce n'est pas un comité électoral, c'est un comité de réflexion, de préparation et de consultation. Je veux prendre le pouls de la société québécoise, parler à des gens de terrain et des intellectuels», a indiqué Pauline Marois hier.
Mme Marois a précisé qu'elle souhaite être «accompagnée» dans sa réflexion parce qu'«on a besoin de renouveler la pensée au PQ et qu'on doit s'ancrer davantage dans la population québécoise». Le Groupe Réflexion Québec est une contribution au parti, a-t-elle souligné.
Plus tôt en après-midi, elle en a donné l'assurance à son chef Bernard Landry, qui l'avait convoquée à une rencontre privée dans ses bureaux de la Place Ville-Marie, à Montréal. «Je lui ai réitéré mon point de vue, et nous avons convenu que je pouvais continuer à exercer mon droit de parole dans notre parti», a affirmé Mme Marois au Devoir. Bref, la course larvée est loin de prendre fin.
Fort de l'appui massif reçu au conseil national de la fin de semaine dernière, Bernard Landry a écarté tout scénario de représailles contre sa collègue même si la députée risque bien de rogner son leadership au cours des mois à venir, et ce, jusqu'au congrès de juin 2005. Le chef péquiste devra alors faire face à un vote de confiance des délégués. La députée entend s'activer tout particulièrement lors des congrès de circonscription du PQ, qui auront lieu à compter de l'automne et où seront choisis les délégués au congrès.
L'entourage de M. Landry s'est borné à dire que la rencontre avec Mme Marois a été «cordiale». «M. Landry est très content de cette rencontre», a-t-on dit. Dimanche, Bernard Landry avait affirmé que Pauline Marois «a toujours sa place au caucus» du Parti québécois mais qu'elle doit «faire son analyse» des résultats du conseil national, où seulement une poignée de militants ont appuyé l'idée d'une course au leadership. Dans l'entourage du chef péquiste, on laissait toutefois entendre que M. Landry ne pouvait pas laisser passer un acte de déloyauté aussi grave puisque cela risquait d'encourager d'autres contestataires à émerger au grand jour.
La députée de Taillon n'entend pas rester coite, et le Groupe Réflexion Québec l'y aidera. Des «dons d'amis et de gens prêts» à la soutenir financièrement permettront au nouvel organisme d'avoir une permanence. Mme Marois a refusé de révéler l'identité de ces généreux donateurs. Déjà, Danielle Rioux, l'ancienne directrice adjointe du PQ, est une employée rémunérée par Réflexion Québec. L'actuelle conseillère politique de Mme Marois dans sa circonscription, Claude Potvin, viendra grossir l'équipe sous peu.
Comme l'a indiqué Mme Marois, il n'est pas exclu que Réflexion Québec donne des contrats à l'occasion, pour la rédaction de textes, par exemple. Mais pour l'essentiel, cet organisme doit travailler à réunir des gens et à stimuler les débats. Réflexion Québec coordonnera la bonne marche des travaux, qui serviront à Mme Marois afin de présenter sa vision de l'avenir du Québec.
De prime abord, Bernard Landry s'est dit surpris de la création du Groupe Réflexion Québec. Alors qu'il faisait campagne hier midi avec la candidate Elsie Lefebvre dans la circonscription de Laurier-Dorion, où une élection partielle est prévue le 20 septembre, il a dit ignorer l'existence de l'organisme. Le chef péquiste a d'abord salué la volonté de quiconque d'«alimenter le parti en idées». «Moi-même, tout au long de ma vie publique - et il n'y avait pas de course à la chefferie; je n'avais pas d'ambitions -, j'avais mon groupe de réflexion qui s'appelait Souveraineté Progrès. Il a émis des idées très intéressantes et m'a aidé à travailler solidairement avec le parti», a rappelé M. Landry.
Il a ensuite apporté une nuance d'importance: «Si c'est pour servir des ambitions plus personnelles, il faut tenir compte du fait que nos militants ne veulent pas de course au leadership. Ils l'ont dit de façon tellement éclatante que quelque périphrase qu'on puisse employer pour essayer de minimiser le phénomène, il est là», a-t-il tranché.
Ironiquement, le nom de l'organisme de Mme Marois est emprunté au mouvement politique fondé par Mario Dumont et Jean Allaire, tout deux démissionnaires du Parti libéral, et qui, en 1994, devait devenir l'Action démocratique du Québec.
Avec la collaboration de Tommy Chouinard

Jean Charest will win the PQ civil war
L. Ian MacDonald
National Post September 2, 2004 Thursday
MONTREAL - Bernard Landry may have recently called for a "season of ideas" within the Parti Quebecois, but debates on sovereignty and leadership probably weren't exactly what he had in mind. Not one Pandora's box but two have now been opened, and the PQ faces a season of sharp division, rather than renewal, for the nine months leading up to its policy convention next June.
Jacques Parizeau opened the first front on sovereignty when he published an article calling for a "referendum election" leading to a declaration of sovereignty by the National Assembly following the PQ merely being elected to office. And Pauline Marois, the former deputy premier and finance minister, opened the second front last Friday when she called for Landry's job to be opened up to competition. "The time has come for a leadership race," she declared. "We haven't had one for nearly 20 years."
The last contested PQ leadership -- and the first in North America to introduce universal suffrage of party members -- was the one that elected Pierre-Marc Johnson in 1985. In 1988, Parizeau was uncontested for the leadership, as was Lucien Bouchard in 1996 and Landry in 2001.
Marois' call was deliberately pegged to the opening day of a weekend session of the PQ National Council, which governs the party between conventions. But her tactics were clumsy, with nobody else in the PQ's 45-member caucus supporting her. "I thought when she played that card she had at least half a dozen members to back her up," one former senior PQ cabinet minister said. "It wasn't very smart."
Even so, the leadership issue is out in the open, and the sovereignty question is on the table. Is Landry, who will have turned 70 by the next election in 2007, the right man for the job? And how can he finesse sovereignty with Parizeau leading a charge of the hard-liners, known as les purs et durs?
In this sovereigntists' civil war there can only be one winner: Jean Charest.
Following his election in April 2003, Charest's approval numbers cratered when he neglected to explain to voters why he wanted to shrink the size of government. After only a year in office, the Premier's job approval rating had plummeted below 30%, as had Liberal support -- leaving it nearly 20 points behind the PQs'.
Over the summer, Charest has moved into modest recovery mode. A poll last Friday had the Liberals at 35%, still trailing the PQ at 43%, with Mario Dumont's Action democratique du Quebec at 18%. The same poll showed 47% of Quebecers -- and 40% of PQ voters -- want Landry to step down.
As sovereignty debate and leadership scuffling dominate their media coverage, the PQ should continue to lose momentum. Quebec's political discourse is no longer being framed in the context of whether Charest is taking the province too far to the right, but once again whether the PQ wants to take it right out of Canada.
As eager as the PQ rank-and-file may be for a good debate on sovereignty, there's no evidence that voters share their enthusiasm.
For the moment, support for sovereignty is ebbing -- only 43% in last week's CROP poll would vote Oui. And that comes at a time of great success for the Bloc Quebecois, which won 54 out of Quebec's 75 federal seats and 49% of the province's votes -- including a thumping majority among francophones -- in the recent federal election.
Wisely, Lucien Bouchard got the referendum monkey off the PQ's back in the 1998 election when he vowed there would be no referendum in the absence of "winning conditions." Landry took the same stance in last year's election, and at last weekend's PQ council meeting, he refused to be cornered into promising a referendum during a first mandate following the PQs return to government. But that question will have to be settled at the policy convention, along with a customary leadership review.
The Bloc's recent success came because voters knew that supporting the party carried no political risk, allowing them to vote for the separatists without voting for separation. If the hardliners have their way, however, voting for the PQ could mean something else entirely -- regardless of whether Landry is still in the driver's seat.

La bonne chose à faire pour la patrie
Jean-Pierre Chalifoux
Ex-vice-président de la Commission permanente du programme, ex-membre de l'exécutif de Verdun et membre démissionnaire du Parti québécois
Le Devoir jeudi 2 septembre 2004
Libre opinion: Pauline Marois a fait le bon choix en se prononçant en faveur d'une course à la présidence du Parti québécois. Cependant, on va lui en faire payer le prix politique, à elle et à tous ceux qui, dans ce parti, osent défier l'autorité.
J'étais de ces militants qui, au départ de Lucien Bouchard, demandaient qu'il y ait une course à la présidence du parti, mais, à l'époque, l'équipe de Landry, qui avait déjà pris le parti en main, avait fait en sorte que les faibles (j'entends ici les députés et leurs exécutif de circonscription) qui rêvaient de postes ministrables et qui ne voulaient pas se mettre à dos le nouveau chef avaient tout fait pour qu'il n'y ait pas de course. Et pourtant, c'est ce même Bernard Landry qui avait promis aux militants qu'il y aurait rapidement un congrès d'orientation où les idées pourraient être débattues si on lui laissait le champ libre.
Mais voilà que, dans la vie politique du PQ, lorsque le chef et ses moutons (c'est-à-dire l'exécutif national) décident, il est devenu quasi impossible de les faire changer d'idée, ou alors ils font en sorte que les idées qui déplaisent soient bafouées. Ce sera donc trois années plus tard que ce congrès d'orientation aura lieu, et il sera vide de sens ou d'idées.
Tout est décidé d'avance
La «saison des idées» de l'exécutif national est déjà décidée d'avance. On fera ce qu'on voudra des propositions, on donnera des bonbons à ceux qui en veulent et on achètera carrément (pas financièrement mais politiquement) des votes au besoin, comme on le fait en ce moment avec le poste de Bernard Landry.
On s'assure de la loyauté des présidents de circonscription et des divers comités nationaux; pendant ce temps, on manque le bateau de la souveraineté qui, tranquillement, prend l'eau et s'enfonce chaque jour.
Les sondages ont beau démontrer le contraire, quand viendra le temps de mettre leurs bulletins de vote dans l'urne, les Québécois feront la même chose que les moutons du PQ, et ils se feront acheter.
Il y a eu une époque où il y avait de vrais débats au sein de ce parti, et n'allez pas croire qu'une course à la présidence y changera quelque chose. Pauline Marois ou François Legault agiront de la même façon avec les militants du parti une fois élus, mais au moins, il y aura eu un vrai débat d'idées. Pendant une vraie course à la présidence, personne ne peut vraiment prendre le parti en main.
Ce seront donc tous les militants qui décideront, et non une poignée de délégués qui, la plupart du temps, ne savent même pas ce qu'il font dans un congrès, à part lever leur carton quand on le leur demande.
Mais comme cela ne se fera pas, il reste peu d'espoir de voir le Québec accéder à la souveraineté, la démographie faisant en sorte qu'en 2008 au plus tard, et ce, dans le meilleur contexte envisageable, ce sera la dernière vraie fenêtre pour l'envol du pays. Après, ce sera terminé à jamais.
Comme on vient d'éteindre les derniers vrais espoirs de voir un vrai débat, de la même façon qu'on a tassé quelques dizaines de milliers de militants depuis maintenant huit ans, il ne reste plus qu'à attendre et à regarder passer le temps qui fera son oeuvre sur l'opinion publique et qui, tranquillement mais sûrement, laissera agoniser la souveraineté au profit de l'individualisme des hommes et des femmes politiques.
La patrie avant le parti et le parti avant l'individu : Bernard Landry vient de se contredire puisqu'il vient de faire exactement le contraire. C'est pourquoi il fera sûrement plaisir à l'exécutif national d'accepter ma démission en tant que membre du parti (comme le prévoit l'article 7 du chapitre II des statuts).

Leaders afraid to take chances
Don MacPherson
The Montréal Gazette September 2, 2004 Thursday
The instinct of self-preservation is as powerful in politics as in the rest of life.
Unpopularity saps the will of a political leader to resist ideas he thinks are bad and to press on with ideas he thinks are good.
Bernard Landry is facing a secret-ballot leadership confidence vote at the Parti Quebecois convention next June. While officially he can survive with the support of only a simple majority of the voting delegates, the conventional wisdom is that he will need at least 80 per cent of them.
And yesterday, Nicole Leger, a PQ member of the National Assembly who supports Pauline Marois's leadership candidacy, said he needs at least 90 per cent.
Indeed, that's become the standard in recent leadership confidence votes in major Quebec parties. Premier Jean Charest set the record of 95 per cent in 2000.
On the other hand, those leaders didn't have anyone campaigning openly against them, as Marois is campaigning against Landry. And results of a recent CROP-La Presse-Le Soleil poll suggest that 40 per cent of current PQ voters want him to step down.
The need to preserve his leadership, at least until either Francois Legault or Gilles Duceppe is ready to challenge the front-running Marois for it, might explain why Landry has not opposed a proposal to commit a PQ government to holding a sovereignty referendum in the first half of its term in office.
For years, Landry has said consistently that the PQ should hold a referendum only when it is "morally certain" of winning, because a sovereignist defeat would weaken Quebec.
Charest will face a confidence vote of his own before Landry, at a Liberal convention in November. In the meantime, there is a good chance the Liberals will lose at least one seat in the four by-elections on Sept. 20. Unlike Landry, Charest will face his confidence vote as premier, having led his party to victory in the last election.
But he, too, is facing a threat that weakens him politically. Only this threat is external rather than internal. In the CROP-La Presse-Le Soleil poll, conducted Aug. 19 to 25, 63 per cent of Quebecers expressed dissatisfaction with his government.
As high as that level of dissatisfaction is, it actually represents an improvement for the government from CROP's previous poll, though a statistically insignificant one. In fact, that makes two consecutive polls by CROP since mid-May in which the government's satisfaction rating has improved.
CROP pollster Claude Gauthier attributed the improvement to Charest's aggressive tone toward Ottawa on the health issue. But another possible explanation is that the government introduced fewer controversial measures in the spring than it had the previous fall.
The Liberals appeared to be hesitating in their efforts to reduce the size and cost of government. As a result, there was less divisiveness and confrontation associated with them. A semblance of the much-vaunted "social peace" was restored.
The relative peace won't last, however. The fall political season will be dominated by the negotiations between the government and its unionized employees.
There is a gulf between the initial bargaining positions of the two sides: The unions have demanded a wage increase of at least 13 per cent over three years, while the government has offered only six per cent, and over six years.
The government simply can't afford to offer more. Finance Minister Yves Seguin has said the government needs to cover a projected shortfall of $1.5 billion in next year's budget. That's without increasing spending on health and education and cutting taxes, which are the Liberal priorities. And salaries and benefits account for 56 per cent of what the government spends to deliver services.
In such circumstances, an unpopular government might lack the political will to confront the unions on other issues. For example, the CEGEPs want the decentralization of labour relations so that colleges can negotiate local agreements with their unions. Education Minister Pierre Reid agrees with this.
But the unions are opposed. And an unpopular government already involved in difficult negotiations with the unions might not be able to summon the political will to impose a change even if it considers it necessary.

Vers un partenariat public-privé en santé
Jean Chevrier
Éditeur et avocat montréalais, l'auteur a été conseiller auprès de Robert Stanfield ainsi que de Joe Clark lorsque ce dernier était premier ministre.
Le Devoir jeudi 2 septembre 2004
En marge de la conférence des premiers ministres - Vers un partenariat public-privé en santé
Ce n'est ni la science ni la technologie qui font défaut, mais le Canada du XXIe siècle et ses 11 gouvernements ne parviennent pas à renouveler notre système de santé et à le rendre plus efficace et plus accessible. Pas surprenant que la confiance des Canadiens diminue d'année en année, selon un récent sondage Ipsos-Reid.
On connaît trop bien les défaillances du système. Il y a pénurie de ressources humaines (médecins, infirmières, techniciens médicaux) et matérielles (lits, salles d'opération, équipement médical). Les listes d'attente sont longues et les structures sont lourdes. Et le manque d'argent est flagrant. Comme pour tourner le fer dans la plaie, les provinces demandent au fédéral de financer à lui seul un régime national universel d'assurance-médicaments évalué entre 10 et 12 milliards de dollars par année.
Que peut faire Ottawa dans ce contexte, qui relève en priorité des provinces, si ce n'est de jouer un rôle d'intermédiaire et de catalyseur et d'assurer la viabilité du système à long terme?
La première priorité serait de circonscrire l'énorme piège que constitue l'explosion des dépenses en santé. En 2003, les gouvernements ont dépensé la somme astronomique de 85 milliards, la part d'Ottawa étant de 16 %. Elle était de 50 % lorque le régime d'assurance santé a été lancé, dans les années 60.
Aujourd'hui, les dépenses en santé augmentent plus rapidement que l'inflation, les revenus et le taux de croissance de la population, au point où le Québec et l'Ontario y consacrent environ 42 % de leur budget. Dans un rapport récent, l'Institut Fraser laissait entrevoir un scénario quasi apocalyptique. Dans une vingtaine d'années, les dépenses publiques en santé accapareront presque tous les revenus de l'État, laissant peu ou pas d'argent pour tous les autres secteurs. Dans ce contexte, la promesse de M. Martin d'augmenter le budget de la santé de neuf milliards de dollars n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan.
Assouplir la loi
Que faire? Augmenter les impôts, s'endetter, s'en remettre à des frais modérateurs ou à un impôt-santé, comme l'a fait l'Ontario, ou faire davantage confiance au secteur privé? Dans ce contexte, il serait déraisonnable d'écarter du revers de la main le recours au secteur privé comme moyen de réduire les dépenses de l'État.
Ne vaudrait-il pas mieux assouplir la Loi canadienne sur la santé pour permettre aux provinces d'expérimenter dans ce domaine, comme l'avait envisagé Pierre Pettigrew en avril dernier alors qu'il était ministre fédéral de la Santé? La seule condition qu'il émettait: que les Canadiens n'aient pas à payer de leur poche.
Les citoyens, eux, sont prêts à aller plus loin. Un sondage Léger Marketing effectué en mai dernier démontrait que 51 % de Canadiens et 68 % de Québécois accepteraient que l'État permette un accès plus rapide à des soins de santé à ceux qui souhaitent payer pour ces soins dans le secteur privé tout en maintenant le système actuel de santé gratuit et universel. C'est la solution qu'a récemment retenue l'ancien premier ministre Lucien Bouchard. Nous avons donc deux conceptions du rôle que pourrait jouer le secteur privé, l'une plus restrictive, l'autre plus étendue.
Aller au-delà du dogmatisme
En marge de la conférence des premiers ministres sur la santé, qui se tiendra à la mi-septembre à Ottawa, pourquoi le fédéral, au-delà de tout dogmatisme, n'examinerait-il pas le potentiel d'un partenariat public-privé? Quels en seraient les avantages et les inconvénients? Dans quelle mesure le recours à la médecine privée allégerait-il le fardeau financier des provinces et réduirait-il les listes d'attente du système public?
Nombreux sont les professionnels de la santé qui sont d'avis qu'il faut absolument mettre les cliniques privées à profit et leur laisser la latitude voulue pour qu'elles puissent fournir un plus large éventail de services (tests sanguins, radiographies, chirurgies, etc.). Seule une approche globale bien planifiée parviendra à faire débloquer un système trop lourd aux prises avec des infrastructures désuètes.
Quoi qu'il en soit, les Canadiens sont en droit d'être renseignés sur ces questions et sur d'autres interrogations qui seraient formulées dans le cadre d'une étude bien ciblée, laquelle pourrait être confiée à un comité fédéral-provincial.
Du reste, la population n'est pas dupe. Elle sait que le réseau privé existe déjà et que le gouvernement n'est pas près de le démanteler. Les usagers sont à même de constater par eux-mêmes l'énorme pression qu'exercent sur les finances publiques le vieillissement de la population, le prix des médicaments et les nouveaux appareils.
La question morale entre elle aussi en ligne de compte. Peut-on en toute conscience s'opposer à ce qu'un parent ou un patient utilise son propre argent pour se faire soigner le plus rapidement possible? On sait que la Cour suprême délibère actuellement sur cette question et qu'elle pourrait bien trancher en faveur du «droit à la vie, à la liberté et à la sécurité» des individus, conformément à la Charte canadienne des droits et des libertés.
Il y a des préoccupations d'ordre public qui valent la peine d'être élucidées. C'est une question de bonne gestion et de gouverne responsable, à plus forte raison si elle peut faciliter la concertation à l'échelle fédérale-provinciale. Le financement de notre système de santé représente un défi tout aussi grand que l'a été celui de l'élimination du déficit. Aussi y a-t-il tout lieu de croire que c'est en mettant toutes les chances de son côté que Paul Martin réussira de nouveau à assainir les finances publiques.

Un jeune anglophone empêché d'étudier en anglais
Éric Clément
La Presse jeudi 2 septembre 2004
Son père, qui a vécu une immersion en français, est considéré francophone par le ministère de l'Éducation
Le président d'Alliance Québec, le révérend Darryl Gray, estime que le facteur déterminant dans ce dossier devrait être le meilleur intérêt de l'enfant
La Cour d'appel du Québec a ordonné à une commission scolaire de l'Outaouais d'inscrire temporairement dans une école anglaise un jeune anglophone de 7 ans. Le garçon était privé d'enseignement en anglais car son père, un anglophone, est considéré par le Québec comme francophone car il a fait ses études primaires en français au Manitoba.
Quand Michael Parasiuk a été d'âge scolaire, ses parents l'ont inscrit au programme d'immersion en français qu'une école primaire anglaise de Winnipeg venait de créer. " Mes parents étaient allés en Europe et trouvaient que d'être unilingue anglophone, ce n'était pas suffisant, dit-il en français lors d'une entrevue téléphonique. C'était aussi l'époque de la vision bilingue de Trudeau. Alors, ma soeur et moi sommes allés dans cette classe d'immersion française au primaire. "
Les trois quarts de son enseignement dans cette école lui ont été fournis en français. Et c'est pour cette raison que le ministère de l'Éducation refuse depuis deux ans d'inscrire son enfant, Cohen Parasiuk, dans une école anglaise au Québec. Même si Michael Parasiuk a fait toutes ses études secondaires et universitaires en anglais. Même si sa femme est d'origine australienne et qu'à la maison tout se passe en anglais.
En effet, l'article 73 de la Charte de la langue française, qui définit qui est admissible à recevoir au Québec un enseignement en anglais, stipule qu'il faut qu'au moins l'un des deux parents ait eu un enseignement primaire en anglais au Canada. Et dans le cas de la famille Parasiuk, la mère a fait son primaire en anglais en Australie et non au Canada et son père l'a fait aux trois quarts en français au Manitoba...
La famille Parasiuk habite au Québec depuis octobre 2000. Cohen est allé à la maternelle en français jusqu'en mai 2001, mais ne parlant pas français, cela ne s'est pas très bien passé. Il était isolé des autres enfants. Michael Parasiuk a alors essayé d'obtenir la permission de placer Cohen dans une maternelle anglaise, mais le Ministère a refusé en 2002 et sa requête devant le Tribunal administratif du Québec a aussi été rejetée. L'enseignement de Cohen s'est alors effectué à la maison.
La famille a perdu sa cause en Cour supérieure en juin, la juge Claudette Picard confirmant le refus du ministre. Mais mardi, la Cour d'appel a rendu une ordonnance pour permettre au jeune d'intégrer une maternelle en anglais et elle jugera la cause sur le fond en décembre.
Cohen Parasiuk est revenu lundi de chez ses grands-parents, en Colombie-Britannique. Son père s'apprêtait à l'inscrire, à contrecoeur, dans une école privée anglaise d'Ottawa. Mais la décision de la Cour d'appel a changé les plans et le jeune garçon a pu franchir, hier, les portes de l'école primaire de Wakefield, membre de la commission scolaire Western Quebec. " Nous étions très heureux, dit M. Parasiuk. Il est maintenant en deuxième année. Et il fera comme moi l'apprentissage du français dans une classe d'immersion. Car je veux qu'il soit bilingue et ma fille aussi. "
M. Parasiuk, qui ne comprend pas pourquoi il serait " coupable d'avoir appris le français et d'être capable de travailler en français ", dit être très fier de parler français. Fonctionnaire fédéral, il explique que s'il a voulu que son fils fréquente une école anglaise, c'est parce qu'il pense que c'est avec un programme d'immersion en français qui apprendra le mieux cette langue. " Car dans une école française, il n'aurait pas travaillé à la même vitesse que les autres élèves. "
L'avocat de la famille Parasiuk, Brent Tyler, a lancé hier un appel à la communauté anglophone, au procureur général du Canada et aux commissions scolaires anglophones du Québec afin qu'ils l'aident dans cette cause. " Il faut aider cet enfant qui a eu une très mauvaise expérience, dit-il. C'est une situation absurbe et ridicule et la Cour d'appel le reconnaît quand elle parle de prépondérance des inconvénients pour Cohen. "
Mais à en juger par la réaction de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec, l'avocat n'est pas au bout de ses peines. " Notre conseil d'administration a décidé que ce n'était pas approprié pour l'instant (de soutenir la cause de Michael Parasiuk), explique Marcus Tabachnick, président de l'association et président de la Commission scolaire Lester B. Pearson. Il y a actuellement une autre affaire du même genre devant la Cour suprême, dont nous attendons une décision cet automne. Dépendamment de cette décision, nous verrons. "
" Vous connaissez l'adage, avait prédit Me Tyler en conférence de presse. On ne mord pas la main qui vous nourrit. Et 80 % du financement des commissions scolaires anglaises provient de Québec... "
Le président d'Alliance Québec, le révérend Darryl Gray, qui soutient la cause Parasiuk, estime que le facteur déterminant dans ce dossier devrait être le meilleur intérêt de l'enfant. " Nous espérons que ce jugement est une indication de ce qui sera jugé en décembre. La Cour d'appel dit que cet enfant ne doit plus souffrir. Mais les familles québécoises et canadiennes ne devraient pas avoir à se battre seules pour de tels droits humains contre leur propre gouvernement quand le meilleur intérêt des enfants est d'apprendre les deux langues. "
" La bataille n'est pas gagnée, dit M. Parasiuk, mais c'est déjà une meilleure situation pour mon fils. Vous savez, je suis d'accord avec le Québec qui doit protéger sa langue et sa culture, mais je ne me vois pas comme une menace. Je ne veux pas que mon fils soit sacrifié et je crois qu'il faut toujours agir de façon à ce que l'on privilégie une éducation dans le meilleur des deux systèmes pour l'enfant. "
M. Gray a dit que grâce à l'intervention du premier ministre Jean Charest, Alliance Québec aura une rencontre au ministère de l'Éducation à la fin du mois. " Nous sommes optimistes. Nous espérons que M. Reid écoutera nos doléances. Nous y allons pour écouter et être entendus. "
Le ministère de l'Éducation s'est refusé à tout commentaire hier.
Eric.clement@lapresse.ca
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
ENTRE ÉLECTIONS RÉFÉRENDAIRES ET/OU RÉFÉRENDUM
René Marcel Sauvé, géographe
TRIBUNE LIBRE 2 septembre 2004
Les débats de surface qui entourent la question à savoir s’il devrait y avoir élection référendaire ou référendum après une élection « ordinaire » font oublier l’essentiel.
Les débats de société et les discussions idéologiques, « savantes » ou non, ont ce défaut de passer outre à la première question qui doit nous préoccuper tous : est-ce que le Québec est oui ou non le foyer national d’un peuple et l’assise de son État naturel? Dans l’affirmative, la procédure à suivre pour que le Québec soit reconnu comme tel doit emprunter aux continuités déjà établies le moyen d’atteindre le but vers lequel tous nos efforts doivent tendre : être reconnus et partant, nous défaire du pouvoir centralisateur, unitaire, arbitraire et entropique d’Ottawa, dont nous n’avons nul besoin et dont personne ailleurs dans l’espace continental canadien n’a besoin non plus.
En effet, si le Québec est reconnu de droit (de jure) comme foyer national et État naturel et optimal d’un peuple, c’est parce que cette existence est déjà présente en premier lieu, dans les faits, par fait accompli, au terme d’une démarche et d’un travail continu qui approche maintenant quatre siècles. La démarche pour faire reconnaître le Québec pour ce qu’il est doit donc s’inscrire à l’intérieur des continuités déjà établies, ce que nos adversaires s’acharnent à nier et à rejeter.
C’est à l’intérieur de cette démarche que les mouvements d’indépendance du Québec ont pris naissance, dont le premier date d’Honoré Mercier avant le début du Vingtième siècle, le second vers 1934, avec la publication du livre de l’abbé Morin : Nos droits à l’indépendance; le troisième en 1957, avec la fondation de l’Alliance Laurentienne, dont j’ai eu l’honneur de faire partie, puis, la fondation des partis politiques jusqu’au Parti Québécois avec René Lévesque en 1968. Le reste a suivi peu à peu et a continué de progresser envers et contre l’adversité et les trahisons qui n’ont pas manqué de jalonner notre cheminement.
Un État est un territoire, une histoire, un savoir, un pouvoir et un vouloir. Cette volonté agissante qui possède les moyens de l’action ne surgit pas d’un coup chez un peuple. De colons, nous sommes effectivement devenus un peuple, grâce à la langue française, langue d’État s’il en est une, grâce aux caractéristiques de la géographie du Québec et de son histoire à partir de 1760, qui a marqué pour nous les débuts de notre propre histoire alors que la Nouvelle France avait passé. La géopolitique, et son accent sur les rapports de forces, qui ne comprennent pas que le nombre, mais la concentration dans l’espace et dans le temps, et, la dynamique, nous permet d’expliquer concrètement ce qui nous semble comme une survivance et une croissance paradoxales dans un monde hostile. Cette prise de conscience est devenue pour nous le savoir qui nous fait poursuivre notre travail de consolidation des statuts acquis de fait, dont celui de peuple, foyer national et État naturel.
Tous ces éléments font notre pouvoir, qui veut dire pouvoir d’agir par nous-mêmes et avec envergure. Ce pouvoir est réel et nous en avons fait la preuve. Il nous reste encore à vouloir poursuivre notre démarche jusqu’au bout.
L’Assemblée Nationale, notre fonction publique, nos institutions et nos organisations n’attendent qu’une décision de notre part pour finir de mettre en œuvre notre volonté collective d’agir d’un seul tenant, sans passer par l’intermédiaire d’Ottawa, qui travaille contre nous. Cette décision ne peut venir que par l’entremise du Parti Québécois, le seul parti politique capable de conduire le Québec vers l’acte final de l’État et son indépendance, mais à la condition expresse de ne pas se fourvoyer sur sa mission véritable.
L’ambiguïté du « bon gouvernement provincial » ne peut plus durer. Ce « bon gouvernement » est impossible et le Parti Libéral du Québec de Jean Charest en fait encore une fois la preuve. Un gouvernement du Parti Québécois, sans pouvoirs d’État, condamné en partant à ne devenir qu’un gouvernement de province, pourra certes faire mieux que le gouvernement Charest, compte tenu de la compétence de ses représentants, mais sera rapidement bloqué dans son action par le pouvoir de taxer et de dépenser qu’Ottawa a usurpé pour servir les intérêts de l’oligarchie de Bay Street à Toronto. Le reste n’est qu’expédient.
En partant, donc, cette prochaine fois, le Parti Québécois aura besoin de pouvoirs que seul le peuple du Québec peut lui accorder par un vote unanime et sans équivoque. Si le peuple Québécois ne veut pas se reconnaître pour ce qu’il est : un peuple doté de son foyer national et son propre État, personne ne le fera pour lui.
Jamais aucun pouvoir dans l’histoire du monde n’a été reconnu comme une faveur ou un privilège. Le pouvoir est une conquête : il n’est pas un héritage. Cette conquête est déjà accomplie pour le Québec mais il lui reste encore à la reconnaître, à la faire reconnaître et à mettre fin à la présence d’Ottawa sur le territoire du Québec. Il n’a pas à y revenir. L’ambivalence actuelle ne peut plus continuer.
Une décision radicale s’impose et la prochaine élection générale au Québec ne doit laisser dans l’esprit de personne le motif véritable d’un vote pour le Parti Québécois, motif que le Parti doit exprimer d’une manière explicite et sans équivoque.
Tous les Québécois qui voteront pour le Parti Québécois aux prochaines élections doivent savoir en partant qu’en votant pour le Parti, ils ont déjà décidé ce qui suit :
1. Qu’ils reconnaissent le Québec comme leur foyer national, soit de souche, de naissance ou par adoption.
2. Qu’ils reconnaissent le Québec comme leur État national et qu’ils s’engagent par cette reconnaissance à lui accorder toute leur loyauté.
3. Qu’ils ne reconnaissent pas Ottawa comme leur État et s’engagent à ne plus lui accorder leur loyauté.
4. Qu’ils accordent au Québec autorité et appui pour récupérer toute la fiscalité maintenant détenue par Ottawa.
5. Qu’ils accordent au Québec autorité et appui pour récupérer toutes les communications détenues par Ottawa.
6. Qu’ils ont déjà décidé d’appuyer le Québec dans le référendum à venir sur la souveraineté.
7. Qu’ils ne reconnaissent plus à Ottawa le droit de regard et de désaveu par lequel Ottawa maintient à la fois son arbitraire, son inertie et son entropie.
Ceci n’est pas une élection référendaire mais une élection dans laquelle les Québécois se reconnaissent déjà comme un État national et n’ont pas l’intention de reculer. Le gouvernement du Parti Québécois devra immédiatement entreprendre de récupérer tous les impôts et toutes les taxes, qu’Ottawa s’y oppose par une fin de « non recevoir » ou non.
Pour le Parti Québécois, si course à la chefferie il y a, le seul chef à reconnaître devra s’engager à inclure explicitement ces sept items dans son agenda de la prochaine élection générale.

TRIBUNE LIBRE
Ottawa vs Outaouais
Luc Lepage
TRIBUNE LIBRE 2 septembre 2004
Chers amis(es) québécois(e) et souverainistes, depuis le 1er septembre, la chambre immobilière de l'Outaouais a un site internet avec un nouveau concept avec des arguments vendeurs pour attirer les ontariens. Avant le 1er septembre, le site était plus ''neutre'' et sans arguments incitatifs. Mais un agent immobilier m'a confié que depuis mars 2004, le marché a cessé d'augmenter.
Or depuis le 1er septembre, ce site a un menu, Ottawa vs Outaouais, et dans ce menu , on explique que du côté québécois, les garderies y sont aà 7 $ par jour, qu'il y a des parcs et des lacs, que les terrains sont plus vastes et qu'il y a des services et des écoles en français et surtout en anglais. Alors on échange du profit contre l'anglicisation et des gens qui n'ont aucune notion d'un peuple qui se bat pour garder sa langue et sa culture. Les garderies à 7$ par jour, c'est un concept venant du gouvernement péquiste et non de la chambre immobilière de l'Outaouais.
Je n'ai rien contre les agents immobiliers ni contre les ontariens, mais on n'explique en rien aux nouveaux ''arrivants'' de la loi 101, ni des mouvements nationalistes québécois, de la fête des patriotes, encore moins du changement de plaques automobiles qu'il faut changer ou du taux d'imposition qui est différent.
Vous savez ce que ça veut dire, des ontariens anglophones au Québec! Pour la majorité, ils vont continuer de voter libéral, ils vont surtout voter non au prochain référendum, pour quelques-uns, ils vont continuer de se promener avec des plaques de l'Ontario , qu'ils vont continuer à ne parler que l'anglais, qu'ils vont profiter des garderies à 7$, des études post-secondaires à bon marcher et qu'ils vont détester les souverainistes et faire flotter le drapeau canadien et me regarder de travers quand je passe avec mon drapeau québécois.
Il faut que la chambre immobilière ait un message, ce n'est pas au nom du profit des agents immobiliers que l'on va rester silencieux.

TRIBUNE LIBRE
Une belle mascarade pour gagner du temps
Félix Pinel
TRIBUNE LIBRE 2 septembre 2004
Bonjour,
je vous écris pour vous faire part de la grande inquiétude qui m'habite suite à la table ronde de la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique québécoise à laquelle j'ai assisté le 1er septembre 2004. Il est complètement irrationnel de se prêter à un tel exercice n'ayant pas connaissance de l'état actuel et réel de la forêt publique, comme le réclame depuis trop longtemps l'ABAT[1]. Cette rencontre formelle ressemble en fait à une belle mascarade pour gagner du temps, le temps d'extraire encore plus de cette fameuse matière ligneuse. Les compagnies forestières, quant à elles, tentent de se faire passer pour de grands philanthropes sur qui reposerait toute l'économie des régions et qui nous implorent de ne pas les empêcher de récolter le fruit mur, car pour eux un arbre et un fruit se classent dans la même catégorie, celle du profit.
Je vous demande, M. le Premier Ministre, au nom de tous les enfants Québécois, rien de moins, que de nationaliser l'industrie forestière du Québec, seule garante d'une meilleure redistribution de la richesse que procure cette ressource appartenant à tous les Québécois. De plus, une telle politique favoriserait le maintien de l’équilibre écosystèmique de notre territoire, un tant soit peu. Ce geste n’en est pas un de souveraineté politique, mais plus important encore de souveraineté économique. Mais, peut-être que même cette dernière vous n’êtes pas prêt à vous battre pour, qui sait? Le Parti Libéral du Québec aurait-il rompu avec sa grande trandition nationaliste?

TRIBUNE LIBRE
Une médaille avant tout
Sylvio Le Blanc, Montréal
TRIBUNE LIBRE 2 septembre 2004
Il semble qu’un athlète ayant fui l'Algérie, puis sollicité le statut de réfugié au Canada, ait accepté de représenter son pays natal aux Jeux d'Athènes. Comment peut-on détaler d’un pays, puis accepter de courir pour lui? La palme de l’inconséquence!
S’il avait remporté l’or, on aurait joué l’hymne national algérien et hisser haut le drapeau vert et blanc. Quelle publicité alors faite à un pays qu’il a valu mieux quitter par crainte pour sa sûreté! Quel affront fait à l’opposition en Algérie! Sans compter plusieurs représentants de la diaspora.
Si cet athlète revient à Montréal (où il s’entraînait avant les JO), je ne serais pas surpris que les autorités canadiennes lui fassent parvenir un billet de ce genre : «Un homme qui accepte librement de défendre les couleurs d’un pays aux JO ne peut pas être en si mauvais termes avec lui, de même que le pays avec l’homme, puisqu’il l’a invité à participer. Veuillez trouver en pièce jointe un billet d’avion en aller simple pour Alger.»
