
Un appel pour une nouvelle coalition des forces souverainistes
Danic Parenteau
PARTI QUÉBÉCOIS -- Maskinongé 24.9.2004
Forum sur l’accession à l’indépendance: Un appel pour une nouvelle coalition des forces souverainistes
C’est sur un appel à la création d’une nouvelle coalition de toutes les forces souverainistes et progressistes au Québec que s’est terminé, jeudi le 15 septembre, le premier forum organisé par le SPQ Libre.
Prenant la parole devant une foule de plus de 300 personnes, Jacques Parizeau a exhorté le Parti québécois à « jeter des passerelles entre toutes les mouvances souverainistes du Québec ». Selon lui, le parti souverainiste doit « se montrer plus ouvert aux jeunes » ainsi qu’aux enjeux qui les préoccupent. Ce plaidoyer a reçu un accueil très chaleureux de la part des sympathisants réunis, parmi lesquels on comptait non seulement de nombreux membres du SPQ Libre et plusieurs militants péquistes, mais aussi des militants d’un autre parti souverainiste, l’Union des forces progressistes (UFP).
Ce forum sur le thème de l’accession à l’indépendance s’est ouvert sur l’allocution de Robert Laplante, directeur de l’Action nationale. Rappelons que c’est la proposition de M. Laplante visant à repenser le référendum sur la souveraineté qui a été relayée par Jacques Parizeau avant de devenir l’enjeu du vif débat qui anime le camp souverainiste depuis quelques semaines.
Après avoir décrit la grande transformation dans laquelle s’est lancé le Canada depuis le dernier référendum - soit celle d’une « modernisation unitaire », d’une construction identitaire nationale – Robert Laplante a exhorté le Parti québécois à revoir la stratégie référendaire à la lumière de cette nouvelle donne.
Il a ainsi proposé qu’une fois légitimement élu sur la base d’un mandat souverainiste, le Parti québécois prenne tous les moyens à sa disposition - y compris toutes les ressources étatiques dont il aura contrôle - pour la réalisation du projet souverainiste. Dans cette perspective, Robert Laplante propose que le référendum porte la constitution d’un Québec indépendant. « Un gouvernement souverainiste doit faire la souveraineté ! », a-t-il lancé. Sinon, le danger est grand que le Parti québécois ne devienne une « Union nationale des temps modernes » s’il échoue à accomplir le mandat pour lequel il aura été élu. Dans son intervention, Jean-François Lisée, directeur du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, s’est d’emblée montré opposé à ce qu’il appelle « les raccourcis qui éloignent », c’est-à-dire toute « tactique miracle » qui mènerait plus facilement ou plus rapidement à l’indépendance. Ses arguments étaient appuyés par les résultats de nombreux sondages qui, selon lui, illustrent « la peur des Québécois de perdre un nouveau référendum. »
Il a néanmoins soutenu cet appel à un processus que l’on pourrait qualifier de construction graduelle de la souveraineté « de l’intérieur », soit au sein même de l’actuelle configuration étatique. De surcroît, J.-F. Lisée en a appelé au déploiement d’initiatives concrètes secteur par secteur en économie, en éducation, en santé, etc. , qui pourraient rapprocher le Québec de la souveraineté.
Dans une intervention qui s’est voulue plus générale, plus éloignée de simples considérations d’ordre stratégique, Michel Venne, directeur de l’Université du Nouveau Monde, a quant à lui lancé un appel afin de remettre « le peuple québécois en marche ». Selon le chroniqueur du Devoir, le Québec « immobile » et « statique » a grandement besoin « d’un nouveau leadership qui sache lui redonner le goût de l’avenir ». Enfin, la participation d’Amir Khadhir, porte-parole de l’UFP, à ce forum démontre l’ouverture de SPQ Libre et sa volonté de susciter un débat politique au sein de toutes les forces souverainistes et progressistes au Québec.
Le porte-parole de l’UFP a fait la promotion de l’idée que, dès l’élection d’un parti souverainiste à l’Assemblée nationale, soit mise sur pied une « assemblée constituante » dont le mandat serait de préparer l’accession à l’indépendance. Amir Khadhir reconnaît dans cette démarche un processus « émancipateur » et « transparent » qui s’articulerait comme un véritable « exercice d’émancipation collective » pour le peuple québécois. Il propose ainsi un modèle en rupture avec celui de l’adversaire fédéraliste caractérisé par des « machinations » et « des tactiques malhonnêtes ».
Le thème de cette rencontre était tout choisi pour Jacques Parizeau, dernier conférencier, auquel les participants et le public n’auront pas manqué de montrer leur respect par de chauds applaudissements. M. Parizeau était désireux de fournir quelques éclaircissements sur sa proposition, mais aussi de rectifier ce que les médias auront pu en rapporter une série de « mensonges », selon lui.
Dans sa proposition, comme dans celle de Robert Laplante dont il s’inspire, il n’a « jamais été question » pour M. Parizeau d’une élection référendaire. Ce qu’il propose toujours, faisant ainsi écho aux précédentes interventions de la soirée, c’est la mise en oeuvre, dès l’élection du Parti québécois, sur la base d’un mandat populaire et légitime, du projet souverainiste par la préparation de l’indépendance.
L’ancien premier ministre a souligné que l’adversaire principal n’était pas le gouvernement Charest, mais Ottawa. « Nous venons d’apprendre que le Conseil pour l’unité canadienne a dépensé 793 millions de 1992 à 2004 dans sa lutte contre le séparatisme québécois. C’est beaucoup d’argent! »
Dans ce contexte d’affrontement avec le fédéral, « la vraie bataille, ce sont les prochaines élections provinciales. » Il propose de dire clairement que l’élection du Parti québécois va « enclencher le processus vers la souveraineté ». Le fédéral, poursuit-il, pourra dépenser des millions, « cela n’aura pas grand impact sur l’élection du député de Matapédia. »
Par la suite, pouvant bénéficier de toutes les ressources de l’appareil d’État, il s’agira pour le gouvernement de poser des gestes de souveraineté à l’intérieur même du cadre constitutionnel canadien. Mais ce processus ne saura être parachevé que par cette ultime étape que constitue le référendum, puisque seul un référendum pourra mener le Québec à sa pleine indépendance. Ainsi, pour M. Parizeau, pas d’indépendance sans référendum mais un référendum seulement comme étape dernière et exécutoire d’un processus d’indépendance. Et c’est pour réaliser ce projet, qu’il en a appelé à la nécessité pour le Parti québécois de « jeter des passerelles » aux souverainistes de toutes les mouvances au Québec.
Cet exposé fut suivi d’interventions de la salle, parmi lesquelles celles des députés Jean-Pierre Charbonneau et Daniel Turp qui sont venus prolonger l’appel de M. Parizeau à la création d’une nouvelle coalition rassemblant toutes les forces souverainistes du Québec. Daniel Turp a pris appui sur le modèle de la « convention pour l’indépendance » lancée récemment par les partis nationalistes en Écosse.

Pour sortir de l'impasse : Il faut créer une coalition de partis politiques
Jean-Pierre Charbonneau
Député de Borduas, ex-ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques et ex-président de l'Assemblée nationale du Québec
Le Devoir vendredi 24 septembre 2004
IDÉES - Depuis plusieurs mois, les militants du Parti québécois débattent de la façon de reprendre la marche vers la souveraineté. Pour l'essentiel, les discussions et les débats portent sur le comportement que devrait adopter un prochain gouvernement du PQ pour convaincre une majorité de la population de voter OUI lors d'un troisième référendum visant à trancher la question nationale québécoise dans le sens de la création d'un pays québécois. Les discussions portent aussi sur le type de mandat politique que devrait solliciter le Parti québécois lors des prochaines élections générales.
Tout ce brassage d'idées est bien et pertinent. Cependant, il n'est pas suffisant pour aller au fond des choses car il néglige d'aborder de front une question fondamentale, celle de la capacité du Parti québécois d'aujourd'hui de rallier en son sein et derrière lui tous les gens qui sont en faveur de la souveraineté du Québec ou qui n'y sont pas totalement et irrémédiablement réfractaires.
Il est vrai que, dans le cadre actuel d'un mode de scrutin à la britannique, un parti peut prendre le pouvoir avec l'appui d'une grosse minorité de la population, surtout si plusieurs partis se disputent les faveurs de l'électorat. C'est d'ailleurs toujours comme cela que le PQ a accédé au pouvoir. Dans l'esprit des dirigeants actuels du PQ, tout doit être fait pour rééditer cet exploit, notamment une plus grande ouverture envers ceux qui, au fil des années de gouverne provinciale, ont quitté le navire créé par René Lévesque.
On veut donc que le PQ redevienne la coalition souverainiste plurielle qu'il était à ses débuts et, pour cela, on est prêt à plusieurs accommodements, innovations et passerelles, comme l'insertion de divers clubs politiques autonomes tels les Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ libre), qui vient d'être reconnu formellement au dernier conseil national.
Cette façon de voir et de faire les choses n'est pas mauvaise en soi. Elle n'est cependant ni audacieuse ni suffisante pour la suite des choses dans la mesure où la situation politique d'aujourd'hui n'est plus celle de la fin des années 60. Si, alors, le RIN de Pierre Bourgault et le RN de Gilles Grégoire et Jean Garon se sont sabordés au profit du PQ de René Lévesque et que, par la suite, l'Union nationale et les créditistes ont vu leurs militants et leur électorat partir pour le PQ ou le PLQ, il est illusoire de croire que les souverainistes de l'ADQ de Mario Dumont et ceux de l'Union des forces progressistes ou de l'Option citoyenne de Françoise David voudront faire de même maintenant ou demain.
La conséquence de cela est donc très évidente: aux prochaines élections générales, tous ces partis vont se diviser les votes contre le gouvernement Charest avec une probabilité réelle de permettre à ce dernier de se maintenir au pouvoir. Même si, au PQ, on refuse actuellement d'envisager ce scénario et de s'y préparer, l'évolution de la situation politique risque de conduire au même résultat qu'aux dernières élections, en avril 2003.
Coalition antifédéraliste
Que faire, alors? D'abord, constater que tous ceux qui, depuis 15 ans, ont envisagé un jour ou l'autre de faire du Québec un pays avec Robert Bourassa, Jacques Parizeau ou Lucien Bouchard sont aujourd'hui pour la très grande majorité ailleurs qu'au Parti libéral. Ils sont au PQ, à l'ADQ, à l'UFP, au Parti vert, à l'Option citoyenne, etc. Tous ces gens ont déjà représenté près de 67 % de la population aux lendemains de l'échec de l'accord du Lac-Meech. Plus solidement, ils représentent aujourd'hui 58 % de l'électorat, ce qui correspond exactement au pourcentage de citoyens farouchement opposés actuellement au Parti libéral du Québec.
Devant cette réalité, le temps est venu de changer fondamentalement le vieux paradigme politique québécois et de modifier radicalement (bien que provisoirement) l'échiquier politique. Le PQ doit abandonner son rêve d'hégémonie souverainiste dans un contexte le plus bipartiste possible et entreprendre des pourparlers avec les autres partis souverainistes et nationalistes afin de créer une véritable coalition politique sous la bannière de laquelle tous les opposants aux fédéralistes inconditionnels de Jean Charest pourraient offrir une avenue alternative solide et enthousiasmante.
Ce Ralliement pour le Québec, s'il voyait le jour, pourrait prendre le pouvoir avec non seulement une majorité des sièges mais surtout une majorité des voix. Regroupés derrière le projet de régler une fois pour toutes la question nationale, les partis politiques de la coalition offriraient au peuple le gouvernement de solidarité nationale indispensable pour à la fois lancer la vaste opération de démocratie participative nécessaire pour construire la majorité populaire requise afin de mettre un point final aux chicanes constitutionnelles et remettre en marche les multiples forces vives de la société désireuses de relever les défis du XXIe siècle. [...]
La proposition que je formule est audacieuse et même téméraire car elle commande l'utilisation d'un instrument politique inédit et non conforme à notre vieille culture politique. Toutefois, cela est faisable et même réaliste, à la condition, bien sûr, que tous fassent vraiment passer la patrie avant les partis et les ambitions personnelles.
Robert Bourassa aurait pu faire l'histoire s'il avait eu le courage d'aller au bout de ce qu'il avait suscité comme soutien populaire. Il a failli. Aujourd'hui, tous les chefs politiques du Québec, à l'exception de Jean Charest, peuvent sortir le Québec de l'impasse et faire l'histoire. Auront-ils le sens de la nation, la volonté et le courage de le faire? Je le souhaite.

Consultation sur le sentiment souverainiste :
Landry trouve le constat rassurant
Denis Lessard
La Presse vendredi 24 septembre 2004
Québec - Loin d'être inquiétant pour les souverainistes, le constat fait par trois jeunes députés péquistes est de nature à les rassurer quant à la popularité de l'option dans la génération montante, croit Bernard Landry.
" Il ne faut pas se contenter d'une manchette de journal. Quand on consulte le document, on constate qu'à cinq reprises on y souligne que les jeunes sont souverainistes ", a commenté hier le chef péquiste.
Pour lui, la consultation faite le printemps dernier par les députés Jonathan Valois (Joliette), Stephan Tremblay (Lac-Saint-Jean) et Alexandre Bourdeau (Berthier) fait un constat proche de celui fait il y a bien longtemps sous René Lévesque: " La souveraineté est notre coffre d'outils, et cette consultation est allée chercher du matériel pour consolider l'appui des jeunes qui sont souverainistes ", a dit M. Landry.
La manchette percutante du Devoir hier a mis dans l'embarras l'entourage de M. Landry qui a fait appel à M. Valois pour corriger le tir.
Le document de 12 pages, mis sur le site Internet du PQ depuis le début de l'été, est parfois nébuleux. " L'idée de souveraineté est aujourd'hui incluse dans la longue liste des éléments desquels ces gens sont sceptiques ", peut-on y lire.
On y fait aussi des mises en garde sérieuses au PQ: " Nous ne pouvons plus accepter sans en débattre que l'avenir du mouvement souverainiste passe par les structures partisanes du Parti québécois. " Le PQ doit " s'interroger sur la politisation et la partisanisation de l'option ", écrit-on.
Député péquiste de Joliette, Jonathan Valois s'inscrit en faux face à l'interprétation faite par Le Devoir du texte produit après cette consultation.
" J'incite les gens à aller lire le texte sur Internet. Peu de gens comprennent comment Le Devoir a pu en arriver à un tel texte. Je ne comprends pas une telle manchette ", a dit M. Valois.
On y décrivait la souveraineté comme " dépassée, désuète et vétuste ". Or, insiste M. Valois, cette phrase prend un tout autre sens quand on se donne la peine d'ajouter le début du paragraphe: " Si la souveraineté ne constitue aujourd'hui qu'une solution pour régler une fois pour toutes le dossier de la langue et pour se donner un projet de société où les travailleuses et les travailleurs seront mieux protégés, elle demeure incomplète. Pire, elle est dépassée, désuète et vétuste. "
" Il y une mauvaise interprétation du document. On dit sur le contenu, il faut aller dans cette direction, il faut que la souveraineté s'adapte aux années 2000, c'est ce que les jeunes nous ont dit. Et c'est ce qu'on lit dans le document ", a expliqué M. Valois.
Le trio d'élus souligne dans son texte que l'ensemble des témoignages entendus " bouscule, choque et assomme ". " On nous a beaucoup parlé du scandale des commandites, dit M. Valois. Mais le texte souligne aussi que les étudiants voulaient parler d'autres choses que de souveraineté. L'éthique, les scandales, les malversations, les conflits d'intérêts, le pouvoir réel et l'illusion du pouvoir (...) sont autant de sujets que les jeunes imposaient d'eux-mêmes et qui n'étaient pas à notre agenda préliminaire ", écrivent les trois députés.
Pas de coalition
D'autre part, la vice-présidente de l'Union des forces progressistes UFP, Denise Veilleux, a repoussé hier du revers de la main l'idée lancée par le député péquiste Jean-Pierre Charbonneau, qui préconisait la formation d'une coalition des partis nationalistes en vue des prochaines élections.
" Pas de coalition, ni avant, ni après les élections ", soulignait-elle hier. Elle reconnaît les efforts de M. Charbonneau pour faire avancer la représentation proportionnelle, mais constate qu'il semble avoir abdiqué et ne plus croire que ce sera possible pour les prochaines élections.
" On préfère une solution de démocratie, une solution à long terme. Le PQ est mal placé car il a ce projet de proportionnelle dans ses cartons depuis 30 ans et n'a rien fait. "

La franchise des mousquetaires
André Pratte
La Presse vendredi 24 septembre 2004
Éditorial - Si tous les documents circulant dans les partis politiques étaient empreints de la même franchise que celui qu'ont rédigé récemment trois jeunes députés du Parti québécois, notre démocratie se porterait mieux. Le rapport de ceux qu'on a baptisés " les mousquetaires " s'adresse aux militants péquistes, mais les dirigeants des autres partis pourraient eux aussi en tirer des enseignements utiles.
Alexandre Bourdeau, Stéphan Tremblay et Jonathan Valois (moyenne d'âge: 30 ans), ont passé deux mois à rencontrer des jeunes Québécois. Leur document, disponible sur Internet (www.3mousquetaires.org), était passé inaperçu jusqu'à ce que Le Devoir en fasse état hier matin.
Ce qui frappe d'abord à la lecture de ce texte d'une douzaine de pages, c'est combien les députés ont prêté une oreille respectueuse aux propos des jeunes. Plutôt que de déplorer leur prétendue indifférence politique ou leur supposée ignorance de l'histoire, plutôt que de les juger de haut comme le font tant de politiciens et de commentateurs, les députés ont écouté et osé remettre en cause leurs propres préjugés: " Parce qu'ils ne s'impliquent pas comme leurs parents, est-ce à dire que les jeunes ne s'impliquent pas? Ou pas correctement? Aussi, la connaissance de l'histoire du Québec au début de la colonie et lors de la Révolution tranquille lorsque nous avons entre 15 et 25 ans est-elle plus noble que de connaître son directeur d'école, son responsable de troupe scout ou son entraîneur de hockey? "
Outre le cynisme des jeunes à l'égard de la politique, MM. Bourdeau, Tremblay et Valois ont osé décrire le fossé qui s'est créé entre les nouvelles générations et le Parti québécois. Ayant invité les militants péquistes des différentes régions à venir les rencontrer, les députés ont compté peu de jeunes parmi leurs interlocuteurs. Surtout, ils ont réalisé que les préoccupations des militants sont à des années-lumière de celles des jeunes: " Le développement durable, la mondialisation, l'environnement et l'éducation ne sont pas des sujets très populaires lors de ces rencontres. On préfère parler de la langue, de la souveraineté et d'histoire du Québec et de nous-mêmes, le PQ. (...) Il faut aussi noter qu'une bonne partie des réflexions sur les enjeux commençait par " Dans notre temps... ". "
Les jeunes que les trois députés ont rencontrés dans les écoles secondaires et les cégeps sont pour la plupart souverainistes. Mais ils ne savent pas trop pourquoi, et ils sont insatisfaits des arguments mis de l'avant par leurs aînés. Ils se demandent comment la souveraineté contribuera à régler les problématiques qui les préoccupent, tels les risques de la mondialisation, le déclin démographique et la pollution. La conclusion des députés est brutale: " Si la souveraineté ne constitue aujourd'hui qu'une solution pour régler une fois pour toutes le dossier de la langue et pour se donner un projet de société où les travailleuses et les travailleurs seront mieux protégés, elle demeure incomplète. Pire, elle est dépassée, désuète et vétuste. "
Les auteurs du rapport sont convaincus que le Parti québécois doit et peut moderniser le projet souverainiste de sorte qu'il réponde aux besoins du Québec d'aujourd'hui, plutôt que d'être " une réplique aux événements malheureux du passé du Québec. "
À notre avis, cette tâche de modernisation sera ardue. La pertinence de la souveraineté nous paraît en effet bien plus difficile à démontrer aujourd'hui qu'il y a 40 ans, étant donné les progrès fulgurants qu'ont pu réaliser les Québécois francophones à l'intérieur de fédération canadienne. Mais cela n'enlève rien à la franchise, à la lucidité et au courage de ces jeunes députés, qualités dont nous souhaiterions voir plus d'exemples dans tous les partis.
apratte@lapresse.ca

PQ's 'young' all have grey hair
Graeme Hamilton
National Post September 24, 2004 Friday
MONTREAL - They fashioned themselves as modern-day Musketeers of Quebec sovereignty, crossing the province to inject new energy into their cause. But when they returned from their travels (trusty steeds being in short supply, they rode in a Volkswagen Jetta), the three young Parti Quebecois MNAs brought only bad tidings. The youth of Quebec, it turns out, view the sovereignty movement as ''outdated, obsolete and timeworn.''
In a report slipped onto the PQ's Web site with no fanfare, Alexandre Bourdeau, 26, Stephan Tremblay, 30, and Jonathan Valois, 33, urge their party to modernize before it's too late. ''What we heard rattles, shocks and stuns,'' they write in their introduction.
The young Quebecers they met in 25 towns over their two-month mission had too many other things on their minds to get passionate about the dream of an independent Quebec. They were concerned about globalization, sustainable development and what impact an ageing population will have on their futures. They did not want to hear about the PQ's 30-year-old rallying cries: the need to protect the French language and build a social-democratic state.
''If sovereignty today constitutes nothing but a solution to resolve once and for all the language question and to give our selves a societal project where workers will be better protected, it remains incomplete,'' the young MNAs conclude, before getting out their thesaurus to hammer home the point. ''Worse, it is outdated, obsolete and timeworn.''
The report comes as other provincial parties try to weaken the PQ's grip on nationalist voters. Mario Dumont, leader of the Action democratique du Quebec, moved to solidify his nationalist credentials yesterday with a new constitutional platform promising to make Quebec an ''autonomous state'' within the Canadian federation. La Presse reported yesterday that Jean-Pierre Charbonneau, a veteran PQ member of the National Assembly, is concerned the emergence of two new left-wing parties will drain support from the PQ in the next election.
Messrs. Bourdeau, Tremblay and Valois had to go into schools and colleges to find young people to talk to. When they convened meetings to hear from young PQ activists, they were met by rooms full of grey hair. ''We could count on our fingers the number of young party members present at our meetings,'' they write. The generation gap became obvious as they listened to the older PQ members: ''They prefer talking about language, sovereignty, Quebec history and ourselves, the PQ. [To them,] all social issues can be solved by sovereignty and all current problems are the fault of the federal system.''
The PQ Musketeers may not have much in common with D'Artagnan and his crew, but you do have to admire their courage. Speaking plain truths has never been an obvious path to career advancement in a party that prefers to think the next referendum is just around the corner. Just ask Lucien Bouchard, the onetime sovereigntist saviour who became a pariah for pointing out that support for sovereignty was stagnant. Or Joseph Facal, the former PQ minister who discovered he had no future in the party after suggesting the party should rethink its belief in state intervention in the economy.
More recently there was Jean-Herman Guay, the Universite de Sherbrooke political scientist, who made the mistake of interpreting Bernard Landry's call for fresh ideas last year after its election loss to mean the PQ was open to new thinking. ''Why sovereignty?'' he asked at a party meeting last October. ''In people's day-to-day life, it doesn't have the same attraction.'' Mr. Landry could barely wait to shoot down the professor's comments. ''If you want me to abandon my dream of liberty, no thank you,'' he said.
It is doubtful that the Musketeers will have any more success waking their party from a decades-old dream.
''The Parti Quebecois must make its sovereigntist project more tangible and talk about it pragmatically,'' they wrote. ''We can no longer allow ourselves to get caught up in ideological debates among ourselves about an abstract referendum method or mechanism.''
Interestingly, they concluded their tour in April and their report was submitted to their caucus colleagues last June. And how did the PQ spend the month of August? Tearing itself apart in an ideological debate over referendum mechanisms. They set out in January as brave Musketeers, but they return more like Don Quixote, tilting at windmills.

LA NOUVELLE POSITION CONSTITUTIONNELLE DE L'ADQ :
Un Québec autonome au sein du Canada
Cloutier, Mario; Morissette, Nathaëlle
La Presse vendredi 24 septembre 2004
Québec - Ni souverainiste ni fédéraliste, l'Action démocratique du Québec sera autonomiste. L'ADQ veut un Québec autonome au sein du Canada, mais avec sa constitution, une seule déclaration de revenus et des pouvoirs accrus comme l'exigeait le rapport Allaire en 1991.
Contrairement à ce proposait Jean Allaire il y a 13 ans- la tenue d'un référendum sur une réforme constitutionnelle et politique ou sur la souveraineté-, Mario Dumont renouvelle plutôt son moratoire sur les référendums.
" Mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de référendum qu'on baisse les bras sur notre fierté ", a expliqué le chef de l'ADQ en déposant sa nouvelle position constitutionnelle, intitulée Voir grand pour le Québec, à la veille du congrès des membres célébrant le 10e anniversaire de l'ADQ, demain à Drummondville.
Entre la rupture proposée par le PQ, " qui se nourrit des échecs du système ", souligne M. Dumont, et la " soumission " libérale à la Constitution de 1982, donc le statu quo, un gouvernement autonomiste adéquiste " pourra faire plus ", dit-il. " Le fédéralisme de 1982, on le rejette. Ce n'est pas le combat de M. Charest qui a été envoyé au Québec comme sauveur du Canada. On mène le combat du Québec, le combat de l'autonomie. C'est une position forte. "
En clair, l'ADQ propose de recréer un rapport de force en adoptant une nouvelle constitution, dès son premier mandat, qui nommerait l'État autonome du Québec et qui comprendrait, notamment, la Charte des droits et libertés, ainsi que des " responsabilités ", a ajouté Mario Dumont, et la Charte de la langue française.
Le document reconnaîtrait les communautés culturelles, accorderait de nouveaux pouvoirs aux régions et instaurerait un régime de double citoyenneté interne.
En outre, l'ADQ souhaite innover en ne retenant qu'une seule déclaration de revenus pour les contribuables québécois. Le chef adéquiste souligne que Québec perçoit déjà la TPS et la TVQ. Dans le cas des impôts, ajoute-t-il, Québec verserait aussi au gouvernement fédéral " sa juste part ".
L'autonomisme adéquiste passe également par diverses actions d'un gouvernement qui n'aurait de comptes à rendre qu'à l'Assemblée nationale.
" Je suis épuisé de demander aux autres (de reconnaître) qu'on existe au Québec, lance M. Dumont. On existe. On ne demande plus aux autres s'ils nous permettent de nous affirmer. On n'a à demander la permission à personne. " Il donne les exemples du développement hydroélectrique et de la santé. " L'ADQ n'hésiterait pas à donner l'ordre à Hydro-Québec de lancer des grands projets de développement, même si on n'a pas les autorisations fédérales ", annonce-t-il, à cause des normes environnementales très élevées au Québec.
En santé, le parti de Mario Dumont flirte toujours avec l'idée d'outrepasser la loi canadienne sur la santé et son " caractère doctrinaire ". Le chef de l'ADQ croit qu'un gouvernement " peut poser des gestes légitimes qui vont devenir légaux pour la simple et bonne raison que personne ne va oser se mettre en travers du chemin ".
Un gouvernement adéquiste affirmerait aussi ses droits de représentation internationale, sans demander son dû à Ottawa, mais dans ses champs de compétence.
Ainsi, l'ADQ ramène le rapport Allaire sur le devant de la scène pour inscrire à son programme gouvernemental la récupération de la pleine souveraineté de l'Assemblée nationale sur 22 pouvoirs qu'elle possède déjà ou qu'elle partage avec le Parlement canadien.
Commandé par le premier ministre libéral Robert Bourassa en 1991, dans la période trouble de l'après-Meech, le rapport de Jean Allaire allait d'ailleurs finir par causer un schisme au PLQ, le départ de MM. Allaire et Dumont et la création de l'ADQ.
Réactions mordantes
Les réactions aux nouvelles positions adéquistes ont été vives et mordantes hier. Le ministre québécois des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, y voit des " slogans creux ", une " approche peu réfléchie et ambiguë ".
" L'État québécois est déjà autonome dans ses compétences au sein de la fédération canadienne ", a soutenu M. Pelletier avant d'ajouter que les propositions adéquistes ont puisé leur inspiration dans son propre rapport constitutionnel présenté au PLQ en 2001, intitulé Affirmation, autonomie et leadership. " Il (Mario Dumont) emprunte à notre position, mais il y ajoute l'ambiguïté, ce qui dessert les intérêts des Québécois ", estime le ministre Pelletier.
De passage à Québec, le ministre fédéral des Transports, Jean Lapierre, a été tout aussi virulent à l'endroit du chef de l'ADQ. " Dans le système fédéral, ni fédéraliste et ni souverainiste, c'est comme quoi? Comme être à moitié enceinte? À un certain moment, M. Dumont va être obligé de choisir son club ", a-t-il ironisé.
Pour sa part, la leader parlementaire du Parti québécois, Diane Lemieux, pense que sans la souveraineté, l'ADQ ne pourra pas créer de rapport de force et réussir là où tant d'autres ont échoué depuis 30 ans. " Mario Dumont a déjà joué dans ce film. Il vend du rêve. Il a peur des mots. C'est un opportuniste ", conclut-elle.
Avec la collaboration de Nathaëlle Morissette

PQ could learn a few things from ADQ
Josée Legault
The Montréal Gazette September 24, 2004 Friday
He's back. Buoyed by the election of a fifth MNA, Action democratique leader Mario Dumont is heading into his party's convention tomorrow armed with a brand new constitutional position. Sort of.
The ADQ's "autonomist" virage marks a return to its founding principles outlined in the 1991 Allaire Report. After the failure of the Meech Lake Accord, the report commissioned by Robert Bourassa proposed Quebec exercise full control over 22 jurisdictions - some provincial and some shared with Ottawa.
In some ways, Dumont's newly-minted version goes farther than that. Dumont makes a daring proposal to strengthen Quebec's autonomy within Canada where Ottawa continues to refuse to do so.
In the same way that Jacques Parizeau says an election win should give a party the democratic legitimacy to implement its platform, the ADQ states that an electoral mandate would allow it to trigger a fully autonomist policy, and even make some bold, unilateral moves.
Whereas Parizeau suggests a referendum be held to ratify a constitution, Dumont says no referendum is needed to do all these things: Affirm Quebec's full control over a number of jurisdictions, prepare a new constitution with an amending formula, create a Quebec citizenship that would co-exist with the Canadian one, affirm Quebec's right of self-determination, change our constitutional branding from "province" to "autonomous state of Quebec,"collect all income taxes and send Ottawa its share, implement major hydro-electric projects without Ottawa's permission, and so on.
Dumont thinks this would foster a huge trans-partisan consensus of Quebecers. This, he says, would lead to a "true confederation" in which Quebec's powers as defined in 1867 would be respected, whether Ottawa agrees or not. Where Jean Charest's and Bernard Landry's options have failed to change anything, Dumont contends, Ottawa must face a fait accompli, just like in the good old days of Maurice Duplessis and Jean Lesage.
This virage might seem complicated, but it has the potential of taking votes away from Liberals who feel Charest will never be nationalist enough. It could also hurt the increasingly vulnerable PQ, whose unresolved leadership and ideological clashes continue to fester.
Dumont also hopes it could seduce those soft sovereignists who always are tempted to settle for less than independence. If truth be told, Dumont's autonomist vision comes dangerously close to those of Lucien Bouchard, Bernard Landry, Claude Morin and Jean-Francois Lisee all who tend to see a winning referendum as a way to strike a new, confederal deal with Canada.
Baby-boomer political scientist and former Rene Levesque adviser Daniel Latouche summarized this troubling phenomenon in a recent documentary: "I've always been a very, very soft nationalist. Many of us voted Yes simply because we wanted to stir things up in English Canada."
Dumont's vision could capitalize on the confusion - which some would qualify as deception - Latouche's generation of "soft sovereignists" created years ago. Those who voted, or even promoted, a Yes vote to force Ottawa into concession mode could now get the same approach from Dumont without the trouble of a referendum. What could be easier?
Bouchard remains the ultimate incarnation of Latouche's point: a sovereignist if necessary, but not necessarily a sovereignist. It's no wonder that, according to a report by three young PQ MNAs about young Quebecers and sovereignty, "the name of Lucien Bouchard is almost taboo" in public assemblies.
No wonder, either, that this report paints the picture of a younger generation of Quebecers who, while they say they're sovereignists, have lost faith in the PQ. That's not only because of its lack of clarity on sovereignty, but also because they cannot identify their own preoccupations - globalization, environment, health, education and social equity - with what they see as the PQ's more conservative and business-friendly leadership.
This fascinating report notes that young Quebecers want to know what sovereignty will do to answer these major social and economic challenges. But they can't find those answers listening to the PQ's old guard.
So much so that the three young MNAs dare to suggest that this lack of identification of younger Quebecers with the PQ points to the need to look for new spokespersons for sovereignty outside the party.
Sadly for the younger generation, the PQ establishment remains mired in the old rhetoric that sovereignty would change nothing in their lives, other than posting a Quebec flag at the United Nations. Just believe, they say.
In the meantime, the ADQ, at least, shows the imagination to propose something audacious within its own nationalist vision.
When will the PQ do the same for its own option? When will it deliver what many younger, and even not so young Quebecers expect: the concrete blueprint of a bold, innovative and socially equitable country?

Louise Beaudoin décorée de la Légion d'honneur
Michel Dolbec
Cyberpresse Le jeudi 23 septembre 2004
Presse Canadienne Paris -
Entourée de ses meilleurs amis français de gauche et de droite, l'ex-ministre Louise Beaudoin est devenue la première Québécoise à être élevée au rang de commandeur dans l'Ordre de la légion d'honneur jeudi, à Paris.
Cette prestigieuse décoration lui a été remise par le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré. Celui-ci a remis sa «cravate de commandeur» à Mme Beaudoin au cours d'une cérémonie tenue dans un des élégants salons de l'Hôtel de Lassay, sa résidence officielle.
Le grade de commandeur est le plus élevé de l'Ordre national de la Légion d'honneur, devant ceux de chevalier et d'officier. On pense qu'une quinzaine de Québécois, guère plus, a eu droit à cette distinction dans le passé. C'est le cas notamment de l'intellectuel indépendantiste Jean-Marc Léger, décoré par le président Mitterrand lui-même, de l'ancien premier ministre Lucien Bouchard et du maire de Montréal Jean Drapeau. Aucune femme toutefois n'avait jusqu'ici fait partie de ce club très sélect.
Environ 75 invités, dont quelques figures emblématiques des relations franco-québécoises des 30 dernières années, ont assisté à l'événement. Parmi eux se trouvaient des adversaires politiques : l'ancien premier ministre socialiste Michel Rocard, l'allié de toujours des souverainistes, Philippe Séguin, l'ex-président de l'Assemblée nationale aujourd'hui président de la Cour des Comptes, Pierre-André Wiltzer, l'ami de 30 ans, et Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères de Mitterrand, qui a souvent ouvert à Mme Beaudoin les portes de l'Élysée.
La ministre fédérale du Patrimoine, Liza Frulla, de passage à Paris, était là elle aussi, témoignant, selon la formule utilisée par Mme Beaudoin, du «triomphe de l'amitié sur les désaccords politiques».
Jean-Louis Debré n'a pas manqué de souligner «l'éclectisme de cette assemblée». Il y a vu la marque de l'«ouverture d'esprit» de Mme Beaudoin, qui a su se jouer, selon lui, des «clivages politiques» pour mieux défendre la cause du Québec. «Vos relations avec la France sont uniques dans la classe politique canadienne», a dit le quatrième personnage de l'État à l'ex-ministre des Relations internationales.
Pour Mme Beaudoin, qui tisse ses réseaux et cultive ses amitiés en France depuis trois décennies, cette Légion d'honneur apparaît comme un «couronnement», voire un double-couronnement, puisqu'elle a officiellement acquis il y a 15 jours la nationalité française. À l'Hôtel de Lassay, elle a bien sûr rendu hommage à la France, «qui a ouvert la porte au Québec sur la scène internationale à chacune des étapes de son affirmation», et à ses amis français «pour leur fidélité à une certaine idée du Québec».
Quelques minutes plus tôt, M. Debré avait invité ses compatriotes à prendre exemple sur elle, particulièrement dans la défense de la langue française et de la Diversité culturelle. «Nous devons être, à l'image de Louise, volontaires, combatifs et je dirais même un peu têtus», a dit le président de l'Assemblée nationale, avant de lancer à l'intention de la récipiendaire «Surtout, ne changez pas !»

Après Martin, le déluge
John Ibbitson
The Globe and Mail Friday, September 24, 2004
Trudeau is dead.
The first public voices within the Liberal Party have spoken out against the federal-provincial health accord. An impotent senator here (Serge Joyal), a disgruntled backbencher there (Maurizio Bevilacqua), a frustrated leadership rival shouting from the cheap seats (John Manley). This is the sum, thus far, of the groundswell of opposition to the doctrine of asymmetricality enshrined in the health accord.
It's pathetic.
In the late 1980s, with the Meech Lake accord, Brian Mulroney proposed enshrining asymmetricality as a fundamental principle of the federation. Although the leadership of all political parties (and, initially, all the premiers) supported the deal (just as they have this time), the Liberal Party tore itself apart in civil war, as the Pierre Trudeau faction battled the John Turner faction. Trudeau won and Mr. Turner lost, and the outcome helped kill Meech.
Paul Martin was with John Turner; Jean Chrétien with Pierre Trudeau, which is why Mr. Chrétien defeated Paul Martin for the leadership in 1990, and why Paul Martin plotted for years to secure the succession.
And now? Pygmies raise squeaky voices of protest against a deal that is already a fait accompli. Others, including Trudeau stalwarts Marc Lalonde and Tom Axworthy, say they can live with the agreement. As for Jean Chrétien, people are mostly interested in hearing what his defence will be at the Gomery inquiry.
Mr. Bevilacqua and former justice minister Martin Cauchon (Remember him? Short guy. French. Brought in the pot law) are laying the groundwork for future leadership bids. Neither could conceivably win. The other potential leaders, Brian Tobin and Frank McKenna, are lying very, very low. Mr. Manley, in openly attacking his party's leader, is displaying the lack of political acumen for which he is notorious.
The warriors against Meech are old or distracted or dead. The centralizing federal power for which they fought was an anachronism even when they fought for it. Now it's an impossibility. Their cause is lost.
The Liberal Party is ill.
By rights, Paul Martin should be facing a challenge. At 66, he is an old leader who led his party to the brink of electoral defeat in the last election. The odds are heavily against him securing a majority in the next election. By then, he will probably be 68. It will be time to go. Mr. Bevilacqua and Mr. Cauchon, although deluded, are right to think that now is not too soon to be preparing for a 2007 leadership campaign.
But here is an amazing fact: There is not a single member of the Liberal cabinet who could succeed Paul Martin as prime minister. Its most senior figures -- Anne McLellan, Ralph Goodale, Reg Alcock -- are unilingual. None of the senior francophone members -- Pierre Pettigrew, Stéphane Dion, Jean Lapierre -- could possibly win a leadership race, let alone an election. Ken Dryden and David Emerson are rookies. Ujjal Dosanjh and Scott Brison are turncoats. John Efford? Mauril Bélanger? Liza Frulla? Joe Volpe? Judy Sgro? Andy Scott? Are you kidding?
That is why Frank McKenna and Brian Tobin remain leading contenders for the job. But they are anachronisms themselves, figures from a rapidly receding political past. Who is left? Jean Charest? We don't even know if he's a Liberal. Dalton McGuinty? Even if he does survive the next election, no Ontario premier can ever become prime minister.
It's a funny thing, really. The Liberal Party that fought for a generation against an equal partnership between federal and provincial governments is the author of that ultimate partnership. The forces in the party that might have raged against the betrayal are mute. The challenges to the Prime Minister's leadership are farcical, in part because this party has governed for so long, and become so tired, that there is no credible figure apart from Paul Martin fit to lead it. And he is old.
And that is the state of the natural governing party in the autumn of 2004.
jibbitson@globeandmail.ca

La farce a assez duré
Alain Dubuc
Le Soleil vendredi 24 septembre 2004
À peu près chaque semaine, une révélation nouvelle vient nous confirmer à quel point les surplus budgétaires fédéraux dépassent les prévisions officielles. Une espèce de strip-tease où le ministre des Finances canadien, Ralph Goodale, lâche un à un les bouts de tissu qui cachent ses voluptueuses réserves fédérales.
Depuis le début du mois, on savait que le surplus fédéral pour l'an dernier, l'année 2003-2004, serait substantiellement plus élevé que l'on croyait. Quelques jours avant la conférence des premiers ministres sur la santé de la semaine dernière, Ottawa révélait que la bonne tenue de l'économie cette année lui procurerait des revenus additionnels et lui permettrait donc plus de souplesse dans ses négociations. Et cette semaine, le ministre Goodale ajoutait, lors un discours, à Calgary, que cette croissance soudaine des revenus aurait une "nature permanente", ce qui annonce donc des surplus plus élevés pour les années à venir.
Toujours au mois de septembre, une remise à jour de l'étude que le Conference Board avait réalisée pour la Commission Séguin sur le déséquilibre fiscal, commandée cette fois-ci par le gouvernement fédéral lui-même, montre que les surplus fédéraux seront substantiels, 157 milliards $ dans la décennie qui vient.
Depuis 10 ans, les sous-estimations du surplus auraient atteint 73 milliards $. Tout indique déjà qu'il en sera de même dans les années à venir. La farce a assez duré.
Au début, la légendaire prudence fédérale imposée par le ministre des Finances d'alors, M. Paul Martin, était essentielle. Pour casser la tradition de prévisions scandaleusement optimistes, pour se donner un coussin indispensable à l'atteinte du déficit zéro, et aussi pour dégager des ressources affectées à la réduction de la dette.
Mais la pratique est devenue contre-productive. On peut comprendre l'hésitation de M. Martin à accepter le terme de déséquilibre fiscal utilisé par les provinces, un concept politique trop chargé de sens. On comprend sa prudence, face à des surplus qui, après le financement des priorités fédérales, seront relativement modestes. On comprend aussi son désir de ne pas vouloir faire miroiter des surplus trop abondants pour éviter de créer des attentes irréalistes chez ceux qui comptent sur les fonds fédéraux.
Mais sa façon de nier ou de minimiser l'existence des surplus a eu exactement l'effet contraire. Parce que le message de prudence a été contredit trop souvent par les chiffres, on a cessé de croire Ottawa. Attirées par des surplus dont elles ne connaissent jamais réellement l'ampleur, les provinces ont cessé de mettre des freins à leurs demandes : 30 milliards $ en santé, un système d'assurance-médicaments. Les villes ont demandé à Ottawa le double de ce qu'il leur offrait. La négociation sur la péréquation est prévue pour octobre. Et ça ne fait que commencer.
Voilà pourquoi il faudrait repartir à zéro et miser sur la transparence. M. Goodale a fait un bon premier pas en annonçant un réexamen des méthodes de prévision. Cela devrait, logiquement, permettre au gouvernement fédéral de rendre public l'état réel de ses surplus prévus.
La transparence aiderait aussi le gouvernement canadien à imposer ses priorités, particulièrement la réduction de la dette. À l'heure actuelle, Ottawa réduit sa dette par la porte d'en arrière, en utilisant son fonds de contingence, 3 milliards $ par année, ainsi que les surplus non prévus, qui "apparaissent" chaque année à la surprise générale ! Il serait préférable que les objectifs de réduction de la dette soient énoncés clairement, à l'avance, à partir de mesures plus fiables du surplus.
Cette transparence permettrait un débat plus mature et de découvrir qu'un surplus, même énorme, fond rapidement une fois qu'on s'occupe correctement de la dette. Si on veut réduire la dette au même rythme dans les années à venir que dans le passé, le surplus de 157 milliards $ projeté par le Conference Board fond de moitié. Et cette somme restante sera modeste les premières années, quelques milliards de dollars tout au plus. Les surplus deviendront significatifs dans 5 à 10 ans.
Mais il faudra, tôt ou tard, remettre une partie de ces surplus aux provinces. Pour éviter les psychodrames fédéraux-provinciaux, il faudra revenir à la formule de la Commission Séguin et transférer directement des ressources fiscales aux provinces, pour que l'argent aille là où il est nécessaire, sans transiter par Ottawa.
Pour cela, il faudra admettre ce qui est devenu une évidence. Le ministre des Finances fédéral réalise des surplus les doigts dans le nez tandis que ses homologues provinciaux mènent une bataille de tous les instants pour éviter le déficit. Pendant que le surplus fédéral sur 10 ans atteindra 157 milliards $, les provinces seront en déficit de 61 milliards $. Appelons cela comme on veut, il y a là une situation malsaine, un état de crise permanent, qui pervertit le fonctionnement du fédéralisme, qui ne sert pas bien les citoyens.
ADubuc@lesoleil.com
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
UNE COALITION SOUVERAINISTE NON-PARTISANE
Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 24 septembre 2004
Le député péquiste de la circonscription de Borduas Jean-Pierre Charbonneau a raison. Avec l’arrivée de nouveaux partis tel que Option citoyenne sur la scène politique québécoise, seule une alliance souverainiste non-partisane peut permettre dorénavant au Québec d’acquérir un statut national. D’ailleurs, ces nouvelles formations affirment vouloir discuter.
Ne reste plus qu’à se libérer du piège référendaire tendu par Ottawa. Car l’adhésion d’une majorité absolue de citoyens à la cause souverainiste doit dorénavant s’obtenir par voie élective afin d’éviter le cul-de-sac politique qu’entraînera un troisième revers référendaire. Les Québécois l’ont compris depuis longtemps pour l’avoir manifesté avec une remarquable constance, sondage après sondage, ces dernières années.
Ils sont nombreux effectivement à reconnaître que seule la souveraineté assurera un développement optimal de la nation québécoise, mais ne veulent rien savoir d’emprunter le même chemin que le gouvernement fédéral a miné en 1995. Tous les politologues dont Jean-François Lisée l’attestent : l’appui à l’indépendance du Québec fond dramatiquement dès qu’il est proposé de tenir une troisième consultation populaire pour aller de l’avant. Le consensus référendaire a eu lieu en 1995 et il n’est pas question de répéter l’exercice, sachant que le gouvernement canadien se livrera à toutes sortes de bassesses en vue d’en saboter le résultat une seconde fois. Il y a là un sentiment amer que plus personne ne veut revivre.
C’est cette démarche qui horripile finalement les générations plus jeunes de Québécois et non la souveraineté, comme le prouve le fort pourcentage d’appui que reçoit cette option depuis plus d’un an : soit environ 47%. L’indépendance constitue à leurs yeux un rempart efficace pour protéger le Québec face à la mondialisation. Elle permettra aussi d’affirmer haut et fort notre position face aux enjeux internationaux tel que notre refus de participer au financement d’un bouclier antimissile. L’indépendance du Québec mettra définitivement un terme à toutes menaces de dragage du fleuve Saint-Laurent dont les dommages environnementaux seraient catastrophiques pour les générations à venir. Un statut provincial n’offre qu’une misérable cuirasse qui limite le Québec à un rôle de mendiant, comme on l’a encore constaté récemment lors de la rencontre sur la santé.
L’étape référendaire s’avère donc obsolète pour les jeunes car elle suppose l’obligation de s’investir dans un cirque médiatique qui tournera au psychodrame. Une démarche élective laisse la porte ouverte s’il y a absence de majorité absolue des suffrages exprimés. Elle assurera donc un climat beaucoup plus calme. Les Québécois, après le vol de 1995, veulent la souveraineté tranquille.
Une victoire indépendantiste apparaît hautement probable s’il y avait formation d’une alliance non-partisane au prochain scrutin général. Les partenaires souverainistes n’auraient aucunement l’obligation de travestir leur plate-forme politique pour satisfaire les autres. En conservant leur intégrité idéologique, les formations politiques liguées montreraient au grand jour qu’un Québec souverain se développera au travers d’une vie démocratique de toutes tendances, qu’un nouveau mode de scrutin mettra mieux en valeur. C’est ce que désirent plusieurs partis aux assises modestes. L’engagement formel de rapidement exaucer ce vœu une fois l’indépendance acquise peut constituer le ciment qui unira les formations souverainistes, lors du prochain rendez-vous électoral décisionnel advenant l’obtention de 50% plus un des votes.
Au prochain conseil national péquiste des 16 et 17 octobre prochain à Sherbrooke, ce cadre stratégique doit pouvoir obtenir une tribune au forum sur les modes d’accession à la souveraineté qui y est prévu. J’ai personnellement cogné à plusieurs portes au Parti québécois ces derniers jours, à ce sujet. J’attends toujours une réponse satisfaisante puisque le libellé de la proposition d’organiser ce forum, proposition unanimement adoptée au dernier conseil national de Québec, « invite toutes personnes pouvant apporter un éclairage intéressant sur cette question, à le faire . » Pas de doute que le concours de membres de l’aile parlementaire péquiste comme Jean-Pierre Charbonneau serait grandement apprécié, pour que le débat se fasse réellement.

TRIBUNE LIBRE
Les trois Mousses à taire!
Gino (GAB) Boucher, Amqui
TRIBUNE LIBRE 24 septembre 2004
Avec l’arrivée prochaine de l’Option Citoyenne, la montée soudaine de l’Union Des Forces Progressistes, l’ADQ qui se veut maintenant un parti qui prônera l’autonomisme (Dict.; Partisan de l’autonomie en matière politique, V. Nationaliste, Particulariste, sécessionniste, séparatiste), le PQ qui dort sur la switch depuis l’élection des Libéraux de Jean Charest, le rejet du projet de Robert Laplante présenté récemment par Parizeau, l’entêtement de Bernard Landry à conserver son poste de chef, les critiques négatives envers Pauline Marois qui demande une course légitime à la chefferie et j’en passe… il ne manquait plus que ça ! Les Trois Mousquetaires qui chient par terre ! À quand la cellule de crise ??!!
Pendant que les Libéraux jouent à fond la carte du mensonge au provincial et au fédéral, nos péquistes eux, se couvrent de ridicule un peu plus à chaque jour avec des vérités et des mésententes qui brouillent les cartes de la souveraineté en faisant les choux gras de Radio-Cadenas et du groupe Gesca qui prennent un malin plaisir à diviser le discours des militants. Toute vérité n’est pas bonne à dire en politique surtout quand elle porte atteinte à l’idéologie même du parti. La sortie des Trois Mousquetaires que j’appellerai désormais «Les 3 Mousses à Taire» était de très mauvais goût à mon avis ! Avez-vous déjà vu ou entendu des libéraux remettre leur projet en question d’une manière aussi pathétique ? Je suis allé à la conférence qu’Alexandre Bourdeau et Jonathan Valois sont venus donner à Amqui et j’ai été fort déçu de les voir en action. Pas surprenant que les jeunes qu’ils ont rencontrés lors de leur tournée de rockstar à cravate, aient un manque d’intérêt bien senti envers la souveraineté ! Leurs discours est vide, ils endorment le bon peuple avec un langage de carriériste technocrate en prenant bien soin de ne trop parler de souveraineté de crainte de vexer des gens. Ces derniers se sont pourtant déplacés pour la plupart en pensant que le projet souverainiste ce serait le sujet maître de cette soirée. Jonathan Valois m’a même avoué en personne qu’il trouvait la vie politique difficile parce que les gens dit-il, ne comprennent rien. Peut-être qu’il n’est pas à sa place !??
De plus en plus le PQ semble se fermer d’avantage sur les sujets où il devrait frapper un grand coup et de plus, les gaffes quasi impardonnables se succèdent les unes après les autres. Devant tout ce cirque et cette débandade notoire, je commence à croire sérieusement en la nécessité de faire du RIQ un parti politique. Cette volonté de plaire à tous et à chacun, cette volonté de vouloir triompher dans la vérité absolue et la démocratie Ca-canadian finira par tuer le Parti Québécois. Je crois qu’il est temps pour le RIQ de passer en deuxième vitesse pour que l’ultime projet trouve une voix autre que celle du PQ. Une voix juste et forte, une voix qui propose un plan, une voix qui explique concrètement ce plan aux Québécois de toutes origines, que le pays doit se faire pour le meilleur et non pas pour le pire. Une voix qui suit sa voie en regardant devant et ce, envers et contre tous et faisant fi des spéculateurs organisés. Une voix vers la liberté qui ne se remet pas en question même quand les autres partis crient au meurtre. Si le PQ n’est plus capable d’assumer ses ambitions politiques, qu’il meure et laisse la place au RIQ ! Vive les RIQUISTES !!

TRIBUNE LIBRE
Boulechite dumontiste et vieux refrains désuets
Simon Girard
TRIBUNE LIBRE 24 septembre 2004
On se doutait bien des penchants pro-Canada du gentleman-farmer de l’ADQ quand il est allé pavoiser à Toronto mais maintenant, c’est officiel, il confirme son orientation fédéraliste à saveur autonomiste. Il en a mis du temps, le petit Mario ! 10 ans pour accoucher d’une vision qui ne diffère de celle des fédéralistes asymétriques de John Charest que dans la forme et le contenu. Il prétend se placer entre le statu quo tranquille du PLQ et la « souveraineté-association-partenariat-union confédérale-indépendance nationale » du PQ mais le problème de fond ne change pas avec la trouvaille de Dumont : le Québec reste coincé dans le système fédéral canadien. Il veut rapatrier des pouvoirs d’Ottawa en vertu de son célébrissime rapport Allaire, qu’il a transformé en véritable credo constitutionnel, mais rester subordonné à l’ensemble canadien ! Tant qu’à rapatrier 22 pouvoirs d’Ottawa, on est aussi bien de faire l’indépendance, non ?
Il y en a de ces gens qui se placent ainsi au-dessus de la mêlée, sans doute par crainte de devoir prendre position. Pourtant, il y a des situations qui exigent un choix clair. En France, sous l’Occupation, il fallait être, ou résistant, ou collabo. En Palestine, on est pour Israël ou pour les Palestiniens. En Irak, on est pour les Américains ou pour les résistants irakiens. Et au Québec, il faut être dans le camp fédéraliste ou indépendantiste car, dans une lutte d’indépendance, il n’y a pas de place pour la neutralité ou l’objectivité. C’est manichéen comme vision mais, comme on dit, il faut se brancher. Dumont prétend n’être ni fédéraliste ni indépendantiste mais quand viendra le référendum, où va-t-il arrêter son choix ? Sur le bulletin de vote, il y a des cases OUI ou NON, il n’y a pas de cases PEUT-ÊTRE, JE L’SAIS PAS ou ÇA M’INTÉRESSE PAS. En se disant au-dessus des autres options, il prend position, en fait, contre l’indépendance puisqu’il veut rester attaché au Canada. Quelle est la différence d’avec Charest ?
Cette « troisième voie » dumontiste est aussi néfaste que son idée précédente de moratoire sur un référendum et n’est pas meilleure que l’asymétrisme du duo Martin-Charest. Pour un peuple soumis, la demi-liberté n’est pas une voie d’avenir : la solution est l’indépendance ou la mort. Et un moratoire sur le populisme démagogique de l’ADQ serait bien plus utile que retarder la libération du Québec. Donc, la boulechite autonomiste-fédéraliste renouvelée, c’est non merci ! Il peut retourner sur sa ferme avec son rapport Allaire et ses vœux pieux et les donner à manger à ses cochons… s’ils en veulent bien !
Sur un autre sujet tout aussi déprimant que le précédent, saviez-vous que l’indépendance est une idée désuète, dépassée, vétuste ? À en croire les jeunes interrogés par trois députés péquistes dans le cadre de la « saison des idées », il faudrait laisser tomber ce vieux débat et se concentrer sur le développement durable, la mondialisation, l’environnement et la démographie. Les « vraies affaires », quoi !
Depuis le temps qu’on entend ce refrain « L’indépendance est dépassée », on commence à le trouver dépassé, lui aussi. C’est le discours des fédéralistes qui tentent depuis des années, sans succès, de nous enlever de l’esprit l’idée de la liberté. À la place, ils nous proposent les mariages gays, la légalisation du pot…et le fédéralisme asymétrique ! Ça, ce sont des idées neuves ! Que le Québec soit un pays conquis, annexé, subordonné n’est pas un vrai problème, selon eux. Au contraire, ils traitent le pouvoir néo-colonial fédéral comme un « partenaire » !
Quand les conquérants qui nous ont imposé l’Union et la patente communément appelée « confédération » deviennent des « partenaires », il y a quelque chose qui cloche. Des « partenaires », ces gens qui ont réprimé dans le sang la révolte des Patriotes, qui ont envoyé l’armée et emprisonné des centaines de Québécois de façon « préventive », pour parler comme les impérialistes américains ? Des « partenaires » qui veulent fixer des règles non-démocratiques pour rendre plus difficile l’accession à l’indépendance, pour ne pas briser un si bel exemple de « partenariat » entre les peuples !
Ces jeunes qui mettent de l’avant des causes que je qualifie de valables et jugent dépassée la cause de l’indépendance ne comprennent pas qu’avant de régler les problèmes de démographie ou d’environnement, il nous faut régler le problème fondamental de notre subordination politique. Un peuple doit avoir les moyens de ses ambitions et on ne peut mener à bien tous nos projets ni solutionner tous les problèmes car nous n’avons pas le plein contrôle de notre État. Il y a trop d’États au Québec et il faut commencer par « flusher » celui dont nous n’avons plus besoin car nous sommes capables de nous autodéterminer. Bien des peuples ont suivi ce chemin et mènent une existence tout à fait normale avec leurs défis et leurs problèmes, pourquoi devrions-nous se contenter de notre statut actuel ou de la semi-indépendance à Dumont, comme si le bonheur du peuple québécois était impossible en-dehors du système qui l’emprisonne ?
L’indépendance est la condition première d’une nation qui possède un État et un territoire national. Ce n’est pas une idée dépassée ni une obsession, c’est l’aboutissement normal de l’évolution d’un peuple longtemps dominé par un autre. Refuser d’admettre cette suite logique des choses, c’est aller à contre-courant de sa propre histoire, c’est accepter la mainmise du pouvoir fédéral sur notre pays, c’est accepter sa propre mise en tutelle, sa propre minorisation. Et retarder notre libération pour « focusser » sur l’environnemental, le human interest ou des arrangements constitutionnels ne peut que nous mener à notre perte. Nous ne devons pas nous égarer dans des voies secondaires qui ne vont que nous éloigner de l’objectif principal. L’indépendance d’abord, le reste viendra ensuite.
« [L’indépendance] est le début de la solution des problèmes du Québec. Ça ne soulagera pas tout du jour au lendemain, ce n’est pas une solution magique mais on aura affaire à un seul gouvernement. » - Maka Kotto
