Actualité







L'antre de la Bête

Michel David
Le Devoir jeudi 30 septembre 2004

Plus on en apprend sur le scandale des commandites, plus on est frappé du contraste entre le climat qui régnait à Ottawa et celui à Québec dans les mois qui ont suivi le référendum du 30 octobre 1995.

Alors que la commission Gomery nous fait maintenant pénétrer dans l'antre de la Bête, il faudra encore attendre de longues années avant de prendre connaissance des délibérations du cabinet Bouchard. Imaginez, même les discussions sur la couleur de la margarine entre les ministres de Robert Bourassa, qu'on devine passionnantes, demeurent secrètes à ce jour.

Chose certaine, personne à Québec ou au PQ ne semblait réellement conscient de la contre-offensive qui se préparait à Ottawa. Malgré la défaite, les lendemains référendaires n'avaient rien de triste. Trois semaines avant le jour J, on n'aurait jamais espéré un résultat aussi serré. Maintenant que Lucien Bouchard était officiellement le chef, le match revanche victorieux ne pouvait être qu'une question de temps, de peu de temps.

La réunion du conseil des ministres de Jean Chrétien, dont la commission Gomery vient de dévoiler le procès-verbal, a eu lieu les 1er et 2 février 1996, soit à peine trois jours après que M. Bouchard eut officiellement succédé à Jacques Parizeau.

Des vétérans de la députation péquiste pressaient le nouveau premier ministre de déclencher des élections générales au plus vite, sous prétexte de se donner un mandat légitime, ce qui lui aurait également permis de prendre Ottawa de vitesse en précipitant la tenue d'un autre référendum.

Avec l'extraordinaire popularité dont il jouissait, la partie était sans doute jouable. À tort ou à raison, M. Bouchard a jugé que le risque était trop grand, que la population ne suivrait pas. Avec la convocation des grands sommets de 1996, qui ont établi le déficit zéro comme principal objectif, il a plutôt choisi la voie du «bon gouvernement».

***

La célérité avec laquelle Ottawa entendait agir ne fait aucun doute. La stratégie préparée par le comité spécial du cabinet sur l'unité nationale, présidé par le président du Conseil du trésor, Marcel Massé, était également très explicite.

Tous les ministres et secrétaires d'État assistaient à la réunion, ce qui inclut Paul Martin, Stéphane Dion et Pierre Pettigrew. Des gens le moindrement au fait de la situation au Québec ne pouvaient pas se méprendre sur les intentions du gouvernement Chrétien, notamment en ce qui concerne ces opérations «très différentes des activités régulières de communications du gouvernement».

Manifestement, ils n'y ont rien vu de répréhensible. Peut-être rêvaient-ils de «fédéralisme asymétrique», comme M. Pettigrew l'a soutenu sans rire au lendemain de la récente conférence des premiers ministres sur la santé, mais cela ne les a pas empêchés de partir en guerre contre les séparatistes le coeur léger.

Des gens qui se disaient aussi soucieux de défendre les valeurs démocratiques auraient peut-être dû se demander s'il n'y avait pas certains risques à profiter d'un programme visant à préserver l'unité canadienne pour accroître la visibilité du Parti libéral du Canada au Québec, comme il était clairement recommandé par le comité.

Même quand les premiers éléments du plan B ont commencé à apparaître au grand jour, le gouvernement péquiste a préféré les ignorer. Aux provocations que multipliait Stéphane Dion, M. Bouchard avait pris le parti d'opposer le mépris. «Je ne réponds pas aux déclarations de M. Dion. Il n'existe pas pour moi.» Quand il a fini par reconnaître son existence, il était trop tard. Sa démission était en fait une capitulation.

Sans connaître tous les détails, on savait très bien que le gouvernement fédéral engloutissait des dizaines, voire des centaines de millions dans la propagande. En juin 1999, devant le conseil national du PQ, le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales à l'époque, Joseph Facal, avait fait un long exposé sur la «folie identitaire» qui s'était emparée du gouvernement fédéral. Malgré les demandes répétées des militants péquistes, M. Bouchard s'est toujours refusé à utiliser les fonds publics pour donner la réplique à Ottawa.

***

Au train où vont les choses, la commission Gomery va présenter un portrait très complet de l'offensive postréférendaire du gouvernement Chrétien, précisément au moment où le PQ réfléchit à la stratégie à adopter au lendemain d'une éventuelle victoire aux prochaines élections.

Dans la lettre qu'il a fait publier dans les journaux le 18 octobre 2003, en guise de contribution à la «saison des idées», Bernard Landry avait clairement indiqué qu'il ne voulait pas se laisser enfermer dans un échéancier référendaire. Tout au plus était-il disposé à reconnaître que le référendum devrait avoir lieu «le plus rapidement possible après notre victoire électorale».

Aux yeux d'un nombre grandissant de militants, ce qui est survenu après le dernier référendum démontre toutefois que tout le temps consacré au «bon gouvernement» est autant de temps laissé au fédéral pour mettre en place son artillerie lourde.

M. Landry n'a pas voulu se prononcer sur la recommandation du «chantier Pays», qui recommande maintenant d'inscrire dans le programme officiel du PQ l'obligation de tenir le référendum «dans la première moitié du mandat du prochain gouvernement du Parti québécois».

Déjà, François Legault trouve ce délai trop long. Il aura beau jeu de renvoyer ceux qui le trouvent trop pressé aux travaux de la commission Gomery. C'est presque à se demander s'il ne s'agit pas d'une nouvelle astuce d'Ottawa pour amener le PQ à se radicaliser!

mdavid@ledevoir.com





Au-delà de l'enquête du juge Gomery

Michel Vastel
Le Soleil jeudi 30 septembre 2004

Les travaux de la "Commission d'enquête sur le Programme des commandites et les activités publicitaires" (Commission Gomery) sont en passe de banaliser le vrai scandale de l'après-référendum : la mise d'un puissant appareil bureaucratique au service d'une opération systématique d'affaiblissement et de dénigrement du gouvernement du Québec. Et du Québec aussi malheureusement... Les effets en furent bien plus dévastateurs que quelques drapeaux de plus ou de moins dans les Festivals de la patate.

On ne peut pas reprocher au juge Gomery de limiter son examen aux deux programmes montrés du doigt par la vérificatrice générale. Il n'est peut-être pas dans son mandat d'analyser le contexte politique dans lequel ces programmes ont été créés puis furent administrés. Mais il faudra bientôt se demander si la publication de documents plus ou moins directement reliés au sujet de son enquête n'aura pas des effets pervers sur le fond du débat politique qui devrait se tenir au Canada.

Ainsi, les minutes du Conseil des ministres de février 1996 à Ottawa ne nous ont rien appris de neuf, sinon qu'elles ont confirmé l'état de panique dans lequel le gouvernement fédéral se trouvait. On savait, par exemple, - l'ancien président du Conseil du Trésor, Marcel Massé m'en avait parlé en mars 1996 - que le gouvernement fédéral était soucieux d'accroître sa visibilité au Québec. D'où la création de cette "Agence à drapeaux", le Bureau d'information sur le Canada (BIC), ancêtre du Programme des commandites, qui jouirait d'un budget de 30 à 50 millions $ par année. Le gouvernement se méfiait tellement des Québécois d'ailleurs qu'il en avait confié la direction à un Franco-Manitobain, un homme charmant par ailleurs, ancien sous-ministre dans le gouvernement de sa province.

On connaissait la paranoïa des stratèges fédéraux à l'égard de "l'intelligentsia" québécoise - une vieille obsession de Jean Chrétien et de Pierre Trudeau avant lui - , et leur intention de créer un quick response team qui rendrait coup pour coup à ce qu'il disait être "la propagande séparatiste... On ne peut se contenter de ces revues de presse qu'on nous remet très tôt le matin, me disait encore Marcel Massé en mars 1996. Il faut quelque chose de plus élaboré et cela prend une organisation considérable, des gens qui connaissent la politique, qui analysent les journaux, les déclarations des uns et des autres. Et il faut que ces gens-là préparent des réponses, qu'ils s'assurent qu'il y ait un porte-parole... Tu vois, cela prend beaucoup de monde."

Jusqu'ici, rien de bien répréhensible et que n'ait déjà entrepris le gouvernement péquiste de Québec lui-même ! Mais replaçons-nous dans le contexte de ce début d'année 1996 : Lucien Bouchard vient de remplacer Jacques Parizeau à Québec - le 29 janvier - , et l'ensemble du reste du Canada croit qu'il va se lancer dans une revanche référendaire. Ce qui se discute alors à Ottawa, les 1er et 2 février, c'est un plan beaucoup plus vaste que ce petit Programme des commandites, du gaspillage de fonds publics certes, mais qui profita sans doute autant aux fortunes du Parti libéral du Canada dans les régions du Québec qu'à l'unité du pays.

En ce même début de l'année 1996, un certain Paul Martin, ministre des Finances, remit soudain à plus tard la poursuite du déficit zéro et décida de consacrer au moins 11 milliards $ par année au financement des programmes sociaux. C'est que, pendant la campagne référendaire de l'automne précédent, Lucien Bouchard n'avait cessé de répéter que "les programmes sociaux seront mieux protégés dans un Québec indépendant..." Un argument qui avait porté !

Constatez le cynisme avec lequel Marcel Massé analysait la situation au moment du dépôt du budget de Paul Martin, le 6 mars 1996. Il m'explique d'abord que le gouvernement du Québec fait face à au moins deux années difficiles et qu'il devra imposer des compressions sévères dans les secteurs de l'éducation et de la santé : "Les préoccupations des gens sont très concrètes, ajoute le ministre fédéral. Quand Bouchard sera obligé de couper, nous, à Ottawa, nous pourrons démontrer que nous avons les moyens de préserver l'avenir des programmes sociaux." Il y avait alors comme une pointe de sadisme dans les propos de Marcel Massé qui n'était pourtant pas le plus radical des ministres québécois autour de la table. Et ce n'était pas tout...

Jean Chrétien s'était rendu compte, quelques jours après le référendum et à l'occasion d'un voyage en Israël et en Asie, que la communauté internationale avait été ébranlée par tout ce qui s'était passé durant cette campagne référendaire et surtout par les résultats serrés du scrutin. Jean Chrétien conscrit donc tous les membres de son corps diplomatique et leur demanda de suivre à la trace les envoyés du gouvernement du Québec et de réfuter leurs propos, allant même jusqu'à suggérer "d'indiquer physiquement (leur) désaccord par un sourire, un mouvement de la tête, un geste de désapprobation." (Certains diplomates poussèrent le zèle jusqu'à quitter la salle où parlait un ministre péquiste bruyamment et en claquant la porte ! )

Et il y eut bien sûr cette étrange note de service du ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, à tous ses ambassadeurs, leur ordonnant d'empêcher tous les dignitaires québécois en mission à l'étranger de rencontrer des membres importants des gouvernements étrangers, voire des chefs d'État comme ce fut le cas pour Lucien Bouchard au Mexique et Bernard Landry au Panama et au Costa Rica.

On se rendit compte du sérieux de la guerre menée par le gouvernement fédéral après que le ministre eût recommandé à Jean Chrétien de ne plus permettre à des élus du Bloc québécois de faire partie des missions canadiennes à l'étranger. (C'est incidemment une décision qui appartient à la Chambre des communes et non au cabinet !)

Voilà ce que devraient aussi savoir le juge Gomery et ses procureurs. Il y a en effet des choses bien plus graves que le détournement de quelques dizaines de millions de dollars dans l'héritage de Jean Chrétien et de son équipe... Une équipe dont Paul Martin faisait partie !

Mvastel@lesoleil.Com





SONDAGE CROP - LA PRESSE :
Charest a marqué des points à Ottawa

Denis Lessard
La Presse jeudi 30 septembre 2004

Québec - Une majorité de Québécois estime que l'entente sur le financement de la santé, conclue récemment à Ottawa, représente " un progrès historique pour le Québec ".

Cette entente sur le " fédéralisme asymétrique " donne un nouveau souffle à la popularité du gouvernement Charest, revenu au niveau où il se trouvait avant les affrontements de décembre 2003 avec les centrales syndicales.

Préparé pour La Presse, un tout récent sondage CROP fournit un éclairage nouveau sur les derniers rebondissements sur la scène politique. Amorcée au lendemain de la conférence fédérale-provinciale sur la santé (CROP a sondé 996 personnes du 16 au 26 octobre), l'enquête, précise à trois points près, constate aussi que la bisbille qui a éclaté au Parti québécois lui a coûté cher chez les francophones.

Ainsi 52 % des Québécois se disent " tout à fait ou plutôt d'accord " avec le fait que l'entente sur la santé " constitue un progrès historique pour le Québec ", tandis que 33 % des gens n'appuient pas cette lecture et que 15 % refusent de répondre.

Pour Claude Gauthier, vice-président de CROP, un tel score est significatif, d'autant plus que CROP avait placé haut la barre en parlant " de progrès historique ". Pour 54 % des répondants, les sommes d'Ottawa permettront d'améliorer l'administration des soins de santé. " Ce n'est pas facile à dire pour les gens qui sont généralement plutôt cyniques. On peut parler d'une bonne percée, cela s'est rendu chez les gens ", dit-il.

Autre surprise, en dépit de l'habituel jeu de souque à la corde survenu à Ottawa, 50 % des gens estiment que Paul Martin a " rempli son engagement quant à une nouvelle ère quant aux relations fédérales provinciales ". En revanche, 35 % des gens sont en désaccord.

Jean Charest, clairement, a mieux su tirer son épingle du jeu à Ottawa. Ainsi 33 % des gens soutiennent avoir une meilleure opinion de lui depuis la conférence, contre 18 % qui sont d'avis contraire. Pour 37 % des gens, la conférence n'a rien changé quant à leur perception de M. Charest.

Paul Martin obtient 27 % de gens qui ont une meilleure opinion de lui contre 16 % de personnes déçues. Un fort bloc, 45 %, n'a pas changé d'opinion sur le premier ministre canadien à la suite de la conférence.

" Une embellie " pour les libéraux

Selon M. Gauthier, on constate " une embellie " pour les libéraux de Jean Charest, une tendance qui semble être apparue durant l'été, au moment où M. Charest promettait de faire preuve de fermeté à l'endroit d'Ottawa.

La satisfaction à l'endroit du gouvernement demeure très faible, à 36 %, mais ce résultat est une hausse de deux points par rapport à août, et surtout la quatrième hausse consécutive par rapport au creux d'avril dernier. À ce moment, seulement un Québécois sur quatre était satisfait du gouvernement.

Du côté des insatisfaits aussi, les choses bougent. On compte désormais 58 % de mécontents, contre 63 % le mois dernier. Du point de vue de la satisfaction, le gouvernement Charest est revenu grosso modo à son niveau de décembre dernier, " juste avant la plongée de décembre noir ", souligne M. Gauthier.

C'était le moment où M. Charest avait heurté de front les centrales syndicales en faisant adopter à la vapeur les amendements à l'article 45 du Code du travail. " Quand on regarde les chiffres, on voit que cela s'améliore beaucoup pour les libéraux. Les gens très insatisfaits passent du côté des " plutôt insatisfaits ", les choses sont en train de changer ", résume Claude Gauthier.

Sur les intentions de vote, le PQ reste en avance, mais les libéraux se rapprochent sensiblement. CROP observe que 30 % des gens disent vouloir voter libéral, contre 36% pour le PQ et 15% pour l'ADQ. Quand on distribue les 18 % d'indécis selon leur allégeance sur la question référendaire, CROP estime que le PQ aurait récolté 41 % des voix cette semaine, suivi de près par le Parti libéral à 39 % et l'ADQ à 18 %. Par rapport à août, les libéraux montent de quatre points, les péquistes baissent de deux et les adéquistes stagnent.

Pour Claude Gauthier, ces chiffres n'entrent pas en contradiction avec les résultats des dernières partielles. La victoire péquiste dans Laurier-Dorion n'est pas le début d'une tendance selon lui. " Dans les complémentaires, il y a des impondérables comme le taux de participation et les enjeux locaux ", a-t-il expliqué.

Chez les électeurs francophones, le Parti québécois chute de quatre points, de 45 % à 41 % (l'enquête a été menée dans les jours suivant l'éclatement de la bisbille entre Bernard Landry et Pauline Marois). Le Part libéral, lui, monte de deux points à 23 %. Ainsi, en dépit de ce rapprochement, le PQ aurait remporté les élections, il n'y a pas de doute.

Le PLQ a marqué des points en région- son score passe de 21 à 28 % en dehors des villes de Québec et Montréal. Le PQ passe de 44 à 37 % en région, tandis que l'ADQ augmente d'un point, à 18 %. Le PLQ est en recul dans l'île de Montréal où il passe de 35 à 32 %, le PQ monte d'un point à 37 % et l'ADQ végète à 10 %.





Charest crée un comité sur la décentralisation

Robert Dutrisac
Le Devoir jeudi 30 septembre 2004

Québec - La réflexion sur le mauvais état des finances publiques et les graves problèmes de démographie qui attendent le Québec, autant de matières à discussion pour le millier de citoyens qui ont participé aux vingt forums des régions, a connu un aboutissement inattendu hier: la création d'un comité ministériel sur la décentralisation et la régionalisation.

Au terme d'une rencontre de huit heures, dont trois heures à huis clos, avec les présidents des Conférences régionales des élus (CRE), le premier ministre Jean Charest a annoncé la création de ce comité qui sera présidé par le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, assisté de la ministre déléguée au Développement régional et au Tourisme, Nathalie Normandeau. Ce comité a pour tâche de signer des protocoles d'entente avec chacune des CRE sur la décentralisation et la régionalisation des services publics d'ici la tenue du Forum des générations, les 12, 13 et 14 octobre prochains.

Lors de son allocution de clôture au Salon rouge, M. Charest a reconnu que son gouvernement aurait lancé cette décentralisation sans même la tenue des forums régionaux, une opération qui a coûté cinq millions au trésor public. Appelé à préciser en conférence de presse quel rapport il y avait entre les problématiques de la situation des finances publiques et du vieillissement accéléré de la population et cette décentralisation, M. Charest a souligné qu'on ne pouvait pas «aborder la question de la démographie au Québec sans parler des régions».

Plus tôt devant les présidents des CRE, M. Charest a employé, pour parler de la régionalisation, les mêmes termes qu'il avait utilisés, deux semaines plus tôt lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la santé à Ottawa, pour décrire la valeur du fédéralisme asymétrique pour le Québec. À l'égard des régions, son gouvernement veut «reconnaître nos différences et les valoriser», a dit hier M. Charest, «et non pas les aplanir». Les protocoles avec les CRE seront en quelque sorte asymétriques. Chacun d'eux sera taillé sur mesure, a promis le premier ministre.





Suroît: Hydro n'abandonne pas

Louis-Gilles Francoeur
Le Devoir jeudi 30 septembre 2004

En dépit des pluies abondantes qui ont augmenté ses réserves, la société d'État continuera de défendre son projet controversé

La centrale du Suroît fera partie des projets jugés essentiels par Hydro-Québec pour reconstituer sa «marge de manoeuvre», tels qu'ils seront présentés en novembre dans le prochain Plan d'approvisionnement de la société d'État.

Au moment où les groupes écologistes se félicitaient publiquement de l'abandon présumé du projet en raison des fortes pluies de l'été, ce qu'annonçait hier La Presse, des sources fiables au sein de la société d'État précisaient que le projet est toujours jugé essentiel et demeure inscrit à la planification même si on est conscient de la controverse qu'il suscite dans les milieux gouvernementaux.

Et, à Québec, le premier ministre, Jean Charest, confirmait hier à sa façon que le projet n'était pas abandonné même si, dans les rangs de son parti et dans son entourage immédiat, plusieurs voudraient bien qu'il en soit ainsi. Toute décision sur le Suroît, précisait-il, ne sera prise qu'après la tenue à l'automne de la commission parlementaire sur les besoins énergétiques du Québec.

«Ce sera l'occasion d'évaluer le projet du Suroît dans ce contexte et de le faire surtout à la lumière du rapport de la Régie de l'énergie», poursuivait le premier ministre, qui n'hésite pas à qualifier ce rapport d'«excellent».

On se rappellera que la Régie a confirmé que le Suroît ne peut satisfaire aux besoins de court et de moyen terme du Québec et que le projet n'est pas non plus essentiel pour assurer la réserve d'énergie d'Hydro, qui respecte ses critères actuels, moins exigeants en réserves d'eau que les anciens. Mais la Régie admettait que le Suroît permettrait de reconstituer ce qu'Hydro appelle maintenant sa «marge de manoeuvre», soit la possibilité d'avoir un bloc d'énergie supérieur à sa réserve afin de poursuivre notamment ses ventes du côté américain, ses ventes les plus payantes, ce qui n'est pas sans émouvoir le premier ministre et le ministre des Finances.

L'étroitesse de sa marge de manoeuvre actuelle, sans mettre en péril l'approvisionnement des Québécois, a toutefois empêché cet été la société d'État de vendre autant qu'elle l'aurait voulu aux États-Unis malgré des pluies relativement abondantes.

Selon une source digne de foi, Hydro devrait terminer l'année 2004 avec des réserves d'eau qui se situeront quelque part entre 29 et 33 TWh au-dessus de ce qu'elles étaient à la fin de 2003, tout dépendant de l'abondance des pluies de l'automne.

Mais cette hausse de la réserve globale n'est pas attribuable uniquement aux pluies. En effet, le tiers de cette hausse anticipée de la réserve hydroélectrique est le «résultat combiné» d'une réduction importante des exportations d'électricité au cours de l'été et de la grève à l'aluminerie ABI de Bécancour.

La part de la pluie, soit les deux tiers de la hausse anticipée de la réserve en 2004, se situera donc quelque part entre 19 et 21 TWh.

Pour Hydro-Québec, un apport annuel d'environ 20 TWh ne modifie pas sensiblement l'état de la réserve car les apports, comme les déficits, sont répartis sur plusieurs années. De façon générale, les apports annuels d'eau peuvent varier d'une année à l'autre d'environ 25 %, une amplitude annuelle beaucoup plus importante en réalité que celle du vent, qui se situe plutôt autour de 8 %, ce qui semble paradoxal pour une énergie intermittente.

Néanmoins, l'augmentation de la réserve attribuable aux pluies de l'été représente environ trois années de production d'énergie par le Suroît, laquelle est censée produire 6 TWh par année.

Du côté des groupes écologistes, on réagissait hier à l'abandon possible du Suroît avec un sentiment de satisfaction fortement teinté de scepticisme.

Comme le précisait André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique et de la Coalition-vert-Kyoto, «il se pourrait bien que le gouvernement Charest tente d'utiliser un éventuel abandon ou report du Suroît pour masquer l'importance du virage majeur du Québec en matière de production thermique d'électricité. Hydro et Québec n'ont cessé de répéter que le Suroît n'était qu'une exception dans notre politique énergétique et pas l'amorce d'une politique de production thermique. Mais Québec a autorisé au début de l'été la centrale au gaz de Bécancour (600 MW) et un programme complet de cogénération au gaz de 800 MW, qui ira bientôt en appel d'offres. Le Québec fonce aussi dans l'exploration des fonds marins du Saint-Laurent pour y trouver du pétrole et du gaz, effectue des forages en Gaspésie et on note l'apparition de deux projets importants de ports méthaniers dans le golfe. Si ce n'est pas un virage majeur vers l'énergie thermique et un virage contraire aux voeux de la population qui demande de se tourner vers les énergies propres, je ne sais pas comment il faut appeler cela.»

Du côté de Greenpeace et du Comité du non à la centrale du Suroît à Beauharnois, on se disait à la fois ravi de la possibilité que le Suroît soit abandonné mais «pas dupe du tout du double discours de Québec dans ce dossier», selon le mot de Marc Laviolette, du mouvement local d'opposition à Beauharnois.

Avec la collaboration de Robert Dutrisac





Le grand jour

Richard Martineau
Voir, n° Vol: 18 NO: 39 jeudi 30 septembre 2004

Le père

- Les enfants, venez me rejoindre au salon, j'ai une grande nouvelle à vous annoncer! Vous connaissez Mario Dumont, le jeune politicien qui parle des vraies affaires au vrai monde? Eh bien, après neuf longs mois de gestation, Mario Dumont a enfin accouché d'un nouveau concept politique: l'autonomisme!

Les enfants

- C'est quoi, l'autonomisme?

Le père

- C'est l'indépendance sans l'indépendance.

Les enfants

- ????

Le père

- Je sais, ça semble compliqué, mais en fait, c'est simple comme bonjour. Prenez monsieur Patry, le père de Jean-Nicholas qui demeure de l'autre côté de la rue. Eh bien, monsieur Patry est un autonomiste.

Les enfants, les yeux écarquillés

- Ah oui????

Le père

- L'an dernier, monsieur Patry voulait divorcer pour vivre sa vie comme il l'entendait. Mais son comptable lui a dit que ça coûterait trop cher, que ça traumatiserait les enfants, etc. Alors monsieur Patry a eu une excellente idée: il est devenu autonome! Il se crisse de madame Patry comme de l'an 40, il ne l'écoute plus quand elle parle, il ne lui demande plus son opinion avant de prendre une décision, il ne couche plus avec elle, il rentre à l'heure qu'il veut et il fait tout ce qui lui plaît quand ça lui plaît et avec qui ça lui plaît! Fantastique, non?

Les enfants

- Et madame Patry, elle accepte ça sans broncher?

Le père

- Bof, je ne sais pas. Entre vous et moi, on s'en fout. C'est ça qui est beau avec l'autonomisme: tu n'as pas besoin de l'assentiment de l'autre partie pour devenir autonome! Tu te lèves, un matin, et tu dis: "Ça y est, aujourd'hui, je suis autonome!" Mario Dumont l'a dit: le Québec rapatriera un à un tous ses pouvoirs, que le Canada le veuille ou non. Génial, non?

Les enfants

- Mais pourquoi monsieur Patry reste-t-il avec madame Patry, alors? À quoi ça sert de rester marié si c'est pour vivre comme un célibataire?

Le père, fâché

- Ah, vous commencez à me casser les couilles, hein! C'est toujours la même chose: chaque fois que j'arrive avec une bonne nouvelle, vous vous arrangez pour crever ma balloune! Monsieur Patry reste avec madame Patry parce que c'est comme ça, bon! Parce que c'est plus simple! Parce que dans le fond, même s'il n'y a plus d'amour entre les deux depuis longtemps, il reste étrangement attaché à elle! Il aime entendre son souffle au milieu de la nuit, il aime sentir son corps chaud à ses côtés...

Les enfants

- Et il aime surtout le fait que madame Patry a hérité d'une grosse maison quand sa mère a clamsé, l'an dernier! Même s'il n'aime plus sa femme, c'est quand même plus agréable de demeurer à Ville Mont-Royal que dans un deux et demi sur Jean-Talon!

Le père

- Vous saurez que ça prend beaucoup plus de courage pour être autonomiste que pour se séparer! Tout le monde peut se séparer, c'est à la portée du premier venu, vous prenez vos bagages, et ça y est, c'est fait! Alors qu'être autonomiste est beaucoup plus difficile. On marche constamment sur des oeufs, on vit dans une zone grise, à cheval entre l'illégalité et la légitimité. Ça prend beaucoup, beaucoup de tact. Contrairement à vous, j'ai beaucoup de respect pour monsieur Patry. Il n'est pas arrivé à cette conclusion de gaieté de coeur, vous savez. Il a emprunté plusieurs autres voies avant d'opter pour l'autonomisme.

Les enfants, surpris

- Ah oui?

Le père

- Il a vécu dans le cabanon, dans la cour. C'était sa période souveraineté-association. Il a couché sur le plancher de la chambre à coucher, puis dans le corridor et dans le salon. C'était sa période étapiste. Il a même renouvelé ses voeux de mariage, un coup de tête qu'il a appelé "le beau risque"! Mais chaque fois, il a essuyé un échec. Madame Patry refusait de reconnaître ses besoins et ses aspirations.

Les enfants

- Et tu es sûr que cette fois-ci, ça va marcher?

Le père

- J'en suis convaincu. La preuve que l'autonomisme est une idée brillante: Mario Dumont a reçu l'appui de CHOI-FM. Jeff Fillion lui-même a demandé aux électeurs du comté de Vanier de voter pour l'ADQ! Si ce n'est pas un signe des dieux, les enfants, je ne sais pas ce que c'est. Non, vraiment, cette fois, je le sens. Le Québec est enfin rendu au bout de son calvaire.





Le Québec est trop syndicalisé

Michel Kelly-Gagnon
Les Affaires samedi 2 octobre 2004

En 1964, la présence syndicale aux États-Unis était comparable à celle du Canada : un travailleur sur trois environ était syndiqué dans les deux pays. Depuis, le taux de syndicalisation aux États-Unis a continuellement reculé, alors qu'il est demeuré essentiellement le même chez nous.

Cette stabilité masque cependant des différences régionales. En effet, la proportion de syndiqués a continué d'augmenter au Québec au cours de cette période et est maintenant la plus élevée parmi toutes les juridictions nord-américaines. En 2003, la proportion des travailleurs salariés affiliés à un syndicat se situait à 41,2 % de la main-d'oeuvre employée totale au Québec, tandis qu'elle atteignait 32,4 % au Canada et 13,1 % seulement aux États-Unis.

En parallèle, depuis 1982, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a augmenté annuellement de 2,5 % en moyenne au Québec, comparativement à 2,9 % dans l'ensemble du Canada et à 3,3 % en Ontario et aux États-Unis.

Le fait que le Québec affiche le plus fort taux de syndicalisation en Amérique du Nord et qu'il figure par ailleurs parmi les derniers au chapitre de la croissance n'est-il qu'une simple coïncidence ? Bien qu'aucune étude scientifique ne se soit, à ma connaissance, intéressée de façon explicite à la question au Canada, les chiffres exposés précédemment et la théorie économique donnent à penser que le pourcentage plus élevé de travailleurs syndiqués a, jusqu'à un certain point, un impact sur la piètre performance relative du Québec.

Les économistes américains Lou Pantuosco, Darell Parker et Gary Stone ont mené une étude qui comparait les taux de syndicalisation et les différents indicateurs de performance économique dans les 48 États américains contigus entre 1978 et 1994. Leur conclusion : la présence de syndicats a un impact négatif sur les taux de croissance du produit intérieur brut des États américains.

Ces économistes ont de plus montré qu'il y a un lien persistant entre syndicalisation et taux de chômage. En clair, les juridictions américaines à forte densité syndicale sont aussi associées à de plus hauts niveaux de chômage. Les chiffres du Québec semblent le confirmer également : au cours des 20 dernières années, le taux de chômage annuel moyen au Québec a été de 10,8 % comparativement à 7,6 % en Ontario et à 9,0 % dans l'ensemble du Canada. En comparaison, les États-Unis ont affiché un taux de 5,8 % en moyenne annuellement au cours de cette même période.

Le taux de syndicalisation n'est évidemment pas le seul facteur responsable de la mauvaise performance relative du Québec, qui est également un champion nord-américain sur le plan de la lourdeur de la fiscalité. Mais les syndicats jouissent ici de privilèges (comme une loi anti-briseurs de grève, unique sur le continent avec celle de la Colombie-Britannique) qui ont des effets négatifs sur la création d'emplois, la flexibilité du travail, la productivité et l'attraction des investissements étrangers.

Les modifications relativement mineures à l'article 45 ont causé tout un tollé l'année dernière. Il se peut bien que le Québec ait atteint un point de non-retour et que le pouvoir des syndicats soit tel qu'il rende complètement irréaliste, dans les faits, toute réforme vraiment importante du Code du travail. Si aucun gouvernement n'a le courage d'entreprendre ces réformes, il faudra s'habituer à voir le Québec de plus en plus perdant face à ses concurrents nord-américains.

mkellygagnon@iedm.org Président de l'Institut économique de Montréal





Le Québec est parmi les derniers à adopter les PPP

Suzanne Dansereau
Les Affaires samedi 2 octobre 2004

Les partenariats public-privé sont déjà bien implantés un peu partout dans le monde

Qu'ils soient sous gouverne libérale, conservatrice ou travailliste, un nombre grandissant d'États adoptent la formule des partenariats public-privé (PPP) pour renouveler leurs infrastructures en décrépitude.

Après la vague de privatisation sous Margaret Thatcher, le gouvernement de Tony Blair en Grande-Bretagne a entrepris de rebâtir ses écoles, ses hôpitaux, ses prisons, ses routes sous forme de Private Finance Initiative. La République d'Irlande vient d'emboîter le pas avec des routes.

La France, elle, fait de la gestion déléguée notamment dans les domaines de l'eau, des routes et du transport en commun. À Stockholm, vous verrez des PPP dans le transport en commun. Au Portugal, les PPP sont non seulement dans les hôpitaux, mais aussi dans les services cliniques.

Au Canada, on n'en est pas là.

Mais la vague avance. À Halifax et à Moncton, il y a des PPP dans le traitement des eaux usées - dont l'un est réalisé par BPR, une firme d'ingénierie de Québec. En Colombie-Britannique, de loin la province la plus avancée à cet égard, neuf PPP sont en marche depuis que l'agence BC Partnerships a été créée en 2002. Quatre projets devraient être finalisés d'ici la fin de l'année. Et SNCLavalin est sur la plupart des soumissions.

En Alberta, on en fait, mais sans passer par une agence spéciale. En Ontario, le mouvement est amorcé aussi, malgré bien des tergiversations. C'est d'ailleurs là que se trouve le plus grand projet canadien en PPP, l'autoroute 407. Au fédéral, les PPP sont bienvenus dans la construction d'édifices publics. Le pont de la Confédération a été fait en PPP.

Et au Québec ? Rien de majeur encore. À part des initiatives ici et là, à petite échelle, notamment en transport en commun, dans le récréatif et le scolaire.

Après plusieurs rapports - dont le premier remonte au second régime Bourassa -, c'est le gouvernement du Parti québécois qui a créé le Bureau des partenariats public-privé. Mais craignant peut-être l'ire de sa clientèle syndicale, il n'a rien concrétisé.

Avec le gouvernement Charest, le feu passe au vert. Fin octobre, une commission parlementaire s'ouvrira à l'Assemblée nationale dans le but non pas de débattre de la pertinence de la formule, mais plutôt des règles créant l'Agence des partenariats public-privé. Selon la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, cet organisme étudiera sept ou huit projets majeurs dès le début de 2005 (voir en page 7).

Mais la résistance demeure forte partout au pays. "Très peu de projets ne sont pas controversés", dit Pierre Anctil, vice-président de SNC-Lavalin. Car au royaume de l'État-Providence, permettre au privé de devenir partenaire plutôt que simple exécutant dans les services publics est presque aussi mal vu que la privatisation des services de santé. En effet, les PPP représentent un changement de paradigme majeur.

"Les gouvernements ont peur du concept et n'ont pas préparé leurs populations", estime Alain Massicotte, avocat au bureau montréalais de Stikeman Elliott.

En résumé : le dossier des PPP a bien mauvaise presse. Ce qui fait tergiverser les politiciens : au Nouveau-Brunswick, les conservateurs ont rouvert un contrat de PPP sur l'autoroute Moncton-Fredericton conclu par les libéraux : ils avaient promis d'éliminer le péage en campagne électorale. S'en est suivie une bataille juridique avec le partenaire privé et une hausse des coûts pour l'État.

En Ontario, le nouveau gouvernement libéral de Dalton McGuinty tente de faire annuler devant les tribunaux les hausses de tarifs sur l'autoroute 407 autorisées par les conservateurs. Il refuse de procéder par PPP pour l'hôpital de Brampton, lancé par son prédécesseur. En Colombie-Britannique, la population a obligé le gouvernement à renoncer à un PPP pour l'autoroute Coquihalla.

Mutisme à la Caisse et au Fonds FTQ

Alors que s'ouvrent les audiences publiques à Québec, les syndicats sont braqués, refusant même de considérer les modalités des PPP. D'autres acteurs importants comme la Caisse de dépôt et placement et le Fonds de solidarité de la FTQ refusent de participer publiquement au débat alors que, privément, en tant qu'investisseurs à la recherche de rendements stables, ils attendent les projets. En réponse à nos demandes d'entrevue, les porte-parole de Henri-Paul Rousseau (président de la Caisse) et de Pierre Genest (pdg du Fonds FTQ) ont fait savoir que ceux-ci n'avaient aucun commentaire à prononcer sur les PPP.

La Caisse vient pourtant de créer un fonds d'infrastructures pour profiter des occasions d'affaires. Dans un discours à Toronto, en novembre 2003, devant des gens d'affaires et des haut fonctionnaires, M. Rousseau a vanté les mérites de la Caisse en tant qu'investisseur "idéal, parce qu'elle est prête à jouer sur le long terme". Quant au Fonds de solidarité, il est coincé, car la FTQ s'oppose vertement aux PPP. Il faudra voir comment le président de la FTQ, Henri Massé, manoeuvrera dans tout ça.

Pendant, ce temps, en Ontario, les fonds de retraite OMERS et Teachers' admettent qu'ils vont à l'étranger pour financer des PPP en attendant qu'on se branche au Canada. Et c'est ainsi que les économies des Canadiens servent à faire du développement économique à l'étranger.

Chose certaine, le privé se prépare. Dans le génie, les principaux acteurs se nomment SNC-Lavalin, Dessau-Soprin, Tecsult, BPR. Les multinationales comme Bouygues, Vivendi, Bechtel et Suez sont à nos portes et prêtes à s'allier avec nos firmes locales.

Les financiers attendent aussi, tout comme les avocats. Ceux-ci ont beaucoup d'argent à gagner, car un contrat de PPP peut être plus volumineux que l'encyclopédie Britannica !

Disons-le franchement : le privé veut gagner de l'argent avec les PPP, alors que le gouvernement veut en économiser. Qui paiera au bout du compte ? Le contribuable. Reste à lui démontrer qu'il en aura plus pour son argent avec des PPP. Et à voir ce qu'il perdra au change.

QU'EST-CE QU'UN PPP ?

Il y a partenariat public-privé (PPP) lorsque le secteur public fait appel au secteur privé dans le financement d'un service ou d'une infrastructure publics. Le rôle du privé peut varier : il peut concevoir, construire, gérer, exploiter, entretenir et être le propriétaire du service ou de l'infrastructure pendant un certain temps. Mais il doit assurer au moins une partie du financement, sinon ce n'est que de l'impartition. Ce qu'il y a différent avec un PPP, c'est que le risque est partagé entre les partenaires et non limité au public (impartition) ou au privé (privatisation), selon Jean-Pierre Sauriol, président de Dessau-Soprin.

suzanne.dansereau@transcontinental.ca





Monique Jérôme-Forget promet de grands travaux en 2005

Suzanne Dansereau
Les Affaires samedi 2 octobre 2004

La présidente du Conseil du trésor se dit consciente des écueils entourant les PPP

Sept ou huit projets de partenariats public-privé (PPP) devraient démarrer dès le printemps 2005 s'il n'en tient qu'à Monique Jérôme-Forget, la présidente du Conseil du trésor.

Au cours d'un entretien exclusif avec le journal LES AFFAIRES, la ministre s'est dite emballée par sa récente visite en Grande-Bretagne, qui l'a menée à Londres et à Dublin, où elle et son collègue des Transports, Yvon Marcoux, ont pu voir de visu des PPP dans des hôpitaux et le réseau routier, notamment.

Si bien qu'elle ne voit pas de raison de ne pas donner suite rapidement à ses projets. La ministre a même obtenu de Partnerships UK un contrat type en PPP pour le secteur des hôpitaux.

Au premier chef, elle veut lancer un appel d'offres pour le méga-hôpital de l'Université McGill. Quand on lui fait valoir qu'il s'agit d'un projet majeur, et que les experts proposent d'y aller plus doucement pour une première expérience, avec des routes par exemple, Mme Jérôme-Forget indique qu'elle en a marre des dépassements de coûts. "Je ne veux plus arriver avec des projets qui doivent coûter 825 M$ et qui finissent par coûter 1,5 milliard", lance-t-elle.

Quant au méga-hôpital du Centre hospitalier universitaire de Montréal, le projet n'est pas encore prêt pour lancer un PPP, précise la ministre.

Le gouvernement ira aussi de l'avant dans le dossier de l'autoroute 30, qui sera rentabilisée grâce à des péages, avant de lancer le prolongement de l'autoroute 25 qui comporte un pont à péage. Autre projet mentionné : l'Îlot Balmoral, ce complexe culturel qui regrouperait la nouvelle salle de l'Orchestre symphonique de Montréal.

Au niveau municipal, elle entrevoit des projets dans le domaine de l'eau, tout en assurant que l'eau "est un bien public" et que le gouvernement ne délaisserait jamais la responsabilité de l'analyse. "Mais il faut réparer les fuites qui font que 40 % de notre eau potable ne se rend pas au robinet."

La clé : compter sur la meilleure expertise

Mais avant tout, Mme Jérôme-Forget promet de recruter la meilleure expertise qui soit au sein de la nouvelle Agence sur les partenariats public-privé, créée par la loi 61 et dont l'étude se fera en commission parlementaire à la fin octobre.

Cette expertise sera nécessaire pour mieux conseiller les organismes publics qui concluront des PPP. Elle sera recrutée dans le privé, comme c'est le cas de celui que les rumeurs désignent comme le futur président de l'Agence, Pierre Lefebvre, un ancien de PricewaterhouseCoopers, âgé d'à peine 39 ans.

La bataille sera dure, car certains organismes, comme les municipalités, pourraient refuser de passer par l'Agence, affirmant qu'ils ont l'expertise nécessaire.

Mme Jérôme-Forget ne les croit pas. Surtout, dit-elle, il est important "de ne pas avoir l'air de deux de pique" quand on devra négocier des PPP avec des multinationales.

La ministre a bien constaté qu'en Grande-Bretagne les gouvernements ont payé trop cher leurs PPP, au début. Et ce n'est qu'avec le temps et l'expérience qu'ils pourront conclure des ententes plus avantageuses pour leurs citoyens. D'où la nécessité, dit-elle, d'acquérir l'expertise au niveau gouvernemental et de ne pas perdre ses hauts fonctionnaires parce qu'ils joueront le rôle de garde-fou devant les entreprises privées.

C'est un nouveau rôle pour eux : superviser au lieu de gérer directement.

Créer un savoir-faire exportable

Au bout du compte, la ministre espère créer au Québec une expertise en PPP qui soit exportable. Tout comme le Québec, dans les années 60, au temps de la Révolution tranquille, a mis sur pied des firmes de génie-conseil pour bâtir des projets hydroélectriques qui ont ensuite exporté leur savoir-faire dans plusieurs pays.

Une autre leçon tirée de l'exemple de la Grande-Bretagne : il ne faut pas faire trop de PPP "car il faudra les rembourser", fait valoir la ministre. Les Britanniques ont en effet lancé près de 600 projets en PPP - des projets qui n'apparaissent pas entièrement sur les comptes publics, parce qu'ils sont financés par le privé - et se rendent compte maintenant qu'ils sont engagés financièrement pour les 30 prochaines années.

Mais la grande leçon à tirer selon Mme Jérôme-Forget est celle-ci : "Le public et le privé vont devoir se parler, négocier. Il va falloir vivre ensemble pendant 30 ans."

suzanne.dansereau@transcontinental.ca

Le gouvernement veut des PPP dans :

les infrastructures et les haltes routières

> les deux méga-hôpitaux et les CHSLD

> le transport en commun

> les prisons

> le traitement des eaux





Avantages, risques et périls des PPP

Suzanne Dansereau
Les Affaires samedi 2 octobre 2004

Voici 10 éléments clés à connaître avant de se lancer dans un partenariat

Un contrat de partenariat public-privé (PPP) mal ficelé peut mettre une société privée en faillite ou un gouvernement dans l'eau chaude.

Si un projet est mal accueilli par la population - et c'est le cas de bien des PPP au Canada - il peut rapidement mal tourner. Des principes élémentaires sont donc à considérer avant de se lancer dans les PPP : concurrence, transparence, éthique, bonne évaluation des coûts et des risques, etc.

À la suite des recherches et entrevues menées par le journal LES AFFAIRES, voici 10 éléments clés auxquels il faut prêter attention lorsqu'on parle de PPP.

1 La transparence

Le public doit avoir accès aux contrats de PPP et il doit pouvoir suivre le processus du début à la fin. Or, le secret commercial s'impose dans bien des parties du contrat. Un conseiller municipal à Hamilton a dû faire appel à la Loi sur l'accès à l'information pour connaître les détails d'un contrat de PPP concernant le traitement des eaux. En Colombie-Britannique, le nom des soumissionnaires est affiché sur Internet. Au Québec, impossible de savoir qui a soumissionné sur le projet de complexe culturel de l'îlot Balmoral, à Montréal.

2 Le partage de risques

Il arrive qu'un gouvernement n'évalue pas correctement le coût de ses risques (c'est le cas du métro de Laval). Le contrat de PPP doit être clair sur le partage de risques. Le privé refusera d'assumer des risques politiques. "Un entrepreneur ne s'associera pas à un projet s'il n'a pas de contrôle sur les risques", fait valoir Jean-Pierre Sauriol, président de la firme d'ingénierie Dessau-Soprin.

3 L'évaluation des coûts

Dans le public, on ignore souvent le coût réel d'un ouvrage ou d'un service, car bien des coûts ne sont pas comptabilisés. En Grande-Bretagne, on a demandé à quatre hôpitaux de donner le coût de remplacement d'une hanche. Toutes différentes, les réponses variaient entre 1 840 et 23 000 $ !

"Le privé n'ira jamais dans un projet sans avoir fait des études pour connaître tous les coûts", dit Johanne Desrochers, présidente-directrice générale de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec.

4 Des économies ?

Les gouvernements soutiennent généralement qu'il leur en coûtera moins cher de procéder par PPP que de faire eux-mêmes le travail. Or, plusieurs études démontrent le contraire, surtout celles commanditées par des centrales syndicales. Il faut faire attention aux comparaisons, prévient Alain Massicotte, avocat chez Stikeman Elliott.

Par exemple, le syndicat britannique UNISON fait valoir dans un rapport de 2001 que six projets hospitaliers coûtant 423 M de livres à l'État finiront par lui coûter 2,5 milliards de livres avec le secteur privé après 30 ans. Le projet n'aurait coûté que 825 M si le gouvernement avait fait un simple emprunt et géré les choses lui-même.

"Mais les auteurs du rapport ont-il calculé les coûts d'emprunt, d'entretien et de main-d'oeuvre ?" demande M. Massicotte.

Grâce à un PPP, le gouvernement pourra plutôt réduire son investissement initial, car une partie, financée par le secteur privé, ne sera pas inscrite dans les comptes publics. Il pourra également rayer plusieurs employés de sa liste de paie.

En plus, le gouvernement aura accès à un savoir-faire qu'il n'aurait peut-être pas à l'interne afin d'utiliser les meilleures pratiques. "Je ne connaissais rien en eau et je ne voulais pas embaucher des experts", explique Deb Shewfelt, maire de la municipalité de Goderich, en Ontario. Il a conclu un PPP de traitement de l'eau potable et des eaux usées avec Veolia.

Mais la démonstration qu'au bout de 30 ans, un projet en PPP coûtera moins cher au gouvernement est loin d'être faite. Cela dépend des contrats.

5 Les coûts

Le gouvernement paie moins cher en intérêts sur un emprunt que le privé, mais cela est de moins en moins vrai. Par contre, la question des taxes à payer dans un PPP n'est pas réglée. Si le secteur privé doit facturer 15 % de plus au gouvernement pour un projet afin de couvrir les taxes, alors que lui n'aurait pas à en payer, les coûts augmentent. C'est le même problème pour les taxes foncières.

6Conserver l'expertise

L'État ne doit pas se débarrasser de l'expertise de ses fonctionnaires sous prétexte qu'il fait des PPP, avertit la chercheuse québécoise Sylvie Paquerot, de l'Université de Montréal. Car s'il ne l'a plus, il ne peut plus jouer son rôle de garde-fou ni revenir en arrière s'il le souhaite.

7De l'éthique

Des conflits d'intérêts ont été soulevés en Grande-Bretagne, alors que des firmes comme PricewaterhouseCoopers jouaient à la fois le rôle de conseiller du gouvernement et de vérificateur de l'entreprise ayant eu le contrat.

8 La durée d'un projet

Les syndicats craignent qu'un contrat de 30 ans n'hypothèque les générations futures et la marge de manoeuvre des prochains gouvernements. Le privé soutient qu'un contrat à long terme lui permet d'investir plus d'argent au début, et donc de mieux faire les choses. Un PPP à long terme amène un élément de discipline pour les administrations, affirme Alain Massicotte : les infrastructures seront bien entretenues pendant 30 ans, alors que dans le passé, les gouvernements coupaient souvent sur l'entretien, une fois l'infrastructure construite.

9 La concurrence

Il y a souvent très peu d'entreprises capables de gérer des grands projets. Si le nombre de soumissionnaires est réduit, le jeu de la concurrence peut perdre son effet.

10Les motivations réelles

Dans son dernier rapport, le Institute for Policy Research de Grande-Bretagne s'interroge : "Le gouvernement a-t-il vraiment agi pour en avoir pour son argent à long terme ou pour faire disparaître ces dépenses des comptes publics ?" Car le financement privé n'apparaît pas aux comptes publics, ce que déplore le Fonds monétaire international.

suzanne.dansereau@transcontinental.ca





Defence shield 'a fraud'

DAVID PUGLIESE, CanWest News Service
The Montréal Gazette September 30, 2004 Thursday

Can be easily defeated, scientist says. Liberal government is reportedly on verge of consenting to multibillion-dollar system

The U.S. missile defence shield is so technically unsound, it will never be capable of protecting North America from attack, said a top scientist who blew the whistle on the earlier failures of the Patriot missile.

Theodore Postol, a former science adviser to the U.S. chief of naval operations, said the missile defence shield the Martin government is considering joining is totally unproved and faces so many technical hurdles that to claim it can protect the continent from attack is "scientific fraud."

Postol, a professor of science, technology and national security at the Massachusetts Institute of Technology, said one of the main problems with the shield is it is incapable of distinguishing between a real warhead and the decoys that would be carried by an incoming missile.

"This is one of the biggest engineering jokes in the history of humankind. It's a fake," said Postol, who is in Ottawa today to meet with MPs and will be giving a public lecture on missile defence tomorrow.

During the first Persian Gulf War, he blew the whistle on military claims that the Patriot missile destroyed almost all of the Iraqi Scud rockets fired during the war. The Pentagon launched an investigation into whether the scientist had violated national security, but Postol was later vindicated by several U.S. government studies that noted the Patriot was successful less than 10 per cent of the time.

Postol has conducted a similar analysis on the U.S. missile defence shield, which will use ground-based interceptor rockets to shoot down incoming warheads. U.S. President George W. Bush has made missile defence one of his administration's priorities and he is expected to declare the system ready to go in the coming months.

The Liberal government is reportedly on the verge of signing on to the multibillion-dollar system and Prime Minister Paul Martin and Defence Minister Bill Graham are among the strong supporters in the party of the plan. Other Liberal MPs, however, have voiced concerns the shield will not work and will pave the way for weapons in space.

Postol warns the shield can be easily defeated by standard decoys that would be carried by an incoming missile. In that case, the missile would release dozens of mylar balloons that would confuse the sensors on the shield's interceptor. Any nation capable of building a missile that could hit North America would have the technology to outfit it with decoys, he noted.

Also, the shield's interceptor "kill vehicle" has never been tested with the rockets that are to carry it to its target. The limited number of tests that have been carried out on the shield's interceptors have been scripted to the point where the system has been fed the co-ordinates of the incoming warhead it is expected to hit. Even then, some of those tests have been failures, Postol noted.

Missile defence agency officials in the U.S., however, have expressed confidence the shield will work. The Bush administration has argued even a rudimentary system is better than nothing.

Government officials and Canadian Forces officers have warned Canada cannot afford not to take part in the missile shield. They have voiced concerns the U.S. could retaliate politically or proceed with security matters on their own, cutting Canada out of decisions on continental security.

But Postol said in terms of North American security, the U.S. needs Canada as many of the key air defence radars that protect the continent are located on Canadian territory.

"The United States needs Canada just as much or more than Canada needs the United States in these matters," he said. "The Canadians have a lot of leverage if they choose to use it."

The missile shield is designed to counter a small-scale attack by countries such as North Korea or Iran, as well as accidental missile launches by Russia and China.

But Postol said it is unlikely North Korea can build a nuclear-tipped missile capable of reaching North America. More worrisome is the possibility the North Koreans could place a crude nuclear weapon aboard a ship and sail it into a U.S. port, he noted.

Postol suggested instead of spending billions of dollars on the missile shield, the U.S. should shore up its continental security.

Postol's concerns are echoed by a group of 49 retired American generals and admirals. In March, the officers wrote Bush recommending the billions of dollars to be spent on missile defence should be redirected to combating nuclear terrorism, the most pressing threat facing the U.S. today.

Ottawa Citizen





Le syndrome de la république

Vincent Marissal
La Presse vendredi 3 septembre 2004

Le 15 avril 2003, lendemain de la victoire libérale aux élections québécoises, le téléphone portable de François Legault s'est mis à sonner très tôt le matin.

" Et puis, François, vous avez perdu le pouvoir, quand est-ce que tu reviens à une vie normale? Tu pourrais faire beaucoup plus d'argent en revenant dans les affaires ", lui ont glissé à l'oreille quelques-uns de ses amis, laissant au passage planer quelques offres alléchantes.

Mais le jeune ex-ministre de la Santé avait d'autres projets en tête. De toute façon, de l'argent, il en a déjà suffisamment pour vivre très confortablement, avec son épouse et leurs deux jeunes garçons, grâce à la vente de ses actions dans Air Transat, il y a quelques années. Quand Lucien Bouchard a réussi à convaincre François Legault d'entrer en politique en 1998 (et que François Legault a réussi à convaincre sa femme), il s'est dit qu'il y allait pour 10 ans.

Il lui resterait donc quatre ans. À moins qu'il ne devienne chef ou, mieux encore, que se profile la possibilité de devenir un jour premier ministre. Évidemment, ça changerait un peu la perspective et peut-être que Madame se laisserait convaincre d'accorder une prolongation.

Mais pour y arriver, il faut faire vite, monter un réseau, se faire voir, ce à quoi s'est attelé François Legault avant même la défaite électorale d'avril 98.

Les lundis soir depuis plus de deux ans, François Legault reçoit un groupe de jeunes militants péquistes dans son vaste bureau du troisième étage de la luxueuse résidence familiale d'Outremont. Entre une bière et une pointe de pizza, parfois entre deux parties de billard (un vaste bureau, en effet), les François Rebello, François Gendron et autres refont le monde avec leur hôte. Ils refont surtout le PQ et la stratégie souverainiste. Une bière dans une main, une pointe de pizza dans l'autre, en jeans et t-shirt, assis sur l'accoudoir du canapé, on imagine mal une telle scène dans la maison historique de Bernard Landry à Verchères ou au domaine Marois-Blanchet à l'Île-Bizard.

De fil en aiguille, François Legault a tissé des liens et mis sur pied une organisation sur le terrain, surtout composée de jeunes militants dynamiques. Une organisation fantôme dont se moquaient encore récemment des proches de Bernard Landry, mais qui pourrait néanmoins couper le chef actuel de la base militante dans de nombreuses circonscriptions en vue du vote de confiance de juin 2005. Ça rappelle un peu la lente et méthodique avancée de l'équipe de Paul Martin contre les pro-Chrétien.

On pense toujours que Pauline Marois sera le Paul Martin de Bernard Landry, mais François Legault pourrait fort bien s'avérer plus dangereux pour le chef péquiste. À condition bien sûr qu'il arrive à surmonter son plus grand handicap: un grave manque de crédibilité au sein du Parti québécois. En fait, plusieurs militants et députés péquistes ne prennent tout simplement pas le député de Rousseau au sérieux. Un comptable qui a fait fortune avec un transporteur à rabais, ça fait éminemment moins prestigieux qu'un intello qui a fait la London School of Economics. De plus, on doute parfois de ses états de service dans le milieu souverainiste, lui qui est sorti de nulle part pour devenir un ministre important du gouvernement Bouchard.

Le trône péquiste n'est pas ouvert à tous. Considérant la force intellectuelle de tous ses chefs et leurs contribution au mouvement souverainiste, quiconque tente d'accéder au trône souffrira nécessairement des comparaisons.

Avec le profil qu'il a, M. Legault aurait été accueilli à bras ouverts au Parti libéral, mais au PQ, on lève le nez dessus. " Legault, c'est pas un faiseur de pays ", a déjà dit son collègue Jean-Pierre Charbonneau.

Voilà qui résume bien les problèmes auxquels sera confronté le Parti québécois d'ici aux prochaines élections: le PQ ne cherche pas seulement un chef, il cherche d'abord un faiseur de pays. Ce pourquoi les remous des courses à la direction sont toujours indissociablement liés à ceux de la stratégie référendaire. Or les faiseurs de pays, ça ne court pas les rues. La preuve, c'est que le PQ n'en a toujours pas trouvé un, même en René Lévesque, en Jacques Parizeau ou en Lucien Bouchard.

Avec un tel poids sur les épaules, les chefs du Parti québécois- c'est particulièrement vrai avec Jacques Parizeau et Bernard Landry- en viennent parfois à souffrir du syndrome de la république. Ils entretiennent avec le destin du peuple québécois une relation à la première personne du singulier. (Il suffit de (re)voir les films de Jean-Claude Labrecque, À hauteur d'homme, sur Bernard Landry, et de Francine Pelletier, Monsieur, sur Jacques Parizeau, pour s'en convaincre.)

Est-ce une affaire de génération seulement ou alors une affaire plus complexe de changement de stratégie souverainiste, mais François Legault détonne par rapport à la vieille garde péquiste quand il parle de la souveraineté. Il parle de récupération des impôts, de budget du Québec souverain, de moderniser le parti et l'option. Tout ça fait un peu trop... comptable.

Dans la course actuelle (oups, pardon, il n'y a pas de course à la direction du PQ...), François Legault a néanmoins deux avantages marqués sur Bernard Landry et Pauline Marois: il représente la relève et il est le seul à parler comme le " vrai monde ".

Ça le rend peut-être plus accessible pour le commun des mortels, mais pas nécessairement plus acceptable aux péquistes purs et durs. Au contraire.





Le bras de fer s'engage
" Le vote de confiance sera un test pour Landry ", affirme Legault

Denis Lessard
La Presse dimanche 29 août 2004

Québec - Une démonstration de force de François Legault a obligé hier Bernard Landry à rajuster son tir et à promettre que son parti soumettra aux électeurs, avant les prochaines élections, le détail du fonctionnement d'un Québec souverain.

En fait, bien au-delà de la sémantique et de la stratégie souverainiste, un bras de fer entre le chef péquiste et le député de Rousseau a montré qu'une lutte pour la présidence du PQ était bel et bien engagée sur le parquet du conseil national.

" Nous avons le devoir d'aller dans le détail, de faire la maquette du pays, a lancé hier Bernard Landry aux 400 délégués. Les gens veulent savoir ce qu'il y a pour eux dans le projet souverainiste. "

Le chef péquiste reprenait ainsi, mot à mot, ce qu'avait réclamé ouvertement François Legault dans un point de presse quelques heures plus tôt.

Dans une sortie qui a piqué au vif le clan Landry, M. Legault s'est dit " déçu " des conclusions des comités de la Saison des idées, rendues publiques hier. Il a affirmé que ces propositions vont dans bon sens mais qu'elles le laissent sur son appétit, qu'elles " ne vont pas assez loin dans la modernisation ".

Il a également fait une mise en garde à Bernard Landry: le vote de confiance du congrès de juin 2005 sera en fait un test pour le chef péquiste, qui sera jugé sur sa détermination à moderniser le parti.

Le PQ se doit, selon François Legault, de proposer un plan détaillé, une " maquette " de ce que serait le Québec au lendemain d'un OUI au référendum. Il faut mettre fin aux " débats un peu ésotériques " et " expliquer au monde ordinaire ce que la souveraineté peut changer dans leur vie ", a-t-il ajouté. Si ces précisions ne sont pas apportées, il promet de proposer lui-même, au congrès de l'an prochain, des amendements au programme.

" Ça fait un an que je dis qu'il faut faire la maquette du pays, je suis très content de la sortie de M. Landry ", pavoisait-il en fin de journée après la déclaration de son chef. " Il y a un an, l'idée de préciser davantage le projet de pays était loin de faire consensus ", a-t-il souligné.

Pauline Marois a elle aussi soutenu que le PQ doit préciser son projet avant le prochain scrutin.

Mais M. Legault est resté bien nuancé quand on lui a demandé si, avec cette position, M. Landry était assuré de son appui: " On va voir... on est en marche, il y a encore des précisions ", a-t-il répondu.

Sans détour, il se dit " content " de l'opération qu'il mène depuis un an auprès des militants dans les régions. " Je suis en campagne pour vendre mes idées. Il n'y a pas de course au leadership, mais une course aux idées. "

Clairement soucieux de démontrer son ascendant sur les militants, M. Legault a fait une intervention fermement applaudie par le conseil national. Il a même reçu une ovation d'environ le tiers de la salle- une opération orchestrée par la poignée de jeunes Turcs de son état-major.

En soirée, vendredi, cette phalange de jeunes militants s'était réunie, avec l'éventuel candidat, dans un hôtel avoisinant. À la suite de la sortie surprise de Pauline Marois, plusieurs ont insisté pour que M. Legault " montre qu'il est présent sur le terrain ", a confié à La Presse l'un des participants.

Cette " démonstration de force polie " a toutefois eu l'heur de piquer au vif le clan Landry: la garde rapprochée du chef péquiste constatait subitement que le coup de boutoir de Pauline Marois aurait des lendemains, qu'il avait aiguillonné le camp Legault.

Beaucoup plus discrète dans une sortie sur l'éducation, Pauline Marois, qui avait la veille mis le feu aux poudres en réclamant officiellement une course à la direction, a reçu des applaudissements passablement plus réservés. Toute la journée, elle a rencontré des présidents d'association de circonscription pour expliquer le sens de sa manoeuvre inattendue.

Elle a reçu un appui non équivoque de l'ancien ministre de la Justice, Paul Bégin. Il est clair que, dans la population, le leadership de Bernard Landry obtient un appui mitigé, estime M. Bégin. " Mme Marois a bien fait, j'aurais pensé qu'elle plongerait plus tôt ", a-t-il dit

" À compter de maintenant, elle va travailler visière levée. M. Landry devra démontrer qu'il peut changer le cours des choses ", prévient l'ancien ministre. " Je suis étonné des jugements sévères que j'entends partout sur le leadership de M. Landry ", a ajouté M. Bégin, insistant sur le sondage CROP-La Presse qui indique que pas moins de 40 % de l'électorat péquiste estime que M. Landry devrait rentrer dans ses terres.

En revanche, Daniel Turp, député de Mercier, a condamné sans appel la démarche de Mme Marois: " Elle s'est exprimée comme militante. Elle doit constater que ni les membres du caucus ni les militants ne la suivent. Elle devra assumer les conséquences de ce qu'elle a fait. Un vote de confiance, c'est important. Si M. Landry a la confiance des militants en juin, elle devra elle-même se demander si elle a confiance en M. Landry. "

Toute la journée, les militants péquistes ont discuté des rapports des trois chantiers issus de la Saison des idées. Sur le projet souverainiste, comme l'a révélé La Presse cette semaine, le comité préconise un référendum portant sur la souveraineté, avec une question claire et brève.

Responsable de l'opération, le député Turp a expliqué qu'on avait longuement réfléchi à la proposition de Jacques Parizeau (un référendum sur la Constitution d'un Québec souverain) pour finalement l'écarter. Le comité préconise aussi qu'un gouvernement péquiste tienne un référendum dans la première moitié de son mandat.

Mais en marge du conseil national, la controverse perdurait sur les gestes que pourrait faire le gouvernement souverainiste du Québec au lendemain de son élection. Pour Jean-Claude Saint-André, député de L'Assomption et ex-employé politique de Jacques Parizeau, l'avenue proposée par la direction du PQ est un cul-de-sac parce qu'elle est calquée sur la stratégie du référendum de 1995. Il faut selon lui que, une fois élu, le gouvernement péquiste puisse accomplir " des gestes de souveraineté pour changer des choses ". Québec pourrait par exemple promulguer une loi invalidant le régime fédéral destiné aux jeunes contrevenants.

Mais cet appel à " des gestes de rupture " paraissait bien isolé.





Il y a une vie après la politique

Louise Beaudoin
TRIBUNE LIBRE jeudi 30 septembre 2004

Remise des insignes de Commandeur de la Légion d’honneur à Paris le 23 septembre 2004

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Madame et messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le DG du Québec,
Monsieur le premier ministre ( Michel Rocard)
Madame la ministre du Patrimoine canadien, chère Liza. À ceux qui se demanderaient pourquoi tu es là, je répondrais simplement que c’est le triomphe de l’amitié sur les désaccords politiques.

Chers amis,

Permettez-moi, dans un premier temps, monsieur le Président, de vous remercier d’avoir accepté de me remettre ces insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur.

Gaulliste, vous vous intéressez au Québec depuis longtemps; vous me l’avez dit lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois, en mars 2000, alors que vous étiez président du groupe RPR; d’ailleurs vous l’aviez déjà écrit dans un livre paru un an plus tôt.

Vous êtes enfin venu au Québec cette même année, en compagnie de votre fils Guillaume et de quelques députés et depuis ce temps, votre intérêt ne s’est pas démenti puisque vous rentrez tout juste du Québec.

Recevoir ces insignes à l’hôtel de Lassay revêt une signification particulière pour moi car c’est ici que René Lévesque a été accueilli par Edgar Faure lors de sa première visite officielle en France en 1977; c’est ici qu’il a prononcé, à mon avis, l’un des plus beaux discours de sa carrière. C’est ici aussi que Philippe Séguin a si chaleureusement reçu Jacques Parizeau à un moment stratégique, à la veille du référendum de 1995.

Merci à vous tous d’être là, particulièrement à tous ces Québécois qui ont fait le voyage, ceux de Montréal, de Québec, ma ville natale, de Sherbrooke, (Marie Malavoy, la vp du PQ) et ceux du chemin du Cap-aux-Oies dans Charlevoix, là, où devant le grand fleuve, je passe les meilleurs moments de mon existence.

Il y a une vie après la politique, mais à la condition que quelques personnes s’intéressent à votre avenir.

Dans mon cas je dois cet atterrissage en douceur d’abord à Christian Philip qui, le premier, a pensé à m’inviter à l’université Jean-Moulin à Lyon l’automne dernier , au président Guy Lavorel de cette même université, à Michel Guillou de l’IFRAMOND, à PAW qui était ministre de la Francophonie, à Jacques Audibert qui était consul général de France au Québec, au SG de la Francophonie ,le Président Abdou Diouf ainsi qu’à son AG, et enfin à Roch Denis le recteur de l’UQAM sans qui rien de tout cela n’aurait été possible.

Le vrai choc en avril 2003 n’a pas été pour moi la défaite électorale ( la mienne et celle du gouvernement du Parti québécois ) mais plutôt de rentrer à la maison. Heureusement François a été égal à lui-même et il a refusé de compatir à mes malheurs ce qui m’a forcée à aller immédiatement de l’avant.

Le mercredi 8 juillet 1857, mon arrière-arrière-grand-père maternel, Ulric Tessier,débarque en France : c’est le premier de mes ancêtres à revenir depuis la Conquête de 1760. Il arrive d’Angleterre où, délégué par la ville de Québec, il a plaidé, sans succès, pour que Québec devienne la capitale permanente du Canada. Cette mission diplomatique lui donne l’occasion d’effectuer un premier séjour en Europe. Dans ses Mémoires particuliers, il écrit : « nous saluons enfin cette terre de France que je soupirais tant de voir; je me rappelais l’époque où mon bisaïeul, Pierre Tessier, simple agriculteur, à l’âge de 14 ans laissait les côtes de France à La Rochelle en 1709, il y a de cela 148 ans. »

Ulric Tessier a été seigneur de Rimouski, maire de Québec, député du Parti Libéral, ministre, professeur à la faculté de droit de l’université Laval, fondateur de la Banque nationale et juge de la Cour supérieure. C’était un grand bourgeois Canadien-français qui ne s’est jamais rebellé, ni en 1837, ni au moment de la publication du rapport Durham en 1839 qui recommandait pourtant l’assimilation des francophones à ce qui était à l’époque la minorité dominante anglaise. Père de 17 enfants, très catholique, donc de la branche modérée du Parti Libéral dont l’aile radicale combattait l’omniprésence de l’Église, il aurait pu écrire, à l’instar d’Hector Langevin : « mon cœur est français quoique les évènements ont fait de moi un sujet anglais. »Ce dont il s’accommodait fort bien en imitant dans sa vie quotidienne la bourgeoisie anglaise de Québec.

Du côté paternel l’on est beaucoup plus modeste. Mon grand-père était marchand général dans une petite ville minière de la région des Bois-Francs, Thetford-Mines. Mon père est venu à Québec à l’ âge de 6 ans, au pensionnat St-Jean Berchmans dont il n’a cessé de nous parler avec horreur, encore en 1990 , à la veille de sa mort. Il n’a plus jamais quitté Québec où il a pratiqué le droit et est devenu juge de la Cour Supérieure du Canada. Mon père aimait la France, mais plutôt celle d’avant 1905, d’ avant la séparation de l’Église et de l’État. Il y est venu souvent et fait rare à l’époque, dès 1937, en voyage de noces. Il disait, comme beaucoup d’autres, en souriant ,que nous étions des Français améliorés… À la maison on lisait des livres français, des revues françaises, ( la Revue des deux Mondes, Historia, à la limite l’Express mais jamais l’Observateur); on écoutait des chansons françaises, avec une prédilection pour Édith Piaf qui faisait, à chaque fois, salle comble au cabaret chez Gérard à Québec. Dans ma famille,l’amour de la France ne s’est jamais démenti; un amour certes parfois teinté d’agacement, parfois de lassitude - à tort ou à raison - peut-être trop souvent décliné sur le thème de ce vieux complexe de l’abandon stigmatisé par la boutade de Voltaire sur les quelques arpents de neige. Mais n’est-ce pas le propre de la passion que d’éveiller l’inquiétude, le reproche, la crainte de l’absence, la joie de se retrouver ?

Longtemps je me suis sentie plus près des Beaudoin que des des Rivières-Tessier, même s’ils étaient plus conservateurs et provinciaux parce qu’à mes yeux, ils étaient plus représentatifs du peuple québécois. Peut-être aussi parce que ma mère voulait faire de moi, comme elle l’était elle-même, prétendait-elle, une épouse soumise et docile qui saurait cuisiner. Mais de toutes façons, c’était une illusion : car depuis toujours au Québec les femmes sont fortes et ma mère ne faisait pas exception, malgré les apparences.

Alors, avec tout ce bagage, que représente la France pour moi et pour beaucoup d’autres Québécois de ma génération ? La France, je l’ai découverte l’été de mes 18 ans, mais elle a toujours été une présence inspirante et stimulante. Une présence d’abord mythique relayée par l’Histoire et la culture puis, plus tard, un lieu magique de rencontres et d’échanges. Il allait de soi, pour moi, pour plusieurs d’entre nous, que les liens avec la France devaient être resserrés si nous voulions conserver notre identité française en Amérique.

Ces mots que nous partageons avec vous, Français, et avec tous les francophones, au-delà des accents, ces mots que nous devons défendre avec acharnement et fierté, nous ont fait entendre, là-bas, en Amérique, à travers la culture française et ses œuvres les échos du monde de la pensée et de la création.

Quand la politique nous ignorait, la littérature nous nourrissait. Et c’est de là que nous est venu ce souffle qui nous a conduit jusque dans vos théâtres, vos salons et vos écrans de télévision. C’est de là que nous est venu le goût du discours, de la discussion, l’envie de créer : nous avons rêvé, frémi, frissonné, souri aux mêmes mots qui sont désormais enchevêtrés aux nôtres.

Et de Gaulle vint.

Le Québec, vous le savez, est une nation jeune. Un pays neuf. Cela a des avantages. Le sentiment que tout reste à faire, que tout est permis. L’obligation qui nous est faite d’inventer et de construire. Notre bagage est léger, lesté d’à peine quelques siècles de souvenirs et d’histoire. Nos racines sont encore à fleur de sol. Cela explique notre penchant naturel pour l’audace. Notre envie de départs et de l’aventure qui nous ont sans doute été inculqués par nos compatriotes autochtones.

Enracinée dans le temps, enrichie par l’expérience et la tradition mais aussi, parfois, encombrée par le passé, la France n’en a que plus de mérite à s’être hissée parmi les nations qui inventent, qui réinventent, la modernité. Elle a le don de se placer exactement au centre des débats importants, aujourd’hui ceux qui concernent la paix, la diversité linguistique et culturelle, l’architecture politique internationale.

Le Général de Gaulle, il y a 37 ans cette année, a présidé aux noces franco-québécoises avec un sens aigu d’un concept dont seuls les héritiers des vieilles nations apprécient pleinement l’importance : la durée. Car seule la constance vient à bout d’une tâche immense. Nous avions l’éloignement en héritage. Il a décidé de construire le rapprochement. Aujourd’hui, il n’existe pas deux autres peuples au monde qui séparés par un océan, aient développés des liens interpersonnels aussi nourris, aussi diversifiés et aussi solides que ceux qui nous unissent désormais. Ayant crée un espace culturel à plusieurs égards communs, nos cultures francophones d’Europe et d’Amérique se croisent, se côtoient, et souvent se marient, se renforçant ainsi dans un marché culturel mondialisé où le français n’est pas, c’est le moins que l’on puisse dire, le vecteur linguistique dominant. L’ exemple parfait pour illustrer mon propos est celui de Starmania, l’œuvre culte de Michel Berger et Luc Plamondon dont nous célébrons le 25ième anniversaire. IL y a dans la conception de Starmania, sa musique, ses paroles et ses distributions successives, une rencontre qui a ouvert la voie à toute une série d’autres rencontres franco-québécoises exceptionnelles et aussi un équilibre. Il ne s’agit pas d’une production française mettant à profit le talent de quelques Québécois, ni d’une production québécoise qui a mis sous contrat quelques Français pour mieux pénétrer le marché de l’Hexagone mais d’une création commune, conjointe. C’est là, je crois, la vraie recette d’un succès qui dure, celui d’une œuvre recréée tant et tant de fois sur toutes les scènes du monde, dans une multitude de langues.

La France a été à chaque étape celle qui nous a ouvert les portes de la communauté internationale. De Libreville en 1968 au premier Sommet de la Francophonie en 1986, nous avons acquis une personnalité internationale singulière, originale et active. Pour y arriver et pour continuer à exister nous avons eu besoin d’alliés et d’appuis. Merci, en particulier à P. S. et M. R – qui ne sont certainement pas habitués à être cités dans la même phrase- pour leur fidélité à une certaine idée du Québec; chacune la leur.

Par ailleurs en 1998 c’est avec la France, au moment de la visite de Lionel Jospin au Québec, que nous avons mis sur pied un groupe de travail sur la diversité culturelle à qui l’on doit la publication de la première étude sur la faisabilité d’un instrument juridique international. Grâce à la qualité de notre relation politique avec la France nous avons été capables de nous imposer et de prendre la parole en notre propre nom dans certaines conférences internationales et ainsi de nous opposer directement à la volonté américaine de contrer l’adoption d’un traité par l’UNESCO. Cette bataille qui, à mon avis, n’est pas gagnée d’autant que l’avant-projet en l’état actuel est insatisfaisant; il contient des faiblesses structurelles qui risquent, à mon avis, si elles ne sont pas corrigées, de rendre le futur traité largement inopérant. Mais tous reconnaissent l’apport québécois à ce débat et sa ténacité à vouloir protéger la culture des avancées de la logique marchande.

La France sera de plus en plus imbriquée dans l’ensemble géopolitique européen alors que l’intégration des Amériques suivra sa logique propre. C’est dire que notre relation bilatérale prendra des élans continentaux. Mais pour dépasser , transcender cette situation, pour que dure et perdure notre relation privilégiée, elle doit évoluer, embrasser des horizons plus vastes et c’est à travers la Francophonie qu’elle le fera .C’est la Francophonie qui doit devenir le moteur du fait français dans le monde. C’est avec la Francophonie et les autres aires linguistiques qu’il faut chercher à créer une constellation culturelle qui fasse contrepoids à l’hyperpuissance américaine.

Voilà ce que je voulais vous dire aujourd’hui : tous mes espoirs face au chœur des appels à l’uniformisation nichent dans ce riche bouillon culturel qui vibre en français sur les 5 continents.

Monsieur le Président, chers amis, vous l’aurez compris,

J’aime la France, le ciel de France, le siècle des Lumières, la magie d’Avignon les soirs de festival, la présence du Québec en France… …et même les Français.



TRIBUNE LIBRE






TRIBUNE LIBRE

OUI à la coalition INDÉPENDANTISTE - MAIS …

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 30 septembre 2004

Émérite, la proposition du professeur Gaston Laurion "de parler de choses sérieuses" concernant l'urgence d'une coalition INDÉPENDANTISTE (plutôt que souverainiste), afin de créer un État français au Québec. (Tribune Libre Vigile le 3 septembre 2004, et, en primeur dans Vox Latina, le 10).

CEPENDANT, au-delà des définitions dictionnairiques, où "l'indépendance constitue la souveraineté nationale", et la souveraineté d'un peuple réfère à "son indépendance dans l'ordre international" -- les mots "souveraineté" et "souverainistes" en sont venus à signifier "statu quo politique canadiAn", une oligarchie néolibérale péquiste élitiste, qui refuse de partager équitablement les richesses du Québec et les profits en dérivant, dans son avidité à se les accaparer pour sa propre clique. Tout en s'agrippant comme des teignes aux rênes d'un PQ né social-démocrate, mais voué maintenant au néolibéralisme, dans leur indifférence crasse quant au sort qu'ils réservent à leur nation culturelle.

D'ailleurs, les Québécois ne sont pas dupes. Les trois 'mousses' péquistes Bourdeau Tremblay et Valois, "bousculés, choqués et assommés" par leur constat que les jeunes Québécois disent NON à leur pseudo souveraineté -- mais tout en étant très ouverts à la création d'un État québécois INDÉPENDANT. L'article de la journaliste crypto fédéraliste Kathleen Lévesque, paru dans le journal Le Devoir-de-toutes-les-réserves, ne fait que souligner tout le mépris que ressentent les Québécois pour les péquistes néolibéraux. Ceci vaut aussi pour le 'croulant dépité' Jean-Pierre Charbonneau, tentant de ressusciter sa version d'une démocratie néolibérale "plus représentative".

Si j'ai bien compris Laurion, "cette coalition d'urgence nationale" qualifiée "d'union sacrée", se réaliserait incestueusement entre les seules élites péquistes, une minorité de 'suiveux' parmi les plus cuistres des souverainistes, ET, des Québécois réduits au statut de 'population quelconque', tous annexés et soumis à des "cheufs" péquistes néolibéraux, mondialisant et internationalistes. Selon l'émérite Laurion, "Landry a décidé de rester à la barre et il est bien qu'il en soit ainsi, car, malgré l'avis de quelques intrigants (étourdis en plus !), il n'y a personne au Québec qui lui soit (sic !) supérieur".

On devine alors toute l'étendue de la supercherie qui sous-tend cette proposition par des 'zélites' péquistes de droite, s'auto proclamant émérites, dans une tentative lamentable de reprendre le pouvoir à l'Assemblée nationale en 2007/08, proposant bêtement les mêmes mesures mesquines et perdantes de 2003. À force d'agir en commensaux (ceux qui mangent les miettes à une table mise pour leurs maîtres canadiAns), nos élites 'souveraineuses' pathétiques invitent ceux qu'ils voudraient réduire à cohortes hébétées, à s'unir à eux pour les reconduire au pouvoir en 2007/08.

En fait, ces "quelques intrigants étourdis", sont les 400,000 à 450,000 électeurs québécois, qui, le 14 avril 2003, et avec la mort dans l'âme, ont préféré se lancer dans le vide politique que représentait l'élection du Parti libéral du Québec (PLQ), néolibéral et fédéraste -- plutôt que de voter pour un PQ néolibéral, souveraineux, élito-médiocre, civiquo-pluraliste, et vendus jusqu'à l'os à la Nation canadiAn, unitaire et centralisatrice dans sa volonté de réduire le Québec français à "groupe ethnique comme les autres". Des élites rendues obtuses par la cour assidue qu'ils font à la médiocrité, et incapables de comprendre que c'est le déni de leur nation de souche française qui a causé leur perte en 2003. Se faire "fourrer" par des zélites, qu'elles soient du PQ, du PLQ ou de L'ADQ, c'est toujours se faire fourrer.

En réalité, cette "coalition d'urgence nationale" ou "union sacrée", DOIT SE CONCRÉTISER par la formation - dès maintenant - d'un GOUVERNEMENT DE SALUT NATIONAL, promouvant les intérêts supérieurs de la nation française du Québec, dans une coalition opérant en parallèle à l'actuel gouvernement Charest, en prévision d'une 'élection référendaire' au Québec en 2007/08, dans le but de créer un État du Québec. Une alliance ne durant que le temps d'une indépendance seulement, après quoi tous retrouveraient leur liberté politique.

Par "élection" (= pour choisir) "référendaire" (= pour rapporter, pour signifier son approbation), on entend un mode de scrutin qui envoi aux oubliettes - ET POUR TOUJOURS -- tout futur recours à un 3e référendum ayant pour but d'entériner les choix électoraux ou étatiques des Québécois. La loi canadiAn C-20 anti-référendaire ayant érigé des barrières insurmontables aux prérogatives habituelles d'un exercice référendaire, la poursuite du référendum comme moyen d'affranchissement de la nation, suinte de malveillance, en ce qu'elle appelle bêtement à la guerre civile rangée au Québec -- ET RIEN D'AUTRE.

On comprend alors pourquoi le crypto fédéraliste Landry se sert du référendum à la fois comme épouvantail dans LA PEUR - tout en insistant pour maintenir vivant le spectre du référendum … et à ça, seulement si il était "assuré de le gagner" ! Aussi bien dire JAMAIS, puisque Landry refuse d'utiliser les deniers publics pour renforcer les accises de sa propre nation de souche française, sous prétexte que l'usage des impôts de la majorité de 60 % (et plus) d'indépendantistes ayant déjà voté OUI en 1995, SERAIT DÉLOYAL envers (1) les francos fédérastes québécois (ça rime avec collabos et piastre) (2) envers des wasps de la bonne entente, en anglais seulement, dans le West Island, et (3) envers des immigrants au Québec ne voulant vivre leur bilinguisme canadiAn, qu'en anglais seulement. MOTUS sur le principe de subsidiarité dans une démocratie du plus grand nombre, un principe pourtant accepté partout ailleurs en Occident ! Vendu à la cause canadiAn, l'Acadien Landry se réfugie dans un déni sournois et débilitant de SA majorité française de 82%.

Établissons d'abord que cette coalition nationale indépendantiste ne se réalisera qu'à travers LA NATION CULTURELLE, s'exprimant dans un sain nationalisme ethnique. Une nation culturelle unie et compacte, au-delà de "questions culinaires" attribuées à Parizeau, et, les "choses sérieuses" que revendique Laurion. Une nation culturelle solidaire dans la création d'une véritable coalition indépendantiste" (plutôt que "souverainiste"). La proposition avancée par l'émérite Laurion devra donc prendre bien d'autres formes, allant de la traditionnelle coalition nationale, à une véritable union sacrée - entre toutes les composantes de la nation et SES ALLIÉS - OÙ qu'ils soient, et QUI qu'ils soient.

Il s'agit de bien identifier la nation ethnique pratiquant un sain nationalisme culturel, dans -

(I). l'unité de sa langue - une langue réduite à patois par des zélites jouales, et devant redevenir française et universelle.

(II). sur un territoire national ancestral reconnu par "nous" - le Québec - que nous avons bonifié et fait fructifier à la sueur de notre front collectif, depuis 400 ans.

(III). une nation composée de citoyens, (plutôt que des sujets - assujettis canadiAns), des citoyens ayant une histoire commune glorieuse (bien que marquée par les trahisons répétées de tant des nôtres) - y compris certains de nos historiens maudits, décriant les rappels lyriques aux grandeurs passées, à moins qu'elles ne soient British ou canadiAns.

(IV). dans une spiritualité laïque, remplaçant les valeurs d'une Église collabo, conservatrice et réactionnaire, fondée sur la religiosité de ses célébrants et l'ignorance induite de ces adeptes. Une spiritualité laïque basée sur l'amour du prochain, des valeurs d'équité, de solidarité et d'entraide.

Ces 4 attributs formant le ciment de notre nation ethnique culturelle.

Il faut aussi bien identifier les ENNEMIS irréductibles de la nation culturelle, qui sont :

(A) La "CanadiAn civic nation" - "civic" en ce qu'elle se réclame d'Ernest Renan quand il s'agit de clamer l'existence d'une seule et unique nation au Canada. Une "CanadiAn nation" -- faussement babélienne et strictement de langue anglaise, appuyée par ses suppôts franco-québécois et des CanadiAns-français, dans leur reddition totale quant à leur identité française première, pratiquant tous une valorisation excessive de leur nouvelle nationalité canadiAn. Comme il n'y a rien de plus traumatisant que de perdre son identité, il s'agit pour eux de justifier à tout prix cette perte, en devenant plus méprisants envers les leurs, prêts à verser dans la violence contre ceux qui revendiquent toujours leur identité française.

(B) ENNEMIE, la nation civique québécoise. Elle aussi à-la-Renan, faussement pluraliste (en ce qu'elle vise à consolider nos tristes zélites dans leurs pouvoirs), une nation civique se subdivisant entre diverses gauches et droites, de ceux qui ne veulent que reconduire un fédéralisme provincial renouvelé dans des simulacres d'asymétrie. Des zélites civiques apatrides qui se sont inventées les trois néologismes "ETHNICISME - ETHNICITÉ et ETHNICISTE" pour traîner le nationalisme ethnique dans la boue de toutes leurs capitulations abjectes à l'Anglo, et masquer le reniement de leur propre existence nationale.

(C) ENNEMIE la patrie-patriotarde, entre "mieux nantis" de langue française ET/OU de langue anglaise, usant du populisme pour assujettir tout un peuple qu'ils réduisent à de 'mères populations' pour se maintenir au pouvoir en courtisant la PEUR et le conservatisme en "nous". Il s'agit des présentes hiérarchies du PQ de l'ADQ ou du PLQ ayant toutes amplement découché avec Quebec Inc, Canada Ltd, les G8 et 20, ainsi que leurs organismes mondialisants, tels l'OMC, l'OCDE et l'AMI. "J'aime bien le mot Patrie" avait glissé Landry dans un de ses discours.

Bernard Landry a déjà réalisé "son union sacrée", avec le Patronat du Québec au point d'en ressortir millionnaire. Et il le leur a bien rendu, en octroyant à ce même patronat québécois en tant que 'cheuf pro-vincial', des milliards de dollars en subventions. (Comme on sait, la subvention, contrairement au prêt, ne requiert pas le remboursement) Nos zélites industrielles et commerciales se sont donc gavées à l'auge de l'État, tout en déplorant (sic !) la trop grande bureaucratie au Québec.

Dans leurs expressions les plus contraignantes des Nations civiques et la Patrie-patriotarde, il y a (a) le "melting pot" à l'américaine déguisé en "communautarisme", (b) l'État-nation à la française et sa (sic) nation politique élitiste, titulaire de la (re-sic) souveraineté), et maintenant (c) l'État-Ville à la Singapour, où la population est réduite à l'état de badauds, contrainte de se reconnaître dans quiconque compose la hiérarchie au pouvoir. À venir bientôt, le tandem Tremblay-Libman réclamant le bilinguisme anglo/anglais dans le CITY-STATE of Montreal.

Au-delà de tout ces vendus à l'internationalisme niant la nation culturelle, et la modernité individualiste mesquine, il y a LA NATION CULTURELLE ETHNIQUE, de souche française. La nation québéco/canadienne-française, composée en tout premier lieu par "nous" les descendants des colons français en Nouvelle-France. Le mot nation désigne des individus nés avec des liens naturels forgés au cours des siècles, vivant sur un même territoire, se remémorant les mêmes faits historiques, vibrant aux mêmes épopées, pratiquant (souvent) la même religion, et parlant (presque forcément) la même langue, en l'occurrence - le joual - puisqu’il faut l’appeler par son nom. Qui dit langue, dit CULTURE. Nous formons un groupe spontané de nature communautaire (rien à voir avec ce communautarisme USA).

Du substantif "nascor" on peut à la rigueur extraire du mot nation l'idée de "ceux nés ensemble" et qui se reconnaissent avant tout comme Québécois, parmi notre majorité de 82%, plutôt que comme CanadiAns. Une nation ethnico-culturelle, par ailleurs amplement métissée, ("NOUS" les bastards à Galganov -- 'puisque seuls les "gros chars" ne nous sont pas encore passé dessus'). Nation culturelle devenue PEUPLE assimilateur des altérités - et HONNIS SOIT QUI MAL Y PENSE ! Pour cette nation ethnique assaillie de toutes parts, les ALLIÉS ne sont pas nécessairement des AMIS - et vice versa. Il va donc falloir frayer entre tant d'écueils et créer des alliances, comme dit si bien Monsieur Laurion.

(1) Une toute première alliance DONC entre cette nation culturelle-des-nés-ensemble, ET nos autres élites culturelles québécoise - d'où qu'elles proviennent parmi les groupes ethniques -- incluant tous ceux qui se reconnaissent en elle, au point de s'y amalgamer et s'y complaire. Leurs pourfendeurs parlent de "purs et durs", entre agoniques, caribous, de souche contestée, dogmatiques, essentialistes, 'ethnicistes', exaltés, folkloriques, inconditionnels, indécrottables, intégristes, irrédentistes, irréductibles, irresponsables, 'jusqu'auboutistes', mélancoliques, misérabilistes, souffrant de monadisme ou monisme, nostalgiques, orthodoxes, passéistes, 'pure-laines', radicaux, romantiques, revanchards, ultras, va-t-en-guerre, -- et xénophobes en plus ! Mais à part ça, "nous" sommes tous du bien bon monde.

(2) Une seconde alliance, sous forme d'un pacte plutôt inédit, dans un nouveau tassement sur l'échiquier des classes sociales, une alliance entre LA classe moyenne québécoise, et TOUTES ses élites nationalistes culturelles - d'où qu'elles proviennent - autant de la (bien petite) noblesse, que chez nos industriels, ou de la religion organisée, parmi nos richards, nos commerçants, nos lettrés, nos scientifiques, nos bureaucraties, nos embourgeoisés, nos artistes et artisans -- de partout. Pourvu que subsiste en eux cette étincelle du sain nationalisme CULTUREL. Ce nationalisme faisant de "nous" un des peuples les plus méritoires, talentueux et chaleureux sur terre. Il suffit que ces élites et zélites, se reconnaissent dans le "NOUS" pour se qualifier comme ALLIÉS.

Plus précisément, cette union sacrée doit se réaliser ENTRE nos élites culturelles (avec ce qu'il nous en reste), et LA CLASSE MOYENNE du Québec, celle représentant aux dires des sociologues québécois Simon Langlois et Gilles Gagné, le "groupe social porteur du projet nationaliste"… ceux âgés de 18 à 54 ans, gagnant entre $20,000 et $80,000, représentant quelque 45 % de la population et ayant déjà voté OUI à 71.3% en 1995. Combinés ses deux groupes sociaux frisent le 50% des Québécois.

(3) Troisième alliance sous forme d'un mariage de raison politique, entre la poignée de gauchisants, et de gens des droites (encore moins nombreux !), qui ensemble à des "centristes" -- se reconnaissent en tout premier lieu DANS leur nation culturelle -- et, seulement par après dans leur idéologie politique respective -- DONC une union entre tous les indépendantistes de gauche, du centre et de droite - CONTRE des souveraineux et les fédérastes de gauche du centre politique et de droite.

(4) Quatrième alliance équivalant cette fois à une union politique stratégique historique, entre le courant social-démocrate, par définition centriste, ET le bon peuple québécois, assiégé par ses ennemis, et en mal de solidarité, là où elle se trouve. Une union nécessairement centriste politiquement, mais puisant à la fois au socialisme, dans le libéralisme et dans le capitalisme.

Rendons grâce à Laurion qui parle en terme d'une social-démocratie "semi-capitaliste", ce qui n'a rien de farfelu. Même si née à l'aune du marxisme à la fin du XIXe siècle, la social-démocratie en est venue à s'abreuver librement au socialisme, au libéralisme et au capitaliste.

Pour ne citer que le prof de science politique français Jacques Généreux (par ailleurs nébuleux dans ses allégeances gauchisantes) "Si l'économie nous semble parfois inhumaine … ceci ne résulte en rien d'une soumission du politique aux lois de l'économie, mais bien …de la soumission de l'économie à des lois politiques conformes à des intérêts PARTICULIERS". Et vlan ! On semble revoir Landry donnant $3.17 milliards à Québec Inc., en 1998, alors qu'il demandait aux Québécois de se serrer leur ceinture collective, face à la (sic) inévitabilité de la mondialisation des économies nationales.

(5)° Cinquième alliance, devant AVANT TOUT se réaliser encore ENTRE la superbe langue française universelle, ET notre français de bon aloi, bien vivant, espiègle et absolument méritoire. Union, sous forme de retrouvailles, entre la bellissime langue universelle, et cette très vibrante langue de bon aloi, convolant en justes noces dans un mariage d'amour. Une union forgée CONTRE le 'frança standord' de nos linguistes fédérastes et bilingues de Laval University, CONTRE le joual de nos zélites tabarnacos gauchistes - CONTRE le joual de nos péquissses apatrides et internationalistes.

Je me sens avili et fraudé par nos zélites de marde, qui colportent le joual dans nos écoles et dans les médias. L'historien québécois Jean Simard, dans Le Devoir du 30 août 2004, ("Québec en 1749 : une Rome face à Carthage"), rapporte que le naturaliste finlandais Petr Kalm affirmait de nos ancêtres lors de sont voyage en Nouvelle-France, que "Tous ici tiennent pour assuré que les gens du commun parlent ordinairement au Canada" (lire en Nouvelle-France) "un français plus pur qu'en n'importe quelle Province de France et qu'ils peuvent même rivaliser avec Paris. … La plupart des habitants du Canada, hommes et femmes, peuvent lire un texte."

(6) La plupart des habitants du Canada, hommes et femmes, peuvent lire un texte." !!! Une SIXIÈME alliance doit donc se réaliser ENTRE une petite nation culturelle fragilisée, ET son million d'analphabètes, abandonnés à eux-mêmes par un PQ néolibéral et sans cœur, s'affichant pourtant social-démocrate. Une fois retournés à une vie productive grâce à la faculté de lire et écrire, ce million d'handicapés de la langue, voterait OUI à leurs élites culturelles indépendantistes, en 2007/08, en échange de leur émancipation du joug d'élites fédérastes ou souveraineuses, les gardant dans l'ignorance - (question de mieux les "annexer et les soumettre", comme dit si bien M. Laurion).

Incroyable mais vrai. À peut près tous savaient lire en Nouvelle-France mais aujourd'hui un million de Québécois sont analphabètes, un sur sept !! Pourtant, l'éducation de la nation n'a jamais été entre les mains des Britanniques ou des CanadiAns, mais entre celles de l'Église catholique puis du PLQ et du PQ. D'accuser l'historien Simard - "Nous avons certainement connu ICI l'une des rares RÉGRESSIONS CULTURELLES DE L'HISTOIRE …" du monde !! D'une des nations les plus avancée au monde en 1749, compte tenu que les paysanneries française britannique et espagnole vivotaient sous le joug de monarques despotiques -- alors que les colons de Nouvelle-France combattaient à un contre 20 (avec succès !) contre les colonies américaines TOUT EN DÉCOUVRANT L'AMÉRIQUE -- Une nation périclitant aujourd'hui dans l'analphabétisme de un million des nôtres. Mais nos zélites blâment encore les maudits anglais.

(7) Une autre alliance doit avoir lieu, sous forme de pacte de non agression avec les DIASPORAS canadiEnne-française, et acadienne, dans la poursuite d'intérêts visant à nous renforcer mutuellement. Union sacrée avec le (mythique) million de CanadiEns de langue française prodigues - résidant aux avants postes canadiAns - une union consommée au nom de la défense de la langue française - avec cette minorité officielle canadiAn-française, fédéralistes ou pas.

(8) Une alliance doit être crée sous forme de pacte de neutralité, avec les quelques centaines de milliers de wasps (white anglo saxon protestants) québécois de la (seule) minorité officielle de 7% au Québec. (UNION TACITE dans son pouvoir de DISSUASION - car il n'est jamais agréable d'être à l'épicentre d'une guerre civile). Une minorité wasp parmi laquelle plusieurs voient d'un œil bienveillant la création d'un État français plus ancré dans la solidarité généralisée, que dans la poursuite à outrance du profit. Une minorité officielle dont l'historien Desmond Morton de McGill peut être considéré le chef de file. Des wasps reconnaissant (si à rebours et avec chagrin) la justesse de nos revendications nationales, et qui acceptent d'évoluer EN FRANÇAIS au Québec, dans ce qu'ils perçoivent comme une société démocratique, ouverte, juste et dynamique - où il fait éminemment bon vivre.

9° Alliance de réconciliation avec nos Premières nations, compte tenu de l'incroyable métissage qui nous réunit. Union sacrée entre une nation culturelle et SES Premières nations … tribales. Une nation française du Québec se reconnaissant en eux, depuis 1608, quand Champlain envoya le jeune (et fringuant) Étienne Brûlé cohabiter parmi eux afin d'apprendre leurs langues. Brûlé est devenu le père de tout un peuple métis. Qu'on le veuille ou non, ils sont NOUS et nous sommes EUX. Quant à ceux parmi eux qui invoquent leur lien du sang pour revendiquer leurs "droits", (tout en condamnant notre propre évocation de ces liens, par notre nationalisme ethnique). Il faudra faire peser sur eux tout notre poids collectif, pour leur rappeler qu'ils ne sont que 1 (ou deux) % de la population du Québec.

10° Alliance dans un appel aux immigrants établis de récente au Québec, les divers groupes ethniques, totalisant seulement 11% de la population du Québec, à renoncer au bilinguisme et au multiculturalisme canadiAn, leurs œuvres et leurs pompes, et de reconnaître notre statut de nation assimilatrice. ET UN RAPPEL qu'ils s'ingèrent dans les affaires internes de deux nations fondatrices -- la nôtre étant à la fois fondée de pouvoir de la Nouvelle-France, de l'Amérique du nord britannique, ET du Québec-Canada. Il faut donc consolider une union avec des groupes ethniques épars, dont l'écrivain québécois NEIL BISSOONDATH (qui a dénoncé tous les maux du multiculturalisme-à-Trudeau), et qui serait le chef de file.

Partout ailleurs dans le monde, les immigrants sont sommés de s'intégrer à la nation dominante. Au Québec, alors qu'il s'agit d'une nation française trimant ici depuis 400 ans, nos élites moderno-internationalisto-individualistes, de gauche et de droite, proposent d'élever ces derniers arrivés, à un statut que les leurs ont mis des siècles à arracher à l'Anglo, à la sueur de leur front collectif (et encore -- seulement sous forme de privilèges plutôt que des droits enchassés). Plus àplatventriste que nos zélites, on meurt !

***

TOUTES ces alliances "cum unions sacrées" sont des conditions SINE QUA NON d'une indépendance réussie dans la création d'un État québécois, en prévision des élections législatives de 2007/08 au Québec.

CONCLUSION : Si on lit entre les lignes fluides de la définition d'une "l'élection référendaire" (voir le Larousse, future édition 2009) et que l'on consulte les clauses cachées pudiquement dans le mode d'usage, on constate que le futur gouvernement indépendantiste élu en 2007/08, aurait comme mission formelle, d'utiliser les deniers publics pour réaliser :

(a) une vingtaine de "conditions sine qua non" de bonification des assises de la nation culturelle française du Québec -- et

(b) ainsi qu'une quarantaine "d'actions gagnantes d'indépendance" (ex conditions perdantes souverainistes bouchardes), durant sont premier mandat électoral de 5 ans.

En 2012/13, enhardie, la nation française du Québec reportera au pouvoir ledit gouvernement indépendantiste afin de consolider les bonifications de son statut et ses nouveaux acquis, pendant un autre 5 ans. Après quoi la libération de cette nation française de son joug canadiAn étant déjà un fait accompli (de facto), procéderait en 2017/18 avec la réélection pour un 3ième mandat de 5 ans d'un gouvernement indépendantiste, vers la proclamation de l'État DE JURE du Québec.

Face à un refus (improbable) de la nation culturelle française du Québec de procéder sur la chemin de son indépendance totale par la création de son propre État -- le renforcement systémique et systématique de ses assises seraient d'une telle envergure, qu'il importerait bien peu de ce refus et pour des générations à venir. Étant, sous serions.

Comme le temps presse, et contrevenant aux règles les plus élémentaires de la démocratie, et parce que nos élites ont réduit la nation culturelle et son nationalisme ethnique à peau de chagrin par leurs trahisons répétées, il faudra brûler les étapes dans les rattrapages que la nation culturelle doit effectuer. Faudrait alors qu'elle se reconnaisse dans un Sauveur, qui aurait les capacités intellectuelles et morales pour prendre la direction de ce gouvernement de salut national fantôme.

Pour avoir lu tant et tant de ses écrits, et tout en étant en désaccord avec plusieurs de ses préceptes et affirmations, je crois que le géographe et ex militaire Joseph René Marcel Sauvé (un nom de prédilection si il en est un) aurait la stature et l'autorité pour mener à bien ce projet national. Le dernier chapitre de son livre "Géopolitique et avenir du Québec" (Guérin), contenant déjà le nucléus d'un plan de libération du Québec. Son prochain livre contiendrai l'élaboration de ce plan. À suivre.

… MAIS, et au-delà d'une grande confiance en soi, et d'un amour propre bien ordonné, comment peut-on décemment décrire Landry comme un être supérieur -- et se qualifier soi-même d'émérite ? Assez que M. Sauvé se soit déjà déclaré (bien im-modestement) "héros national" ! Ça suffit !




TRIBUNE LIBRE

"Suspendu pour avoir parlé en français"
Quand aurons-nous le courage de rompre !!!

René-Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 30 septembre 2004

Ce n'est pas la première fois que ça arrive dans les forces armées canadiennes. Il n'y a pas tellement longtemps, pendant que j'étais en service, l'abbé Martin Cloutier avait décidé de quitter parce qu'il n'en pouvait plus. Il avait formulé un grief qui est resté lettre morte. Martin Cloutier a bien compris qu'il se frappait la tête contre un mur. Il est retourné chez lui à Sainte Anne de la Pocatière et travaille au Collège.

La police militaire n'a pas le droit d'arrêter un officier et l'aumônier a le statut d'officier. Pour arrêter un officier, il faut que l'individu ait été jugé dangereux. Or, il est évident qu'un aumônier ou autre officier, qui parle français alors que l'anglais seul existe, est dangereux, donc, il est arrêté comme un criminel ordinaire. Il faut retenir ce précédent. Moi, qui ai fait des coups pendables pendant que j'étais en service dans l'armée, je n'ai jamais été arrêté. J'ai agi par dépit et par mépris.

Un officier ne peut être arrêté que par ses pairs et conduit dans ses quartiers. Il ne sera pas détenu dans une cellule sauf la veille de son exécution s'il est condamné à mort. Même les Britanniques observent cette règle depuis très longtemps et pendant la guerre de Boers, les deux officiers condamnés à mort et fusillés ont été détenus par leurs pairs.

Il est vrai qu'au Canada, aucune règle ou principe ne s'applique lorsqu'il s'agit du Québec ou du Canada français.

Non seulement rien a changé au Canada mais ce qui arrive est pire qu'avant.

Quand aurons-nous le courage de rompre?

L'aumônier Turcotte à Cold Lake
Suspendu pour avoir parlé en français

Denis Villeneuve
Progrès-Dimanche Le Dimanche 19 Septembre 2004

LA BAIE (DV) - L'ex-aumônier militaire de la Base de Bagotville, le padré Louis Turcotte, connaît des problèmes importants dans son nouveau milieu de travail anglophone de la base de Cold Lake, en Alberta, relativement à la politique de bilinguisme dans les Forces armées.

Le major Turcotte a été démis de ses fonctions, en milieu de semaine, par suite d'un accrochage survenu avec une supérieure d'origine francophone, de cette base, qui lui aurait signifié qu'il aurait dû s'adresser à elle dans la langue anglaise. Dimanche dernier, des policiers militaires sont venus le cueillir, quelques minutes seulement avant que le padré ne se prépare à célébrer la messe dominicale en français.

À la suite des événements, le Service des enquêtes nationales des Forces armées a ouvert une enquête relativement à ce qui pourraient être d'importants accrocs à la Loi sur le bilinguisme, à des problèmes de discipline et de professionnalisme.

L'aumônier Turcotte est bien connu à la Base de Bagotville puisque depuis neuf ans, il y exerçait son ministère. Selon les informations obtenues par Progrès-Dimanche de sources très proches de l'aumônier, à la suite de son transfert à la Base de Cold Lake, le 8 septembre dernier, le padré aurait eu un accrochage verbal avec une haute gradée militaire de la base, de langue francophone, et ce, dès les premiers jours de son arrivée. Cet officier militaire, Nancy Ouellet, lui aurait clairement fait savoir qu'il doit s'adresser à elle en anglais.

Toujours selon notre source, quelques jours après l'accrochage, soit le dimanche 12 septembre, l'aumônier se préparait à célébrer la messe dominicale en français lorsque deux policiers militaires ont surgi pour le sortir manu militari du lieu de culte où il se trouvait.

Devant ce qu'il considère comme un manquement grave à la Loi sur le bilinguisme dans les Forces armées canadiennes et à la Charte canadienne des droits et libertés, l'aumônier Turcotte a déposé mercredi une plainte verbale à ses supérieurs ainsi qu'un grief au quartier général à Ottawa.

Selon notre informateur, en agissant ainsi, l'aumônier Turcotte souhaiterait dénoncer le manque de services offerts aux militaires francophones qui travaillent sur cette base située au nord de l'Alberta. Les francophones de la Base de Cold Lake représentent 20% des 2000 personnes qui sont stationnées sur cette base. Les militaires francophones ne disposeraient pas du même niveau de services que leurs confrères anglophones basés à Bagotville.

Malgré les démarches effectuées pour communiquer avec l'aumônier Turcotte en Alberta, il n'a pas été possible de le rejoindre, pas plus que son supérieur Mgr Donald Thériault, l'évêque de qui relève les aumôniers militaires au Canada.

Les militaires enquêtent
Cold Lake juge l'incident comme une grosse affaire

par Denis Villeneuve

CHICOUTIMI (DV) - Même si elles expriment des réserves à commenter les faits mis en lumière par Progrès-Dimanche en raison de l'ouverture d'une enquête, les autorités militaires de la Base de Cold Lake qualifient de grosse affaire les faits qui se sont déroulés dans les derniers jours impliquant le major-aumônier Louis Turcotte et l'officier supérieur Nancy Ouellet.

Invité à confirmer les informations obtenues, Richard Langlois, officier des affaires publiques à la Base de Cold Lake, a déclaré à trois reprises qu'il s'agit d'une grosse affaire et que ce que nous rapportions était un peu plus gros encore. «Ce sont des incidents récents. Nous évaluons présentement les allégations pour déterminer s'il y aura une enquête effectuée par le Service national des enquêtes des forces armées. Ce n'est pas aussi simple que de dire qu'il a été escorté par des policiers militaires en dehors de la chapelle où il était.»

M. Langlois a confirmé que le padré Turcotte a été démis de ses fonctions au sein de la 4e Escadre de Cold Lake dans les derniers jours afin de le protéger dans ses droits, le temps que l'enquête soit terminée. «Le dossier implique l'application des politiques des langues officielles, le professionnalisme et des sujets d'ordre disciplinaire» a déclaré le porte-parole. M. Langlois a indiqué qu'il n'y a aucun cas de violence relié à cette affaire.

Le capitaine Langlois a mentionné que la direction de la base fait tout en son possible pour accommoder les militaires francophones qui séjournent là-bas. «Si un francophone a de la difficulté avec la langue anglophone, les gens tentent de l'aider à s'exprimer, mais il faut vivre avec les gens qui sont mutés à Cold Lake.»

Apprécié

Du côté de la Base de Bagotville, le capitaine Julie Roberge a déclaré que l'enquête ouverte permettra de déterminer l'autre côté de la médaille et de déterminer de qui relève la faute si faute il y a. «Le système militaire n'est pas parfait» a­t-elle déclaré.

Mme Roberge ajoute que pendant son affectation à la Base de Bagotville, le major Turcotte a été très apprécié par les militaires. Elle a ajouté que l'ex-commandant de la Base de Bagotville, André Viens, avait même signé une lettre de recommandation destinée à l'aumônier.

Au quartier général des forces à Ottawa, la porte-parole, Kiersten Leis, a refusé de confirmer qu'une plainte a été déposée par le padré Turcotte en argumentant que ce type de renseignement est couvert par la Loi sur les renseignements personnels.

APPRÉCIÉ - Pendant neuf ans, le padré Turcone a oeuvré à la chapelle de la base de Bagotville (photo) en offrant des services appréciés par les militaires de cette base, selon la porte-parole Julie Roberge.





TRIBUNE LIBRE

Le Journal Le Québécois lance la bière La Militante !

TRIBUNE LIBRE 30 septembre 2004

Québec- Le Journal Le Québécois ajoute une nouvelle corde à son arc : une bière qui lui permettra de diversifier encore plus ses activités et d’accroître par le fait même ses revenus.

Pour bien marquer l’événement, la Militante sera lancée le 21 octobre prochain dans la bar où elle entamera sa carrière, c’est-à-dire le bar Chez son père. La soirée débutera dès 18h et les gens présents pourront déguster le produit brassé par la très renommée microbrasserie, La Barberie.

La Militante est une bière blonde avec une forte amertume et un degré d’alcool de 6,2 %.

Afin de justifier une telle orientation pour Le Québécois, le directeur dudit journal, Patrick Bourgeois, a expliqué que « de très nombreux mouvements indépendantistes en Occident ont eu et ont toujours recours à l’alcool pour financer leurs activités. Les Irlandais catholiques notamment qui financent leurs activités via bon nombre de pubs. Il est par conséquent inconcevable que le Québec, là où l’on retrouve l’un des principaux mouvements indépendantistes au monde, n’ait pas lui aussi recours à une telle avenue pour se développer ».

Patrick Bourgeois a renchéri en soulignant « qu’il est tout simplement ahurissant que les indépendantistes québécois et surtout le Parti Québécois se financent toujours, et ce, presque exclusivement, en vendant des cartes de membre à 5 $, prix qui n’a à peu près pas monté depuis les années 1970 ».

Pour faire face à la pauvreté du mouvement indépendantiste québécois, Patrick Bourgeois considère qu’il est impératif que les militants fassent preuve d’imagination en élaborant de nouvelles sources de financement. « On ne gagnera jamais la partie décisive si on ne bénéficie pas de ressources financières dignes de ce nom », de trancher Patrick Bourgeois.

En lançant sa propre bière, Le Québécois, qui vole désormais de ses propres ailes, espère faire face de façon encore plus efficace aux dépenses qu’engendre la production du journal et de toutes ses autres activités connexes. Lancement :

21 octobre, à 18h

Chez son père
24, rue St-Stanlislas
Québec