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«« lobbying à Québec
Retour sur Oxygène 9
éditorial
Gilbert Lavoie
Le Soleil - Le mardi 19 février 2002
Coupable, pas coupable ? Là n'est pas la question lorsqu'on tente de comprendre pourquoi des organismes comme la Société du parc des îles de Montréal ou le Carnaval d'hiver de Québec ont versé des commissions pour toucher des subventions. Il faut d'abord se demander si on a bien géré les fonds publics.
La chronologie des faits relatée par Luc Fournier, le porte-parole du Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI), jette un nouvel éclairage au dossier. C'est le 19 avril 99, soit 11 mois avant l'annonce d'un fonds de 30 millions $ pour aider les grands festivals, que les 12 membres du REMI ont convenu d'une commission de 1,5 % à Oxygène 9 pour la préparation de leur dossier. Il est donc difficile de soupçonner le lobbyiste au dossier, Raymond Bréard, d'avoir profité d'informations privilégiées sur le budget de mars 2000.
Mais la nature du projet de loi sur le lobbyisme, annoncé la semaine dernière, montre bien pourquoi ce dossier fait aujourd'hui l'objet d'une controverse. Raymond Bréard est arrivé au REMI le 18 septembre 98, soit un mois après son départ du bureau de Bernard Landry. Cinq mois plus tard, le 12 février 99, il participe à une rencontre avec son ancien patron, M. Landry, pour le convaincre d'accorder un financement accru aux grands événements. Immédiatement après cette rencontre, le gouvernement fait un appel d'offres et commande, en avril, une étude de l'ordre de 300 000 $ à KPMG et CROP pour vérifier le bien-fondé des demandes du REMI. Nommez-moi les lobbyistes qui ont autant d'ascendant sur le gouvernement !
Cette chronologie montre deux comportements que la nouvelle loi sur le lobbyisme condamne, soit la négociation avec son ancien employeur, pour un politicien ou un attaché politique, et le versement de commissions à un lobbyiste sur la base des subventions à venir. Il est surprenant que des gens aussi avertis que Bernard Landry, Pierre Marc Johnson et les dirigeants des grands festivals se soient placés dans cette situation.
Il est encore plus surprenant que Pierre Bibeau, de la Société du parc des îles de Montréal, ait versé 300 000 $ à Oxygène 9, pour aller chercher une subvention de 1,5 million, alors que le Festival d'été de Québec a touché une subvention plus élevée, dans les mêmes délais, sans payer de lobbyiste. À quoi donc a servi le lobbyiste ? Il est tentant de conseiller au gouvernement de soustraire de ses prochaines subventions, ces commissions totalement aberrantes.
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