«« LES AFFAIRES - Yves Duhaime

Yves Duhaime poursuivra La Presse, son journaliste Denis Lessard et Mulcair

TVA-PC jeudi 23 mai 2002



PC - L'ex-ministre Yves Duhaime a confirmé, vendredi, qu'il intentera des recours en diffamation contre le journaliste Denis Lessard, le quotidien La Presse et le député libéral Thomas Mulcair, dans l'affaire de lobbying qui le propulse depuis mardi au cœur d'une importante controverse.

«Je voudrais vous dire que ce qui se passe aujourd'hui, dans le quotidien La Presse en particulier et les écrits d'un journaliste entre guillemets vedette, en première page, dépasse l'entendement», a mentionné l'ex-ministre lors d'un point de presse tenu en début d'après-midi, vendredi, à Shawinigan.

Après avoir expliqué sa version des faits quant à la façon dont il s'est retrouvé conseiller stratégique pour le Regroupement des marchands actionnaires de Métro, à la fin de 2000 et au début de 2001, Yves Duhaime a indiqué que ses avocats travaillaient déjà sur les recours qu'il entend intenter. Des requêtes en diffamation seront signifiées au cours de la semaine prochaine au journaliste Denis Lessard et au quotidien La Presse.

«Qu'est-ce qui pousse Denis Lessard à raconter des mensonges en première page de La Presse Je vais dire comme René Lévesque dirait: c'est une belle écoeuranterie, si vous voulez mon avis.»

Furieux, Yves Duhaime a qualifié de mensonges les faits rapportés dans La Presse au cours des derniers jours. Le journaliste évoquait principalement le fait que l'ex-ministre aurait reçu 187 500 $ en deux mois seulement, en agissant comme lobbyiste pour le compte du Regroupement des marchands actionnaires Métro.

«Quand on lit les papiers de Denis Lessard, c'est un mensonge éhonté et un traficotage de placoteux au téléphone. Il appelle un marchand, un autre, puis un autre. Il fait des montages avec des extraits de conversations téléphoniques. Si c'est ça du journalisme, lui il devrait être congédié!», a tonné le principal intéressé.

Yves Duhaime s'explique mal pourquoi, à ce moment-ci, il se retrouve au coeur d'une telle controverse. Il n'hésite toutefois pas à avancer la thèse de la diversion.

Il a démontré, factures à l'appui, que le mandat qu'il a rempli pour les marchands Métro s'est étendu sur sept mois, de novembre 2000 à mai 2001.

Yves Duhaime affirme avoir hésité avant d'entreprendre des recours en diffamation contre le journaliste et le quotidien qui l'emploie. «Hier (jeudi), j'ai pris conseil, j'ai réfléchi et je me suis dit: peut-être que ça va se calmer. Mais ce matin (vendredi), c'est autre chose.»

L'ex-député de Saint-Maurice a indiqué qu'il avait parlé au journaliste Denis Lessard à quelques reprises et qu'il a refusé de répondre à ses questions. «J'ai souvent dit au téléphone à Denis Lessard que les questions qu'il me posait, ce n'était pas de ses affaires. Les relations qui existent entre un regroupement de marchands du domaine privé et une entreprise comme la mienne, qui donne du conseil stratégique et financier, ne sont pas d'intérêt public», explique-t-il.

Vendredi matin, la parution dans les pages de La Presse d'un éditorial d'André Pratte sur le sujet aura été la goutte qui aura fait déborder le vase. «J'en ai eu jusqu'aux oreilles. Les instructions ont été données. Une poursuite en diffamation va être intentée contre Denis Lessard, journaliste à La Presse, et contre le quotidien La Presse, assure Me Duhaime.

Mulclair

Yves Duhaime n'a pas digéré non plus les propos tenus mardi soir par le député libéral de Chomedey, Thomas Mulcair, à la sortie d'une émission d'affaires publiques à TQS. Les deux hommes auraient eu une altercation verbale. Après qu'Yves Duhaime eut dit au député que «ses allégations frôlaient le libelle et qu'il devrait faire attention», Thomas Mulcair aurait répondu: «J'ai hâte de te voir en prison, vieille plotte.»

«Dire les mots qu'il a prononcés, dans un studio de télévision, devant une vingtaine de personnes, Ça va se payer. Je vous annonce officiellement que la semaine prochaine, les huissiers iront signifier une requête en diffamation contre le député libéral de Chomedey, Thomas J. Mulcair», a fait savoir Yves Duhaime.

Celui-ci n'a pas hésité à parler de M. Mulcair en l'appelant le «député polisson, mal élevé comme ma mère dirait. Et qui au surplus est un parfait imbécile.»

Yves Duhaime s'explique mal pourquoi, à ce moment-ci, il se retrouve au coeur d'une telle controverse. Il n'hésite toutefois pas à avancer la thèse de la diversion.

«Il y a actuellement un débat à la Chambre des Communes où on parle de centaines de millions de dollars dépensés dans des commandites, des dizaines de millions versés à des firmes, à des agences pour faire la promotion du Canada au Québec. Et ça brasse. Est-ce qu'il se pourrait que quelqu'un, quelque part, ait décidé qu'il était temps de faire une diversion?», s'interroge l'ex-ministre sous René Lévesque.