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«« LES AFFAIRES - Yves Duhaime «Je voudrais vous dire que ce qui se passe aujourd'hui, dans le quotidien
La Presse en particulier et les écrits d'un journaliste entre guillemets
vedette, en première page, dépasse l'entendement», a mentionné l'ex-ministre
lors d'un point de presse tenu en début d'après-midi, vendredi, à Shawinigan.
Après avoir expliqué sa version des faits quant à la façon dont il s'est
retrouvé conseiller stratégique pour le Regroupement des marchands actionnaires
de Métro, à la fin de 2000 et au début de 2001, Yves Duhaime a indiqué que ses
avocats travaillaient déjà sur les recours qu'il entend intenter. Des requêtes
en diffamation seront signifiées au cours de la semaine prochaine au journaliste
Denis Lessard et au quotidien La Presse.
«Qu'est-ce qui pousse Denis Lessard à raconter des mensonges en première page
de La Presse Je vais dire comme René Lévesque dirait: c'est une belle
écoeuranterie, si vous voulez mon avis.»
Furieux, Yves Duhaime a qualifié de mensonges les faits rapportés dans La
Presse au cours des derniers jours. Le journaliste évoquait principalement
le fait que l'ex-ministre aurait reçu 187 500 $ en deux mois seulement, en
agissant comme lobbyiste pour le compte du Regroupement des marchands
actionnaires Métro.
«Quand on lit les papiers de Denis Lessard, c'est un mensonge éhonté et un
traficotage de placoteux au téléphone. Il appelle un marchand, un autre, puis un
autre. Il fait des montages avec des extraits de conversations téléphoniques. Si
c'est ça du journalisme, lui il devrait être congédié!», a tonné le principal
intéressé.
Il a démontré, factures à l'appui, que le mandat qu'il a rempli pour les
marchands Métro s'est étendu sur sept mois, de novembre 2000 à mai 2001.
Yves Duhaime affirme avoir hésité avant d'entreprendre des recours en
diffamation contre le journaliste et le quotidien qui l'emploie. «Hier (jeudi),
j'ai pris conseil, j'ai réfléchi et je me suis dit: peut-être que ça va se
calmer. Mais ce matin (vendredi), c'est autre chose.»
L'ex-député de Saint-Maurice a indiqué qu'il avait parlé au journaliste Denis
Lessard à quelques reprises et qu'il a refusé de répondre à ses questions. «J'ai
souvent dit au téléphone à Denis Lessard que les questions qu'il me posait, ce
n'était pas de ses affaires. Les relations qui existent entre un regroupement de
marchands du domaine privé et une entreprise comme la mienne, qui donne du
conseil stratégique et financier, ne sont pas d'intérêt public», explique-t-il.
Vendredi matin, la parution dans les pages de La Presse d'un éditorial
d'André Pratte sur le sujet aura été la goutte qui aura fait déborder le vase.
«J'en ai eu jusqu'aux oreilles. Les instructions ont été données. Une poursuite
en diffamation va être intentée contre Denis Lessard, journaliste à La
Presse, et contre le quotidien La Presse, assure Me Duhaime.
Mulclair
Yves Duhaime n'a pas digéré non plus les propos tenus mardi soir par le
député libéral de Chomedey, Thomas Mulcair, à la sortie d'une émission
d'affaires publiques à TQS. Les deux hommes auraient eu une altercation verbale.
Après qu'Yves Duhaime eut dit au député que «ses allégations frôlaient le
libelle et qu'il devrait faire attention», Thomas Mulcair aurait répondu: «J'ai
hâte de te voir en prison, vieille plotte.»
«Dire les mots qu'il a prononcés, dans un studio de télévision, devant une
vingtaine de personnes, Ça va se payer. Je vous annonce officiellement que la
semaine prochaine, les huissiers iront signifier une requête en diffamation
contre le député libéral de Chomedey, Thomas J. Mulcair», a fait savoir Yves
Duhaime.
Celui-ci n'a pas hésité à parler de M. Mulcair en l'appelant le «député
polisson, mal élevé comme ma mère dirait. Et qui au surplus est un parfait
imbécile.»
Yves Duhaime s'explique mal pourquoi, à ce moment-ci, il se retrouve au coeur
d'une telle controverse. Il n'hésite toutefois pas à avancer la thèse de la
diversion.
«Il y a actuellement un débat à la Chambre des Communes où on parle de
centaines de millions de dollars dépensés dans des commandites, des dizaines de
millions versés à des firmes, à des agences pour faire la promotion du Canada au
Québec. Et ça brasse. Est-ce qu'il se pourrait que quelqu'un, quelque part, ait
décidé qu'il était temps de faire une diversion?», s'interroge l'ex-ministre
sous René Lévesque. |