|
«« LES AFFAIRES - Yves Duhaime
Des échanges de gros mots rebondissent à
l'Assemblée nationale L'avocat Yves Duhaime et le député Thomas Mulcair auraient échangé
des obscénités sur un plateau de télévision de Montréal.
Norman Delisle Presse Canadienne jeudi 23 mai 2002
L'avocat Yves Duhaime et le
député libéral Thomas Mulcair en sont venus aux gros mots, mardi soir, après
avoir débattu d'une affaire de lobbying dans un studio de télévision.
Le député libéral de Chomedey aurait lancé à
l'ex-ministre péquiste: «J'ai hâte de te voir en prison, vieille
plotte!», selon le témoignage de Jean Lapierre, qui était l'animateur de
l'émission télévisée mettant les deux adversaires face-à-face à TQS.
L'incident s'est produit hors de la présence des caméras, à la sortie du
studio, mais a rebondi jeudi à l'Assemblée nationale.
M. Mulcair a
reconnu avoir tenu des propos «pas très édifiants». «Avec mon caractère
irlandais, j'ai eu une réplique pas très édifiante», a-t-il admis. Mais l'avocat
Duhaime l'avait verbalement menacé, en des termes qu'il n'a pas voulu préciser.
«Ces menaces m'ont choqué et j'ai réagi comme quelqu'un (qui était) choqué», a
dit le député libéral.
Ce dernier ne veut pas que ce qu'il considère
comme une «diversion» serve à cacher le reste de l'affaire, soit «quelque chose
que le Code criminel décrit de trafic d'influence», selon ses termes.
M.
Mulcair a soutenu que l'avocat Duhaime, ex-ministre péquiste, aurait reçu 180
000 $ d'une entreprise privée pour exercer du lobbying auprès du premier
ministre Bernard Landry dont il se dit «un ami intime».
Mais le leader
du gouvernement, le ministre André Boisclair, a répliqué que le député Mulcair
«n'a plus de crédibilité» suite à ses propos «disgracieux».
Après avoir
déposé à l'Assemblée nationale la transcription des propos du député Mulcair tel
que rapporté par Jean Lapierre, le ministre Boisclair a demandé aux députés
libéraux, particulièrement aux femmes élues sous la bannière libérale, de
«dénoncer» ces propos, de s'en dissocier.
Les échanges à l'Assemblée nationale ont
rapidement tourné au vinaigre. À la demande de la présidente Louise Harel, le
député Mulcair a dû retirer les propos qu'il a lancé à l'endroit du premier
ministre Bernard Landry qu'il accusait de «récompenser les amis du régime».
Par ailleurs, le ministre André Boisclair a été forcé de retirer de son
côté des propos rappelant que le député Mulcair a dans le passé ««été condamné à
deux reprises par des juges».
Aucun membre du gouvernement n'a voulu
répondre aux questions du M. Mulcair sur le présumé «trafic d'influence»
impliquant les «amis du premier ministre».
«Nous n'accordons aucune
crédibilité aux propos du député de Chomedey et nous maintiendrons cette ligne
de conduite tant et aussi longtemps que le caucus libéral n'aura pas dénoncé les
propos odieux tenus par le député de Chomedey», a expliqué le ministre
Boisclair.
Quant au député Mulcair, il a répliqué que dans ce dossier,
M. Duhaime avait facturé 180 000 $ «pour du travail de lobbying. Cela ressemble
à quelque chose que le Code criminel qualifie de trafic d'influence. On a besoin
d'une enquête».
Des dizaines de citoyens incrédules, massés dans les
tribunes de l'Assemblée nationale, ont suivi avec stupéfaction cette guerre
d'insultes et d'invectives entre députés.
Le libéral Mulcair admet avoir tenu des propos « pas très édifiants » à l'endroit de Duhaime
Louis Tanguay
Le Soleil Le vendredi 24 mai 2002
« J'ai eu une réplique virulente, pas très édifiante, que je n'ai pas l'intention de partager avec vous », a déclaré M. Mulcair.
Le député libéral Thomas Mulcair a admis hier avoir tenu en privé des propos « pas très édifiants » à l'endroit de l'ex-ministre Yves Duhaime, à leur sortie d'un débat télévisé mardi soir.
M. Mulcair et le leader de l'opposition officielle, Pierre Paradis, ont tenté pendant la majeure partie de la période des questions en Chambre hier de forcer la vice-première ministre, Pauline Marois, à commenter une déclaration de M. Duhaime concernant les 180 000 $ qu'il aurait reçus comme lobbyiste pour le compte du groupe Métro-Richelieu.
Ce dernier, aurait dit à un quotidien de Montréal qu'il est « un ami intime du premier ministre du Québec. (...) C'est pour ça, d'ailleurs que des gens viennent me voir. »
Mais c'est le leader du gouvernement, André Boisclair, qui leur a répondu en déposant une copie d'une transcription des propos de l'animateur du débat de mardi, Jean Lapierre, entendus hier matin sur les ondes d'une station de radio montréalaise.
Selon ce relevé, que le gouvernement a aussi fait circuler chez les journalistes, l'animateur a rapporté avoir entendu Thomas Mulcair invectiver M. Duhaime en disant : « J'ai hâte de te voir en prison vieille ‘‘ plotte'' ! »
En Chambre, M. Mulcair a affirmé qu'il n'avait aucune intention de parler des propos de M. Lapierre, refusant de se laisser ainsi distraire du véritable enjeu du débat.
Mais, pressé de questions à sa sortie de l'Assemblée nationale, le député de Chomedey a admis qu'une partie des propos rapportés par Jean Lapierre était vraie (il a refusé de préciser laquelle), mais l'autre pas.
Il a expliqué qu'il s'était mis en colère à la suite d'injures et de menaces qu'Yves Duhaime aurait lui-même proférées à son endroit. Les menaces en question auraient été « au-dessus de simples menaces de poursuites », selon les termes du député.
« J'ai eu une réplique virulente, pas très édifiante, que je n'ai pas l'intention de partager avec vous », a déclaré M. Mulcair.
Il a ajouté que le fait qu'il se soit senti obligé de faire le point avec les médias indique que la tentative de diversion du gouvernement a fonctionné jusqu'à un certain point.
Mais il préfère laisser de côté cette conversation privée pour revenir à la substance du dossier dans lequel il a ajouté hier pour la première fois, mais en anglais seulement, le terme « corruption gouvernementale » à celui de trafic d'influence.
|