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L'Opposition n'est pas impressionnée par le départ de Gagliano

SRC 16.1.02



Le départ du cabinet d'Alfonso Gagliano, visé par des allégations d'ingérence et de favoritisme, n'aura pas impressionné les partis d'opposition. La chef néo-démocrate, Alexa McDonough, a déclaré qu'il y avait quelque chose de pourri au royaume du Danemark.

Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a prévenu le premier ministre Chrétien que l'exil de M. Gagliano ne réglait rien, «s'il part, il y a sûrement des raisons. Si le premier ministre pense qu'on va oublier ses problèmes avec son départ, il se trompe. Il est nécessaire de faire toute la lumière sur cette situation».

Selon le chef du parti conservateur, Joe Clark, le remaniement ministériel ne change pas le gouvernement, «c'est un gouvernement qui essaie de cacher des traces».

Quant au candidat à la direction de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, il a déclaré que le départ du cabinet de M. Gagliano ne réglait pas le problème d'intégrité du gouvernement, «nous avons des problèmes avec l'annonce. Il nous apparaît qu'il a fait des erreurs et nous avons demandé au premier ministre de faire une enquête. Il n'y a pas d'enquête. Qu'est-ce qu'on va faire? On va l'envoyer dans un autre pays. Ce n'est pas une démonstration d'intégrité».

Jean Chrétien explique le départ de M. Gagliano

Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, a expliqué, en conférence de presse, à la suite de son remaniement ministériel, les raisons pour lesquelles Alfonso Gagliano ne faisait plus partie du cabinet. «Il avait discuté avec moi de son désir de quitter la vie politique au mois d'août ou au mois de septembre, a déclaré M. Chrétien. C'était plus ou moins prévu pour l'été prochain. Et comme je procédais à un remaniement ministériel maintenant, je lui ai dit que j'allais faire un remaniement ministériel majeur et lui ai demandé s'il était toujours prêt à procéder avec son intention déclarée de l'été passé. Il m'a dit oui», a poursuivi le premier ministre. M. Chrétien a précisé que si le remaniement avait été mineur, M. Gagliano serait toujours au cabinet. M. Gagliano avait d'ailleurs déclaré la semaine dernière qu'il serait à la Chambres des communes le 28 janvier lors de la reprise des travaux.

M. Gagliano deviendra donc ambassadeur du Canada au Danemark. Selon M. Chrétien, M. Gagliano lui avait déjà demandé de servir le Canada à l'étranger. Quant au ministère des Travaux publics, il est maintenant scindé en deux. M. Don Boudria devient le nouveau ministre mais la responsabilité des sociétés de la Couronne lui échappe. C'est John Manley, le nouveau vice-premier ministre, qui devient responsable des Infrastructures et des Sociétés d'État. Selon M. Chrétien, la responsabilité du ministère des Travaux publics est «trop compliquée, importante et difficile à gérer».

Rappelons que l'ancien ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, était accusé par l'ancien président du conseil d'administration de la Société immobilière du Canada, Jon Grant, d'être intervenu dans les activités de la Société immobilière du Canada. M. Gagliano, qui a dû répondre à des allégations de favoritisme et d'ingérence, s'est défendu en disant qu'il avait respecté toutes les règles auxquelles un ministre responsable d'une société de la Couronne doit se soumettre. Il s'est dit surpris des allégations de Jon Grant et il ne comprend pas que l'ancien dirigeant de la Société immobilière n'ait pas communiqué avec lui à l'époque pour régler l'affaire. M. Gagliano a aussi nié qu'il ait ordonné à M. Grant d'embaucher un ami, Tony Mignacca. Il lui aurait tout au plus, dit-il, proposé sa candidature.

L'ancien ministre avait aussi réfuté les allégations d'ingérence dans la vente de terrains par la Société immobilière du Canada, à Saint-Hubert et au centre-ville de Montréal. Alfonso Gagliano dit n'avoir cherché qu'à obtenir des réponses à des questions qui lui avaient été posées par des contribuables, ce qu'il considérait faire partie de ses fonctions.