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Les Danois vexés de se retrouver avec Alfonso Gagliano

PC-LP Le samedi 19 janvier 2002


Avant même d’arriver au Danemark, l’ancien ministre fédéral Alfonso Gagliano soulève la controverse.

Alfonso Gagliano a déjà commencé à soulever la controverse au Danemark, et ce, avant même d'avoir posé le pied à Copenhague.

«Le Canada affecte un ministre congédié au Danemark», titrait en effet le respecté quotidien Berlingske Tidende, citant aussi certains reportages canadiens qui faisaient état de la préférence avouée de M. Gagliano pour l'ambassade canadienne au Vatican.

Dans d'autres journaux, M. Gagliano est présenté comme le «démis», le «ministre remercié». «Au lieu d'être renvoyé chez lui, il est envoyé au Danemark», s'indigne-t-on. Son nouvel emploi, analyse le Ekstra Bladet, doit donc être compris comme «un poste insignifiant».

Copenhague est, de fait, un problème pour la diplomatie canadienne. Le poste qu'occupera M. Gagliano -une fois qu'il aura complété sa formation linguistique de base obligatoire, et le Danois est réputé pour sa complexité- est en effet vacant depuis juillet dernier, moment où l'ambassadrice Mary Simon l'a abandonné.

De plus, M. Chrétien a passé outre à une règle non écrite de la diplomatie internationale en annonçant, à Ottawa, l'affectation de M. Gagliano avant d'en avoir préalablement informé les autorités danoises.

Le nom des ambassadeurs sont habituellement soumis au préalable aux pays hôtes avant d'être rendus publics, afin de s'assurer que personne n'ait d'objections et, du coup, éviter toute controverse sur la place publique.

Dans le cas de M. Gagliano, les Danois ont été placés devant un fait accompli -qu'ils soient ou non à l'aise avec l'affectation d'un ministre dont le nom est entaché de scandales.

Ainsi, questionné sur l'affectation de M. Gagliano, un responsable danois a tout de suite corrigé: «vous voulez dire la nomination». L'ancien ministre fédéral aura donc fort à faire pour redorer le blason canadien à Copenhague.

Ceci dit, parenté nordique ou pas, le Canada demeure un pays quasi-inconnu pour les Danois. «On ne sait pas grand-chose sur le Canada, admet Henrik Englebrecht, directeur du Théâtre royal de Copenhague. Nous savons que c'est très grand. Une partie de la population parle français. Mais qui est le premier ministre? Je n'en ai pas la moindre idée.»

En fait, si les Danois savent quelque chose sur le Canada, ils l'ont probablement appris en regardant South Park, un dessin animé américain qui fait férocement flèche de tout bois sur le dos du Canada et de ses habitants.

Les Danois adorent South Park, indique M. Englebrecht: «Cette émission apporte quelque chose au Canada. Mais je ne suis pas certain que ce soit pour le mieux.»