|
«« Gagliano
L'opposition veut encore lumière sur l'affaire Gagliano Isabelle Ducas PC
Le mercredi 13 février 2002
Le Bloc québécois et l'Alliance canadienne reviennent à la charge pour demander la comparution de l'ex-ministre Alfonso Gagliano devant un comité parlementaire, pour qu'il s'explique sur les nouvelles allégations de trafic d'influence qui pèsent contre lui.
«C'est notre travail de faire la lumière et de poser les questions qu'il faut», a affirmé mercredi le député bloquiste Ghislain Lebel, qui dit s'inquiéter de voir jour après jour les allégations s'accumuler à l'endroit de M. Gagliano, alors que celui-ci est sur le point d'entrer en poste comme ambassadeur du Canada au Danemark.
L'Alliance canadienne, de son côté, soutient que l'ancien ministre des Travaux publics a menti à la Chambre des communes en affirmant, l'automne dernier, qu'il n'avait jamais fait de pressions pour faire embaucher des amis par des sociétés de la Couronne qui se trouvaient sous sa juridiction.
«Les dernières révélations montrent que, non seulement il interférait dans le processus d'embauche, mais également qu'il était très actif à ce sujet», dénonce le député allianciste Peter Goldring.
Stockwell Day, candidat à la direction de l'Alliance et ancien chef du parti, a appuyé la demande de son collègue pour voir M. Gagliano s'expliquer en comité parlementaire.
Alfonso Gagliano s'est trouvé à nouveau au centre d'une controverse avec le dépôt en Cour supérieure, mardi, d'une lettre l'accusant d'avoir exercé des pressions sur une société d'État pour faire des embauches et accorder des contrats.
La missive, datée du 22 octobre 1998 et écrite par l'ancien vice-président de la Société immobilière du Canada (SIC), Michel Couillard, donne une liste de noms de professionnels et de consultants dont le ministre Gagliano avait «suggéré» l'embauche par la SIC.
La lettre de Michel Couillard, adressée à son patron, le p.-d.g. de la SIC, Erhard Buccholz, parlait notamment de pressions pour l'embauche de Tony Mignacca, un ami de M. Gagliano, de Me Tomasso Nanci, de la firme Guy et Gilber, de la firme T.E.Q. Construction, appartenant à Emmanuel Triassi, et de la firme d'ingénierie Pageau Morel, où travaille le gendre de l'ancien ministre.
La SIC affirme cependant n'avoir trouvé aucune trace de ce document dans ses dossiers. «J'ai parlé ce matin (mercredi) à M. Buccholz, qui est à la retraite en Floride, et il a dit qu'il n'avait jamais vu cette lettre», a indiqué Gordon McIvor, porte-parole de la société.
Il y a quelques semaines, Jon Grant, ancien président du conseil d'administration de la SIC, avait aussi fait état de pressions pour l'embauche d'amis du ministre.
Peu de temps après, Alfonso Gagliano a été écarté du cabinet fédéral. Le premier ministre Jean Chrétien lui a offert de devenir ambassadeur au Danemark.
Ghislain Lebel avait demandé que Jon Grant et Alfonso Gagliano comparaissent devant un comité parlementaire, pour éclaircir toute cette histoire. Mais les députés libéraux, majoritaires au comité, ont refusé.
«Maintenant, il y a des inquiétudes qui se confirment, dit M. Lebel. Ce sont des coïncidences étranges.»
Le député souligne que, puisque Alfonso Gagliano se prépare à devenir le représentant du Canada à l'étranger, il doit dissiper tous les doutes au sujet de son intégrité.
«Si c'est quelqu'un qui laisse dans son sillage autant de controverse, les gens du Danemark vont s'inquiéter, dit M. Lebel. On devrait l'envoyer là-bas blanc comme neige.'
Le Danemark n'a pas encore officiellement donné son accord à la nomination de M. Gagliano. Selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Carl Schwenger, ce retard n'est dû qu'à des questions de procédures.
Pendant ce temps, Alfonso Gagliano reçoit son salaire d'ambassadeur et se prépare à ses nouvelles fonctions, dans les bureaux du ministère à Ottawa. Il refuse de répondre aux questions des médias sur les allégations portées contre lui, indique M. Schwenger.
|