«« Gagliano

Le Danemark ne règle rien

André Pratte
La Presse
Le jeudi 14 février 2002



Lorsqu'un ancien dirigeant de la Société immobilière du Canada a accusé Alfonso Gagliano de l'avoir poussé à engager un de ses organisateurs, le ministre a répondu qu'il avait seulement fait une suggestion.

Voici qu'une lettre troublante, signée par un cadre congédié de la SIC, vient contredire cette explication. Selon M. Michel Couillard, la pression venant du ministre et de son chef de cabinet fut «intense» pour que la société embauche Tony Mignacca au salaire de 70000$.

La lettre accuse aussi M. Gagliano et son entourage d'avoir insisté auprès de la SIC pour qu'elle accorde des contrats à des ingénieurs, des architectes et des entrepreneurs proches du ministre.

Ces allégations sont graves. Rien ne prouve qu'elles soient vraies - M. Couillard a été reconnu coupable d'abus de confiance, et se sert de cette lettre dans l'espoir d'obtenir l'absolution - mais elles s'ajoutent à un dossier déjà lourd.

M. Gagliano a beau avoir été envoyé au Danemark, le besoin d'une enquête est plus grand que jamais. Le premier ministre Chrétien doit en convenir. C'est l'intégrité de son gouvernement qui est en cause.