|
«« Gagliano
Chrétien ne doute pas des qualités de diplomate de Gagliano
Joël-Denis Bellavance
La Presse Le mercredi 20 février 2002
Faisant peu de cas de la décision unanime d'un comité des Communes de convoquer Alfonso Gagliano à venir témoigner, Jean Chrétien maintient que son ancien ministre des Travaux publics a toutes les compétences pour représenter le Canada à titre d'ambassadeur au royaume du Danemark.
Le premier ministre a soutenu que le comité des Affaires étrangères ne peut bloquer la nomination de M. Gagliano, qui a été écarté du cabinet le mois dernier après que de nouvelles allégations de favoritisme et d'ingérence eurent été formulées contre lui par Jon Grant, l'ancien président du conseil d'administration de la Société immobilière du Canada.
«Non. Il l'interviewe, mais il est nommé. C'est un homme extrêmement compétent qui a eu une grande carrière au Parlement. Ce n'est pas parce qu'on a été député qu'on ne peut pas être un très bon diplomate. Au contraire», a déclaré M. Chrétien.
«Je l'ai nommé ambassadeur. C'est un homme compétent qui a très bien fait son travail», a ajouté M. Chrétien, visiblement irrité que cette question le hante toujours plus d'un mois après avoir remanié son cabinet en profondeur.
Mardi, la député bloquiste Francine Lalonde a déposé une résolution lors de la réunion du comité des Affaires étrangères afin de convoquer M. Gagliano à comparaître pour expliquer ses compétences d'ambassadeur avant d'entamer ses nouvelles fonctions au Danemark.
Tous les députés qui siègent au comité, y compris les libéraux, ont voté en faveur de cette résolution. Mme Lalonde a fait valoir que les allégations de favoritisme contre M. Gagliano portent atteinte à son intégrité, qu'elles risquent de lui nuire dans son travail d'ambassadeur et de nuire à l'image du Canada.
Les députés ne pourront interroger l'ancien ministre au sujet des allégations le 12 avril. Leurs questions devront porter, en principe, sur ses compétences pour occuper un poste d'ambassadeur. M. Chrétien a rappelé qu'un ancien ministre, Sergio Marchi, avait aussi été appelé à témoigner devant un comité des Communes, ce qui ne l'a pas empêché d'être choisi, la semaine dernière, président des ambassadeurs à l'OIC.
|