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Alfonso Gagliano devra comparaître devant un comité parlementaire
PAR ISABELLE DUCAS - PC 20.2.2002
L'ancien ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, devra comparaître devant un comité parlementaire pour répondre à des questions au sujet de ses compétences, avant de débuter son mandat comme ambassadeur du Canada au Danemark.
La députée Francine Lalonde, du Bloc québécois, a obtenu l'accord des députés de tous les partis qui siègent au Comité des affaires étrangères et du commerce international, mardi, lorsqu'elle a proposé la comparution de l'ancien ministre.
Mme Lalonde estime que les allégations de trafic d'influence qui ont été portées contre M. Gagliano portent atteinte à son intégrité et qu'elles risquent de lui nuire dans son travail d'ambassadeur et, par conséquent, de nuire aussi au Canada.
"Je ne crois pas que M. Gagliano puisse dire qu'il est blanc comme neige, alors que ces allégations sont si fortes, a souligné Mme Lalonde, mardi. Il faudrait au moins qu'on fasse la lumière sur ces allégations, ou alors il les traînera avec lui, et ce n'est pas bon ni pour lui, ni pour le Canada."
La controverse autour d'Alfonso Gagliano a ressurgi la semaine dernière, avec le dépôt en Cour supérieure d'une lettre l'accusant d'avoir exercé des pressions sur une société d'Etat pour faire des embauches et accorder des contrats. Comme ministre des Travaux publics, M. Gagliano était responsable des sociétés d'Etat canadiennes.
La missive, datée du 22 octobre 1998 et écrite par l'ancien vice-président de la Société immobilière du Canada (SIC), Michel Couillard, donnait une liste de noms de professionnels et de consultants dont le ministre Gagliano avait "suggéré" l'embauche par la SIC.
Il y a quelques semaines, Jon Grant, ancien président du conseil d'administration de la SIC, avait aussi fait état de certaines de ces pressions pour l'embauche d'amis du ministre.
Peu de temps après cette révélation, Alfonso Gagliano a été écarté du cabinet fédéral. Le premier ministre Jean Chrétien lui a offert de devenir ambassadeur au Danemark.
Francine Lalonde rappelle que le Canada exige que son personnel diplomatique fasse preuve d'intégrité et qu'il ait une réputation sans tache. Elle se demande si M. Gagliano peut répondre à ces exigences de base.
La comparution de l'ancien ministre devant le comité ne permettra pas de le questionner sur toutes les allégations qui pèsent contre lui, mais seulement sur ses compétences pour occuper un poste d'ambassadeur.
Cependant, si sa comparution démontre qu'il n'a pas les qualités requises, une enquête plus approfondie pourrait devenir nécessaire, avance Mme Lalonde.
La présidente du Comité des affaires étrangères, la libérale Jean Augustine, a souligné que c'était une pratique courante de demander la comparution des futurs ambassadeurs, lorsqu'il s'agit de nominations politiques.
"Pour toute nomination politique, le comité peut demander de donner son approbation à l'expérience et à l'expertise de la personne pour faire ce travail", a-t-elle dit, indiquant que M. Gagliano comparaîtrait avant le 12 avril.
Le vice-premier ministre, John Manley, a rappelé qu'une telle procédure avait déjà été utilisée une dizaine de fois.
Le Comité des affaires étrangères a notamment déjà entendu Norman Spector, nommé ambassadeur en Israël, Jacques Roy, nommé ambassadeur en France, et Sergio Marchi, nommé ambassadeur auprès de l'Organisation mondiale du commerce.
Un autre député bloquiste, Ghislain Lebel, avait demandé, il y a quelques semaines, la comparution d'Alfonso Gagliano et de Jon Grant devant le Comité des transports et des opérations gouvernementales, pour éclaircir toute cette histoire. Les députés libéraux, majoritaires au comité, avaient refusé.
M. Lebel est revenu à la charge mardi, à la lumière des nouvelles allégations, mais il a essuyé la même rebuffade.
L'Alliance canadienne, de son côté, affirme que M. Gagliano a menti à la Chambre des communes lorsqu'il a dit, l'automne dernier, qu'il n'avait jamais fait de pressions pour faire embaucher des amis par des sociétés de la Couronne qui se trouvaient sous sa juridiction.
Le président de la chambre, Peter Milliken, a cependant décidé, lundi, qu'il n'y avait pas lieu de sévir à l'endroit de l'ex-ministre.
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