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«« Gagliano
Le Bloc accuse les libéraux de protéger un organisme ami
Isabelle Ducas
Presse Canadienne
Le vendredi 22 février 2002
Le Bloc québécois accuse le gouvernement fédéral de maintenir artificiellement en vie un organisme de développement économique, la Technobase Rive-Sud, dans le seul but de soutenir un ami du Parti libéral.
La Technobase est dirigée depuis avril 2001 par Clément Joly, qui était jusqu'à tout récemment président de la Commission des finances du Parti libéral pour le Québec. Or, depuis cette date, l'organisme n'a accordé d'aide financière à aucune nouvelle entreprise, bien qu'il ait un fond de 3 millions $ à sa disposition.
Et cette semaine, il a été décidé que cet argent serait géré par Développement économique Canada (DEC). Une étude de la firme Samson Bélair recommandait ce changement, sur la base des failles majeures relevées dans l'évaluation des projets soumis à la Technobase.
«Il n'y a plus d'argent à la Technobase, plus d'analyses qui sont faites, alors on se demande c'est quoi son but actuellement, a souligné la députée bloquiste Caroline Saint-Hilaire, vendredi. Actuellement, c'est géré par Clément Joly, qui est payé 300 $ de l'heure pour maintenir une coquille vide.'
Le nom de M. Joly se trouvait par ailleurs sur une liste déposée en cour la semaine dernière par Michel Couillard, un ancien dirigeant de la Société immobilière du Canada (SIC) qui affirme qu'Alfonso Gagliano, ex-ministre fédéral des Travaux publics, avait fait pression sur lui pour qu'il embauche certains de ses proches.
La SIC a des liens avec la Technobase, puisque l'organisme, créé en 1997, a pour mandat de développer les terrains de la base militaire de Saint-Hubert. Michel Couillard siégeait également au conseil d'administration de l'organisme jusqu'à tout récemment.
À la Chambre des communes, le secrétaire d'État responsable des agences de développement économique, Claude Drouin, a répondu vendredi que la Technobase, qui a permis de créer 600 emplois, ne recevrait bientôt plus de financement fédéral pour ses opérations.
«D'ici avril, on estime que la Technobase aura terminé son mandat, confirme Jack Noodelman, directeur régional de DEC pour la Montérégie.
L'organisme travaille actuellement sur certains dossiers, mais ils seront bientôt réglés de façon finale. Etant donné que le développement de nouveaux dossiers est entre les mains de DEC, il ne restera pas grand-chose à faire pour la Technobase.'
En plus de son fond d'aide aux entreprises, la Technobase recevait 350 000 $ par année du gouvernement pour ses frais de fonctionnement, un financement qui cessera le mois prochain, dit M. Noodelman.
Cependant, dans un rapport rédigé en janvier, Clément Joly soulignait que le gouvernement fédéral avait renouvelé le financement de l'organisme jusqu'en 2003.
La nouvelle porte-parole embauchée par la Technobase, Monique Letarte, a tenté de défendre le président-directeur général, qui est un associé de la firme comptable Raymond Chabot.
C'est à la demande de la firme Samson Bélair qu'il a pris la direction de la Technobase, alors que l'organisme se trouvait pris dans le tumulte de la fusion municipale sur la Rive-Sud de Montréal, dit Mme Letarte.
Elle reconnaît cependant qu'aucune entreprise n'a reçu de financement fédéral depuis près d'un an.
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