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Un autre proche d'Alfonso Gagliano aurait bénéficié d'un traitement de faveur

TVA- Canoe
23.2.2002



Le Devoir révèle ce matin que l'homme de confiance d'Alfonso Gagliano, Tommaso Nanci, a obtenu des contrats de la Ville de Montréal au moment même où la machine libérale, contrôlée par l'ancien ministre, s'apprêtait à se mettre au service de l'ancien maire Pierre Bourque pour l'élection municipale de l'an dernier.

Au cours de l'année précédant l'élection du 4 novembre, Me Nanci a travaillé à trois mandats confiés par le comité exécutif de la Ville. Pour chacun de ces mandats, les procédures habituelles d'octroi de contrat n'ont pas été suivies.

Au Parti libéral du Canada, Me Nanci est considéré comme un fidèle de M. Gagliano - même s'il n'apparaît pas officiellement dans les structures du parti.

Trois contrats lucratifs

Avant le printemps de 2000, Me Nanci n'a jamais obtenu de contrat de la Ville de Montréal. Le 5 juin de cette année-là, le cabinet du maire Bourque a toutefois autorisé qu'un mandat soit confié à cet avocat dans le cadre du dossier Matrec.

Normalement, pour recourir à des ressources professionnelles extérieures, il doit y avoir une justification écrite sur un formulaire officiel et faite par le service municipal. En général, on justifie l'embauche d'une personne extérieure par le fait qu'elle a l'expertise dans un domaine précis, que les services municipaux n'offrent pas. Dans le cas du premier mandat confié à Me Nanci, la recommandation est venue directement du chef de cabinet du maire, Serge Gosselin, un ancient conseiller du ministre Stéphane Dion, qui n'était en poste que depuis quelques semaines.

Pour ce mandat, l'avocat a reçu un montant de 28 756,25 $, auquel s'ajoutera un autre montant de plus de 8000 $ six mois plus tard.

Un autre dossier, celui de la vente de la Ronde a été confié à la firme Borden, Ladner, Gervais, l'étude d'avocats pour laquelle travaille Me Nanci, pour un montant de 300 000 $. Aucune résolution de l'éxécutif, ni demande émanant d'un service de la Ville n'ont été faites au cours de l'automne 2000 pour embaucher l'étude Borden, Ladner, Gervais.

Un troisième mandat a enfin été confié nommément à Me Nanci par le comité exécutif de Montréal en février 2001 pour représenter la Ville dans une poursuite de 1,4 million $ que lui a intentée un marché d'alimentation. Une dépense de 30 000 $ a alors été autorisée sans que ne soit invoqué d'expertise particulière pour confier ce dossier à l'avocat, contrairement à la pratique.

M. Nanci s'est refusé à tout commentaire.