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Faire un grand ménage
Murray Maltais
Le Droit Le mercredi 20 mars 2002
Éditorial - Beaucoup de Canadiens ne sont pas de bonne humeur. Ils viennent d'apprendre que leur gouvernement a payé deux fois pour un rapport qui lui suggère des façons d'être plus visible.
Cette affaire embarrasse au plus haut point le nouveau ministre des Travaux publics, Don Boudria. Le premier rapport date de 1998; il avait coûté 550 000 $ en deniers publics. L'autre, datant de l'année suivante, avait coûté 575 000 $. Or, à part une huitaine de pages, les deux rapports sont identiques.
La semaine dernière, le gouvernement ne savait comment expliquer son incapacité à trouver un seul exemplaire du rapport de 1998.
La firme montréalaise Groupaction, à qui les deux contrats ont été attribués, avait finalement pu le reconstituer. Les deux documents n'en forment qu'un seul, mais il y a bel et bien eu deux contrats et partant, deux paiements distincts.
Avant de conclure que des contrats bidons ont été attribués aux amis du régime (Groupaction est un important contributeur à la caisse électorale des libéraux), il faudra attendre la fin de l'enquête que vient de demander le ministre Boudria à la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser.
De lourdes allégations de favoritisme pèsent sur les pratiques du ministère dont M. Boudria vient d'hériter d'Alfonso Gagliano, écarté du cabinet lors du dernier remaniement.
Combien d'affaires similaires ont-elles eu lieu sous l'administration de Gagliano, dont la récente nomination comme ambassadeur au Danemark n'est pas la meilleure décision du gouvernement? Que va-t-on trouver dans les placards d'un ministère où l'assiette au beurre semblait tenir lieu de méthode de gestion?
Le gouvernement Chrétien commence à ressembler à celui de Brian Mulroney, quand il croulait sous les scandales et que les libéraux exigeaient des démissions, plus d'honnêteté et de transparence.
On se souviendra qu'à cet exercice, Don Boudria excellait en compagnie de Sheila Copps et de John Nunziata. Si M. Boudria a les mêmes convictions, il doit aujourd'hui faire un grand ménage et mettre en pratique ce qu'il prêchait.
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