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«« Enquête sur Frigon
Télé-Québec laisse tomber Groupaction
Hugo Dumas
La Presse Le jeudi 28 mars 2002
Télé-Québec ne renouvellera pas son contrat annuel de publicité de 1,3 million avec Groupaction, cette agence de pub montréalaise plongée dans la tourmente depuis quelques semaines.
«Ça n'a rien à voir avec la controverse actuelle, précise Claude Plante, directeur général des communications et du marketing de Télé-Québec. Nous avons pris cette décision avant que l'affaire éclate.»
Le contrat entre Groupaction et Télé-Québec, qui se chiffre à 1,3 million annuellement, expire le 30 juin. Les dirigeants de Groupaction ont appris hier, dans une lettre, qu'il ne sera pas reconduit.
Télé-Québec avait jusqu'au 1er avril pour signifier à Groupaction qu'elle rompait leur association.
La firme Groupaction s'occupe du placement média et de la création publicitaire pour Télé-Québec depuis 1997. La durée initiale du contrat était de trois ans, renouvelable ensuite chaque année, dit M. Plante. Cet hiver, la télévision publique québécoise a revu son programme de communication et de marketing et a convenu de ne plus faire affaire avec une agence de publicité pour ses campagnes. Cette restructuration a été approuvée par le conseil d'administration de Télé-Québec le 1er février. «Nous allons maintenant procéder à l'interne, comme le font plusieurs réseaux de télévision», soutient Claude Plante.
Télé-Québec ne refilera donc pas son compte à un concurrent de Groupaction. Le président de Groupaction, Jean Brault, n'était pas disponible pour commenter hier. Claude Plante soutient que les rapports avec Groupaction «ont toujours été strictement professionnels».
Deux autres clients de Groupaction, Via Rail et la division des produits récréatifs de Bombardier, ont dit hier rester fidèles à leur agence.
Série de coups durs
Le départ de Télé-Québec s'ajoute à une série de coups durs qui frappent Groupaction depuis quelques semaines. Tout d'abord, l'agence de pub américaine J. Walter Thompson (JWT), quatrième en importance au monde, remet en question son alliance stratégique avec Groupaction au Québec. Cette alliance procure à Groupaction des clients comme Kraft, Kellogg's et Tim Hortons.
Il y a aussi cette enquête de la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, qui porte sur trois rapports quasi identiques rédigés par Groupaction au sujet de la visibilité du Canada au Québec.
Coût total de ces trois rapports: 1 625 000 $.
Il y a finalement cette enquête d'un détective privé sur l'ancien patron de la Société des alcools du Québec (SAQ), Gaétan Frigon, à laquelle la firme Groupaction aurait été mêlée, a révélé le quotidien Le Devoir.
Entre 1997 et 2002, Groupaction a empoché pour 61,7 millions de contrats du gouvernement fédéral. Le ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux, Don Boudria, a cependant suspendu toute nouvelle attribution de contrats gouvernementaux à Groupaction tant que l'enquête de Sheila Fraser ne sera pas bouclée.
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