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Chronique du vendredi
octobre 1970
La boîte noire d'octobre 1970 ...tant que Télé-Québec persistera à faire dans la propagande éducative en faveur de la version canadian des faits
Sylvain Deschênes vendredi 4 octobre 2002
À la suite d'une longue formulation théorique alambiquée, une Néerlandaise, qui tentait de nous faire comprendre en français les postulats à poser pour l'étude des phénomènes de communication, avait fini avec cette troublante question: «Que se passe-t-il dans cette boîte noire?». Comme nous restions interdits devant son explication qui devait nous rejoindre à travers un très fort accent, elle répondit elle-même: «Ça, c'est le mystère de la boîte noire!»
Dans le monde des communications, les médias constituent la boîte noire par laquelle les informations transitent. Elles ne sont plus à la sortie ce qu'elles étaient à l'entrée. Elles ont été transformées par leur passage à travers la boîte. Le mystère évoqué était en fait une invitation à observer le fonctionnement de cette fameuse boîte.
Les réalisateurs de la série La Boîte noire; mémoires de la télévision, diffusée les mercredis à 20h à Télé-Québec cet automne, cherchent à nous entraîner sur une fausse piste en empruntant, à un événement français de l'Institut national de l'audiovisuel, le sous-titre de leur dernière oeuvre.
L'interprétation d'événements marquants à laquelle ils se livrent n'a rien à voir avec le simple dévoilement de vieilles bandes vidéos. Ainsi, la semaine dernière, quand j'ai revu ce fameux extrait d'entrevue de Trudeau que l'excellent film de l'Ontarien Robin Spry sur les événements d'Octobre avait immortalisé , j'ai été progressivement amené à mesurer l'énormité de l'entreprise. L'ignoble «Just watch me» de celui qui suspendait les libertés civiles s'élevait peu à peu, dans la bouche des deux exégètes fédéralistes invités, en une admirable déclaration politique. Ce que le film de Spry proposait comme base de réflexion, Carl Leblanc et Luc Cyr voulaient en imposer une vision dangereusement biaisée. Notre télé nationale cautionnait ainsi le geste le plus anti-démocratique de notre histoire, le transformant en banal exercice du pouvoir tel qu'il doit être exercé.
Il faut dire que les auteurs de cette série sont des récidivistes de la révision historique fédéraliste. Dans la foulée de leur documentaire sur la mort de Pierre Laporte intitulé La Belle Province, ils affirmaient déjà que Trudeau n'était pas aussi enthousiaste à l'idée d'imposer les mesures de guerre que le laissait supposer le fameux «Just watch me» et que Bourassa était le plus machiavélique des deux politiciens. Dans la même veine, ils insistaient pour rappeler à ces ignorants de Québécois que ce n'était pas l'armée qui faisait les perquisitions arbitraires mais la police provinciale. Le même genre de justifications auxquelles on a recours dans ces dictatures où des milices s'occupent des opposants les plus dérangeants pendant que l'armée protège les institutions véreuses. Dans cet article de la circulaire culturelle Voir, ils poussaient même un peu trop fort leur désir de montrer qu'ils avaient eu accès à des archives inédites. Les felquistes impliqués leur ayant refusé toute entrevue, ils y font mention d'une conversation entre Jacques Rose et son avocat qui aurait été enregistrée et que deux sources différentes leur auraient résumée. Qui donc peut résumer une conversation entre un inculpé et son avocat alors qu'ils sont en prison?
La conclusion de cet article illustre la pensée réactionnaire qui anime beaucoup de nos médias pseudo progressistes.
"La Belle Province est sans aucun doute un document à voir, à revoir, à conserver et à discuter. Étant donné la richesse des archives, on pourrait également le présenter dans les écoles plutôt que de montrer Octobre aux élèves du secondaire. Le film de Pierre Falardeau est une belle fiction qui a sans doute sa place dans les cours de cinéma, pas dans les cours d'histoire."
Il y a effectivement toutes sortes d'archives accessibles aux fervents fédéralistes de l'information, mais il leur manque l'essentiel: le point de vue des principaux acteurs! Le film de Falardeau était justement basé sur le témoignage de Francis Simard. Les archives audiovisuelles auxquelles Falardeau a eu recours, à même la trame de sa fiction, illustraient fort bien ce que nous devinions tous; c'est le courant de sympathie pour les felquistes dans la population qui faisait craindre le pire aux autorités. C'est à la suite de quelques manifestations d'appui qu'on a mis en application les mesures infâmes qu'on avait préparées pour mâter le Québec.
Dans un article du mois d'août dernier intitulé Dans les laboratoires du mensonge au Venezuela, le Monde diplomatique explique comment les puissants médias privés de ce pays ont participé activement au coup d'État dont a été victime, le 11 avril 2002, un président trop populiste aux yeux des autorités américaines. Appuyé par une véritable télévision nationale et de larges segments de la population dont la voix était relayée par des médias communautaires, le président Chavez a pu reprendre le pouvoir. Il est évident que nous ne pourrons compter sur de tels appuis advenant une tentative de déstablilisation tant que Télé-Québec persistera à faire dans la propagande éducative en faveur de la version canadian des faits.
Sylvain Deschênes
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- Andrée Ferretti a très bien résumé comment notre histoire est régulièrement ponctuée de ces actes de guerre contre le peuple québécois dans
"De Londres à Ottawa, le terrorisme d’État dans l’histoire du Québec" Andrée Ferretti, l'Action nationale, octobre 2000.
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CINQUIÈME COLONNE À LA « UNE » " Dans les laboratoires du mensonge au Venezuela"
MAURICE LEMOINE, le Monde diplomatique AOÛT 2002 - Jamais, dans l'histoire de l'Amérique latine, la participation des moyens d'information à un coup d'Etat n'avait été aussi directe. Disposant de 95 % des fréquences radio et TV, exerçant un quasi-monopole sur la presse écrite, ces « médias de haine » ont joué, au Venezuela, un rôle majeur dans la préparation et l'exécution de la tentative de renversement du président légitime, M. Hugo Chávez, le 11 avril 2002. Dans un pays où le climat conflictuel peut déboucher sur une guerre civile, ces médias de propagande encouragent ouvertement les secteurs putschistes à obtenir, y compris au moyen d'un nouveau coup de force, le renversement du président démocratiquement élu.
- Le milieu universitaire et la crise d'Octobre
Éric Bédard publie son mémoire de maîtrise Éric Bédard - "Nous endossons le manifeste du FLQ et poursuivons les mêmes objectifs que lui [...]. Nous voulons que le gouvernement cède aux exigences du FLQ et libère les 23 prisonniers politiques [...]. Nous croyons que notre rôle est d'informer la population en vue d'établir la solidarité avec les patriotes du FLQ."
Cette position officielle des étudiants en lettres et sciences sociales de l'Université de Montréal, citée dans le journal Forum du 19 octobre 1970, quatre jours après son adoption, laisse songeur.
[...] "Ce qui nous est montré, écrit René Durocher, c'est le visage de la répression, qui atteint un sommet avec l'infâme Loi des mesures de guerre. La démocratie canadienne a pris un dur coup ce jour-là."
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