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Chronique du mardi
Le roi des ogres et le roi des trolls
Benoît St-Denis 17.12.2002
La 30, le gaz naturel dans le fleuve, les réactions au petit drapeau du Québec des jeux du Commonwealth, les croisades d’Alliance Québec, tous ces événements et combien encore, plus ridicules les uns que les autres, sont résumés par deux questions/réponses du sondage qui demande aux Québécois de quelle manière ils songent à régler les problèmes du système de santé :
1) Appuieriez-vous ou non un parti politique qui ferait du respect des compétences et des pouvoirs du Québec en matière de santé l’atout majeur de sa campagne électorale ? Oui -> 61%
2) Sachant que la santé est de compétence provinciale, si le gouvernement du Québec jugeait inacceptables les conditions imposées par le gouvernement fédéral pour avoir accès à un budget additionnel dans la santé, selon vous, le gouvernement du Québec devrait-il… ? Accepter et permettre l’intervention du fédéral -> 62%
Gue… Si je creuse jusque l’autre côté de la terre, est-ce que j’arrive à l’envers ? On dirait que le fait d’avoir élu Lévesque et Trudeau en même temps, et la double défaite ainsi que tout le gaspillage des 20 dernières années, n’ont pas changé d’un poil la volonté des Québécois : pourquoi faire aujourd’hui ce qu’on peut faire demain ? De plus, le "spin-off" adéquiste, qui rassemble sous son chapiteau la droite, les mous et les je-m’en-fout, et qui accapare plus du tiers de l’électorat québécois, n’indique-t-il pas ce qu’est notre culture politique profonde ?
Sommes-nous encore colonisés ? Sommes-nous super clairvoyants ? Constater que les Québécois tournent le dos et baissent l’échine devant une nation où ils envoient pourtant plus de la moitié de leurs taxes et impôts, est-ce un super truc full neurones ? Ou est-ce tout simplement être pissous ?
Je n’ai pourtant pas l’impression que c’est la peur des représailles qui nous fait rester soumis. Le chroniqueur du Devoir, Michel David, rapportait que Stéphane Dion avait donné aux Canadians le truc par excellence pour faire diminuer l’attrait du mouvement souverainite : faites-les souffrir. À ce jeu-là, il me semble que nous sommes habitués, et même de bons comédiens.
Non, nous, on est plutôt cohérents dans notre, heu, continuité… À bien regarder le Canada, c’est plutôt eux qui sont en train de capoter. Des fois, je trouve que les traits de la "tragédie burlesque" de notre coexistence sont si gros, qu’il serait possible d’en tirer un conte pour enfants…
***
Il était une fois un ogre terrible qui se nommait Djionné. Ce matin-là, il enfila son pantalon et sa veste, tissés à partir des cheveux de petits enfants qu’il aimait dévorer. Il s’apprêtait à retourner dans la contré de l’est, là où les petits Kouébékouas qu’on trouvait étaient vraiment délicieux. Dans sa jeunesse, il pouvait en dévorer une grande quantité sans même avoir mal au ventre.
Djionné n’arrivait pas à rassasier sa faim sans fin. Il aimait surtout surprendre et manger tout cru, car lorsqu’il devait séduire, ou faire cuire, ça devenait franchement moins tendre, ce qui pouvait gâcher un bon repas. Malgré sa légendaire gourmandise, l’ogre avait toujours fait bien attention de ne pas épuiser sa précieuse réserve.
Il était devenu le roi des ogres bien des années auparavant, après qu’un grand sorcier, peut-être le plus grand à avoir jamais foulé le sol du Kianédâ, eut voulu enlever d’un coup le bon goût des Kouébékoua, et d’un fabuleux sortilège, qu’il eut tenté d’en recouvrir tout le pays, que l’on appelait aussi Debeste Conne Tréinne Deoueurle. L’ogre avait frémi de plaisir, car enfin, lui et ses semblables pourraient dévorer, et pour longtemps, de la chair fraîche au goût du Kouébék.
Mais les Kianédiânnes réagirent mal à l’ensorcellement. Contents mais surpris, ils restèrent presque tous immangeables. Quand le sort fut jeté, il arriva par la suite que plusieurs Kianédiânnes tournaient continuellement leurs regards vers les Kouébékouas, les jalousant et les accusant de toutes les mauvaises choses, tout en polissant leur propre image, sans prendre le temps d’essayer de comprendre ce qui leur arrivait. À la longue, le Kianédâ devint un endroit où presque plus personne ne pouvait se parler sans méchanceté.
L’ogre Djionné avait été entraîné par le grand Pette, le mage responsable de ce tour de magie. Il avait suivi toutes les manœuvres d’assez près pour comprendre que de ce chaos naîtrait son royaume. Un ogre n’est pas un mage, mais il tira si bien son épingle du jeu qu’il réussit à s’asseoir sur le trône. Et en ces temps-là, Djionné était assez vigoureux pour contenir sa propre bande d’affamés.
Le temps passa et il devint vieux, et les autres commencèrent à manger et à saccager à peu près tout ce qui se trouvait sur leur passage. Le roi des ogres annonça alors qu’il allait partir.
Mais il voulait finir en beauté.
***
De son côté, Bar Nord s’était occupé longtemps du troupeau avant de devenir chef des trolls, lorsqu’un jour son propre chef disparut, sans avertissement. Il n’était pas méchant, mais il savait être cruel à l’occasion. Poussés par son chef d’alors, lui et les autres trolls de sa bande avaient même déjà précipité un de ses meilleurs amis dans une crevasse très profonde, d’où il était ressorti vivant, mais amoché.
Il était très en colère contre le roi des ogres qui mangeait les petits de sa tribu depuis la nuit des temps. Mais les trolls n’étaient pas tous en colère, même parmi ceux qui, comme lui, en avaient assez.
En ces temps-là, il était difficile de bien comprendre les raisons qui empêchaient les trolls de se révolter. C’était l’un des grands mystères avec ces trolls : ils croyaient qu’ils étaient en vie parce qu’ils se faisaient manger, et qu’ils devaient se laisser manger pour rester en vie ! Si les petits n’avaient pas eu si bon goût, il y a longtemps que les troll de l’est auraient disparu, croyait-on.
L’un des premiers troll à dire aux autres qu’ils devaient arrêter de se faire manger le fit au même moment que le grand mage Pette réalisait son sortilège, qui tentait de transposer le goût des trolls de l’est partout dans le grand pays. Tout fut raté. Après, la méchanceté s’installa au pays, et lorsque les trolls de l’est voulurent faire reconnaître que c’était eux qui avaient le goût original, il était trop tard, tous les autres voulaient faire croire que tous les goûts étaient pareils, et plus personne, aurait-on dit, ne parla de la même chose au même moment.
À ce moment-là, un très grand nombre de trolls semblaient être prêts à mettre un terme aux dégustations de petits trolls par les ogres de l’ouest, mais le chef des trolls les trompa et s’écrasa. Le nouveau chef, plus décidé qu’aucun autre avant lui à en finir avec toute cette méchanceté, passa à un cheveux de réussir. Amer, il s’en alla, et fut remplacé par celui qui l’avait le plus aidé à faire comprendre aux trolls qu’ils devaient mettre fin aux carnages. Mais ce chef disparut sans laisser de trace peu de temps après l’histoire de la crevasse.
Le troll Bar Nord avait vécu tous ces événements de très, très près. Maintenant chef des trolls, il avait décidé d’en finir avec les ogres.
***
Que va faire le roi des ogres ?
Que va faire le roi des trolls ?
Vous avez votre idée de la suite ? stdenisb@globetrotter.net
À suivre…
Quel cauchemar !
24.12.2002
…suite de la semaine dernière
Bar Nord ne savait trop que faire. Il rêvait à tous les soirs qu’il arrivait au Kianédâ épuisé. Il avait marché d’un pas rapide pendant des jours et des jours pour tenter de surprendre le gros méchant ogre Djionné. Mais Djionné, qui avait vu neiger, l’attrapait toujours par ses courtes pattes, le pliait en deux, le coinçait dans une petite boîte et le retournait au Kouébék à dos d’âne.
Quel cauchemar !
Il avait besoin d’aide, mais depuis un certain temps, ses amis s’étaient fait manger, ou étaient devenus carrément plus nuisibles qu’utiles, et ceux qui ne partageaient pas ses idées sur les festins de trolls par les ogres n’arrêtaient pas d’être d’accord avec lui sur les autres sujets. En plus, ses supporters étaient épuisés, à force de tourner en rond, et la plupart des autres trolls vaquaient à leurs occupations coutumières, voyant dans tous ces consensus, l’assurance morale d’être bien menés...
Il avait besoin d’agir, mais il avait beau dire, il avait beau faire, les petits trolls demeuraient indifférents, ou presque, et semblaient incapables d’assumer la fin de cette relation charnelle avec les ogres et d’envisager une nouvelle manière de goûter bon sans être mangés.
Il avait besoin de temps, mais il n’en avait plus beaucoup, car il risquait d’être remplacé prochainement, puisque sa bande était dans le décor depuis un bon bout de temps, et les trolls ne gardaient jamais la même bande décider trop longtemps, c’était bien connu.
Anxieux mais déterminé, le troll Bar Nord avait besoin d’une bonne idée.
***

Pendant ce temps, Djionné avait de plus en plus de méchanceté dans le cœur. Il n’avait aimé les trolls que pour leur goût, et il les détestait autrement. Il y avait aussi, parmi les anciens de sa bande d’ogres, plusieurs nouveaux ennemis, qu‘il ne pouvait plus supporter, et c’était réciproque.
Une vieille sorcière qu’il connaissait bien avait la recette d’une potion qui pouvait rendre immangeable la plupart des trolls du Kouébék. En fait, leur goût devenait aussi mauvais que ce que l’on pouvait retrouver partout au Kianédâ. On avait beaucoup jasé le jour où le ventre d’un ogre avait explosé après qu’il eut mangé une bonne douzaine de petits trolls bien douillets. Trois d’entre eux avaient bu un grand verre de cette potion. Malgré une longue enquête, on ne sut jamais comment la potion s’était retrouvée là.
Djionné savait qu’il ne pourrait pas forcer tous les trolls à boire la potion. Il avait passé le plus clair de son règne à vouloir imposer aux trolls des idées qui n’étaient pas les leurs, sans trop de succès. Il ne pouvait évidemment pas non plus compter sur sa bande d’ogres pour l’aider dans son projet. Pour cette raison, il mijota avec la sorcière un plan diabolique, qui permettrait, à l’insu de tous, de faire en sorte que l’ensemble des trolls devienne immangeable.
Content de lui, l’ogre Djionné allait mettre son plan à exécution.
***
Que va-t-il se passer ?
À suivre… le 7 janvier :-)
Joyeux Noël et bonne et heureuse année 2003 à tous les vigilants !
À suivre…
C’était ça le bonheur d’un ogre...
7.1.2003
Suite du mardi 24 décembre 2002…
Depuis un certain temps, les trolls ne faisaient plus beaucoup de bébés trolls. Ceux qui décidaient d’en faire ne s’en occupaient pas beaucoup non plus. Les petits trolls se retrouvaient presque tous dans des enclos construit spécialement pour les accueillir et les garder.
C’est donc par là que l’ogre Djionné allait commencer. Puisque les petits trolls étaient rassemblés et loins de leurs parents, il lui serait facile de convaincre les trolls qui les gardaient de leur inoculer sa potion maléfique. Il allait se rendre sur place " en personne ", avec quelques ogres encore de ses alliés et des trolls bien connus à son service, afin leur donner la potion, comme un cadeau.
La sorcière, qui l’accompagnait, avait préparé des petites fioles aux couleurs amusantes, tout en procurant à la potion des saveurs dont les petits trolls raffolaient. L’ogre Djionné grognait de plaisir. Il se retrouvait comme dans le bon vieux temps. Comme à l’habitude, il avait dû faire piller les fermes des trolls et s’emparer par la force de la plupart des ingrédients pour faire la potion, et personne ne semblait offensé ou même ne s’indignait de ce qu’il faisait. C’était ça le bonheur d’un ogre.
Les petits trolls furent ravis de prendre cette nouvelle potion. En fait, ils étaient fous de joie, car là où ils étaient, après qu’ils furent nourris et habillés, il ne restait plus rien. Les trolls qui les gardaient auraient préféré donner eux-mêmes la potion, mais ils savaient qu’ils n’auraient rien eu si les ogres ne l’avaient pas donné eux-mêmes.
L’ogre Djionné allait parcourir le pays des trolls avec la sorcière et sa petite troupe, et distribuer la potion magique qui donnait à tous les petits trolls le goût du Kianédâ. Djionné se demandait combien de temps la potion avait besoin pour faire effet.
***
Au même moment, Bar Nord se rendait chez Lézard, un vieux troll mal commode. Lézard était un troll frileux. Lui et sa compagne avaient travaillé et travaillé encore et encore toute leur vie afin d’accumuler le plus de bois de chauffage possible, pour leurs vieux jours.
Un beau matin, des années auparavant, Lézard arriva à l’entrepôt de bois, qu’il partageait avec d’autres trolls, et il ne trouva, de toutes les cordes de bois de tous les trolls qui les avaient pilées là, que tisons et cendres : tout était parti en fumée. Tout ? Non, car Lézard apprit par la suite que les responsables du rangement des piles avaient pris, avant l’incendie, des cordes et des cordes de bois, bien plus qu’il ne leur en fallait, en fait.
Les trolls auraient bien voulu ravoir un peu de ce bois, mais il avait disparu. Lézard aurait voulu trouver les responsables du pillage et du feu. Mais il s’aperçut qu’il ne savait pas trop qui ils étaient. La colère et la douleur le rendirent fou de rage, lui donnant l’idée de crimes horribles. C’est à cette époque que sa femme mourut. Il se retrouva seul, ruiné et rempli d’amertume, avec sa grosse hache et le Grimoire.
C’était pour le Grimoire que Bar Nord s’aventurait auprès de Lézard. Il peinait car la route était longue et accidentée. Lorsque la nuit tombait, il s’accoudait à un tronc d’arbre, en gardant un oeil ouvert pour ne pas se faire attraper par un ogre, ou tout autre créature nocturne ou maléfique.
Une fée
Qui l’entrevit
Ainsi dans le noir,
Pour ne pas l’frapper lui dit
Tasses-toi vite de là, Bar Nord.
Surpris, il fit un pas de côté, et paf, la fée fonça dans le tronc. Bar Nord éclata de rire. Il cessa net lorsque que la fée le menaça le changer en porc-épic. Elle s’appelait Clonette. La fée Clonette souffrait de savoir quelle fée exceptionnelle avait été sa mère. Un apprenti-sorcier avait bien fait d’elle une réplique, mais avec le temps, il fut évident que quelque chose n’avait pas fonctionné. Plutôt que d’émerveiller, elle faisait rire aux éclats ; chaque envolée se terminait en véritable catastrophe aérienne, et elle n’avait qu’un tour dans son sac.
Bar Nord songea un moment que tous les trolls étaient subitement transformés en porcs-épics! Il n’en dit rien à Clonette, mais il lui demanda si elle voulait bien l’accompagner dans son périple. Clonette accepta.
Lorsqu’ils arrivèrent près de la demeure de Lézard, le vieux troll, qui aperçut Bar Nord au loin, s’écria, d’un ton bourru : " Kavou Lévou Ouatte Douillouente ? ". Les trolls imitaient quelque fois les ogres pour prendre un air important, ou pour faire peur…
Bar Nord se présenta. Il le regretta. Le troll fonça sur lui avec une énorme hache brandie bien haut. Il la laissa tomber en y mettant toute sa force, en visant Bar Nord pour le fendre en deux. Ce dernier, vif comme l’éclair, fit quelques pas rapides de reculons, trébucha et s’assomma sur une roche. La hache atterrit lourdement et se coinça dans une racine.
Lézard ahanait, et malgré son âge, travaillait comme un forcené pour déprendre la hache, ce qu’il fit. Alors qu’il s’apprêtait à frapper Bar Nord une autre fois, la fée Clonette le percuta involontairement, à pleine vitesse, tout en lui jetant son sort unique de porc-épic. À sa grande surprise, elle le transforma… en crapaud géant. La grosse hache que Lézard avait ramenée au-dessus de sa tête se retrouva subitement suspendue dans les airs, une fraction de seconde, par pure magie. Lorsque finalement elle tomba, le côté tranchant coupa profondément la nuque du crapaud, et la tête roula par terre.
Bar Nord reprit conscience et tituba jusqu’à l’étrange fauteuil qui se trouvait là, devant lui. Il s’assit pour mettre de l’ordre dans ses esprits, en appuyant ses coudes sur les petits bras, que se terminaient en forme de main, avec des doigts crispés, pliés vers l’intérieur. Confortable, il inspira profondément par le nez et expira par la bouche lentement. Par terre, devant lui, une énorme tête de crapaud le regardait d’un air étrange, la langue sortie sur le côté. Des taches rouges jonchaient le sol tout autour. Bar Nord comprit soudain et horrifié, il s’éjecta en vitesse du crapaud.
Un peu hagard, il se dirigea verre le bâtiment. À l’intérieur, il aperçut le Grimoire sur la table ronde, au milieu de la pièce. Il le parcourut à la hâte et trouva ce qu’il cherchait : L’Ogroderme. Un timbre cutané, une sorte de " patch " applicable dans le front des trolls, qui permettait de libérer 22 mg d’une potion complexe dont le Grimoire donnait la recette. Bien qu’il irritait la peau et causait l’insomnie, l’Ogroderme permettait de lutter efficacement contre la dépendance du goût d’être mangé.
Le timbre devait être fait à partir d’une peau lisse et fine. Bar Nord avait sous la main un crapaud géant. Il se demandait si cette peau verruqueuse ferait l’affaire. Si elle permettait l’aération, ce serait peut-être moins irritant, pensa-t-il ? Avec l’aide de Clonette, ils confectionnèrent les timbres en peau de crapaud. Le timbre devant être changé à toutes les 24 heures, ils en firent donc beaucoup. Puis, ils se dirigèrent vers Kouébèk, son village, en distribuant, tout au long de la route, les timbres cutanés aux trolls qui le voulaient bien.
***
Djionné n’en croyait pas ses yeux. Devant lui, dans le grand champ Dab Ra-Hamme, se trouvait Bar Nord, le petit chef des trolls, qui avait pris l’habitude de lui demander d’être gentil, lui, Djionné, roi des ogres.
En apercevant dans le front de certains trolls qui l’accompagnaient un sorte de Rustine galeuse, Djionné éclata d’un rire si long et si bruyant que tous les trolls du village de Koubék s’approchèrent. Bar Nord connaissait bien Djionné. Il s’avança vers lui d’un pas assuré. Djionné commença à poétiser et lui dit en souriant qu’il était en train de distribuer des potions pour rendre heureux les petits trolls. Peu impressionné et habitué aux continuelles concussions de l’ogre, Bar Nord l’interrompit et lui dit d’une voix forte: " Djionné, roi des ogres, à moins que tu ne me donnes tous les ingrédients de cette potion sans condition, les trolls seront appelés à vivre un moment historique ".
Le rire de Djionnée se fit entendre à des lieux et des lieux à la ronde. Bar Nord le regardait droit dans les yeux, sans sourciller, l’air grave. Lorsqu’il comprit que Bar Nord n’entendait pas à rire, et qu’il était loin de chez lui, encerclé de trolls aux allures de crapauds, Djionné retourna au Kianéda avec les autres, la sorcière et les potions.
Ni Djionnée ni Bar Nord ne savaient que plusieurs petits trolls avaient bu la potion et reçu l’Ogroderme en plus. La fée Clonette, qui avait meilleure intuition que système de navigation, se doutait de quelque chose. Elle se souvenait d’avoir lu dans le grimoire que le timbre ne devait pas être administré en même temps qu’une autre potion magique. Clonette se demandait quel effet ce mélange aurait sur les trolls, et même sur les ogres, en bout de ligne.
Bar Nord avait distribué toutes ses " patch ". Il voulut se reposer un peu. Il demanda à la fée Clonette si elle voulait l’accompagner pour un bref pèlerinage dans le sud. Clonette accepta.
- Et après ?
- Après, c’est une autre histoire…
Fin.
stdenisb@globetrotter.net
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