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Ni souverainiste, ni fédéraliste, nationaliste, populiste et populaire, piaillant au milieu de la cohue tel l’écho des autres qui veulent s’entendre pour se satisfaire, Mario Dumont a fini par ressembler à tout, et rien, et n’importe quoi. Les syndicats ont dressé des épouvantails, la société civile et les médias ont fait du bruit comme on installe des assiettes tapageuses, en aluminium, pour éloigner la vermine de son jardin, rien n’y fait ; il est toujours là, à picosser, à nous donner envie de lui lancer des roches…
Tchip, tchip, tchip, visite-éclair à Toronto, pit, pit, pit, le vrai changement et pub en noir et blanc, cuit, cuit, le p’tit moineau, avec son manque total de considération pour qui que ce soit, qui maintient le cap vers une destination où personne ne va.
Mario Dumont, s’il avait une chance d’être élu premier ministre, plongerait le Québec dans un système politique où déblatérer, dénigrer et vitupérer seraient les balises de la négociation. Et la guérilla, même à ce niveau, est un bon moyen pour oublier, ou laisser les opportunistes de toutes sortes profiter du chaos afin de mettre la main sur le beurre et l’argent du beurre.
This is our man in Quebec ! Ces paroles, Gilles Duceppe les a rapportées de la House of Common, lorsque les autres partis du gouvernement du Canada ont commenté l’arrivé de Jean Charest à la tête du parti Libéral du Québec. Avec en bonus l’appui de Stéphane Dion actuellement, Jean Charest peut bien avoir de la misère à percer chez les francophones…
Croak… Croak… Jean Charest a sauté sur le Québec après le référendum de 95 avec l’espoir d’y trouver une carcasse. Survolant le paysage politique, puis se perchant au-dessus de la mêlé, sa deuxième campagne électorale lui donne une autre occasion de foncer dans le tas. Mais un corbeau n’est pas un faucon…
Jean Charest veut amener le Québec, dans les faits, là où le Canada a décidé qu’il serait dans le constitution de 1982 : une succursale comme les autres, qui va mendier, comme (et/ou avec) les autres, pour ne pas perdre encore plus de pouvoir, et pour obtenir un peu plus d’argent. Et où sont le pouvoir et l’argent ? L’argent et le pouvoir sont à ‘tawâ. En ce sens, s’il était élu, il perpétuerait avec entrain ce que l’on qualifie ici gentiment de chicane chronique entre le Québec et le Canada.
Bernard Landry est de loin le politicien qui a le plus d’envergure au Québec. Homme de conviction, habile et têtu, il a une chance de réussir le tour de force du troisième mandat, alors que son parti était enterré vivant l’automne dernier.
Il mène actuellement une campagne ennuyante selon certains observateurs. Bernard Landry roucoule : Hou rououou… hou rououou… L’amour, les enfants, la famille, les vacances sont le lot quotidien de sa campagne, à moins qu’il ait à se défendre ou à défendre le bilan de son gouvernement.
Ses discours partisans sont à la fois chargés de conviction patriotique et porteurs d’un humanisme qui détonne face aux autres politiciens du coin. Les événements qui font le pont entre la signature de la Paix des Braves et l’appui au PQ du grand chef des Cris, et ses prises de position en faveur de la paix et d’une diplomatie multilatérale dans le conflit entre les États-Unis et l’Irak, témoignent de son allégeance pour le dialogue et la négociation comme instrument permettant la coexistence pacifique et les relations amicales entre les peuples.
Appuyé par Jacques Parizeau dans son approche qui évite les engagements fermes relativement à l’échéancier référendaire, Bernard Landry et le Parti Québécois représentent encore l’espoir de notre peuple d’obtenir à cours terme les moyens d’agir, avec un pays comme principal outil d’épanouissement. Contrairement aux deux autres, il occupe le terrain national avec le plus puissant vecteur de changement : faire du Québec un pays.
Moineau, corbeau ou colombe, qui va diriger le Québec ? Quoi qu’il en soit, seule la colombe nous offre la marge de manœuvre pour que l’on cesse un jour d’être gouvernés par les vautours d’Ottawa.
Monsieur Saint-Denis,
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