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DERNIÈRE chronique du Crapeau Sonneur : Savoir quitter

Martin Lamontagne
mercredi 23 février 2005

Monsieur Frappier,

Pour des raisons que vous devinez sans doute, je vous transmets la DERNIÈRE chronique du Crapeau Sonneur. J'apprécierai de votre part d'y inclure la photo attachée à cette fin.

Je tiens a vous remercier pour votre grande ouverture d'esprit et votre tolérance à mon égard.

En espérant que Vigile ne cesse de s'enrichir de nouveaux chroniqueurs intéréssants, je vous souhaite la meilleure des chances avec votre très beau projet que vous manoeuvrez en main de maître depuis presque 10 ans.

Merci beaucoup

« Je n’aime pas la nostalgie, c’est une maîtresse inassouvie »
- Michel Rivard.

Dans le journal j’ai vu une page pleine pour un spectacle du vénérable groupe Québécois Offenbach avec le groupe April Wine et ce cher Michel Pagliaro au Centre Bell. Un moment sûrement mémorable. Surtout que ces groupes sont toujours dans le paysage musical québécois depuis plus de 30 ans ! Il manquait juste le Xe come-back de Beau Dommage ! Qui a dit que le rock était une affaire de jeunes ?

Malgré les sondages dévastateurs, Bernard Landry avec ses 67 ans bien sonnés, refuse de céder la direction du PQ envers et contre tous. Bernard, avec tout le respect que je lui dois, persiste, encore et toujours, à aller jusqu’au bout de sa mission. Le fardeau de ses fonctions devient de plus en plus lourd. Il a perdu le contrôle de son parti et il a perdu la confiance des souverainistes mais ce n’est pas grave, tout va bien et... cap vers la souveraineté. Allô, les convictions! Il s’accroche comme le Pape à son trône. Après tout, lui aussi a une « mission » à accomplir.

C’est le problème de n’importe qui.

Savoir lâcher prise. Il est si dur de quitter quand on a connu un certain succès. Comment se rendre compte que nous sommes devenus Has Been, passés date, finis, dépassés? Quand on se rend compte que l’on ne maîtrise plus la situation avec la même aisance qu’auparavant ? Quand le cœur n’y est plus et que se lever chaque matin représente une corvée, il faut savoir dire : c’est assez et se retirer.

Ce monde est larvé de gens vieux d’esprit et de corps. C’est le problème avec le vieillissement de la population. À force d’étirer l’espérance de vie de certains, on a négligé la nécessité du renouvellement. Attention, je ne veux pas varger inutilement sur les gens d’un certain âge que je respecte, mais bien s.ur ceux qui sont déconnectés, peu importe leur âge, au détriment de leur petit ego égoïste. Les révolutions ne viennent jamais seules. Elles sont généralement le fruit de l’impatience d’une population JEUNE. J’ai beau être à 200 % pour la souveraineté du Québec, jamais nous ne ferons l’indépendance si nous ne procédons pas à un dépoussiérage de notre option, de nos idées et surtout à un rajeunissement de la population. Sans un virage nataliste, l’indépendance du Québec est condamnée à ne jamais se réaliser. À quoi sert-il de se battre pour l’indépendance si une fois acquise, on n’a pas d’enfants à qui la céder ?

Vous venez de lire la dernière chronique du Crapeau Sonneur. Après plus de 3 ans à vous parler de l’importance de mêler les artistes et le militantisme, je crois que pour le mieux-être de ce merveilleux cyberquotidien qu’est VIGILE, c’est à mon tour de céder ma place à d’autres. Je veux contribuer au renouvellement de VIGILE. J’ai fait le tour du propriétaire comme on dit. Je prends une pause du militantisme pour quelques temps, histoire de me ressourcer. Je ressens un grand besoin de faire autre chose. Je suis content grâce à VIGILE d’avoir pu faire connaître des tas d’artistes méconnus. Si j’ai pu exercer une influence pour atteindre vos yeux et vos oreilles, j’en suis très content.

Je profite de l’occasion pour ceux qui me connaissent personnellement pour vous annoncer que je suis depuis dimanche soir nouveau papa d'une petite boule d'amour appelée Morgane. Évidemment, je tenterai de lui communiquer la fierté de ses origines Québécoises et Belges. Je vais lui transmettre ce que j'ai appris par d'autres sur le sens de l'engagement.

Je vous remercie d’avoir lu mes propos mais plus particulièrement Bernard Frappier pour sa grande ouverture d’esprit.

J’aimerais aussi remercier les nombreux militants qui m’ont encouragé à persévérer.

J’aimerais surtout remercier les personnes qui ont corrigé mes textes, Julie et Laetitia. Et puis aussi, salut à Frédéric Labrie.




Timodi@yahoo.com


COMMENTAIRES

Martin Lamontagne,

Au nom de tous ceux qui ont profité de votre passion pour le pays et des présentations que vous avez faites, semaine après semaine, des multiples facettes que les artistes et chansonniers engagés en ont données, je vous remercie de votre collaboration à VIGILE.

Je vous souhaite tout le bonheur du monde, à vous et à votre jeune famille !

Bernard Frappier
Vigile.