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«« Réforme électorale et parlementaire
Réforme électorale égale constitution républicaine
Jocelyn Jalette
LE DEVOIR lundi 16 décembre 2002
Joliette, 6 décembre 2002
Les actuelles consultations concernant la réforme des institutions démocratiques créent beaucoup d'attentes et ne devraient surtout pas être prises à la légère.
Le ministre Jean-Pierre Charbonneau a entamé bien plus qu'un simple processus pour le choix d'un nouveau mode de scrutin. Il ne s'agit de rien de moins que de l'élaboration des fondements d'une constitution québécoise. Vous croyez que j'exagère ?... En somme qu'est-ce qu'une constitution, si ce n'est la loi fondamentale d'un pays. Généralement on y retrouve énumérés les droits inaliénables des citoyens; nous avons déjà la Charte québécoise des droits et libertés ! Ensuite, on y exprime le régime politique et le partage des pouvoirs; c'est ce que la présente consultation tente de renouveler. Si le ministre Charbonneau réussissait à convaincre son gouvernement de tenir un référendum lors des prochaines élections, le peuple québécois aurait ainsi une véritable occasion de s'affranchir de presque tous les vestiges désuets du vieux système colonial actuel.
Claude Béland, le président de la commission des institutions sur la réforme électorale, confirmait la très grande volonté des participants de concrétiser les changements souhaités. Les élections à date fixe, une forme de vote à la proportionnelle et l'adoption d'un système républicain font presque unanimité dans leurs grandes lignes. Pour éviter qu'une fois de plus le rapport d'une commission finisse tabletté, il faut procéder à un référendum pour engager fermement le prochain gouvernement. Ce dernier, quel qu'il soit, élu par le système présent, aura naturellement tendance à conserver ce qui l'a favorisé.
La réforme envisagée revalorisera le rôle de nos élus et fera en sorte que la volonté populaire soit beaucoup mieux reflétée dans les résultats des scrutins. Notre rapport de force devant le Canada sera décuplé ! Imaginons un instant la légitimité extraordinaire de notre premier ministre élu grâce au suffrage universel direct de tous les Québécois, par rapport à son homologue canadien élu dans une seule circonscription et chef d'un parti ayant récolté à peine 40 % du vote populaire...
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