D'autres voix s'élèvent en faveur de la proportionnelle

Karim Benessaieh
La Presse Le dimanche 24 février 2002



Parmi les invités, MM Claude Ryan et Pierre-F. Côté, l'ex-directeur général des élections, ont tour-à-tour fait valoir la nécessité d'instaurer une forme de scrutin proportionnel.

En 1998, il a fallu 22 704 votes en moyenne pour élire un député péquiste, quelque 36 000 pour élire un libéral... et plus de 475 000 suffrages pour donner un siège à l'ADQ.

C'est ce déséquilibre mathématique qui fait conclure aux membres du Mouvement démocratie nouvelle (MDN) que les voix ne sont pas d'égale valeur. Hier, quelque 300 personnes réunies au cégep du Vieux-Montréal ont réclamé encore une fois une modification du mode de scrutin québécois.

Trois fois dans l'histoire politique de la province, le parti qui a formé le gouvernement avait fini deuxième dans le vote populaire. Ce phénomène, ont rappelé les organisateurs du MDN, René Lévesque l'avait décrit comme «un sabotage officiel et extrêmement pernicieux des fondements de la démocratie politique».

Parmi les invités, Claude Ryan, l'ex-directeur général des élections, Pierre-F. Côté, et la présidente de la CSQ, Monique Richard, ont tour à tour fait valoir la nécessité d'instaurer une forme de scrutin proportionnel. Le MDN espère susciter un débat en vue des prochaines élections et appelle tous les citoyens à «se l'approprier et y participer».

«Le système électoral sert à transformer le vote populaire en nombre de sièges à l'Assemblée nationale», soutient le président du MDN, Paul-André Martineau. Le mouvement précise qu'il n'est pas question de s'entendre sur la forme que prendra le prochain mode de scrutin, mais plutôt de «s'assurer que le débat ait véritablement lieu».

L'autre volet de l'intervention du MDN concerne le rôle des députés à l'Assemblée nationale, que l'on veut revaloriser.

Depuis décembre 2001, alors qu'une pétition signée par 125 personnalités québécoises a été déposée à l'Assemblée nationale, le MDN se prépare à la mise sur pied d'une Commission sur la réforme du mode de scrutin. Québec a annoncé le 20 décembre dernier qu'un mandat d'initiative avait été voté, engageant cette commission à évaluer le mode de scrutin et à étudier d'autres avenues.

Aucun calendrier n'a cependant été adopté et les travaux semblent piétiner. Le 7 février dernier, les députés libéraux ont dénoncé la lenteur des travaux, accusant les péquistes de se «défiler à la première occasion».