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Sondage Léger Marketing-Le Devoir-TVA-The Globe and Mail -
Le désir d'envoyer paître le PQ et le PLQ Tout n'est pas joué, dit le sondeur, si l'on se fie aux contradictions que fait ressortir l'enquête
Josée Boileau LE DEVOIR Le jeudi 5 septembre 2002
«Ce qui se passe actuellement est anormal!», s'exclame le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger. Du moins pour un sondeur. Car la montée en flèche de l'ADQ, qui est passée de 11 % à 40 % d'appuis en six mois, repose à la fois sur un mouvement de fond et des motivations fragiles de la part de l'électorat.
«Depuis le référendum, les Québécois attendent une troisième voie, explique Jean-Marc Léger. Mais des partis comme le Parti conservateur du Québec ou le NPD-Québec n'avaient aucune crédibilité.»
Puis il y a eu l'élection partielle dans le comté montréalais de Mercier en avril 2001. Surprise totale, le candidat de la gauche Paul Cliche remporte 25 % des voies. La leçon à retenir n'était pas que l'électorat virait à gauche, mais qu'une alternative était envisageable, note M. Léger.
Une troisième voie
La victoire de l'ADQ dans Saguenay, en avril 2002, a fait prendre conscience que l'alternative pouvait même se concrétiser, avec un parti qui avait l'avantage d'être déjà présent à l'Assemblée nationale. L'envie d'une troisième voie, qui couvait depuis des années, tout à coup devenait crédible.
L'occasion de le mesurer pour de bon se représentera très vite, lors des élections partielles de juin. «L'émotion s'est alors transformée en intention de vote véritable», constate Jean-Marc Léger. L'ADQ s'en tirera avec trois des quatre sièges disponibles. L'Action démocratique était dès lors lancée et l'éclosion de popularité du parti ne s'est pas éteinte avec l'été.
Ce qui ne veut pas dire que l'appui à l'ADQ est inébranlable. «Les électeurs veulent surtout faire un pied de nez aux deux grands partis», dit Jean-Marc Léger, soulignant que 55 % des répondants pro-adéquistes se disent d'abord mécontents du PLQ et du PQ plutôt qu'attirés par le programme du parti. «Ça ne fait pas un électorat très fort pour l'ADQ, dit le sondeur. Avec 40 % d'appuis, il va frapper bientôt un plafond. C'est à ce moment-là qu'on voit la solidité d'un électorat.»
Des incongruités
En fait, en dépit des apparences, le sondeur reste convaincu que tout n'est pas joué. Car il y a des incongruités dans les réponses que les gens ont donné au sondage. Par exemple, illustre Jean-Marc Léger, 38 % des répondants se disent satisfaits du gouvernement péquiste mais seulement 25 % voteraient pour lui. Ou encore, 39 % des francophones approuvent la souveraineté même sans partenariat, alors que seulement 29 % optent pour le PQ. On peut donc s'attendre à ce qu'une fois la campagne électorale déclenchée, ces gens examinent plus à fond leur position et la rendent plus cohérente.
«Je pense qu'à l'élection, les choses vont se replacer, dit Jean-Marc Léger. C'est pourquoi je crois davantage à l'hypothèse d'un gouvernement minoritaire. Un gouvernement majoritaire, c'est ce qu'on mesure aujourd'hui. Mais actuellement, les électeurs sont encore dans l'émotion et le vote est fragile.»
Du moins théoriquement, reconnaît du même souffle le sondeur. Car il est vrai qu'on sent aujourd'hui au Québec un vent de changement qui a déjà traversé le Canada : au fédéral, où tous les partis changent de tête dirigeante; en Ontario, où l'on a un nouveau premier ministre; au Nouveau-Brunswick, où Bernard Lord affiche 33 ans...
«Dans un tel contexte, ça devient extrêmement difficile pour les autres partis de se faire entendre. Ils doivent faire le gros dos et laisser passer le vent», dit M. Léger. Et miser sur les faiblesses de l'ADQ, qui en a quelques-unes, comme nous le verrons demain avec la deuxième tranche de notre sondage.
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